Archives de l’auteur : atisupino

VIEILLIR – DU CORPS À L’ÊTRE

N’accorde pas trop d’importance à ton apparence, mon ami(e), car ça ne durera pas.

Cependant, ton sens de l’humour ne fera que s’améliorer avec l’âge.

Ton intuition grandira et s’étendra comme un majestueux manteau de sagesse.

Ta capacité à choisir tes combats sera affinée à la perfection.

Ton calme, ta capacité de vivre l’instant présent, s’épanouiront.

Ton désir de vivre chaque instant transcendera tous les autres désirs.

Ton instinct pour savoir ce et qui mérite ton temps grandira et s’épanouira comme le lierre sur les murs d’un château.

Ne donne pas la priorité à ton apparence mon ami(e), car ça changera sans cesse et pour toujours, cette poursuite est pleine de tristesse et de déception.

Donne la priorité au caractère unique qui fait de toi un aimant invisible qui attire d’autres âmes partageant les mêmes idées pour danser sur ton orbite.

Ces qualités ne feront que s’améliorer.


– Judi Dench

Vieillir est un processus extraordinaire durant lequel on devient la personne que l’on aurait toujours dû être.
– David Bowie

Tout le monde vieillit, surtout les plus vieux et les plus vieilles.

Parfois on a l’impression de vieillir rapidement, vite vite vite, et à d’autres moments, le temps semble suspendu et on flotte sur la vague. Parfois, on réalise soudainement qu’on vieillit. On s’en rend compte, et ça passe la plupart du temps par notre corps, surtout quand un bobo se manifeste. Et avec l’âge, ils se manifestent de plus en plus.

Même si notre corps vieillit, notre âme demeure jeune. Même si parfois on se sent vieux/vieille par en dedans, l’observateur/trice est là qui watche. Ici. Mais nous, nous ne sommes pas toujours assez présent(e) pour watcher l’observateur/trice qui watche. On se perd souvent dans l’observé, on s’y identifie ostifi. Parfois on se fait prendre dans le jeu, d’autres fois, on reste là à watcher la game.

Quand on est jeune – bref plus jeune – on se pense invincible. Ça vient avec le jeunesse. On monte la côte de la vie alors on n’a pas à penser à l’après. On affirme haut et fort que vieillir, y a rien là, qu’on est toujours jeune au fond. Richard Séguin parle de l’arrogance de notre innocence.

La vieillesse possède à mes yeux une deuxième qualité : la fragilité.
Comme l’enfance, elle s’avoue vulnérable, et, par là même, devient intelligente.
Rien ne rend plus sot que l’illusion de la force, l’illusion de la puissance, l’illusion de savoir.

– Éric-Emmanuel Schmitt, Plus tard, je serai un enfant

Mais à mesure que le corps mature pour de vrai, s’use quoi, l’usure normale, on se rend compte du temps qui passe, qui nous passe dessus, qui nous passe dedans. Et du temps qu’il nous reste. Ce temps qui raccourcit, l’horloge qui se met à tiquer. Et ce faisant, parfois on fige, d’autres fois on coule avec le flot du temps, on se laisse porter. Ce temps qui nous polit, qui nous sable, nous affine. Et qui nous fait peur aussi parfois.

Je vois des ami(e)s vieillir, des ami(e)s plus vieux/vieilles que moi je veux dire – et je peux alors me projeter par en avant. Je vois ce qui risque de m’attendre, de m’atteindre. On voit parfois mieux la vieillesse en dehors de soi. Mais parfois elle nous rattrape et on la sent par en dedans.

Vieillir nous remet en questions au coeur même de notre être.

Nous, qui, jeune, bref plus jeune – nous pensions éternel(le)s, nous prenons conscience qu’un jour nous n’y serons plus, nous ne serons plus en corps. Et à la lueur de cette réalisation, notre âme s’éveille, elle se réveille. Quelque chose de plus profond en nous est titillé. La flamme s’avive tout à coup.

Le fait de vieillir, avec les maux du corps qui se manifestent de plus en plus, peut autant nous stimuler, que nous apeurer. En fait, la plupart du temps, on danse entre les deux, avec les deux. It takes two to tango.

D’un côté, avec le temps qui passe, on mature et on trouve un certain réconfort, une assise, et, de l’autre, on panique à l’idée de se voir tomber en morceaux, de voir nos différentes parties s’user, rendre l’âme.

En fait, c’est ce que vieillir nous révèle: ça nous rend notre âme de nouveau.

L’âge, et le temps qui nous passe dessus comme dedans, nous redonnent accès à une partie plus subtile, plus fine de nous que nous avions mis de côté, trop occupé(e) à se bâtir une vie, à se faire socialement. À apprécier notre corps en pleine forme.

Et vient alors cette étape où la fondation est complétée et on peut commencer la job de finition. Souvent la plus longue à faire, la moins apparente, celle qui requiert le plus de temps, et de soin, et d’effort fin. Cette job de finesse qui nous demande de retoucher tous ces petits détails que nous avions jadis négligés et mis de côté. Divine job de finition.

Et maintenant que la job de corps est complétée, quoi que jamais finie, il est temps de peaufiner l’oeuvre que Dieu nous a prêté, temps de mettre la touche finale à notre partie de ce grand Jeu.

Mon grand-père a dit :
Devenez écoute et vous trouverez l’esprit du don de la vie et cela apparaîtra comme un travail.
Le mystère de la métaphore est l’art d’écouter la vie dans l’activité de travail, de se permettre de vivre l’harmonie.

Les métaphores nous donnent un moyen de nous insérer davantage dans notre univers.
Si nous pouvons nommer ou identifier notre monde, nous savons mieux comment nous y intégrer en harmonie.
L’harmonie est la chaleur du cœur qui se glisse à travers une tranche de lumière.
En devenant plus à l’écoute des vibrations de la vie, nous nous rapprochons de notre état naturel.
Nous débarrassons nos blocages et nos résistances.
Nous découvrons le pouvoir d’être.
– Joseph Rael – Being and Vibration – page 133

Et avec le temps qui passe, lentement et pas toujours sûrement parfois avec résistance et hésitation, on finit par accepter Tout de soi, nos forces, nos faiblesses comme tous les traumatismes que l’on peut porter et qui, surprenament, peuvent résurgir.

De cette vie, comme depuis toujours. Les nôtres, personnels, comme ceux de toute l’humanité depuis le début des temps.

Tu ne guéris pas « d’un » traumatisme.
Tu ne fais que simplement te connaître comme la vie elle-même.
Et vous vous tournez vers le lieu blessé.
Et tu l’embrasses avec attention, qui est l’amour.
Et peut-être que la blessure sera toujours avec toi.
Peut-être que tu marcheras toujours avec la douleur.
Mais maintenant, tu la tiens. Cela ne te retient plus.
Tu es le contenant, pas le contenu.
Elle ne te contrôle plus, la blessure.
Parce qu’elle est désormais pris avec conscience.
Trempée en toi.
Aimé par toi.
Même célébrée par toi.
Tu ne guéris pas «d’un» traumatisme.
Tu trouves la guérison «dans» le traumatisme.
Tu te retrouves au cœur sacré du traumatisme.
Celui qui est toujours présent.
Celui qui peut supporter même les états émotionnels les plus intenses.
Et survivre.
L’Indestructible.
L’Infini.
Le Puissant.
Toi.
– Jeff Foster

CHANTER SON CHEMIN BACK HOME

Le travail de l’âme n’est pas une route qui mène vers les hauteurs.
C’est une chute profonde dans une noirceur qui ne pardonne pas et qui ne te quittera pas tant que tu n’auras pas trouver la chanson qui accompagne ton retour à la maison.
– source non identifiée

Pour mon ami R. Pour nous tous et toutes qui devons passer par là pour arriver librement ici. Maintenant.

Que ces mots sont beaux. Et vrais surtout. Pour moi du moins, comme pour certain(e)s de mes ami(e)s que je vois naviguer en eaux troubles parfois, ce qui nous arrive tous à certains moments. Éventuellement.

Le travail de l’âme n’est pas une route qui mène vers les hauteurs.

Il est humain et naturel de vouloir toujours monter de plus en plus haut, de s’élever, d’atteindre des sphères toujours plus élevées de bonheur, de joie, de sensations et de résonance. Probablement notre côté oiseau. Mais quiconque a entrepris un réel travail intérieur sait que tout ce qui monte doit éventuellement redescendre. Avant ou après. Qu’on le veuille ou non. Et ceux et celles qui pensent le contraire, see you there and then. Éventuellement.

Mais la quête dite spirituelle (on pourrait élaborer quant à cette expression galvaudée), si on l’imagine nous permettant d’atteindre toujours de nouveaux sommets, consiste plutôt en une longue descente dans nos enfers intérieurs. Deep deep cleaning.

C’est une chute profonde dans une noirceur qui ne pardonne pas…

Donc une chute pas nécessairement illuminante ni illuminée, qu’on doit affronter éventuellement, et qui ne pardonne pas, qui ne permet pas de voie de contournement, ce que l’on nomme en anglais le spiritual bypassing. Avant de viser la lumière, osons affronter l’ombre qui lui bloque le chemin.

Car on doit aller toucher et se frotter à ce qui pique en soi, ce qui accroche, ce qui nous tire vers la bas. Éventuellement. Même si ça fait peur, même si ça dit non. Et quand ça se produira, autant on voudra fuir, autant il sera essentiel de rester là et de voir, sentir, toucher, affronter, rentrer dedans. Et de toute façon, pas nous qui décidons. La vie s’en chargera. Au bon moment.

Affronter, non comme dans se battre avec, non, affronter comme se tenir debout et simplement faire face et dire oui, accepter, et continuer à découvrir ce qui s’y cache. Poupées russes à l’infini. Car c’est une partie intégrale de qui nous sommes, de ce qui nous a formé en tant qu’être humain qui s’y trouve. Toute notre petite et grande histoire se trouve dans ce noyau concentré de notre être, le coeur de l’oignon à pelures multiples, qui nous sommes intégralement, la matière première de ce quoi nous sommes faits sur ce plan humain. On ne peut éviter cette rencontre. À la vie, à la mort.

Ceux et celles qui affirment le contraire n’ont probablement tout simplement pas encore rencontré cette partie d’eux/elles-mêmes, ils et elles n’ont même pas encore entrepris ce voyage fondamental vers le retour à soi qui mène là, en bas.

Car cette descente en soi est une étape fondamentale. Qui ne mène pas directement ni tout d’abord vers le haut, vers les hautes sphères, mais plutôt vers les tréfonds de notre âme, cette âme qui se loge en nous, dans chacune de nos cellules, au plus profond de notre coeur. Ce coeur qui porte toutes les blessures de notre parcours terrestre. On doit retrouver notre base.

Oh bien sûr, les débuts du parcours dit spirituel sont séduisants, mais le vrai travail prend place deep down, dans la cave, avec nos monstres. On doit partir de la base, puis monter, remonter. Peu importe notre âge, peu importe notre parcours. Notre simple naissance et tout ce que nous portons avant même de venir au monde contient tant d’histoires, la nôtre comme celle de nos parents et de nos ancêtres. Nous contenons tellement plus que ce que nous croyons être.

… et qui ne te quittera pas tant que tu n’auras pas trouver la chanson qui accompagne ton retour à la maison.

Si on ne fait pas contact avec cette partie sombre et profonde en nous, nous resterons éternellement superficiel(le), vivant à la surface de notre être. Par peur de plonger en soi, nous ne nous rencontrerons jamais réellement, nous éviterons la partie réelle de soi.

En tant que société, on le constate facilement dans notre évitement de tout ce qui sort du rang, ce qui dérange l’ordre établi, ce qui n’est pas hop la vie. On le voit dans notre apologie du jeunisme, comme dans notre peur viscérale de l’âgisme. On prône la jeunesse éternelle en sachant fort bien que la maturation lente et certaine est inévitable.

Et si nous n’affrontons pas cette part d’ombre en nous, la peur nous fera rejouer toujours les mêmes histoires, les mêmes ritournelles. Car notre ombre nous suit sans cesse, tant qu’on ne se retournera pas pour lui faire face, pour la regarder dans les yeux comme dans l’âme.

Donc quoi faire ?

Trouver notre chanson, notre mélodie toute personnelle, celle qui accompagnera notre retour à la maison. Poétique et véridique. Et danser notre chemin de retour.

C’est probablement la raison pour laquelle Edgar Cayce affirme que la musique guérit, et que le son sera la médecine de l’avenir.

Si on ne peut éviter les écueils dans ce grand retour vers la maison, deep down home, home sweet home, le faire en musique, en chantant et en jouant rend le chemin plus soutenable, plus agréable, plus mélodieux.

Alors Mollo Dieu, on va descendre.

Mellow Dieu SVP.

COMING HOME

We are coming home / safely coming home
We are coming home sweet home again

As we are approaching, getting closer and closer
we all have to leave our luggage behind
As we’re getting nearer, getting lighter and lighter
we’re finding our way back home again 

Para sempre home again para sempre home again

MOTS DE COEUR

english below…

Ce matin, pas de sagesse à 5 cennes de ma part. Pas de grands doutes, pas de questions, ni soumises, ni remises en. Pas de tentatives de faire sens de ce grand cirque ambulant en déploiement étrange qui prend place autant devant nous qu’en nous.

Ce matin que des mots d’innocence, comme celle qui se cache dans les yeux de ce petitibou. Des mots vulnérables, des mots fragiles. Des mots de vie et de mort. Et d’entre-deux. Et au-delà.

Ce matin, que des mots du coeur, un coeur qui se veut le plus simple et le plus humble qui soit. Un coeur pas de tête, qui ne calcule pas, qui ne sait pas non plus. Un coeur qui se relie directement à mes doigts, court-circuitant ma tête de pinotte pour passer à vos yeux et puis, le plus directement possible, trouver son chemin pour rejoindre votre coeur. Le même que le mien. Le même que tout le monde.

Le coeur Universel. Là où réside notre âme, notre part divine.

Ce grand coeur commun dont nous portons tous et toutes des bribes en soi, dans le nôtre propre. Le coeur Pur, le coeur de Dieu, d’Allah et de Mohamed, et de Jésus Marie Joseph. Le coeur de toutes les déités rassemblées, de toutes les cultures, de tous les lieux du monde, celui-ci comme les autres.

Au-delà des noms, au-delà des divisions, plus loin que la peur et la haine, un seul coeur qui bat. Pour qu’on arrête de se battre, soi comme les autres.

Le même coeur que celui des enfants qui sont visés par des tirs ennemis, le même coeur que celui des soldats qui pensent tuer pour le bien du monde, de leur monde du moins. Le même coeur que celui des femmes d’Afghanistan, comme celui des barbares. Le même coeur que le nôtre qui regardons, d’ici, impuissant(e)s, le monde s’entre-tuer, se déchirer, se brûler, se conquérir, ici en sécurité, et qui ne savons pas quoi faire d’autre que prier ou dénoncer, triste ou en colère, pour que la paix descende sur terre. Comme celle qu’on imagine au ciel.

Le même coeur qui anime le peuple de Gaza, d’Haïti, d’Ukraine et de Russie, de la Syrie, du Soudan et d’ailleurs. Le coeur des victimes, comme celui des bourreaux.

Ce coeur, seule cible commune de l’amour universel qui nous rassemble au-delà de nos croyances, de nos différences, de nos désirs égoïstes, de nos non-sens et de nos peurs.

Ce coeur, celui de tous les animaux, ceux qui rampent, ceux qui volent, ceux qui marchent et qui sautent de vie.

Le même coeur qui pulse dans tous les éléments de la terre, de la mer, des airs et du feu. Les éléments de toutes les matières, même celles qui ne se voient pas mais qui se sentent et se ressentent car elles nous relient tous et toutes les un(e)s aux autres. Car nous sommes tous et toutes la même chose, le même organisme vivant, le même grand Tout. En vie sur cette boule qui tourne sans but dans le grand vide intersidéral.

Le coeur de ceux et celles qui sont passé(e)s ici, et ailleurs, avant nous, ceux et celles qui ont ouvert le chemin, qui ont laissé des bouts d’eux et d’elles mêmes sur notre route. Qu’on retrouve notre coeur pour qu’on puisse les respecter, les remercier, les louanger. Merci et gratitude.

Car le coeur est la seule boussole que l’on doit suivre. Le coeur est le chemin et le but, le bout de la route, la route au-delà du doute.

Que ces mots puissent parcourir leur petit bout de ce grand chemin que nous marchons tous et toutes et rejoindre votre ptit bout du grand coeur à vous aussi, le Coeur avec un grand C, un Coeur grand assez pour qu’on s’y loge tous, qu’on s’y réfugie tous et toutes, ensemble.

Aho ici-bas ! et poupoum poupoum.

___
This morning, no five-cent wisdom from me. No big doubts, no questions, neither submitted nor questioned over and over. No attempts to make sense of this great traveling circus which takes place as much in front of us as in us.

This morning only words of innocence, like the one that hides in the eyes of this little baby bird. Vulnerable words, fragile words. Words of life and death. And in between. And beyond.

This morning, only words from the heart, a heart that wants to be the simplest and most humble possible. A heart without a head, which does not calculate, which does not know either. A heart that connects directly to my fingers, bypassing my pinotte head to pass to your eyes and then, as directly as possible, finding its way to reach your heart. The same as mine. The same as everyone else.

The Universal Heart.

The one of which we all carry bits and pieces within ourselves, in our own. The Pure heart, the heart of God, of Allah and of Mohamed, and of Jesus Mary and Joseph. The heart of all the gathered deities, of all cultures, of all places in the world, this one like the others.

Beyond names, beyond divisions, beyond fear and hatred, a single beating heart. So that we stop fighting, ourselves and others.

The same heart as that of children who are targeted by enemy fire, the same heart as that of soldiers who think of killing for the good of the world, of their world at least. The same heart as ours which helplessly watches the world kill each other, tear each other apart, conquer each other from here, in security and who do not know what to do other than pray or denounce so that peace may descend on earth. Like the one in heaven.

The same heart that animates the people of Gaza, Haiti, Ukraine and Russia, Syria, Sudan and elsewhere. The hearts of the victims, like those of the executioners.

This heart, the only common target of universal love which brings us together beyond our beliefs, our selfish desires, our nonsense and our fears.

This heart, that of all animals, those who crawl, those who fly, those who walk and who leap from life.

The same heart that pulses in all the elements of earth, sea, air and fire. The elements of all materials, even those which cannot be seen but which can be felt and felt because they connect us all to each other. Because we are the same thing, the same living organism, the same great Whole..

The hearts of those who have passed here, and elsewhere, before us, those who opened the way, who left pieces of themselves on our path. May we find our hearts so that we can respect them, thank them, praise them. Thank you and gratitude.

Because the heart is the only compass that we must follow. The heart is the path and the goal, the end of the road, the road beyond doubt.

May these words travel their little part of this great path that we all walk and reach your little part of the big heart of yours too, the Heart with a capital H, a Heart big enough for us all to fit in, so we can all take refuge there, together.

Aho in here, and wow in there !

RÉELLE ILLUSION VERSUS ILLUSOIRE RÉALITÉ

La réalité est aussi illusoire. – J. Krishnamurti

Le concept de Réalité en est un assez tordu. Comme celui d’illusion d’ailleurs. Car ce qui est réel pour l’un peut constituer l’illusion de l’autre. Et vice et versa.

Le père Noël est bien réel dans la tête des tout petits, jusqu’à ce qu’ils/elles cessent d’y croire. Même chose pour le concept de Dieu. Qui n’est pas si différent du premier selon certains. Ça doit être la barbe 😉

Car pour les athé(e)s, qui sont tellement certains de la non-existence de Dieu, sa non-existence devient bel et bien réelle. Comme son absence. Plus on s’acharne à nier une réalité quelconque, plus elle devient quelque chose. Les moulins à vents peuvent devenir de vrais ennemis.

Le terme Réalité peut s’apparenter à celui de Vérité, autant celle avec un petit qu’un grand V. Ces absolus qui ont depuis toujours prêté matière à discussion et à diverses interprétations mais rarement à des compréhensions communes. Car les mots sont bien petits pour décrire et montrer l’infinie grandiosité de la vie, son immensitude.

On dit souvent que ce qui est réel peut être touché. On parle alors d’une réalité sensorielle. Matérialisme pur et dur.

D’autre part, on dit que si on peut penser à quelque chose, on dit que cette idée a le potentiel de devenir réelle. Réalité intellectuelle. Potentielle du moins. Je pense donc c’est réel ?

Mais peut-être qu’il n’existe tout simplement pas une seule réalité, mais une infinité de réalités qui se suivent, défilent et qui passent les unes à côté des autres, les unes sur les autres. Réalités virtuelles dans un monde simili réel. Une multitudes de réalités différentes qui co-existent au sein de milliards de petits mondes n’en formant qu’un seul et même grand.

Peut-être que la Réalité n’est qu’une suite ininterrompue de moments spontanés se défilant, se faufilant les uns suite aux autres, les uns aux autres. Un chapelet de petits moments de simili réalité qui finissent par en former une grande, une apparente. Ou qui semble le faire. Car tout peut n’être qu’illusion, jusqu’à ce qu’on s’éveille à autre chose de plus grand, de plus réel, de plus vrai. Ou autre.

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.
– Gaston Bachelard

Ce n’est possiblement que notre seule incarnation qui donne vie à une certaine illusion de réalité, ou une certaine réalité de l’illusion, limitant l’infini à nos sens, à nos perceptions, à nos compréhensions. Grande vie dans petit(e)s nous de rien du tout.

Peut-être aussi que la réalité ne peut se faire nom, peut-être qu’elle ne peut se limiter à quelque chose de fixe ou de figé dans le temps comme dans l’espace. Peut-être que la réalité ne peut qu’être verbe. Verbe d’action. Même inactif.

Peut-être qu’on ne peut que réaliser certaines choses, concepts ou idées, qui deviennent alors réalités, mais pour un moment seulement. Jusqu’à ce que notre capacité de voir plus grand ou autrement s’étire à l’inconnu d’alors.

J’insiste sur les verbes, pas sur les noms ; évitez les noms autant que possible.
Dans le langage, on ne peut pas éviter, cela je le sais ; mais dans la vie, évitez – parce que la vie est un verbe.
La vie n’est pas un nom, c’est vraiment « vivre » et non « la vie ».
Ce n’est pas de l’amour, c’est aimer.
Ce n’est pas une relation, c’est interagir.
Ce n’est pas une chanson, c’est chanter.
Ce n’est pas une danse, c’est danser.
Voyez la différence, savourez la différence.
Une danse est quelque chose de complet ; les dernières touches ont été apportées,
maintenant il n’y a plus rien à faire.
Quelque chose de complet est quelque chose de mort.
La vie ne connaît pas de véritable sens ; les virgules sont acceptables, mais pas de points complets.
Les lieux de repos sont possibles, mais il n’y a pas de destination finale.

– Osho

Ainsi, ceci dit, il ne reste qu’à réaliser, qu’à se réaliser, qu’à la vie à se laisser réaliser à-travers nous. Simple témoin du processus de réalisation. Soit rendre réel l’apparente illusion. Ou illusoire cette si apparente réalité en chair.

J’espère sincèrement que les gens de Gaza, et des autres lieux d’horreur de la planète, peuvent rendre un peu illusoire la dureté de leur réalité quotidienne. Car pour nous, ici eau chaud et en sécurité relative, leur dure réalité n’est qu’illusion, du moins une lointaine diffusion de nouvelles parmi d’autres. Mais pour eux et elles, ça semble très réel. Et insoutenable.

Au fond, dans ce monde de dualité attaché au corps, réalité et illusion ne forment qu’un seul et même couple qui danse avec la futilité de la vie qui se manifeste de multiples formes, au même titre que vérité et mensonge, tout et tien, et tutti quanti. Ou pas.

Réaliser une illusion, c’est déjà quelque chose. Jusqu’à la prochaine nouvelle illusion réalisable.

Really ?

Vraiment pas certain de rien du tout.

GOSSER LE BONHEUR À LA MAIN ET À COEUR

Le bonheur n’est pas acquis. Il résulte de vos propres actions. – Dalai Lama

Le bonheur est une job de bras. Et une job de coeur aussi. Surtout.

On pense que le bonheur est un droit acquis, que la vie nous doit le bonheur, que l’on devrait toujours être heureux/se. Par défaut.

Et tellement nombreux/ses sommes-nous à nous rendre tellement malheureux/ses à courir après, le bonheur. Il est où le bonheur ? Il est toujours quelque part ailleurs, quelque part plus loin, quelques pas devant. Plus tard, ailleurs, avec plus de bébelles, plus d’argent, plus, plus, plus.

Pourtant.

Le bonheur se cache toujours tout simplement dans le moment, au coeur du moment. Le bonheur ne peut jamais être ailleurs, ni plus tard. Il ne peut qu’être maintenant, et ici bien sûr. Il ne peut être qu’en soi. Il passe par le corps, par le coeur.

Le bonheur apparait quand on s’occupe d’autrui, quand on aide, quand on collabore, quand on donne, quand on se donne. Et qu’on prête attention à l’autre. Car si on prête attention, le bonheur s’offre à nous, il se donne et on le reconnait immédiatement le bonheur. Il se cache souvent en soi, mais aussi souvent dans le coeur des autres.

Le bonheur est souvent ici quand nous ne le sommes pas, quand nous ne le sommes plus, quand nous le sommes moins. Moins de moi pour le bonheur, plus de nous, plus de vous.

Le bonheur se dévoile quand on s’oublie un peu, pour se consacrer au bien du plus grand nombre, pour penser à plus grand que soi, pour prendre soin des plus petits, des plus âgé(e)s, des plus vulnérables. Quand on se lâche le nombril, et qu’on sort de sa tête, pour plonger dans le coeur. Le coeur de soi, ce qui nous relie au coeur des autres.

Le bonheur est probablement beaucoup plus simple qu’on peut l’imaginer, qu’on l’imagine en fait. Car le bonheur imaginé n’est pas réel, le bonheur a besoin de s’incarner. Probablement pour ça qu’on passe à côté souvent le bonheur, la plupart du temps. Probablement qu’on le croise souvent sans même le reconnaître.

C’est souvent le malheur qui nous révèle le bonheur. La vie a besoin de contradictions.

Le bonheur se promène incognito, il se laisse attraper facilement si on ne tient pas à le conserver, à la garder à tout prix. Car le bonheur est gratuit. dès qu’on ferme nos mains sur lui, il part tout de go. Le bonheur coule fluide.

Le bonheur vit dans notre coeur, pas dans notre tête. Il se loge dans notre corps, partout, et il se sent, se ressent, puis il résonne et prend de l’ampleur.

Pour moi le bonheur est toujours de bonne heure, au petit matin, aux aurores. Au lever du soleil. Plus tard en journée, il se fatigue, il ralentit mais le matin, oh qu’il est en forme. Alors j’apprends à rouler sur son dos, à son rythme, à son bon vouloir. Parfois il se cache car il a besoin de se reposer, de faire solitude. Parfois le bonheur fuit le soleil et cherche la pluie. Et c’est parfait ainsi.

Car on se souvient des paroles de Xan Oku, soit que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire.

Car du bonheur à temps plein ça finirait peut-être par ennuyer, par rendre blasé. Ça prend de la nuance dans la vie. Ça prend de la variété, du mouvement. Ça prend un peu de tristesse et du blues pour rendre les couleurs plus vives.

Alors chers/ères lecteurs/trices, je vous laisse pour la fin de semaine. On va aller voir il est où le bonheur OK ?

ODEUR DE PLUIE ENSOLEILLÉE

Que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire. – Xan Oku

Ce matin j’avais commencé à faire bla bla à propos des bombes qui semblent tomber loin mais que si on colle nos oreilles au sol, on entend la terre implorer justice.

Mais ça sonnait trop heavy. Car je pense déjà beaucoup, sinon à peu près tout le temps, à la guerre, celle qui sévit en ce moment, à Gaza surtout, mais à plein d’autres endroits sur la terre. Je ne veux pas oublier mais je vais garder ça en mon coeur pour tout de suite. Et pour moi.

Puis après, j’hésitais à continuer au sujet qu’un signe d’intelligence consistait à prendre conscience de sa propre ignorance. Car ça ressemble à trop à mon bla bla d’hier 😉

Alors en fouillant dans mes memes, je suis tombé sur celle-ci:

Que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire. – Xan Oku

Et tout de suite, quelque chose s’est allégé, quelque chose a souri en moi. Pas que je ne veuille pas penser ni me relier à ceux et celles qui souffrent mais on atteint parfois un endroit où on a aussi besoin de légèreté, de lumière, de simplicité.

Car la guerre est là, elle sévit, elle tue des innocent(e)s et détruit des vies et des lieux.

Pas pour rien que j’ai posté ceci sur mon mur FB l’autre jour.

Lumière et légèreté vers les peuples de Gaza et d’Israël… et tous les autres peuples de la planète qui vivent une situation de conflit et de guerre, et vers tous les migrant(e)s du monde sans domicile fixe…

Je vois passer ces memes agressifs au sujet de la tyrannie d’Israel sur Gaza et même si je conçois fort bien l’injustice et l’horreur, je ne me sens pas capable d’en rajouter. La cour – internationale – est déjà pleine.

On me dit que si je ne dénonce pas, je suis complice. Je ne le suis pas. Mais ajouter rage et colère au débat ne règlera rien. Certains sont en train de tenter de négocier un accord de paix. Et derrière toutes ces tentatives, plein d’autres acteurs du domaine de l’armement ou autres extrémistes qui n’ont pas intérêt à ce que la guerre cesse et qui tentent probablement de faire dérailler le processus. Je ne sais pas comme tel mais j’imagine, je pense que ça existe bel et bien de ces gens.

Je ne sais pas toute l’horreur qui sévit dans le monde, mais je la sens, je la perçois dans l’invisible, dans le coeur de certains. Je ne suis pas dupe, je sais que certains ont des plans qui ne vont dans le bien du plus grand nombre. Mais je les plains plus que je les crains. Et peut-être réussiront-ils à imposer leurs intérêts. Tant mieux pour eux si cela leur plait, et tant pis pour nous simples humain(e)s s’ils réussissent.

Mais ce matin, je préfère souligne la beauté du monde malgré la laideur et les drames qu’on aime tant rapporter. J’aime croire que la plupart des gens de la terre sont de bonnes personnes, des gens de bonne volonté. Des pères, des mères, des fils et des filles.

J’aime penser que malgré la folie meurtrière qui sévit un peu partout autour de nous, la vie est ce qu’elle est car elle n’est pas autrement. Ou elle est comme on veut qu’elle soit, comme on peut qu’elle soit. Avec le beau comme le laid, avec l’amour comme avec la peur et la haine, avec la bonté comme avec la méchanceté. Tout, et son contraire. Et le vice comme le versa.

Et nous, nous sommes qui nous sommes, choyés de vivre en paix, avec la capacité de saisir ce que le monde nous présente chacun(e) à sa mesure, et avec la capacité de transformer le moins beau en de plus en plus beau. Autour de soi.

Quand je marche autour et que je vois la neige brune en ces jours de printemps pluvieux bruns et brumeux, moi je vois déjà l’été, je sens déjà les fleurs. Quand je me tais, j’entends les oiseaux qui ne vivent que le moment, ajoutant leur pépillements sonores en toute simplicité.

Et je remercie la pluie.

Bon petit jeudi tout gris porteur de soleil, astre toujours présent, malgré et derrière les nuages.

IGNORER PLUS QU’ON IGNORE

Seuls quelques-un(e)s savent, tellement il faut savoir, pour réaliser combien peu on sait.
– Werner Heisenberg

Cette affirmation pousse un cran plus loin le fameux : la seule chose que je sais. c’est que je ne sais rien. Oui la fameuse sage citation qu’on attribue autant à Platon, Socrate qu’à Jean Gabin.

Seuls quelques-un(e)s savent, tellement il faut savoir, pour réaliser combien peu on sait.

Ou une fois illustré, ça ressemble à ça :

Il y a tant à savoir alors que tant on ignore. Tant qu’on ignore même ignorer. Et dire que certain(e)s affirment pratiquer la pleine conscience.

Ça me rappelle que lorsque j’ai reçu mon doctorat en criminologie, plutôt que de me penser finfinnaud, j’ai réalisé qu’autant j’avais beau avoir acquis des connaissances dans mon domaine, j’en ignorais à la 1000 dans tous ces autres domaines. Plutôt que de rassurer, ce doc m’a montré tout ce que j’ignorais.

De plus en plus, quand je rencontre des gens qui pensent savoir, je juge de moins en moins. Car c’est avec le temps que l’on finit par perdre notre arrogance, notre certitude.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, pour citer Friedrich Nietzsche : Ce n’est pas le doute mais la certitude qui rend fou.

Le doute est sain, le doute est de l’humilité incarnée, de l’humilité humanisée.

Le doute ne nous arrête pas, au contraire, il nous permet d’avancer avec une certaine hésitation créative, avec une ouverture d’esprit qui nous fera réaliser si nous prenons le mauvais chemin, si les choses ou les gens ne sentent pas juste, ne résonnent pas avec justesse.

Je sais de plus en plus que je ne sais rien d’autre vraiment que ce que j’ai pu expérimenter. Je sais de plus en plus que les erreurs sont inévitables et tellement précieuses pour nous permettre d’apprendre.

Ça je le sais. Mais le sais-je vraiment ?

___
La clé pour accéder au pouvoir et aux ressources nécessaires pour mener une vie pleine de sens et épanouissante est de les découvrir en soi-même.
La vérité est, que nous en soyons conscients ou non, que tout ce dont nous avons besoin est intégré au tissu même de qui nous sommes.
Vous n’êtes pas faibles, mais fort(e)s; pas incompétent(e)s, mais compétent(e)s; pas dépendant(e)s, mais plein(e)s de ressources; pas mauvais(es), mais bon(ne)s.

– Jim Palmer

ÊTRE HUMAINE

Disciples; Bouddha qu’est-ce qui nous rend humains ? Bouddha: La capacité de choisir toutes les images de feux de circulation.

Féminisons car tout a été trop masculinisé et on voit le résultat. Être humaine bon.

Drôle de monde dans lequel on vit. Ce sont des machines qui nous demandent de faire la preuve que nous sommes humain(e)s, de démontrer que nous ne sommes pas des machines. On s’est numérisé(e)s, plastifié(e)s, rigidifié(e)s. On a trop évolué vers notre tête, pour désormais vivre principalement dans nos écrans. Auparavant on pouvait avoir la tête dans les nuages, maintenant on l’a surtout dans le nuage.

Le monde n’a pas réellement perdu la raison, mais on a perdu notre instinct naturel, notre contact avec les éléments de la nature, on s’est coupé(e)s d’une part de notre organicité, de notre lien terrestre, on a coupé le cordon ombilicale avec notre mère. Encore plus dans les villes où certaines personnes partent d’un stationnement sous-terrain, pour se rendre travailler dans un bureau à l’air recyclé et se garer dans un autre stationnement sous-terrain, sans sortir dehors, sans respirer du vrai air, que des particules de plastique toxiques.

Être humain, humaine, est pourtant simple si on revient aux besoins de base. Avoir chaud, boire, manger, dormir, bouger, respirer de l’air frais, aimer et être aimé(e). Et respirer, respirer respirer, sentir et toucher et être touché(e) par la nature, notre environnement naturel fondamental.

Peut-être que de débordement numérique et ce grand flirt avec l’intelligence artificielle re swignera de nouveau bientôt vers plus de naturalité, vers un contact plus senti avec la nature, avec l’eau, l’air, la terre et le feu. Les éléments qui composent notre corps, qui font de nous des êtres terrestres.

Car notre humanité, la terre en soi, et en soie, est notre nature profonde et la vie trouvera toujours son chemin vers sa source. Nous ne mettrons pas la terre KO, mais nous-mêmes peut-être. Tôt ou tard. Trop tard ? Qui vivra verra. Mais en attendant, on y va un pas à la fois, chaque pas dans la foi. À chaque fois. Foi d’humaine, foi d’humain. Foi humaine. Ma foi du bon Dieu.
___
À mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente à ses phénomènes.

Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques.
Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu ni l’éclair de son projectile vengeur.
La rivière n’abrite plus d’esprits ; l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme ou de son ancêtre vénéré ni habité par des démons.
Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent pas à l’homme et l’homme ne s’adresse pas à eux, croyant qu’ils peuvent l’entendre.
Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qui engendrait ses relations symboliques.
– C.G. Jung (L’homme et ses symboles) via Sol Ange

DES ESPOIRS

Ceci, cher/ère, est le plus grand défi de la vie : Être témoin de l’injustice en ce monde, et ne pas la laisser consumer notre lumière.

Mes chers/ères lecteurs/trices, je crois sincèrement qu’un défi encore plus grand que de simplement ne pas laisser l’injustice consumer notre lumière consiste à vivre en zone de guerre, en se faisant bombarder, être affamé(e)s et assoiffé(e)s, et d’arriver à garder espoir, et ne pas sombrer dans le désespoir total. Sous les bombes, et dans des conditions inhumaines, simplement demeurer vivant(e) constitue un exploit, l’espoir vient en prime, et requiert une foi immense, presque inhumaine.

Le plus grand défi pour certains êtres humains est tout simplement de rester vivant(e) au quotidien. Et de ne pas sombrer tout court, ni dans la folie, ni dans le désespoir ou dans colère et la rage. Simplement demeurer humain(e) constitue un exploit.

Ce qui se passe à Gaza est épouvantable. Bien sûr il y a plein d’autres guerres et situations horribles qui sévissent notamment à Haïti, en Ukraine, en Syrie, en Afghanistan – le sort des filles et femmes – en Afrique et j’en passe. Mais la situation de Gaza me semble la plus inhumaine. Tellement médiatisée qu’on la vit quotidiennement, même si à distance, par procuration. Nous sommes témoins du pire de l’humanité. Là où le sort des enfants est particulièrement criant.

Le sort de l’humanité vacille entre espoir et désespoir, d’où le titre ambivalent de cette chronique. Des espoirs. L’un et l’autre, l’un ou l’autre. D’un côté, il est relativement aisé pour nous de garder espoir, ici, d’ici en toute sécurité et nourri/logé/chauffé. De l’autre, si on observe les multiples menaces autant à l’humanité qu’à la planète, aussi inquiétant. Mais so far very good pour nous.

Pendant que l’on vit confortablement et dodument ici bien au chaud, dans le confort de nos foyers, des gens, enfants, ainé(e)s, pères et mères, de bonne volonté ou de la meilleure volonté qui soit, vivent l’horreur au quotidien. Pendant que je tape ces mots de mon home douillet, des gens vivent une crise, en ce moment même. Et nous on doit apprendre à vivre, impuissant(e)s devant l’horreur. En se sentant relié(e)s, responsables mais pas coupables. Impuissant(e)s surtout.

On peut bien faire quelques posts outrés sur les réseaux, s’indigner publiquement, pointer l’injustice des un(e)s ou des autres, n’en reste qu’en nous-même, en soi chacun(e) pour soi, on doit apprendre à vivre avec l’intolérable, avec l’inacceptable, avec l’inhumain qui nous saute au visage. Si on ne le subit pas soi-même, on le voit, on en est témoins. Sauf que nous, nous sommes ici en sécurité.

Quelle réalité out there. On aime parfois dire que le monde est une illusion. Peut-être. Mais pour certain(e)s, elle est beaucoup plus réelle que pour d’autres cette prétendue illusion qui est le luxe des aisé(e)s.

Malgré le désespoir de certain(e)s, il est essentiel de conserver l’espoir, pour eux et elles. Et continuer de voir la beauté, et de la répandre autour de soi. Car quoi faire d’autre ?

De tout coeur avec les gens qui souffrent dans la lumière de notre coeur humain commun, dans notre humanité.

___
(1) Deux touchants témoignages ci-bas sous les citations si le coeur vous en dit, un de Johanne Liu et l’autre de Picard.

___
Garder espoir dans les moments difficiles n’est pas simplement bêtement romantique.
Ça repose sur le fait que l’histoire humaine est non seulement une histoire de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de gentillesse.

Ce que nous choisissons de souligner dans cette histoire complexe déterminera nos vies.

Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité à faire quelque chose.

Si nous nous souvenons aussi de ces époques et de ces lieux – et il y en a tant – où les gens se sont comportés magnifiquement, cela nous donne l’énergie d’agir, et au moins la possibilité d’envoyer cette toupie d’un monde dans une autre direction.

Et si nous agissons, même de manière modeste, nous n’avons pas besoin d’attendre un grand avenir utopique.

L’avenir est une succession infinie de présents, et vivre maintenant comme nous pensons que les êtres humains devraient vivre, au mépris de tout ce qui est mauvais autour de nous, est en soi une merveilleuse victoire.

~ Howard Zinn

___
Celui qui a vu son ombre est plus grand que celui qui a vu les anges.
Celui qui a touché ses abîmes et qui a pourtant choisi la vie met le monde debout.
La vie n’a pas de sens, ni sens interdit, ni sens obligatoire.
Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle va dans tous les sens et déborde de sens, inonde tout.
Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans une autre.
Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens.
Et si l’essentiel d’une vie consistait à accueillir l’ébranlement, la secousse, le dérangement causé par l’autre ?
Au-delà du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l’injuste, il y a une prairie où je t’attends.
Il n’y a qu’un crime, c’est de désespérer du monde.
Nous sommes appelés à pleins poumons à faire neuf ce qui était vieux, à croire à la montée de la sève dans le vieux tronc de l’arbre de vie.
Nous sommes appelés à renaître, à congédier en nous le vieillard amer.

– Christine Singer
___
Johanne Liu
https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-02-21/grande-entrevue-avec-joanne-liu/pour-que-la-guerre-s-arrete-aux-portes-des-hopitaux.php

Luc Picard
https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-02-21/place-publique/lettre-a-un-jeune-palestinien.php

AIMER, S’INCARNER & LAISSER ALLER

Pour vivre en ce monde, tu dois être capable de faire 3 choses: 1- aimer ce qui est mortel, 2- le contenir en ton corps sachant que ta vie en dépend et 3- quand le temps viendra, le laisser aller, le laisser aller…
– Marry Oliver, In Blackwater Woods

Que c’est beau : aimer le mortel, le contenir en son corps sachant que sa vie en dépend, et au bon moment, le laisser aller, le laisser aller.

Tout est là. Aimer de tout son coeur et accepter de s’incarner et de vivre totalement, malgré la rigueur et l’impermanence de la vie, malgré l’intuition que tout ceci n’est qu’illusion et que quelque chose de plus grand existe.

Car nous sommes encore en corps, pas nécessairement un corps mais en corps, dans la matière, ce que nous avons peut-être choisi même si on ne s’en souvient pas ou plus, ou plus tout à fait. Mais j’aime l’idée que l’on a choisi de s’incarner pour apprendre quelques autres leçons, pour continuer un voyage d’âme débuté il y a une éternité peut-être. Un choix plus grand que petit soi.

Vivre totalement, incarné, l’âme dans la chair et la chair imbibée d’âme. aimer de tout son coeur, le garder près de son coeur. Et au moment opportun, le laisser aller. Soit à la mort, soit avant. Mourir avant de mourir pour vivre totalement.

Pas si compliqué la vie quand on revient à l’essentiel. L’amour, le corps et, simultanément, l’attachement et le détachement. S’impliquer dans sa vie avec tout son coeur et être prêt à tout perdre, toujours. Car on perdra tout inévitablement un jour. Un jour ou l’autre.

Ce matin, nous sommes quelques-un(e)s à entreprendre un 21 jours de Shaking et de méditation silencieuse pour compléter l’hibernation. Cette méditation active permet exactement cela. Soit de s’incarner totalement tout en laissant aller, en permettant au corps de laisser l’énergie couler de soi, couler de source. Rien à faire en fait, la vie se vit toujours à-travers nous. On n’a qu’à laisser aller, qu’à dire oui, qu’à diriger le flot. Pas nous qui décidons. Pas tout du moins.

Alors être «total(e)», aimer de tout son coeur pendant qu’on nous prêt vie, pendant que la vie passe en nous, par nous et nous anime. Et quand ÇA le décidera, quitter avec grâce et dignité. Mais pour cela, il faut vivre avec droiture, avec sincérité, avec transparence et impeccabilité. Vivre à partir du coeur, là où est réfugiée notre âme qui guide nos pas et nos actions.

Jusqu’au dernier souffle, alors qu’on pourra dire: mission accomplie. Et merci pour tout. Meegwetch.

Aho !

___
Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier des vertus qu’il n’a pas et de négliger de cultiver celles qu’il possède.
– Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien.