RÉELLE ILLUSION VERSUS ILLUSOIRE RÉALITÉ

La réalité est aussi illusoire. – J. Krishnamurti

Le concept de Réalité en est un assez tordu. Comme celui d’illusion d’ailleurs. Car ce qui est réel pour l’un peut constituer l’illusion de l’autre. Et vice et versa.

Le père Noël est bien réel dans la tête des tout petits, jusqu’à ce qu’ils/elles cessent d’y croire. Même chose pour le concept de Dieu. Qui n’est pas si différent du premier selon certains. Ça doit être la barbe 😉

Car pour les athé(e)s, qui sont tellement certains de la non-existence de Dieu, sa non-existence devient bel et bien réelle. Comme son absence. Plus on s’acharne à nier une réalité quelconque, plus elle devient quelque chose. Les moulins à vents peuvent devenir de vrais ennemis.

Le terme Réalité peut s’apparenter à celui de Vérité, autant celle avec un petit qu’un grand V. Ces absolus qui ont depuis toujours prêté matière à discussion et à diverses interprétations mais rarement à des compréhensions communes. Car les mots sont bien petits pour décrire et montrer l’infinie grandiosité de la vie, son immensitude.

On dit souvent que ce qui est réel peut être touché. On parle alors d’une réalité sensorielle. Matérialisme pur et dur.

D’autre part, on dit que si on peut penser à quelque chose, on dit que cette idée a le potentiel de devenir réelle. Réalité intellectuelle. Potentielle du moins. Je pense donc c’est réel ?

Mais peut-être qu’il n’existe tout simplement pas une seule réalité, mais une infinité de réalités qui se suivent, défilent et qui passent les unes à côté des autres, les unes sur les autres. Réalités virtuelles dans un monde simili réel. Une multitudes de réalités différentes qui co-existent au sein de milliards de petits mondes n’en formant qu’un seul et même grand.

Peut-être que la Réalité n’est qu’une suite ininterrompue de moments spontanés se défilant, se faufilant les uns suite aux autres, les uns aux autres. Un chapelet de petits moments de simili réalité qui finissent par en former une grande, une apparente. Ou qui semble le faire. Car tout peut n’être qu’illusion, jusqu’à ce qu’on s’éveille à autre chose de plus grand, de plus réel, de plus vrai. Ou autre.

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.
– Gaston Bachelard

Ce n’est possiblement que notre seule incarnation qui donne vie à une certaine illusion de réalité, ou une certaine réalité de l’illusion, limitant l’infini à nos sens, à nos perceptions, à nos compréhensions. Grande vie dans petit(e)s nous de rien du tout.

Peut-être aussi que la réalité ne peut se faire nom, peut-être qu’elle ne peut se limiter à quelque chose de fixe ou de figé dans le temps comme dans l’espace. Peut-être que la réalité ne peut qu’être verbe. Verbe d’action. Même inactif.

Peut-être qu’on ne peut que réaliser certaines choses, concepts ou idées, qui deviennent alors réalités, mais pour un moment seulement. Jusqu’à ce que notre capacité de voir plus grand ou autrement s’étire à l’inconnu d’alors.

J’insiste sur les verbes, pas sur les noms ; évitez les noms autant que possible.
Dans le langage, on ne peut pas éviter, cela je le sais ; mais dans la vie, évitez – parce que la vie est un verbe.
La vie n’est pas un nom, c’est vraiment « vivre » et non « la vie ».
Ce n’est pas de l’amour, c’est aimer.
Ce n’est pas une relation, c’est interagir.
Ce n’est pas une chanson, c’est chanter.
Ce n’est pas une danse, c’est danser.
Voyez la différence, savourez la différence.
Une danse est quelque chose de complet ; les dernières touches ont été apportées,
maintenant il n’y a plus rien à faire.
Quelque chose de complet est quelque chose de mort.
La vie ne connaît pas de véritable sens ; les virgules sont acceptables, mais pas de points complets.
Les lieux de repos sont possibles, mais il n’y a pas de destination finale.

– Osho

Ainsi, ceci dit, il ne reste qu’à réaliser, qu’à se réaliser, qu’à la vie à se laisser réaliser à-travers nous. Simple témoin du processus de réalisation. Soit rendre réel l’apparente illusion. Ou illusoire cette si apparente réalité en chair.

J’espère sincèrement que les gens de Gaza, et des autres lieux d’horreur de la planète, peuvent rendre un peu illusoire la dureté de leur réalité quotidienne. Car pour nous, ici eau chaud et en sécurité relative, leur dure réalité n’est qu’illusion, du moins une lointaine diffusion de nouvelles parmi d’autres. Mais pour eux et elles, ça semble très réel. Et insoutenable.

Au fond, dans ce monde de dualité attaché au corps, réalité et illusion ne forment qu’un seul et même couple qui danse avec la futilité de la vie qui se manifeste de multiples formes, au même titre que vérité et mensonge, tout et tien, et tutti quanti. Ou pas.

Réaliser une illusion, c’est déjà quelque chose. Jusqu’à la prochaine nouvelle illusion réalisable.

Really ?

Vraiment pas certain de rien du tout.

GOSSER LE BONHEUR À LA MAIN ET À COEUR

Le bonheur n’est pas acquis. Il résulte de vos propres actions. – Dalai Lama

Le bonheur est une job de bras. Et une job de coeur aussi. Surtout.

On pense que le bonheur est un droit acquis, que la vie nous doit le bonheur, que l’on devrait toujours être heureux/se. Par défaut.

Et tellement nombreux/ses sommes-nous à nous rendre tellement malheureux/ses à courir après, le bonheur. Il est où le bonheur ? Il est toujours quelque part ailleurs, quelque part plus loin, quelques pas devant. Plus tard, ailleurs, avec plus de bébelles, plus d’argent, plus, plus, plus.

Pourtant.

Le bonheur se cache toujours tout simplement dans le moment, au coeur du moment. Le bonheur ne peut jamais être ailleurs, ni plus tard. Il ne peut qu’être maintenant, et ici bien sûr. Il ne peut être qu’en soi. Il passe par le corps, par le coeur.

Le bonheur apparait quand on s’occupe d’autrui, quand on aide, quand on collabore, quand on donne, quand on se donne. Et qu’on prête attention à l’autre. Car si on prête attention, le bonheur s’offre à nous, il se donne et on le reconnait immédiatement le bonheur. Il se cache souvent en soi, mais aussi souvent dans le coeur des autres.

Le bonheur est souvent ici quand nous ne le sommes pas, quand nous ne le sommes plus, quand nous le sommes moins. Moins de moi pour le bonheur, plus de nous, plus de vous.

Le bonheur se dévoile quand on s’oublie un peu, pour se consacrer au bien du plus grand nombre, pour penser à plus grand que soi, pour prendre soin des plus petits, des plus âgé(e)s, des plus vulnérables. Quand on se lâche le nombril, et qu’on sort de sa tête, pour plonger dans le coeur. Le coeur de soi, ce qui nous relie au coeur des autres.

Le bonheur est probablement beaucoup plus simple qu’on peut l’imaginer, qu’on l’imagine en fait. Car le bonheur imaginé n’est pas réel, le bonheur a besoin de s’incarner. Probablement pour ça qu’on passe à côté souvent le bonheur, la plupart du temps. Probablement qu’on le croise souvent sans même le reconnaître.

C’est souvent le malheur qui nous révèle le bonheur. La vie a besoin de contradictions.

Le bonheur se promène incognito, il se laisse attraper facilement si on ne tient pas à le conserver, à la garder à tout prix. Car le bonheur est gratuit. dès qu’on ferme nos mains sur lui, il part tout de go. Le bonheur coule fluide.

Le bonheur vit dans notre coeur, pas dans notre tête. Il se loge dans notre corps, partout, et il se sent, se ressent, puis il résonne et prend de l’ampleur.

Pour moi le bonheur est toujours de bonne heure, au petit matin, aux aurores. Au lever du soleil. Plus tard en journée, il se fatigue, il ralentit mais le matin, oh qu’il est en forme. Alors j’apprends à rouler sur son dos, à son rythme, à son bon vouloir. Parfois il se cache car il a besoin de se reposer, de faire solitude. Parfois le bonheur fuit le soleil et cherche la pluie. Et c’est parfait ainsi.

Car on se souvient des paroles de Xan Oku, soit que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire.

Car du bonheur à temps plein ça finirait peut-être par ennuyer, par rendre blasé. Ça prend de la nuance dans la vie. Ça prend de la variété, du mouvement. Ça prend un peu de tristesse et du blues pour rendre les couleurs plus vives.

Alors chers/ères lecteurs/trices, je vous laisse pour la fin de semaine. On va aller voir il est où le bonheur OK ?

ODEUR DE PLUIE ENSOLEILLÉE

Que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire. – Xan Oku

Ce matin j’avais commencé à faire bla bla à propos des bombes qui semblent tomber loin mais que si on colle nos oreilles au sol, on entend la terre implorer justice.

Mais ça sonnait trop heavy. Car je pense déjà beaucoup, sinon à peu près tout le temps, à la guerre, celle qui sévit en ce moment, à Gaza surtout, mais à plein d’autres endroits sur la terre. Je ne veux pas oublier mais je vais garder ça en mon coeur pour tout de suite. Et pour moi.

Puis après, j’hésitais à continuer au sujet qu’un signe d’intelligence consistait à prendre conscience de sa propre ignorance. Car ça ressemble à trop à mon bla bla d’hier 😉

Alors en fouillant dans mes memes, je suis tombé sur celle-ci:

Que les fleurs nous rappellent pourquoi la pluie était si nécessaire. – Xan Oku

Et tout de suite, quelque chose s’est allégé, quelque chose a souri en moi. Pas que je ne veuille pas penser ni me relier à ceux et celles qui souffrent mais on atteint parfois un endroit où on a aussi besoin de légèreté, de lumière, de simplicité.

Car la guerre est là, elle sévit, elle tue des innocent(e)s et détruit des vies et des lieux.

Pas pour rien que j’ai posté ceci sur mon mur FB l’autre jour.

Lumière et légèreté vers les peuples de Gaza et d’Israël… et tous les autres peuples de la planète qui vivent une situation de conflit et de guerre, et vers tous les migrant(e)s du monde sans domicile fixe…

Je vois passer ces memes agressifs au sujet de la tyrannie d’Israel sur Gaza et même si je conçois fort bien l’injustice et l’horreur, je ne me sens pas capable d’en rajouter. La cour – internationale – est déjà pleine.

On me dit que si je ne dénonce pas, je suis complice. Je ne le suis pas. Mais ajouter rage et colère au débat ne règlera rien. Certains sont en train de tenter de négocier un accord de paix. Et derrière toutes ces tentatives, plein d’autres acteurs du domaine de l’armement ou autres extrémistes qui n’ont pas intérêt à ce que la guerre cesse et qui tentent probablement de faire dérailler le processus. Je ne sais pas comme tel mais j’imagine, je pense que ça existe bel et bien de ces gens.

Je ne sais pas toute l’horreur qui sévit dans le monde, mais je la sens, je la perçois dans l’invisible, dans le coeur de certains. Je ne suis pas dupe, je sais que certains ont des plans qui ne vont dans le bien du plus grand nombre. Mais je les plains plus que je les crains. Et peut-être réussiront-ils à imposer leurs intérêts. Tant mieux pour eux si cela leur plait, et tant pis pour nous simples humain(e)s s’ils réussissent.

Mais ce matin, je préfère souligne la beauté du monde malgré la laideur et les drames qu’on aime tant rapporter. J’aime croire que la plupart des gens de la terre sont de bonnes personnes, des gens de bonne volonté. Des pères, des mères, des fils et des filles.

J’aime penser que malgré la folie meurtrière qui sévit un peu partout autour de nous, la vie est ce qu’elle est car elle n’est pas autrement. Ou elle est comme on veut qu’elle soit, comme on peut qu’elle soit. Avec le beau comme le laid, avec l’amour comme avec la peur et la haine, avec la bonté comme avec la méchanceté. Tout, et son contraire. Et le vice comme le versa.

Et nous, nous sommes qui nous sommes, choyés de vivre en paix, avec la capacité de saisir ce que le monde nous présente chacun(e) à sa mesure, et avec la capacité de transformer le moins beau en de plus en plus beau. Autour de soi.

Quand je marche autour et que je vois la neige brune en ces jours de printemps pluvieux bruns et brumeux, moi je vois déjà l’été, je sens déjà les fleurs. Quand je me tais, j’entends les oiseaux qui ne vivent que le moment, ajoutant leur pépillements sonores en toute simplicité.

Et je remercie la pluie.

Bon petit jeudi tout gris porteur de soleil, astre toujours présent, malgré et derrière les nuages.

IGNORER PLUS QU’ON IGNORE

Seuls quelques-un(e)s savent, tellement il faut savoir, pour réaliser combien peu on sait.
– Werner Heisenberg

Cette affirmation pousse un cran plus loin le fameux : la seule chose que je sais. c’est que je ne sais rien. Oui la fameuse sage citation qu’on attribue autant à Platon, Socrate qu’à Jean Gabin.

Seuls quelques-un(e)s savent, tellement il faut savoir, pour réaliser combien peu on sait.

Ou une fois illustré, ça ressemble à ça :

Il y a tant à savoir alors que tant on ignore. Tant qu’on ignore même ignorer. Et dire que certain(e)s affirment pratiquer la pleine conscience.

Ça me rappelle que lorsque j’ai reçu mon doctorat en criminologie, plutôt que de me penser finfinnaud, j’ai réalisé qu’autant j’avais beau avoir acquis des connaissances dans mon domaine, j’en ignorais à la 1000 dans tous ces autres domaines. Plutôt que de rassurer, ce doc m’a montré tout ce que j’ignorais.

De plus en plus, quand je rencontre des gens qui pensent savoir, je juge de moins en moins. Car c’est avec le temps que l’on finit par perdre notre arrogance, notre certitude.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, pour citer Friedrich Nietzsche : Ce n’est pas le doute mais la certitude qui rend fou.

Le doute est sain, le doute est de l’humilité incarnée, de l’humilité humanisée.

Le doute ne nous arrête pas, au contraire, il nous permet d’avancer avec une certaine hésitation créative, avec une ouverture d’esprit qui nous fera réaliser si nous prenons le mauvais chemin, si les choses ou les gens ne sentent pas juste, ne résonnent pas avec justesse.

Je sais de plus en plus que je ne sais rien d’autre vraiment que ce que j’ai pu expérimenter. Je sais de plus en plus que les erreurs sont inévitables et tellement précieuses pour nous permettre d’apprendre.

Ça je le sais. Mais le sais-je vraiment ?

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La clé pour accéder au pouvoir et aux ressources nécessaires pour mener une vie pleine de sens et épanouissante est de les découvrir en soi-même.
La vérité est, que nous en soyons conscients ou non, que tout ce dont nous avons besoin est intégré au tissu même de qui nous sommes.
Vous n’êtes pas faibles, mais fort(e)s; pas incompétent(e)s, mais compétent(e)s; pas dépendant(e)s, mais plein(e)s de ressources; pas mauvais(es), mais bon(ne)s.

– Jim Palmer

ÊTRE HUMAINE

Disciples; Bouddha qu’est-ce qui nous rend humains ? Bouddha: La capacité de choisir toutes les images de feux de circulation.

Féminisons car tout a été trop masculinisé et on voit le résultat. Être humaine bon.

Drôle de monde dans lequel on vit. Ce sont des machines qui nous demandent de faire la preuve que nous sommes humain(e)s, de démontrer que nous ne sommes pas des machines. On s’est numérisé(e)s, plastifié(e)s, rigidifié(e)s. On a trop évolué vers notre tête, pour désormais vivre principalement dans nos écrans. Auparavant on pouvait avoir la tête dans les nuages, maintenant on l’a surtout dans le nuage.

Le monde n’a pas réellement perdu la raison, mais on a perdu notre instinct naturel, notre contact avec les éléments de la nature, on s’est coupé(e)s d’une part de notre organicité, de notre lien terrestre, on a coupé le cordon ombilicale avec notre mère. Encore plus dans les villes où certaines personnes partent d’un stationnement sous-terrain, pour se rendre travailler dans un bureau à l’air recyclé et se garer dans un autre stationnement sous-terrain, sans sortir dehors, sans respirer du vrai air, que des particules de plastique toxiques.

Être humain, humaine, est pourtant simple si on revient aux besoins de base. Avoir chaud, boire, manger, dormir, bouger, respirer de l’air frais, aimer et être aimé(e). Et respirer, respirer respirer, sentir et toucher et être touché(e) par la nature, notre environnement naturel fondamental.

Peut-être que de débordement numérique et ce grand flirt avec l’intelligence artificielle re swignera de nouveau bientôt vers plus de naturalité, vers un contact plus senti avec la nature, avec l’eau, l’air, la terre et le feu. Les éléments qui composent notre corps, qui font de nous des êtres terrestres.

Car notre humanité, la terre en soi, et en soie, est notre nature profonde et la vie trouvera toujours son chemin vers sa source. Nous ne mettrons pas la terre KO, mais nous-mêmes peut-être. Tôt ou tard. Trop tard ? Qui vivra verra. Mais en attendant, on y va un pas à la fois, chaque pas dans la foi. À chaque fois. Foi d’humaine, foi d’humain. Foi humaine. Ma foi du bon Dieu.
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À mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente à ses phénomènes.

Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques.
Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu ni l’éclair de son projectile vengeur.
La rivière n’abrite plus d’esprits ; l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme ou de son ancêtre vénéré ni habité par des démons.
Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent pas à l’homme et l’homme ne s’adresse pas à eux, croyant qu’ils peuvent l’entendre.
Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qui engendrait ses relations symboliques.
– C.G. Jung (L’homme et ses symboles) via Sol Ange

DES ESPOIRS

Ceci, cher/ère, est le plus grand défi de la vie : Être témoin de l’injustice en ce monde, et ne pas la laisser consumer notre lumière.

Mes chers/ères lecteurs/trices, je crois sincèrement qu’un défi encore plus grand que de simplement ne pas laisser l’injustice consumer notre lumière consiste à vivre en zone de guerre, en se faisant bombarder, être affamé(e)s et assoiffé(e)s, et d’arriver à garder espoir, et ne pas sombrer dans le désespoir total. Sous les bombes, et dans des conditions inhumaines, simplement demeurer vivant(e) constitue un exploit, l’espoir vient en prime, et requiert une foi immense, presque inhumaine.

Le plus grand défi pour certains êtres humains est tout simplement de rester vivant(e) au quotidien. Et de ne pas sombrer tout court, ni dans la folie, ni dans le désespoir ou dans colère et la rage. Simplement demeurer humain(e) constitue un exploit.

Ce qui se passe à Gaza est épouvantable. Bien sûr il y a plein d’autres guerres et situations horribles qui sévissent notamment à Haïti, en Ukraine, en Syrie, en Afghanistan – le sort des filles et femmes – en Afrique et j’en passe. Mais la situation de Gaza me semble la plus inhumaine. Tellement médiatisée qu’on la vit quotidiennement, même si à distance, par procuration. Nous sommes témoins du pire de l’humanité. Là où le sort des enfants est particulièrement criant.

Le sort de l’humanité vacille entre espoir et désespoir, d’où le titre ambivalent de cette chronique. Des espoirs. L’un et l’autre, l’un ou l’autre. D’un côté, il est relativement aisé pour nous de garder espoir, ici, d’ici en toute sécurité et nourri/logé/chauffé. De l’autre, si on observe les multiples menaces autant à l’humanité qu’à la planète, aussi inquiétant. Mais so far very good pour nous.

Pendant que l’on vit confortablement et dodument ici bien au chaud, dans le confort de nos foyers, des gens, enfants, ainé(e)s, pères et mères, de bonne volonté ou de la meilleure volonté qui soit, vivent l’horreur au quotidien. Pendant que je tape ces mots de mon home douillet, des gens vivent une crise, en ce moment même. Et nous on doit apprendre à vivre, impuissant(e)s devant l’horreur. En se sentant relié(e)s, responsables mais pas coupables. Impuissant(e)s surtout.

On peut bien faire quelques posts outrés sur les réseaux, s’indigner publiquement, pointer l’injustice des un(e)s ou des autres, n’en reste qu’en nous-même, en soi chacun(e) pour soi, on doit apprendre à vivre avec l’intolérable, avec l’inacceptable, avec l’inhumain qui nous saute au visage. Si on ne le subit pas soi-même, on le voit, on en est témoins. Sauf que nous, nous sommes ici en sécurité.

Quelle réalité out there. On aime parfois dire que le monde est une illusion. Peut-être. Mais pour certain(e)s, elle est beaucoup plus réelle que pour d’autres cette prétendue illusion qui est le luxe des aisé(e)s.

Malgré le désespoir de certain(e)s, il est essentiel de conserver l’espoir, pour eux et elles. Et continuer de voir la beauté, et de la répandre autour de soi. Car quoi faire d’autre ?

De tout coeur avec les gens qui souffrent dans la lumière de notre coeur humain commun, dans notre humanité.

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(1) Deux touchants témoignages ci-bas sous les citations si le coeur vous en dit, un de Johanne Liu et l’autre de Picard.

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Garder espoir dans les moments difficiles n’est pas simplement bêtement romantique.
Ça repose sur le fait que l’histoire humaine est non seulement une histoire de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de gentillesse.

Ce que nous choisissons de souligner dans cette histoire complexe déterminera nos vies.

Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité à faire quelque chose.

Si nous nous souvenons aussi de ces époques et de ces lieux – et il y en a tant – où les gens se sont comportés magnifiquement, cela nous donne l’énergie d’agir, et au moins la possibilité d’envoyer cette toupie d’un monde dans une autre direction.

Et si nous agissons, même de manière modeste, nous n’avons pas besoin d’attendre un grand avenir utopique.

L’avenir est une succession infinie de présents, et vivre maintenant comme nous pensons que les êtres humains devraient vivre, au mépris de tout ce qui est mauvais autour de nous, est en soi une merveilleuse victoire.

~ Howard Zinn

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Celui qui a vu son ombre est plus grand que celui qui a vu les anges.
Celui qui a touché ses abîmes et qui a pourtant choisi la vie met le monde debout.
La vie n’a pas de sens, ni sens interdit, ni sens obligatoire.
Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle va dans tous les sens et déborde de sens, inonde tout.
Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans une autre.
Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens.
Et si l’essentiel d’une vie consistait à accueillir l’ébranlement, la secousse, le dérangement causé par l’autre ?
Au-delà du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l’injuste, il y a une prairie où je t’attends.
Il n’y a qu’un crime, c’est de désespérer du monde.
Nous sommes appelés à pleins poumons à faire neuf ce qui était vieux, à croire à la montée de la sève dans le vieux tronc de l’arbre de vie.
Nous sommes appelés à renaître, à congédier en nous le vieillard amer.

– Christine Singer
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Johanne Liu
https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-02-21/grande-entrevue-avec-joanne-liu/pour-que-la-guerre-s-arrete-aux-portes-des-hopitaux.php

Luc Picard
https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-02-21/place-publique/lettre-a-un-jeune-palestinien.php

AIMER, S’INCARNER & LAISSER ALLER

Pour vivre en ce monde, tu dois être capable de faire 3 choses: 1- aimer ce qui est mortel, 2- le contenir en ton corps sachant que ta vie en dépend et 3- quand le temps viendra, le laisser aller, le laisser aller…
– Marry Oliver, In Blackwater Woods

Que c’est beau : aimer le mortel, le contenir en son corps sachant que sa vie en dépend, et au bon moment, le laisser aller, le laisser aller.

Tout est là. Aimer de tout son coeur et accepter de s’incarner et de vivre totalement, malgré la rigueur et l’impermanence de la vie, malgré l’intuition que tout ceci n’est qu’illusion et que quelque chose de plus grand existe.

Car nous sommes encore en corps, pas nécessairement un corps mais en corps, dans la matière, ce que nous avons peut-être choisi même si on ne s’en souvient pas ou plus, ou plus tout à fait. Mais j’aime l’idée que l’on a choisi de s’incarner pour apprendre quelques autres leçons, pour continuer un voyage d’âme débuté il y a une éternité peut-être. Un choix plus grand que petit soi.

Vivre totalement, incarné, l’âme dans la chair et la chair imbibée d’âme. aimer de tout son coeur, le garder près de son coeur. Et au moment opportun, le laisser aller. Soit à la mort, soit avant. Mourir avant de mourir pour vivre totalement.

Pas si compliqué la vie quand on revient à l’essentiel. L’amour, le corps et, simultanément, l’attachement et le détachement. S’impliquer dans sa vie avec tout son coeur et être prêt à tout perdre, toujours. Car on perdra tout inévitablement un jour. Un jour ou l’autre.

Ce matin, nous sommes quelques-un(e)s à entreprendre un 21 jours de Shaking et de méditation silencieuse pour compléter l’hibernation. Cette méditation active permet exactement cela. Soit de s’incarner totalement tout en laissant aller, en permettant au corps de laisser l’énergie couler de soi, couler de source. Rien à faire en fait, la vie se vit toujours à-travers nous. On n’a qu’à laisser aller, qu’à dire oui, qu’à diriger le flot. Pas nous qui décidons. Pas tout du moins.

Alors être «total(e)», aimer de tout son coeur pendant qu’on nous prêt vie, pendant que la vie passe en nous, par nous et nous anime. Et quand ÇA le décidera, quitter avec grâce et dignité. Mais pour cela, il faut vivre avec droiture, avec sincérité, avec transparence et impeccabilité. Vivre à partir du coeur, là où est réfugiée notre âme qui guide nos pas et nos actions.

Jusqu’au dernier souffle, alors qu’on pourra dire: mission accomplie. Et merci pour tout. Meegwetch.

Aho !

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Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier des vertus qu’il n’a pas et de négliger de cultiver celles qu’il possède.
– Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien.

SOURIRE PAR DÉFAUT

Sourir est du «yoga de la bouche»… – Thich Nhat Hanh

Certaines personnes ont le sourire facile. D’autre moins, ou pas du tout.

Parfois, j’envie les premiers, tout en doutant de la sincérité du sourire en question. Et en même temps, qui suis-je pour questionner ce sourire ?

J’aime l’audace de Mr Hanh d’oser affirmer que le sourire est un yoga de la bouche. Car en ces temps plutôt maussades avouons-le, le sourire est louche, et oser sourire en ces temps sombres peut sembler présomptueux. Et désormais tout est yoga.

Et malgré tout, j’apprécie l’affirmation, sa candeur, son innocence.

Quand tant de gens souffrent, quand tant de situations sont dramatiques et catastrophiques sur terre, peut-on enore sourire ? La question se pose et pourtant, un sourire modifie immédiatement notre disposition intérieure. Essayez-le pour voir. Ou pas, car qui suis-je pour vous proposer de sourire ?

Mais dès qu’on pose un sourire sur son visage, tout change en soi. L’état intérieur du corps entier se modifie quand on décide de sourire à la vie. Même si ce n’est que du bout des lèvres au début.

Veeresh disait jadis : act as if = fais comme si… Fake it till you make it. Sois déjà ce que tu veux devenir, et tu le deviendras. Même si cela implique de faire semblant au début. IL nous faut casser le moule qui tire vers le bas, essayer de nouvelles stratégies.

Bien sûr, on peut s’opposer à cette affirmation, hé pays libre. Mais pour l’avoir essayé, je peux affirmer qu’il y réside une certaine part de justesse et de vérité.

Il y a diverses significations au verbe sourire, en voici quelques-unes:

1- Témoigner à quelqu’un de la sympathie, de l’affection, de la gentillesse, en lui adressant un sourire;

2- Être agréable à quelqu’un, lui plaire, lui convenir;

3- Être favorable à quelqu’un, à la vie, en parlant de la chance, du sort, etc;

4- Considérer quelque chose ou quelqu’un avec amusement, ironie, s’en moquer sans méchanceté.

Sourire ne signifie pas rire de quelqu’un, ni se moquer. Sourire sincèrement, sourire à partir du coeur, de l’âme. Sourire par en dedans.

Le sourire n’est pas que verbe d’action, c’est également un état, une teinte que l’on dépose sur son visage, sur son être entier en fait. Un sourire. Une lunette que l’on dépose sur la vie, une attitude, une disposition intérieure.

Un sourire est: une expression rieuse, marquée par de légers mouvements du visage, et en particulier un élément de la bouche, qui indique le plaisir, la sympathie, l’affection (Larousse).

Le sourire est aussi une décision qui consiste à accepter la vie avec ouverture, optimisme, le coeur – et parfois la bouche – ouverte, du moins colorée. On dit que lorsqu’on sourit à la vie, la vie nous sourit automatiquement en retour. Malgré sa simplicité, pour ne pas dire son simplisme, cette affirmation contient une part de vérité.

Oh bien sûr que la vie n’est pas que sourire. Elle nous offre aussi des drames, des pertes et des passages étroits que l’on doit affronter. Mais si on décidait d’adopter comme posture de base de sourire à la vie, car en réalité nous sommes si privilégiés, peut-être que la vie répondrait comme on le souhaite un peu plus ? Ça vaut la joie d’essayer non ?

Et drôle de hasard, ou d’algorithme 😉 en rédigeant cette chronique, je vais faire un saut de puce sur FB et pop ! cette affiche de mon ami Albert apparait. Ça ne s’invente pas !

Ce film explore un nouveau domaine scientifique appelé cognition incarnée. Il montre comment les acteurs de cinéma deviennent souvent leurs rôles et suggère que ces principes s’appliquent aux gens ordinaires en termes d’actualisation de la confiance, de l’héroïsme, de la santé et même de l’amour. Y compris la pratique, dirigée par Laughing Laura et d’autres.

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La valeur d’un geste se mesure à la gratitude qu’il inspire… dans le coeur de l’autre.
– via Paul Ouimet

LA FIN DE LA QUÊTE

Inspecteur de miroirs est un emploi dans lequel je pourrais vraiment me voir travailler.

Depuis la naissance, on nous enseigne à en vouloir toujours plus, toujours mieux, à chercher partout en dehors de soi pour trouver le bonheur, ou Dieu, pour voir si on s’y trouve. Plus, plus tard, plus beau. Et le paradis, mais qu’à la fin de vos jours. Peut-être. Comme peut-être l’enfer.

Pour d’autres, cette vie-ci n’est que préparation pour une vie meilleure, plus tard. Ou le remboursement de mauvais karma de vies passées.

On nous apprend à penser à plus tard, à préparer sa retraite, même si notre job nous fait suer. Tant de personnes qui ne font que faire leur temps ici sur terre. En attendant mieux, plus, autre chose, autrement. Peut-être.

Ce que l’on vit ici-bas n’est jamais assez, jamais parfait ni même OK. Ou tout au plus juste OK, barely enough. On survit plus que l’on vit. Mieux que rien. Pourtant lorsqu’on a mal à la tête, tout ce que l’on souhaite est rien d’autre que ce mal de tête. Donc au contraire de l’expression mieux que rien, parfois rien est mieux que quelque chose de désagréable.

On dirait bien que pour nous, pauvres quêteurs/ses, il semble inévitable de devoir s’épuiser à chercher – quelque chose ou quelqu’un(e) – pour éventuellement arrêter et apprécier tous les trésors qui sont déjà en nous comme sous nos cieux. Pour la plupart, nous sommes en quête mais dans le sens pauvre du terme, dans un sens de manque. À la recherche d’un trésor quelconque qui se situerait à l’extérieur de soi. Une chose de laquelle nous sommes privé(e)s, quelque chose qui nous manque. Le St-Graal.

Alors qu’on porte déjà au coeur de soi le plus grand trésor de l’univers, une parcelle de vie, une graine de merveilleux. Nous qui vivons dans un constant miracle, nous préférons mettre nos nez dans les mauvaises nouvelles et mettre l’emphase sur ce qui ne va pas, ce qui va mal. Ou voir la vie défiler dans nos écrans, via celles des autres. Pauvre divertissement.

Que la quête soit matérielle ou spirituelle, une quête est une quête et fait de nous des quêteux/ses. Oh bien sûr, la quête si elle est sans attentes constitue un formidable état d’ouverture. Mais entre vous et moi, rares sont les quêtes sans attentes. La quête vise la plupart du temps quelque chose d’extérieur à soi, et porte sur et vers un but extérieur (distance) et ultérieur (plus tard). Rare que l’on soit en quête de soi. Et pourtant, par là que réside le but ultime. Quête de soi, puis éventuellement de rien quand on se rend compte que le soi n’est bien souvent rien d’autre que quelque chose d’imaginé.

Mais vient un moment, après un laps de temps variable car la patience est individuelle, où l’on se tanne de chercher et où l’on décide de trouver. La quête de vient une trouvaille, une aventure. Et on se met à décider de cueillir les trésors qui se trouvent en nous comme sur notre route. Vient un moment où de quêteux/ses, nous devenons des trouveux/ses.

Et comme par miracle, les trésors commencent à se dévoiler juste ici sous nos yeux, comme derrière nos yeux quand on fait simplement arrêter de chercher partout en dehors. Le poste d’observation devient un phare que l’on cherchait dans la brume, et le/la gardien/ne du phare se transforme en présence qui réalise que c’est elle qui se cherchait elle-même. Le reflet dans le miroir se reconnait enfin lui-même comme la source.

Euréka. Et alléluia.

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C’est une telle bénédiction lorsque la recherche spirituelle touche à sa fin. Vous tombez simplement amoureux de la Vie ordinaire.

Vous ne recherchez plus un état supérieur, un changement fantaisiste de conscience, un domaine transcendant de l’être.

Finalement, vous vous contentez des moments ordinaires mais sacrés de la Vie quotidienne. Tenir la main de votre enfant pendant qu’il fait ses premiers pas. Observer le soleil apparaître derrière un nuage. La sensation des gouttes de pluie frappant votre peau. Prendre une tasse de thé avec un ami. Le paradis est ici, caché dans les choses ordinaires de la Vie, et il suffit d’ouvrir les yeux et le cœur pour le savoir.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis, de moments d’intensité, de chagrin et de décisions difficiles à prendre. Mais vous affrontez ces moments avec volonté et courage, et vous savez que vous êtes toujours sur votre chemin et qu’il n’y a rien de « plus haut » que ce royaume terrestre et ordinaire.

Car il n’y a jamais eu de division entre le supérieur et l’inférieur, le sacré et le profane, le spirituel et le matériel. Il n’y avait que la Vie qui nous rappelait à elle-même. À travers chaque petit événement apparemment insignifiant. À travers chaque moment banal.

Pourtant, il n’y a pas d’événements insignifiants ici. Chaque événement est précieux. Chaque instant est touché par l’infini.

Lorsque la recherche spirituelle se termine, la Vie commence véritablement. »

– Jeff Foster.

LIEN DU TOUT

Plus tu vieillis et plus tu deviens calme, paisible. La vie te rend humble au fur et à mesure que tu matures. Et graduellement, tu prends conscience de tout le temps que tu as consacré à des broutilles.– Inconnu

Le titre de cette chronique vient de mon ami AG. On s’échangeait quelques mots tout à l’heure et à la volée, j’ai repris ses mots et parti chronique. Lien du tout. Tout simplement beau. Comme dans rien, comme dans tout, comme dans lien. Comme dans les multiples jeux de mots que l’on s’échange lui et moi. Nonos nous sommes ensemble.

L’image, elle, a été peinte par Claudia Tremblay (que je ne connais pas). J’aime autant la vibe qu’elle dégage que le message qui l’accompagne. Car en effet, rien comme vieillir pour – apprendre à – devenir mature, devenir humble, devenir de plus en plus calme et paisible. Le temps nous passe dessus, nous rentre dedans et nous transperce, nous modèle, nous polit.

Ce temps duquel, lorsqu’on est jeune, on se plait à dire avec arrogance qu’il n’existe pas, semble devenir de plus en plus réel au fil du temps qui passe par les marques qu’il laisse sur notre corps, par la délicatesse qu’il dépose en nous, par la fragilité qu’il force.

C’est aussi vrai que le temps n’existe pas, mais pour affirmer cela, il faut en avoir vu passer une quantité suffisante. Il faut avoir perdu des ami(e)s. Il faut sentir ses marques sur son propre corps. Il faut avoir goûter à la vulnérabilité qu’il souffle à notre âme.

Ce temps qui passe sur notre corps et le façonne polit également notre âme justement. À mesure que le corps se fatigue, on arrête de se battre et de perdre du temps à-propos de futilités. Et avec le temps, et le corps qui flétrit, l’âme, elle se fortifie. On dirait presque que les deux sont inversement proportionnels. Plus le corps est vigoureux, plus on se sent invincibles et plus on tremble, plus on réalise que la vie est fragile, et nous dedans.

Et avec le temps qui passe, le coeur s’éveille. Car là que notre âme y repose, là qu’elle fut déposée à la naissance. Et on doit parfois faire le tour du monde pour la retrouver. Un peu normal car nos yeux cherchent par en dehors. Mais long à comprendre, long à apprendre.

Et graduellement, avec le temps qui coule dans le grand sablier, le lien avec plus grand que soi se développe si on prend le temps de regarder le temps passer dans les cieux. Ce temps qui passe et qui prend avec lui notre arrogance, ce temps qui nous soutire ce sentiment d’invulnérabilité propre à la jeunesse et qui est nécessaire alors pour se faire, pour faire sa place dans le monde.

Parlant de belles images, celle-ci. Peinte par une jeune slovène de 13 ans. Et qui rejoint bien l’expression de mon ami AG. Lien du tout. Ce que nous sommes. Un des multiples lien du grand tout qui manie tout. Qui tricote la vie un humain à la fois, chaque maille dans la foi.

Anja Rozen, 13 ans, Slovénie

Lien du tout. Tu vois AG, ce que tes quelques mots d’esprit peuvent inspirer.

Vieillir pour ré-apprendre à devenir moins que rien, mais jamais moins que lien. La mort comme la vie, tout fait partie du vivant. Un humain à la fois, foi en chaque humain.

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Ce silence, cet instant, chaque instant, s’il est véritablement en vous, apporte ce dont vous avez besoin.
Il n’y a rien à croire.
Ce n’est que lorsque j’ai arrêté de croire en moi que je suis entré dans cette beauté.
Asseyez-vous tranquillement et écoutez une voix qui vous dira : « Soyez plus silencieux». Meurs et tais-toi. Le calme est le signe le plus sûr que vous êtes mort.

Votre ancienne vie était une fuite frénétique du silence.
Sortez de l’enchevêtrement de la pensée de la peur.
Vivez en silence.
– Rumi

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Nous recherchons une sorte de permanence, quelque chose à quoi nous accrocher – une personne, une philosophie, un sentiment, un état, une histoire, voire une identité spirituelle.
Mais la nature éphémère de l’expérience fait que tout ce que nous saisissons finit par nous glisser entre les doigts, y compris nos tentatives pour arrêter de saisir.
Jusqu’à ce que nous reconnaissions que l’impermanence est en réalité une amie chère, et que la fragilité donne à la vie sa beauté, et que ce jour apparemment ordinaire, avec son réveil, sa toilette, sa respiration, ses joies et ses douleurs, est l’ami cher auquel nous avons toujours rêvé.
La Bien-aimée nous appelle à la maison par tous les moyens possibles, et cette vie «ordinaire » est son ingénieuse invitation.
Vous êtes emprisonné dans la grâce, cher ami, et la clé n’a jamais été fabriquée.
– Jeff Foster