OUATE DE PHOQUE

On a beau tenter de ne pas trop suivre l’état du monde, on ne peut se fermer les yeux complètement. Notre monde tout de même.

Ce matin, j’ai vu passer une manchette voulant que le cessez-le-feu à Gaza soit rompu et qu’Israel y a tué 300 personnes. Et tout à coup, comme une craque dans l’armure. Droit au coeur. Quand on rajoute ça à tous les autres conflits armés – et économiques – sans parler de notre planète qu’on abuse à tour de terre, la vibe générale mondiale ne vole pas haut. Malgré toute la beauté du monde.

Moi, comme plusieurs d’entre nous qui vivons dans la ouate ici, nous tentons souvent de ne pas trop nous laisser affecté.e.s par l’état du monde. On se dit que ça se passe ailleurs, qu’on ne peut rien faire pour arrêter ce qui s’y passe, etc. Tout vrai. On se tient sur les lignes de côté, en parallèle des événements catastrophiques. On rationalise, on garde une saine distance entre les faits et soi. On ne veut pas trop se ternir le moral. Normal et tout à fait humain.

Mais comment est-il possible de ne pas être touché.e par tout ce qui passe dans le monde ? Par quel procédé mental peut-on se protéger ? Et pourquoi veut-on se protéger de ce qui se passe dans ce monde fou et sanglant ?

Quelques questions que je me pose en ce mardi matin. WTF over !

Bien sûr qu’on doit, chacun.e, continuer à vivre sa propre petite vinaigrette dans ce grand bol de salade mondiale, notre monde. Bien sûr qu’on ne peut laisser les dits événements du monde trop nous affecté.e.s. Mais jusqu’à s’en foutre complètement ? Sûrement pas. Oh que la ligne est mince.

Alors on doit apprendre à vivre avec l’état actuel du monde, avec le sort du monde devant nous, apprendre à bien vivre en dépit du sort actuel du monde. On peut bien méditer, se fermer les yeux, on ne pourra jamais nier que ce qui est est.

Comme le dit Krishnamurti ci-bas, si tu vois ce qui est, alors tu vois l’univers, et nier ce qui est à l’origine du conflit. La beauté de l’univers réside dans ce qui est, et vivre avec ce qui est sans effort est la vertu.

Vivre avec ce qui est ? Le premier pas, et non le moindre. accepter tout ce qui existe, le beau comme le laid. Comme le fait que certain.e.s vivent en guerre et nous pas. Se sentir empathiques sans se sentir coupables. Mais responsables. Comme dans able to respond. Se sentir liée.e.s en réalisant la limite de nos actions, comme notre impuissance.

Accepter que la souffrance côtoie la beauté, l’empathie la tyrannie et la justice son contraire. Certain.e.s sont pour le bien du plus grand nombre, d’autres pour le leur.

Prier et méditer pour cultiver la paix en soi, et pour que les choses changent.

Mais est-ce suffisant ? Probablement pas. Même si prier et méditer c’est déjà faire un ptit quelque chose, une petite action du coeur.

On nous dit qu’il faut agir pour la paix dans le monde. Mais quoi faire ?

Quoi d’autre qu’être soi ? Et faire du mieux qu’on peut, pour soi et autour de soi. Cultiver sa petite parcelle du grand jardin qui en arrache par bouts.

Bonne méditation vous aussi dans cette grande marche humaine qui veut sûrement tendre vers la paix, mais qui tangue aussi et tout autant.

Que quelques actions concrètes en résultent.

Et – un peu plus de – paix dans notre monde.

Over.

POSSIBLE & IMPOSSIBLE

Tu dois croire que tout est possible, laisse l’univers se charger de faire le reste.

Tout est possible. Même l’impossible. Peut-être surtout l’impossible. Même ce que l’on croit impossible. On n’a qu’à regarder le monde actuel ces jours-ci. Notamment la qualité et la compétence de certains politiciens américains. Et leur discours, leur agenda. Presque inimaginable. Et pourtant.

Devant ce monde troublé, facile d’imaginer le pire. En fait, le pire atteint de nouveaux sommets à tous les jours ces temps-ci. Plutôt que ce soit l’empathie, la collaboration, l’entraide et la bienveillance qui guident le monde, c’est l’avidité, l’affrontement, l’opposition et la malveillance qui règnent en valeurs primaires. Même les réseaux sociaux sont un champs de bataille verbal, écrit haut et fort, en MAJUSCULES même parfois. Et avec de nombreuses phôtes d’orthographes.

Il me semble sain d’adopter une position qui implique que tout est possible, le meilleur comme le pire. Difficile de garder l’esprit ouvert face à la possibilité que tout puisse arriver. Une soudaine illumination humaine, l’arrivée d’être venus d’ailleurs, comme la fin du monde causée par une explosion nucléaire et la planète qui nous rejettent face à nos multiples abus environnementaux. Les humains, nous sommes de vrais malades (environne)mentaux parfois, et par manque de foi. Et un moment donné, une mère doit sacrer ses enfants dehors.

On en sait tellement peu sur l’immensité de l’univers, qu’on ramène à nos petites et limitées connaissances. On dit que le monde existe à la mesure de nos croyances et de nos connaissances.

En effet, que sait-on de ce tout ce qui passe par là-bas ?

Alors, pour ce qui est de la pleine conscience, on repassera OK ?

Mais au moins, ne fermons aucune porte, et faisons du mieux que l’on peut.

Notamment en pensant, en imaginant, en croyant que tout est possible. Même ce qui nous semble impossible. Car voler semblait impossible pour les humains il n’y a pas si longtemps.

Et la vie se chargera bien de nous confirmer ou nous infirmer cette belle théorie de la toute possibilité. Car peu importe ce que l’on croit, ce que l’on imagine ou phantasme, ce qui est est, et ce qui n’est pas n’est pas. Pas nous qui imposerons nos croyances à la réalité.

Qu’on le veuille ou pas, il n’existe pas de réalités personnelles, il n’en existe qu’une seule, globale, qui comprend tout, autant les possibles des uns que les impossibles des autres. Gros melting pot la vie composé de multiples réalités qui co-existent et qui se contredisent et s’opposent. That’s it mais surtout that’s all.

La vie sur terre est possiblement plus fragile qu’elle ne l’a jamais été auparavant. Mais peut-être pas non plus car il semble que les années 1960 nous aient déjà mené bien près d’un gros feu d’artifice fatal.

Alors, apprécions chaque journée que la vie nous offre. Profitons-en. Jouons le grand jeu humain. Et si on veut avoir des intentions, let’s go, mais au final, rappelons-nous que c’est la vie qui décide et décidera. Et ce que sera sera. Ou pas.

Ni ceci, ni cela et ni oui ni non. Et peut-être bien. Ou pas. Mais encore.

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Interlocuteur : Je m’inquiète tout le temps du Nouvel Ordre Mondial et de ce qu’il fait à la planète. Ils sont vraiment fous, comment pouvons-nous les arrêter ?

Mooji : Oh mon Dieu. Quand vas-tu trouver le temps d’être libre !

Interlocuteur : Mais ils polluent l’air, la nourriture et l’eau…

Mooji : Alors, réveille-toi vite !

Interlocuteur : Mais ces types sont vraiment fous !

Mooji : Ne perds pas de temps avec ces choses-là, prends conscience de ta propre vérité.
Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est la chose la plus altruiste qui soit. Mais tu dois me croire. Sinon, ton esprit utilisera ces exemples pour t’empêcher de te réaliser. Tu seras trop occupé à éteindre les feux « extérieurs » et à ne pas éteindre le feu dans ton propre esprit.
Ce souci du monde est très séduisant, sauver le monde. Dieu peut attendre, l’illumination peut attendre, allez, allons éteindre tous les feux ! Quand vous serez suffisamment vide, la lumière vous traversera, mais tant que vous vous remplirez de tout cela, elle n’aura aucune chance.
Ne perdez pas de temps avec ce qui se passe dans le monde, avec les problèmes du monde, car ces choses ne font que troubler l’esprit, le surmener et l’empêcher de se plonger en lui-même.
Si vous voulez bénir le monde, videz-vous de vos propres projections et ce sera une bénédiction suffisante.
Vous voulez être un être supérieur qui veut aider tout le monde, sauver tout le monde, mais je vous montre votre Être qui n’a rien à faire. Mais cela ne correspond pas à votre état d’esprit actuel, qui veut agir, changer les choses, faire les choses d’une certaine manière. Et nous ne voyons pas l’illusion là-dedans. Cela peut paraître si beau et si bienveillant, mais avant même de vous en rendre compte, vous êtes dépassé.
Quittez le monde pour l’instant. Trouvez-vous vous-même, telle est la préoccupation première. Et si vous n’aviez que 10 minutes à vivre, quel monde allez-vous sauver ? Comment savez-vous qu’il vous reste seulement 10 minutes ? L’opportunité est là, maintenant, mais quelque chose vous dit de patienter. Quelque chose vous dit : « Mais comment le faire quand le monde est en feu ? Laissez-moi d’abord sauver le monde, puis je reviendrai et je serai libre !»
Si vous voulez être un instrument de Dieu, vous devez être complètement vide de vous-même.

~ Mooji

LE CHOIX DU BONHEUR

Une forte détermination à être heureux/se t’aidera.
N’attends pas que les circonstances changent, pensant faussement qu’en elles résident les causes du malheur.
Ne fais pas du malheur une habitude chronique, affectant du coup toi-même et tes proches.
Quelle béatitude pour toi-même et tes proches que tu sois heureux/se.
Si tu es heureux/se, le monde t’appartient: être heureux c’est être en accord avec Dieu.
Ce pouvoir d’être heureux/se vient avec la méditation.
– Paramahasa Yogananda

Depuis longtemps, je crois sincèrement que le bonheur est un choix, une décision. Peu importe les circonstances, on peut décider de tirer le meilleur de toute situation. Et de faire le mieux que l’on peut avec ce qui est.

J’ai vu un ami proche, mon chum Ben que je viens de retrouver d’ailleurs et que je reverrai la semaine prochaine, devenir complètement paralysé il y a 25 ans et apprécier la vie malgré les immenses défis. Même élever son fils en vivant seul à la maison. J’ai vu des mendiants plus heureux et généreux que de nombreux gros bonnets qui n’en ont jamais assez et qui sont prêts à affamer le monde. On n’a qu’à regarder le monde actuel pour en avoir une claire démonstration. Monstrueux. Mais tout cela peut et doit nous motiver à cultiver la compassion et la bonté. Le mal peut engendrer le bien, le non-sens peut donner du sens.

Quand on identifie le strict minimum avec lequel on a besoin de vivre, quand nos actions reflètent nos pensées et nos valeurs, quand on partage ce que l’on a et qu’on aide les autres du mieux que l’on peut, on ne peut qu’être heureux/se. Notre récent passage au Brésil au sein d’une grande famille de coeur m’a encore permis de voir comment l’entraide et la générosité est source de bonheur et de joie. Des gens simples et passionnés qui inspirent et partagent.

Oh bien sûr, certains jours peuvent être plus nuageux que d’autres mais n’a-t-on pas besoin d’eau et d’ombre aussi pour vivre ?

Mais cette décision d’être heureux/se n’est pas définitive, elle doit se prendre et se reprendre sans cesse. Et elle passe inévitablement selon moi par des moments d’arrêt réguliers et quotidiens, des moments de silence, de retour à soi et de refuge en soi. Ce que l’on peut nommer méditation, ou tout simplement relaxation.

Des pauses pour revenir dans le moment, dans le présent et se dire et redire régulièrement : so far so good.

Comme on dit, à la fin tout sera parfait et si tout n’est pas parfait en ce moment, c’est que ce n’est pas encore la fin. Ce qui est, et on n’a pas d’autres choix que de faire avec.

Accepter ce qui est, faire du mieux qu’on peut, et prendre soin, de soi comme des autres. Car on ne peut prendre soin des autres mieux que l’on prend soin de soi. Car les autres, c’est nous, et leur bonheur est nôtre.

Personnellement, ce que je peux faire de plus concret pour me rappeler de viser le bonheur est de m’assurer de réserver du temps quotidiennement pour arrêter, pour fermer les yeux, revenir à moi, calmer mon mental, respirer, pour méditer. C’est le centre de ma vie, la cible de la présence.

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Il est très difficile de créer un espace méditatif, et très facile de le perdre.
Tout ce qui est d’un niveau supérieur requiert travail et efforts, et cela peut disparaître en un instant.
Perdre contact avec cet espace es très facile.
Et toujours, quand il y a un conflit entre les instances supérieures et inférieures, rappelez-vous, l’inférieur gagne toujours facilement.

Vous devrez être vigilant.e. et prudent. Vous devrez marcher comme une femme enceinte. C’est pourquoi les êtres de conscience marchent avec soin, vivent soigneusement,

Et ceci est un phénomène courant.

Vous ne pouvez méditer une fois de temps et temps, oublier et reprendre là où vous étiez.
La méditation doit devenir aussi régulière que le sommeil, que la nourriture, que l’exercice, que la respiration.
Alors seulement l’infinie gloire de l’existence vous ouvrira ses portes.
– Osho

SANS SENS ASCENTIONNEL

Le pendule du mental oscille entre sens et non-sens, et non entre bien et mal. – Carl Jung

Nous sommes des êtres de dualité. Normal, on vit entre la naissance et la mort. Du corps du moins car on dit que l’âme ne fait qu’y passer. On nait et on meurt. Et entre les deux, on vit, du mieux que l’on peut. Ou on survit, de peine et de misère, c’est selon. Ou un peu des deux. Vivement plus de l’un que de l’autre.

On vit dans un corps, séparé.e des autres. Même si on vit tous et toutes dans le même monde partagé, que certains se partagent plus que d’autres, on vit aussi chacun.e dans nos propres petits mondes séparés, dans un monde différent du monde des autres. Me, myself and I, chacun.e dans son monde. Plein de monde, vivant dans plein de petits mondes, au sein du même grand monde.

Le monde est mondes. Comme disait ma mamma à moi, ça prend toutes sortes de mondes pour faire un monde.

Et avec la numérisation récente de notre monde, cette distinction, cette scission entre les divers mondes est encore plus prononcée qu’auparavant. Un monde de paravents.

Selon nos sources, chacun.e se crée son propre monde, et nos mondes varient les uns des autres. Et le monde shire, et se déchire.

Selon nos sources, nos mondes s’opposent et se confrontent, ou nos mondes se collent, se décollent et se racollent. Les diverses réalités s’éclatent, s’attachent, se déchirent ou s’attirent.

Les sens uniques ont disparu. Chacun.e son sens désormais. Et le sens de l’un.e est devenu le non-sens de l’autre. Sensationnel.

Avant, avec la religion qui prédominait, on divisait le monde entre le bien et le mal. Mais désormais, on dirait que le bien et le mal ont disparu et le bien de l’un.e est le mal de l’autre. Et vice et versa. Bien mal partis sommes-nous. Certains gros bonnets veulent notre bien et ils vont tout faire pour l’avoir. Mais ils n’auront jamais notre coeur, ni notre âme, que ce que l’on peut perdre.

Quand on regarde en dehors de soi, tout ne fait pas sens, loin de là. En fait, rien ne fait sens. Du moins, plein de choses dans notre monde ne font pas sens. Un méga monde rempli de non-sens. No non-sens approach.

Depuis que nous vivons par écrans interposés – surtout, plus qu’avant, beaucoup et beaucoup trop ou même seulement et uniquement – nous vivons tous et toutes dans nos mondes imaginaires, dans nos têtes, dans nos postes de commande. Et même que la plupart de ce que l’on voit n’est même plus vrai. Fake news et irréalité virtuelle. La vie est truquée. Nous avons quitté nos corps pour vivre dans des univers parallèles mais pas toujours droits.

Alors justement, peut-être que pour retrouver le sens de la vie, il nous faut revenir à nos 5 sens qui font qu’on est en vie : voir, entendre, sentir, goûter, toucher.

Voir ce qui est, les yeux ouverts et sans filtres, mais aussi fermés et à l’écoute du monde intérieur.

Écouter, pour entendre vraiment. Cette petite voix qui chuchote, qui guide, qui dit. Qui dit qui dit. Où mettre le prochain pas, faire ce que doit, ce qui est juste.

Sentir, autant avec le nez, qu’avec toute notre peau, notre plus grand organe, mais aussi avec l’intuition, cette petite voix qui écoute et chuchote.

Goûter, avec la bouche, mais aussi avec tout le reste de notre être. Goûter la vie au complet, le beau comme le laid, le génie comme la folie, et tout ce qu’il y a in between. Le sens comme le non-sens. Le oui comme le non. Et surtout le maybe baby.

Toucher, avec les mains, mais aussi avec le coeur. Fouler la terre avec ses pieds, nus, sensibles, branchés sur la source. Bientôt anyway. Et se laisser toucher par la vie, par les autres êtres vivants. À nos risques pas puérils.

Mais peut-être que le sens minimal qu’on peut donner à la vie, tel que le dit Georges Eliot, c’est tout simplement de se rendre la vie moins difficile les un.e.s. les autres ?

Et peut-être qu’ainsi, on pourra bien vivre, du moins, mieux vivre.

Avec ou sans sens. Sensationnel.

CACHÉ.E.S LES UN.E.S DANS LES AUTRES

En réalité, mon âme et la tienne ne font qu’une, tu es présent.e en moi, et moi en toi.
Nous nous cachons les un.e.s dans les autres. – Rumi

Depuis que je suis tout petit, il me semble que tous les humain.e.s. ne peuvent qu’être une seule et même âme, comme nous ne sommes qu’un seul et même coeur qui bat au même rythme. Poupoum Poupoum.

Tous les êtres humains ont les même besoins fondamentaux, les mêmes aspirations de base, comme les animaux d’ailleurs qui eux, sont beaucoup moins inhumain.e.s entre eux que les prétendu.e.s humain.e.s.

Un.e pour tous, tous.tes pour un.e.

En se considérant ainsi soi-même identiques et semblables à tous les autres humain.e.s, on ne peut que vouloir le bien du plus grand nombre. Car moi c’est toi et toi c’est moi, nous c’est vous et vous c’est nous. Il n’y a ainsi pas pas d’eux ni d’elles. Qu’un grand Nous, qu’un grand Tout. Tout partout.

Comme le dit Dôgen Zenji, un.e idiot.e se voit lui-même comme un.e autre mais un.e sage voit les autres comme soi-même.

Je ne commenterai pas ces paroles car elles méritent plus longue réflexion, et vous les laisserai les interpréter par et pour vous-même mais si on s’y attarde un peu, elle constituent une sorte de koan qui déjoue le mental car pourquoi serait-il idiot de se considérer comme un.e autre ? Moi je suis moi et toi tais toi disait le fool du roi.

On va méditer là-dessus.

Car on peut avoir diverses conceptions de l’empathie.

En voici deux très différentes, extrêmes même:

La Muskienne (si elle vraiment de lui car on doit se garder une ptite gêne face à tous les mots dits désormais):

La principale faiblesse de la civilisation occidentale réside dans l’empathie.

Ou la Arendtienne:

La mort de l’empathie humaine constitue l’un des premiers signes qu’une société est sur le point de tomber dans le barbarisme.

On comprend mieux certaines choses par ces visions et conceptions différentes de l’empathie.

Si on ne peut rien faire pour contrer directement la vision Muskienne qui heurte la vie concrète de tant d’êtres humains en ce moment aux USA, on ne peut que tenter de faire du mieux que l’on peut à notre humble mesure, ici, autour de soi. Et participer au bien du plus grand nombre, en aidant son/sa prochain.e, en soutenant sa communauté immédiate, en créant de la beauté et de la bonté autour de soi. C’est peut-être que la principale leçon que l’on doive tirer de ces temps actuels qui nous bouleversent tant.

Et contrer le mal par le bien, le laid par le beau. Mettre du soi dans le monde.

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D’après mon expérience, vous ne servirez vraiment que ce que vous aimez, car le service est l’amour rendu visible.
Si vous aimez vos ami.es, vous servirez vos amis.e.
Si vous aimez la communauté, vous servirez votre communauté.
Si vous aimez l’argent, vous servirez votre argent.
Et si vous n’aimez que vous-même, vous ne servirez que vous-même et vous n’aurez que vous-même.
Ainsi, il n’y a rien à perdre, essayez plutôt d’aimer les autres et de les servir, et, espérons-le, de trouver ceux et celles qui vous aimeront et vous serviront en retour.
– Stephen Colbert

SENTIER DÉ CONSTRUCTION

Le chemin spirituel ne constitue pas une carrière ni une histoire à succès. Au contraire, c’est davantage une série de petites humiliations du votre faux moi qui s’approfondissent de plus en plus. – Carl Jung

On revient du Brésil. Encore une fois. On y vécu quelque chose de fort, de puissant, d’aimant.

Je dis quelque chose car bien difficile de définir toute expérience semblable, et encore plus, de la mettre en mots. En fait, souvent je me demande s’il faut vraiment la mettre en mots. Mais on dirait que oui encore pour le moment.

Ça fait des années que je fais ce genre de choses, des expériences que l’on qualifie parfois de spirituelles ou de religieuses (dans le sens latin du terme, soit celui de se relier avec le divin, avec plus grand que soi).

Et de plus en plus, je semble savoir de moins en moins. Genre

Je pense sincèrement que le but de la chose en question – quelle que soit la chose – consiste tout simplement à se dénuder, à se stripper graduellement de petits pans de notre personnalité, et de retirer les couches de prétendus savoirs, de croyances et de connaissances qui nous constituent, qui nous font. Du moins qu’on pense qui nous constituent et nous font. Ron Ron Ron petits pataplon.

Parfois, nous sommes persuadée.s. qu’on doive accumuler les connaissances et les expériences pour atteindre quelque chose, un état quelconque, ailleurs, là-bas, plus haut, plus loin. Qu’on doive comprendre les théories et découvrir les grands mystères de la vie. Mais tant de choses à découvrir out there. Trop. Et on fait souvent le tour du monde pour revenir tout simplement ici, à soi.

Au fond, de plus en plus, je pense que tout est pas mal plus simple que ça. En fait, tout devient de plus en plus simple avec le temps quand on laisse aller, quand on accepte qu’on ne sait pas, ce qui est, même accepter que parfois on n’accepte pas. Pas tout de suite du moins.

On vient de rencontrer certaines des personnes les plus simples que j’ai rencontrées dans ma vie. Les ami.e.s. de Céu Sagrado, comme ceux et celles de plusieurs autres églises satellites qui y passent lors de ce rituel du feitio. Pas des grand.e.s savant.e.s, ni intellos, ni académicien.ne.s. Quoi qu’il y en ait aussi. Mais la simplicité nous rassemble par-dessus tout.

Des gens de coeur, d’une grande simplicité, d’une toute simple et ordinaire humilité, pas celle qui se veut la plus humble au monde. Des gens empreints d’une sincère joie de vivre, d’une joie qui constitue la réelle fleur de tout travail spirituel. Car on a beau dire, c’est au quotidien que se reflète le vrai travail.

Des gens qui travaillent dans un but commun, que ce soit jouer de la musique, battre des vignes, laver des feuilles, diriger une église, préparer les repas pour ceux et celles qui travaillent à brasser le thé Daime, comme nettoyer les toilettes. Tout travail est de la même nature. Extra ordinaire. Divinement ordinaire.

Le travail spirituel n’implique pas l’acquisition de quoi que ce soit, ni l’atteinte d’un ailleurs meilleur où aller. Au contraire. On doit perdre toute certitude pour retrouver cette innocence d’enfant qui était en nous avant qu’on ne fasse quoi que ce soit, se délester de nos connaissances. Cette simplicité d’être qui était en nous avant que l’on pense savoir quoi que ce soit, avant que l’on ne devienne quelqu’un.

Dans le Santo Daime, on appelle travaux les cérémonies auxquelles on prend part. Mais au fond, tout dans la vie est travail. Job de bras et surtout job de coeur. Les compréhensions induites par le sacrement au cours des rituels, comme les réflexions de soi, à-propos de soi, mais, surtout, peut-être encore plus, toutes les actions du quotidien, les simples tâches courantes de la vie de tous les jours au retour.

Car là que se situe le vrai terrain de pratique. Tout travail spirituel est une pratique continue, en corps, encore et encore, un but sans fin. Le chemin est le but.

Rappelle-toi, la vie est un miroir à deux faces. Comment quelqu’un agit envers toi constitue une réflection de lui/elle-même et la façon dont tu réagis une réflexion de toi-même. Regarde de près.

Répondre peut-être plutôt que réagir.

Au retour des mes premiers voyages, de mes premiers trips, je vivais souvent une descente relativement difficile à vivre, à accepter, une sorte de down. Car comme on dit, tout ce qui monte redescend.

Au fil des ans, je peux apprivoiser avec plus d’aisance et d’acceptation cette inévitable descente dans l’ordinarité du quotidien car je la sais inévitable et, surtout, incontournable. Elle doit se vivre. Comme l’est toute expérience d’élévation et de légèreté car l’un de va pas sans l’autre, aucune lumière ne vient pas sa part d’ombre. Et

Être fort.e, mais aussi sincère, réaliste et vouloir se voir, lumière comme ombre.

Dans le blanc des cieux.

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L’humilité est le symbole de la noblesse.
– Maître-Conseiller Luiz Mendes, fondateur de la lignée CEFLI du Santo Daime

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Ne cherchez pas la paix.
Ne cherchez pas un état autre que celui dans lequel vous êtes maintenant, sinon vous instaurez un conflit interne et une résistance inconsciente.
Pardonnez-vous de ne pas être en paix.
Dès que vous acceptez pleinement votre non-paix, votre non-paix se transforme en paix.
Tout ce que vous acceptez pleinement vous y emmènera, vous emmènera en paix.
C’est le miracle de la capitulation.

– Eckhart Tolle

ATE BREVE BRASIL

On revient dans le now aujourd’hui. Encore les traditionnels flocons de mars et ensuite le twilight zone printanier d’ici le vert de mai. On vit et revit d’espoir à chaque saison.

Ce matin, jour du retour, petit recap pour présenter un peu ce que l’on vient faire ici en quelques mots, et quelques photos. Car vous êtes quelques-un.e.s. à nous demander ce qu’on vient faire ici. Nous aussi parfois 😉 Mais on revient toujours car cet amor amor amor est plus fort que nous, et plus amor que mort.

À chaque fois qu’on revient d’ici vers le now, on entame une autre année de cérémonies, de travaux comme on dit dans le Santo Daime. Car on travaille en masse en mars, comme durant tous les autres mois. On aime travailler, ce n’est pas trop dur. De nouveaux hymnes à apprendre et/ou découvrir, et de nouveau, les hymnes qu’on connait déjà un peu mais qu’on découvre toujours un peu plus, qu’on raffine eux comme nous.

Dans cette lignée du Santo Daime, il est fondamental de conserver une âme humble, un coeur d’étudiant.e., tout comme un esprit ouvert, aussi grand qu’un parachute pour parer les chutes.

C’est en quelque sorte la base de la doctrine du Santo Daime : Harmonie, Amour, Vérité, et Justice qui sont en effet les 4 points cardinaux de cette doctrine chantée, nos 4 directions. Aho au ciel, comme au coeur, ici bas, sur terre. Ce qui guide notre chemin. Simple à chanter et grand défi à incarner au quotidien. Un jour à la fois, chaque jour dans la foi. Beau contrepoids à la folie actuelle du monde, l’apparent du moins. Autre dimension, virtuelle réalité très concrète.

On vient ici au Brésil depuis 20 ans, et plus précisément ici à Céu Sagrado depuis 8 ans. Céu Sagrado est notre famille, notre navire amiral. Ce sont nos ami.e.s. du coeur et nous formons un choeur.

À chaque hiver, on vient chanter, brasser le thé, battre les vignes, laver les feuilles et apprendre toujours un peu plus à baragouiner le portugais. Ça rentre, et ça sort, petit à petit, de plus en plus. Mais e mais. À chaque année, on se fait brasser, comme le thé, avec le thé, par le Daime. On devient de plus en plus humbles, de moins en moins connaissant.e.s, et de plus en plus aimant.e.s, plus simples de coeur et légers d’esprit.

Cette année, en plus de nos multiples travaux, on a invité au Canada un Padrinho du Brésil, notre ami Ze Ricardo, un ami sage du Daime qui a pondu plus d’une centaine d’hymnes formidables. Il viendra nous voir au mois de septembre. Grosse année en vue. C’est lui qui guide les 3 principales cérémonies ici durant le festival du Carnaval, le CarnaCura ou jusqu’à 560 personnes se rassemblent pendant 3 soirs pour prier, chanter et faire silence. Il tient église à Teresopolis où nous sommes allés à quelques reprises. https://site.ceudodedodedeus.org.br/

Le gros du travail du feitio à Céu Sagrado prend place à la Casa do feitio, durant les bateçaos, les séances de battage de vignes Jagube, habituellement avec musique live, pendant que les feuilles se font laver une à une à la main. Méditation marine faite à la main.

Il y a beaucoup de musique, de rires et d’échanges chaleureux tout au long de notre passage. Aussi ça le coeur du Daime, une spiritualité vivante et bien incarnée dans l’amour, plus qu’une religion dogmatique. Un monde de gens. Et le feitio (processus de fabrication du thé) est la base de tout: sans feitio, pas de Daime.

Comme j’avais promis à certain.e.s que je prendrais des photos, en voici quelques-unes parmi les milliers qui sont prises ici. Souvent elles perlent mieux que les mots pour convier l’essence, le sens.

Car pour moi, le Santo Daime, c’est beaucoup et surtout le monde, les gens, les immenses coeurs et gorges déployées, qui rient et qui chantent. Et du soin en masse, du soin qui se donne et s’échange sans compter.

Notre ptite gang cette année:
Louis, Elsa, Ati, Suketa, Ravi, Raymond, Tamara et Éloi.

On revient pour pratiquer, la vie.

BLANC DE MES NOIRES

La noire soeur a besoin de son frère, ombrée lumière.

Tout ce qui ne veut, ou, surtout, ne peut être vu, mérite d’autant plus toute notre attention, comme notre plus fine observation. Avec précision, une ferme intention de tout mettre en lumière. Ce qui requiert courage, père sévérance et mère veille.

Nécessaire de cultiver son âme et de pointer le laser du coeur en sa direction pour voir clair. L’âme se cache au coeur de soie.

Au coeur de la personne qui regarde

Ainsi, on doit fermer les yeux pour voir. Et écouter pour entendre. Et attendre. Accueillir, et cueillir. Après l’hiver, le printemps toujours vient, jamais en vain.

Comme l’amant.e, comme l’aimant, le coeur attend. Lentement. Patiemment, Langoureusement. Ardemment. Sans temps s’entend. Et jamais ne ment. Eternamente.

Sitting silently, doing nothing, the spring comes, and the grass grows by itself.
– Osho

Et ainsi, inévitablement, toujours le printemps. Primavera. Voir pour la première fois. Second regard.

Si les yeux sont le miroir de l’âme, alors les cieux sont le tiroir des larmes. Larmes de purification massive, l’arme ultime. Gouttes de coeur.

Et au coeur de l’ombre se tapit la lumière, comme au plus profond de l’âme se tarit la misère. L’une n’existe pas sans l’autre. Et ni l’un, ni l’autre n’insiste. Nenni netti.

Processus de dévoilement profond que la vie, élevant, décapant, renversant. Pourtant.

Pour courageux du coeur seulement, uniquement. Âprement.

Courage, coeur, âge. Et temps qui passe.

L’ombre est une illusion que la lumière révèle, que la lumière réveille, et illumine.

LE FEU DE L’AMOUR

Nous sommes au Brésil depuis quelques jours seulement. Un moment à la fois, et une suite de petites éternités furtives qui s’enfilent. Flot de vie, flowent nos vies.

Un groupe d’ami.e.s qui vient ici depuis quelques décennies, pour brûler les ponts avec notre passé, pour rallumer la flamme du coeur. Chacun.e pour soi, ensemble.

Rien à faire d’autre que de laisser passer la vie, la laisser nous animer, et nous, aimer, s’aimer. Semer le feu et récolter la tempête, de l’amour, de l’amour.

Apprendre avec humilité, simplicité et honnêteté. La plus grande des leçons. Estudo fino.

Apprendre la profondeur, avec légèreté.

Toucher le ciel, les deux pieds plantés au sol. La tête légère, le coeur solide, ouvert. Ne rien exclure, tout accepter, pour transformer.

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C’est sombre parce que tu essais trop fort.
Légèrement, mon enfant, légèrement.
Apprends à tout faire avec légèreté.
Oui, ressens légèrement même si tu ressens profondément.
Laisse simplement les choses arriver avec légèreté et fais-y face avec légèreté.
J’étais si ridiculement sérieuse à cette époque, une petite prétentieuse sans humour.
Légèrement, légèrement – c’est le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné.
Même quand il s’agit de mourir.

Rien de lourd, de prémonitoire ou d’emphase.
Pas de rhétorique, pas de trémolos, pas de personnage conscient de lui-même qui se donne pour imiter le Christ ou la petite Nell.
Et bien sûr, pas de théologie, pas de métaphysique.
Juste le fait de mourir et le fait de la claire lumière.
Alors jette tes bagages et avance.
Il y a des sables mouvants tout autour de toi, qui aspirent tes pieds, essayant de t’aspirer dans la peur, l’apitoiement sur toi-même et le désespoir.
C’est pourquoi tu dois marcher si légèrement.
Légèrement ma chérie, sur la pointe des pieds et sans bagage, pas même un sac à éponge,
complètement déchargé.
– Aldous Huxley

LA RESPIRATION DE L’AMOUR

Je ne suis qu’un être humain essayant de (sur)vivre dans un monde qui est en train de perdre rapidement sa compréhension de ce qu’est être humain.e.
– John Trudell

Nous ne sommes tous et toutes que des êtres humains essayant de (sur)vivre dans un monde qui est en train de perdre rapidement sa compréhension de ce qu’est d’être humain.e. Merci John.

Le monde peut sembler fou, comme le chantait jadis Beau Dommage, et son chum.

Mais l’amour tient encore le monde debout, l’amour tient encore le monde ensemble. Car l’amour fait encore tourner le monde. Une chance qu’on a l’amour. Une chance qu’on est l’amour. Un privilège.

Si on décroche le moindrement de ces fichus écrans du malheur, comme des réseaux asociaux qui excitent et divisent tant le peuple, on se rend compte que l’humanité est encore tout à fait humaine, malgré certaines apparences incertaines.

Nous avons toujours les mêmes rêves et idéaux de paix, de bonheur, de sécurité, d’entraide.

Oh bien sûr que certains petits hommes blancs sont partis en peur aux States et ailleurs en ce moment. Mais que peut-on faire d’autre que de les laisser s’énerver ? Et montrer leurs vraies couleurs ? Oui, un peu sombres en effet. Mais ils finiront bien par s’épuiser éventuellement. Bien sûr, en faisant malheureusement quelques dommages bien réels à d’autres humain.e.s., frères et soeurs. Et enfants et elders aussi. Amour amour.

Mais nous, nous nous concentrerons sur l’amour, la fraternité, la sororité, sur notre humanité commune.

Quittant ce soir pour quelques semaines vers le Brésil, là où notre famille brésilienne va nous accueillir, nous allons rallumer nos flammes, revigorer nos coeurs, élever nos âmes, fleurir nos yeux et nos oreilles, et simplement redevenir encore plus humains et humaines que jamais, pour toujours. À battre la chamade, à chanter la vie, à aimer l’amour, aimer d’amour.

Je vous en reparle bientôt. Par écrit. Par ici.

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Le monde ne tient debout que par la respiration de l’amour.
Tout ce qui fait du bruit autour de nous dans le vrombissement des actualités, délimite l’exact périmètre de ce qui n’est pas important.
Si la terre tourne c’est grâce à des milliers d’actes d’amour que font des milliers d’hommes et de femmes qui renouvellent le matin le pacte entre la terre et le ciel – malgré tout !
Chaque matin, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle de réel qui leur est confiée – leurs enfants, leurs jardins, leurs maisons, leurs enclaves, leurs lieux de travail – sont en train de sauver le monde malgré tout.

– Christiane Singer

Amour amour amour tout le tour de nous, tout le tour du monde. Dans toutes les langues, dans toutes les bouches, entre toutes les mains, dans tous les coeurs.