L’AMOUR ET CETERA

Ah l’amour. Le plus gros et grand mot du monde. Le plus lourd, comme celui qui rend le coeur le plus léger.

Amour est un mot de cinq lettres en français, que quatre en anglais et en portugais, mais quel mot mystérieux. Un mot chargé de sens et d’indécence. Un mot passe-partout qui veut parfois tout dire, et parfois rien.

Un mot dit souvent à tort et pour de multiples raisons.

Amour est un mot sans façon, un mot qui se montre mieux qu’il ne se dit à mon humble avis.

L’amour est un mot d’attentions. De petites et de grandes. Faut toujours faire attention à l’amour.

L’amour l’Amour. Celui avec un ptit a, celui avec un grand tas.

L’amour avec un grand A qui finit la plupart du temps par revenir sur terre, et redevenir minusculisé par le quotidien, ou, au contraire, magnifié par les petites choses de la vie. Le quotidien, comme le temps qui passe, sont clairement des épreuves pour l’amour qui mettent l’amour sur le métier.

Comme la vieillesse. Certains vieux aiment encore plus au fil du temps, d’autres aimeraient mieux partir le plus tôt possible. Certains aiment la vie, d’autres mieux la mort. Du moins, l’absence de souffrance. Car l’amour peut faire rire le coeur et sourire le visage mais l’amour peut aussi faire souffrir la tête.

L’amour universel est si simple quand c’est le temps d’aimer l’humanité entière, mais tellement plus difficile à conjuguer au singulier. Aimer le monde entier est facile, le dire du moins, mais aimer un.e humain.e à la fois constitue nettement un plus gros défi d’amour. Non, clairement, l’amour de son prochain, ou de sa prochaine, n’est pas toujours une évidence à mettre en pratique de toute évidence. D’autant plus selon qui est en avant soi dans la file humaine, ou à ses côtés.

L’amour de la bouffe, de la dope, de l’aventure, du sexe. Name it. C’est souvent davantage l’objet de l’amour que le verbe qui détermine l’amour. Et ça aussi, comme l’autobus, la mode et le vent, l’objet de l’amour finit souvent par passer, ou du moins à se transformer. Et oui, les humain.es peuvent devenir des choses à aimer. Ou à avoir peur de perdre. Pas toujours détaché l’amour.

L’amour-haine est également une relation d’amour bien particulière. Qui finit par nous faire haïr et souffrir aussi intensément qu’il nous a fait aimer et jouir au début. Vous savez, ces fameuses histoires d’amour ? Celles qui font des bonnes vues ? Mais des grosses vies.

Parfois, qui aime bien châtie mal, et pas mal. Trop même. Mortel l’amour parfois. Le prétendu amour du moins. Car l’amour sans détachement attache mal, et trop. L’amour peut déchirer. L’amour peut shirrer.

L’amour qui aime trop. Mais peut-on vraiment aimer trop ? Aime-t-on trop ou aime-t-on mal ? Trop aimer ? Possible ? On n’aime jamais trop dit-on, mais on aime souvent mal. Bien et mal, quel haria. Comme la maladie. La maladie d’amour, un vrai titre de chanson. Ça en dit long sur notre incompréhension de l’amour.

Aimer beaucoup, aimer gros, aimer bien, aimer si… Dès que quelque chose se met derrière l’amour, l’amour devient louche. Alors apprenons à aimer tout court. Mais c’est long apprendre à aimer tout court. Comme aimer un point c’est tout. Plus difficile que d’aimer les poinsettias en tous cas.

D’ailleurs pourquoi dit-on que le rouge est la couleur de l’amour ? Car l’amour se fait surtout dans le noir. OK on n’ira pas là. On va rester ici. We’re on the same page ?

On dit que l’amour c’est tout. Ou dit-on plutôt que l’amour sait tout ? Je ne sais plous, je suis dans le flou. Aimons comme des flous. Car aimer comme un fou finit souvent très mal.

L’amour de soi. Ça en prend bien sûr, mais pas que, et pas trop non plus. Car trop s’aimer est overated. Si l’amour commence par soi, il ne faut surtout pas qu’il finisse là. L’amour de soi n’est que la graine de l’amour d’autrui. Même si Ramana affirme qu’il n’y a pas d’autres.

Dans ce cas, qui aime qui ? Qui aime-t-on ? Qu’aime-t-on ? Qui aime quoi ?

Coudonc, ben donc compliqué l’amour. Sur écran, jamais simple. Sur papier, jamais simple non plus. Dans les livres et les films, pas plus. Nous, les nues mains, on aime compliquer l’amour alors que l’amour se doit d’être simple. Simpliste même. Pour ça que les enfants aiment autant. L’amour est un jeu d’enfants. Mais il peut se virer de bord vite l’amour enfantin. Faut que l’amour mature. Et ça, ça prend du temps.

Est-ce que l’amour peut exister sans qu’on fasse quelque chose pour montrer qu’on aime ?

Je vous laisse chercher, moi je n’aime pas ce genre de questions, et probablement pas davantage les réponses qu’elles appellent. Don’t like, don’t love. L’amour questionne beaucoup en tous cas. On le veut et on en a un peu peur en même temps. L’amour est bi… zarre, bienveillant et bien bon au coeur. Et l’amour est souvent bi… aisé. Et un peu malaisant. L’amour attire, et l’amour fait peur.

En français on aime tout, tout simplement. En anglais on like – on aime un tsi peu – ou on love – on aime beaucoup. En anglais on gradue l’amour. Mieux ? Plus nuancé du moins. Plus ou moins. Ça clique et ça claque l’amour.

Peut-on aimer l’amour ? Autre question embêtante si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas. La vie, la vie l’amour.

Si on peut aimer aimer, l’amour n’existe pas vraiment en tant que tel. Sans un.e aimant.e ni un.e. aimé.e. Pour certaines peuples, le mot amour n’existe pas, n’existe que le verbe aimer. Un peu les multiples facettes du meme up there.

Aimé ou Aimée est un beau prénom. J’aime. Mais grosse job pour les parents. Et qui dépend du nom de famille.

Aimer la vie ? Facile. Aimer tout de la vie ? Moins.

Peut-on aimer d’autre chose que d’amour ? La question se pose et elle sert surtout de miroir à qui se la pose.

Parfois aimer trop c’est comme pas aimer assez. Car on sait tous que trop c’est comme pas assez. On le sait hein ? En tous cas, on l’entend et on le dit même. Mais même si on pense qu’on connait la différence entre trop et pas assez, c’est en amour que cela le plus difficile à distinguer.

Parfois l’amour est too much. J’imagine qu’un défi de la vie consiste à apprendre à aimer juste assez.

Mais d’autres disent qu’aimer bien ou aimer, ce qui compte c’est aimer. J’aime ça. I like et I love. Comme la chanson: I love to love.

Je vous aime bien, je vous aime beaucoup et je vous aime trop chers lecteurs/trices.

À demain, si la vie aime assez se reproduire pour nous offrir une autre journée à aimer aujourd’hui.

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L’amour n’est pas une relation, l’amour est un état, une façon d’être; il n’a rien à voir avec autrui.
On n’est pas amoureux, on est amour.
Et bien sûr, quand on est amour, on est amoureux – mais c’est un résultat, un effet secondaire, ce n’est pas la source.
La source, c’est qu’on est amour.

– Osho

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