
– Dogen
Good morning. Bon matin, en québécois, quoi que ça en irrite certain.e.s. Bonjour alors.
Mais s’éveiller de quoi au juste cher Dogen ? De quel sommeil parlez-vous ?
De l’illusion que nous ne sommes pas Dieu ? Ou que nous le sommes tous/tes ?
Ou du fait qu’il n’y en a pas ?
Que nous n’avons même pas encore réalisé que nous dormons profondément ?
Que tout ce que nous vivons ici est une illusion ?
Que nous ne sommes pas séparé.e.s du reste du monde ?
Qu’il n’y a aucun but dans la vie autre que celui d’aimer ?
Bien sûr que je pourrais faire descendre cette liste de questions encore longtemps. Car tant de raisons de penser que l’on dort.
Nous sommes plusieurs à chercher à nous éveiller, à devenir plus conscient.e.s, plus efficaces, plus performant.e.s.
Tant de choses et d’états à désirer acquérir dans la vie. More more more.
Car en soi, on se doute bien qu’il y a davantage de sens et de signification à extraire de notre existence sur terre, qu’il y a quelque chose qui nous aspire vers plus grand que soi.
Mais si tout ce qui importait était plutôt et tout simplement de se sentir libre ? De plus en plus libre.

Avec rien à cacher, rien à chasser, rien à prouver. De moins en moins du moins.
Et prêt.e. à tout à perdre. Prêt.e à risquer tout perdre. Car c’est ce qui arrivera un jour éventuellement.
Tout ce que l’on croit être, tout ce que l’on croit posséder, corps inclus. Et ultimement, tout ce que l’on croit.
Pour s’abandonner à la vie, à plus grand que soi. Et ré-ouvrir le monde des infinies possibilités, les mondes de tous les possibles.
Pour tout simplement se satisfaire de ce qui est, cette profonde sensation de liberté qui existe et qu’on ressent parfois. En soi.
Et si on arrêtait tout simplement de vouloir quoi que ce soit d’autre que ce qui est ?
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Presque toute la souffrance humaine est liée à l’espoir de gagner et à la peur de perdre.
On passe une grande partie de sa vie à essayer de conserver ce qu’on a et à acquérir ce qu’on n’a pas.
Plus de sécurité.
Plus de liens.
Une meilleure santé.
Plus d’argent.
Plus d’amour.
Au fond de tout ça se cache la terreur sourde que ce qui a été si laborieusement amassé puisse disparaître.
Et bien sûr, ça peut arriver.
Mais regardez attentivement.
Peut-on vraiment posséder ce que le temps peut effacer, ce que les circonstances peuvent modifier, ou ce que la mort peut reprendre ?
Tout ce qu’on appelle « moi » nous est donné temporairement.
Les relations.
Les réussites.
La jeunesse.
La santé.
La richesse.
La réputation.
Même notre corps.
Tout ça nous est prêté.
Même notre prochain souffle n’est pas garanti.
Ce n’est pas une observation pessimiste.
Bien au contraire.
Quand on comprend profondément que rien ne peut être véritablement possédé, l’avidité désespérée s’apaise et une douce détente s’installe.
La peur relâche son emprise.
La gratitude se manifeste naturellement.
Pas une gratitude née de l’obligation ou de la discipline spirituelle, mais une gratitude née de la reconnaissance de Ce qui Est.
Cet instant.
Ce souffle.
Cette rencontre.
Cette brève et magnifique expérience de l’être.
Que des dons.
Et les dons, par nature, ne nous appartiennent pas.
La liberté ne s’acquiert pas parce qu’on parvient enfin à tout sécuriser et à le protéger de toute perte.
C’est une tâche impossible.
La liberté, c’est la prise de conscience que ce que vous êtes fondamentalement ne peut être diminué, altéré ou menacé par la perte de ce qui ne vous a jamais appartenu.
– Wayne Lickorman
