
Cependant, ton sens de l’humour ne fera que s’améliorer avec l’âge.
Ton intuition grandira et s’étendra comme un majestueux manteau de sagesse.
Ta capacité à choisir tes combats sera affinée à la perfection.
Ton calme, ta capacité de vivre l’instant présent, s’épanouiront.
Ton désir de vivre chaque instant transcendera tous les autres désirs.
Ton instinct pour savoir ce et qui mérite ton temps grandira et s’épanouira comme le lierre sur les murs d’un château.
Ne donne pas la priorité à ton apparence mon ami(e), car ça changera sans cesse et pour toujours, cette poursuite est pleine de tristesse et de déception.
Donne la priorité au caractère unique qui fait de toi un aimant invisible qui attire d’autres âmes partageant les mêmes idées pour danser sur ton orbite.
Ces qualités ne feront que s’améliorer.
– Judi Dench
Vieillir est un processus extraordinaire durant lequel on devient la personne que l’on aurait toujours dû être.
– David Bowie
Tout le monde vieillit, surtout les plus vieux et les plus vieilles.
Parfois on a l’impression de vieillir rapidement, vite vite vite, et à d’autres moments, le temps semble suspendu et on flotte sur la vague. Parfois, on réalise soudainement qu’on vieillit. On s’en rend compte, et ça passe la plupart du temps par notre corps, surtout quand un bobo se manifeste. Et avec l’âge, ils se manifestent de plus en plus.
Même si notre corps vieillit, notre âme demeure jeune. Même si parfois on se sent vieux/vieille par en dedans, l’observateur/trice est là qui watche. Ici. Mais nous, nous ne sommes pas toujours assez présent(e) pour watcher l’observateur/trice qui watche. On se perd souvent dans l’observé, on s’y identifie ostifi. Parfois on se fait prendre dans le jeu, d’autres fois, on reste là à watcher la game.
Quand on est jeune – bref plus jeune – on se pense invincible. Ça vient avec le jeunesse. On monte la côte de la vie alors on n’a pas à penser à l’après. On affirme haut et fort que vieillir, y a rien là, qu’on est toujours jeune au fond. Richard Séguin parle de l’arrogance de notre innocence.
La vieillesse possède à mes yeux une deuxième qualité : la fragilité.
Comme l’enfance, elle s’avoue vulnérable, et, par là même, devient intelligente.
Rien ne rend plus sot que l’illusion de la force, l’illusion de la puissance, l’illusion de savoir.
– Éric-Emmanuel Schmitt, Plus tard, je serai un enfant
Mais à mesure que le corps mature pour de vrai, s’use quoi, l’usure normale, on se rend compte du temps qui passe, qui nous passe dessus, qui nous passe dedans. Et du temps qu’il nous reste. Ce temps qui raccourcit, l’horloge qui se met à tiquer. Et ce faisant, parfois on fige, d’autres fois on coule avec le flot du temps, on se laisse porter. Ce temps qui nous polit, qui nous sable, nous affine. Et qui nous fait peur aussi parfois.
Je vois des ami(e)s vieillir, des ami(e)s plus vieux/vieilles que moi je veux dire – et je peux alors me projeter par en avant. Je vois ce qui risque de m’attendre, de m’atteindre. On voit parfois mieux la vieillesse en dehors de soi. Mais parfois elle nous rattrape et on la sent par en dedans.
Vieillir nous remet en questions au coeur même de notre être.
Nous, qui, jeune, bref plus jeune – nous pensions éternel(le)s, nous prenons conscience qu’un jour nous n’y serons plus, nous ne serons plus en corps. Et à la lueur de cette réalisation, notre âme s’éveille, elle se réveille. Quelque chose de plus profond en nous est titillé. La flamme s’avive tout à coup.
Le fait de vieillir, avec les maux du corps qui se manifestent de plus en plus, peut autant nous stimuler, que nous apeurer. En fait, la plupart du temps, on danse entre les deux, avec les deux. It takes two to tango.
D’un côté, avec le temps qui passe, on mature et on trouve un certain réconfort, une assise, et, de l’autre, on panique à l’idée de se voir tomber en morceaux, de voir nos différentes parties s’user, rendre l’âme.
En fait, c’est ce que vieillir nous révèle: ça nous rend notre âme de nouveau.
L’âge, et le temps qui nous passe dessus comme dedans, nous redonnent accès à une partie plus subtile, plus fine de nous que nous avions mis de côté, trop occupé(e) à se bâtir une vie, à se faire socialement. À apprécier notre corps en pleine forme.
Et vient alors cette étape où la fondation est complétée et on peut commencer la job de finition. Souvent la plus longue à faire, la moins apparente, celle qui requiert le plus de temps, et de soin, et d’effort fin. Cette job de finesse qui nous demande de retoucher tous ces petits détails que nous avions jadis négligés et mis de côté. Divine job de finition.
Et maintenant que la job de corps est complétée, quoi que jamais finie, il est temps de peaufiner l’oeuvre que Dieu nous a prêté, temps de mettre la touche finale à notre partie de ce grand Jeu.
Mon grand-père a dit :
Devenez écoute et vous trouverez l’esprit du don de la vie et cela apparaîtra comme un travail.
Le mystère de la métaphore est l’art d’écouter la vie dans l’activité de travail, de se permettre de vivre l’harmonie.
Les métaphores nous donnent un moyen de nous insérer davantage dans notre univers.
Si nous pouvons nommer ou identifier notre monde, nous savons mieux comment nous y intégrer en harmonie.
L’harmonie est la chaleur du cœur qui se glisse à travers une tranche de lumière.
En devenant plus à l’écoute des vibrations de la vie, nous nous rapprochons de notre état naturel.
Nous débarrassons nos blocages et nos résistances.
Nous découvrons le pouvoir d’être.
– Joseph Rael – Being and Vibration – page 133
Et avec le temps qui passe, lentement et pas toujours sûrement parfois avec résistance et hésitation, on finit par accepter Tout de soi, nos forces, nos faiblesses comme tous les traumatismes que l’on peut porter et qui, surprenament, peuvent résurgir.
De cette vie, comme depuis toujours. Les nôtres, personnels, comme ceux de toute l’humanité depuis le début des temps.
Tu ne guéris pas « d’un » traumatisme.
Tu ne fais que simplement te connaître comme la vie elle-même.
Et vous vous tournez vers le lieu blessé.
Et tu l’embrasses avec attention, qui est l’amour.
Et peut-être que la blessure sera toujours avec toi.
Peut-être que tu marcheras toujours avec la douleur.
Mais maintenant, tu la tiens. Cela ne te retient plus.
Tu es le contenant, pas le contenu.
Elle ne te contrôle plus, la blessure.
Parce qu’elle est désormais pris avec conscience.
Trempée en toi.
Aimé par toi.
Même célébrée par toi.
Tu ne guéris pas «d’un» traumatisme.
Tu trouves la guérison «dans» le traumatisme.
Tu te retrouves au cœur sacré du traumatisme.
Celui qui est toujours présent.
Celui qui peut supporter même les états émotionnels les plus intenses.
Et survivre.
L’Indestructible.
L’Infini.
Le Puissant.
Toi.
– Jeff Foster


















