
Puisses-tu te sentir en sécurité et protégé.e
Puisses-tu être rempli.e de guérison profonde
Puisses-tu être pris par l’amour.
Il existe une étrange expression qui dit : je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi. Étrange, mais je comprends l’idée même si je doute qu’elle soit sincère. De toute façon, ce que l’on souhaite aux autres on se l’inflige à soi-même en tout premier lieu.
Eh bien, moi je souhaiterais tout ceci à mon pire ennemi si jamais j’en ai un et de surcroit, si j’en ai un pire que les autres :
Puisse ton esprit être fort
Puisses-tu te sentir en sécurité et protégé.e
Puisses-tu être rempli.e de guérison profonde
Puisses-tu être pris par l’amour
Et qui plus est, je lui souhaiterais de connaître le grand amour, oui oui, celui avec un Grand G, pour qu’il/elle ait envie d’aimer autrui à l’infini. Je lui souhaiterais qu’il/elle reçoive l’abondance sur tous les plans, pour que ça ne puisse que déborder et qu’il/elle n’ait qu’envie que ça rejaillisse sur les autres. Lui souhaiterais aussi qu’il/elle soit si heureux/se que s’apaise à jamais son besoin de chicane et que la paix soit la seule chose possible dont aurait besoin son coeur.
Je sais, je sais, je rave.
Mais si et quand on a un.e. ennemi.e, on ne peut que lui vouloir du bien, sinon on ne fait qu’empirer la situation de tous et toutes non ?
Tant de confrontations ces jours-ci. Full guerres de toutes sortes, meurtrières, tarifaires, ça va faire. Une vraie industrie mortifère.
Les humain.e.s sont clairement des êtres de dualité, des batailleurs, des guerriers, des motherfuckers.
On aime beaucoup la haine on dirait bien.
Pourtant les gens avec qui on se frotte peuvent devenir nos plus grands enseignants, nos plus grandes leçons de vie. Eux et elles qui nous montrent les plus riches et enfouis côtés de soi.
Depuis la nuit des temps, on vénère la loi du plus fort, la loi de la jungle, l’alphaïtude. Mais me semble qu’aucun animal ne soit aussi perversement guerrier que les humains. Les sports professionnels reposent sur un seul et unique gagnant, les affaires sont bâties sur les plus gros profit$, on dirait que la survie entière dépend de ce principe désormais. Les réseaux sociaux – le peu que j’en connaisse du moins car que sur FB – sont devenus des rings de mots boxés. Poings virgules.
Au yable la collaboration et l’entraide, sauvons notre propre peau semble être le motto du moment, and let’s be number ouane. Pas partout bien sûr, mais en plusieurs endroits for sure. Du moins, ce sont ces histoires qui dégénèrent qui génèrent la tension et qui captent le plus l’attention. Tension attention et le ton monte. Comme les profits visés à tout prix.
Pourtant, tel que l’avance Saadi: un coeur noble refusera tout bonheur qui s’est construit sur le malheur d’autrui.

On dira que si les choses sont telles qu’elles sont en ce moment sur la terre, c’est probablement parce que l’humanité a besoin d’apprendre une leçon en particulier. Maybe baby. Mais sincèrement, ça fait longtemps que ça dure et qu’on ne semble pas avoir appris grand-chose. Vraiment pas certain si on va s’en sortir ainsi.
Alors en guise de conclusion ce matin, en désespoir de cause, de choses et de prose, aux grands maux les grands mots hein ? Ceux de Rumi (s’ils sont bien de lui ou quand même si pas).

Redevenons doré.e.s, et brillant.e.s.
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Bien peu de gens savent aimer, parce que bien peu savent tout perdre.
Après un grand amour, c’est comme après la mort pour ceux qui en réchappent : on s’étonne du temps qui reste.
On ne veut plus l’occuper ce temps.
Comme ceux qui reviennent des blanches autoroutes d’un coma, on garde au fond de l’âme la douceur irradiée du grand amour.
Elle tient lieu désormais de volonté et de désir.
Elle tient lieu d’avenir.
Toi que j’ai si longtemps aimée, je t’aime encore et c’est comme l’eau claire de la chanson, jamais je ne t’oublierai.
Avant de te connaître, j’entrevoyais quelque chose de toi dans les visages passés à l’encre sentimentale des livres.
Et puis j’ai quitté cet imaginaire-là.
Le grand amour nous engloutit si fort dans un seul attachement que la lassitude vient un jour de tous les attachements, que c’en est fini de tout mensonge sentimental et qu’il ne reste que l’amour nu.
L’amour n’est pas un sentiment.
Tous nos sentiments sont imaginaires et, si profonds soient-ils, nous n’y rencontrons que nous-mêmes, c’est-à-dire personne.
L’amour n’est rien de sentimental.
L’amour est la substance épurée du Réel, son atome le plus dur.
L’amour est le Réel désencombré de nos amours imaginaires.
~ Christian Bobin, L’épuisement
