
– Claudio Abbado
Salut lecteur/trice.
Je vous écris avec les doigts un peu rouillés ce matin. Quelques semaines à ne pas tenir chronique, à part une petite et chouette rechute. Squick squick, un peu de WD-40 pour se refaire la main et hop on tape. Les deux en fait. Manos.
Pendant ce temps de pause, j’ai joué, j’ai écouté, j’ai regardé vivre la vie autour de moi, la vie en moi. Cette vie qui continue de vivre et de virevolter avec ses oh ! et ses bah ! Comme ci comme ça que vit la vie.
On a fait beaucoup de musique récemment autour d’ici, et j’ai continué à développer mon aptitude d’écoute. L’écoute entre les lignes, les dignes comme les moins, pour saisir les sens derrière les mots et les silences entre les lettres, comme le bruit fin des non-dits.
Et revoilà que ce matin l’envie me reprend, l’envie de dire, sans médire, l’envie d’écrire sans malice. L’envie de dire un ptit peu du grand n’importe quoi qui me chatouille les doigts et les yeux. Le ptit tout du n’importe quoi qui me dit de dire sans trop savoir, cet élan mystérieux qui me pousse à écrire.
Pendant cette pause estivale, j’ai tenu, j’ai contenu, j’ai vu et retenu, j’ai gardé pour moi ce qui m’habite. La vie qui habite l’ati-guy. Me suis regardé moi-même, et j’ai regardé le monde, regardé où je voulais aller pour la suite. Me suis demandé ce que je voulais faire et dire. Et ne plus faire. Et je ne suis encore qu’ici, toujours qu’ici. Tout là.
Comme vous, depuis des semaines, je regarde le monde brûler et se faire la guerre en cet été 2026. On peut même sentir le monde brûler d’ici par moments. Par les deux bouts. La vie appelle la mort, la vie rappelle la mort.
Je regarde le monde en essayant de ne pas trop le juger, de lui donner une chance d’apprendre de nos nombreuses erreurs, en me demandant pourquoi on ne fait pas davantage l’amour plutôt que la guerre. Pas que l’amour sexu, l’amour plus grand, l’amour du coeur et de l’âme, de toutes les âmes, l’amour plus général et englobant tout dans son sillage. L’amour de tout, et de tous et de toutes.
C’est le même prix pourtant l’amour, mais une aubaine probablement car la guerre coûte cher, très cher, trop cher. Guère d’économies la guerre. Toutes ces ressources que l’on investit dans la mort et dans le néant qui pourraient être investies dans la paix et dans la vie. Drôle d’humanité pas drôle du tout que la nôtre. Étrange destin que le nôtre. Essayons de comprendre qu’il n’y a probablement rien à y comprendre. Qu’à vivre et qu’à voir où cela nous amène, nous mène et nous mènera. Come on men !
J’ai écouté le monde et c’est un immense besoin de paix et d’amour que j’entends et pressens, un profond besoin de calme et de repos. Enseveli juste là sous les cris et les insultes, sous la peur et la colère des commentaires publics et impudiques.
Alors sans savoir, je reprends mes petits mots de rien du tout, mes petits petits mots de rien en ce grand tout. Le grand toutou de la vie qui nous berce et qui vogue d’une rive à l’autre et parfois à la dérive semble-t-il.
Pour contrer la folie du monde, rien comme l’écoute, rien comme la musique aussi pour trouver l’harmonie en soi. Là où les mots ne font qu’accompagner plutôt que de shower off et de prendre toute la place, là où les mots se mettent derrière et au service des notes et des mélodies.
Le chemin passe peut-être davantage par les oreilles que par la bouche. Car si les canons ont une bouche, les oreilles, elles, débouchent les coeurs. Et tous ces coeurs qui battent à l’unisson forment un seul grand coeur, le grand choeur de l’humanité en quête d’harmonie.
Alors écoutons pour voir.
