MOMAN PRÉSENTE

Le coeur encore plein des souvenirs soulevés par la photo qui a inspiré ma chronique d’hier au sujet de ma directrice aux études supérieures, Mme Marie-Andrée Bertrand, j’ai envie de poursuivre sur cette lancée.

On dirait qu’il est vrai qu’on devient plus nostalgique quand on vieillit. Vrai pour moi en tous cas ces jours-ci. C’est peut-être mes 65 ans qui s’en viennent qui rentrent dans le dash de mon ptit coeur.

D’ailleurs, cette chronique hommage d’hier a été pas mal appréciée et consultée plus que d’habitude par les ami.e.s de mon ptit monde FB et les lecteurs/trices de ce blogue à part.

Toujours étrange de voir ce qui circule le plus auprès des gens quand on écrit. Je crois que lorsqu’on parle de soi à notre plus simple expression, les gens sont touchés, se reconnaissent dans notre humanité partagée, et nos mots résonnent en eux et elles. Intérêt humain dit-on dans la langue de Molière. En tous cas, j’avais la langue molle hier 😉 Xcusez-la.

Et j’ai le coeur encore plus mou aujourd’hui.

C’est qu’il y avait deux photos de ma mère dans le tas de photos que Charu m’a remises récemment, deux photos que je n’avais jamais vues et qui m’ont pincé le coeur et remué la cale du bateau en les découvrant.

Celle-ci, prise lors de ses derniers jours.

On dirait qu’elle fait Yo avec son doigt pointé. Cool ma mom à moi. À moins qu’elle ne pointe l’endroit où elle allait partir bientôt et où on pourrait aller rejoindre. Plus de 21 years ago. C’est en anglais pour la rime câline, bientôt, ago et Yo ! Elle semble me dire : on se retrouve là-bas mon gars. Mais c’est plus dans son coeur qu’il la trouve sa môman le ptit atiguy. Là qu’elle habite depuis toujours. Et à jamais. Et surtout maintenant.

Mais c’est cette photo, surtout, qui m’a le plus touché le coeur, même si elle est floue et old style.

Je n’avais que très vague souvenir d’avoir dansé ainsi ma mère. Mais en même temps, cette photo m’a fait me rappeler que lorsque j’étais jeune ado, je faisais souvent le nono pour faire rire ma mère aux larmes. Elle qui avait eu quelques passages étroits à un moment, ça remplissait mon coeur de ticul de la savoir heureuse et légère. Et de rire à en brailler avec matan Néné, sa soeur Fortunata, dans notre cuisine de la rue St-Michel le samedi au souper avant qu’elles ne partent danser.

C’est cette photo que j’aurais aimer mettre en haut de page, mais je ne voulais que nous soyons ainsi exposés trop at large et aux regards de tous. Pour cette raison que j’ai placé ci-haut la photo de ma mère toute belle et jeune, même si ce n’est pas surtout ce look que je conserve d’elle.

Mais trop intime à mon goût de placer celle-ci à la vue de tous les regards. Pour cette raison que seul.e.s ceux et celles qui se sont rendus jusqu’ici, dans l’intimité de ce blogue, peuvent entrer dans notre intimité. On se garde une ptite gêne tout de même.

Dimanche, c’était la journée dédiée aux femmes et à leurs droits, et j’avouais ma réticence à écrire en cette journée particulière en tant qu’homme. Mais depuis, ces deux photos retrouvées m’ont fait plonger dans des souvenirs liés à deux des femmes les plus importantes de ma vie de ptit gars et de plus jeune homme que maintenant.

Ce qui me fait réaliser combien aucun homme au monde ne peut jamais ne pas être lié du plus près de lui-même au coeur d’au moins une femme, notamment sa propre mère, Notre home base initiale. Qu’elle ait été présente, ou pas, notre mère a été et est toujours le nombril de notre ptit monde. Si les hommes pouvaient traiter le monde entier en y incluant leur propre mère, il n’y aurait possiblement plus de guerres sur terre car qui pourrait bien vouloir faire du mal à sa mère ? Pourtant, toutes nos mères, surtout la Terre, toutes nos filles et toutes nos soeurs.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que j’ai entamé un projet d’écriture au sujet des principales personnes importantes de ma vie. J’aimerais léguer mon histoire, mes histoires de grands amours, à mes deux filles, question qu’elles sachent de qui elles descendent, d’où elles viennent, et qu’elles connaissent une partie de leur papatrimoine.

Ces quelques photos retrouvées relancent ce projet déjà bien entamé mais que j’ai souvent tendance à mettre de côté, me demandant pourquoi bon Dieu écrire à propos de moi ?

Mais en y réfléchissant un peu plus encore ce matin, je réalise qu’on n’écrit jamais à propos de soi, que pour soi, ni au sujet seulement de soi-même. On écrit toujours à propos de ce que l’on a reçu comme amour, des êtres qui nous ont aimés. On écrit toujours au sujet de l’amour qu’on a reçu, et de l’amour que l’on peut et veut transmettre à ceux et celles qu’on a aimés et qu’on aime pour toujours.

En fait, on écrit toujours l’amour, toujours par amour.

Par amour du simple acte d’écrire, par amour des mots qui peuvent transmettre les sentiments d’amour qu’on porte aux autres.

On écrit toujours l’amour. Et l’amour nous écrit.

Et l’amour nous ramène toujours à la maison. Sweet home again. Para sempre.

___
Ce qui importe, c’est de se détacher du petit moi pour se tourner vers le travail, vers les autres…
Tu dois passer du personnel au supra-personnel.

– Etty Hillesum, Une vie bouleversée via Cristina RJ

2 réflexions au sujet de « MOMAN PRÉSENTE »

Laisser un commentaire