
Le mot bonheur fait peur. Souvent, quand on pense bonheur, on pense automatiquement à malheur. Pourtant, le bonheur est probablement le besoin le plus répandu dans le monde, l’état le plus recherché par la plupart d’entre nous. Certaines personnes semblent avoir le bonheur facile, d’autres moins.
Certains font une différence entre joie et bonheur, affirmant que le bonheur serait un état permanent, alors que la joie serait plutôt une émotion, plus passagère. Et on ne parle pas ici du plaisir. Définitivement, les mots peinent à nuancer la complexité de la vie.
Mais revenons au bonheur car on a peut-être eu tout faux jusqu’à maintenant au sujet de ce fameux bonheur. En tous cas, si on attend le bonheur de l’extérieur, c’est clair qu’on risque d’être déçu. You know what I mean right ? Le bonheur nous ramène à soi, à comment cultiver le bonheur en soi pour ensuite le partager. Toujours dans le moment, à partir d’où l’on est et avec ce que la vie met à notre disposition. Faire avec.
On dit souvent qu’on ne peut pas donner ce que l’on a pas, ou ce que l’on a pas reçu. Or, au cours de mes années de formation chez Veeresh à la Humaniversity en Hollande dans les années 1980, je l’ai souvent entendu nous dire : give what you need, and by giving it, you’ll get it. Oui il parlait en anglais. Donne ce que tu as besoin de recevoir dans ta vie, et, en le donnant, tu le recevras immédiatement. Ou quelque chose comme ça. Ça m’a pris du temps à comprendre ça, à le ressentir. Et pas simplement parce que j’étais lost in translation.
Souvent quand on commence à pratiquer l’art du don, du donner pour recevoir, on pense que si on donne, on recevra, peut-être, mais un peu plus tard. Peut-être. On donne avec une attente sous-jacente, on donne pour recevoir. Donc on ne donne pas vraiment. On fait du troc avec la vie. On donne comme une équation dans le grand livre comptable de Dieu. Ou du karma. Je donne donc je recevrai, ou j’ai donné je vais recevoir. Comme si quelqu’un tenait les comptes. Le principe de charité, mais calculé, la générosité récompensée. Éventuellement. Peut-être. In God do we really trust ?
Ou encore, on fait dans le genre : agis avec les autres comme tu voudrais qu’ils agissent envers toi. Bon chance. Pas mal en soi mais jamais garanti ni certain. Si je suis bon.ne avec les autres, les autres font être bon.ne.s avec moi. On fait pour, en vue de. Mais of course, ce n’est pas tout le monde qui est courant du deal.
On dit aussi que charité bien ordonnée commence par soi-même. OK. Aussi. Certains commencent mais s’arrêtent là. Sauf que le flow va s’épuiser éventuellement car la vie veut circuler, la vie cherche le mouvement.
Ça prend un bout de temps pour apprendre que donner comporte en soi une part de bonheur , que le bonheur se trouve dans l’acte même du don, de faire plaisir à autrui, de sentir le bien que ça fait à l’autre quand on donne, son plaisir de recevoir quelque chose d’apprécié de lui/elle, et qu’alors son bien devient le nôtre. Le don de soi, comme le don de certaines affaires. Le partage quoi.
On pourrait presque dire en quelque sorte que l’altruisme est un acte égoïste, que faire plaisir à autrui nous fait plaisir à nous. Car tout revient à soi (ou presque tout pour les obstineux/seuses), mais ça peut être circulaire quand on réalise que nous vivons tous dans le même monde et que mes propres besoins sont nos besoins à tous/tes. Le principe de l’écologie : on habite tous la même planète, nous en avons besoin également donc nous devrions tous en prendre soin.
Et avec le temps, à force de se pratiquer à donner, car oui oui c’est une pratique le don, ça prend de la régularité – à mesure que le don devient naturel, le don ne se calcule plus, le don coule de soi. Il devient une façon d’être, une façon de vivre. Plus comme si on laissait passer l’abondance à-travers soi. On retient moins, on laisse couler davantage. Les mains et le coeur ouverts.
En anglais, Gift se traduit autant par don que par cadeau. Donner, recevoir. On dirait que certains reçoivent à la naissance le don du don. Un beau film d’une amie d’ailleurs en ce sens, dont on avait organiser un visionnement autour il y a quelques années si vous avez la chance de trouver.
Bien sûr que le don de soi est limité, qu’on ne peut que donner à la mesure de ses moyens, à la mesure de sa propre santé. Faut savoir parfois mettre ses limites.
Bien sûr aussi que donner est bien, mais on doit être capable de recevoir aussi, on doit laisser les autres pouvoir nous donner. Autre leçon. Car du don chronique cache souvent un besoin d’être aimé à tout prix, une forme de contrôle.
Pour conclure ce petit blabla donnesque, quoi de mieux que la prière de St-François d’Assise dont c’était l’anniversaire le 4 octobre dernier, même jour que l’anniversaire de ma plus vieille, Léonie, qui donne tant elle-même. Un adon ?

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Comment se débarrasser des cyniques ?
Tends la porte aux gens.
Complimentes tous les chiens. Absolument tous.
Prends une autre photo du coucher de soleil.
Ne te cache pas la bouche quand tu souris.
Cites régulièrement des paroles de Tom Petty.
Mange six guimauves et appele quelqu’un.
Donne un nom à ta bouilloire.
Chante pour tes plantes.
Essaies de ne pas devenir une lettre de présentation ambulante.
Écoute ton intuition.
Regarde les oiseaux.
Fais signe aux trains.
Parle de ta carte de bibliothèque à l’heure de l’apéro.
Prends un cours d’art.
Mange de la pizza dans de la belle vaisselle.
Aies le droit de te tromper.
Dis « Je ne sais pas » une douzaine de fois par jour.
Raconte une blague dont tu es la chute.
Ne t’excuse que pour les erreurs que tu as réellement commises.
Écoutez votre respiration.
Pardonne à un adolescent.
Ne crois pas le pire des gens.
Ignore les regards désapprobateurs.
Fais un long voyage en char avec seulement des cartes routières.
Traite ta vie comme si tu étais un personnage de roman policier.
Écris ce que tu aimes de toi sur une feuille de papier.
Offre régulièrement des vacances à ton cerveau.
Organise un pique-nique mensuel.
Fais la grasse matinée.
Écris des lettres et envoie-les.
Donne un pourboire au musicien de rue.
Ris à voix haute voix au lieu de l’écrire.
Sors danser dans un endroit où tu es probablement la personne la plus âgée.
Laisse les silences s’installer.
Défends ce que tu aimes.
Ne te tiens que devant les miroirs les plus flatteurs.
Pleure quand un bébé te pince le doigt.
Conserve les messages vocaux de tes proches.
Si tu écris quelque chose de significatif, réécris-le trois fois.
Remercie une abeille.
Montre tes cicatrices.
Sois fier de ton cœur.
Sois fier de ton cœur.
Sois fier de ton cœur.
Sois fier de ton cœur.
~ John Roedel
