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INQUIÉATTITUDE CHRONIQUE

90 % des choses à propos desquelles je m’inquiète ne se réalisent jamais. L’inquiétude fonctionne.

C’est le 10 % restant qui m’inquiète 😉

Worry se traduit par s’inquiéter, se faire du souci, ou se faire du tracas, se tourmenter, se tracasser ou être tracassé.e, être préoccupée.e (par quelque chose), ou se préoccuper (se le faire soi-même, par soi-même, à et en soi-même), s’en faire, broyer du noir, etc. Il y a bien d’autres termes mais on comprend le concept. Car on s’en fait au quotidien pour de si nombreuses choses.

Je m’inquiète donc je suis.

Le verbe (se) préoccuper est particulièrement intéressant. Se pré occuper signifie être occupé.e par quelque chose ou une situation – ou par quelqu’un.e – avant que le problème ne se produise ou se manifeste. Parfois c’est notre intuition qui nous guide et nous aide à prévenir un danger, parfois c’est notre habitude chronique de s’en faire pour rien.

Dans les faits, en ce moment même, il n’est pas si déplacé d’être préoccupé.e.s par quelques enjeux autour de nous. Même si on ne peut rien faire pour le prévenir, ou si peu.

Mais si on ne peut rien à son propos, pourquoi s’en faire right ?

Bonne question e chroniqueur.

Le retournement de pensée de l’affirmation ci-haut est intéressant car par l’absurde, on nous montre qu’on peut bien s’inquiéter pour une foule de choses – la santé de la planète, Trump, Gaza, les inégalités sociales et tutti quanti – pas grand chose qu’on puisse faire pour prévenir une éventuelle catastrophe à venir.

En fait, comme le dit si bien Bashar ci-bas, s’inquiéter est comme prier pour quelque chose que vous ne voulez pas. Pourquoi faire porter votre attention sur une réalité dont vous ne voulez pas ?

On peut s’inquiéter pour préparer l’avenir, pour éviter le pire, ou le faire par habitude redondante. Et on nous a bien inculqué cette habitude de s’inquiéter pour la fin dans la religion catholique en nous promettant l’enfer à la fin de nos jours si on n’obéissait pas à certaines lois divines. Et nous on a acheté une partie de cette croyance.

Un dicton dit d’y penser à deux fois avant de sauter dans le vide. Un autre dit au contraire : sautez dans le vide, sans penser, et vous aurez ensuite tout le temps d’y penser par la suite.

Deux façons de vivre, une seule vie à vivre. Un seul choix à faire.

Alors cette journée à venir, j’ai envie de l’offrir aux gens de Gaza, avec eux et elles en nos coeurs et nos pensées.

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On oublie que la mort existe…
Ou peut-être fait-on semblant.
On s’inquiète pour un rien, et parfois pour beaucoup.
On râle pour cinquante mètres à parcourir sous la pluie, pour une mèche de cheveux coupée trop court, pour un agenda trop rempli d’obligations que l’on a nous-mêmes empilées, comme si le temps était une matière infinie, une ressource inépuisable.
Et puis… il y a ce jour.
Celui qui nous rappelle que la vie est fragile.
Celui où le téléphone sonne, où les mots s’étranglent, où le monde s’arrête.
Une personne qui nous rendait fier s’en va, une maman doit laisser sa fille, un regard s’éteint, et avec lui, une partie de nous vacille.
Alors on se fait des promesses.
De ne plus remettre à demain.
De rire plus fort, d’aimer sans demi-mesure.
D’oser, d’alléger, de ne plus se laisser happer par l’illusion du contrôle.
On se jure de choisir la lumière.
Mais la vie, cette magicienne, reprend son cours.
Les urgences factices reviennent.
Les cinquante mètres redeviennent une contrainte, la mèche trop courte redevient un drame, et l’agenda se remplit à nouveau, insidieusement.
Jusqu’au prochain rappel.
Et si, cette fois, on tenait parole ?
Si on choisissait vraiment, chaque matin, la lumière ?
Pas en de vaines promesses, mais en gestes concrets.
Un regard plus tendre, un café pris sans se presser, un « je t’aime » dit sans raison, une main serrée avec intention.
Parce qu’il n’y a pas de plus grand oubli que celui de la vie elle-même.
Et pas de plus bel hommage à ceux qui partent que de la vivre pleinement, ici, maintenant, sans plus jamais faire semblant.
J’ai une pensée infiniment douce et emplie d’amour pour toutes ces mamans et tous ces papas qui ont dû laisser leurs enfants trop tôt, trop vite…
Et pour tous ces enfants qui ont dû grandir d’un seul coup, portant en leur cœur l’écho d’un amour devenu absence, mais jamais silence.

– Aline Metzmacher

VÉRITÉ, RÉCONCILIATION ET HUMANITÉ PARTAGÉE

Le seuls peuples avec une histoire de développement durable depuis des millénaires sont les peuples autochtones et malgré ce qui a été fait pour les déloger, ils/elles sont encore ici pour défendre leurs terres.
– David Suzuki

C’est la journée de la vérité et de la réconciliation aujourd’hui au pays. Pensées vers les peuples premiers. Et respect pour la terre, leur terre, notre terre commune.

Espérons que vérité et réconciliation, deux valeurs fondamentales, puissent éventuellement devenir réalité et s’incarner au plus profond du coeur des gens de bonne et de moins bonne volonté.

Car bien du mal a été fait ici, comme en de nombreux autres endroits du globe. En Israël un certain 7 octobre il y a presque 2 ans, comme à Gaza en ce moment même, et depuis des mois, sinon des années et des décennies. Et ailleurs, en de nombreux ailleurs sur terre. Ces malheurs et ces drames, nous les portons tous et toutes en nos coeurs. Car un seul coeur qui regroupe tous les coeurs du monde. Un seul rythme, une seule humanité.

L’histoire humaine en est une de guerre et de conflits davantage que de paix. Mais ne dit-on pas tomber 7 fois et se relever 8 ? Alors on continue, surtout que nous l’avons plutôt facile nous ici.

La paix est une cible qui paraît bien difficile, voir quasi impossible, à atteindre. Mais j’imagine que l’on doit garder espoir, même lorsque cet espoir vacille car la vie nous est encore prêtée. Et la paix est possiblement davantage un processus qu’un objectif. Alors on continue de continuer, en n’oubliant personne.

Autant ici au Canada qu’au Moyen-Orient, la terre est tachée de sang. Comme les coeurs et une partie de nos âmes. Alors pardon aux gens qui ont été blessés, par nous comme par nos ancêtres.

Ici, au Canada, on aime parfois rappeler que nous sommes sur des territoires autochtones non cédés, en ne faisant toutefois rien de concret pour reconnaître cette injustice ancestrale. En fait, c’est comme avouer que nos ancêtres ont volé les terres des premiers peuples et les ont abuser, mais qu’on ne les remettra pas ces terres, ni ne feront rien pour les dédommager. Étrange reconnaissance emplie de mots vides.

Toutes les guerres sont personnelles. Tout conflit implique des gens, des personnes, des humain.e.s, des pères et des mères, des fils et des filles, des amitiés et des amours. Et toute vie humaine ne peut qu’être incarnée. Toutes les guerres ont et sont des histoires, toutes les vies des défis.

Ce matin c’est en pensant à tous ceux et toutes celles qui souffrent, en particulier aux enfants du monde que j’écris ces quelques mots. En les portant en mon coeur, en les manifestant du bout des doigts.

Si vous voulez ressentir un peu le quotidien de la situation infernale à Gaza, je vous recommande l’hyper touchant reportage d’Émilie Dubreuil qui a maintenu un contact direct avec deux jeunes mères de Gaza.
https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/14063/lettres-gaza-journal-hala-aya-serie-dubreuil

En lien avec le volet autochtone d’ici, je me promet de regarder le documentaire au sujet de Florent Vollant, qui a vécu le déracinement et les pensionnats. Pour me rappeler de ce que l’on porte, pour me souvenir comme l’affirme affrontément nos plaques d’immatriculation.

Et ci-bas, le témoignage d’une médecin, porteur d’espoir dans le contact d’humain.e à humain.e.
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Je connais la pression exacte qu’il faut pour casser une côte en réanimation cardio-pulmonaire.
Mais mardi dernier, j’ai appris que le silence d’un patient peut briser l’âme d’un médecin.
Il s’appelait David Chen, mais sur mon écran, il était « Homme, 82 ans, Insuffisance cardiaque congestive, Chambre 402 ».
J’ai passé sept minutes avec lui ce matin-là.
Sept minutes pour vérifier ses constantes, écouter le liquide dans ses poumons, ajuster ses diurétiques et saisir les 24 données requises dans son Dossier Médical Informatisé.
Il a essayé de me dire quelque chose en désignant une photo décolorée sur sa table de nuit.
J’ai hoché la tête, dit « On se parle plus tard », et je suis passé à autre chose.
Il n’y avait pas de code de facturation pour « On se parle plus tard ».
M. Chen est décédé cet après-midi-là.
Alors qu’une infirmière débarrassait discrètement ses affaires, elle m’a tendu la photo.
C’était lui, jeune homme, rayonnant, le bras autour d’une femme, debout devant une petite épicerie avec « MARCHÉ CHEN » peint sur la vitrine.
Cette prise de conscience m’a fait l’effet d’un coup de massue.
Je connaissais sa fraction d’éjection et son taux de créatinine.
Je connaissais son assurance et son allergie à la pénicilline.
Mais j’ignorais le nom de sa femme, ni qu’il avait bâti sa vie de ses propres mains, de toutes pièces.
Je n’avais pas soigné David Chen.
J’avais géré le déclin d’un système organique défaillant.
Et dans cette efficacité stérile, j’avais perdu une part de moi-même.
Le lendemain, j’ai acheté un petit carnet Moleskine noir.
J’ai eu l’impression de me rebeller.
Ma première patiente était Eleanor Gable, une femme fragile, perdue dans un océan de draps blancs, diagnostiquée d’une pneumonie.

J’ai fait mon examen, mis à jour son dossier, et juste au moment de partir, je me suis arrêté. Je me suis retourné.
« Madame Gable », ai-je dit d’une voix étrange. « Dites-moi une chose sur vous qui ne figure pas dans ce dossier.»
Ses yeux fatigués s’écarquillèrent de surprise.

Un léger sourire effleura ses lèvres. « J’étais institutrice en CE1 », murmura-t-elle.
« Le plus beau son du monde… c’est le silence qui vient juste après qu’un enfant ait enfin lu une phrase tout seul. »
Je l’ai noté dans mon carnet. Eleanor Gable : Elle apprenait à lire aux enfants.
J’ai continué. Mon petit carnet noir a commencé à se remplir de fantômes de vies vécues.
Frank Miller : Il a conduit un taxi jaune à New York pendant 40 ans.
Maria Flores : Sa recette moelleuse lui a valu la foire d’État du Texas, trois années de suite.
Sam Jones : Il a demandé sa femme en mariage sur la Kiss Cam lors d’un match des Dodgers.
Quelque chose a commencé à changer.

L’épuisement, cette lourde cape grise que je portais depuis des années, commençait à s’atténuer.
Avant d’entrer dans une pièce, je jetais un coup d’œil à mon carnet.
Je n’entrais pas pour voir la « pancréatite aiguë du 207 ».
J’entrais pour voir Frank, qui avait probablement un million d’histoires à raconter sur la ville. Mes patients le ressentaient aussi.
Ils se redressaient un peu.
Une lueur vacillait à nouveau dans leurs yeux.
Ils se sentaient vus.
Le véritable test arriva avec Léo.

Il avait 22 ans, était en colère et refusait la dialyse pour une maladie qu’il s’était causée. C’était un « patient difficile », une étiquette qui, en jargon hospitalier, signifie « on a abandonné ».
L’équipe était frustrée.
Je suis entrée dans sa chambre et je me suis assise, laissant ma tablette dehors.

Nous sommes restées assis en silence pendant une minute entière.
Je n’ai pas regardé ses écrans. J’ai regardé les dessins complexes qui couvraient ses bras.
« Qui est votre dessinateur ? » ai-je demandé.
Il a ricané.

« Je les ai faits moi-même. »
« Ils sont bons », ai-je dit. « Celui-ci… on dirait un plan. »
Pour la première fois, son regard perdit son acuité.

« Il voulait être architecte », a-t-il murmuré, « avant… tout ça. »
Nous avons parlé pendant vingt minutes de bâtiments, de lignes, de création de quelque chose de permanent.

Nous n’avons pas mentionné une seule fois ses reins.
Quand je me suis levé pour partir, il a dit, si doucement que j’ai failli le manquer :
«D’accord. On peut essayer la dialyse demain. »
Plus tard dans la soirée, j’ai ouvert mon Moleskine.

J’ai écrit : Leo Vance : Dessine des villes sur papier.
Le système avec lequel je travaille est conçu pour documenter les maladies avec des milliers de points de données.

Il enregistre chaque toux, chaque comprimé, chaque analyse de laboratoire.
Il raconte comment un corps se décompose.
Mon petit carnet noir raconte une autre histoire.

Il raconte pourquoi une vie comptait.
On nous apprend à pratiquer la médecine avec des données, mais nous guérissons avec humanité.

Et dans un monde submergé d’informations, une simple phrase qui dit : « Je te vois » n’est pas qu’un geste gentil.
C’est le médicament le plus puissant dont nous disposons.
– de source inconnue, via James Mike

HALTE ESCAPE

Salut lecteur/trice

Si tu es déjà passé.e par ici, tu sais que je me fais aller les doigts régulièrement et chroniquement pour taper des mots divers, même l’été. Et l’automne. Je tape surtout le matin, plus tôt que tow. J’écris dans le now.

Je tape pour voir, juste pour voir. Juste pour voir ce qui va popper de mon inconscient. Pour voir et parfois revoir, ce qui se cache en moi, ce qui git dans le ptit cagibi de bibi.

Je tape pour jouer, avec les mots, mais surtout pour que les mots se jouent de moi. Car j’aime me faire jouer par les mots. Me faire jouer des tours et faire rire de moi. Je crois que les mots se jouent toujours de nous. Nous pensons pouvoir les maîtriser mais ce sont eux qui nous tiennent, nous stressent ou en détresse, en laisse ou en liesse.

Les mots ne nous laissent que très rarement tranquilles. En fait, les mots nous retiennent, nous enchaînent et nous détiennent. Et certains mots nous donne la chienne, surtout ceux que l’on doit dire. Les plus durs à dire. Mots durs, mots doux.

Même dans nos silences, dans nos méditations, les mots volent et revolent de partout en nous, même si, surtout dans notre tête de pinotte. Les mots passent et repassent même quand on se passe de mots.

Et les mots de passe ? Les pires à se souvenir de. Mots de passe comme hôtel de passe-passe. Passe-partour et post-partum.

Parfois les mots se croient, les mots se croisent. Parfois, les mots crissent, les mots crossent, mots criss-cross. Mots croisés et mots cachés. À demis mots, maux exposés. Mots crasses.

Moi, mes mots sont free style, mes mots sont gratuits, ils ne sont jamais cashés. J’écris pour rien justement, alors c’est tout dire.

Et comme le dit si bien Georges Courteline: Pour avoir une conversation distinguée, on doit se rappeler de n’ouvrir la bouche que lorsqu’on n’a rien à dire. Rien et bien dit. D’où l’expression, je dis ça, je dis rien. Je vous l’avais dit.

Tape tape tape, dans le dos comme dans face. Comme le vent.

J’écris free donc. Écriture libre, sans style, sans but. Échappatoire de mots. QUand c’est trop, control Alt delete.

J’écris pour me délivrer du mal car comme on sait bien, le mal a dit, le mal dit tout. Au tour du bien de parler, de crier, de soupirer. Bene dictions.

Alors que les maux sont souvent de trop, on dit souvent rien qui ne vaille. Car ultimement, rien qu’il ne faille dire. Tout a déjà été dit. Et on ne gagne rien à tout dire. Faut savoir se retenir le sac à scrabble car souvent ce ne sont pas les mots, mais plutôt le silence qui compte, double. Mots simples, sens multiples.

Tout a déjà été dit, écrit, chanté. En particulier l’amour. Et ses peines surtout. Et si on chantait la joie alors ? Amor amor amor alors. Aimes-tu la vie comme moi ? À mort.

Bouteilles à la mer et petits mots chroniques à la mère terre. Mots chroniques par foi, mots comiques parfois. Les deux à la fois ma foi.

Penser jouer avec les mots quand, au fond comme en surface, ce sont les mots qui se jouent de nous, et nous manipulent, les mots qui nous jouent des tours, les mots qui nous mènent en portes battantes et en free games. Moi je tape et eux résonnent, et me sonnent. Ding dong ! KO ? OK !

L’exercice d’écriture, même si ce n’est que pour nous, permet souvent de digérer un peu de ce qui peut nous tenir éveillés longuement dans nos ruminations, notre peine, notre deuil.
– Nathalie Plaat, Le Devoir 24/7/23

Moi j’écris pour moi, mais avec vous, devant vous. Vos écrans du moins. Je me vide l’écrin dans vos écrans. De rien. Et pas de trouble, vous n’êtes que quelques-un.e.s. Et deux fois plus de yeux et de mains. Et j’écris plus comme un pied que comme un mètre. Alexandre hein ?

Écrire pour ruminer, pour divaguer, pour digérer donc. Sinon les mots nous bouchent la foi. Car lorsqu’on a la foi, la vraie, aucun mot n’est requis. La foi exige le silence et la persévérance. Comme la pureté du coeur.

Ce sont les requins qui usent et abusent des mots comme des joueurs de baseball. Pitchs de vente. Les vendeurs et les bullshitteurs.

L’abus du langage induit le mal dans l’âme. – Socrate, qui ne ne parlait pas de grammaire. Ni de sa grand-mère.

Mal utiliser le langage, c’est l’utiliser à la manière des politiciens et des publicitaires, pour le profit, sans assumer la responsabilité du sens des mots.
Le langage utilisé comme moyen d’accéder au pouvoir ou de gagner de l’argent est mal utilisé : il ment.
Le langage utilisé comme une fin en soi, pour chanter un poème ou raconter une histoire, est juste, il tend vers la vérité.
Un écrivain est une personne qui se soucie du sens des mots, de ce qu’ils disent, de la manière dont ils le disent.

Les écrivains savent que les mots sont leur chemin vers la vérité et la liberté, et ils les utilisent donc avec prudence, réflexion, crainte, plaisir.
En utilisant les mots avec discernement, ils fortifient leur âme.
Les conteurs et les poètes passent leur vie à apprendre l’art de bien utiliser les mots.
Et leurs mots rendent l’âme de leurs lecteurs plus forte, plus lumineuse, plus profonde.
~Ursula K. Le Guin

Bonne sereine.

VIE SAGE À DEUX FACES

La naissance est le début de la mort. Tout sur terre vient, puis va. Tout passe. Et chacun.e de nous dedans, avec, aussi. Pour certains, vieillir est un luxe, pour d’autres un long supplice quand la maladie, la guerre ou la pauvreté frappent.

Pendant que nous vivons ici, dans le confort et la paix, à se chamailler inutilement pour des pécadilles virtuelles parfois, un génocide se produit et un peuple est en train de disparaître. Ce drame prend place à l’abri de nos yeux car presque plus de caméras n’en rend compte, les journalistes ayant été presque tous éliminés. Tout ce que l’on peut faire est s’offusquer, rager et s’attrister. Et se relier.

En ce sens, ne manquez pas le très touchant reportage d’Émilie Dubreuil et Amélie Fortin et leur équipe de Radio-Canada qui ont maintenu une correspondance avec deux jeunes mères gazaouies. Bouleversant. https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/14055/lettres-gaza-palestiniennes-temoignages-guerre

Comme les mots me manquent un peu ce matin suite à la lecture de ce premier reportage d’une série de 4 (il y aura une balado aussi), je vais me faire passeur de ceux des autres.

Restons humain.e.s. Et présent.e.s.

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Les cinq rappels, par Thich Nhat Hanh

– Vieillir est dans ma nature. Je ne peux fuir la vieillesse.

– Mes actions sont mes seuls biens véritables. Je ne peux fuir les conséquences de mes actes. Elles sont le fondement sur lequel je m’appuie.

– C’est dans ma nature de tomber malade. Je ne peux fuir la maladie.

– Ma nature est de mourir. Il est impossible de fuir la mort.

– La nature de toutes choses et de tous les êtres est celle du changement. Je ne peux éviter de m’en séparer. Je ne peux rien garder. Je suis venu au monde les mains vides et je le quitterai tel quel.
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Nous sommes sans arrêt confrontés à des séparations.
La vie a une main qui plonge dans notre corps, se saisit du cœur et l’enlève.
Pas une fois, mais de nombreuses fois.
En échange, la vie nous donne de l’or.
Seulement, nous payons cet or à un prix fou puisque nous en avons, à chaque fois, le cœur arraché vivant.
Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie.
Les arrachements nous lavent.
Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan.
Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer.
La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible.
Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil.
– Christian Bobin, La vie à deux visages, via Francine Baraban
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Socrate disait : L’abus du langage induit le mal dans l’âme.
Il ne parlait pas de grammaire.
Mal utiliser le langage, c’est l’utiliser à la manière des politiciens et des publicitaires, pour le profit, sans assumer la responsabilité du sens des mots.
Le langage utilisé comme moyen d’accéder au pouvoir ou de gagner de l’argent est mal utilisé : il ment.
Le langage utilisé comme une fin en soi, pour chanter un poème ou raconter une histoire, est juste, il tend vers la vérité.
Un écrivain est une personne qui se soucie du sens des mots, de ce qu’ils disent, de la manière dont ils le disent.

Les écrivains savent que les mots sont leur chemin vers la vérité et la liberté, et ils les utilisent donc avec prudence, réflexion, crainte, plaisir.
En utilisant les mots avec discernement, ils fortifient leur âme.
Les conteurs et les poètes passent leur vie à apprendre l’art de bien utiliser les mots.
Et leurs mots rendent l’âme de leurs lecteurs plus forte, plus lumineuse, plus profonde.
~Ursula K. Le Guin
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Le destin de l’Humanité se joue dans l’inconscience généralisée.
La situation est paradoxale sur notre Terre.
Les interdépendances se sont multipliées.
La communication triomphe, la planète est traversée par des réseaux, fax, téléphones portables, modems, Internet.
La conscience d’être solidaires dans leur vie et dans leur mort devrait lier désormais les humains les uns aux autres.
Et pourtant, l’incompréhension demeure générale.
Notre intelligence n’a pas atteint son épanouissement, notre conscience est encore barbare.
Nos possibilités spirituelles sont encore sous-développées, et les civilisations jusqu’à présent n’en ont permis que des développements unidimensionnels.
Une intelligence incapable d’envisager le contexte et le complexe planétaire, rend aveugle, inconscient et irresponsable.
– Edgar Morin
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Une beauté se dévoile en ce moment, que beaucoup ne peuvent pas encore percevoir.
Pour la première fois depuis des siècles, l’humanité se souvient comment créer ensemble.

Non pas par des systèmes de contrôle, ni par la peur ou la survie… mais par l’amour, la vision et l’unité.
Je vois des communautés s’élever.
Des familles se reconstruire.
Des gens redécouvrir ce que signifie rire, chanter, partager des repas sans le poids du monde sur leurs épaules.
Je vois des enfants grandir dans une réalité où leurs dons sont célébrés, et non passés sous silence.
Voici l’avenir dans lequel nous entrons.
Et il n’est pas loin… il est déjà là, dans les choix que nous faisons aujourd’hui.
Chaque acte de bonté, chaque étincelle de créativité, chaque instant où vous choisissez l’amour plutôt que la peur… cela pose les fondations du monde que nos cœurs ont toujours su possible.
Famille, levez les yeux.
Le changement ne concerne pas seulement ce que nous laissons derrière nous.
Il concerne ce que nous créons enfin.
~ Zachary Fisher
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L’art de perdre n’est pas difficile à maîtriser ; tant de choses semblent empreintes d’une intention de se perdre que leur perte n’est pas une catastrophe.
Perdez quelque chose chaque jour.

Acceptez l’angoisse des clés perdues, l’heure mal utilisée.
L’art de perdre n’est pas difficile à maîtriser.
Entraînez-vous ensuite à perdre plus loin, plus vite : des lieux, des noms, et là où vous vouliez voyager.

Rien de tout cela ne mènera au désastre.
J’ai perdu la montre de ma mère.

Et regardez ! Ma dernière, ou l’avant-dernière, de mes trois maisons adorées a disparu.
L’art de perdre n’est pas difficile à maîtriser.
J’ai perdu deux villes, de charmantes villes.

Et, plus vastes, des royaumes que je possédais, deux rivières, un continent.
Ils me manquent, mais ce n’était pas une catastrophe.
Même en te perdant, je n’aurais pas menti.

Il est évident que l’art de perdre n’est pas si difficile à maîtriser, même si cela peut ressembler à un désastre.
— Elizabeth Bishop

RRR/ÉVOLUTION

Vous ne devez pas craindre l’effondrement de l’ancien. L’ancien croule et du nouveau émerge. Lorsque nous regardons le monde, les choses semblent chaotiques, instables et épeurantes. Toute chose physique qui fut créée avec une ancienne énergie commence à tomber. On doit se rappeler qu’une nouvelle énergie est en train d’émerger et tant que nous mettons l’accent sur ces nouvelles façons de faire inspirantes, il n’y a rien à craindre. Au fur et à mesure que les vieilles structures s’écroulent, de nouvelles sont construites. On prendra toujours soin de vous au fur et à mesure de cette transition qui prend place sur terre. Ne laissez pas la peur vous envahir. Faites confiance au plan divin et sachez que vous êtes en sécurité.

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Lorsqu’un système complexe est loin de l’équilibre, de petits îlots de cohérence dans un océan de chaos ont la capacité de faire passer le système à un ordre supérieur.
– Ilya Prigogine, lauréat du prix Nobel

Lorsque j’ai vu passer les photos de la visite de Trump en Angleterre récemment, c’est exactement ce que j’ai pensé et senti. Qu’une époque révolue est en train de mourir, un monde ancien agonise, est sur le point de s’écrouler.

De vieilles traditions qui persistent mais qui ne recèlent plus aucune vigueur, aucune fraîcheur, totalement désuètes. Et qui agonisent – trop ? – lentement mais sûrement. Ces traditions survivent sur les valeurs de leur passé révolu. Tout ce faste pendant que le peuple peine à joindre les deux bouts et que la terre crie famine. Comme on dit: plus ça change, plus c’est pareil. Et vive la r/évolution !

Et en même temps, le changement actuel semble différent des précédents, d’une autre nature. Plus drastique, plus rapide. Notamment et entre autre à cause de l’état critique de l’environnement, et de la nouvelle Alien Intelligence. À suivre. Et à survivre peut-être.

Je me souviens avoir eu le même feeling en regardant la série Rome, alors que les empereurs come and go après des coups d’état et des trahisons. Un peu le cas des USA actuellement, la chute d’un empire en direct. L’empereur est nu, et en plus il est difforme, narcissique et un peu sénile, et il divague devant nos yeux. Poupée gonflée et irréalité show.

L’affirmation ci-haut est essentielle à garder en tête et en coeur en ces temps chaotiques, mais en même temps, on ne peut s’empêcher de penser aux gens de Gaza – et d’ailleurs – qui paient de leur vie pour ce chaos et ce changement, eux et elles qui en souffrent tant. Et qui subissent directement l’avidité et la folie des marchands de guerres et autres fossoyeurs d’une partie de l’humanité.

Mais même si on observe la déchéance en direct dans nos écrins dorés, on doit garder espoir d’un monde meilleur, d’une certaine évolution en devenir, même si elle est incertaine. Car elle se passe aussi cette r/évolution, mais elle passe sous les radars, hors des écrans qui carburent à la haine, à la peur et au conflit.

Certains cherchent à atteindre l’illumination personnelle pour éviter la souffrance, d’autres attendent la venue des extra-terrestres pour nous libérer du mal. Certains prient, d’autres encore se réfugient dans leur propre petite existence protégée du monde comme si on pouvait vivre sur terre mais vivre hors terre. Comme disait ma mère, ça prend de tout pour faire un monde. Même un immonde.

Comme on dit, un arbre qui tombe fait beaucoup de fracas alors que des milliers d’autres poussent en silence. Écoutons mieux alors car la vie nouvelle pousse de partout.

Et malgré le chaos environnant, créons nos petits îlots de beauté et de cohérence, partageons-les et faisons confiance à l’intelligence naturelle de la création. Et qui vivra verra. Et les autres retourneront à cette source création que l’on n’a jamais quittée de toute façon. Wake up time !

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Lorsqu’un système complexe est loin de l’équilibre, de petits îlots de cohérence dans un océan de chaos ont la capacité de faire passer le système à un ordre supérieur.
– Ilya Prigogine, lauréat du prix Nobel

HAÏR DE PEUR

La haine a parlé si fort depuis si longtemps.
L’avidité a parlé si fort depuis si longtemps.
Les menteurs ont parlé si fort depuis si longtemps.
L’amour doit cesser de murmurer.

– Marianne Williamson

La haine r’vole de partout dans l’actualité ces temps-ci, dans les médias, sur les réseaux. La saison de la chasse commence bientôt mais celle du Peace and Love doit renaître dès maintenant.

Cette haine ambiante cache de la peur, de l’incertitude, de l’insécurité. En commençant par le gros showman d’irréalité en chef de qui on est plus que tannés right ?

Pendant qu’il fait son show d’empereur nu, les manipulateurs et maniganceurs vendeurs d’armes continuent leurs businesses profitables en nourrissant la haine générale et la division, et en finançant les multiples guerres en cours.

Mais on ne doit pas tomber dans l’apathie, dans le cynisme de désengagement ni dans le sarcasme de résignation. Encore préférable de sentir une certaine rage en nous car comme l’affirme Nikita Gill:

Cette rage que l’on ressent vient de la même place d’où vient l’amour en nos coeurs.
C’est pourquoi on doit refuser d’accepter un monde dans lequel la cruauté règne et où le feu consume tout.
Nous avons connu l’espoir, la joie et la bonté comme nous avons connu l’eau.
Et la justice est un rivière qui requiert que nous ne la laissions pas tomber.

J’ai traduit ces mots en nous plutôt qu’en vous. Plus direct, plus personnel, plus parlant. Car vous c’est impersonnel, nous c’est moi et toi.

J’ai posté dans une chronique précédente ces mots de James Baldwin qui semblent bien décrire l’instrumentalisation de cette haine encouragée par certains: Je pense que l’une des raisons pour laquelle les gens s’accrochent aussi férocement à leur haine est qu’ils pressentent qu’une fois cette haine partie, ils seront bien obligés de sentir leur douleur.

Je ne sais pas si tout le monde aura le courage de tourner son regard en soi et de dealer avec sa propre douleur. Probablement pas. Mais nous, toi et moi, sommes quelques-unes à le vouloir et à le pouvoir.

Alors faisons en sorte de mettre nos tripes, notre passion et même notre rage au service de l’amour. Arrêtons de chuchoter et de penser que nous ne pouvons rien contre la haine car

Alors plutôt que de chuchoter, laissons l’amour se faire chanter. En tous les coeurs, et dans toutes les langues.

D’OSER L’AMOUR SANS LIMITE

Tombe en amour avec ta vie. Lève-toi tôt, va marcher, mange de la nourriture saine, porte ce qui te rend confiant.e, et écoute ta musique préférée. Crée des petits moments qui te font tomber en amour avec ta vie.

Tomber ou monter, c’est selon. Mais bref, aimer sa vie. Le but ultime.

Faire tout ce que l’on fait avec amour, avec présence et attention, avec soin. Le faire lentement, soigneusement, délicatement. Créer de la beauté, semer de la joie autour de soi.

Avez-vous entendu Trump l’autre jour semer sa haine à tous vents ? Pauvre homme. Ça ne doit pas être jojo dans son appareil corporel et psychique à ce petit bonhomme très animé, craint, mais bien peu aimé. Ses cellules et les atomes de son corps doivent être amères et acides. On le voit à l’oeil nu d’ailleurs. On ne peut jamais tricher dans le vie.

Et ce n’est pas que lui qui distille sa haine. Tant de haine sur les réseaux, comme dans ce monde en général que certaines personnes doivent prendre le contrat de l’amour. Et ça a l’air que c’est vous et moi ça chers lecteurs/trices. Car nous sommes aussi très nombreux à vouloir aimer, à vouloir s’aimer, à vouloir semer la paix, en soi et dans le monde.

Oush oush petites graines d’amour à tous vents.

On n’a pas à haïr ni à aimer ces personnages débordants de haine. On peut juste les laisser faire car comme on dit, pas en haïssant la haine qu’on va créer de l’amour.

Au contraire, essayons de leur envoyer de l’amour et du menoum menoum tout le tour de la terre, de l’âme et du coeur. Car ils en ont bien besoin. Et on doit équilibrer – ou neutraliser, je ne sais pas exactement comment ça fonctionne la dynamique de l’amour – toute cette haine qui les gangrène à l’interne et qu’ils expulsent dès qu’ils parlent et respirent. Tout ce qu’ils veulent est d’attirer du monde, le monde, dans leur rang. Prenons un pas de côté.

Opposons-nous doucement et aimons. Embrassons – comme prendre dans nos bras – toute la haine du monde et utilisons la flamme de notre coeur pour transformer l’amour en haine, la guerre en paix, la peur en confiance.

À notre humble et petite mesure.

Pas qu’on soit meilleurs qu’eux. Non non. Juste qu’on a la chance de savoir cela, soit que l’amour engendre l’amour. Savoir que même si on n’a pas reçu tout l’amour dont on avait besoin quand on était tout ptit.e.s, on peut le cultiver et le donner maintenant, car on sait que c’est en donnant que l’on reçoit.

Ben oui, lecteur/trice, encore la prière de St-François car c’est exactement ce qu’il disait jadis, et c’est ce que l’on a besoin de lire encore et encore aujourd’hui. Encore plus que jamais auparavant peut-être. De toute façon, il n’y a que maintenant.

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

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Note à Donall et ses sbires

Quand vous haïssez, vous générez une haine réciproque.
Quand des individus se haïssent, le mal est limité ; mais quand de grands groupes de nations se haïssent, le mal peut être infini et absolu.
Ne vous laissez pas aller à l’idée que ceux que vous haïssez méritent d’être haïs.
Je ne sais pas si quiconque mérite d’être haï, mais je sais que la haine de ceux que nous considérons comme mauvais n’est pas ce qui sauvera l’humanité.

– Bertrand Russell

GAUCHES ET MALADROIT.E.S

Comme ça, le monde serait séparé entre la gauche et la droite ?

Grosse job de recentrage à faire on dirait bien, job de patchage, de rapiéçage, d’unification.

Car, face aux événements, nous ne sommes pas que séparé.e.s entre la gauche et la droite, nous sommes confronté.e.s, opposé.e.s, divisé.e.s. Le chiard est pogné ben raide. Comme si le monde pouvait être séparé en deux.

Et même chacun.e en soi, nous sommes fragmenté.e.s, divisé.s.e, splittée.s.

Désormais, nous nous retrouvons, autant individuellement que collectivement dualisé.e.s. Full dualité.

D’ailleurs, pas qu’entre la gauche et la droite sommes-nous en tous nos états désunis.

Entre ça et ça

Alors que le travail à faire est

ou mieux

Quand on regarde Gaza et les autres injustices mondiales, nous balançons entre ça

et ça

Même que si on ne se retenait pas on irait jusque là

car tant d’innocents, tant d’enfants.

Mais comme l’indique la première image ci-haut, une seule aile serait bien seule et triste. ÇA risquerait de tourner en rond, ou carrément 😉 de ne pas voler du tout.

Nous sommes des êtres d’unité, pris dans un monde de dualité. On sait ce qu’il nous reste à faire. Mais personne n’a jamais dit que la job serait facile ni simple.

Et on ne nous a pas promis un jardin de

De toute façon, même la rose a ses épines qui servent à protéger sa beauté.

À nous de manoeuvrer pour sentir la douceur du monde.

Car au fond, nous sommes tous et toutes des étudiant.es. de la grande vie et touts et toutes un peu gauches et maladroit.e.s.
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Qu’est-ce que l’amour ?
L’absence totale de peur, dit le Maître.
De quoi avons-nous peur ?
L’amour, dit le Maître.
♥️ – Anthony de Mello

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J’ai pleuré aujourd’hui…
Et ce n’était pas une simple larme.
C’était un effondrement total, les épaules tremblantes, les sanglots.
Mais plutôt que de me juger (comme je le faisais avant), maintenant je regardais simplement ce qui se passait…
Je voyais l’histoire surgir, et je ressentais la tristesse et la colère monter en moi.
Mon esprit faisait vraiment du bon travail pour m’entraîner dans un drame.
Voilà ce que j’ai compris : regarder cela n’anesthésie pas le cœur ni sa douleur.
La conscience ne vous épargne pas la souffrance.
Cela signifie simplement que vous savez ce qui se passe lorsque la douleur vous traverse.
L’école de pensée humaine (psychologie, travail sur le système nerveux) dit que nos larmes sont une décharge naturelle.
Une vieille énergie qui s’en va, ou le corps qui se réorganise.
Et c’est vrai.
Mais si vous voulez vous libérer de la douleur émotionnelle, vous devez aller plus en profondeur (et je sais que beaucoup d’entre vous le font, car je lis tous vos messages).
Il faut se tourner à nouveau vers celui/celle qui pleure.
Et la meilleure façon d’y parvenir, et la méthode que j’utilise toujours quand je suis embourbée dans mes conneries (oui, je pleure encore), c’est la suivante : Qui est le JE qui ressent cette vague de tristesse?
Puis je m’en tiens à la question.
Je ne cours pas après l’histoire (car ce n’est qu’une histoire, même si elle est atroce).
Je n’essaie pas de réparer le sentiment ou de le faire disparaître.
Je laisse la conscience qui perçoit les larmes se révéler intacte – et c’est toujours le cas. Il y a quelque chose de vraiment magique à poser cette question dans le feu de l’émotion ♥

– Samantha Spiro

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Tout au long de votre vie, quelle que soit l’action que vous ayez accomplie avec votre corps, votre parole ou votre esprit, si elle n’avait pas été imprégnée d’amour et de compassion, vous ne vous seriez probablement jamais senti pleinement épanoui.e.
Au contraire, vous auriez probablement ressenti un profond sentiment d’absence.
Avant toute action, efforcez-vous donc d’éveiller l’amour et la compassion pour tous les êtres sans exception.
Cela signifie ne pas vous ignorer.
Chaque être, sans exception, vous inclut.
Puis laissez cette belle énergie imprégner tout ce que vous faites.
Plus votre amour et votre compassion sont grands, plus cette belle énergie qui inonde votre esprit et votre corps est grande, et plus elle imprègne votre environnement.
Plus votre épanouissement est grand, et plus vous et les autres serez heureux.
~ Chamtrul Rinpoché

On ne peut pas créer en étant totalement isolé; on a besoin du monde, car le monde est la matière première, le matériau.
Si l’on veut accomplir un travail sérieux, il faut se salir les mains, c’est-à-dire toucher le monde, se mêler à la matière.
– C. G. Jung

AU BOULOT

Chaque ère de mensonges appelle un combat pour la vérité.
Chaque période de grande injustice révèle des militant.e.s pour la justice.
Chaque période de deuil en est une de prières pour la paix.
Et chaque période emplie de monstres est aussi un temps pour les héros.
– Nikita Gill

Durs temps pour les rêveurs. Et pour la vérité. Pour les idéalistes.

Mais peut-être que la vie nous met au défi et qu’elle nous botte le derrière.

Saurons-nous nous tenir debout et travailler activement pour la paix et la justice ?

Saurons-nous travailler ensemble pour rendre sa dignité à l’humanité ?

Autant individuellement que collectivement.

Qui vivra verra. Mais si ça se fait, ça se fera un geste à la fois, petit geste par petit geste. Avec humilité, respect, humanité et solidarité. Ce sont peut-être les valeurs que l’on doit découvrir en soi, ou simplement les retrouver.

Ce que je désire, c’est la force de supporter sereinement les injustices, les malheurs, la tristesse, les erreurs et les malentendus. – Haruki Murakami

Supporter sereinement les injustices ou les combattre ? La question se pose.

Car on dit qu’on ne peut vaincre l’ombre par plus d’ombre, que par la lumière, ni faire la paix en haïssant la guerre, qu’en répandant l’amour et la compassion.

Gardons espoir que l’amour viendra à bout de la haine, et de la peur.

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Beaucoup de naïfs croient que les forces obscures n’opèrent que dans le mal, la dépravation et le crime.
Comme ils peuvent être égarés !
C’est ainsi que seules les forces grossières et à faible degré opèrent.
Bien plus dangereux sont ceux qui viennent sous couvert de la Lumière de la Doctrine.
Le Prince de ce monde a beaucoup d’assistants talentueux, conscients et inconscients, et il est naïf de penser qu’ils ne savent pas agir subtilement.
Ils sont très sophistiqués et inventifs et agissent sur la conscience de leurs victimes.
Mais tous sont privés de tolérance et de chaleur du cœur.
C’est ainsi que l’obscurité et la lumière s’entremêlent sur Terre.
– Elena Ivanovna Roerich,, via Jean Bouchard d’Orval

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La création est le seul système digestif assez grand pour le désespoir du monde.
On ne crée pas malgré le poids.
On crée à cause de lui.
Si ça ne faisait pas si mal, le poème ne mordrait pas aussi fort.
On vous dit de recycler les bouteilles en plastique.
Je dis de recycler votre rage.
Foncez-la en fresques.
Transformez-la en chansons.
Transformez votre chagrin en la seule source d’énergie renouvelable à laquelle nous ayons jamais fait confiance.

On essaie sans cesse de soigner le monde avec des politiques.
Mais aucune loi ne peut légiférer sur l’amour dans le sang.
C’est une œuvre d’art.
C’est votre œuvre.
C’est pourquoi vous êtes toujours là.
J’ai cessé de croire aux nations.
Je ne crois qu’aux systèmes nerveux.
La guerre n’est pas « là-bas ».
La guerre est un enfant en vous, les poings serrés, qui implore qu’on le prenne dans ses bras.

Chaque crise que le monde nomme : politique, économique, environnementale, n’est qu’un autre mot pour un amour négligé.
On peut interdire les armes à feu, réglementer les émissions, augmenter le salaire minimum ; mais tant que nous n’aurons pas nourri l’enfant qui est en nous, la maladie se renommera à jamais.

Les enfants mal-aimés deviendront des adultes qui légifèrent sur la solitude.
L’art est la dernière chance pour l’orphelin d’avoir sa place.
L’art est l’agence d’adoption des cœurs abandonnés.
L’art nous permet de cesser de nous faire manipuler.
C’est ainsi que nous murmurons à l’enfant blessé intérieur : ta voix compte, ton imagination est un remède, tu as le droit de répandre des couleurs là où le monde ne voit que le noir et blanc.
On parle de « crise de santé mentale ».
On parle de « réchauffement climatique ».
On parle de « polarisation ».
Mais tout ce que j’entends, c’est l’écho d’un enfant qui supplie :
« Regarde-moi. Laisse-moi construire. Laisse-moi créer. » Un enfant oublié
devient un politicien, un tyran, une bombe.
Qu’est-ce qui le guérit ?
Pas une politique.
Un poème.

– Christopher Sexton

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Vision intéressante face à ce qui se passe:

UNE FRAGRANCE NOMMÉE DIEU

Même un avant-goût ou un simple aperçu d’interconnexion apporte une expérience directe d’appartenance, un sens d’être une partie intime de toute chose, d’être à la maison peu importe où vous êtes. – John Kabat-Zinn

Ce matin, une chronique pot-pourri, avec seulement des mots des autres, des sages, des gens qui ont vécu avant, qui y ont cru et qui l’ont vécu. Pour que leur parole survive, que leurs mots continuent de tracer le chemin de la paix et de l’amour. Des mots d’amour, des mots de paix, des mots d’espoir. Des graines de paix et d’amour semées à tous vents.

Car trop de conflits, trop de guerres, trop de division et trop de morts à tenter de défendre ce fichu mot de 3-4 lettres qui nous dresse les un.e.s contre les autres..

J’envoies ces mots à Netanyahou, Putin, Trump et sa gang de sbires made in USA, comme à tous les autres petits grands gros ptits gars du monde de la guerre, de la politique professionnelle et de toutes sortes d’affaires armées, en espérant qu’ils réalisent ces prophéties et qu’ils les incarnent un jour. Plus tôt que tard si possible.

Je nous et leur souhaite la paix.

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En ce monde, la haine n’a jamais dissipé la haine.
Seul l’amour dissipe la haine.

Telle est la loi, ancienne et inépuisable.
~ Le Bouddha

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La paix n’est pas seulement un objectif lointain que nous recherchons, mais un moyen d’y parvenir.
– Martin Luther King Jr

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Voici la voie de la paix : vaincre le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l’amour.
~ Pèlerin de la paix (1908-1981)

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L’amour est la force la plus puissante de l’univers.
Nous devons continuer à marcher dans la direction de l’amour, quoi que nous entendions et voyions autour de nous.
Quels que soient nos échecs humains.
Quoi qu’il arrive, ou semble arriver.
Et si nous sommes reconnaissants pour cet amour, sa puissance s’amplifie.
L’amour n’est pas limité par la religion, les croyances ou les lois humaines.
Notre esprit humain ne peut en saisir l’immensité.
Nous sommes illuminés par lui, sinon nous ne serions pas là. Nous sommes tous dans le même bateau.
~Joy Harjo

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Si vous voulez la paix, ne parlez pas à vos amis.
Parlez à vos ennemis.

– Desmond Tutu

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Si nous voulons récolter les fruits de la paix et de la justice à l’avenir, nous devons semer les graines de la non-violence ici et maintenant, dans le présent.
– Mairead Maguire.

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Ce qui est haïssable pour vous-même, ne le faites pas aux autres.
C’est toute la Torah ; le reste n’est que commentaire.
– Rabbi Hillel

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Qu’une nouvelle terre s’élève.
Qu’un autre monde naisse.

– Margaret Walker

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Il ne suffit pas de parler de paix.
Il faut y croire.
Et il ne suffit pas d’y croire. Il faut y travailler.
– Eleanor Roosevelt

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L’obscurité ne peut chasser l’obscurité : seule la lumière le peut.
La haine ne peut chasser la haine : seul l’amour le peut.
– Martin Luther King, Jr.

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Seul l’amour conduit à l’action juste.
Ce qui met de l’ordre dans le monde, c’est d’aimer et de laisser l’amour faire ce qu’il veut.
~Jiddu Krishnamurti

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Je suis lasse de ceux qui haïssent la paix.
– Jemima Wilkinson (1752-1819)

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Nous pourrions avoir la paix en un an si les femmes s’organisaient.
– Jeannette Rankin (1880-1973), femme politique américaine, suffragiste et pacifiste.

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Le véritable amour est sans limites comme l’océan et, se gonflant en chacun, s’étend et, franchissant toutes les frontières, enveloppe le monde entier.
~ Mahatma Gandhi

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Je le sais.
J’y crois de tout mon cœur.
Si nous voulons un monde libre et pacifique, si nous voulons que les déserts fleurissent et que l’homme accède à une plus grande dignité humaine, nous pouvons y parvenir !
– Eleanor Roosevelt, Demain, c’est maintenant (1963).

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L’écoute est une pratique très profonde.
Il faut laisser de l’espace pour écouter, surtout ceux que l’on considère comme nos ennemis.
Lorsque nous avons démontré notre capacité d’écoute et de compréhension, l’autre personne commence à nous écouter.
C’est la pratique de la paix.

~ Thich Nhat Hanh

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La paix dans le monde ne peut naître que de la prise de conscience que tous les êtres humains sont comme les membres d’une même famille.
~ Dalaï-Lama

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L’humanité est encore loin du stade de maturité nécessaire à la réalisation de ses aspirations, à la construction d’une société harmonieuse et pacifique et à l’élimination des guerres. Les hommes ne sont pas encore prêts à façonner leur propre destin, à contrôler et à diriger les événements mondiaux, dont ils deviennent au contraire les victimes.
– Maria Montessori (1870-1952)

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Il n’existe qu’un seul moyen radical de sanctifier la vie humaine.
Ni les blindages, ni les chars, ni les avions, ni les fortifications en béton. La seule solution radicale est la paix.
~Yitzhak Rabin

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Contrairement à ce que chantait JP, God is not an American, God is a Québécois tabar..
IA
https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10475081/ils-trouvent-dieu-par-ia