MOMENT MÔMAN

Le terme «Mère» implique nourrir et soutenir la Vie. Nous avons le privilège d’être en Vie grâce à nos Mères. Puissions-nous vivre en portant au coeur une gratitude consciente à chaque jour pour leur contribution pour qui nous sommes.

Comme le 8 mars veux le faire pour les droits des femmes en général, je suis toujours un peu mal à l’aise avec cette journée qui vise à souligner les mères. Souvent, je m’abstiens d’écrire quoi que ce soit en ce jour imposé. Sur FB, souvent je ne fais que poster la photo de ma mamma mia à moi et puis basta, c’est tout. Pas de mots, pas de bla bla.

Mais ce matin je veux prendre un moment.

Je vois tous ces messages publics exprimant tant d’amour et de reconnaissance envers toutes les mères du monde et malgré que je comprenne, sens et ressens l’amour véritable envers elles toutes, quelque chose tique et accroche. Je saisis l’intention de reconnaissance mais comme un timotton qui ne passe pas malgré les beaux mots. Et ce n’est pas personnel, c’est systémique.

Ces traditions qui sont devenues mercantiles, commerciales et publicisées par les grandes corporations au fil des ans ont fait dévier l’intention d’origine, elles ont noyé le poisson. It smells fishy. Comme un arrière-goût de culpabilité.

On devrait les fêter à tous les jours les mères, par des actions concrètes et affichées, car toute vie vient d’elles, toute vie humaine passe par elles.

Les mères portent toute vie en elles, tout de suite, toute sweet.

Elle la première.

La mère de toutes les mères. Elle sur laquelle on marche et vit, elle qui nous nourrit, mais elle qu’on aime si peu, elle qu’on aime si mal.

On crie sur tous les réseaux l’amour de nos mères pendant qu’on l’épuise, elle la première nourricière, qui nous nourrit tous et toutes et qui nous porte et nous supporte. Alors que tout le reste de l’amour ne peut que découler de notre amour pour elle me semble non ? Fondations bouetteuses il me semble. Têtes en l’air et pieds sans terre.

Et en même temps, je pense à toutes les mères de Gaza, comme aux mères des soldats israéliens partis défendre leur pays. Toutes mères rassemblées dans la guerre, séparées par la guerre.

Je pense aux mères qui n’ont plus rien et qui, encore, donnent tout, même ce qu’elles n’ont pas, ce qu’elles n’ont plus, ce qu’elle n’ont jamais eu et n’auront jamais.

Je pense aux mères qui ont avorté, à celles qui ont eu des interruptions de grossesse, à celles qui ont perdu des enfants en bas âge, ou même des enfants plus vieux car pour une mère, un enfant n’a pas d’âge, toujours un enfant, toujours son enfant.

Je pense aux femmes qui ont décidé de ne pas être mères ou à celles qui ont voulu et/ou n’ont pas pu. Cette journée vient leur frotter dans le visage leur choix, clair ou pas, imposé ou pas, ambivalent ou pas. Leur karma et/ou leur décision à elles alors gardons nos jugements et nos lois pour nous les boys.

Je pense aux religieuses qui ont donné leur vie à Dieu et qui ont été mères de tant d’orphelin.e.s.

Je pense aux infirmières, aux professeures, éducatrices qui portent un rôle maternant pour des enfants qui ne sont pas les leurs. Toutes trop mal payées, toutes trop peu respectées et trop peu appréciées.

Je pense à toutes ces mères qui se font harceler, battre, insulter, mépriser, intimider, tout en continuant à prendre soin de leurs enfants. Mères au front chapeau !

Je pense à toutes ces vieilles mères en centre d’accueil, celles seules comme celles qu’on visite par obligation, ce qui est peut-être encore pire que la solitude.

Et par ricochet, je pense à tous ces hommes, à tous ces ptits gars devenus grands qui méprisent les mères, qui méprisent les femmes, qui se croient les plus forts parce qu’ils peuvent pisser debout et plus loin que les autres ptits gars devenus glands.

Nous les hommes qui avons tant à apprendre des femmes et des mères dans l’art de donner, de prendre soin d’autrui. Wake up guys !

Nous, hommes qui recevons tellement d’attention médiatique, trop, et salaires supérieurs, beaucoup trop, tous ces présidents, ces monseigneurs et cardinaux wannabe papes en chef.

J’observe ce monde encore trop porté sur les hommes qui ont designé – oui, comme dans design – une journée fleurs, chocolat et restos par année pour souligner l’apport indispensable de cette énergie maternante, féminine, donneuse de soi, de soins et de vie. Avec une intention pure au coeur peut-être au départ, mais détournée et soutenues par des actions qui ne démontrent pas du tout cette appréciation, cette égalité d’être, cette dignité.

Et je pense un peu à ma mère aussi aujourd’hui bien sûr, mais pas tant. Elle qui a quitté son corps physique il y a 21 ans. Je pense pas beaucoup plus à elle aujourd’hui que les autres jours car je la porte en mon coeur à tous les jours. Je lui porte amour et reconnaissance comme tout enfant qui a vécu avec une mère qui a aussi joué le rôle de père, de mère à tout faire, parent mono.

Il y a quelques années, inspiré par ce désir de lui rendre hommage, j’ai décidé de changer mon nom légal, passant de celui de mon père au sien,

pour l’honorer, la remercier, pour continuer à faire vivre son nom de jeune fille, sa lignée, son âme.

Et depuis, étrangement, ma mère vit en moi et m’accompagne partout et toujours, elle me porte en son Saint. Alors aujourd’hui comme toujours, merci m’man.

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et je pense à Marie-Madeleine aussi…

Avant que le monde ne la traite de sans valeur et de sale…
avant que l’Église n’enterre son histoire sous des siècles de honte…
Marie-Madeleine était la contrepartie.

Pas un suiveur.
Pas un spectateur.
Mais l’égal.

La fréquence féminine de la conscience du Christ.
Pendant que d’autres se dispersaient…
elle est restée.

Elle pleurait sur le tombeau…
j’ai attendu dans le silence…
et fut le premier à contempler la lumière ressuscitée.

Elle a été témoin de la résurrection.
Elle le sentait dans ses os.
J’ai entendu son nom prononcé par le divin.
Et à ce moment-là…
la vérité la plus sacrée a été révélée :

La vie est éternelle.
L’amour transcende la forme.
Le féminin n’a jamais été secondaire…
elle était le portail.

Jésus a peut-être porté la lumière.
mais Marie portait le souvenir.
Le savoir.
Les codes.
L’évangile qui ne pourrait jamais être écrit à l’encre…
parce que ça a toujours été destiné à être ressenti.

Et c’est peut-être là le véritable évangile…
Que la mort n’est pas la fin.
Cette montée est réelle.
Que le divin vit en nous…
dans notre chagrin…
dans notre dévotion…
dans notre retour à la vérité.

La résurrection n’était pas un miracle pour un seul homme.
C’était une prophétie.
Un héritage.
…pour nous tous.

Un appel à se rappeler qu’aucune partie de vous n’est jamais vraiment perdue.
Pas les pièces qui se sont cassées.
Pas les parties qui ont erré.
Pas les parties qui ont été crucifiées par la vie.
Ils se lèvent aussi.
Ce Pâques…

J’honore la Madeleine en chacun de nous.
Celui qui reste.
Celui qui sait.
Celui qui n’a pas besoin d’une chaire pour être saint.

Et j’honore le Christ non seulement comme un sauveur…
mais comme un miroir de ce qui est possible quand on incarne l’amour…
et mourez à tout ce qui est faux.

Il s’est levé.

Elle s’en souvenait.

Et leur histoire vit toujours en nous.

Une réflexion au sujet de « MOMENT MÔMAN »

  1. Avatar de PrashantiPrashanti

    Il y a des milliers de façons pour la femme de vivre notre maternité.

    Et oui essayons….travaillons à garder notre optimisme.

    Il y a encore de la vie ici.

    Merci Ati pour ton partage qui nous fait réfléchir et nous fait du bien. 😘

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