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TACT TACT TACT

Dans la vie, il y a ce que l’on veut dire, et il y a la façon dont on le dit.

Et il y a aussi, et beaucoup, tout ce que l’on ne dit pas. Aux autres comme à soi-même.

Si on veut que notre message passe, on doit le poudrer, l’enrober, on doit le rendre recevable et digestible. Il faut le dire pour qu’il soit reçu sinon what’s the point ?

Il faut parler sur le bout des fesses des mots, sur la face douce de la lune.

Mais on peut aussi se demander quelle est l’importance de ce que l’on a à dire. Avant de le dire surtout. Et les brancher au coeur nos mots.

Est-il si important de le dire ? Tout haut ? Ou de l’écrire at large ?

Prenez le mien, mon message. Je ne sais même pas ce que j’ai à dire.

Et pourtant. Je me fais aller le clapet à tour d’écran et de clavier depuis 13 ans day in day out, des milliers de chroniques, des millions de mots.

Est-ce que je pense que ça change quelque chose ? Pas vraiment.

Je le dis surtout parce que c’est plus fort que moi, je le dis pour le dire, pour pas que ça me reste pris dans la gorge. Ou pire, le coeur.

Que quelqu’un lise ou pas m’importe peu. En fait, c’est faux, ça m’importe quand même un peu. Mais pas beaucoup. Sinon je ne publierais pas du tout, je conserverais mes mots dans ma caboche, ou dans mon journal intime comme le faisaient jadis les jeunes filles. Barré à clé en plus, très important 😉

Il y a des choses que l’on voudrait dire à certaines personnes mais qu’on ne dit pas, qu’on n’ose pas dire. Par peur de blesser, par peur de brusquer, par peur de déranger. Ou simplement par peur de dire. Tout court.

Est-ce que toute chose est bonne à dire ? Je ne sais pas.

Est-ce que toute chose doit être dite ? Sûrement pas, car déjà beaucoup de bla bla public et impudique sur la terre et ça ne va pas nécessairement mieux qu’avant.

Car le monde est à l’argent alors que le silence est d’or.

Il existe une expression qui veut que toute chose ne soit pas bonne à dire.

Mais d’autre part, certaines choses sont tues, d’autres sont dites, et d’autres doivent être dites mais ne le sont pas. La nuance est de bien en soupeser la différence j’imagine. Et de savoir comment dire ce qui doit être dit. Et quand, car tout est dans le timing parait.

Quand j’observe pourquoi j’écris, je réalise que c’est surtout pour me dire à moi-même certaines choses. Je me parle, je m’auto-écris. Je me lis, et me polis. Notes à moi-même.

Car on parle toujours de soi, on se parle toujours à soi. Et de toute façon, les gens comprendront toujours ce qu’ils et elles peuvent comprendre, ce qu’ils et elles veulent comprendre.

Comme l’affirme si bien Bernard Werber :
Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous croyez en comprendre,
ce que vous voulez comprendre,
et ce que vous comprenez,
il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre.

Tant de canaux de communication désormais et tant de possibilités d’incommunication, tant de possibilités de se méprendre. On n’a jamais autant pu dire tout ce que l’on voudrait dire, et probablement qu’on ne s’est jamais autant mal compris, mépris et mépriser.

Pas certain que la communication ultime passe par les mots. Dort silence, dort.

Mais pas une raison pour ne pas essayer, pour ne pas s’essayer. Avec les bons mots, les mots justes, les mots droit au but, les mots du coeur.

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La vraie force, c’est celle qui sait prendre soin de la fragilité.
Être fort, ce n’est pas écraser les autres sous le poids de ses certitudes ou de ses ambitions.
Être fort, c’est être capable de douceur dans un monde qui ne l’est pas.
C’est accueillir le doute, le vide, le silence, et continuer d’avancer, sans jamais céder à l’amertume.
La vraie force est invisible, elle se niche dans les gestes simples, dans les regards bienveillants, dans la patience des jours.

– Christian Bobin

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Nous avons besoin de mouvements ancrés dans l’amour en ce moment, des mouvements motivés non par la différence, l’exclusion et la punition, mais par un terrain d’entente, la compassion, l’humilité, des limites saines, la patience et la guérison.
– Adrienne Maree Brown

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Le vieux George Orwell avait tout compris à l’envers.
Big Brother ne regarde pas.
Il chante et danse.
Il sort des lapins d’un chapeau.
Big Brother s’occupe de capter votre attention à chaque instant où vous êtes éveillé.
Il veille à ce que vous soyez toujours distrait.

Il veille à ce que vous soyez pleinement absorbé.
Il veille à ce que votre imagination se fane.

Jusqu’à ce qu’elle soit aussi utile que votre appendice.
Il veille à ce que votre attention soit toujours comblée.
Et être nourri, c’est pire que d’être observé.
Avec le monde qui vous remplit en permanence, personne n’a à se soucier de ce que vous avez en tête.
Avec l’imagination de chacun atrophiée, personne ne sera jamais une menace pour le monde.
– Chuck Palahniuk

MOSAÏQUE

À la différence de cette jolie et artistique citation de Camus, on a l’habitude de dire que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.e.

Mais éventuellement, fort.e ou pas, quelque chose va finir par nous tuer. Nous ne sommes pas plus fort.e que la vie.

La vie, en fait, va finir par nous avoir. La mort va nous emmené.e avec elle. Notre corps du moins. Pour l’âme on verra. Peut-être. Ou pas.

Entre-temps, on doit apprendre à faire avec la vie, la petite, comme la grande Vie. Apprendre à composer une mélodie avec les notes, les blanches comme les croches, que la vie nous offre, à incorporer les fausses notes dans notre balade personnelle et commune. Chante-là ta chanson chantait le poète.

Et, comme le suggère Camus, on devra aussi apprendre à faire de la mosaïque avec tous nos ptits morceaux de soi-même. Juste ici, exactement là où l’on est, à partir d’ici, dès maintenant. Un peu, à chaque jour.

Apprendre à recoller tous nos morceaux, à intégrer toutes nos expériences, les belles comme les moins, les dures comme les douces.

Apprendre aussi à apprécier ceux et celles qui sont soutenant.e.s pour nous, nos proches et nos bien-aimé.e.s, mais peut-être et tout autant ceux et celles qui poussent nos boutons, qui nous font réagir, ceux et celles qui nous déclenchent et nous dérangent. Car souvent par là que passent les plus précieuses leçons de la vie. Papier sablé social.

On voudrait tous l’avoir facile la vie, qu’elle coule de source et de soi, qu’elle ne soit que de soie. Que tout ne soit que menoum menoum. Mais on sait bien que ce n’est pas le cas, jamais le cas. Aussi roc que drôle la vie.

Car on porte tous nos petits fardeaux, nos zones d’ombre, nos ordinarités et nos petits travers plus ou moins faciles à accepter, à prendre sur soi, à prendre en soi.

Des milliers de petits morceaux qu’on doit apprendre à agencer, à faire danser, sans que ça ne tangue trop. Garder le cap, comme l’équilibre. Des notes qu’on doit faire fitter sur les lignes de notre portée personnelle. Même lorsqu’elle se trouvent hors de portée. Les hautes comme les basses, les drôles comme les tristes. Et agencer notre mélodie dans la grande Samba commune.

Faire en sorte que tous les morceaux fassent partie et forment une oeuvre d’art, une courte-pointe, un charivari bien orchestré. Maestra la Vie !

Mais, comme le dit Camus, c’est long à assembler une mosaïque. En fait, ce n’est jamais terminé, ça prend toute une vie, ça prend toute la vie.

De fait, on prépare notre oeuvre d’art toute notre vie durant, on met toute notre vie dedans, pour éventuellement arriver à temps pour la grande finale, pour l’offrir à la grande faucheuse, alors qu’on remettra notre work in progress au créateur, à la créatrice.

Toutes et tous des oeuvres d’art sur 2 pattes les humain.e.s.

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Ma tâche, maintenant, est de ramasser les fragments de l’optimiste qui sommeille en moi.
– Colum McCann
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L’idée n’est pas de se retirer du monde quand on réalise à quel point il est horrible, mais de réaliser que cette horreur n’est que le premier plan d’une merveille, d’y revenir et d’y participer.
~Joseph Campbell

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Personne ne peut vous construire le pont sur lequel vous, et vous seul.e, devez traverser le fleuve de la vie.
– Nietzsche

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Cherchons le vrai courage dans la routine, dans l’engagement, dans les travaux et les jours, quasiment dans l’amour.
C’est une grande vertu ordinaire.
Nous ne serons pas sauvés par Clint Eastwood ou par Wonder Woman.
Nous n’avons jamais été sauvés par Hercule ou par l’épée du roi Arthur.
Voyez nos vrais héros: les camionneurs, les agriculteurs, les infirmières, les enseignantes, les bricoleurs et les bricoleuses, les médecins, les informaticiens, les soudeurs, les électriciens, et nous tous qui faisons tourner le monde, sans en faire tout un plat.

– Serge Bouchard – Un café avec Marie, via Jacques Roberge

YEUX ET COEUR OUVERTS

Il est impossible d’avoir les yeux ouverts sans que votre coeur ne soit brisé.
– Dr Gabor Maté

Tant de monde qui s’entretue sur cette planète bleue. Des enfants et leurs mères massacrés, disons-le, c’est un génocide. Ce n’est pas le premier, ça s’est produit ici déjà. Et d’une certaine façon, ça se poursuit avec tant d’inégalités car il y en aurait en masse pour tout le monde si on partageait équitablement.

Désolant mais moteur à changement.

Alors on ouvre les yeux, et le coeur… même si ça fait mal de voir et de regarder, et on continue de filer le monde avec amour, compassion et empathie…

SALUT JEUNES BRANCHES

LORSQUE JE MOURRAI
Lorsque je m’étendrai pour la dernière fois
SVP ne me mettez pas dans un cercueil en bois
Et ne laissez pas non plus de fleurs sur ma tombe
Dans un beau petit panier

N’injectez pas de produits chimiques dans mon corps
Et ne m’exposez pas non plus
Déposez mon corps dans la terre
Et plantez une graine sur ma tombe

Et comme mon corps se compostera sous terre
Ses atomes se transmutant
À sa place un arbre poussera
Sur le lieu de mon origine

Les précieux minéraux, retournés à la terre
Petites molécules de moi
Essence d’une autre vie
Alors que je deviens arbre.

Ce poème, de source inconnue (de moi du moins), m’est apparu ce matin. Il s’avère parfait comme point de départ de ma chronique vendredienne, et comme point final à une semaine de passage.

Car si ma semaine a commencé par des funérailles en ligne pour le départ d’un vieil ami de la Hollande, hier, elle s’est poursuivie avec un autre service funéraire, en présentiel et à Montréal cette fois. Celui d’un autre ami de longue date, un ami du silence, décédé cet hiver, mais qu’on célébrait hier en ce gris jeudi de mai.

Lors de la cérémonie, il fut souligné qu’il avait choisi que sa dépouille soit enterrée avec les semences d’un arbre. Pour poursuivre sa vie. Pour se re-créer. Pour revoir le jour et jouir du soleil de nouveau du haut de ses branches et ses feuilles nouvelles à venir. Beau geste et belle image.

Décidément, pas mal de mort, de départs, autour de petit moi ces temps-ci.

Je disais d’ailleurs ici il y a quelques jours que la mort m’est rentrée dedans à un certain point. Car on peut savoir que des gens qu’on a connu jadis sont mort.e.s, mais leurs morts nous révèlent aussi et beaucoup la nôtre, notre propre mort à venir. Notre propre mort en devenir actuel en fait, petit à petit, la mort nous rappelle à la vie.

À chaque proche qui meurt, c’est un peu nous aussi qui mourront, un ptit bout de nous, qui en laissons aller des pelures et des souvenirs de ce qui fut. L’armure, jadis nécessaire pour vivre dans le monde, tombe petit à petit devant l’ultime face à face avec la vie.

Et je réalise que la mort de nos proches fait partie intégrale du processus de vieillissement. Vieillir, ce n’est pas seulement sentir son corps se flétrir petit à petit, c’est aussi voir des proches et des moins proches quitter le navire en cette grande et étrange croisière qu’est la vie.

En ce sens, il monte en moi ce matin un immense respect pour tous ceux et celles qui, plus âgées, ont vu et continuent à voir tant des leurs partir.

Immense respect pour ceux et celles qui vivent en contextes de guerre et pour qui la mort est une compagne intime et quotidienne.

Tout aussi immense respect pour ceux et celles qui ont perdu un.e amour.e de vie, un.e conjoint.e de longue date. Et qui réussissent à continuer de vivre, ou qui meurent lentement de chagrin suite au départ de leur beloved.

Immense respect pour les parents qui ont perdu des enfants. Pas dans l’ordre des choses.

Immense respect pour la vie. Car c’est ce que nous apprend la mort, c’est ce que j’apprends de la mort cette semaine avec les départs rapprochés de plusieurs ami.e.s.

Immense et réelle humilité incarnée que seule la mort peut nous apprendre. Car aucun mot peut faire la job devant la mort, pas de connaissances qui peuvent nous la faire comprendre, ni éviter. Elle est là, juste ici, devant soi, en soi même. Qu’une question de temps, qu’une réponse au temps qui passe en fait. En soi, dans et sur soi, dedans comme devant.

La mort nous rappelle de vivre totalement pendant qu’on nous prête vie, d’ici à ce que l’on redevienne arbre. La mort nous réveille à la vie. Et elle nous dit aussi de ne pas trop s’en trop faire avec les détails, petits ni grands, et de sentir les fleurs du tapis de la vie plutôt que de s’enfarger dedans.

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Grandir, mûrir, vieillir, mourir, le temps passe, c’est prédestiné, inévitable.
Il n’y a qu’une solution pour que la vieillesse ne soit pas une parodie absurde de notre vie antérieure, c’est de continuer à poursuivre des fins qui donnent un sens à notre existence : le dévouement à des individus, à des groupes ou à des causes, le travail social, politique, intellectuel ou créatif.
Dans la vieillesse, nous devons souhaiter avoir encore des passions assez fortes pour nous empêcher de nous replier sur nous-mêmes.
La vie a de la valeur tant que nous en attribuons à la vie des autres, par l’amour, l’amitié, l’indignation, la compassion.

– Simone de Beauvoir, La Vieillesse

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Vieillir, c’est un art et une épreuve.
Il faut saluer avec tendresse celui/celle qu’on est devenu…
Et faire la paix avec celle/celui qu’on n’est plus.
Il faut apprendre à marcher plus lentement, à se dépouiller des attentes, et à chérir ceux et celles qui restent sans crainte de perdre encore.
Vieillir, ce n’est pas seulement compter les années.
C’est apprendre à dire adieu sans s’éteindre.
C’est garder vivant.e.s, dans les plis du cœur, ceux et celles qui sont déjà partis.
Et parfois, pleurer jusqu’à ce que le silence devienne semence pour faire naître d’autres rêves, d’autres sourires…
Vieillir, ce n’est pas faiblir.
C’est oser continuer.

– Alejandro Jodorowsky

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La vie vous brisera.
Personne ne peut vous protéger de cela, et vivre seul non plus, car la solitude vous brisera aussi avec son désir.
Il faut aimer.
Il faut ressentir.
C’est la raison de votre présence sur terre.
Vous êtes ici pour risquer votre cœur.
Vous êtes ici pour être englouti.
Et quand vous êtes brisé, trahi, abandonné, blessé, ou que la mort vous frôle, asseyez-vous près d’un pommier et écoutez les pommes tomber en tas tout autour de vous, gaspillant leur douceur.
Dites-vous que vous en avez goûté autant que possible.

~ Louise Erdrich

LE COEUR DU MONDE

Ne cherche pas à déceler les défauts chez les autres car alors toute votre vie sera concentrée sur des points négatifs. Chaque personne a ses défauts et a besoin d’amour et de compréhension. Sois humble et aimant.e envers les autres. Garde ton esprit inspiré par le Divin et tu n’auras pas le temps de penser à ces détails.
– paramahansa yogananda

Je ne prétends pas adhérer toujours et en toutes circonstances aux conseils de paramahansa yogananda ci-haut, ni les appliquer toujours, mais de plus en plus, j’essaie de tendre vers.

J’essaie sincèrement de voir le coeur des gens, de voir le meilleur du monde, la beauté dans le monde, malgré les horreurs qui y prennent place. Pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Question de survie et de santé mentale minimale. Et simplement parce que ça nous fait se sentir mieux de considérer le mieux.

Et comme on dit: langue sale coeur sale.

Car nous, les humain.e.s, avons en général tendance à voir davantage la paille du voisin et de la voisine que les poutres qui nous obstruent la vie et la vue, nous rendent critiques, juges et juré.e.s, et, ultimement, hautement condescendant.e.s.

Le fameux verre d’eau et ses deux moitiés. Toujours le choix de mettre l’emphase sur ce qui est ou ce qui manque, sur le plus nourrissant pour sa propre âme comme pour celles de l’humanité en général. Mon âme, ton âme, notre âme.

Mais si on a tendance à surtout cibler les fautes d’autrui, leurs défauts et ce qui cloche en eux et elles, peut-être est-ce tout simplement parce que l’on fait la même chose avec soi-même ? Car on dit que notre relation au monde extérieur n’est que le reflet de la relation qu’on entretient avec soi-même. Makes sens.

Évidemment, on ne doit pas chercher à tout voir en rose et à éviter le noir, et ne chercher qu’à ne voir que le beau chez les gens. Mais nous ne sommes pas obligé.e.s de figer notre regard seulement sur ce qui cloche car ça finit par sonner fort en notre coeur. On doit être capable de dire les choses quand quelque chose nous dérange, d’oser exprimer sa propre vérité mais peut-être toujours chercher à le faire dans un optique constructif et bienveillant.

Ah, d’ailleurs, parlons-en de cette fameuse bienveillance si souvent mentionnée. On dirait qu’elle vient contrecarrer toute la méchanceté libérée depuis quelques années via les réseaux plus a que sociaux.

Bienveillance : Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui.

Alors veillons à notre propre bien, comme au bien d’autrui. Car sans un souci de veiller au bien d’autrui équivalent au nôtre, notre propre bienveillance ne demeure qu’égoïsme et narcissisme. S’il est sain de s’occuper de soi en premier lieu, notre relation au monde devrait en être au moins de la même teneur.

Et pardonnez-nous nos offenses comme nous…

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Si vous le comprenez bien, le véritable sens du concept de Tong-Len est lié à l’inséparabilité de soi et des autres.
En fin de compte, soi et les autres sont inséparables.
Lorsque vous avez de l’amour, il imprègne naturellement tous les êtres.
En reconnaissant et en abandonnant vos propres afflictions, vous contribuez à l’abandon de celles des autres.
Lorsque la souffrance survient, pensez que vous portez la souffrance de tous les êtres.
Pensez que vous les représentez, puis méditez dans cet état.
Un jour, vous réaliserez qu’il n’y a pas de différence entre soi et les autres, qu’il n’y a pas de différence entre la souffrance et le bonheur, et c’est cela le secret duTong-Len.
~ Garchen Rinpoche

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Réfléchissez longuement à la mort et à l’impermanence.
Une fois certain.e de votre mort, vous n’aurez plus de mal à abandonner vos mauvaises actions, ni à faire ce qui est juste.
Ensuite, méditez longuement sur l’amour et la compassion.
Une fois que l’amour emplit votre cœur, vous n’aurez plus de mal à agir pour le bien d’autrui.
Ensuite, méditez longuement sur la vacuité, l’état naturel de tous les phénomènes.
Une fois que vous aurez pleinement compris la vacuité, vous n’aurez plus de mal à dissiper toutes vos illusions.
~ Gueshe Potowa

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Si vous vous attendez à ce que votre vie soit pleine de hauts et de bas, alors votre esprit sera beaucoup plus paisible.
~ Lama Yeshe

AHO LÀ-HAUT ICI-BAS

Dans les dernières semaines, quelques ami(e)s ont quitté leur corps. Oui ils sont morts, et, elle, morte. Cette semaine, j’ai même pris part à mon premier rite funéraire en ligne en lien avec la Hollande. Étonnamment touchant, même si en ligne. Digne ligne sans fil d’or.

Et hier, de façon surprenante, j’ai reçu le coup de massue du départ de mes ami.e.s. Hier, la mort m’a rentré dedans. Souvent après coup que ça passe l’intégration des départs de nos vies. Car on a beau comprendre la mort, parfois on la ressent. Même celles des autres. Car qu’une seule mort au fond.

Si vous n’êtes pas conscient de la mort, quelles que soient les pratiques du Dharma que vous entreprendrez, elles ne seront que superficielles.
~ Milarepa via Erik Jensen

Quand un ou une ami.e quitte ce monde, c’est une – autre – petite part de nous qui quitte aussi avec eux à chaque fois. Les souvenirs que l’on a conservé des expériences que l’on a vécues ensemble, les ptits bouts de mémoire vive – de mémoire vie – qui sont restés gravés dans notre corps comme dans notre mémoire s’allègent et prennent de l’altitude. Et en même temps, deviennent plus réels.

Au fil des années, avec les gens qui quittent les un.e.s après les autres, de plus en plus nombreux à mesure que les années s’accumulent en corps, l’apprentissage de la mort fait tout doucement son chemin, elle s’apprivoise et se loge en nous tout doucement, ou parfois durement.

Au fut et à mesure que les gens quittent autour de nous, la mort s’éveille en nous, elle nous parle de plus près, elle devient de plus en plus réelle et nous révèle ses secrets plus intimes. Nos proches qui meurent nous apprennent à réaliser la mort, à la rendre plus réelle, plus concrète. La mort est une suite de petites morts. La vie aussi d’ailleurs.

Même si nous n’avons pas encore connu la mort personnellement, même si nous ne la vivrons jamais vraiment tant qu’on ne passera pas de l’autre bord, quand on quittera soi-même le corps qui, pensait-on, nous appartenait mais qui n’était qu’en location, avec le temps, la mort commence à nous faire des coucous de plus en plus pressants. La mort devient plus réelle par répétition. Elle commence à chuchoter de moins en moins subtilement au fur et à mesure qu’elle nous entoure, elle se met à parler de plus en plus clairement, et même à s’adresser directement à nous parfois. Comme elle l’a fait hier pour moi.

Car on vit encore beaucoup d’espoir, on vit de projets à venir, de choses à réaliser, de plus tard vers lesquels se diriger. On vit encore beaucoup par en avant. Pour la plupart d’entre nous, on vit encore toujours un peu pour plus tard. Moi en tous cas. On se dirige toujours vers quelque part. Ailleurs, plus tard, et, souvent, plus beau.

Même si l’on pense que l’on vit un jour à la fois, souvent, le matin, on pense déjà au soir, ou au passé. Ah les mots. Le switch au vrai moment présent prend du temps, toute une vie. Et la mort nous aide à apprendre cela. Car la mort nous enseigne que tout est temporaire et impermanent, et que le présent est fugitif, furtif, évasif. Le temps file, avec nous dedans. Le temps court vers la ligne d’arrivée, en quête de l’ultime repos.

Mais cette leçon de vie, la mort, à chaque fois qu’elle se manifeste plus concrètement par le départ de l’un.e des nôtres, ne peut que s’incarner e nous, y descendre, s’y incruster, en tuant les faux rêves, comme montrant l’illusion de la procrastination. La mort nous ramène toujours au vrai, au présent; la mort est réel un cadeau.

Et la mort appelle la foi, la vraie, celle du bout de la vie, celle-ci du moins, cette graine de vie qui fut déposée et plantée dans notre corps à la conception et qui nous demande de vivre pleinement pendant qu’on le peut.

Pour continuer de porter la flamme.

PETIT RIEN EN REDEVENIR

Demeure simplement au centre de l’observation. Et ensuite oublies que tu étais là.
– Lao Tsu

Observer le monde et oublier qu’on est là. Quelle belle réalisation. Un bien beau but dans la vie.

Car nous ne sommes pas vraiment là, qu’ici. Et si peu vraiment. Qu’une vague présence.

Simplement laisser les choses être, telles qu’elles sont, sans intervenir, sans interférer. Observer le monde sans le juger, sans choisir de bord, sans mordre dedans, sans s’y laisser engouffré.e. Accepter tout, et douter de sa réelle présence.

On voit, on observe, on prend note, on ressent, témoin, sans s’y identifier, sans se laisser prendre.

Pour connaître, et re-connaître.

Devenir quelqu’un, ou quelque chose, est ce que l’on nous enseigne quand nous sommes encore tout petit.e.s. On dit d’ailleurs que la première moitié de la vie consiste à se forger un ego, à se bâtir une personnalité, pour pouvoir vivre dans le monde.

Alors que la deuxième servirait à les déconstruire, à revenir au vide que nous étions à la naissance, à la présence pure au moment de l’incarnation, et possiblement ce que nous redeviendrons au lorsque nous quitterons ce char usagé.

Quelques ami.e.s sont parti.e.s récemment, ils ont quitté leur corps, leur appareil, retourné.e.s d’où ils et elles sont venu.e.s. Là d’où nous venons aussi, là où nous retournerons nous aussi éventuellement.

Sont-ils encore quelqu’un ou quelque chose ? Ou sont-ils et elles redevenu.e.s rien de nouveau ? À suivre et à survivre. Mais chaque fois qu’un.e vieil.le ami.e quitte, c’est un peu de nous qui part aussi aussi avec eux et elles. Un ptit bout de nous.

D’ici là, on continue d’observer, et de travailler à ne devenir rien, pour le bien du plus grand nombre. Car au bout du compte, peu importe ce que l’on veut bâtir, devenir ou créer, poussière poussière, tout redeviendra poussière. Et la vie, elle, une grande aspiration.

Ci-bas, quelques perles de sagesse, glanées ici, et là.

Merci.

De rien.

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Alors que tout le monde essaie d’être quelque chose, ne sois rien.
Fais un avec le vide.

– Shams Tabrizi

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L’espace est qualifié de vide, sans fondement de définition.
Ainsi, la nature propre de l’esprit est et a été, depuis le tout début, semblable à celle de l’espace.
Mais sa nature exacte ne peut être verbalisée.
De même, l’esprit est qualifié de lumineux, mais sa nature exacte est vide,
~ S
araha

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La vie des grands pratiquants démontre à maintes reprises que pour maintenir la pratique du Dharma, il n’est pas nécessaire de renoncer au monde.

Il n’est pas non plus nécessaire de renoncer au Dharma pour rester impliqué dans les activités du monde.
Il est possible d’intégrer les deux choses en une seule vie.
Progressivement, de nouvelles priorités et un équilibre nécessaire apparaissent.
Au cours de ma vie, j’ai vu quatre personnes atteindre le corps arc-en-ciel au moment de leur mort ; elles ne vivaient pas dans des monastères, mais avec leur famille.
À vingt-deux ans, j’ai vu un homme atteindre le corps arc-en-ciel, et la plupart des gens ignoraient même qu’il maintenait une pratique spirituelle.
Nul besoin d’apparence extérieure pour réussir sur la voie spirituelle.
Ce n’est pas le corps que nous modifions pour atteindre l’éveil, mais l’esprit.
Vous pouvez adopter un mode de vie d’ermite, abandonner vos préoccupations concernant la nourriture, les vêtements, la richesse, les amis, la famille, le foyer, et vous installer sur une montagne en vous consacrant entièrement à la méditation.
C’est une voie parfaitement valable.
Dans le Vajrayana, cependant, il existe une autre voie.

Votre vie extérieure se poursuit normalement.
Vous ne quittez pas votre foyer, ne renoncez à rien, mais ne vous écartez jamais de la vertu, du Dharma, de l’intention d’apporter des bienfaits ou de la sagesse.
~ Chagdud Tulku Rinpoché

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Voilà ce que le pratiquant du Dharma doit comprendre : le samsara, ou nirvana, tout entier, est aussi dénué d’essence ou de vérité qu’un film.
Tant que nous n’aurons pas compris cela, il sera très difficile au Dharma de pénétrer notre esprit.
Nous serons toujours emportés, séduits par la gloire et la beauté de ce monde, par tous les succès et échecs apparents.
Cependant, une fois que nous aurons compris, ne serait-ce qu’une seconde, que ces apparences ne sont pas réelles, nous gagnerons une certaine confiance.
Cela ne signifie pas que nous devions nous précipiter au Népal ou en Inde pour devenir moine ou nonne.
Nous pouvons conserver notre emploi, porter un costume-cravate et aller au bureau avec notre serviette tous les jours.
Nous pouvons encore tomber amoureux, offrir des fleurs à l’être aimé, échanger des alliances.
Mais quelque part au fond de nous, quelque chose nous dit que tout cela est dénué d’essence.
~ Dzongsar Khyentsé Rinpoché

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Je vais mourir, bientôt.
Tout traitement à visée curative est désormais sans objet.
Reste à raisonnablement atténuer les douleurs.
Or, je suis comme j’espérais être : d’une totale sérénité.
Je souris quand mes collègues médecins me demandent si la prescription d’un anxiolytique me soulagerait.
De rien, en fait, je ne ressens aucune anxiété.
Ni espoir – je ne fais toujours pas l’hypothèse du bon Dieu – ni angoisse.
Un certain soulagement plutôt.
Selon moi, limiter la vie au désir de ne pas mourir est absurde.
J’ai par exemple souvent écris que lorsque je ne marcherai plus, je serai mort.
Il y aura un petit décalage puisque je ne marche plus, mais il sera bref.
Alors, des pensées belles m’assaillent, celles de mes amours, de mes enfants, des miens, de mes amis, des fleurs et des levers de soleil cristallins.
Alors, épuisé, je suis bien.
Il a fallu pour cela que je réussisse à « faire mon devoir », à assurer le coup, à dédramatiser ma disparition.
À La Ligue, j’ai le sentiment d’avoir fait au mieux.
Mon travail de transmission m’a beaucoup occupé, aussi.
Je ne pouvais faire plus.
Je suis passé de la présidence d’un bureau national de La ligue le matin à la salle d’opération l’après-midi. Presque idéal.
Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis.

– Axel Kahn

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Comment se libérer des limitations conceptuelles
Comme des vagues, toutes les activités de cette vie se sont succédées sans fin, et pourtant, elles nous ont laissés les mains vides.
Des myriades de pensées ont traversé notre esprit, mais elles n’ont fait qu’accroître notre confusion et notre insatisfaction.
Normalement, nous fonctionnons avec l’idée erronée que tout possède une réalité véritable et substantielle.
Mais en y regardant de plus près, nous découvrons que le monde phénoménal est comme un arc-en-ciel : vif et coloré, mais sans existence tangible.
Lorsqu’un arc-en-ciel apparaît, nous voyons une multitude de belles couleurs.
Pourtant, un arc-en-ciel n’est pas un vêtement que nous pouvons porter, ni un ornement ; il apparaît simplement grâce à la conjonction de diverses conditions.
Les pensées surgissent dans l’esprit de la même manière.
Elles n’ont aucune réalité tangible ni existence intrinsèque.
Il n’y a donc aucune raison logique pour que les pensées aient autant de pouvoir sur nous, ni pour que nous en soyons esclaves.
L’esprit crée à la fois le samsara et le nirvana.
Pourtant, il n’a pas grand-chose à voir avec cela : ce ne sont que des pensées.
Une fois que nous reconnaissons que nos pensées sont vides, l’esprit n’a plus le pouvoir de nous tromper.
Mais tant que nous prenons nos pensées illusoires pour réelles, elles continueront de nous tourmenter sans pitié, comme elles l’ont fait au cours d’innombrables vies antérieures.
Pour maîtriser notre esprit, nous devons être vigilants et examiner constamment nos pensées, nos paroles et nos actions.
Pour couper court à l’attachement de l’esprit, il est important de comprendre que toute apparence est vaine, comme l’apparence de l’eau dans un mirage.
Les belles formes ne sont d’aucun secours pour l’esprit, et les formes laides ne peuvent en aucun cas lui nuire.
Brisez les liens de l’espoir et de la peur, de l’attraction et de la répulsion, et restez serein en comprenant que tous les phénomènes ne sont que des projections de votre propre esprit.
Comprendre que l’apparence et la vacuité ne font qu’un est ce qu’on appelle la simplicité, ou la libération des limitations conceptuelles.

Pratique

Les obstacles peuvent surgir de circonstances bonnes ou mauvaises, mais ils ne doivent jamais vous décourager ni vous dominer.
Soyez comme la terre, qui soutient tous les êtres vivants sans distinction, sans distinguer le bien du mal.
La terre est simplement là.
Votre pratique devrait être renforcée par les situations difficiles que vous rencontrez, tout comme un feu de joie emporté par un vent violent ne s’éteint pas, mais flamboie encore plus intensément.
Lorsque quelqu’un vous fait du mal, voyez-le comme un maître bienveillant vous montrant le chemin de la libération.
Priez pour pouvoir l’aider et ne jamais espérer de vengeance.
Regardez droit dans les yeux, et vous verrez que la personne blessée, celle qui fait du mal et le mal lui-même sont totalement dénués de toute réalité intrinsèque.
Face à ces apparences vides, y a-t-il quelque chose à perdre ou à gagner ?
Tout est comme un ciel vide.

Reconnaissez-le !
Tant que vous prêtez attention à votre haine et tentez de vaincre vos adversaires extérieurs, même si vous y parvenez, d’autres surgiront inévitablement à leur place.

Même si vous parveniez à dominer tout le monde, votre colère ne ferait que s’intensifier.
Le seul ennemi vraiment insupportable est la haine elle-même.
Pour vaincre l’ennemi de la haine, méditez avec concentration sur la patience et l’amour jusqu’à ce qu’ils prennent racine en vous.
Demandez-vous combien, parmi les milliards d’habitants de cette planète, ont la moindre idée de la rareté de la naissance humaine.

Combien de ceux qui comprennent la rareté de la naissance humaine songent à saisir cette chance pour pratiquer le dharma ?
Combien de ceux qui envisagent de pratiquer le font réellement ?
Combien de ceux qui commencent à persévérer ?
Combien de ceux qui persévèrent atteignent la réalisation ultime ?
En effet, ceux qui atteignent la réalisation ultime, comparés à ceux qui n’y parviennent pas, sont aussi peu nombreux que les étoiles que l’on voit à l’aube.
Tant que vous ne reconnaîtrez pas la véritable valeur de l’existence humaine, vous ne ferez que gâcher votre vie en activités futiles et en distractions. Lorsque la vie arrivera trop tôt à sa fin inévitable, vous n’aurez rien accompli de valable.

Mais une fois que vous aurez véritablement perçu l’opportunité unique que la vie humaine peut offrir, vous consacrerez assurément toute votre énergie à en récolter la véritable valeur en mettant le dharma en pratique.
~ Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpoché

PETITES VIOLENCES ORDINAIRES

La violence ne consiste pas seulement à tuer une autre personne. La violence c’est aussi une parole blessante, un geste brusque pour tasser quelqu’un, ou quand nous obéissons sous la peur. Ainsi la violence n’est pas une simple boucherie organisée au nom de Dieu, d’une société ou d’un pays. La violence est plus subtile, plus profonde.
– J. Krishnamurti

Bien sûr, il y a Gaza, le Soudan, l’Ukraine, Haïti et le Congo. Il y a aussi les règlements de compte, les tueries de masse et les voitures béliers. Sans oublier les réseaux asociaux où les mots de destruction massive sévissent désormais. La violence est répandue de par le vaste monde. D’où peut-être cette si grande quête de paix.

Mais il y a aussi nos petites violences quotidiennes. Autant celles envers nous-même que celles envers les autres. Car c’est avant tout avec soi que nous sommes en relation, face à nous-même que nous sommes peut-être les plus dur.e.s, sinon plus ou moins violent.e.s, en ne nous acceptant pas tels que nous sommes, en voulant changer, en essayant d’être toujours meilleur.e.s, plus ceci ou moins cela. Être quelqu’un d’autre carrément.

Et notre propre relation à soi se reflète inévitablement sur autrui, et/ou la remplace et prend sa place. Nos mots durs envers soi se rejettent dans la même mesure sur ceux et celles qui ne partagent pas nos opinions, notre propre rejet de soi se retourne en jugements sur les apparences physiques d’autrui qui poppent up avant même que nous nous en rendions compte. Et tutti quanti.

Souvent on aime haïr en dehors de soi mais au fond, possiblement seulement soi-même que l’on n’aime pas ni n’accepte suffisamment.

À chaque fois qu’on se surprend à détester Trump, la plus grosse cible de haine mondiale, ou la gauche ou la droite, ou les bleus ou les rouges, c’est un peu de haine envers soi-même que l’on peut dégager, que l’on relâche, que l’on sécrète. Et au final, ce n’est que nous-même nous que nous empoisonnons, une partie de nous-même que nous détestons, même si nous pensons le projeter en dehors de soi. Nous sommes l’émetteur/trice de cette haine et nous qui en subissons les braises.

La première relation – peut-être la seule vraie et réelle car on dit que c’est toujours à soi-même que l’on s’adressse – est celle que l’on entretient avec soi-même. Et celle-ci se reflète ensuite indirectement envers les autres.

Quand on s’accepte exactement tel que nous sommes, dans tous nos aspects, surtout ceux les plus difficiles à accepter, quand on peut se prendre dans ses propres bras, et ouvrir son coeur à soi-même et qu’on se sent bien dans notre propre peau. on aime le monde de la même manière.

Si on s’arrête qu’on y pense et le ressent, en effet, les mots de Krishnamurti sont plus que justes: La violence est plus subtile, plus profonde que ce que l’on peut s’imaginer en observant seulement le monde. La violence prend racine dans notre propre coeur si l’on n’y cultive pas l’amour, l’empathie et la compassion envers soi-même.

Sinon on projète nos malaises sur autrui, on les rejette sur le vaste monde, et sur tout le monde. Ce monde qui n’est qu’écran de notre propre film intérieur qui prend place en soi dans les tréfonds de notre âme.

Ainsi on doit apprendre tout d’abord à s’aime soi-même, ce qui constitue peut-être l’une des plus grosses et dures job au monde. Pas en opposition ni en comparaison aux autres, simplement en soi pour pour soi, pour qui l’on est.

Je sais, ces mots peuvent sonner simplistes à vos yeux. Ils sonnent ainsi aux miens en les écrivant. Mais ce sont souvent les mots et les vérités les plus simples qui sont les plus fondamentales. Et les plus difficiles à mettre en pratique, à appliquer au quotidien.

Il y a tant de sources de distraction en ce monde, au fil de nos écrans qu’on en oublie souvent de revenir à soi et que tout ce que l’on voit n’est, au fond, qu’une réflection de soi-même.

Alors salut miroir miroir, euh moi, euh toi, ben nous.

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Faut faire attention à ce qu’on dit.
Je sais que ce que je dis revit dans l’esprit de qui l’entend.
C’est pour ça qu’il faut faire attention aussi à comment on le dit.
C’est de notre responsabilité de choisir nos mots et la musique qui les accompagnent.

Reste le souffle et le soin qu’on leur porte.
Une maladresse est vite arrivée.
L’accident nous guette.
Regarder derrière, regarder devant, regarder sur les côtés avant de s’engager, voilà pour la conduite de nos véhicules verbaux. Manœuvres délicates.

Le silence aussi se manie avec précaution.
Pas qu’il se remplisse de quelque malentendu ou mot maudit.
Bien sûr que les mots font écho dans nos solitudes.
La nuit.

Et c’est là que quelques pieds se touchent pour former nos corps partagés.
Notre corps social.
Faire société, c’est bien parler.
Faire attention à ce qu’on dit.

– ⁠Dick Annegarn

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Avoir la possibilité de blesser ceux qui nous ont blessés, et ne pas le faire… voilà ce qui nous distingue vraiment d’eux.
La véritable force ne réside pas dans la vengeance, mais dans le contrôle, dans le choix de la paix plutôt que du ressentiment, et dans le fait de prouver que nous sommes plus grands que la douleur qu’ils nous ont causée.

– Morgan Freeman

LET’S REMEMBER / JE ME SOUVIENS

Ce matin, rien de mon cru, je suis cuit.
Je ne veux que traduire les mots d’une autre, une elle qui aime écrire son nom en minuscule elle aussi, christy sharshel, mots écris hier. Bene dictions.

Avant que tu ne sois quoi que ce soit –
Avant le nom ou le souffle,
Tu fus amour
Devenant forme.

Pas fait.e, mais tissé.e, tricoté.e
Dans le silence d’un ventre de mère
Fredonnant
Dans la musique d’un lien.

Tissé.e avec le fil
Qui tient les étoiles ensemble –
Pas séparé.e. du Divin,
Mais un(i).e avec Lui/Elle.

Mais toujours – le monde oublie.
T’apprend à oublier.
À fermer. À porter la blessure
comme si c’était ton nom.

Mais bien-aimé.e,
Tu n’est pas la blessure.
Tu es le/la tisserand.e.
Tu es le fil.

Tu es le Divin.

C’est ainsi que nous guérissons –
Non en s’efforçant, mais en s’adoucissant
Dans la vérité de qui nous sommes
Nous ne sommes pas brisé.e.s.

Nous sommes tissé.e.s. d’amour
L’étoffe même de notre être
Chaque moment, chaque souffle
Si seulement nous pouvions nous souvenir…

via Tara Brach



OMBRE ET LUMIÈRE

Petit rappel en ces temps sombres…
Bien sûr, on doit pointer la noirceur… comme l’injustice et le mal qui sévissent en ce monde. Mais on ne doit jamais placer toute l’emphase sur cela. Assure-toi de toujours placer l’emphase sur la Lumière. Et rappelle-toi que peu importe l’ampleur de la noirceur, la Lumière sera toujours plus grande.

Parfois difficile de rester centré.e et concentré.e sur la lumière ces temps-ci. On a tendance à se perdre dans l’ombre, à s’y noyer, tendance à s’y laissé submergé.e. Comme si une pulsion de mort en soi nous aspire vers le fond, nous souffle au visage, nous attire vers le noir et le sombre.

Comme une grande fatigue qui nous pousse à vouloir se reposer, abandonner, baisser la lampe de poche et retourner à la maison. La réalité du grand monde out there est épuisante, suscitant l’impuissance, un peu de culpabilité, et une responsabilité partagée devant l’horreur. Comme si une partie de soi voulait s’évader devant tant d’inhumanité.

Pas toujours facile ni évident de se rappeler qu’une seule petite parcelle de Lumière peut éclairer toute la noirceur du monde. Si on ne peut se battre contre la noirceur, on peut laisser shiner these little lights of ours, nous gens de bonne volonté, ce qui constitue la majorité du monde. Par l’amour, la beauté, la musique, la générosité partagée, sans gain personnel aucun.

Juste pour soutenir la vie.

https://www.youtube.com/watch?v=R0qAYq1GVec