
Je vais trancher ici les mots de Jeff Brown phrase par phrase car ils me semblent riches et importants.
Un moment donné dans ta vie, il est possible que tu atteignes un point où tu veuilles ralentir le rythme de ta transformation.
Quand on est jeune, on veut beaucoup. On veut que ça aille vite, on en veut le plus possible, et on le veut tout de suite. Comme on ne sait pas encore que la vie peut être loooooooongue, on veut veut tout right here right now. Tusuite. Et ça fait partie de la beauté de la jeunesse. La passion, l’intensité, l’impétuosité. Mais ça fait son temps. Le corps nous le dit.
Pas arrêter d’évoluer, mais plutôt un point où tu veux arrêter d’utiliser ta volonté pour provoquer des changements.
Quand on entreprend un chemin de changement, que l’on peut aussi appeler un chemin de conscience, quoi que ce mot est utilisé à plusieurs sauces dans la grande poutine humaine, on veut changer, on veut se changer. Mais ça part de la volonté, du willpower comme disent les anglais.
Mais on peut se demander comment l’égo peut-il se saborder lui-même ?
Tu continues à grandir mais la qualité est différente: c’est plus doux, davantage une acceptation qu’un changement.
Avec les années, même si on veut toujours continuer à s’améliorer, devenir meilleur, plus juste, plus conscient, name it, on se fatigue un peu au fut et à mesure de notre course – human race – et on réalise que l’on ne changera pas, pas vraiment.
On peut bien modifier certaines habitudes inconscientes, on peut prendre conscience de certaines zones d’ombre, reconnaître certains patterns, mais on réalise que fondamentalement, le coeur de qui nous sommes ne changera pas, ça restera toujours le même. On découvre la présence en soi qui observe et qui est permanente et impermanente.
Tu acceptes davantage qui tu es, reconnaissant(e) du chemin parcouru et tu es prêt à travailler avec ce que tu as et qui tu es.
Acceptation est le mot clé ici. Mais ça prend pas mal d’effort en début de course pour réaliser que le plus grand changement passe par l’acceptation de tout ce que l’on est, de tout ce que nous sommes. Qu’on ne gagnera rien en tentant de se débarrasser de certaines parties de soi-même, ce qui est impossible de toute façon.
Osho disait: only losers can win this game.
Il est important de reconnaître ce moment s’il se produit.
Souvent on interprète ce moment comme une fatalité, comme si on est devenu vieux, vieille. Mais au contraire, on se rend compte qu’on est devenu mature, qu’on acquiert un peu de sagesse. Finalement !
Et on peut alors arrêter de se rebeller contre le monde, et commencer à y participer, simplement et totalement comme nous sommes. Pas contre rien, pour tout. Y ajouter notre propre touche humaine, humble et imparfaitement parfaite.
Car c’est un point important dans l’acceptation de toi-même.
Bingo !
Et, de façon surprenante, cela peut provoquer le plus grand changement en toi.
Finalement, l’acceptation de soi, la grande capitulation face au désir de changer, un oui face à toutes ses facettes, en particulier ce que l’on aime moins, ce qui était jadis impossible à accepter. Alors la vie devient plus reposante. Cet état en soi, où l’on réalise qu’il n’y a rien à ajouter, rien à améliorer, rien à gagner, nous ramène directement à la maison, au coeur de soi, dans le coeur.
Mais bien souvent, ce processus prend du temps, de l’effort, plusieurs tentatives d’essais-erreurs. Car les prétendues erreurs sont la voie royale de l’apprentissage dans l’art de devenir humain(e).

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