ESPRIT DE MENTAL

Un étant sans mouvement reflète la lune sans distortion;
un mental calme reflète la réalité telle qu’elle est.

Esprit, âme, mental. La Sainte trinité. En autant que le coeur en soit le Dieu, j’achète.

Ça fait des années que je me demande comment traduire ce fameux mind. Vous savez ce petit ordinateur qu’on porte tous dans notre tête ? Et qui prend parfois beaucoup trop de place. Ce petit machin invisible qui emmagasine les connaissances, les expériences, les concepts et tant de croyances, les utiles comme les moins. L’intelligence naturelle – pas toujours si intelligente – qui agit sans cesse au-dessus de nos épaules. Pour le meilleur et pour le dire, et le rire.

En cherchant dans les outils de traduction, aucun ne me donnait mental comme traduction à mind. On me suggérait en premier lieu esprit, le sain comme le moins, mais ensuite, sans distinguer entre les noms et les verbes, s’enfilaient avis, idée, mémoire, intelligence, cerveau, souvenir, conscience, raison, opinion, intention, remarquer, humeur, tenir, se rappeler, se souvenir, garder, surveiller, écouter, prendre soin, prendre garde et finalement, mon préféré, prêter attention.

La plupart de ce que nous disons et répétons, nous l’avons emprunté. À nos parents. À notre éducation. À la culture ambiante. Des idées et des concepts que nous avons assimilés avant même de savoir ou même de pouvoir les remettre en question. Je lis donc je suis.

Prêter attention à tout ce qui se passe me semble une bonne idée, en particulier tout ce qui passe par notre petit ordinateur personnel, comme par nos cinq sens. Sentir et penser. Porter ou prêter attention avec tout notre être, pas seulement toute notre tête.

On dit que le corps saisit les stimuli extérieurs avant même que le mental ait pu les interpréter ou les décoder. Intelligence naturelle.

On dit aussi que le coeur, en terme de fréquences émises, est beaucoup plus intelligent que notre ptite tête de peanut. La perception est directe, sans filtre.

Certains vendent l’idée qu’on doit arrêter de penser, qu’on doive stopper la pensée. Bon chance.

Probablement que tout ce que l’on peut faire est justement de prêter attention. En français on la prête ou on la porte l’attention, en anglais on la paie – to pay attention. Lost en pleine traduction. Et perdus dans les trous de l’emmental. Cheeze and cheers !

Le mental est indispensable, en tous cas, il est inévitable et incontournable. Si on peut réussir à le ralentir un peu, en respirant plus lentement, en portant attention à son contenu, la vie s’avère plus légère. Portons ou prêtons attention. Sinon, tension attention. Car un mental tendu rend la vie trop inattendue.

Le problème n’est probablement pas avec le mental, qui n’est qu’un contenant à ondes pensées, qu’un outil; il est tout de même bien utile pour certaines jobs de planification. On dit de lui qu’il est formidalbe employé mais un terrible patron. C’est davantage avec sa surcharge ou son hyperactivité compulsive que la schnoutt frappe la fan. Comme avec le manque de distanciation à son endroit qui peut nous virer à l’envers.

J’aime cette image du plan d’eau calme qui reflète la lune sans distortion comme un mental apaisé peut refléter la réalité telle qu’elle est. Ça enligne le mental, ça lui donne une direction, une cible. Ça lui enlève une responsabilité. Ça le relativise.

Et comme le veut le dicton, quand le doigt pointe la lune, ne prêtons pas trop d’attention au doigt, Visons la lune.

Pas si simple cette buzyness du mental slash esprit slash tant d’autres termes. Alors, never mind.

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Il n’y a qu’une seule chose que tu dois apprendre.
C’est l’abandon inconditionnel.
Il n’y a rien d’autre.
Toute la connaissance spirituelle du monde ne t’illuminera pas.
Toute la connaissance spirituelle du monde ne guérira pas les blessures de ton cœur.
Pourtant, c’est ce que les gens achètent.
Parce que c’est ce qui les intéresse : la connaissance.
Mais la connaissance ne libère pas.
C’est la conscience d’elle-même qui libère.
Et cela ne peut être possible qu’avec un esprit abandonné.

L’illumination est survenue lorsque mon esprit s’est totalement abandonné à la Vérité.
J’ai compris qu’il y avait un pacte.
Le pacte, c’était tout pour la Vérité, et rien pour moi.
Tout pour Dieu, et rien pour moi.
Peu importe comment on le dit.

Dans ce pacte, Vishrant est mort.
Parce que tout a été donné à la Vérité.
Et Vishrant n’est jamais revenu.
On ne l’a plus revu depuis.
On a envoyé des équipes de recherche, mais rien.

– Vishrant

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Dernier texte écrit par Jung quelques mois avant sa mort survenue le 6 juin 1961.

Notre intellect a créé un nouveau monde fondé sur la domination de la nature, et l’a peuplé de machines monstrueuses.
Ces machines sont si indubitablement utiles que nous ne voyons pas la possibilité de nous en débarrasser, ni d’échapper à la sujétion qu’elles nous imposent.
L’homme ne peut s’empêcher de suivre les sollicitations aventureuses de son esprit scientifique et inventif et de se féliciter de l’ampleur de ses conquêtes.
Cependant, son génie montre une tendance inquiétante à inventer des choses de plus en plus dangereuses qui constituent des instruments toujours plus efficaces de suicide collectif.

L’homme, devant l’avalanche rapidement croissante des naissances, cherche les moyens d’arrêter le déferlement démographique.
Mais il se pourrait que la nature prévienne ses efforts en tournant contre lui ses propres créations.
La bombe H arrêterait efficacement la surpopulation.
Malgré l’orgueilleuse prétention que nous avons de dominer la nature, nous sommes encore ses victimes, parce que nous n’avons pas encore appris à nous dominer nous-mêmes.
Lentement, mais sûrement, nous approchons du désastre.

Il n’y a plus de dieux que nous puissions invoquer pour nous aider.
Les grandes religions du monde souffrent d’une anémie croissante, parce que les divinités secourables ont déserté les bois, les rivières, les montagnes, les animaux, et que les hommes-dieux se sont terrés dans notre inconscient.
Nous nous berçons de l’illusion qu’ils y mènent une vie ignominieuse parmi les reliques de notre passé.
Notre vie présente est dominée par la déesse Raison, qui est notre illusion la plus grande et la plus tragique.
C’est grâce à elle que nous avons « vaincu » la nature.

Mais ceci n’est qu’un slogan, car cette prétendue victoire remportées sur la nature fait que nous sommes accablés par le phénomène naturel de la surpopulation, et ajoute à nos malheurs l’incapacité psychologique où nous sommes de prendre les accords politiques qui s’imposeraient.
Nous considérons encore qu’il est naturel que les hommes se querellent, et luttent pour affirmer chacun sa supériorité sur l’autre.
Comment peut-on parler de « victoire sur la nature » ?

Comme tout changement doit commencer quelque part, c’est l’individu isolé qui en aura l’intuition et le réalisera.
Ce changement ne peut germer que dans l’individu, et ce peut être dans n’importe lequel d’entre nous.
Personne ne peut se permettre d’attendre, en regardant autour de soi, que quelqu’un d’autre vienne accomplir ce qu’il ne veut pas faire.
Malheureusement, il semble qu’aucun de nous ne sache quoi faire ; peut-être vaudrait-il la peine que chacun s’interroge, en se demandant si son inconscient ne saurait pas quelque chose qui pourrait nous être utile à tous.
La conscience semble assurément incapable de nous venir en aide.
L’homme, aujourd’hui, se rend douloureusement compte que ni ses grandes religions, ni ses diverses philosophies, ne paraissent lui fournir ces idées fortes et dynamiques qui lui rendraient l’assurance nécessaire pour faire face à l’état actuel du monde.

Je sais ce que diraient les bouddhistes : tout irait bien si les gens consentaient à suivre l’octuple voie du Dharma (loi) et à apprendre à connaître véritablement le Soi.
Les chrétiens nous disent que si les gens croyaient en Dieu, le monde serait meilleur.
Le rationaliste déclare que si les gens étaient intelligents et raisonnables, tous les problèmes seraient solubles.
L’ennui est qu’aucun rationaliste ne s’arrange jamais pour résoudre ses problèmes lui-même.
Les chrétiens demandent souvent pourquoi Dieu ne leur parle plus, comme on croit qu’il a fait dans le passé.
Quand on me pose cette question, je pense toujours à ce rabbin auquel on demandait pourquoi, alors que Dieu était si fréquemment apparu aux hommes d’autrefois, personne ne le voyait plus aujourd’hui.
Le rabbin répondit : « Aujourd’hui, il n’y a plus personne qui soit capable de se courber assez bas. »

La réponse est pertinente.
Nous sommes si fascinés, si absorbés, par notre conscience subjective, que nous avons oublié ce fait, de notoriété millénaire, que Dieu parle surtout dans les rêves et les visions.
Le bouddhiste rejette les fantasmes produits par l’inconscient comme d’inutiles illusions.
Le chrétien met l’Eglise et sa Bible entre lui et son inconscient.
Le rationaliste ne sait pas encore que la conscience n’est pas toujours la psyché.
Cette ignorance persiste bien que l’inconscient soit depuis plus de soixante-dix ans un concept scientifique indispensable à toute investigation scientifique sérieuse.

Nous ne pouvons plus nous permettre de jouer au Dieu-Tout-Puissant qui s’érige en juge des avantages et des inconvénients des phénomènes naturels.
Nous ne fondons pas notre botanique sur une classification démodée en espèces utiles et nuisibles, ni notre zoologie sur une distinction naïve entre animaux dangereux et inoffensifs.
Mais nous pensons encore avec complaisance que notre conscience est la raison, et que notre inconscient est la déraison.
Dans toute autre science, un tel critère soulèverait des rires qui le chasseraient de la scène.
Les microbes, par exemple, relèvent-ils de la raison ou de la déraison ?
De quelque nature que soit l’inconscient, c’est un phénomène naturel, qui engendre des symboles dont l’expérience révèle qu’ils ont un sens.
Nous ne pouvons pas nous attendre que quelqu’un qui n’a jamais regardé dans un microscope parle avec compétence des microbes.

De même, quelqu’un qui ne s’est pas penché sérieusement sur l’étude des symboles naturels ne peut pas être considéré comme un juge compétent en la matière.
Mais on sous-estime si généralement l’âme humaine, que ni les grandes religions, ni les philosophes, ni le rationalisme scientifique n’ont daigné approfondir son étude. En dépit du fait que l’Église catholique admette les somnia a deo missa (les songes envoyés par Dieu) la plupart de ses penseurs ne font aucun effort sérieux pour comprendre les rêves.
Je doute qu’il y ait un traité ou une doctrine dans lesquels un protestant se soit abaissé jusqu’à admettre que la vox Dei pût être perçue dans un rêve. Pourtant si un théologien croit vraiment en Dieu, à quel titre peut-il affirmer que Dieu est incapable de s’exprimer par le truchement des rêves ?

J’ai passé plus d’un demi-siècle à étudier les symboles naturels, et je suis arrivé à la conclusion que les rêves et leurs symboles ne sont ni stupides, ni dénués de sens.
Au contraire, les rêves nous procurent les connaissances les plus intéressantes, si l’on se donne la peine de comprendre leurs symboles. Les résultats de telles recherches, il est vrai, ont peu de rapports avec les problèmes de ce monde : la vente et l’achat.
Mais le sens de la vie n’est pas épuisé par notre activité économique, ni le désir profond du cœur humain par la possession d’un compte en banque.

Dans une période de l’histoire humaine où toute l’énergie disponible est consacrée à l’étude de la nature, on ne fait guère attention à l’essence de l’homme, c’est-à-dire à sa psyché.
Sans doute beaucoup de recherches sont consacrées aux fonctions conscientes de l’esprit, mais les régions réellement complexes et peu familières de la psyché où germent les symboles demeurent encore pratiquement inexplorées.
Il semble presque incroyable qu’avec les signaux qui nous en parviennent toutes les nuits, le déchiffrement de ces messages paraisse si ennuyeux que presque personne ne veuille s’en occuper. Le plus grand instrument de l’homme, sa psyché, jouit de peu de considération, et est souvent ouvertement traitée avec méfiance ou mépris : « ce n’est que psychologique » signifie trop souvent : « ce n’est rien ».

D’où est venu ce préjugé considérable ?
Nous avons manifestement été si occupés de ce que nous pensons que nous oublions complètement de nous demander ce que notre psyché inconsciente pense de nous.
Les idées de Sigmund Freud ont confirmé la plupart des gens dans le mépris que leur inspire la psyché inconsciente.
Avant lui, son existence était ignorée, ou négligée.
Désormais, elle est ne s’accorde même pas avec les faits connus.
Notre connaissance actuelle de l’inconscient montre qu’il est un phénomène naturel et que, comme la Nature elle-même, il est au moins neutre. Il contient tous les aspects de la nature humaine, la lumière et l’ombre, la beauté et la laideur, le bien et le mal, la profondeur et la sottise.
L’étude du symbolisme individuel aussi bien que du symbolisme collectif, est une énorme tâche, et on ne l’a pas encore pleinement dominée.
Mais l’on a enfin commencé.
Les premiers résultats sont encourageants, et ils semblent annoncer une réponse— attendue jusqu’ici — à bien des problèmes qui se posent à l’humanité aujourd’hui. »

– C.G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient via Jean Gagliardi

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