
Le monde est dur. Le monde est fou. Le monde est en guerre constante depuis le début des temps. Quelques-unes en cours en ce moment même. Peut-être même une 3ème mondiale à l’horizon qui, si elle a lieu, pourrait être la dernière. En passant, le gros voisin d’en bas s’organise même un combat de lutte pour son anniversaire dans la maison du peuple. Sur le matelas.
On nous donne l’impression qu’on doit être dur pour survivre, qu’on doit se battre pour faire sa place dans ce monde. Qu’on doive se forcer. Que seuls les plus forts peuvent survivre. Mais parait que si ça a déjà été le cas, ce ne le serait plus pour la suite du monde. On verra.
La vérité est que les plus forts peuvent bien s’accaparer la plus grosse part du butin, amasser des tonnes de zéro$ dans leurs cerveaux, forcer les plus faibles à se soumettre, jouer les rough and tough, mais comme on récolte toujours ce que l’on sème, ils finiront avec un coeur dur et sec.
Oh, bien sûr qu’ils auront foutu le bordel en chemin, mais ce n’est pas en se battant contre eux qu’on va les arrêter ni qu’on va gagner la bataille. Ils sont plus forts, mieux armés, ils ont plus d’ambition. Ambition mal placée mais ambition quand même. En fait ils gagnent leur vie avec la guerre et les armes, en les vantant, en les vendant, en engrangeant des profits faramineux. Mais que profits faraminables sans fonds de commerce au fond.
Le pouvoir de la gentillesse est la seule arme qu’on possède nous humbles mortels. Avec la gentillesse on vit, et avec elle on mourra aussi. Quand on est mesquin avec autrui, quand on abuse des autres, ce n’est au fond qu’avec soi-même qu’on agit ainsi. On n’envie pas les toughs sans coeur right ?
La meilleure raison d’être gentil.le, c’est que ça s’applique à soi-même en premier lieu. Comme disait un grand sage: il n’y pas d’autres que soi-même. Quand on joue dur, c’est soi-même à qui on fait mal, c’est soi-même qu’on blesse tout d’abord, en plus de heurter les autres. Je parle d’expérience car j’ai déjà essayé d’être, du moins d’avoir l’air, rough and tough. Dur dur sur le coeur.
Car au fond du coeur des durs, des rocs coeurs, je pense sincèrement qu’il y a beaucoup de mou qui implore, il y a des tonnes de doux qui s’ignorent. Soft spot.
Et je pense aussi qu’à l’intérieur des durs de durs qu’il y a de la peur, de la vulnérabilité et de l’insécurité. D’où l’armure si dure. Qui craquera bien éventuellement, sinon devant la mort, peut-être avant.
Mais la peur, c’est comme la foi, on nous demande d’y croire sans qu’on ne puisse les voir. Et on a le choix.

Les gentil.le.s ne sont pas des lavettes. La gentillesse est peut-être la plus puissante des armes, des larmes de compassion massive. On ne pourra jamais gagner la bataille contre les grands ptits durs devenus glands. On ne pourra même jamais discuter de paix avec eux. On ne peut que les observer, les regarder aller et faire confiance que la vie se chargera bien de les remettre dans le coeur de la justice, dans la justesse de leur coeur. Ou pas.
Tout ce que l’on peut faire consiste à être gentil.le avec soi-même, à semer la gentillesse, le respect, la compassion et l’empathie autour de soi.
Et conserver la foi et faire confiance que l’amour vaincra la peur.
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La douceur est une puissance invincible.
La douceur dans la manière de supporter la souffrance est une victoire plus miraculeuse que la victoire de la force sur la force.
La douceur est capable de désarmer ce qu’il y a de plus dur dans l’âme humaine.
– Simone Weil
