
J’ai passé la journée d’hier à pelleter. Des tonnes de neige par ici. Vraiment, c’est mon dos qui me le confirmait hier soir. Des km à déneiger. Pas vraiment, mais c’est ce que mes jambes me faisaient ressentir et moi mentir.
Comme on a de la visite en fin de semaine, on doit dégager les chemins. Les toits – oui déjà – et les chemins. À la main. Et à la pelle. Et à bouts de bras bout de cliss.
Ma voisine d’amour me dit depuis des années qu’on devrait acheter une souffleuse pour faire la job de bras. Mais chérie, c’est moi le souffleur des lieux. Tant que je peux. Et que ferais-je d’autre de ces dernières journées d’automne ?
Chers lecteurs/trices, comme vous avez pris la joie de vous rendre jusqu’ici, vous avez le privilège de voir les trois gnomes-gardiens de mon home de plus près ci-bas cibole.
Un des privilèges de me suivre jusqu’ici dans mes élucubrations quasi quotidiennes.

Je vous présente donc mes trois protecteurs : Riendit, Rienvu et Rienentendu.
Oui, en effet, une certaine parenté avec Amélie Poulin votre ptit chroniqueur des grands chemins blancs et disciple du gourou au chemin des nuages blancs.
Ici c’est un peu le mood quand on joue dehors. On décroche du monde, on se la ferme, on regarde droit devant, et hors écran, mais on écoute quand même. C’est mon gnome grognon celui-là. Et hop, on balance nos ptits problèmes droit devant.
Mais mes trois gnomes-gardiens trouvent que l’automne est un peu froid, blanc foncé et pas mal précoce cette année ici dans le gland now. L’hiver n’est pas encore arrivé qu’on doit déjà dégager les toits en cas de redoux à venir.
L’hiver va être long pour mes ptits gnomes.
Tout est immaculé ici après ces quelques bordées automnales. Tout ce que l’on a oublié à l’automne a disparu et est désormais recouvert pour ne ré-apparaître qu’au printemps. Tour de passe-passe de magie blanche. Jusque en avril, allez hop sous la couverture de neige. Bon débarras et bon repos.
Après ce week-end, on fera une pause par ici. Bien méritée. Et encore plus appréciée. Le ptit corps le réclame. Quelques semaines de repos, à chauffer le poêle, à faire de grandes marches dans le blanc de la forêt, à mettre la guitare de côté, ou seulement si elle insiste. Et à écouter le silence.
Grosse année dans le toupet encore ici. Ici comme dans le monde entier. Grosse vie quoi. En espérant que tout le monde pourra souffler un peu avec tout de blanc autour.
On écoutera moins – les nouvelles. On donnera moins – notre opinion. On regardera moins – le monde et ses mouvements. On fera comme l’ours et on rentrera dans nos terres intérieures. Yo Guy l’ours.
Un de mes bons amis a eu 65 ans hier justement. On jokait autour de ce chiffre depuis quelques années. Et là on y arrive. Lui c’est fait, check ! moi dans quelques mois, quand la neige disparaîtra pour révéler ce qu’elle cache sous son manteau depuis le début novembre.
Et même si je sais que l’âge n’est qu’un détail, ce drôle de chiffre à venir me donne pas mal de matière – grise – à réflexion. Si mes genoux donnent matière à génuflexion, mon âge à venir me donne matière à réflexion de ptit génie. Et à penser. À la vie. Au temps qui file, et nous dedans. Au fait que je me sens encore comme un ptit cul, mais que mon corps commence à me dire autre chose, soit que je suis désormais un plus vieux ptit cul qu’avant. Plus vieux que je n’ai jamais été. Comme tout le monde.
Et vous savez comment c’est avec les chars usagés right ? Le moteur se prend toujours pour un Mustang, mais c’est le body qui lâche en premier. Alors on va en prendre soin soin de la carrosserie.
Depuis longtemps, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour quiconque a plus d’années au coeur et au compteur que moi, Simplement parce qu’ils et elles ont vécu plus que moi. Juste pour ça. Et c’est bien assez. Le simple fait d’avoir vécu aussi longtemps est en soi un exploit. On dit que vieillir est un privilège. Bien d’accord, en autant qu’on ait la santé, et assez à manger et à se loger. Et quelques ami.e.s. précieux. Et/ou de la famille si on en a, et que ça se passe bien.
Avec le temps qui passe, les choses du quotidien prennent de nouvelles perspectives. Je vais y penser dans les prochaines mois, ou pas. Et vous en ferai peut-être part ici. Si mes gnomes-gardiens me le permettent. Car eux les vrais bosses d’la place.
et coïncidence, d’un ptit plus jeune:
https://www.lapresse.ca/dialogue/temoignages/2025-12-12/place-publique-de-patrick-senecal/le-complexe-exercice-de-vieillir.php
