
Ah ce fameux moment présent. Ce St-Graal existentiel qui contiendrait toutes les vérités du monde.
Quelle belle et grande illusion. Car le moment présent n’est qu’un éternel et bref passage d’un temps qui n’existerait même pas. Chaque moment ne serait qu’une futile glissade dans le vide, qu’une escapade de pensées et d’émotions défilantes, qu’une apparente réalité matérielle en constante mutation. Lent glissement de temps peut-être, mais réelle transmutation sans cesse en cours. Et ce qui est maintenant ne sera plus bientôt. Comme ce qui a été et qui n’est plus et ne sera plus jamais.
Comme nous, le moment, qui n’est que subtil mouvement d’apparence constamment en train de passer, toujours un peu dépassé. Nous sommes toujours un peu en retard sur le moment qu’on dit présent. Dès qu’on pense le saisir, le moment est déjà passé, parti, évaporé. Et le prochain est déjà en train lui aussi de nous glisser entre les mains plus vite qu’on puisse le réaliser.
On pense qu’avec les années, qu’avec l’expérience, on a acquis de la sagesse. On pense que parce qu’on a vu beaucoup d’eau couler sous les ponts, on sait plus qu’avant ce qu’est l’eau. Ou un pont. Plus qu’avant, ou plus que les autres. Car notre connaissance a souvent besoin de l’ignorance des autres pour se mesurer.
Mais la vérité, ou l’une d’entre elles s’il en existent plusieurs, est qu’on ne sait rien, on ne saisi vraiment rien, on ne comprend rien pour de vrai. Et probablement, ou possiblement, qu’on ne saura jamais rien de plus que ce qu’on ne sait pas en ce moment. On peut quand même imaginer.
Car le grand mystère ne peut – et ne pourra – peut-être jamais être compris, il ne peut qu’être avalé, ou on ne peut que s’y perdre, s’y engloutir. Se laisser prendre par le mystère.
On n’a aucune idée de la grandeur ni de l’immensité du grand mystère nous entourant comme celui vivant en soi. Moi le premier. Ou ce n’est peut-être que moi qui ne sait rien, qu’en sais-je ?
J’écris plusieurs matins par semaine et je n’ai aucune certitude quant à ce que je dis. J’aime écrire pour réaliser mon ignorance. C’est exactement pour ça d’ailleurs que j’écris, en fait possiblement, car aucune certitude face à rien ai-je dit précédemment, vous voyez comme j’ai la mémoire courte. Je dois me le rappeler à moi-même car souvent je pense savoir. Si je savais, je me tairais, je me terrerais dans mes terres et je ne dirais rien. Je serais.
J’écris pour réaliser que je ne sais rien, ou si peu. Car savoir qu’on ne sait pas est la première des choses à savoir tel que nous le rappelaient Socrate, Platon et Jean Gabin. Et la dernière aussi peut-être. Mais même ça, je ne le sais pas. Mais est-ce que le diable s’en doute ?
Dès qu’on se fie sur ce que l’on a déjà vécu, déjà su, déjà vu, on ne sait plus car ce que l’on est maintenant ne se trouve qu’en ce moment, moment totalement inconnu, jamais vécu auparavant. Jamais vu. Tout neuf moment. Qui requiert présence fraîche, présence neuve.
Qui suis-je ?
Entre qui j’étais et qui je serai. Pas davantage. Peut-être tout au plus une petite flame de présence qui observe ce moment s’écouler dans le sablier du grand mystère. Peut-être.
Que sais-je ?
Ce que je pense savoir, ce qu’on m’a dit, ce que j’ai lu, ce que j’ai déjà vécu. Un peu de tout ça mais en même temps rien de tout cela. Car si je ne sais rien, je ne sais même rien du rien que je ne connais pas.
Ignorant de ma propre ignorance. Est-ce un bon début ou une fin en soie ? En dentelle peut-être.
Ah ce moment.
Déjà passé, pas encore ici.
Qu’un bref espace entre les deux.
À l’infini.

Jiddu ne parle pas de la vérité…
Il parle de sa femme!
😉
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Jiddi Guy doux !
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On peut sublimer, on peut transcender et c’est une expérience.
Can’t touch this (a finger trying to scratch itself).
La vérité n’est pas changeante;
le hamster tourne à la même place
et la folle du logis ne déménage pas.
J Krishnamurti m’a provoqué
et je veux le comprendre quoiqu’en désaccord.
La « vérité » est vraiment neutre,
elle ne change pas.
(J’aime les constantes mathématiques;
c’est de la musique.)
Pour ce qui est de la fraîcheur;
au témoin de le noter!
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Quelle belle et grande illusion. Car le moment présent n’est qu’un éternel et bref passage d’un temps qui n’existerait même pas. Chaque moment ne serait qu’une futile glissade dans le vide, qu’une escapade de pensées et d’émotions défilantes, qu’une apparente réalité matérielle en constante mutation. Lent glissement de temps peut-être, mais réelle transmutation sans cesse en cours. Et ce qui est maintenant ne sera plus bientôt. Comme ce qui a été et qui n’est plus et ne sera plus jamais.
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Ça c’est Ati qui le dit et moi qui approuve.
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