ELLE FAIT LA BELLE LA VIE

le Je dans Je pense est aussi réel que le Il dans Il pleut.
– Wu Hsin

JE suis bien d’accord avec les mots de Wu Hsin.

On se prend trop facilement pour quelqu’un de réel.

Et on prend le temps qu’IL fait, ou le destin, pour une décision du ptit monsieur à grande barbe blanche omnipotent et omniprésent.

On tient pour acquis et pour du comptant certains de ces mots et/ou expressions qu’on utilise à tour de bouche depuis la nuit des temps. À force de les répéter, on a fini par les gossés dans nos conceptions intellectuelles d’une réalité pourtant plus abstraite qu’elle ne semble.

Car à la naissance, Je n’existait pas. Il n’y avait qu’un grand ÇA, qu’un grand blanc, avec des ouain ouain.

Le je s’est bâtit graduellement, construit à coups de répétitions, d’identification et de rapprochement à un corps et ses besoins, à un point d’observation et à ses nombreux désirs.

Le Je s’est fait avec le temps, en lien avec autrui. Moi, je, versus eux/elles autres. Je et toi. Nous et vous, quoi que c’est nous contre vous surtout.

Probablement ce que les adeptes de la non-dualité tentent de précise et de dépasser.

Pourtant, tant qu’on est propulsés par un corps, tant qu’on vit dans un corps physique et qu’on y est attaché surtout, le Je versus Tu sévira toujours. Je te tutoies. Vous voyez ?

Je et Tu, c’est de bonne guerre car nos corps respectifs sont différents et différenciés. Ils bougent séparément. Nos personnalités sont scindées, séparées, distinguées parfois. Mais ça se manifeste trop souvent en tant que Je te tue comme dans toutes les maudites guerres. Pas Je ou Tu, Je et Tu.

Mais au-delà des mots, il y a la vie et en elle, nous sommes tous et toutes inclus et incluses, mais si certain.e.s sont diffus.e.s. Un tous/tes inclus la vie. La ptite, chacune des nôtres, comme la Grande, qui englobe chacune de nos ptites vies séparées. Au fond, rien ni personne de séparé, qu’un grand Tout, qu’un grand fouillis.

En passant, elle fait la belle aujourd’hui la vie.

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