
– Thich Nhat Hanh
Il est naturel de se sentir séparé.e. de ce qui nous répugne. Ça nous protège. Comme ça on peut juger, faire porter le blâme hors de soi et garder une illusion de distance, se sentant supérieur.e et plus vertueux/se que.
Comme il est tout aussi fréquent de se sentir séparé.e. de ce que – ou qui – nous admirons, jugeant cela comme mieux, mais un peu inatteignable, nous sentant ainsi inférieur et imparfait.e.
Mais si on était autant l’un que l’autre ? Si on était au fond qu’une infime partie de tout ce qui vit ? Le beau comme le laid, le grand comme le méprisable, le divin comme le maléfique. On aurait moins tendance à juger non ?
Si, au fond, tout ce que l’on voit à l’extérieur de soi n’était que des parties extériorisées de nous-même ?
Et si on était tous et toutes des Trump, des Musk et des Netanyahou vous et moi ? Si on ne les voyait que parce qu’une partie de nous se reconnaissait en eux ?
Et si on était autant les enfants qui meurent de faim, leurs parents qui les voient mourir que les snipers qui leur tirent dessus et qui pensent défendre leur pays ? Peut-être qu’on saisirait mieux l’entièreté et la complexité des conflits.
Et si on était assez vastes vous et moi qu’on se prenait pour le monde entier ?
Le monde deviendrait alors notre monde, comme notre responsabilité personnelle. Il nous faudrait ainsi nous impliquer davantage car peut-être bien qu’on réaliserait qu’il n’y a pas d’autres que soi dans le monde. Peut-être bien qu’il n’y a que soi et qu’on ne voit que soi-même dans les diverses manifestations s’activant dans le monde entier ? Ce qui semble en dehors de soi n’est peut-être que soi-même ?
Et peut-être aussi que tous les êtres humains sur terre ne font que jouer le rôle qu’on leur a attribué à la naissance. Chacun chacune le faisant du mieux qu’il ou elle le peut. Même quand ils/elles ont un des pires rôles. Au meilleur de sa connaissance et de son expérience.
Certains sont là pour nous inspirer, et tirer le monde par en avant, d’autres au contraire sont là pour nous montrer ce que l’on ne veux surtout pas devenir.
D’après ce que je comprends des propos de Mr Hanh, c’est que si on peut arriver à s’identifier à tout, à tous et toutes, peut-être alors qu’on réussira à ne plus s’identifier à rien, ni à ce petit moi qui nous ratatine à un point de vue obtu et limité et nous contraint à un monde limité au mental et trop petit pour la grande âme que l’on porte.
Je crois que ce qu’il tente de nous dire est de développer de l’empathie et de la compassion, pour nous sentir lié au bon comme au moins bon, à élargir nos limites pour en arriver à se sentir faire partie du monde entier, à nous sentir être le monde entier. De la poussière d’étoile à la plus lointaine galaxie.
Dit autrement, par un autre sage : La réalité est que vous n’êtes personne. Pourquoi ne pas partir de là et affronter les faits directement, sans tenter de devenir quelqu’un ?

Mais comme il est trop tard et que nous sommes déjà devenu quelqu’un, on doit s’éplucher, se dé/couvrir, se déconstruire pour retrouver notre visage originel.
Bon voyage.

Gros défit d’humilité.
Pour le moment …Les Maritimes here we are.
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