PRIER POUR DES MIRACLES

Dur automne pour la paix. Passage ardu pour et sur la terre.

Ça brasse, ça bombarde, ça tue. Ça tire et ça tiraille. Ça se tire et se mitraille.

La haine et la peur habitent le coeur de tant de gens en tant d’endroits.

Et nous, ici, choyé(e)s et impuissant(e)s, à regarder nos frères et nos soeurs tomber sous les bombes. Nous avons le luxe de prier pour aider. Si prier peut aider. Mais prier à qui au juste ? Car tant de Dieux aux intérêts divergents.

Le monde est divisé. Entre le bien et le mal. Entre la vie et la mort. Entre un côté ou un autre. Entre le noir et el blanc. Pourtant nous sommes tous des zèbres.

Pendant que tant d’innocent(e)s, enfants, femmes et hommes, comme tant d’humanitaires, sont prisonniers et manquent de tout. Et fuient les bombes sans pouvoir fuir nulle part. Nulle part ailleurs qu’en soi.

L’inhumanité côtoie l’humanité, la générosité l’avidité.

Les marchands d’armes sont heureux, leurs profits montent, l’argent coule à flot.

Les fanatiques ont de l’eau à leur moulin et monopolisent autant le débat que le terrain de la guerre.

Pendant ce temps, tout ce que l’on peut faire, c’est souhaiter la paix. La cultiver. La faire en soi tout d’abord. Et autour par la suite. Comme des vagues.

Et espérer, garder l’espoir vivant. Tant qu’il y a de la vie.

Et vivement les miracles.

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Je ne prie plus pour la paix
Par Ann Weems

Au bord de la guerre, un pied déjà dedans,
Je ne prie plus pour la paix :
Je prie pour des miracles.
Je prie pour que les cœurs de pierre se transforment en tendresse,
et les mauvaises intentions en miséricorde,
et que tous les militaires déjà déployés soient arrachés au danger,
et le monde entier sera stupéfait, à genoux.
Je prie pour que toutes les paroles de Dieu s’incarnent
et qu’on se lève pour nous débarrasser de notre manteau d’infidélité,
et marcher à nouveau dans sa puissante vérité.
Je prie pour que le monde entier puisse
s’assoir ensemble et partager son pain et son vin.
Certains disent qu’il n’y a plus d’espoir,
mais j’aime me souvenir des saints fous
qui ne semblent jamais abandonner face au scandale de notre foi :
que nous sommes aimés de Dieu…
que nous pouvons vraiment nous aimer.

Je ne prie plus pour la paix : je prie pour des miracles.

BIEN MAL (PLACÉS POUR JUGER)

Si vous gardez le silence au sujet de cette guerre entre le bien et le mal, votre vie sera plus aisée. Mais pas celle de vos enfants.

english below…

Parfois je pars d’une citation qui me chicote pour starter une chronique. C’est le cas avec celle-ci. Car le bien de l’un n’est souvent que le mal de l’autre, et vice et versa. Si seulement il y avait une telle chose qu’une claire et précise démarcation entre les deux, le monde serait bien plus simple. Mais tout est question de contexte, de jugement, de valeurs. De nuances. Plus de 8 milliards de teintes de gris. Quoique tuer des innocent(e)s, notamment des enfants, me semble ne jamais pouvoir relever du bien. Mal non nécessaire. Et incompréhensible.

D’ici, où nous sommes si biens, nous sommes très mal placés pour nous prononcer sur les divers événements prenant place dans notre vaste monde. Car il nous manque invariablement les éléments contextuels et historiques liées aux diverses situations. Faut avoir les pieds dedans pour mieux sentir.

Par exemple, en lien avec la guerre actuelle au Moyen-Orient entre le gouvernement d’Israël (et pas nécessairement tout son peuple) et la branche armée du Hamas, les deux extrêmes de chaque côté, souvent eux qui prennent le dessus des conflits), que sait-on vraiment au sujet de cette guerre qui remonte si loin dans le temps ?

Cette vidéo est éclairante en ce sens :

Le principal problème ici me semble résider dans le désir d’appropriation du territoire par les humains. Penser que la terre, ou une partie de celle-ci, nous appartient est en soi la source de toute guerre il me semble. Yuval Harari identifie d’ailleurs, dans Sapiens le début des problèmes actuels de l’humanité à ce désir d’appropriation. Dès que nous avons fait de cette terre notre propriété, nous sommes devenus ses esclaves. Nous nous sommes enchaînés.

Peu importe où se déroule la guerre, il y a aussi cachés derrière les marchands d’armes qui visent à faire des profits et à les engranger, pour eux seulement. En vendant aux deux factions. Comme on dit en anglais, quand on veut connaître la source d’un conflit, follow the money. Ici c’est la dualité, qui s’exprime par l’avidité, par l’exploitation, et qui relève de notre séparation d’avec autrui, avec le reste de nos frères et soeurs sur terre, qui nous rend insensible à leur bien-être, notamment celui de tous les enfants du monde. Mais aussi celui de nos aînés. Peu importe la nationalité. Si on pouvait se considérer comme une seule nation. Mais pas le cas. Pas encore.

Dans tous les conflits, j’imagine que chacune des parties justifie ses actions par des arguments qui font sens, et qui sont relayés par des médias jamais neutres. Chacun justifie l’attaque comme un moyen de défense. Mais où se situe la ligne ?

Sincèrement, comme le veut l’image ci-haut, qu’est-ce que cela ajoutera que l’on dise quoi que ce soit au sujet de ce conflit dont on n’en saisit qu’une si infime partie ? Stimuler des jeux ce – gros – mots sur le web ? Nourrir la guerre virtuelle ? En quoi cela aidera-t-il à ce que des enfants ne soient plus tués ?

Chanceux de vivre ici en paix et en sécurité – pour le moment, ne tenons jamais rien pour acquis. Si on veut tenter de commencer à comprendre la profondeur du conflit au Moyen-Orient, arrêtons de préjuger sans savoir, et informons-nous au moins minimalement pour comprendre d’où origine ce conflit. Sinon on parle avec nos pieds dans la bouche, les babines pleines de bottines.

La majorité des deux peuples préfère clairement vivre en paix – en fait au moins deux peuples mais même ça, c’est plus complexe qu’il ne semble, et au fond, un seul et même peuple partout sur terre. Mais pas encore.

Peut-être qu’au fond que la seule chose à faire est justement de garder le silence ? Pour ne pas ajouter encore plus de distortion au bruit ambiant.

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À qui a goûté le silence, les discussions banales, les débats et autres colloques deviennent insupportables, vite étouffants.

Le silencieux, le solitaire ont besoin d’air, d’espace, parce que dans le silence, dans la solitude, ils ont fait l’expérience de l’immense.

Dès lors, tout le reste semble étriqué et vain.

La « communication » obligatoire, l’injonction de « s’exprimer » à tout propos apparaissent grotesques: c’est toujours le moi prétentieux qui bavarde et s’expose, qui obstrue le vaste pays intérieur.

– Jacqueline Kelen via Sol Ange

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Il faut faire attention : l’enfer et le paradis sont séparés par une ligne très fine.
J’ai rencontré plusieurs démons dans ma vie et ils empestaient l’encens
.

– Gandhi, via Sol Ange

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english

Sometimes I start with a quote that bothers me to initiate a column. This is the case with this one. Because the good of one is often only the evil of the other, and vice versa. If only there were such a thing as a clear and precise demarcation line between the two, the world would be a much simpler place. But it’s all and always a question of context, judgment, values. Of nuances. At least 8 billions of them. Although killing innocent people, especially children, never seems to me to be good. Unnecessary evil.

From here, where we are so very comfortable, we are very poorly good enough to comment on the various events taking place in our vast world. Because we invariably lack the contextual and historical elements linked to various situations. We need to be there to feel it. Other we are only watching from afar.

For example, in connection with the current war in the Middle East between the government of Israel (and not necessarily all of its people) and the armed wing of Hamas (and not necessarily all of the people of Palestine), the two extremes on each side, often taking the upper hand in conflicts) , what do we know about this war that goes back so far in time ?

The video above is enlightening in this sense

The main problem here is the desire of appropriation of the territory by humans. Thinking that the earth, or part of it, belongs to us is in itself the source of all war it seems to me. Yuval Harari identifies in Sapiens the beginning of humanity’s problems with this desire for appropriation. As soon as we made this land our property, we became slaves. We tied ourselves.

No matter where the war takes place, there are also arms dealers behind it who aim to make profits and reap them, for themselves only, for their own greater good. By selling to both factions. And by promoting hate. as they say, Follow the money. Here it is duality, which is expressed by greed, and which arises from our separation from others, from the rest of our brothers and sisters on earth, which makes us insensitive to their well-being, in particular that of of all the children in the world. But also that of our elders. No matter the nationality. Only one nationality in fact. But now yet in reality.

In all conflicts, I imagine that each party justifies its actions with arguments that make sense. And diffuse it around in the biased media. Everyone justifies the attack as a means of defense. But where is the line ?

Honestly, what will it add if we say anything about this conflict of which we only understand such a tiny part ? Stimulate hate fights on the web ? How will this help prevent more children from being killed ?

Lucky to live here in peace and security – for now, let’s never take anything for granted. If we want to try to begin to understand the depth of the conflict in the Middle East, let’s stop prejudging without knowing and let’s educate ourselves minimally to understand where this conflict comes from. Complex task.

The majority of both peoples want to live in peace – at least two people but even that is more complex than it seems, and basically one and the same people everywhere on earth. Only one human tribe fundamentally.

Contrary to what this meme suggests, perhaps deep down the best thing to do is to remain silent ? To avoid adding even more distortion to the ambient noise.

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To those who have tasted silence, banal discussions, debates and other conferences become unbearable, quickly suffocating.

The silent, the solitary needs air, space, because in silence, in solitude, they have experienced the immense.

From then on, everything else seems narrow and vain.

The obligatory « communication », the injunction to « express oneself » on everything appears grotesque: it is always the pretentious self which chatters and exposes itself, which obstructs the vast inner country.

– Jacqueline Kelen via Sol Ange

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You have to be careful: hell and heaven are separated by a very fine line.
I have encountered several demons in my life and they reeked of incense.

– Gandhi, via Sol Ange


SEDONA EN PHOTOS

La terre nous en apprend plus sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.
– Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes

J’arrive d’une semaine chez mon bro Gordon à Sedona en Arizona. Paradis sur terre.

On marchait ou grimpait ensemble le matin, et les après-midis, j’allais me perdre en solo sur des sentiers peu fréquentés. Pendant que des massacres prennent place un peu partout sur terre notamment en Israël, que la guerre entre l’Ukraine et la Russie persiste toujours mais dans l’indifférence désormais, et en tant d’autres endroits ailleurs, pendant que les enfants et leurs parents et civils sans défense sont bombardés en Palestine, de même que les hôpitaux, moi je marchais. Et je pensais à tout ça, à eux et elles qui souffrent et qui ont peur. Et à rien aussi parfois. De plus en plus souvent. Les montagnes me fermaient la trappe.

Moi qui n’ai jamais pris de photos auparavant, je me suis laissé aller cette fois car j’ai été totalement flabbergasté par tant de beauté, de force, de majestuosité de la part de ces statues de roc géantes, témoins des passages du temps sur des milliers – dizaines, centaines, milions, combien au juste ? – d’années.

Devant ces montagnes, et sur leurs flancs, on voit littéralement le temps qui a passé sur la terre depuis toujours, ou depuis jamais c’est selon, le temps qui a passé à-travers ces montagnes, les forgeant et les sculptant. En les observant, on se sent petit, minuscule, on devient inévitablement humble, car on réalise concrètement à échelle humaine que nous ne sommes que des petits tas de poussière ambulante et pensante issus de ces rochers. Poussière en re-devenir. De plus en plus, nous devenons de moins en moins quelque chose, et de plus en plus, rien.

Plutôt que de vous perdre dans mes mots, je vous offre mes photos d’amateur. En ordre et dans le désordre car la nature n’a que faire de l’ordre. Et toujours parfaite elle est.

Là où j’ai marché. Et où je retournerai. Si Dieu le veut.

Si vous agrandissez vous verrez des grimpeurs au centre.
Ici aussi 😉
Gordon

Ci-bas, le désert plus au Sud… plus près de Phoenix…

DES ESPOIRS

Peu importe ce qui se passe, nous devons garder espoir, un espoir de trouver une façon d’éduquer tout le monde, réduire la pauvreté, assouvir la colère, et vivre en harmonie avec l’environnement, les animaux et les un(e)s les autres. – Dr Jane Goodall

Dur temps pour l’espoir. Encore qu’ici nous ne sommes pas direcctement affectés par les drames qui sévissent en plusieurs endroits sur terre. Une amie a une soeur qui vit à Kiev et qui vient d’accoucher en zone de guerre. Et je lisais tout à l’heure qu’une amie d’un ami en Israel doit donner naissance à son bébé ces jours-ci et qu’elle a peur. Imaginez accoucher à Gaza ces jours-ci !

Parle-t-on d’espoir ou d’espoirs d’ailleurs ? Peut-on avoir un seul espoir pour tout, ou de nombreux espoirs pour des causes spécifiques ? La question se pose. Et ne se résout pas nécessairement. Koan.

Inévitablement, toute cette misère humaine nous rentre dedans, ça ne peut pas faire autrement. Ça nous rentre dedans et ça nous passe au-travers, à-travers. Ça garde notre humanité vivante. À moins de s’en couper, donc de se couper de notre humanité fondamentale, la nôtre, personnelle, comme notre humanité commune, celle qu’on partage. Inévitablement, on va rencontrer un certain désespoir si on est le moindrement sensible à notre monde.

La guerre, certain(e)s vivent dedans, nous on la regarde à l’écran. J’imagine qu’on arrive à ressentir une infime partie de leur souffrance, mais probablement qu’une toute petite partie. Il nous manque la vibe spécifique du contexte. Comme entendre tomber des bombes autour de soi. Possiblement sur soi. La peur doit leur passer à-travers dans les os. Moëlle douloureuse.

Je ne sais pas pour vous mais moi, personnellement, le fait de savoir que des gens souffrent autant en ce moment en divers endroits de la terre pendant que je suis confortable et aussi business as usual ici me dérange et me rend inconfortable. Me questionne fortement du moins. Pas coupable, mais pas loin. Responsable. Comme dans habileté – capacité – à répondre du terme respons/ability en anglais.

Mais quoi faire devant la guerre ? Que faire pour tenter de l’éliminer, de la faire disparaître ? Contribuer aux agences d’aide humanitaire est déjà un bon même si très humble début. Pour qu’au moins les gens mangent et boivent.

Comprendre les sources des conflits en est un autre. Sans prendre un côté ou l’autre, rester centré(e)s sur la vie humaine. Cultiver la neutralité, et continuer à sentir les gens.

Apprécier l’immense chance, l’infini privilège que l’on a de vivre ici, et non là-bas. En continuant de nous sentir uni(e)s à nos frères et soeurs des deux camps.

Et finalement, continuer à cultiver l’espoir. Même si cela est bien abstrait face à la dure et menaçante réalité que vivent certain(e)s. Voir les sources de dualités, de conflits et de petites guerres que l’on cultive en soi-même. Voir et reconnaître les jugements que l’on entretient face aux gens que l’on considère différents de nous. Et les amenuiser.

Espoir all the way to the earth, directly from the heart.

IMPUISSANCE & AHO LE COEUR

Cette photo m’a rentré dedans ce matin. Ouch ! Elle est sournoisement apparue devant mes yeux. Elle s’est frayé un chemin jusque dans la vulnérabilité de mon coeur et de mon âme. Boum !

Devant l’horreur, on préfère bien souvent ne pas regarder en pleine face, on préfère fermer les yeux, on tourne son regard et on préfère ignorer. Ce que je fais parfois, souvent. Ou pour se prémunir contre l’inconfort, on peut devenir cynique, sarcastique et caustique, arrogant, détaché et intellectualiser les faits. Chacun de nous avons nos façons de gérer l’inconfort.

Ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient est d’une horreur indescriptible. Ce n’est pas le seul endroit ou sévit l’horreur mais c’est actuellement, et de loin, la plus éloquente et la plus médiatisée. La photo ci-haut illustre cette horreur.

Tant de gens qui ont perdu la vie, ou qui ont été blessé(e)s, tant de gens qui ont perdu des êtres chers par le biais d’actes barbares, d’un côté comme de l’autre. Tant de tristesse, de désespoir et d’impuissance. Tant de colère et d’incompréhension. Pas que les leurs, les nôtres aussi. Une seule planète, une seule humanité. Et nous sommes lié(e)s.

Certaines personnes qui ont perdu des proches veulent vengeance et attaques en retour, d’autres plaident la paix et le dialogue. Les premiers crient souvent plus fort. Et malheureusement agissent. Chacun(e) nos façons de réagir à l’horreur et à la douleur. Et personne n’a tort ni raison. On fait tous et toutes du mieux que l’on peut. Considérant les divers contextes et les ressources que l’on a à notre disposition.

Mais quand nous en sommes rendus à bombarder, affamer et tuer des enfants, que peut-on faire d’ici, nous qui continuons à vivre nos petites vinaigrettes comme si de rien n’était ? Comment on négocie avec cette horreur nous qui ne la vivons pas ? Comment assumer notre part de responsabilité ?

Certains choisissent de ne pas regarder, de ne pas vouloir savoir. D’autres préfèrent se réfugier dans la recherche du bonheur. Pour la plupart, on s’offusque, mais ne sachant toutefois que faire. On encaisse, on avale, on tente de processer l’information. Et de faire sens. D’une situation qui n’en fait pas.

Pendant que des enfants meurent et que des hôpitaux sont bombardés, que des gens n’ont plus rien, ni eau, ni home, ni nourriture, ni électricité, nous on continue tout bonnement nos ptites vies ici, en toute sécurité. À l’abri. Et on regarde l’horreur de loin, ici, au chaud et le ventre plein, en se prononçant sur l’horreur, certains prenant position pour un côté ou l’autre, d’autres préférant sentir et ressentir l’horreur et tenter de persévérer dans et avec la lumière. Défi.

Je l’avoues, ce matin, la vie me tiraille et me questionne jusqu’aux entrailles et je n’ai pas de réponses ni solutions. Je ne peux que sentir mon impuissance, et l’accepter. De voir et de savoir que des enfants souffrent ainsi m’atteint profondément. Les adultes et autres innocent(e)s aussi, mais les enfants tout particulièrement. Peut-être le papa en moi qui résonne.

Ce matin, j’ai mal à notre humanité. Je ne comprends rien à ce monde, notre monde. Car on a beau chercher e tenter de pointer des coupables et des responsables, il reste que tant d’horreur sévit en ce moment au coeur de notre humanité. Et pas qu’au Moyen-Orient, en de nombreux autres endroits sur terre. De belles choses aussi se produisent et prennent place, mais beaucoup d’horreur aussi.

Alors que faire ?

Continuer à respirer, à observer sans juger, à choisir la beauté en soi et autour, à la partager et à contribuer du mieux que l’on peut, et à souhaiter le mieux à tous et toutes, et surtout la paix aux femmes, hommes et enfants de bonne volonté. Et à s’en remettre à plus grand que Soi.

Inch’Allah , Shalom, Aho ! & Amen.

SE GLISSER ENTRE LES PLIS DE LA VIE

Quiconque perçoit sa lumière et son ombre simultanément peut se voir des deux côtés et peut ainsi se placer au centre. – C. G. Jung

Dans tout conflit ou guerre, il y a nécessairement deux côtés. Comme pour les médailles. Ou les histoires. Au moins deux, mais probablement toujours davantage.

En chacun(e) de nous, il y a aussi au moins deux facettes – visage à deux faces disait-on jadis – même si souvent ça semble aussi nettement plus multifaces.

En gros, un côté lumineux, curieux, ouvert, objectif, qui ne sait pas mais qui veut voir et savoir, innocent quoi, et de l’autre, un côté sombre, caché, terré, mesquin, qui a peur et qui veut se protéger et rester caché. Côténébreux.

Grosso modo.

Dans toute guerre, chaque côté justifie ses actions, et ses moyens. L’attaque s’explique comme le meilleur moyen de défense. Mais souvent ces sont des attaques présumées. On attaque pour se protéger, mais le danger était-il réel ? Aussi réel que la mesure de notre contre attaque ? L’Histoire ne le dit pas toujours, c’est selon qui écrit le livre.

Et comme dans chaque résistance que l’on rencontre en soi, dans chaque contraction, dans chaque racoin, on retrouve une part d’ombre, quelque chose se cache qui ne veut pas se révéler. Quelque chose qui ne se sait souvent même pas. La nature de l’inconscience. Ça demande acception, confiance en soi et transparence pour accepter de se dévoiler, à soi comme aux autres. Et de voir, de regarder.

On peut regarder une guerre de l’extérieur, au chaud dans notre home, et penser comprendre ce qui se passe. Faites la paix et non la guerre. En effet. Mais plus complexe que ça la vie.

Et on ne peut oublier que dans toute guerre, dans tout conflit, il y a de vraies personnes, de la vraie douleur, des pertes de vie concrètes, des deuils à faire et à vivre. C’est peut-être de l’ombre qui cherche la lumière, de l’ombre qui veut venir au monde.

Quand on ose descendre en soi, on voit le lumineux et le sombre, la lumière et son ombre. Si on peut accepter de regarder les deux côtés de la bête, si on trouve assez de courage en soi, nous ne sommes alors ni l’un ni l’autre, nous devenons le Tout et l’entre-deux, le poste d’observation, le/la gardien(ne) du phare, la présence qui voit tout ce qui existe, sans rien nier ni réfuter quoi que ce soit. En offrant comme disposition un gros et enveloppant Oui à tout ce qui se présente, même et surtout peut-être le moins plaisant car ça se demande d’être vu et reconnu. Avant de pouvoir s’illuminer et s’allumer.

On se glisse alors entre les plis de la vie, on s’immisce dans les nuances, dans la subtilité du vivant.

LUMIÈRE LUMIÈRE

L’espoir consiste à être capable de voir la lumière en dépit de toute cette noirceur. – Desmond Tutu

Dur temps pour les optimistes. Régal pour les pessimistes.

Mais entre ça va bien aller et ça va mal, il y de la nuance. Une infinie multitude de nuances. Et des tonnes d’émotions, comme des milliards d’opinions.

D’ici, de notre point vue de privilégié(e)s vivant en sainte paix, ici au chaud, en sécurité et loin des menaces, d’où l’on se sent impuissant(e)s sans souhaiter se retrouver en zone de guerre, on ne peut pas vraiment commenter ou émettre des opinions sur les zones de conflits actuelles. On doit se garder une ptite gêne. Observation neutre requise.

Premièrement, nous n’y sommes pas. Ainsi, il nous manque tout du contexte, même si on a beaucoup lu au sujet de la situation. Et ces temps-ci, comme toujours auparavant mais avec une intensité et un rayonnement d’émission moindres, les guerres sont une se font aussi par médias interposés. Ces médias constituent donc aussi des armes de guerre, d’information, désinformation et de propagande. Des moyens qui diffuser les messages qu’on veut voir se relayer, de part et d’autre. Qui et quoi croire ?

Ici, d’ici, on assiste à une guerre, à distance. Dans nos écrans. Oh bien sûr, ça nous fait vivre bien des émotions, ça nous chavire le coeur, ça nous bouleverse, mais ce n’est pas notre guerre car elle ne nous touche pas directement, on ne vit pas dedans. Même si sur la même planète, dans un univers tout à fait différent.

On peut bien s’identifier à un peuple, ou à un autre, mais au fond, c’est de l’humanité dont il est question. De notre humanité. Alors que l’on perçoit beaucoup d’inhumanité de part et d’autre, inhumanité qui serait aussi la nôtre dans une situation similaire. Alors attention aux jugements. Et en même temps, ils et elles sont aussi nombreux à faire le bien au milieu de cette guerre, à tenter de voir au-delà du parti pris, du bien et du mal. En venir en aide. Au risque de leur vie. Certain(e)s s’enfuient, d’autres y vont pour tenter d’aider.

Qu’est-ce que se défendre ? Et qu’est-ce qu’attaquer ? À qui appartient vraiment le territoire convoité ? Ne serait-il pas possible de partager équitablement ? Comment se défendre sans blesser des innocents(e)s ? Comment régler un conflit quasi irrésoluble ?

Sont quelques-unes des questions auxquelles nous avons, d’ici, le loisir de réfléchir, alors que d’autres, sur le terrain, sont occupés à faire la guerre pour de vrai. Ou à tener de venir en aide à ceux et celles qui sont blessé(e)s au coeur de cette guerre. Alors qu’ici, on la regarde, on y pense, on l’imagine, on la pense, on ne fait que la penser cette guerre alors que d’autres pansent les blessures. Facile d’ici de – penser – trouver des solutions. Mais pas dans notre ptite tête de linotte cette guerre, sur la terre, la vraie.

À part apprécier la chance qui nous est donnée de vivre en paix, il me semble que l’on doit éviter de juger ce qui se passe car nous n’en avons aucune idée. Il nous manque une troisième dimension. Au moins une, probablement beaucoup plus. Et aucune opinion que l’on émettra ne contribuera à régler la situation.

Alors ce qui nous reste à faire est de chercher et de trouver la lumière en soi, pour la projeter et la faire rayonner autour de soi, surtout ne pas la perdre de vue, ni loin de son coeur. Et ce, pendant que des milliers de personnes pleurent leurs morts, et que d’autres sont en guerre active sur le terrain. Sur la même planète que nous. Mais dans un univers différent.

Et à écrire un peu futilement pour tenter d’exprimer notre impuissance devant l’inexplicable et l’incompréhensible. Et à tenter de partager un peu d’espoir et de lumière. Ce qui constitue un luxe en soi d’ici assis en toute sécurité.

Lumière lumière, éclairez-nous afin que ce dense brouillard de noirceur qui sévit présentement dans le coeur de l’humanité se dissipe.

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Il y a quelque chose dans l’esprit humain qui survivra et prévaudra ; Il y a une petite et brillante lumière qui brûle dans le cœur de l’homme et qui ne s’éteindra pas, même si le monde devient sombre. ~ Léon Tolstoï

PAIX QU’INTÉRIEURE

La paix n’a jamais été connue parce que la paix qu’elle doit être créée par chaque individu. La guerre est par contre créée par les nations, les politiciens, les idéologies, les religions. La paix ? chaque individu doit la créer.

.. Il vaudrait même mieux dire qu’on doit la découvrir, car elle ne doit pas être créée, elle est déjà là en vous. – Osho

Tant de sagesse dans cette affirmation, soit que la paix ne peut qu’être individuelle, alors que la guerre est un événement social, une inter action, entre des idéologies différentes, entre des perceptions divergentes.

Bien sûr on peut avancer qu’il est possible d’être en guerre avec soi-même. Mais je préférerais parler alors de conflits internes car tout se passe en soi. Et qui n’est pas habité par ces conflits à l’intérieur ? Par des forces contraires.

Non, la guerre, la vraie, celle qui blesse, heurte et tue, celle qui fait saigne corps, coeurs et âme, se déroule toujours entre et contre des gens, des peuples, des tribus, des clans différents, divergents. Toi contre moi, eux contre nous.

Si on pouvait seulement enseigner aux individus à s’assoir, à se fermer les yeux, à cultiver la paix chacun(e) en soi, on la re trouvait car elle a dû toujours être là, et on la retrouvait à l’extérieur de soi automatiquement, par défaut, naturellement. Car la vie doit vouloir reposer en paix en son coeur.

Dans la plus grande des guerres actuelles, la plus vieille, la plus insoluble, celle qui implique Israel et la Palestine, ici le point de vue de Gabor Maté…

et un rappel historique…

PAIX AUX GENS DE BONNE VOLONTÉ

english below…

Palestine-Israel. Russie-Ukraine. Haïti. Plusieurs régions d’Afrique dont l’Éthiopie, le Sahel, la république du Congo et des Grands Lacs. L’Afghanistan. Le Yémen. La Syrie. La Lybie. L’Irak. Le Liban. L’Arménie et l’Azerbaïjan. Le Pakistan. Taiwan. Les Ouighours.

Pour ne nommer que ceux-là.

La terre est en chamaille. Ça se bombarde, ça se tue, vieillards, enfants et hôpitaux compris. Ça se menace, ça s’invective, ça se méprise.

Et un peu partout ça brûle, ça sèche ou ça fond. Terres et mers se remplissent de plastique. Ça inonde. Ça brasse. L’air se détériore.

Et les croisières continuent de cruiser. Et les millionnaires, des affaires, des armes, du pétrole et du sport, continuent de piller, d’empiler et de briller. Pendant qu’une partie de plus en plus importante du peuple en arrache. Que les homes se font rares. Et que les prix des aliments montent. Comme les taux d’intérêt et les profits des banques. Pendant que les écarts et les inégalités s’élargissent.

Nous ici, nous sommes parmi les plus privilégié(e)s de ce monde. Nous avons la chance de regarder cette folle spirale de guerre à partir du confort de nos foyers. En respirant un air sain, dans un environnement paisible, entouré(e)s de forêts, de cours d’eau potable et de grands espaces. Ne l’oublions jamais.

Mais alors que faire devant cette haine et ces conflits armés qui nous dépassent largement ?

Il ne nous reste qu’à prier, qu’à implorer une force supérieure, qu’à demander une aide plus grande que nous. Que nous puissions trouver l’amour en nos coeurs. Que nous puissions contribuer à transformer la haine en amour, l’ignorance en conscience. À notre humble mesure.

Il ne nous reste qu’à sentir ce que peuvent vivre nos frères et soeurs impliqués, à réaliser que fondamentalement, personne ne veut la guerre, à part quelques individus qui en profitent souvent des deux côtés de la bouche et s’en mettent plein la poche.

Il nous reste aussi à essayer de ne pas juger à partir de notre simple petit point de vue car les situations sont toujours plus complexes que ce que l’on peut saisir.

Il nous faut aussi réaliser la chance que l’on a d’être épargnés par ces conflits.

Et aider financièrement ou autrement, le plus qu’il nous est possible de le faire, les organismes humanitaires qui viennent en aide aux plus nécessiteux.

Et espérer. Tout en contribuant concrètement autour de soi à faire de ce monde un monde meilleur, plus juste, plus humain.

En acceptant notre impuissance devant ces drames qui nous bouleversent, sans verser dans la haine ni dans le blâme car cela n’apporte rien de mieux, de plus.

En réalisant que nous portons aussi en nous une part de toutes ces guerres et ces conflits, que nous portons une part de dualité. Avant d’éventuellement devenir un, uni(e), universel(le).

Humble devant la complexité de ce monde, tout simplement humain devant le sort de tant de nos frères et soeurs qui souffrent. Ne pas fermer les yeux sur leur sort.

Dieux et Déesses, êtres divins de toutes sources de croyances et de foi, Mère Universelle et Père Tout puissant, aidez-nous, soutenez-nous, aimez-nous. Comme nous avons le potentiel de nous aimer nous-même et les un(e)s les autres.

Et paix à tous les enfants du monde. Et aux femmes et hommes de bonne volonté.

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english

Palestine-Israel. Russia-Ukraine. Haiti. Several regions of Africa including Ethiopia, the Sahel, the Republic of Congo and the Great Lakes. Yemen. Syria. Libya. Lebanon, Armenia and Azerbaijan. Pakistan. Taiwan. The Uighurs.

To name just a few.

The earth is in disarray. People are being bombed, people are being killed, old people, children and hospitals included. Some threaten each other, insult others, some despise the others.

And almost everywhere it burns, it dries or it melts. Lands and seas are filling with plastic. It floods. It’s brewing. The air is deteriorating.

And cruises continue to cruise around the seas. And the millionaires, from business, weapons, oil and sports, continue to plunder, pile and shine. While an increasingly large part of the people are struggling. That homes are becoming rare. And food prices are rising. Like interest rates and bank profits. While gaps and inequalities widen.

We here are among the most privileged in this world. We have the chance to watch this crazy spiral of war from the comfort of our homes. By breathing healthy air, in a peaceful environment, surrounded by forests, drinking waterways and wide open spaces. Let’s not forget it.

But then what can we do in the face of this hatred and these armed conflicts which are far beyond us ?

All we can do is pray, implore a superior force, ask for help greater than ourselves. May we find love in our hearts. May we help transform hatred into love, ignorance into conscience. To our humble extent.

All we have to do is feel what our brothers and sisters involved may be going through, and realize that fundamentally, no one wants war, apart from a few individuals who often profit from both sides of their mouths and get their fill of it. poached.

We also have to try not to judge from our simple little point of view because situations are always more complex than we can grasp.

We must also realize how lucky we are to be spared from these conflicts.

And help financially or otherwise, as much as we can, the humanitarian organizations that help those most in need.

And hope. While contributing concretely to those around you to make this world a better, fairer, more human world.

By accepting our helplessness in the face of these tragedies which upset us, without falling into hatred or blame because that brings nothing better, nothing more.

By realizing that we also carry within us a part of all these wars and conflicts, that we carry a part of duality. Before eventually becoming one, united, universal.

Humble in the face of the complexity of this world, simply human in the face of the fate of so many of our suffering brothers and sisters. Do not turn a blind eye to their fate.

Gods and Goddesses, divine beings from all sources of beliefs and faith, Universal Mother and Almighty Father, help us, support us, love us. As we have the potential to love ourselves and each other.

And peace to all the children of the world. And to women and men of good will.

PAS DE MOI SANS NOUS

Je suis souvent frappé(e) par le dangereux narcissisme nourri par la réthorique spirituelle qui porte autant d’attention sur la croissance personnelle et si peu sur la pratique de l’amour dans un contexte de communauté.
– bell hooks

english below

En cette ère de croissance trop personnelle et de petit bonheur individuel nourrie et relayée par les médias dits sociaux (mais à profits inversement très personnels), nous oublions trop souvent le contexte plus vaste dans lequel prend place notre tentative de petit bonheur individuel. Ou peut-être est-ce justement à cause de ce contexte anxiogène qui sévit autour que nous réfugions dans une tentative de bonheur à petite échelle, sans prendre conscience qu’un petit bonheur sans un Grand le nourrissant et le soutenant est futile et insignifiant.

Car comment être heureux et comblée dans un monde qui tourne carré ? Dans un monde en guerre ? Comment se satisfaire de son petit nombril insignifiant si le grand corps social autour de l’est pas ? Signifiant je veux dire.

Moi moi moi tentent de nous enfoncer dans la gorge et le coeur les bonzes des agences de publicité et de marketing. Mais moi sans nous ne peut être pleinement heureux, et ne pourra jamais l’être vraiment. Le Moi est totalement insignifiant s’il ne fait pas un effort pour améliorer le Nous partout autour, en commençant par le Nous autour de Lui. Et en élargissant sans cesse.

Vouloir son propre petit bien personnel est naturel mais insuffisant s’il ne tend pas à devenir un bien du Grand Nous, si le Moi ne tend pas vers le Nous.

Là à mons humble avis réside le noeud du problème de notre société. En se pensant séparée du Grand Tout, la petite partie que nous pensons être tente de créer son petit monde surprotégé pour se prémunir contre la barbarie du méchant monde out there. Mais nous vivons en ce monde, c’est Notre monde, le seul qui existe, même si on le pense loin et séparé. Les guerres sont nos guerres, même si elles ne prennent pas place juste ici autour. Elles agissent en nous.

Souvent, on se considère chanceux/ses parce que la guerre frappe, blesse et tue ailleurs. Mais nous portons tous et toutes une culpabilité commune justement parce qu’elle ne prend pas place ici. On ne peut comparer notre propre petit bonheur à la lumière du malheur d’autrui. Ce que l’on est souvent réduits à faire. Quand on se compare, on se console. Mais le centre demeure vide car notre humanité souffre.

On doit voir et considérer ce que l’on peut faire pour aider notre monde, celui autour de soi. Car notre petit bonheur dépend du Grand.
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english

In this era of overly personal growth and small individual happiness nourished and relayed by so-called social media, we forget the bigger context in which our attempt at this small happiness takes place. Or perhaps it is precisely because of this anxiety-provoking context that is rife around us that we take refuge in an attempt at happiness on a small scale, without realizing that a small happiness without a Big one nourishing and supporting it is futile and insignificant.

Because how can you be happy and fulfilled in a world that is fucked up ? In a world at war ? How can we be satisfied with our little insignificant navel if the large social body around it is not ? Meaningful I mean.

Me me me are trying to force down our throats and hearts the popes of advertising and marketing agencies. But I without Us cannot be fully happy, and can never truly be. The Self is totally insignificant if it does not make an effort to improve the We everywhere around it, starting with the We around It. And constantly expanding.

Wanting one’s own little personal happiness is natural but insufficient if it does not tend to become a good of the Greater Us, if the Self does not tend towards the We.

Therein, in my humble opinion, lies the crux of the problem in our society. By thinking of itself as separate from the Great Whole, the small part that we think we are tries to create its own little overprotected world to protect itself against the barbarity of the evil world out there. But we live in this world, it is Our world, the only one that exists, even if we think it is far away and separate. Wars are our wars, even if they don’t take place right here around. They act in us.

Often, we consider ourselves lucky because war strikes, injures and kills elsewhere. But we all carry a common guilt precisely because it does not take place here. We cannot compare our own little happiness in the light of the misfortune of others. What we are often reduced to doing. When we compare ourselves, we console ourselves. But the center remains empty because our humanity suffers.

We must see and consider what we can do to help our world, the world around us. Because our little well being depends on the Great One.