MOMENT MÔMAN

Le terme «Mère» implique nourrir et soutenir la Vie. Nous avons le privilège d’être en Vie grâce à nos Mères. Puissions-nous vivre en portant au coeur une gratitude consciente à chaque jour pour leur contribution pour qui nous sommes.

Comme le 8 mars veux le faire pour les droits des femmes en général, je suis toujours un peu mal à l’aise avec cette journée qui vise à souligner les mères. Souvent, je m’abstiens d’écrire quoi que ce soit en ce jour imposé. Sur FB, souvent je ne fais que poster la photo de ma mamma mia à moi et puis basta, c’est tout. Pas de mots, pas de bla bla.

Mais ce matin je veux prendre un moment.

Je vois tous ces messages publics exprimant tant d’amour et de reconnaissance envers toutes les mères du monde et malgré que je comprenne, sens et ressens l’amour véritable envers elles toutes, quelque chose tique et accroche. Je saisis l’intention de reconnaissance mais comme un timotton qui ne passe pas malgré les beaux mots. Et ce n’est pas personnel, c’est systémique.

Ces traditions qui sont devenues mercantiles, commerciales et publicisées par les grandes corporations au fil des ans ont fait dévier l’intention d’origine, elles ont noyé le poisson. It smells fishy. Comme un arrière-goût de culpabilité.

On devrait les fêter à tous les jours les mères, par des actions concrètes et affichées, car toute vie vient d’elles, toute vie humaine passe par elles.

Les mères portent toute vie en elles, tout de suite, toute sweet.

Elle la première.

La mère de toutes les mères. Elle sur laquelle on marche et vit, elle qui nous nourrit, mais elle qu’on aime si peu, elle qu’on aime si mal.

On crie sur tous les réseaux l’amour de nos mères pendant qu’on l’épuise, elle la première nourricière, qui nous nourrit tous et toutes et qui nous porte et nous supporte. Alors que tout le reste de l’amour ne peut que découler de notre amour pour elle me semble non ? Fondations bouetteuses il me semble. Têtes en l’air et pieds sans terre.

Et en même temps, je pense à toutes les mères de Gaza, comme aux mères des soldats israéliens partis défendre leur pays. Toutes mères rassemblées dans la guerre, séparées par la guerre.

Je pense aux mères qui n’ont plus rien et qui, encore, donnent tout, même ce qu’elles n’ont pas, ce qu’elles n’ont plus, ce qu’elle n’ont jamais eu et n’auront jamais.

Je pense aux mères qui ont avorté, à celles qui ont eu des interruptions de grossesse, à celles qui ont perdu des enfants en bas âge, ou même des enfants plus vieux car pour une mère, un enfant n’a pas d’âge, toujours un enfant, toujours son enfant.

Je pense aux femmes qui ont décidé de ne pas être mères ou à celles qui ont voulu et/ou n’ont pas pu. Cette journée vient leur frotter dans le visage leur choix, clair ou pas, imposé ou pas, ambivalent ou pas. Leur karma et/ou leur décision à elles alors gardons nos jugements et nos lois pour nous les boys.

Je pense aux religieuses qui ont donné leur vie à Dieu et qui ont été mères de tant d’orphelin.e.s.

Je pense aux infirmières, aux professeures, éducatrices qui portent un rôle maternant pour des enfants qui ne sont pas les leurs. Toutes trop mal payées, toutes trop peu respectées et trop peu appréciées.

Je pense à toutes ces mères qui se font harceler, battre, insulter, mépriser, intimider, tout en continuant à prendre soin de leurs enfants. Mères au front chapeau !

Je pense à toutes ces vieilles mères en centre d’accueil, celles seules comme celles qu’on visite par obligation, ce qui est peut-être encore pire que la solitude.

Et par ricochet, je pense à tous ces hommes, à tous ces ptits gars devenus grands qui méprisent les mères, qui méprisent les femmes, qui se croient les plus forts parce qu’ils peuvent pisser debout et plus loin que les autres ptits gars devenus glands.

Nous les hommes qui avons tant à apprendre des femmes et des mères dans l’art de donner, de prendre soin d’autrui. Wake up guys !

Nous, hommes qui recevons tellement d’attention médiatique, trop, et salaires supérieurs, beaucoup trop, tous ces présidents, ces monseigneurs et cardinaux wannabe papes en chef.

J’observe ce monde encore trop porté sur les hommes qui ont designé – oui, comme dans design – une journée fleurs, chocolat et restos par année pour souligner l’apport indispensable de cette énergie maternante, féminine, donneuse de soi, de soins et de vie. Avec une intention pure au coeur peut-être au départ, mais détournée et soutenues par des actions qui ne démontrent pas du tout cette appréciation, cette égalité d’être, cette dignité.

Et je pense un peu à ma mère aussi aujourd’hui bien sûr, mais pas tant. Elle qui a quitté son corps physique il y a 21 ans. Je pense pas beaucoup plus à elle aujourd’hui que les autres jours car je la porte en mon coeur à tous les jours. Je lui porte amour et reconnaissance comme tout enfant qui a vécu avec une mère qui a aussi joué le rôle de père, de mère à tout faire, parent mono.

Il y a quelques années, inspiré par ce désir de lui rendre hommage, j’ai décidé de changer mon nom légal, passant de celui de mon père au sien,

pour l’honorer, la remercier, pour continuer à faire vivre son nom de jeune fille, sa lignée, son âme.

Et depuis, étrangement, ma mère vit en moi et m’accompagne partout et toujours, elle me porte en son Saint. Alors aujourd’hui comme toujours, merci m’man.

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et je pense à Marie-Madeleine aussi…

Avant que le monde ne la traite de sans valeur et de sale…
avant que l’Église n’enterre son histoire sous des siècles de honte…
Marie-Madeleine était la contrepartie.

Pas un suiveur.
Pas un spectateur.
Mais l’égal.

La fréquence féminine de la conscience du Christ.
Pendant que d’autres se dispersaient…
elle est restée.

Elle pleurait sur le tombeau…
j’ai attendu dans le silence…
et fut le premier à contempler la lumière ressuscitée.

Elle a été témoin de la résurrection.
Elle le sentait dans ses os.
J’ai entendu son nom prononcé par le divin.
Et à ce moment-là…
la vérité la plus sacrée a été révélée :

La vie est éternelle.
L’amour transcende la forme.
Le féminin n’a jamais été secondaire…
elle était le portail.

Jésus a peut-être porté la lumière.
mais Marie portait le souvenir.
Le savoir.
Les codes.
L’évangile qui ne pourrait jamais être écrit à l’encre…
parce que ça a toujours été destiné à être ressenti.

Et c’est peut-être là le véritable évangile…
Que la mort n’est pas la fin.
Cette montée est réelle.
Que le divin vit en nous…
dans notre chagrin…
dans notre dévotion…
dans notre retour à la vérité.

La résurrection n’était pas un miracle pour un seul homme.
C’était une prophétie.
Un héritage.
…pour nous tous.

Un appel à se rappeler qu’aucune partie de vous n’est jamais vraiment perdue.
Pas les pièces qui se sont cassées.
Pas les parties qui ont erré.
Pas les parties qui ont été crucifiées par la vie.
Ils se lèvent aussi.
Ce Pâques…

J’honore la Madeleine en chacun de nous.
Celui qui reste.
Celui qui sait.
Celui qui n’a pas besoin d’une chaire pour être saint.

Et j’honore le Christ non seulement comme un sauveur…
mais comme un miroir de ce qui est possible quand on incarne l’amour…
et mourez à tout ce qui est faux.

Il s’est levé.

Elle s’en souvenait.

Et leur histoire vit toujours en nous.

LETTRE À LA MÈRE DE DIEU

Chère Mère de Dieu, Dear Mother of God,
Cara Mater Dei (oui, en latin aussi, car certains disent que c’est LA langue maternelle)

Apparemment, tu nous aurais légué un fils jadis. Selon les traditions et les régions, on le nomme, Jésus, Allah, Moïse, Krishna, Jehovah. Name him. Mais justement, jamais de fille dans l’Histoire.

Pourtant, s’il y a de la vie humaine ici-bas sur terre, ce sont bien les femmes qui la mettent au monde, la nourrissent, l’élèvent, l’éduquent, en prennent soin de cette vie. Comme chez la plupart des espèces de la vie animale aussi.

Mais chez les humains, on dirait que ce sont les boys qui ont hacké la télécommande, eux qui ont volé le joystick.

Depuis les débuts de l’humanité, les boys club du monde entier se font aller les bijoux de famille et la ptite lance qui vient avec un peu partout sur la boule, jusqu’aux coins les plus reculés du globe, pour détruire, exploiter, conquérir et rentabiliser. Hey man, t’as beau faire pipi loin loin, pas ça qui donne la vie, ni la dignité.

Et on dirait bien qu’ils l’ont perdu les boys. La boule, comme la plus décente et minimale humanité. Désormais, ils pissent leurs grossièretés jusque sur les réseaux asociaux.

Un peu partout sur la planète, on tue mères comme enfants. On affame et assoiffe des peuples, on les bombarde et on les mitraille aussi. Hôpitaux et travailleurs humanitaires inclus à Gaza.

Et maintenant, comme on n’arrête jamais le progrès, jusqu’à ce que lui le fasse, on ne se salit même plus les mains à jouer à la guerre, on la fait par drones interposés et par petits pitons rouges. Jeux de guerre. À la guerre comme à la guerre. Guère de paix ici-bas.

Et ça semble être majoritairement des gars, des grands ptits gars, des boys – car on ne peut qualifier d’hommes des gens qui posent de tels gestes ou prennent de telles décisions – qui s’activent avec ces armes de destruction humaine, comme eux qui concoctent ces plans machiavéliques. La guerre est même devenue une entreprise privée accompagnée de profits assurés. Business unusual.

Gênant d’être un mâle. Mal et mâle, peut-être un lien ?

Les corporations menées par des big bosses exploitent la planète sur laquelle on vit, notre mère terre, pour des marges de profits toujours plus grands, sans se rendre compte qu’on devra rendre des comptes aux générations futures. Comme à soi-même. Sur notre lit de mort, ou avant.

Ça va même jusque là l’indécence.

Hier, dans le cadre de l’une des institutions les plus riches et shining du monde, une gang de monseigneurs/cardinaux slash whatever leur titre puisse être ont de nouveau nommé un ptit monsieur comme représentant de l’une des branches politico-religieuse qui prétend descendre directement de toi Mom.

Oh, rien contre lui perso, il a l’air bien sympathique le monsieur.

Non Jean-Pierre, God is not an American, mais son numéro 1 l’est désormais.

Un homme de foi. Encore une fois un homme. Encore one of the boys. Dans une institution de boys only. Un peu décourageant môman sacraman.

Un peu pathétique de voir tout ce clinquant rituel full testostérone en robes d’or enrobées d’or prendre place dans un palace oréolé de glamour et de richesse dégoûlinante, dans un monde ou certains sont pourtant si pauvres, un club privé cathodique niché dans une richesse de pacotille ostentatoire.

Ciboire Mom, quand est-ce qu’on fait sauter ça ? OK j’me calme môman.

Le monde entier retenait son souffle. Mais jamais de fumée sans feu au cul. Puff le magique dragon. Le suspense n’était pas au niveau du genre hier. Comme il ne l’a jamais été. Comme dans la plupart des cas en ce trop mâle monde. Qu’au niveau du nom, et de sa provenance qu’on prenait des gageures (parait que ça bettait là dessus à Vigas).

Donc ce sera mononc Léon 14 des States pour la suite.

Les monseigneurs semblent avoir bien calculé leur choix. Fine politicaillerie religieuse s’il en est une. On verra de quelle nature sera le combat entre les deux ptits coqs des États. Hier en tous cas, c’est celui avec la robe et le chapeau qui a gagné la bataille médiatique. Tiens mon Donald.

Môman divine, on en appelle à ton inspiration pour nous guider pour les prochains pas de l’humanité car me semble que nous sommes au seuil de quelque chose d’important. Je ne sais pas si c’est plus important que ça ne l’a jamais été auparavant, mais ça sent le brûlé un tsi peu plus qu’avant. Pis je pense pas que ça soit seulement la fumée noire puis blanche qui est sortie de Rome.

Certains voient le déclin d’un empire certain à venir bientôt, d’autres, le début de quelque chose de nouveau. Espérons que Léon sera du bon bord d’la patente. Parce que pour l’autre American Golden Boy, on n’a pas d’espoir, au contraire.

Si on pouvait seulement reconnaître que depuis que les boys sont en charge ici-bas, avec leurs jeux de guerre et de cowboys et d’indiens, le yable est pogné dans la shoppe humaine. Au plus fort la poche et tow tow tow.

Alors peut-être qu’on pourrait essayer de changer le genre du monde en charge pour un bout ?

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L’Homme déboula sur la Terre,
Zigouilla les bêtes
Fissionna l’atome
Traficota le gène
Modifia les organismes
Acidifia les sols
Plastifia les mers
Et barbouilla l’atmosphère.
Tout cela en si peu de temps : quel talent !
Puis il nomma « nuisibles » ceux qui ne participaient pas à l’entreprise.

– Sylvain Tesson

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Justement, synchro, excellente chronique sur la maternité par JoBlo ce matin
https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/877387/mal-mere

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Et du point de vue des premières Nations

On dit que son nom est le pape Léon XIV et qu’il est le premier à venir des États-Unis.
Mais pour nous, les Premiers Peuples de ces terres — ceux dont les histoires remontent aux rivières, aux étoiles et aux pierres — nous ne jugeons pas les dirigeants par leurs titres, mais par leur relation à la vérité.
Et donc, on regarde de près.
Avant que la fumée blanche ne s’élève à Rome, Robert Francis Prevost a passé des années au Pérou, marchant parmi les peuples autochtones des Andes.

Il était missionnaire là-bas, un homme d’Église apportant ses enseignements dans des communautés qui avaient déjà leurs propres façons de prier, de guérir et de connaître le pays.
Certains disent qu’il a offert de l’éducation et du soutien.
D’autres connaissent le poids qui accompagne toujours l’arrivée des prêtres avec une croix dans une main et des promesses dans l’autre.
Il n’est pas un étranger dans nos communautés, non pas de nom, mais de par son rôle.
Un missionnaire.
Pour plusieurs de nos ancêtres, ça voulait dire plus que la foi.

Cela signifiait le démantèlement du langage, le remplacement des cérémonies, le brûlage des objets sacrés.
Mais ce pape, comme celui qui l’a précédé, parle de ponts.
Il dit qu’il veut marcher avec les pauvres. Pour rejoindre ceux qui sont oubliés.
Il dit qu’il respecte le travail du pape François, qui est venu sur nos terres, s’est excusé pour le rôle de l’Église dans le génocide des pensionnats et a demandé pardon — même si la doctrine de la découverte plane toujours comme un fantôme dans les coffres du Vatican.
Le pape Léon XIV apporte avec lui la promesse de continuité, de bâtir sur ce qui a été commencé.
Mais on a pas besoin de suite.

On a besoin de transformation.
On a besoin d’un pape qui ne se contente pas de visiter nos territoires, mais qui nous rend ce qui nous a été pris.
Nous avons besoin de plus que des excuses : nous avons besoin que le Vatican annule les doctrines mêmes qui ont déclaré nos terres vides et nos vies jetables.
Nous avons besoin que nos langues soient soutenues, que nos chefs spirituels soient respectés, que notre souveraineté soit reconnue — pas seulement en paroles, mais en actes.
Si le pape Léon écoute vraiment, qu’il entende ceci :
On est toujours là.
On a nos propres méthodes.
Nous ne cherchons pas le salut, nous recherchons le respect, la justice et le rétablissement de ce qui a été volé au nom du Christ.
S’il veut marcher à nos côtés, il doit venir non pas comme un prof, mais comme un invité.
Pas comme un sauveur, mais comme un apprenant.
Que le pont qu’il construit soit fait de vérités enfin dites —
et dont les fondements ne sont pas établis à Rome, mais dans les terres où nos ancêtres nous chuchotent encore à travers les arbres.

– Tapwe,
Kanipawit Maskwa
John Gonzalez
Réseau Standing Bear

POÉSIE DE L’IMPUISSANCE

Ce matin, j’hésitais entre deux thèmes de chronique, je valsais entre deux memes.

Entre celui, ci-haut, poétiquement orienté, ou celui, ci-bas, dramatiquement imposé par une certaine réalité pas si lointaine.

Si le sort de la Palestine n’a pas brisé votre coeur ni remodelé votre esprit, alors ne soyez pas en deuil pour eux et elles, mais pour la mort de votre propre coeur.

En effet, ces jours-ci, je suis tombé sur quelques citations au sujet de la poésie (que je vous re-présenterai plus bas) mais je suis encore plus préoccupé bordeline obsédé par ce qui se passe en Palestine notamment, en particulier par le sort des enfants desquels on voit passer des photos tout maigres et affamés. Quoi que pas que là.

Mais je ne voulais pas poster la photo ci-haut pour ne pas qu’elle apparaisse en tête de chronique sur les réseaux car loin de moi l’idée de faire la morale à quiconque ni de tenter de nous culpabiliser. Car toujours à soi qu’on s’adresse ultimement, toujours de soi et à soi qu’on parle. Le monde est nous.

Revenons-en donc à la poésie, et on verra si on peut faire rimer avec Palestine mieux qu’en pensant au terme poésine. On ne lésine pas sur les efforts de guerre de mots.

Celle-ci, ci-bas, est la première de la série de trois, qui se veut humoristique et visuelle. Pour faire léger et fanfaron.

Avouez: on le voit s’éclater le poème non ? comme le poète.

Et on voit littéralement se répandre les éclats de vers, comme des éclats de verre. Rien à faire, la scène s’image devant nos yeux et s’imagine en notre tête alors que le plancher se poétise de bouts de vers. Le Ver, à moitié plein, dit le vide. Verdict ?

Le second meme, qui serait de Rumi (mais on lui en attribue plusieurs à lui il me semble) se traduirait ainsi : La poésie peut être dangereuse, en particulier la belle poésie car elle crée l’illusion d’avoir vécu l’expérience sans vraiment être passé au-travers.

En gros, on peut bien dire ce que l’on veut, faire les plus beaux discours et émettre les plus intelligentes opinions qui soient, au final c’est la vie qui décide. Et ce sont nos gestes concrets qui parlent toujours pour soi, toujours plus fort que nos mots dits. Ces mots qui cachent et camouflent tant de nos maux.

Nos paroles chuchotent et nos gestes, qui portent dans le vent, illustrent notre humanité, en silence, en discrétion ou en feux d’artifices. Chacun son style. On ne trump jamais personne.

Et pour en revenir à notre citation d’aujourd’hui, elle fait en quelque sorte le pont entre les deux précédentes.

Elle affirme que la poésie joue avec les mots en nous remettant la responsabilité finale du sens des propos, ceux lus comme ceux émis. Émissaires de paix ou de guerre les mots. Drapeau blanc ou Kalashnikov.

Car toujours ainsi la vie de toute façon: aucun sens ne réside at face value à l’extérieur de soi sans notre interprétation relative, toujours en soi le sens des mots, toujours en nous la réponse, comme la réaction.

La poésie se veut une invitation de mots, une invitation mise en mots. On utilise les mots pour nous faire voyager, pour nous extasier – nous faire sortir du petit soi incarné et enfermé dans le corps de nos croyances limitées ou pour nous faire s’éclater et percevoir plus grand que soi, c’est selon. Merci Jim, belles portes grandes as-tu ouvert.

Et le lien avec la Palestine ?

Pas encore clair. Que sur la même planète terre.

Même si les deux co-existent en moi et que je vois les deux alternatives: jouer avec les mots, invoquer la beauté et me soucier du sort du monde et m’en faire juste assez pour être concerné mais pas submergé par la tristesse. Et jouer avec les mots pour m’en éloigner, pour m’en distancier car trop dur à porter, à supporter, à me sentir responsable de.

Pas coupable, juste responsable. Ne le sommes-nous pas tous, toutes et chacun.e ?

Mais j’avoue que je trouve un peu puéril de jaser poésie quand on sait que des enfants sont affamés et meurent de soif intentionnellement presque devant nos yeux. On ne les voit pas, mais on le sait, et on ne sait pas trop quoi faire à part dénoncer, signer des pétitions et poster quelques photos ou memes outragés et outrageant à ce sujet sur les réseaux. Pendant que ça continue de se passer et qu’on le sait.

Utilise-t-on les mots pour en parler ou pour détourner le regard ? Et que faire à part les mots ?

Comment faire pression pour que la situation cesse car c’est de la plus fondamentale humanité partagée dont il est question ? La leur mais la nôtre aussi.

D’ici, on voit le monde s’inhumaniser devant le drame humain qui prend place. On a les mots pour le dire, pour en parler, mais ensuite, qu’est-ce qu’on fait ?

Peut-on faire quelque chose ? Ou n’y peut-on rien ?

On aime croire qu’il est doit être possible de faire quelque chose à-propos d’un tel drame. Je vais donc continuer à y réfléchir et à ressentir la douleur humaine qui prend place en Palestine, mais pas que là d’ailleurs. Tout en continuant de tenter du mieux possible de contribuer à mon humble et petite échelle par l’entraide et la création de beauté à petite échelle.

Petite poésie impuissante mais déterminée des montagnes de Val-David en ce mois de mai mois de Marie de fin de premier quart de 21ème siècle. Pendant qu’on célèbre les 80 ans de la fin de la 2ème guerre mondiale. Plus ça change, plus c’est pareil et en même temps, jamais rien de pareil.

Belle poésie lucide mais dramatique d’un temps trouble sur terre.

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et un grand de nos poètes locaux, François Gourd, foulosophe premier:

Jeudi 8 mai 2025 :
Je pense, je lis, j’observe, j’écoute, je hume, je mélange, je rajoute, et pendant que les idées tournent dans ma tête, je tente de les apprivoiser, de les comprendre, de les absorber. J’évolue lentement au gré des hasards et des calculs savants. J’ai tant à découvrir, je ne suis qu’une minuscule parcelle dans ce grand univers.

Pourtant mes rêves peuvent être grandioses.
Mon imaginaire peut me faire entendre des sons et des dialectes qui naissent dans le cœur des poètes, des âmes sensibles, des itinérants du désert, des cracheurs de vérité sur les places publiques.

Silence on tue.
Titre de la compilation des livres de Laurent Chabin, pourrait être les gros titres de l’actualité internationale au sujet de ce qui se passe sous nos yeux.
Mais si on en parle, on passe pour un fou furieux.

There is a fool on the hill…
– The Beatles

Voilà que les mots des autres écrivent à la place des miens.
Paresseux, je les écoute et les retranscris…

Personne ne prétend que la résilience est une recette de bonheur.
C’est une stratégie de lutte contre le malheur qui permet d’arracher du plaisir à vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire.
Boris Cyrulnik, Le murmure des fantômes

L’absurde naît lorsque l’être humain cherche un sens dans un univers indifférent.
Mais de cet absurde jaillissent des forces : la révolte, la liberté et la passion.
Accepter que la vie soit dénuée de sens intrinsèque n’est pas une résignation, c’est un appel à vivre pleinement, à créer du sens dans chaque acte, car même dans le silence du monde, l’existence mérite d’être embrassée.
– Albert Camus

Tu dois danser comme si personne ne te regardait, aimer comme si tu n’avais jamais été blessé, chanter comme si personne ne t’entendait et vivre comme si tu étais au paradis.
– Frida Kahlo

Je ne suis pas jeune, et je ne serai jamais vieille.
J’appartiens à une tribu de femmes qui possèdent le rire des petites filles et le sourire insolent des aînées, les cheveux longs et libres, et les yeux anciens comme la Terre, où la beauté intérieure ne s’arrête pas.
Sœurs d’hommes qui ont l’esprit du loup et de l’aigle.
De joyeux lutins qui n’ont jamais cessé de jouer.
Des êtres qui traversent le temps, en mouvement constant, brûlant de curiosité.
Je n’ai pas, et je n’aurai jamais l’âge que mes documents indiquent, parce que je ne suis pas jeune et je ne serai jamais vieille.
Je Suis Éternelle.

– Muthukumaraswamy Aram Valarthanatan

L’ENVERS C’EST NOUS AUTRES

Il y a certains envers du décor plus simples à lire et à décoder que d’autres. Celui ci-haut, comme l’autre, ci-bas, sont relativement compréhensibles.

Mais il y a envers et envers et certains envers sont plus difficiles à déchiffrer que d’autres.

Par exemple, prenez celui-ci.

Même lettres, même mots, mais un double envers inversé inversement proportionnel.

Et peut-être que l’endroit n’est que le bon envers de l’envers.

Comme on dit, l’envers est pavé de bonnes intentions.

On dirait, ces temps-ci, que le monde tourne à l’envers. Mais peut-être que l’envers de l’endroit est le seul endroit qui existe ? No man’s land. Ni femme non plus.

Pensez-y. Mais pas trop. Car toute chose a son contraire, et vice-versa. Ou pas. Parfois. Rien de certain sous le soleil.

Simplement un petit clin d’oeil nono de nombril de semaine. Pour faire travailler vos méninges. À l’endroit comme à l’envers.

et/ou

C’est selon. Prenez garde de ne pas vous faire un torticoli. Ni un Tortelinni.

Et pour finir de vous donner le tournis, une ptite vite en anglais qui ne veut rien dire non plus, ni à l’endroit, ni à l’envers. Absolument rien.

REALITY CHECK

10 indices que tout va bien:
1- Tu as un toit au-dessus de ta tête
2- Tu as de quoi manger
3- Tu as un bon coeur
4- Tu prends soin des autres
5- Tu as accès à de l’eau potable
6- Quelqu’un.e t’aime
7- Tu essaies de faire de ton mieux
8- Tu as des vêtements propres
9- Tu as des rêves
10- Tu respires.

On a parfois tendance à fantasmer sur la moitié vide du verre d’eau. Ou à se comparer avec ceux qui en ont plus, ou avec ce que l’on voudrait plutôt qu’avec ce que l’on a maintenant. Quand au fond, nous sommes parmi les plus choyé.e.s et privilégié.e.s de la terre.

La plupart d’entre nous jouissons des éléments 1 à 10 de la liste up there. Encore faut-il prendre le temps et l’occasion de l’apprécier. Car souvent, on regarde trop loin, on voit trop grand, on en veut plus.

Et en plus de la liste ci-haut, nous vivons en sécurité ici, soutenu.e.s par un État encore relativement fonctionnel. Mais comme on voit depuis quelques mois au nord du Golfe du Mexique, ça peut changer vite et drastiquement, alors restons alertes et impliquons-nous chacun.e à notre mesure.

Si on se fie à la fameuse pyramide des besoins de Maslow, après les besoins physiologiques, de sécurité et d’appartenance, il importe de se porter de l’estime à soi-même, de s’aime et d’être tendre envers soi, ce qui se traduit en général par une estime et un amour équivalents envers les autres. Puis, ultimement, en haut de la pyramide, réside le besoin de sentir que l’on s’accomplit, qu’on se réalise, qu’on sert à quelque chose.

Ce besoin est plus arbitraire, et il peut changer souvent au cours d’une même vie.

Et malgré que tous nos besoins soient comblés, il me semble que notre bonheur doit aussi être lié, en partir du moins, au bien-être du monde entier, surtout des plus démuni.e.s, et nommément les enfants et leurs mères qui en prennent soin.

Sur ce point, ce qui se passe à Gaza, comme à Haïti dont on entend trop peu parler, en Ukraine et en plusieurs pays d’Afrique ou du Moyen-Orient devraient être ajoutés à notre pyramide. Car comment être complètement satisfait quand tant de monde a mal et manque des plus fondamentaux soins de base comme l’eau, la nourriture et des soins médicaux ?

Genre:

Cette situation devrait nous déranger. On devrait voir ce que l’on peut faire pour contribuer au moins minimalement. Sinon on se coupe de notre monde, on détourne le regard et on manque un bout dramatique du big picture.

Apprécions notre chance, première étape bien sûr, mais gardons aussi au coeur et en tête comment nous pouvons partager cette immense chance avec le monde entier pour la faire grandir et la distribuer un peu plus.

Car si 10 est un beau chiffre rond, toute l’humanité devrait pouvoir en profiter.

You can say I’m a dreamer chantait Lennon, mais si ça commence par du rêve, ça ne devrait pas s’arrêter là.

POUÈTT POUÈTTERIE

La poésie peut être dangereuse, en particulier la belle poésie car elle crée l’illusion d’avoir vécu l’expérience sans vraiment être passé au-travers. – Rumi

Les mots sont des filoux, de fins renards. Les mots peuvent être de beaux parleurs, des enjoleurs. On peut leur faire dire tout et son contraire.

Les mots peuvent être justes et bons, mais ils peuvent aussi être sournois et se prendre pour la réalité. Les mots sont une réalité virtuelle et essaient parfois de nous faire croire que ce qu’ils transmettent est ce qui est, the real thing. En fait, les mots sont comme le groupe de musique, The Pretenders.

Les mots sont en effet des prétendants. De pâles copies d’une réalité indicible, des faire valoir d’une réalité incompréhensible et indisable. Comme Iznogoud qui a toujours voulu être calife à la place du calife, et comme Pete Poilièvre qui se voyait déjà premier sinistre, les mots prétendent être l’expérience, mais ils ne sont qu’une pâle copie de l’expérience humaine. Les mots ne sont que pâles substituts d’une réalité qui tentent de donner vie à la vie, qui tentent de traduire la vie. Lost in translation.

Mais la vie, pour se dire vraiment, nous laisse sans mots. Speechless la vie. Elle s’écoute et parfois s’entend.

Dès qu’on tente de mettre la vie en mots, dès qu’on tente de réduire le silence avec un quelconque agencement des 26 lettres que l’alphabête met à notre disposition, comme je le fais tous les matins de semaine, mais a coule pas, on réduit la vie à une trop simpliste expression d’elle-même, on l’assèche, la désèche, on la diminue en la la tapant. Tac tac tac.

Au moins, l’écriture à la main avait le mérite de tenter de transmettre l’âme de la personne écriveuse par une main de maître, une lettre à la fois, comme un dessin. La calligraphie recélait quelque chose de plus personnel que les lettres tapées via nos claviers. Mais que voulez-vous, on n’arrête pas le progrès.

Par les mots, on tente de faire entrer du 5 D dans du 2 D. On tente de mettre tout le relief de la réalité à plat sur une feuille de papier ou pire, sur un écran pas toujours cathodique. Un peu ce que la photo tente de faire avec un paysage vivant, avec une oeuvre d’art naturaliste qui vit et qui respire en plusieurs dimensions et sens multiples, la nature qui émane la vraie vie.

On tente de figer la vie sur papier, et, désormais, sur écran. Platitude platonique.

Un peu comme le mot Dieu qui tente de donner vie ou d’expliquer le Grand Mystère insaisissable. Peu importe le nom qu’on lui impose, on finit par se battre à coup de dénominations, quant au fond on vit dans la même et seule existence. Mon Dieu est plus fort que le tien. On a tenté de créer Dieu à notre image et la vie à l’image de ce Dieu inexistant dans une forme si limitée.

Les mots sont un menu simpliste qui tentent de nous faire saliver devant le grand buffet de la vie.

Les mots sont même parfois de fieffés menteurs. Une preuve ? Le nom du réseau social du gros POTUS. D’ailleurs, ce que l’on dit de la vie dans les médias ou les réseaux n’est pas La vie, qu’un pâle biais sélectif de quelques petites parties de celle-ci. Et même les réseaux dits sociaux sont davantage a que sociaux.

D’ailleurs, un peu aussi ce que tentent de faire les memes: Mettre la vie en boîte, et en quelques mots, grâce à de belles expressions séduisantes et punchées. Mais la vie ne se laissera jamais mettre en boîte, ni en memes.

Même si elle est invitante et divertissante, la poésie est une romance, une pâle copie, un coup de marketing, un stunt publicitaire. Même si elle fait danser les mots, et les transforme en dentelle, ultimement, la poésie n’est pas la vie. Qu’une version édulcorée de celle-ci, qu’un menu sans saveur réelle. On doit se tremper les doigts dedans et y sauter à deux pieds pour y goûter pour de vrai, pas juste du bout de la lalangue.

Si la vie est belle et lisse lorsque mise en mots, la vraie vie est aussi et surtout sale, elle est drue, elle sue, elle pue, elle tue, elle est dure et dégouline d’expériences humaines vraies et pleines de tripes.

La paix s’énonce et s’écrit alors que la guerre se dénonce mais sévit. Partout, Depuis toujours.

Comme je lisais récemment, on peut bien vouloir tendre vers la paix sur papier et à coup de traités, mais ce n’est pas en haïssant le guerre qu’on fera la paix. C’est en vivant la vie dans toutes ses dimensions. Et peut-être que la paix ne sera jamais complètement. Du moins si on se fie au passé, la paix totale n’a jamais été. Alors acceptons la vie dans toutes ses déclinaisons.

C’est Pablo Neruda qui disait d’ailleurs : Ah ! Si seulement avec une goutte de poésie ou d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde !

Le mot feu ne brûle pas. L’expression peine d’amour ne brise pas le coeur en son coeur et ne tire pas la larme à l’oeil. Le mot désespoir ne nous serre pas les tripes et ne nous fait pas tomber à genoux. La bonne position pour prier dit-on.

Malgré les limites de la poésie, comme du mot amour d’ailleurs, malgré leur simplisme, et leur bonne volonté comme de leur impossibilité à rendre totalement la vie, utilisons les avec bienveillance car c’est tout ce que nous avons pour communiquer. Utilisons-les tout de même pour tenter d’apaiser la dureté de la vie. Utilisons les mots pour transformer nos maux en lumière, pour nous sortir de la torpeur de l’inaction, pour nous extraire de notre tour de peur.

Jouons avec les mots, sans oublier qu’ils ne sont que des mots, jamais la vie comme telle, qu’une manifestation de celle-ci. Forgeons les mots pour tenter d’extraire la réalité crue de la vie, pour la distiller, la vie réelle dans laquelle nous vivons avec tous nos sens, la vraie vie même si on en perd le sens.

La vie qui dure, la douce comme la dure, celle qui passe et qui nous passe dessus comme dedans, celle qui nous porte chaque jour un peu plus près de la mort du corps. Car la vie contient la mort. Ce même mot, mort, qui ne veut rien dire tant qu’il ne sera pas vécu de l’intérieur. C’est ainsi qu’on ne peut rien savoir de la mort, à part un ptit bout de celle de nos proches qui nous touche de plus en plus près.

Et réalisons du même coup que seul le silence transmet purement la vie, sans filtre, sans distortion, sans écran de fumée. Et que c’est dans le silence que tous les mots se fondent en réalité partagée.

VENDREDI ÇA ME DIT…

Auteur/trice inconnu.e – de moi anyway – Trouvé sur FB

Vers de terre ou vers solitaires ?
Prends un verre de terre mon minou

C’était le jour de la Terre avant avant hier
Vas- y cale-le right through
mais tout doux tout doux
mon atiguydoux
Mère Nature veille aux graines

Vendredi, ça me dit… manche de pelle

Ça m’dit d’dire des niaiseries
car le week-end arrive
Il finit toujours par arriver
le sacré coquin
Envie d’écrire un peu nono ce matin
Envie d’écrire pas de point


Car un point tait tout.
Mais sans trève de virgule
Faut que les mots circulent

Circulez mots, circulez
Quant aux points virgules, ça reculera
Et la chroniq’heure recoucoulera

Juste comme ça,
écrire pour faire sortir la steam
Écrire pour guérir le coq un brin sérieux
Qui veille en chacun de nous
Et qui ne dort jamais

Qui qui rot ? Qui ?

Ielle ne fait que se cacher
Dans le bout du right trou

Dans le bout du trou sans fond
Ainsi font font font
Les petits poémettes

Pomme d’Adam
Orange d’Ève
Feuilles de vigne
où faut que je signe ?

Signe de rien
Et le coeur sur la main
Fait longtemps que mes pieds
Ne foulent plus la main

Avec le gros roux,
le narcisse fou,
le fieffé filou
Je n’irai plus dans le Maine itou
Trop fous ces ricains

Quelques mots fous pour mon chum Nan
Oui Oui Nanane la banane
Juste pour lui dire allo
Juste pour lui crier Yo !

Yo matelot
On vogue sur les flots
On joue avec les mots
Petits et gros, songés et nonos

Mais au fond, comme en surface
Sont-ce eux qui nous r’volent dans face ?

Bon ouiquène
comme dirait ma de plus en plus virtuelle

amie Tatie Ème F
2 jours à rien faire
Rien de plus que d’habitude
Et rien de moins qu’à l’ordinaire

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Ah ! Si seulement avec une goutte de poésie ou d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde !
– Pablo Neruda

Plouc et Floush !

MARIE TERRE MÈRE PACHA MAMA MADRE TIERRA

Vous portez la Terre Mère en vous. Elle ne se trouve pas en dehors de vous. La Terre Mère n’est pas seulement votre environnement. Par cette vision d’interconnection, il devient possible d’entretenir une réelle communication avec la Terre, ce qui constitue la plus haute forme de prière.
– Thich Nhat Hanh

Et Mamma Mia !

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau. Les plus vieilles et les plus vieux d’entre nous connaissent – à peu près – la suite par coeur, relents de catholicisme de par coeur.

Enfin le mois de Mai, le mois de la Terre qui se remettra à fleurir de partout par ici bientôt. Déjà les pissenlits et autres crocus sont sortis de terre. De l’espoir re-naissant. La vie malgré tout, la vie malgré les fous.

Si l’humanité pouvait seulement se considérer elle-même comme faisant partie intégrale de la Terre, de notre Mère, on arrêterait de la traiter aussi durement, de la maltraiter autant. Quoi que certains sont abusent de leur propre corps je l’admets.

Nous ne vivons pas sur la Terre, nous vivons de la Terre. Nous sommes la Terre. Et la Terre est notre mère. elle nous nourrit, nous supporte et nous soutient, elle nous héberge. Et elle nous tolère. Encore du moins.

Les mères sont ainsi faites: patientes et tolérantes envers leurs enfants. Généreuses et abondantes.

Nous sommes faits de terre, de ses éléments, nous sommes des pousses de cette Terre, notre Terre Mère. Mais trop souvent nous oublions d’où nous venons, nous oublions où nous vivons. Nous sommes coupés de nos racines.

Mais peut-être que le chemin de l’évolution passe par l’oublie de ses racines tel que l’indique José Saramago : On mûrit lorsque la vie nous arrache de nos racines.

Ce matin, immense reconnaissance et gratitude infinie pour toute la féminité du monde entier.

En commençant par notre Terre Mère, mère de nous tous et toutes, celle qui ne rejette jamais aucun de ses enfants, celle qui nous accepte tous et toutes, celle qui n’a aucun préféré.e. Cette Mère sur laquelle on marche, danse, saute et grandit. Cette Terre qui nous nourrit. Merci à ceux et celles qui la cultivent, qui en prennent soin, qui la chérissent..

Pensées vers toutes les mères qui donnent vie, toutes les femmes qui prennent soin, comme les petites filles qui adoucissent leurs pères. Merci à toutes les Mères au Front qui n’abandonneront jamais car c’est de l’avenir de leurs enfants dont il est question, nos enfants.

Toute cette qualité féminine à laquelle les mâles du monde se sont attaqués au fil des ans, cette qualité de sagesse plus douce qu’ils ont tenté de réprimer, sans succès. Ils ont tenté de les enterrer mais les qualités féminines sont des graines de vie. Le masculin devrait écouter et laisser plus de place à cette sagesse plus douce qui chuchote au lieu de crier, qui inspire la vie et qui soupire que tout sera OK.

Nous en sommes probablement à un point où la Terre Mère exigera de plus en plus clairement davantage de soins, davantage de tendresse, davantage de douceur. Car le monde est dur, trop dur, trop mâle. Le monde a mal de trop de mâlitude.

Alors à notre Terre Mère, à Kali, à Marie, à Aparecida… à toutes les femmes du monde, à toute la féminité de l’univers, celui-ci et tous les autres, on invoque votre aide et votre sagesse.

May… you hear this call.

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https://atisupino.bandcamp.com/track/amazonia

LE BOUTT DU BOUTT DU JUSTE MILIEU

Ah ce cher juste milieu. Cet endroit qu’on n’atteint jamais vraiment. En tous cas jamais pour bien longtemps. Ce fragile équilibre en constant déséquilibre sur le fil du sans fil. Parfois, une danse fine et sensible, parfois un gros rock pas drôle. D’autres fois ça nous twist les boyaux et parfois ça tangue en masse.

Un art jamais acquis ni maîtrisé, jamais complet ni parfait. Que la quête de ce milieu mouvant, une marche ou une danse en constante évolution, même si cela semble par moments dévoluer. Une disposition intérieure à raffiner sans cesse, à retrouver constamment car la vie bouge sans cesse elle aussi, avec nous dedans et elle en nous. Tout change et ce, en permanence. Le milieu aussi.

Entre s’en foutre et en crever…

Voir le monde pour ce qu’il est et être capable d’être touché.e, sans se laisser engloutir ni submerger. Nager sans caler, et parfois flotter sur le chaos quand trop de flots. Prendre acte de toute la misère du monde, ressentir compassion et empathie, sans la laisser ternir ou atténuer notre quotidien. Pas trop du moins. Garder une saine distance face aux événements du monde, sans s’en foutre ni s’en détacher complètement. Entre l’arbre et l’écorce la vie. Car il s’agit de notre propre humanité, celle que l’on porte en nous, comme dans le monde entier.

Entre s’enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier

Parfois on aimerait se couper du monde, s’isoler pour ne plus sentir sentir ni ressentir autant, pour ne plus laisser le monde nous atteindre tant. Sauf qu’en ce monde on vit et on évolue. Grande scène partagée. Rester perméable sans s’y noyer. Laisser le monde nous toucher, et se laisser touché.e par le monde. Un pied dedans, un pied dehors. Et ça en prend même pas deux pour tanguer… Cha cha cha…

Ni se durcir, ni se laisser détruire…

Ni se faire une carapace, ni se laisser marcher dessus. Car même si la vie peut être dure, difficile, ingrate et injuste par moments, trouver un soft spot en soi, un safe space en soie. Se laisser pétrir par la vie, lui permettre de nous labourer comme un champs fertile, terre de toutes les possibilités, ouvert à toutes les expériences que la vie nous offre, ou place dans notre assiette selon une perspective gourmande. Menoum menoum.

Passer à-travers les défis – ou les laisser passer à-travers soi, ou glisser sur notre peau si on s’identifie à un.e canard.e – dans tous les coins coins – en gardant l’esprit et le coeur ouverts. Sentir la douleur lorsqu’elle se manifeste et continuer, continuer, continuer. Car que cela à faire, être ici maintenant, dealant complètement avec ce que la vie nous présente, et continuer sur cet élan de vie qu’on nous a prêté.

Accepter les pertes et les départs, plier pour ne pas casser. Hésiter en cas d’incertitude et malgré les doutes. Et dire oui à la Vie qui est plus grande que petit soi.

Mûrir quoi.

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On ne mûrit pas grâce aux conseils, ni aux sermons, ni aux expériences des autres.
On mûrit lorsque la perte arrache une partie de notre cœur.
Lorsque notre dos se courbe sous le poids de la trahison de ceux qu’on aime.
Lorsque les rides marquent notre visage à cause de la dureté des pensées.
Lorsque notre énergie s’effondre et que nous devenons fragiles dans un corps affaibli par la course sur des chemins erronés.
On mûrit lorsque la vie nous arrache de nos racines.

– José Saramago via Christine Pilar Estirac

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Que puis-je apprendre d’un conflit ?
Voyez clairement qu’accepter ou rejeter vous conditionnent, car il n’y a rien à accepter ou rejeter.
Dans une écoute totale, c’est-à-dire une attention hors de toute mémoire, il n’y a nul conflit. il n’y a que vision.
Dans l’écoute silencieuse, ce qui est dit , ce qui est entendu et ce qui apparaît comme réponse et réaction, tout cela réside au cœur de votre nature.
Cette perception de la totalité est réelle attention, et en elle, ne subsistent ni problèmes, ni conditionnements, il n’y a que liberté.

– Jean Klein

MOTS D’EN CRIER

Le vieil homme, qui chantait en solo dans sa tente à Rafah, n’a rien laissé derrière lui, même pas la tente, même pas sa voix.
– Mohammed Moussa

Ce matin, pas d’inspiration claire qui ne monte de soi, simplement un désir de donner parole à ceux et celles qui n’en ont pas. Ceux et celles qui n’ont pas le luxe d’écrire car écrire est un luxe de privilégié.e.s.

Écrire alors pour ce vieil homme de Rafah, pour qu’il sache, ou pas, qu’on ne l’oublie pas. Comme des milliers d’autres, des millions d’autres, hommes, femmes et enfants, plus ou moins jeunes. Comme il y en a tant aussi en Afrique, au Liban et en Syrie, à Haïti et en Libye. Nos frères et nos soeurs de chair, silencieux dans le malheur. Écrire pour eux et elles aussi car nos cris ne sont pas entendus de toute façon.

Alors les sortir de l’encrier de sa conscience. On vous voit, on vous entend.

Écrire c’est crier en soupirant, en chuchotant. C’est coucher des mots sur un écran, un écrin de mots. Tout doux les mots pour exprimer la rage devant l’injustice et la folie humaine.

Pas juste envie d’écrire pour écrire même si c’est toujours un peu ce que l’on fait au fond quand on écrit. On écrit pour écrire, pour se dire, pour exprimer. Car sinon on réprime, déprime en prime.

La mort encore fraîche d’un ami en mémoire donne une certaine relativité sur la réalité de ce dit monde. Ces mots dits monde. Trève de maux du corps pour notre ami. Un monde de petit mondes, une foule de sens.

Jung dit qu’il n’y pas de conscientisation sans douleur. Ah bon. On aimerait que ça soit autrement mais possiblement que c’en est ainsi. Car vivre en corps est parfois douloureux. Surtout avec le temps qui passe dans ces corps vieillissants. Mais en même temps, on dit que le temps arrange tout. Allez savoir.

Le temps est harangue si on tente de l’écrire ou de le décrire trop pompeusement.

Bien qu’aucun mot ne puisse dire ce qui veut vraiment se dire, ce qui doit se dire, écrire quand même. Écrire dans le beurre, écrire dans le vide. Décrire le vide en le bourrant de mots. Et bla bla bla la vie, par-dessus le silence de la mort.

Écrire alors que tout un peuple se meurt de faim et de soif devant nos yeux, bien qu’on ne veuille trop nous le montrer car nous sommes tous complices de ce génocide moderne. Peut-être pas coupables mais sûrement complices. Et impuissant.e.s. Et continuer nos petites vinaigrettes douillettes. Quelle salade.

Écrire alors que le soleil se lève encore ce matin, avec tant de beauté et de vie qui côtoie la face cashée de l’ombre.

Écrire alors que dimanche c’était la tempête et, qu’hier, l’été fut. heureux d’un printemps que la moitié du monde ne connait pas ni ne peut même imaginer.

Écrire même si one sait pas ou plus pas quoi dire. Écrire l’indescriptible. Et pas. À pas. Ou pas.

Écrire sa frustration devant un monde inégal, superficiel et égoïste. Un monde en mode auto-destruction. Et l’aimer quand même car ce monde est composé de gens, de personnes, d’humain.e.s. Des gens de coeur même si la tête, la colère et les peurs ont pris le dessus et le dedans de certain.e.s.

Tenter d’écrire alors que Minn ne veut que se faire flatter elle. Chacun.e ses priorités. Miow. Sur mes cuisses.

Écrire pour tenter d’infuser un peu de sens dans sa propre existence, ce qui se traduira peut-être – ou pas – par un peu de sens aussi chez ceux et celles qui tombent sur ces mots. Ou pas. Alors ils tomberont dans le vide, là où tout existe aussi.

Écrire pour éclairer un peu ce monde obscur même si ensolleillé, un monde où se côtoie beauté et laideur, bonté et méchanceté, vie et mort dans un grand Tango qui requiert plus d’eux, et d’elle et de nous, qui exige que tout danse ensemble même si maladroitement.

Écrire et constater sa propre impuissance sale devant les drames humains, et réaliser que l’humilité est réellement le symbole de la noblesse comme le dit sit si bien Mestre-Conselheiro Luiz Mendes.

Écrire pour voir jusqu’où nos mots veulent, ou peuvent, nous mener au-delà notre propre nez. Au bout de soi, au bout du monde. Au bout des mots.

Toi, vieil homme à Rafah, quelqu’un pense encore à toi ici, d’ici, et t’entends.

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Écrire, c’est comme craquer une allumette au cœur de la nuit en plein milieu d’un bois.
Ce que vous comprenez alors, c’est combien il y a d’obscurité partout. 
Écrire ne sert pas à mieux voir.
Chaque mot sert seulement à mieux mesurer l’épaisseur de l’ombre.

– Inspiré de William Faulkner via Daniel Soula