PARLER À ET ÉCOUTER LA VIE

Nous ne parlons qu’à soi. Nous ne parlons plus aux rivières, nous n’écoutons plus le vent ni les étoiles. Nous avons brisé la grande conversation. En brisant cette grande conversation, nous avons fragmenté l’univers.
– Thomas Berry

Nous avons perdu le contact avec plus grand que soi. Nous n’écoutons désormais que les multiples voix dans nos têtes. Nous vivons en circuit fermé. Nous vivons à tue-tête. Loin du coeur. Loin du choeur céleste.

En effet, nous n’écoutons plus le vent, nous ne prenons plus le temps ni le soin d’entendre les arbres et les fleurs pousser, pas plus que les oiseaux chanter. Pourtant, ils chantent toujours et encore. Pit pit pit. Et le vent continue de chuchoter sa chanson. Et de faire chanter les arbres sur son passage. Et l’eau, et l’eau ? Que de cliquetis mélodieux.

Mais nous sommes si pris dans nos têtes avec notre propre voix qui parle en rond et en boucle. Et qui répète la plupart du temps les mêmes chimères, les mêmes ptites misères. Comères va.

Écouter et parler à la vie.

Une relation saine que l’on a perdu, par peur de passer pour un fou ou une folle. Pourtant, une grande partie des secrets de la vie passe par les oreilles. Sauf que nous vivons surtout par les yeux. Ma foi des bons yeux.

Pourtant, souvent on entend l’expression qui veut que l’on doive écouter cette petite voix qui parle en soi. La voix de l’intuition, la voix de l’âme, la voix du coeur, là où l’âme repose en soi.

Mais on dirait qu’on l’a fait taire cette petite voix, on dirait qu’on l’a tue, tuée presque.

Mais elle chuchote encore et toujours. Si on prend le soin d’écouter. Elle chuchote plutôt que de crier, elle nous indique la voie à suivre, elle parle, au coeur de soi.

Et si on a le courage de l’écouter, on peut l’entendre. Courage ou sagesse ? Courage ou patience ?

Est-ce la voix de Dieu ? Ou notre propre voix ? Same same ?

Remarquez, pas toujours socialement payant de dire qu’on entend des voix 😉

Vous parlez à Dieu, vous êtes religieux. Dieu vous parle, vous êtes psychotique.

Mais certaines prières s’émettent dans le silence, dans l’écoute. Dans l’attente.

Et pourtant, notre propre voix ou celle de Dieu, ou de la Vie, elle existe ?

Je vous entends – oui oui je vous entends – vous dire ce matin que le chroniqueur a viré sul top ? Maybe baby. But I see you too. Et en vérité en vérité je vous le dis: je ne sais rien avec certitude mais j’entends quelque chose. And the answer my friend is blowing in the wind. It is blowing in the wind.

Mais entendons-nous. Entendons-nous ?

Et lui parlez-vous vous aussi à la vie ?

L’entendez-vous la vie qui nous parle ?

Ils sont pourtant plusieurs à entendre des voix. Et pas fous du tout.

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