TOUT SIMPLEMENT EXTRA ORDINAIRE

Quand on est jeune, on veut devenir quelqu’un, ou quelque chose.

D’ailleurs, Ram Dass a dit : Vous devez devenir quelque chose avant de ne devenir rien.

En effet, on dirait bien que dans nos premières années de vie, on a tendance à devenir quelqu’un ou quelque chose, à devoir se définir, se développer, se réaliser. On tend vers.

Puis, avec les années, on se rend compte – éventuellement, peut-être, et si oui, petit à petit – que le but est le chemin. Que l’on ne pourra jamais devenir autre chose que ce que l’on est fondamentalement. Que la vie n’est que ce qu’elle est malgré tous nos désirs et nos intentions qu’elle soit autrement.

Mais en même temps que l’on doive apprendre à accepter qui nous sommes, parfois à la dure, comme accepter la vie telle qu’elle est, on continue aussi à aller vers. Vers mieux, vers soi. Et vers un certain dépouillement. Ultimement, vers la mort que l’on a intérêt à apprivoiser.

Comme si, quand on est jeunes, le regard des autres est essentiel pour nous aider à nous définir dans nos premières étapes de vie. Parfois on écoute, parfois pas.

Puis avec les années qui passent, entre autres grâce à de nombreuses erreurs et autres revers de la vie, on rapatrie notre jugement, on le ramène à soi, comme nos capacités d’évaluation et de décision. On apprend à se faire de plus en plus confiance, à partir de soi. Et si l’on saisit quelque chose de primordial, à passer de la tête au coeur. Là où Dieu a déposé un ptit bout de son âme.

Je parlais récemment avec des ami(e)s et je leur disais que je doute toujours quand je dois prendre action, en fait avant de prendre action. Et je disais aussi que même si je doute, j’apprends aussi à développer toujours un peu plus de confiance que le poids de mes doutes. Comme un tango doute et confiance. Avec la confiance qui guide les pas.

Le doute me semble essentiel dans la vie. Car on a vu tellement de gens sûrs de soi en blesser d’autres gravement au fil du temps, ou se casser la gueule, trop imbu(e)s de leur propre certitude teintée d’arrogance. Le doute nous fait nous demander si l’action à poser sera juste, équitable, pour le bien du plus grand nombre, et ce avant de la poser.

Donc avec le temps qui passe, au fil des défis de la vie, on apprend que l’on ne peut être que soi-même. Que si l’on devient quelque chose, ça ne peut être que de plus en plus soi-même, qui l’on a toujours été au coeur de soi.

Et on apprend aussi que chaque moment est parfait en soi. Que la vie est parfaite telle qu’elle est, et que tout ce que l’on peut faire si elle ne l’est pas, consiste à porter un regard différent sur ce qui est. Comme sur nous-même. Avec acceptation et lucidité.

Comme on dit, chacun et chacune de nous, tous et toutes, nous sommes uniques, comme tout le monde.

Mais plusieurs détours avant d’en arriver là. Ici. Maintenant.

Simplement devenir de plus en plus soi-même, car, de toute façon, impossible de faire autrement. Et au fil des détours, on finit finalement par arriver au point de départ.

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C’est la situation de millions de personnes sur cette terre.
Ils ne peuvent pas voir ce qui est, ils sont obsédés par ce qui devrait être.
La plus grande obsession dont souffre l’humanité est celle de « ce qui devrait être ».

C’est une sorte de folie.
La personne réellement en bonne santé ne se soucie pas de ce qui devrait être.
Toute sa préoccupation est l’immédiat, ce qui est.
Et vous serez surpris : si vous entrez dans l’immédiat, vous y trouverez l’ultime.
Si vous vous déplacez vers ce qui est proche, vous y trouverez toutes les étoiles lointaines.
Si vous bougez dans le moment présent, l’éternité entière est entre vos mains.
Si vous connaissez votre être, il n’est pas question de devenir.
Tout ce que vous auriez pu imaginer devenir, vous l’êtes déjà.

– Osho

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Je vous en supplie, soyez patient avec tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes comme s’il s’agissait de pièces fermées à clé ou de livres écrits dans une langue très étrangère.
Ne cherchez pas les réponses qui ne pourraient pas vous être données maintenant, car vous ne pourriez pas les vivre.
Et le but est de tout vivre.
Vivez les questions maintenant.
Peut-être qu’un jour, dans un avenir lointain, vous découvrirez progressivement, sans même vous en rendre compte, la réponse.
–Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (1929)
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les 2 ci-bas via ALain Nyala

Le sens de la vie est juste d’être en vie.
C’est si évident et si simple.
Et pourtant tout le monde se précipite dans une grande panique comme s’il était nécessaire d’atteindre quelque chose au-delà de soi.
~ Alan Watts

C’est très simple d’être heureux, mais c’est très difficile d’être simple.
~ Rabindranàth Tagore

FORÊT STOP

image via my friend Devayana

De retour de quelques jours à la mer au Maine avec ma douce pour souligner mon anniversaire. Happy Bird Day to you itou. Pit pit pit…

Du vent, de l’air marin, des oiseaux, des plages et des tonnes de roches. Et des km de marche. Avec à peu près personne sur la plage à ce temps-ci de l’année. Avec un passage chez nos amis Jim et Kerry à Burlington au retour, quel bel état d’esprit que le Vermont.

Avec quelques heures de dense circulation pour traverser le grand Montréal on the way back.

Et de retour dans notre forêt depuis hier. Ah ce calme ! Back home, dans le calme. Ici, pour se reposer et y rester.

Toujours bénéfique pour les petites bêtes plus ou moins sociales que nous sommes de sortir de notre habitat naturel une fois de temps en temps, pour aller voir ailleurs, puis y revenir et l’apprécier encore davantage. Quelques jours avec pas de nouvelles, surtout pas les mauvaises. Et un Bird Day sans wifi. Pour le passer en circuit fermé.

Et maintenant, back to play. Car demain cérémonie avec mes ami(e)s de choeur pour jouer de la musique, faire silence et chanter. Pour communier.

Pendant ces quelques jours de marche compulsive, récréative et méditative, j’ai médité, fait le vide et réfléchi. Quand on marche, on dirait qu’il est toujours moins dérangeant de penser. Car on marche principalement – on observe, on sent, on déguste, un pas à la fois et chaque pas dans la foi – et la pensée se déplace en arrière-plan, back scene thinking. On marche et ça pense. On marche – sur – nos pensées. On se dépense.

Les moments de pause qu’on s’accorde sont riches d’enseignement, de réflexion, de détachement du quotidien. On regarde sa vie avec une certaine distance, avec un allègement certain. Bird day. On se dégage un peu du flot constant des stimulations quotidennes. On prend une pause du soi habituel. On retrouve son âme.

Cette année, j’ai décidé de me couper des réseaux pour prendre un moment déconnecté. Car avec FB, les anniversaires sont riches de multiples marques d’affection, mais aussi quasiment des opérations de relations publiques. Car j’aime remercier chacun(e) des personnes qui prend le temps de m’envoyer un ptit coucou pour l’occasion. Alors hier à mon retour, j’ai envoyé short and sweet ceci à tout ce monde, tout mon petit monde. La main sur le coeur, merci et gratitude.

Et de retour dans la forêt, ma forêt, notre forêt, la vie continue et on se repose, et on se re dépose. La forêt, for rest. Pour se reposer, et y rester. Faut rester.

Pendant la traversée intense et dense de Montréal hier, je me demandais comment les gens pouvaient ainsi vivre. On s’adapte à tout j’imagine.

Mais ce matin, la forêt répond à ma question, à mon questionnement. Par son silence paisible, son calme, sa paix autour qui active celle en soi. Une paix de soie, feutrée, lente et douce. Ah this !

Si j’aime la mer, et son mouvement perpétuel, quelques jours sont suffisants car j’adore plus que tout la forêt et son quasi immobilisme, sa lenteur, sa douceur. Son lent mouvement qui ralentit tout dans son sillage. J’allais écrire sur son passage, mais la seule chose qui passe dans la forêt, c’est le temps, celui qui n’existe pas. Et nous avec lui. Qui n’existons pas davantage.

Alors cher lecteur/trice, le chroniqueur is back à son clavier avec l’espoir et la liberté au coeur, et il vous souhaite la pareille. Avec l’intention de changer les choses à notre humble et petite et simple mesure.

Si vous supposez qu’il n’y a pas d’espoir, vous garantissez qu’il n’y aura pas d’espoir.
Si vous supposez qu’il existe un instinct de liberté, qu’il existe des opportunités de changer les choses, alors il est possible que vous puissiez contribuer à créer un monde meilleur.
~Noam Chomsky

Et en une photo, ici, notre périple à la mer. Le présent des levers de soleil appartient aux gens qui se lèvent tôt.

ÉCRIRE TOUT PLEIN POUR RIEN

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.
– John Steinbeck

Salut lecteur/trice

Je pars à la mer au Maine avec ma douce demain pour quelques jours de marche et de vent pendant lesquels je vais prendre une pause de chroniques, une pause chronique.

Ceci est donc ma dernière chronique. Pour quelques jours.

Et ce meme de Steinbeck ci-haut m’incite à réfléchir et m’inspire à en écrire une dernière avant la route.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.

Car voyez-vous, ça fait plus de 13 ans que j’écris ici, quasiment à tous les jours de semaine. Et les stats de mon blogue me disent que ça fait plus de 3 000 chroniques que pond le ptit coq des mots que je suis et qui fait tape tape sur son clavier aux aurores.

3 000 chroniques derrière la cravate.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.

Si j’écris aussi régulièrement, et depuis si longtemps, ça doit être en effet la chose la plus importante au monde pour moi, car c’est certainement la plus régulière – avec le café qui l’accompagne. Et une de celles qui me donne le plus de joie. Encore.

Dès les premiers rayons du soleil, et souvent même avant, pratiquement à chaque jour de semaine que le Créateur nous offre le privilège de vivre, ce petit rituel qui consiste à choisir un meme et à laisser popper les mots hors de mes doigts m’anime encore au plus haut point. Me réjouit le coeur.

Le fait de faire tap tap sur mon clavier, sans raison précise, pour le simple plaisir de faire danser les mots est l’une des plus grandes joies de ma toute petite vie simple et humble ici dans les bois.

Et pas très dispendieuse du reste, que les frais annuels du blogue à régler pour vous éviter la publicité.

J’ai traduit le terme writer par personne qui écrit car je ne peux ni ne veux me considérer comme un écrivain. Je n’ai pas cette prétention. Je me sens davantage, dans les faits comme dans la chair, comme une personne qui écrit.

Non par fausse humilité, non par gêne, simplement par souci de ne pas m’identifier à mes mots, ni à mon rôle de gars qui aime écrire. Je ne veux pas me prendre au sérieux ni faire de ce hobby quelque chose d’autre. Qu’un hobby. Une activité gratuite, sans but autre que le plaisir de laisser sortir les mots. Pas de patron à satisfaire, pas de commande à remplir, pas de clients à contenter. Que des gens libres de décider s’ils et elles veulent lire ou pas. PAs de fil attaché sur le sans fil.

Depuis que je suis tout petit, j’ai rêvé d’écrire. Et au cours des 13 dernières années, je me suis permis de le faire. Librement, sans pression, simplement par et pour le plaisir. Et je le fais, avec un grand et immense plaisir même.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.

Si écrire est l’une des choses les plus importantes pour moi, je sais bien que mes mots ne sont pas importants ni primordiaux pour quiconque autre que pour moi.

Je ne sais pas qui me lit. Je ne sais pas non plus ce que ceux et celles qui lisent mes mots en pensent, je ne sais pas ce qu’ils en font. Et ainsi soit-il car je n’écris pas pour influencer personne. Loin de moi l’idée d’être un influenceur.

Car j’écris surtout pour moi, petit plaisir pas coupable du tout, plaisir totalement responsable. J’écris pour voir ce qui va sortir de moi, ce qui se cache au sous-sol de mon inconscient, ce qui danse sous mes doigts. Pour mettre à jour mes croyances les plus sournoises. Pour faire de l’air dans ma boîte à pensées qui spinne dans le vide intersidéral de mon cerebelum. Non-Stop, 24/24 et 7/7. Ici, et de là.

Pour, tout au plus, amener les gens à se poser des questions avec moi, à réfléchir, soit à faire fléchir ce qu’ils et elles, comme moi, considèrent fixe et figé dans le temps comme dans l’espace.

Et peut-être, au fil des mots, défaire quelques idées reçues, ouvrir nos esprits, ensemble, pour dépasser de vieilles croyances transmises par une société qui n’a pas intérêt à ce que ses citoyens pensent trop librement.

J’écris pour cultiver le silence.

J’écris pour explorer le lousse et l’espace qui se glisse entre les mots, ces mots qui peuplent tant et tellement notre vie et notre esprit.

J’écris pour découvrir le sens qui se cache entre les lignes, pour découvrir la vérité qui se cache entre les mots. Sortir les mots pour les mettre à jour, pour les aérer, les observer, avec une distance.

Je ne pense pas vraiment que le fait d’écrire soit la chose la plus importante qui soit au monde. Car tant de mots déjà, tant de bruits ambiants, tant de bla bla.

Et le silence me semble une valeur nettement supérieure. Pour cela que la méditation constitue l’autre aile de mon hobby d’écriture. Le silence, et la musique. Et l’amitié discrète.

C’est de silence dont j’irai faire le plein cette semaine. Le silence qui porte le vent, et la mer.

Pour revenir avec des mots qui pourront peut-être rendre encore mieux le silence.

ESPRIT LIBRE COEUR LÉGER

Si ton esprit est vide, il est toujours prêt à tout, ouvert à tout. Dans l’esprit du débutant réside plusieurs possibilités., mais dans l’esprit de l’expert, très peu. – Shunryu Suzuki

Il existe une autre expression biblique qui dit exactement ce que Mr Suzuki dit plus haut, soit : Heureux les simples d’esprit car le royaume des cieux est à eux.

Que certains ont transformé en : heureux les creux car le royaume des cieux est à eux, pour la rime, et pour la ridiculiser. Car on aime souvent rire ou dénigrer les simples d’esprit. Peut-être parce qu’au fond, nous sommes jaloux de leur innocence, de leur légèreté d’être. Comme nous sommes probablement jaloux des oiseaux qui volent avec aisance.

Ainsi, au final, peut-être bien que les derniers seront les premiers. Peut-être bien que ceux et celles que l’on aime étiqueter comme innocents sont plus libres et moins tourmenté(e) que ceux qui savent – ou pensent savoir – les sachant(e)s.

Ma Anandamayi le dit autrement mais tout aussi bellement: Laisse ton esprit être telle une belle fleur qui peut être offerte au Seigneur avec dévotion.

Par là, tous deux me semblent vouloir dire de ne pas s’embourber le mental avec des préoccupations inutiles, de ne pas surpenser, de se libérer l’esprit. Et ce faisant, on laisse plus de place dans sa vie pour le coeur et l’amour, pour les émotions et l’affectivité, pour la liberté et l’espace.

Mr Suzuki nous dit de garder un esprit vide, libre de certitudes et de croyances non fondées et non expérimentées personnellement. De conserver une attitude de débutant(e), l’esprit ouvert, prêt et ouvert à tout. Un esprit où réside plusieurs possibilités, contrairement à l’expert qui sait tout, ce qui limite les possibilités et enferme la vie dans le connu.

Quand on travaille à libérer le mental, à l’observer plutôt qu’à s’y associer, à lui redonner sa liberté, son innocence, on crée de l’espace dans sa vie, on redonne de la place à son coeur. On s’allège.

À mon avis, Rumi dit la même chose mais autrement: Fais silence, seul Dieu peut dissoudre les fardeaux de ton coeur.

Passer de la tête au coeur. Et avoir du coeur au ventre.

Alors voilà. Quelques simples et beaux mot – bene dictions – ce matin pour inspirer et alléger le coeur et la tête.

Et ci-bas, quelques autres belles petites histoires d’humanité.

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Aujourd’hui, j’ai peint les ongles d’une nouvelle résidente au travail et pendant que nous examinions les couleurs, elle a mentionné qu’elle voulait du clair.

La seule pensée qui m’est venue à l’esprit était « CLAIR ? ! Ce n’est pas amusant.

Je lui ai demandé pourquoi elle voulait du clair et elle m’a répondu : Mes mains sont laides, je ne veux pas attirer l’attention sur elles.

J’ai ensuite soigneusement répondu : Vos mains racontent l’histoire de votre vie. Elles racontent l’histoire de l’amour, des soins et de l’aventure. Ces mains ont touché et tenu des choses que la plupart des gens ne peuvent souhaiter qu’un jour.

Et sur ce, elle a opté pour la couleur rose pour ses ongles.

Parfois, ce avec quoi nous ne sommes pas en sécurité, d’autres y trouvent de la beauté. 💖
– Brandalyn Mae Porter

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ARRÊTEZ D’ESSAYER DE VOUS AIMER
Oubliez la transcendance du corps.
Aimez-le plutôt.
Abandonnez l’idée de « lâcher prise ».
Au lieu de cela, laisse aller l’amour au plus profond des endroits tendres, les parties qui font mal.
Respirez dans votre tristesse.
Laissez votre peur pénétrer au plus profond de vous.
Inclinez-vous devant votre incertitude.
Il y a une place intouchable en toi qui se laisse toucher sans crainte.
Ici, même votre indignité a de la valeur.
Et ce vieux sentiment que tu n’es pas aimable ?
C’est adorable ici.
La présence est le contenant, jamais le contenu.
Il y a tellement de place en toi, mon ami.
Tellement de place.
L’inconnu englobe tout ce qui est connu.
Dans la certitude de toi-même, même l’incertitude peut être vécue comme un nouveau-né.
Il n’y a aucun problème avec vous, y compris l’idée qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez toi.
Alors arrête d’essayer de t’aimer.
Soyez simplement le Soi qui aime.
– Jeff Foster

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Un rebelle est celui qui ne réagit pas contre la société.
Il observe et comprend tout le manège et décide simplement de ne pas en faire partie.
Il n’est pas contre la société, il est plutôt indifférent à ce qui s’y passe.
C’est la beauté de la rébellion: la liberté!
Le révolutionnaire n’est pas libre.
Il est constamment en train de se battre, de lutter avec quelque chose.
Comment pourrait-il donc être libre?
Il est systématiquement en train de réagir contre quelque chose.
Où est-ce que se trouve la liberté dans la réaction mécanique à des choses extérieures?
La liberté naît de la compréhension.
Il faut d’abord comprendre les mécanismes en jeu: la société empêche l’évolution de l’âme.
Le système ne vous permet pas d’être vous-même.
Une fois que cela est compris, vous sortez simplement du système sans même une cicatrice dans l’âme.
Le rebelle pardonne et oublie, il se contente de prendre une distance par rapport à la société, sans lien d’amour ni de haine avec elle.

– Osho, La Liberté

LE COEUR DU MONDE

Que ma colère ne devienne pas méchanceté.
Que mon chagrin ne dégénère pas en apitoiement.
Que mon coeur demeure assez tendre pas ne pas craquer.
Que ma colère soit justice et non cruauté.
Que je me souvienne que toutes ces émotions, chaque pépite de celles-ci, tendent vers l’amour.
Que je demeure ardemment bon(ne).

– Laura Jean Truman

J’aurais pu traduire toutes ces phrases par faites en sorte que

Mais j’ai choisi d’utiliser que ma/mon/je

Car s’il n’y a rien de mal à s’en remettre à une puissance supérieure pour obtenir de l’aide, je crois que tout relève de nous en premier lieu.

Car comme disent les Sufis: Implore Dieu, mais attache ton chameau. Ou par ici, on dit plus communément : aide-toi et le Ciel t’aidera.

Que ma colère ne devienne pas méchanceté.
Rien de mal à sentir la colère devant l’injustice mais ne la laissons pas heurter autrui. Utilisons plutôt cette énergie pour équilibrer l’injustice en aidant, en faisant le bien. Je sais, pas si évident face au drame qui a cours au Moyen-Orient. Mais peut-être chercher à comprendre, s’informer, voir les deux côtés des conflits. Car il y a les gouvernants, et il y a le peuple, et le peuple a bon coeur, tous les peuples veulent la paix.

Que mon chagrin ne dégénère pas en apitoiement.
Parallèlement à la colère, qui ne serait d’ailleurs que tristesse activée, normal de parfois aussi sentir du chagrin et de la tristesse, face à soi, pour nos proches qui souffrent ou notamment devant le sort des enfants. Mais il est crucial de ne pas laisser cette énergie nous ratatiner, nous rendre victime, nous paralyser, car il y a toujours quelque chose que l’on puisse faire pour transformer positivement les blues du coeur et de l’âme après les avoir reconnus et sentis. Compost for action.

Que mon coeur demeure assez tendre pas ne pas craquer.
Se laisser toucher par la dureté du monde sans nous écrouler, voilà un grand défi. Car comme le dit si bien ci-bas Gangaji, une coeur brisé peut devenir une porte vers la grâce. Mais jamais un coeur fermé.

Que ma colère soit justice et non cruauté.

L’auteure utilise deux fois le terme colère dans sa citation. La première fois pour qu’elle ne devienne pas méchanceté, et ici pour qu’elle ne se transforme pas en cruauté. Car souvent, la colère n’est que peur devant l’inconnu, sentiment d’impuissance. La colère peut constituer une précieuses énergie de changement et de transformation. Essence de la justice.

Que je me souvienne que toutes ces émotions, chaque pépite de celles-ci, tendent vers l’amour.
Car malgré l’apparente banalité de ce terme utilisé à tant de sauces et dans tant de poutines, il n’y a que l’amour. L’amour pour soi tout d’abord, qui se transforme tout naturellement et graduellement en amour pour autrui. Puis en disposition permanente.

Que je demeure ardemment bon(ne).
L’auteure utilise le terme anglais fiercely, qui se traduit par violemment, mais j’ai choisi ardemment, comme dans flamme ardente. Que mon coeur sente le coeur d’autrui, le coeur des autres, le coeur du monde entier. Car le seul et même coeur au bout du compte, le coeur de Dieu, le coeur du monde. Et le même battement. Poupoum poupoum…

Aho !

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Quand on me contrarie, on éveille mon attention, pas ma colère.
Michel de Montaigne.

BONNE VOLONTÉ

Juste comme j’avais découvert le sens de la vie, ils l’ont changé.
– Georges Carlin

Alors on va continuer à chercher.

Car, selon notre cher ami Friedrich: quiconque est mû par un désir d’apprendre réellement la vie peut soutenir presque n’importe quelle expérience.


Ce que je comprends personnellement de la boutade de Carlin ci-haut, c’est que dès qu’on pense avoir trouvé le sens de la vie, ou le secret de l’univers, ou encore avoir atteint un état ou statut quelconque, on doit l’oublier et reprendre les recherches, et continuer la quête. Car tant qu’on est vivant(e), elle est infinie la quête. On peut toujours apprendre du nouveau, on doit rester humble devant l’inconnu, devant la création, un(e) éternel(le) étudiant(e) devant le mystère de la vie. Toujours garder les mains, l’esprit et le coeur ouverts. Et l’âme légère.

Dès qu’on pense avoir atteint la pleine conscience, on fait fausse route. Dès qu’on se considère comme une petit dieu ou une déesse, on s’enfle l’égo car nous ne sommes que simples humain(e)s. Dès qu’on pense avoir compris quoi que ce soit, on est probablement dans le champs. Ou du moins on sous-estime l’ampleur de la tâche. Car il n’y a rien à comprendre définitivement. Il y a tout à vivre. Encore et encore. De nouveau. À nouveau. Toujours avec une fraîcheur enfantine au coeur et un constant renouvellement dans l’âme, avec une nouveauté de coeur.

Et des mots de Nietzsche, je comprends, tout simplement, que quand on veut, on peut. Peu importe la tâche, peu importe le risque qu’on doit prendre, peu importe l’effort. On doit suivre où notre coeur veut nous mener.

Et ne nous satisfaisons pas de trop peu, de miettes, de confort bon marché, de tiédeur. Allons jusqu’au bout des désirs de notre âme.

Ne vends pas ton âme pour rien au monde. C’est la seule chose que tu as apporté en ce monde et la seule chose que tu rapporteras avec toi dans la mort.

Voilà cher/ère lecteur/trice. Mon peti bla bla de ce mardi matin d’Avril.

Comme chantait la grande philosophe québécoise Marjo:
j’lâche pas, j’attends pas d’crever.

Et ci-bas, une perle d’Andrée Chedid:
On fait sa vie.
Il faut vouloir sa vie.
La volonté d’aimer, de vivre, est un arbre naturel, vigoureux, qui vous pousse dans le corps.
L’existence est ce qu’elle est.
Les hommes ce qu’ils sont.
Le mieux est toujours quelque part.
Dans le sable, dans le granit, dans le plomb, en nous-mêmes.
Le don des larmes, la grâce des larmes est toujours quelque part.

SEMER D’AMOUR

Aussi longtemps que tu cherches à être aimé(e), il n’y a aucun amour en toi.
– J. Krishnamurti

De la suite dans les idées ces temps-ci le chroniqueur, et son fil d’actualités – salut algorithmes.

En effet, l’autre jour, je postais ces mots de Mme Atwood :
Le désir d’être aimé(e) constitue la dernière illusion. Abandonne ce désir et tu seras libre. 

Et maintenant, ceux-ci de Krishnamurti, et de nouveau, pour la répétition, car un concept pas si simple à intégrer malgré son apparente simplicité 😉
Aussi longtemps que tu cherches à être aimé(e), il n’y a aucun amour en toi.

Pour soutenir ces propos, Osho disait aussi notamment que l’amour n’est pas comme telle une relation, c’est davantage une disposition intérieure, un état d’être (state of being). Que l’on doit cultiver, développer, faire grandir tout d’abord l’amour envers soi, face à soi et pour soi. Puis, avec un bon fond, ça se met à déborder puis tout naturellement ça se met à couler vers les autres. Floush floush…

Or, depuis que nous sommes tout petit(e)s, on a tendance à chercher l’amour à l’extérieur de soi, en dehors de soi. Avec le temps, nous sommes devenu(e)s des quêteux/ses d’amour. Comme si on était vide, et que l’on devait se remplir à partir des autres, à partir d’en dehors.

Alors on cherche l’âme soeur, ou l’âme frère, ou l’âme trans désormais. On fait toutes sortes de pirouettes pour plaire, pour être reconnu(e)s, aimé(e)s, apprécié(e)s.

Pourtant si on pouvait seulement apprendre à s’faire la job de coeur par en d’dans, à aimer sans attente d’en recevoir autant qu’on en donne. Juste aimer la vie. Parce qu’en fait, on ne donne jamais rien dans le domaine de l’amour, on ne fait que laisser passer. L’amour ne vient pas vraiment de nous. On ne fait pas l’amour, on ne fait que le partager. C’est la vie qui génère l’amour, nous ne sommes que des courroies de transmission. C’est l’amour qui nous fait en fait.

En anglais, le terme lovable est plus juste que le terme français aimable. Il signifie able to love, love able, capable de recevoir l’amour, comme capable d’en donner, capable de simplement le laisser passer à-travers soi, sans compter, sans calculer, sans faire d’effort. Alors qu’en français, être aimable implique davantage que l’on doit être gentil(le) avec les autres.

Alors osons l’amour. Osons s’aimer soi-même. Osons le dire, osons le montrer. Osons le laisser passer, le laisser nous consumer. Laissons l’amour brûler notre peur. Et réalisons qu’au coeur de notre coeur brule une flamme de vie qui ne nécessite aucun effort de notre part car cette flamme brûle simplement pour l’amour de l’amour.

L’amour est auto générateur.

Et plus fort que la mort l’amor l’amor l’amor.

___
Les connexions d’amour ne sont même pas interrompues par la mort. La mort ne fait tout simplement aucune différence pour les gens qui aiment, la mort n’existe pas pour l’amour. Si tu as confiance, si tu as de l’amour en toi pour autrui, la mort ne veut rien dire du tout, vous continuerez à communier de la même manière même apèrs la mort du corps. L’amour continuera, rien n’y changera rien.
– Osho

MOI EST L’AUTRE

Tant qu’on se pense séparé(e) des autres, nous ne sommes pas complètement incarné(e)s. Pas 100 % humain(e). Car nous ne sommes que le même corps social, nous faisons partie du même organisme vivant, et titubant. Telle une partie de notre corps qui se considérerait indépendante du reste, nous ne sommes pas séparé(e)s du Tout. Pas séparé(e) du tout.

Ainsi tel nous considérons le monde, telle est notre propre relation avec nous-même. Car nous sommes le monde. Telle est notre relation avec les autres, telle est notre relation avec soi. Cela semble si évident. Et pourtant.

Nous jugeons, nous critiquons, nous trouvons des fautes chez autrui à qui mieux mieux. Réflexe quasi généralisé. Dès que quelqu’un est différent de soi, de ce que nous considérons normal, nous identifions la faute, nous cherchons l’erreur, là où ça cloche, comment il ou elle devrait être. Autrement que comme il/elle est.

Nous mettons si souvent l’emphase sur les fautes des autres. Et ce réflexe a été magnifié par les réseaux sociaux, par la vie qui passe principalement par les écrans désormais. On dirait que nous sommes devenus désensibilisés, insensible aux autres. Ils et elles ne sont devenues que des images, des avatars en une seule dimension, dans notre écran. Et la vie un grand film qu’on regarde se dérouler devant nous, nous en dehors, ou légèrement en retrait.

Mais en jugeant autrui à outrance tel que nous le faisons tant et si souvent, et en l’exprimant de plus en plus on dirait, je crois que nous faisons la même chose avec nous-même.

Ou est-ce que parce que nous faisons la même chose avec soi qu’on projète ça chez les autres ?

Cherchons le sens.

Nous sommes particulièrement dur(e)s et jugeant(e)s avec les personnes publiques qui ne partagent pas nos vues ni nos intérêts. Nous les considérons quasiment comme des non-humain(e)s, comme des moins que rien. Pourtant.

Ne seraient-ils/elles pas que des parties de nous-même ?

Ne seraient-elles/ils pas que des projections de nos jugements et de nos propres faiblesses ?

La question se pose mais ne se répond pas si aisément car dérangeante.

Amour, amitié et compassion sont les trois premiers termes utilisé par Mme de Beauvoir dans la citation ci-haut en lien avec la valeur de notre propre vie. Et ensuite seulement, indignation. On dirait qu’on a l’équation dans le mauvais ordre de priorité. On s’indigne en premier lieu la plupart du temps. Et souvent on s’arrête là.

Pourtant, notre propre vie et celle des autres n’est-elle pas la seule et même vie ? La même vie que déclinée en des corps différents ? Autres questions.

Bien sûr, on doit combler et prendre soin de ses propres besoins de base dans un premier temps. Mais lorsque cela est fait, que fait-on par la suite ? Que fait-on pour contribuer au bien-être du plus grand nombre ? Pour améliorer le sort commun ? Que peut-on faire pour faire cesser la guerre ? Pas évident je sais.

De bien grandes questions en ce petit vendredi matin pluvieux d’avril je l’admets. Mais le sort du monde actuel est questionnant, dérangeant.

Bien sûr on ne doit jamais perdre de vue notre immense chance, le privilège que l’on a de vivre ici. Et ne pas perdre de vue non plus toute la beauté du monde. Que l’on ne doit surtout pas tuer comme implorait la chanteuse.

Peut-être que la réponse consiste simplement à faire du mieux que l’on peut, ce que l’on fait avec amour et soin, avec gratitude et reconnaissance face à cette immense existence, et, petit à petit, partager notre bonheur et notre gratitude avec les gens autour de soi. Jouer le rôle que l’on nous a attribué avec le plus de justesse possible.

En posant de petits gestes, à notre mesure. Avec humilité, et sincérité.

Et en voyant les autres comme nous-mêmes, et en les traitant ainsi, comme nous voulons qu’on nous traite.

Sans jamais oublier ceux et celles qui vivent des situations difficiles, guerres, famines, errance et itinérance. Et voir ce que l’on pourrait éventuellement faire pour contribuer. Car ce qu’ils et elles vivent en ce moment, d’une certaine façon c’est aussi ce que nous vivons nous. À distance, avec un délai. Mais il est aussi très possible que notre confort ne dure pas éternellement. Alors apprécions-le pendant que ça passe. et partageons-le un peu.

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Pratiquez jusqu’à ce que vous vous voyiez dans la personne la plus cruelle sur Terre, l’enfant affamé, le prisonnier politique.

Continuez jusqu’à ce que vous vous reconnaissiez dans tout le monde au supermarché, au coin de la rue, dans un camp de concentration, dans une feuille, dans une goutte

Méditez jusqu’à vous voir dans un grain de poussière dans une galaxie lointaine.

Regardez et écoutez de tout votre être.

Si vous êtes pleinement présent, la pluie de Dharma arrosera les graines les plus profondes de votre conscience, et demain, en lavant la vaisselle ou en regardant le ciel bleu, cette graine germera, et l’amour et la compréhension émergeront comme une belle fleur.

– Thich Nhat Hanh

REFUGE COEUR

Le coeur, notre coeur. Cher coeur. Au coeur de notre chair.

Même si on ne l’écoute pas toujours, il est toujours là.

Même si on le l’entend pas, il chuchote, juste là, tout bas. Mais il faut écouter autrement.

Même si on ne le sent pas, juste et ici, il bat, il bat. Parfois vite, parfois moins, mais toujours, il bat.

Même si on ne le veut pas, éventuellement, on devra lui rendre des comptes à ce coeur.

Car il voit tout, il sent et ressent tout et enregistre tout.

Optimalement, c’est lui qui devrait guider nos pas, dicter nos paroles et inspirer nos actions.

Vivre à partir du coeur, grand défi. Le défi d’une vie. Et le seul qui vaille la joie. Comme la peine. Comme le reste. Coeur à tout, coeur atout.

En effet monsieur Coelho, personne ne peut ni ne doit fuir son coeur. Car là qu’on vit, là qu’on est logé. Oh parfois, devant l’adversité, ou la menace, ou la peur, il peut se refermer pour se protéger.

Mais toujours on doit y revenir, et le laisser se ré-ouvrir. Toujours, on doit vivre à partir de là, de lui. Car c’est lui qui nous garde ici. Notre boussole dans ce monde chavirant qui nous fat parfois perdre la tête et le nord. Mais jamais la foi. Car la foi est au coeur ce que le nord est aux marins.

Le coeur est le terrain du grand jeu de la vie, le coeur de l’existence. Et par le coeur, tout et tous et toutes sont unies. Car un seul coeur. Écoutez.

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Que les propos de ma bouche, et la méditation de mon cœur te soient agréables, ô Eternel ! mon rocher, et mon Rédempteur.
– Psaume 19:14.