ANNÉE DE BONTÉ

Alors on a franchi le cap, du moins un autre cap. Au fond, chaque respiration constitue un cap en soi. Inspire, pause, expire, pause and so on so forth

Un nouveau tour de carré aux dates qui commence. Selon les numérologues, la prochaine serait une année UN (2+0+2+6 = 10 = 1). Donc une stretch de 365 jours de renouveau, de frais, d’inédit à ce que l’on dit.

Parlant d’inédit, y a-t-il encore quelque chose de nouveau à dire ? Me semble que tout est inné et que tout a déjà été dit.

Alors peut-être qu’il reste encore quelque chose à faire pour améliorer le sort du monde ? Pour que cette terre roule et tourne plus rondement I mean. Ou est-ce parfait tel que c’est ? Bonne question. Question à poser du moins. Réponse à déposer.

Car on aura beau se souhaiter tout ce que l’on désire, pas mal ça l’idée des souhaits, mais la vie en fera toujours à sa tête. Ou à son coeur.

Personnellement, je n’ose pas souhaiter l’année bonne à personne car dès qu’on invite le bon, le mauvais suit comme l’ombre suit la lumière. Fameux couple celui-ci. Comme tant d’autres. Plusieurs choses viennent en couple dans la vie.

Et comment souhaiter du bon à tout le monde en général ? Alors qu’il y a tant de gens, en particulier, subissant la guerre, vivant dans la rue, sans abri, et sans ami.e.s. Sans nourriture aussi.

Souhaiter du mieux peut-être ? Du moins pire ?

Il est toujours délicat d’émettre quelconque souhait car qui sommes-nous pour interférer avec la vie ? Peu importe ce que l’on souhaitera, il arrivera grosso modo ce qui doit arriver de toute façon. Journée fériée au département des souhaits aujourd’hui, de retour le 5 janvier.

On peut se souhaiter la paix dans le monde, en particulier aux gens de bonne volonté, mais ce sont surtout ceux de mauvaise volonté qui font la guerre. Les marchands d’armes et autres gloutons de pouvoir. On leur souhaite quoi à eux ?

On peut bien souhaiter que les gens riches commencent à partager davantage avec les plus démunis, mais ne sommes-nous pas nous-même les riches d’autrui ? On fait quoi pour régler la faim dans le monde à notre humble échelle ?

On peut se souhaiter la santé, mais on doit faire attention à ce que l’on mange, pense, boit et intègre comme vibes, et compter aussi pas mal sur la chance. Et notre bonne étoile. Mais encore là, pas de bonne étoile sans mauvaise right ? Or aucune n’étoile n’est ni l’un ni l’autre. On va prendre les étoiles comme elles filent et feelent alors OK ?

En fait, je nous souhaite de pouvoir recevoir et apprécier la vie telle qu’elle se manifeste et se manifestera autour de nous avec courage, acceptation sincère et discernement quant à l’action juste à poser en réponse aux événements. Simplement pouvoir prendre les choses telles qu’elles sont est en soi un beau cadeau. Parfois dans l’action, parfois avec passivité et observation, parfois avec passion, et d’autres fois avec détachement.

Je nous souhaite tous et toutes la même chose au fond, soit une bonne dose d’humanité. Et de simplement se satisfaire de l’ordinaire de la vie. L’ordinaire extra, l’extra ordinaire du quotidien. Tous les petits moments. Et d’être capable d’apprécier la routine dans toute son ordinarité,dans toute sa simplicité, la petite vie comme la grande. Pouvoir être présent.e à chaque moment, ou du moins s’apercevoir de plus en plus quand on ne l’est pas. Déjà un bon pas.

Je nous souhaite d’être capable d’apprécier ce que nous avons davantage que ce qui nous manque, du moins ce que nous pensons qu’il nous manque. Car ne dit-on pas que la vie nous donne toujours exactement ce que l’on a besoin ? Je nous souhaite la sagesse de tenter de vivre ça de plus en plus.

Alors, je nous rien de bon comme tel pour les temps qui viennent, ce bon qui vient souvent avec le mauvais. Je nous souhaite simplement d’être capable de remercier pour tout ce que la vie nous envoie, le facile comme le moins. Que du juste, du vrai, du sincère, du commun à vivre ensemble, et de la satisfaction d’être…

plus quelques mots utiles qui pointeront éventuellement vers ce qu’aucun mot ne peut dire.

Aho !

et bene dictions, mots de bonté…

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Il y a quelques années, à l’approche de la fin de l’année, on m’a demandé quelle serait ma résolution pour le Nouvel An.
J’ai marqué une pause et j’ai répondu, en toute sincérité : « Ma résolution est que tous les êtres vivent en paix et en harmonie.»
Aussitôt dit, aussitôt fait, j’ai réalisé qu’au fond de moi, une lueur d’espoir subsistait : c’était impossible.
Quand on observe la nature humaine et le déroulement de la vie, la conclusion qui s’impose à l’esprit est que c’est impossible.
La survie même de notre espèce semble exclure la paix et l’harmonie.
Et c’est cette croyance qui nous empêche de nous engager pleinement et définitivement en faveur de la paix et de l’harmonie.
Il est donc évident qu’il faut le désir et la volonté de dépasser les idées de l’esprit, de s’engager pleinement et définitivement à ce que tous les êtres, partout et en toute circonstance, vivent en paix et en harmonie.
C’est la résolution d’être fidèle non pas à ce que l’on est devenu, mais à ce que l’on est.
Cette résolution, que tous les êtres vivent en paix et en harmonie, est loin d’être anodine.
L’histoire du monde, l’histoire de la survie, est empreinte de beauté et d’horreur.
Notre histoire est jalonnée de crimes commis et de vengeances, d’enfants et de petits-enfants qui, sans cesse, cherchent à se venger.
C’est ce que nous sommes devenus en tant qu’espèce.
Il est essentiel de ne pas se voiler la face face à l’horreur, ni de la nier.
Il est essentiel de l’affronter de front, les yeux ouverts.
Il ne s’agit pas simplement d’afficher un sourire.
Il faut être prêt à affronter, sans détour, toute l’horreur.
Tout commence par vous, par votre propre esprit.
Plutôt que de projeter l’horreur ailleurs ou de chercher un coupable ailleurs – un ennemi, un autre, un « eux » –, il suffit d’accepter de s’arrêter et de la voir.
La paix et l’harmonie se révèlent alors, au plus profond de vous-même, de votre nature. Non pas ce que vous êtes devenu, mais qui vous êtes.
Ce que vous êtes devenu est un mélange de beauté et d’horreur.
Nous aimons croire que nous incarnons la beauté, et qu’ils incarnent l’horreur.
Ou, parfois, nous inversons les rôles.
Ils incarnent la beauté, et moi, l’horreur.
Mais c’est ce que l’on est devenu, non ce que l’on est.
La possibilité est de découvrir ce que vous êtes avant et après toute transformation – ce que vous êtes maintenant : l’innocence immense et intacte au cœur de tout être.
Rester fidèle à cette innocence exige une détermination immense.
C’est la détermination que tous les êtres, absolument tous – sans exception, sans tribu oubliée, sans nationalité exclue, sans espèce niée – vivent en paix et en harmonie.
Lorsque vous aurez pleinement intégré cette détermination, vous en serez la preuve.
Vous êtes la preuve même de cette possibilité, vous êtes la volonté.
Je vous invite à me rejoindre dans cette volonté inébranlable.
Que préféreriez-vous faire d’autre ?

– Gangaji, 30 décembre 2025

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