PARTY DE FOI

La foi n’est pas une question d’existence ou de non existence de Dieu. C’est croire que l’amour sans récompense est précieux.
– Emmanuel Levinas

Le mot foi a beau être un mot de seulement trois lettres, c’est probablement l’un des mots les plus longs qui soit. Le plus long à apprendre, à développer, le plus long à mettre en pratique. Le plus ardu aussi.

Quand on regarde le sort que font subir certains humains à leurs frères et sœurs ici-bas, il n’est pas toujours simple ni aisé d’avoir la foi, de conserver la foi.

Je dis conserver la foi, mais du même souffle, je me demande si l’on a déjà la foi en soi en naissant ? On dirait que certains penchent davantage vers le doute que vers la foi. Certains doutent de la foi.

Pour certains la foi est une croyance, une certitude même, mais dans ce cas, qui vivra, et mourra, verra. Ou pas.

Pour d’autres, la foi est un ressenti, une disposition intérieure, une intuition, un gut feeling.

La foi me semble davantage concerner le coeur que la tête. L’inconnu, un saut dans le vide. Sans garantie aucune.

Mais comme le dit Mr Levinas ci-haut, une chose semble relativement claire, la foi n’est pas une croyance en l’existence ou la non-existence de Dieu. Ou d’un Dieu car les Dieux sont multiples et bien souvent créés à l’image de l’homme – plus que de la femme, étrange – et non l’inverse comme nous l’ont répété les prêtres de notre enfance.

Si personne ne sait vraiment si Dieu, ou le concept de Dieu, existe, ni ce qu’il ou elle est, on sait par contre que nous sommes en vie, que nous sommes ici, que quelque chose se passe ici-bas. Quoi ? est une autre affaire

Et on sait, si on a déjà ressenti l’amour, que les sentiments humains de cet ordre sont ce qui existe de plus près de la présence de Dieu. Le coeur nous l’indique.

Ainsi, on pourrait dire que l’amour plante les graines de la foi.

Si on peut traduire love without reward par l’amour sans récompense, on pourrait aussi le traduire par l’amour sans objet. L’amour pour la simple joie d’aimer, de ressentir l’amour passer en soi, sentir son coeur déborder de soi. Que cela soit dirigé vers autrui, vers une cause ou vers une activité, peu importe.

Quand on a ressenti l’amour une fois, dans sa vie on en veut de nouveau. Certains, trop pris dans l’objet de cet amour, restent nostalgiques de cet amour antérieur, voulant le répéter sans cesse ensuite alors que d’autres, qui ont été meurtris par cette ouverture à l’ amour, le craignent et referment leur coeur à jamais.

On doit apprendre à s’aimer soi-même pour commencer, car on dit que tout part de là. Mais il ne faut pas surtout s’arrêter là car sinon ce prétendu amour ne reste qu’égoïsme et narcissisme. Et ça on le voit à l’oeuvre amplement de nos jours sur tous les écrans du monde.

Apprendre alors à aimer les autres, aimer le monde, aimer la vie devient le but et le résultat ultime de la foi.

On dit qu’on doit tout d’abord être aimé.e avant de pouvoir aimer autrui. Maybe baby. Mais maybe not aussi. Car on peut apprendre à donner ce que l’on n’a pas reçu enfant. Et comme on dit, c’est en donnant que l’on reçoit. St-François d’Assise l’a si bien exprimé.

La foi est un bien grand mot au fond malgré ses trois petites lettres toutes simples. Qui ne s’apprend pas en croyant ni en espérant, mais qui ne s’apprend qu’en mettant ses tripes sur la table du travail quotidien.

Ma foi du bon Dieu, ça fait du sens ça non ?

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Ceux qui ont une foi profonde, ceux qui ont l’expérience de la foi, savent que Dieu est une rencontre au plus intime de soi.
Il ne s’agit pas de chercher Dieu derrière les étoiles, dans les hauteurs, dans cette espèce de gloire qui est une formule.
Il s’agit de le chercher ici, dans cette perspicacité au cœur de nous-mêmes où il demeure et où il nous attend.

– Maurice Zundel via Cristina RJ

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Vous cherchez le bonheur dans le tumulte de votre sang.
Parfois vous le trouvez, parfois vous le perdez.
Mais la joie dont je vous parle n’est rien de semblable.
Elle n’est ni heureuse ni malheureuse.
Elle est insouciance du bonheur comme du malheur.
Je ne vous demande pas de chercher en vous-mêmes.
Je vous invite à être comme la terre nue, oublieuse d’elle-même, faisant même accueil à la pluie qui la bat et au soleil qui la réchauffe.

– Christian Bobin via Cristina RJ

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et ci-bas, un de mes classiques de Gangaji


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