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PETITE CHRONIQUE D’UN JOUR DE LENT

Le vrai luxe dans la vie est le temps, des matins paisibles, et la liberté de choisir ce avec quoi tu veux remplir tes journées.

Lors de la partie active de notre vie, lorsqu’on élève une famille, on a moins ce luxe du temps, de la liberté et du choix. Avec les années qui passent, et le chemin vers une certaine retraite, ce luxe apparait davantage.

Bien sûr, que l’on doit continuer de payer les comptes et faire ce que doit pour, mais habituellement, si on a eu un peu de chance, la maison est possiblement payée et les charges diverses moindres que lors de la carrière et de l’élévation de la famille.

Je dis bien habituellement, car on doit reconnaître que ceci est un privilège. Une simple badluck, qu’elle soit de santé, professionnelle ou financière, peut nous renvoyer dans la voie de gauche de la survie.

Ces temps-ci, à quelques mois de la retraite officielle, j’apprends à goûter davantage au temps qui passe et qui dépasse. J’apprends à jouir du luxe du temps lent, sans horaire, à apprivoiser la liberté. Et ce avec quoi remplir mes journées.

Bien sûr que le fait d’être le donneur de soins aux quelques acres de forêt et aux quelques bâtisses sises sur ces quelques acres demande du soin, de la préparation et de l’entretien. Surtout en ces changements de saison. Toujours un ptit quelque chose à faire pour se garder occupé.

Autour d’ici, inévitable aussi de sentir le zen appel de la pelle. Comme celui de fendre le bois. Pour l’eau, on a le luxe d’une pompe. Tant qu’hydro tienne bon.

Évidemment que lorsque nous sommes à la retraite, nous n’arrêtons pas complètement. Mais nous pouvons choisir davantage. Et évidemment aussi qu’avec le temps plus libre et libéré, on peut choisir ses causes, nos activités, nos passe-temps. Comme la quantité et la qualité du grand et petit rien qu’on veut infuser dans notre vie.

De mon côté, la musique et l’écriture occupent une bonne part de mon temps et de mes doigts. Mais je compte faire plus de place à mes jambes dans ces mois blancs à venir, soit aux marches en forêt, à pied, en ski de fond ou en raquettes.

Et lire, lire. Des vrais livres en papier.

Simplement prendre le temps constitue un art. L’art de vivre. L’art du moment présent. L’art de ralentir. Qui peut s’avérer un véritable cadeau à déballer, ou un cadeau empoisonné. C’est selon.

Et quand on a du temps, on continue à prendre soin de son ptit monde. Prendre soin des gens, réfléchir à comment aider, soutenir, encourager ceux et celles qui doivent marcher plus vite que nous, sinon courir car la vie va plus vite qu’avant on dirait bien.

Apprendre à prendre le temps, tout simplement. Belle job. Pour observer la vie, pour se nourrir de beauté, de calme et de nature. Pour simplement prendre le temps de respirer, ce que la neige aide à faire, on dirait. Et laisser de côté et laisser aller les ptites affaires du monde un peu.

Apprendre à apprivoiser une autre étape de vie. Celle où le corps ralentit, celle où on pense à son avenir, celui à venir. Étape de vie qui nous demande de revenir sur certains pans de vie peut-être. Consciemment, ou moins.

Temps de vie pour récolter ce que l’on a semé. Temps de vie pour contempler la mort qui approche, même si elle est toujours tout près peu importe notre âge. Mais avec l’âge, on écoute mieux, on ose davantage la contempler les dieux dans les dieux. On entend davantage l’appel de l’au-delà du corps.

Le grand retour à la maison.

Et de nouveau, une de mes préférées.

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Ce à quoi vous résistez persiste.
Pourtant, si vous insistez sur le fait qu’il n’existe pas comme opposition, mais comme opportunité… non pas de condamnation, mais de recréer votre Soi dans la version la plus grandiose de la plus grande vision que vous ayez jamais eue de Qui Vous Êtes… cela produira une prise de conscience intérieure… qui pourra vous permettre d’exprimer les aspects les plus merveilleux de vous-même.

Alors, ne cherchez pas à défigurer, ni même à effacer, mais permettez-vous d’accueillir ce que vous souhaitez remplacer.
Ne cherchez pas à perturber, mais à réorganiser ce que vous ne désirez pas, en ce que vous inspirez.
Accueillez-le avec compassion et compréhension.

Il ne s’agit pas d’approuver le présent, mais de le VOIR comme un présent.
C’est-à-dire… comme un cadeau.
Choisissez alors d’éliminer toute négativité en vous – ce qui peut se produire chez ceux dont vous touchez la vie.

Ce changement de réponse mettra automatiquement fin à ce à quoi vous pensiez résister, et votre expérience changera d’elle-même, car vous aurez transformé l’opposition en composition et la dégradation en recréation.
C’est pourquoi vous l’avez rencontrée au départ.

La partie de vous qui est Pur Amour comprend parfaitement cela.

– Neal Donald Walsh

INTÉGRITÉ ET TOTALITÉ = SÉCURITÉ + RISQUE

La totalité et l’intégrité arrivent lorsque vous pouvez vous tenir droit.e au coeur d’une tempête de contradiction, en refusant de vous effondrer autant dans le confort que dans la certitude. Le Soi se retrouve alors et renait lorsque les opposés se rencontrent. Ceci est le centre, le Soi. – J. Mike Fields

Hier je postais ceci ici, soit que le succès pourrait se mesurer par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous

Intéressante question non ?

Mais s’il est important que les gens se sentent en sécurité autour de nous, il est tout aussi important qu’ils et elles sentent aussi qu’il est important de prendre des risques, d’oser être dérangé.e.s, poussé.e.s à essayer de nouvelles choses, adopter de nouveaux points de vue. Car trop de sécurité peut devenir une prison dorée.

Parfois, les gens doivent se sentir tout d’abord en sécurité pour ensuite pouvoir prendre des risques. Qu’ils et elles sentent qu’elles peuvent revenir à quelque chose de sécure s’ils et elles tombent. Si chute il y a.

Mais ce quelque chose de sécure, ultimement, ne se trouve qu’en soi-même. En fait, peut-être même que c’est ce fameux Soi avec un S majuscule ? Les mots étant affublés des limites qu’on leur connaît, Dieu, le coeur, Soi et soi-même sont possiblement la seule et même unique chose ?

Genre

Je me perds en Dieu, et Dieu se trouve en moi. Pourquoi regardez dans toutes les directions ? Regarde en dedans.

Cet endroit, en soi, yeux fermés et coeur ouvert, qui constitue le refuge ultime devant l’inconnu et l’incertitude, face à la peur et la colère, au chaos et au changement permanent. Face à notre fin éventuelle, sous cette forme-ci du moins.

Mais pour trouver ce refuge, souvent il faut le perdre. Comme le poisson qui doit sortir de l’eau pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur lorsqu’il la retrouve.

Car peut-être qu’on ne peut trouver ce refuge, peut-être qu’on ne peut que le retrouver. Pour savoir avec une certitude ancestrale que c’est ce que l’on cherchait, que c’est de là d’où l’on vient. Que cet endroit, caché au coeur de notre corps terrestre, est notre source comme notre destination.

Bla bla bla, cause toujours le chroniqueur…

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La prison la plus difficile à quitter est celle que nous nous construisons pour nous sentir en sécurité — comme autant de certitudes, qui marqueront donc une séparation entre soi et le monde.
Face à la découverte des limites de cette architecture traumatique, nous commençons à entendre l’appel du dehors — du plus grand que soi.
Ce murmure venu d’ailleurs, ou peut-être depuis « en-dedans », nous poussera à «dé sceller» une à une les pierres de notre prison, comme autant de nos convictions, pour envisager de bâtir des ponts plutôt que des murs.
Quelle aventure que de chercher à se regarder précisément là où nous avions justement besoin d’être aveugle pour survivre…

– Stephan Schillinger, Par un Curieux Hasard

DEVENIR UN SAFE SPACE POUR AUTRUI

Imaginez si on mesurait le succès par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous.

Certaines personnes mesurent leur succès par leur compte de banque.

D’autres par leur réputation.

D’autres encore par leur nombre de suiveux – followers – sur les réseaux, et l’influence qu’ils/elles exercent.

D’autres, encore et encore, par la richesse de leurs adresses et contacts dans les bonnes sphères de décision. Ou par le pouvoir qu’ils/elles pensent exercer sur autrui, ou la peur ou la crainte qu’ils/elles suscitent. Ou l’envie.

En effet, si on mesurait plutôt notre succès, comme notre richesse d’ailleurs, par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous.

Car on veut tous avoir du succès et/ou être riches. Mais riches de quoi ? Telle est la question. Faut définir notre type de succès et de richesse.

Les gens peuvent bien nous mettre sur un pied d’estale, nous craindre ou nous envier, mais l’important me semble est qu’ils/elles nous respectent et nous fassent confiance.

D’ailleurs, on se questionne souvent au sujet de l’amour. Concept un peu flou et vague s’il en est un. Facile de dire que l’on aime le monde entier mais aimer chacun.e de ses habitant.e.s, un.e par un.e et à la fois constitue autre paire de manches, dixit le manchot.

Personnellement, je pense que si on ne peut faire confiance à quelqu’un, on ne l’aime pas vraiment. Par contre, si on se sent en sécurité et en confiance face à autrui, à mes yeux et à mon coeur, ça c’est de l’amour.

Évidemment qu’on ne peut aimer autrui que dans la mesure où l’on s’aime soi-même. Faut commencer par ici.

En ce petit matin blanc dans le petit et le grand now, intéressant de se demander si les gens se sentent en sécurité autour de nous. Bonne mesure de succès en effet. Et avec cette chape de neige, quelle belle opportunité de recouvrir notre monde d’acceptation, d’amour et de douce soie, tout en diffusant une couche de sécurité sur notre petit monde, le petit et grand monde autour de soi. Si tout le monde fait sa part, ça devrait ben aller comme qui disent.

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Quand plus de gens parviendront à la connaissance de leur nature réelle, leur influence, bien que subtile, prévaudra et le climat émotionnel du monde en sera tempéré.
Les peuples suivent leurs chefs et quand, parmi ceux-ci, en apparaîtront de grands par le cœur et par l’esprit, totalement libérés de la recherche égoïste, leur impact sera suffisant pour rendre impossibles les grossièretés et les crimes de l’époque actuelle.
Un nouvel âge d’or peut s’ouvrir, qui durera un temps pour succomber ensuite à sa propre perfection.
Car le reflux commence toujours quand la marée est au plus haut.

– Nisargadatta Maharaja, «Je Suis» (I Am That), via Jean Bouchart d’Orval

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Si une opinion contraire à la vôtre vous met en colère, c’est le signe que vous êtes inconsciemment conscient de n’avoir aucune bonne raison de penser ainsi.
Si quelqu’un affirme que deux et deux font cinq, ou que l’Islande se trouve sur l’équateur, vous devriez éprouver de la pitié plutôt que de la colère, à moins que vos connaissances en arithmétique ou en géographie ne soient si limitées que son opinion ébranle vos propres convictions.
Les controverses les plus féroces portent sur des sujets pour lesquels il n’existe aucune preuve convaincante dans un sens ou dans l’autre.
On recourt à la persécution en théologie, non en arithmétique, car l’arithmétique repose sur la connaissance, tandis que la théologie ne relève que de l’opinion.
Ainsi, chaque fois que vous vous surprenez à vous mettre en colère face à une divergence d’opinions, soyez vigilant ; vous constaterez probablement, après examen, que votre croyance dépasse ce que les preuves justifient.

– Bertrand Russell

LES MOTS – DU SILENCE – DES MOTS

Quand même drôle que cette citation qui parle de vrai silence au bout des mots et de mots justes qui naissent qu’au sein du silence soit si floue non ?

Peut-être que les mots justes sont au bout des yeux ? Focus groupe.

Le vrai silence se trouve au bout des mots, d’l’autre bord des mots qui débordent. On s’en rend compte quand on a trop parlé sans réussir à dire ce que l’on voulait dire, après avoir dit quelque chose que l’on regrette avoir dit.

En tous cas, moé j’me comprends ! Really ?

Là seulement qu’on se rend compte que la vérité ne peut se dire ni s’affirmer, elle peut tout au plus s’approximer, s’apprivoiser. La vérité à la vitesse grand Vé ne peut que se vivre et se laisser révéler. La vérité c’est ben d’valeur comme ça se dit pas.

La vérité se trouve alors qu’on a épuisé tous les mots et les explications. Au-delà du bout de toutes les théories. Car comme on dit, la Théorie, c’est un bien beau pays, mais qu’imaginaire.

Le vrai silence ne se trouve probablement pas seulement qu’au bout des mots, mais aussi peut-être aussi entre les lignes, les dignes lignes. Les dingnes comme les Dong ! Complètement dingues les mots.

Et même peut-être encore plus finement entre chaque lettre de chaque mot.

Comme sur les barres des T et sur les points des I. Au bout des zidées.

Et rendu jusqu’au bout des mots, and beyond, décider de ne plus parler car les mots ne peuvent que se dresser entre le vide et la vérité, entre ce qui est et ce que l’on dit ou pense que ce qui est.

Comme le dit si bien ici Krishnmurti – avec des mots of courseon peut posséder de nombreuses connaissances et informations au sujet des faits, mais les faits réels sont entièrement différents. Mettez les livres de côté, les descriptions, les traditions et l’autorité, et engagez-vous sur le chemin de la connaissance de soi.

Et pour se connaître, faut se parler à soi-même.

Alors, si les mots ne peuvent rien dire, pourquoi écrire ? Pourquoi lire ? Et parler encore. Que cherche-t-on ? Que veut-on trouver hors du silence ? La question se pose, même si elle ne se répond probablement pas. Il faut épurer les mots, épuiser les mots, et puiser à la source hors des mots.

Pourrait-on seulement penser vivre sans mots ? On reste sans mots devant une telle éventualité.

Car avec les mots, on s’imagine pouvoir découvrir et connaître le monde entier.

Mais

Pour ce faire, on devra laisser aller les mots. Éventuellement. Oush oush et ouste les mots.

Les laisser tourner – en rond ou sur son nez comme un fuck en Alaska – gros mots et petits mots – les inviter à venir mais surtout à partir.

Et à s’en détacher. Grosse tâche car les mots sont souvent lâches. On aime se cacher derrière. Les mots font taches aussi. Les mots nous pressent, nous confinent. Même quand chaque mot ne signifie pas la même chose pour chacun.e. Les mots nous perdent souvent.

Les mots forment les idées et les idées nous éloignent de ce qui est, at plain value.

Si les mots forment les idées, on peut les déformer ces ptits mots dits pour leur faire dire quelque chose qu’ils ne sont pas censés dire. Ou les interpréter, leur prêter une intention autre.

On peut penser jouer avec les mots mais ce sont probablement eux qui se jouent de nous, et qui rient. Ris de veau, ris de mots. Riz frit et riz free.

Les mots diffèrent selon les cultures. Même le langage des signes, différents entre les mains des non entendants du monde entier. Même le langage des singes est différent.

Et les mots indiffèrent encore plus quand on ne parle pas leur langue, quand on ne les comprend pas. Surtout quand on les a sur le bout de la langue.

Toujours du chinois quand on ne comprend pas les mots. Toujours une langue étrangère qui se parle sur le bout d’elle-même. Voyez, on peut quand même avoir du fun avec les mots, téléfun, surtout quand ils se trouvent et se tiennent en suspens sur le bout de la langue.

Sauf en chanson.

Car par là, les mots ne comptent plus tant, ni le temps, et le son est universel.

Ôm. Home.

Enwèye à maison.

FEU FEU GUÉRIS FEU

et en tout petit en bas de page: les temps sont durs pour les rêveurs…

Le feu réchauffe comme le feu détruit. Le feu consume. Même la fièvre est nécessaire.

Le feu peut être fou, en tête, en enflammant nos idées, comme le feu peut être doux au coeur, en (r)éveillant notre passion de vivre.

Petit matin de mi-automne ici dans le grand now.

Un peu de blanc ici dehors. Wow ! Un peu de feu dans le poêle aussi ici dedans.

Et tout à coup, coucou, tout doux, tout doux, cet ange dans ma fenêtre,

venu m’inspirer et déguster des bouts de citrouille que ma douce a semés aux alentours hier. Prends ton temps, y a pas le feu.

Ah le feu. Et alors le feu ?

Ce feu que l’on doit alimenter. Ce feu qui peut réchauffer l’intérieur de la maison comme il peut aussi consumer toute la maison. Ce feu qui peut purifier, il faut savoir le contenir.

Le feu au coeur, le feu en tête, le feu au cul. Feux différents ou même feu ? Probablement que la même énergie, mais canalisée autrement.

Car le feu est feu unique.

Si le feu au cul peut nous faire bouger, créer comme détruire, celui au coeur est celui qui guérit, le feu qui consume ce qui doit partir, ce qui est trop lourd, trop sourd.

Car si l’amour brûle tout ce qui n’est plus nécessaire, l’amour ultime est ininflammable. Mettons l’inutile au test du feu.
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La méditation d’Atisha

Imagine un grand feu ardent brûler dans ton coeur. Ressens ce feu brûler dans ta poitrine, visualise la flamme y danser, la braise y faire des vagues.

Il est important de commencer par sa propre douleur et ensuite seulement il est possible de prendre la misère du monde entier en son coeur.

Quand tu inspires, par le nez, inspire la misère, la souffrance, les idées noires, les inconforts et les difficultés, les contractions dans ton corps. Inspire tout cela en ton coeur et laisse tout être brûlé et consumé par le feu qui y brûle et y danse. Laisse la chaleur, la braise et la flamme transformer la souffrance, laisse le coeur transformer cette souffrance en bénédiction, en guérison grâce au souffle. Dirige le mouvement à l’aide du souffle. Inspire par le nez, et expire par la bouche.

Ainsi, on inspire la douleur et la peur, ce que l’on considère comme le négatif, et à l’expiration, on laisse aller ce qui était souffrance et lourdeur en guérison, en allègement, en élévation. La transformation par le souffle, l’alchimie du souffle.

Et quand on se sent à l’aise avec sa propre souffrance, on peut commencer à inspirer en soi toute la douleur et la lourdeur du monde et à la transformer de la même manière. Mais soi-même tout d’abord car on ne peut guérir en dehors de soi rien de ce que l’on a tout d’abord guéri en soi.

N’ayez crainte, rien ne peut résister au feu sacré du coeur.

Le feu qui brûle depuis le début des temps et qui continuera à brûler pour toujours.

Le feu du soleil.

Et aucun enfer n’existe en ce coeur humain.

HIVER NATION

Ah cette première semaine de novembre, celle suivant le changement d’heure. Les prochaines semaines constituent toujours un grand passage. Ce temps de l’année, plein de défis, le temps du grand retour en soi. Passage délicat pour plusieurs. Les gens du sud n’ont aucune idée de ce que l’on vit ici.

Baisse de lumière, le gris qui s’installe, le froid qui mord davantage, l’appréhension de l’hiver à venir. La pose des pneus d’hiver – et l’achat parfois, défi supplémentaire – le cordage de bois et le montage du Tempo. Et en plus, comme si ce n’était pas déjà assez, on a à subir les moustaches du Movember.

Gros rite de passage.

D’ici le solstice de l’hiver, nous rentrons en nous, au coeur de soi. Souvent un passage étroit, intense, challengeant. Même si on a accumulé plusieurs hivers au compteur, toujours surprenant de lucidité ce passage très biologiquement bouleversant.

Contrairement à l’ours qui se prépare pour l’hibernation complète, nous on doit continuer à vaquer aux activités de notre quotidien, à mener notre vie malgré cet input luminaire plus limité et une certaine contraction. En ce monde un peu plus fou que jamais auparavant.

On doit trouver une façon d’allumer le feu interne qui devra brûler tout l’hiver, et nous porter jusqu’au printemps. Porter cette flamme silencieuse en notre propre coeur, en notre grotte intérieure. Et rieuse.

Alors pour vous ce matin chers lecteurs/trices, un conte amérindien inspirant, porteur d’espoir et de lumière. Pour nous aider à planter des graines de lumière en nos coeurs en ce temps de froidure, et de poudrerie à venir. Nous, les gens de la nation d’hiver.

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Il était une fois un ours si vieux que même les montagnes ne se souvenaient plus du temps qui l’avait précédé.
On l’appelait Orun, ce qui signifie « la flamme silencieuse ».
Sa fourrure scintillait des couleurs du cosmos : un indigo profond, strié de feu et de lumière, comme s’il portait un fragment de l’univers sur son dos.

Orun vivait au-delà des vents du nord, là où le ciel touchait les confins de la création.
Chaque hiver, lorsque la terre gelait et que les étoiles se rapprochaient, il s’éveillait de sa torpeur et marchait sous le ciel nocturne.
Les autres créatures disaient qu’il cherchait quelque chose, quelque chose de perdu aux origines du monde.
Personne n’osait lui demander ce que c’était.

Mais une nuit, tandis que les aurores boréales dansaient et que la neige murmurait comme de la soie, un petit renard suivit ses traces.
Le renard était jeune, téméraire et curieux, et n’avait pas peur des légendes.
« Grand Ours, » appela-t-il d’une voix tremblante comme le vent sur la glace, « pourquoi marches-tu seul sous les étoiles ? Que cherches-tu dans le silence ? »
Orun s’arrêta.
Son souffle s’éleva comme une brume et s’attarda, faiblement illuminé par la lumière des étoiles.
Longtemps, il ne dit rien. Puis, d’une voix grave comme le tonnerre et douce comme la neige, il répondit :

« Je ne cherche pas les étoiles, petit. Je les porte. »

Le renard inclina la tête, perplexe. « Tu les portes ? Mais les étoiles appartiennent au ciel. »

L’ours leva les yeux, et l’univers sembla onduler dans sa fourrure.
« Jadis, » dit-il, « c’était le cas.
Mais il fut un temps, il y a bien longtemps, où les ténèbres tentèrent d’engloutir les cieux.
Les étoiles commencèrent à tomber, une à une, s’éteignant avant même de toucher la terre. Le monde se refroidit.
Les rivières oublièrent de chanter.
Le cœur des êtres vivants se transforma en glace. »

Ses yeux brillèrent faiblement, reflétant des constellations que le renard n’avait jamais vues. « Alors j’ai rassemblé la lumière qui subsistait.
J’ai attrapé les étoiles filantes et les ai gardées près de moi, pour que leur chaleur ne s’éteigne jamais.
Chaque étincelle que je porte est le souvenir d’un passé révolu – la promesse que la nuit ne triomphera jamais complètement. »

Le renard le fixa, le cœur serré d’une douleur qu’il ne comprenait pas.
« Grand Ours, cela ne te fait-il pas souffrir de porter ce feu en toi ? »

Orun sourit, d’un sourire lent et ancestral.
« Si, dit-il.
Mais porter la douleur, c’est porter un but.
La lumière ne peut exister sans l’obscurité pour la bercer.
Nous sommes les deux. »

Sur ces mots, l’ours leva sa grosse tête, et le ciel s’ouvrit au-dessus de lui.
Des profondeurs de sa poitrine, une douce lueur commença à s’élever – des étoiles scintillant comme des larmes – se répandant dans les cieux jusqu’à ce que la voûte céleste s’embrase à nouveau.

À l’aube, le renard était de nouveau seul.
La neige n’était marquée que par la forme estompée d’une empreinte de patte – vaste et lumineuse, telle une constellation imprimée dans la terre.
Ce matin-là, pour la première fois, le renard leva les yeux et vit les étoiles briller encore en plein jour, faibles mais inébranlables.

Dès ce jour, les animaux du nord parlèrent d’Orun, l’Ours qui portait les étoiles.
Ils disaient que lorsque le monde semble froid et infini, si l’on ferme les yeux et que l’on écoute, on peut encore entendre son cœur battre dans le ciel – un pouls profond et régulier qui rappelle à tous les êtres vivants : Même dans la nuit la plus noire, quelqu’un porte la lumière pour vous.

PRÉSENT COMPOSÉ

Au moment d’une grande déception, nous ne savons pas si c’est la fin de l’histoire.
Ce n’est peut-être que le début d’une grande aventure.
– Pema Chödron

On vit tous et toutes des déceptions parfois. Indeed, nos attentes ne sont pas toujours remplies. Une chance, sinon la vie serait plate à mort.

Sur le coup, toujours un petit choc, une petite déception. Puis ensuite, souvent, des surprises se manifestent. Présents, comme dans cadeaux.

Cette année, on avait invité un ami du Brésil pour quelques concerts/méditations, mais à cause de problèmes de visa au sein de l’équipe, on a dû annuler le projet. On a perdu des sous, du temps et une occasion musicale rare.

Mais… suite à ce changement de cap, on s’est relevé les manches, on a beaucoup pratiqué et on a réussi à faire le concert nous-mêmes, notre petit groupe, sans le maestro. Et le résultat fut plus que satisfaisant.

Souvent, on fait des plans. Parfois ça marche, parfois pas. Parfois mieux que prévu, parfois moins. Et d’autres fois pas du tout. Inévitable d’apprendre à composer avec l’inattendu et l’imprévisible.

Car c’est bien connu, quand la vie nous donne des démons, on doit se démener et faire de la démonade.

Ou faire de l’improvisation avec la déception. C’est selon.

Parfois, les plus grandes désillusions sont nos plus grandes motivations, nos plus grands maîtres.

Souvent, en quête de lumière, tout ce que l’on trouve c’est de l’ombre. Mais peut-être que justement, c’est la vie qui nous dit de laisser briller notre petite lumière un peu plus fort ?

Dire oui, accepter, et assumer ses choix. Comme tout ce que la vie nous envoie. Car rien n’est censé être prévu, rien ne nous est dû. On doit composer.

On ne décide pas de ce que l’on a à vivre, mais on décide, un peu du moins, comment on va réagir à ce que la vie nous envoie. Parfois, facile de switcher, parfois, moins.

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La vie n’appartient qu’à ceux et celles qui n’ont absolument pas peur d’accepter tout ce qu’elle apporte.
Acceptez-la comme un cadeau, soyez reconnaissant.e, appréciez-la, célébrez-la, et lorsqu’un autre cadeau se présente, appréciez-le aussi.
Parfois, vous ne serez peut-être même pas capable de comprendre qu’il s’agit d’un cadeau, parfois, cela ressemble à une malédiction, mais la vie ne donne jamais rien d’autre que des cadeaux.
C’est votre incompréhension.
La vie vous comble toujours de bénédictions; comment pourrait-elle vous maudire ?
Nous lui appartenons, nous en faisons partie : en étant maudit, la vie sera maudite.
Il est impossible pour la vie de maudire qui que ce soit, elle se présente toujours comme une bénédiction, mais notre compréhension est limitée, nos attentes sont nombreuses, et si elle va à l’encontre de nos attentes, nous pensons que c’est une malédiction.
Mais toutes vos attentes ne sont pas bonnes pour vous, alors qui sait ?
Finalement, en mûrissant, on commence à regarder en arrière, à porter un regard rétrospectif sur le passé, et l’on est tout simplement surpris de constater que tout était comme il se devait : il n’y avait jamais eu de malédiction… tout était une bénédiction.

– Osho

VOIR AU DEDANS ET AU-DELÀ DU MONDE

Il faut le voir pour le croire ?

On dit au contraire qu’il faut le croire pour le voir.

C’est selon.

Je vois ce que tu veux dire me dit l’aveugle. Avec ses mains of course.

En fait, on ne voit à peu près rien de ce qu’on nomme si souvent la réalité, à peine 0,0035 % selon la science. Pas beaucoup ça. Infime partie.

On voit certaines choses avec nos yeux, et même encore là, on ne voit souvent que ce en quoi l’on croit, Le croire pour le voir.

On dit que l’on ne voit toujours que soi-même, ni plus, et sûrement beaucoup moins. Quand on regarde, c’est souvent soi et ses propres croyances que l’on regarde. On a le regard brut.

Parfois il faut prendre un pas de recul de ce monde dans lequel on vit au milieu de, physiquement ou métaphoriquement, s’extraire du monde, pour adopter une perspective différente, pour voir autre chose, voir plus pointu.

Et avec le temps qui passe, notre regard change. Notre vue baisse et notre regard intérieur, notre perception se raffine, notre focus se précise, nous zoomons in.

On apprend à voir avec d’autres sens, à voir autrement, à voir ailleurs, à partir d’ailleurs.

On apprend à voir dans le noir. Dans son propre noir.

On laisse notre regard fouiller nos tréfonds, nos mondes imaginaires, on lui permet de voir ce qui, en soi, regarde et regarde regarder. On y apporte la lumière à nos ombres. D’ailleurs un peu le sens profond de l’Halloween, apprendre à voir nos monstres intérieurs, apprendre à voir les âmes de nos mort.e.s, et à les apprivoiser.

Pour apprendre à voir en soi. Plus creux, plus profondément, plus finement et plus directement.

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J’apprends à voir.
Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu’ici, cela prenait toujours fin.
J’ai un intérieur que j’ignorais.
Tout y va désormais.
Je ne sais pas ce qui s’y passe.

– Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte, via Christian Vézina

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Le monde fonctionne sur la croyance que tous les corps et le monde sont réels.
En réalité les deux sont faux, voilà la compréhension juste.
Les corps et le monde sont faits des mêmes cinq éléments.
Celui qui se voit comme autre chose que le corps de nourriture est déjà libre.

– Nisargadatta Maharaja

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P.S.

I see you Lou 😉

PARTAGE SANS FRONTIÈRES

Il est valide que vous désiriez être facilement dans l’abondance absolue tant que vous comprenez que votre abondance, peu importe la forme qu’elle prend, ne sera toujours exactement que l’exacte représentation du niveau de partage que vous créez ainsi que du niveau d’abondance et de joie que vous créez pour autrui. Ainsi, votre abondance n’est qu’un reflet semblable de ce que vous réalisez en général.

Et vlan, direct dans le portefeuille de notre sens moral, de notre comptable intérieur

Car nous sommes tous et toutes toujours les gros riches de plus pauvres que nous. On le réalise quand on va dans le sud où des populations pauvres nous perçoivent tels des millionaires pleins aux as. Ou quand on marche sur la rue et que des gens quêtent. Peut-on leur donner un peu d’attention même si on a pas de ptit change ? Pas toujours en effet.

Car au fond, le cas d’un peu tout le monde que cette contradiction quasi existentielle :

Parfait de vouloir créer de la richesse, tant que ça soit pour tout le monde, du moins pour le plus grand nombre, tant que c’est pour qu’elle soit partagée avec le monde, en commençant par les plus démuni.e.s. Pas seulement avec nos quelques chums chosen few. Comme on dit, certains sont tellement pauvres que tout ce qu’ils ont c’est de l’argent.

Mais évidemment que charité bien ordonnée commence par soi-même. C’est où elle s’arrête et qu’elle commence à se partager qui questionne.

Même chose pour la peur de certains face à l’immigration. Évidemment que l’on doit s’assurer d’offrir des services adéquats aux habitants d’ici. Et de bien prendre soin des gens qui fuient les pays pauvres et qu’on accueille ici. Mais on doit se rappeler qu’aucune terre n’appartient à personne, que nous appartenons tous et toutes à la terre. La mort saura bien nous le rappeler tôt ou tard de toute façon. C’est in between que ça compte.

Oui certains sont à vide, avides d’en avoir toujours plus, de posséder encore plus, de se remplir la panse au maximum. Pas besoin d’être riche pour ça. Au contraire même parfois. Mais comme disent les anglos, how much is enough ? Et never too much, just enough.

Et souvent, plus on en a, plus on en veut. Oui, comme l’appétit qui vient mangeant.

Et souvent aussi, plus on en possède, plus on a peur de perdre ce que l’on pense posséder. Alors on les plaint un peu les gros bonnets non ? Car ils doivent faire de fric dans leur froc à l’idée de tout perdre. Ils doivent être épuisés de toujours courir après plus plus plus. Et ils doivent faire tant d’efforts pour essayer de tout conserver. En vain.

On, inclut la personne qui tape, et vous aussi probablement j’imagine, se demande pourquoi les riches ne sont pas plus généreux. Mais on pourrait aussi se demander soi-même pourquoi nous, même pas dans le fameux 1 %, nous ne le sommes pas plus ?

Que ce soit de bidous, de mots doux, ou de bonnes actions, quand on prend conscience que plus on donne plus on reçoit, on commence à se lousser le muscle du don et à devenir de plus en plus généreux.

Et souvent aussi, qui perd gagne.

Bon mercredi gang.

VOIX DE TÊTE ET VOIE DU COEUR

La voix dans ta tête n’est toi. C’est un conditionnement qui roule en boucle prétendant être quelqu’un.. Il n’y a pas de penseur, que pensées.
– source inconnue mais ça aurait être vous et moi right ?

Je pense donc je suis ?

Je ne pense pas vraiment mon Auguste ! Je dirais même, je ne pense vraiment pas mon Rodin. Divine comédie indeed.

Ironique que cette sculpture, initialement créée en tant qu’élément à l’entrée de l’oeuvre La Porte de l’Enfer de Rodin, était censée n’être qu’une pièce parmi d’autres de cette création, mais elle est sortie du lot. La pensée s’est détachée pour devenir la Porte Royale de l’Enfer. L’enfer du décor.

Je pense, donc je tourne en rond, je réfléchis en boucle. And on and on and on.

Et tournent les ballons sur nos nez. Holy Baloney !

Ça roule dans nos têtes, ça spinne, ça tourne et ça détourne souvent de la réalité ambiante. La source ancestrale des chaînes d’information continue se trouve up there dans nos caboches, juste là sur nos deux épaules. Et les réseaux asociaux l’ont bien compris. Bing bing bing, alertes rouges, alertes rouges.

Mais on dit que l’on ne souffre pas à cause d’une pensée, on souffre parce qu’on s’identifie à cette pensée.

Pensez-y. Mais pas trop.

D’où la richesse de la méditation, de l’introspection détachée, de l’observation neutre, de la recherche d’interstices – gaps – entre nos pensées. Jouer à trouver la source des pensées. Comédivinette.

Pour quelques moments, régulièrement, arriver à s’arracher au monde qui nous interpelle, à se sortir du monde extérieur pour reprendre contact avec le/la gérant.e d’estrade de la machine à pensées, du ptit boss du poste d’observation, avec le/la gardien.ne du phare, dans la ronde de nuit des pensées incessantes.

This little light of mine, I’m gonna let it shine.

Se détacher, au moins un peu, une fois de temps en temps, par ptits bouts, et observer sans juger, sans s’identifier aux vagues, sans se juger pour les multiples pensées qui poppent and poppent. Portes battantes et pensées poppantes non-stop. Ainsi va la vie.

Observer, et laisser aller. Et don’t we worry, les pensées vont continuer à popper. Et à revenir. Sans cesse. C’est dans leur nature. Jusqu’à ce que mort s’ensuive probablement. Même la nuit, la tête dans le lit.

Mais si on peut apprendre à s’en détacher un peu, une fois de temps en temps, à peser sur la clutch intellectuelle, on peut enfin relaxer un peu et bénéficier de thinking pausas. Vroum vroum vroum.

Le monde est devenu dématérialisé. On vit par écrans interposés, écrans qui nourrissent surtout notre flot de pensées. Et presque tout passe – et se passe – par nos yeux. Ainsi, on finit par vivre de plus en plus dans nos têtes, et de plus en plus déconnecté.e.s, perdant contact avec la matière. Pour ça qu’il faut aller marcher, toucher et être touché.e par les éléments de la nature entre autres, notre vraie nature. Notre real mom.

Aucun algorithme ne peut nous contrôler ni nous influencer quand on parle aux arbres, qu’on vole avec les oiseaux et qu’on écoute le vent qui chante. Là que Dieu réside.

Dans nos cœurs plus que dans nos têtes.

La nature panse notre âme.

Et la voie de l’amour est la voix ultime. Écoutons.

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L’émanation de notre champ d’énergie parle de nous plus que les mots, plus que toute action possible.
Autour des êtres authentiques, il y a toujours harmonie parce que l’instrument est visiblement accordé, on ne peut pas se tromper.
– Francesca Silvia Brugnoli via Jean Bouchart d’Orval

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L’amour est la réponse ultime, révélant notre unité dans un royaume au-delà de ce que nous pouvons voir avec nos yeux physiques.
Rien de moins ne fera l’affaire.
C’est la prochaine étape de notre humanité.

Il nous sauvera de nous-mêmes.
– me rappelle pus de qui 😉