ART HUMAIN

Le monde est violent et cyclique – il fera ce qu’il veut de toi. Nous ne sommes épargné.e.s que par l’amour investi dans le type d’art que nous choisissons de partager: être parent, écrire, peindre, être un.e ami.e. Nous vivons dans un monde qui brûle sans cesse et ce que nous devons protéger, toujours, c’est l’amour.
– Tennessee Williams

Merci cher Tennessee !

Oui, le monde est violent et cyclique et il fera ce qu’il veut de toi, si tu le laisses faire. Si tu réagis plutôt que de répondre. Si tu vis à partir d’en dehors de toi, pour les autres, si tu le suis plutôt que d‘être.

Nous ne sommes épargné.e.s que par l’amour investi dans le type d’art que nous choisissons de partager: être parent, écrire, peindre, être un.e ami.e.

Nous vivons dans un monde qui brûle sans cesse et ce que nous devons protéger, toujours, c’est l’amour.

L’amour, l’amour, toujours l’amour, encore l’amour. Pour nos proches, pour les petites choses, les petites attentions, pour notre façon d’être, notre art d’être humains, et humaines. Car oui, l’amour est toujours dans les petites choses. La vie est une foule de petites choses.

Le monde semble rock n roll ces jours-ci. Il le semble car pour nous, au quotidien, dans nos ptites vies d’artistes de l’ordinaire, à peu près rien n’a changé. Un des avantages de ne pas avoir d’investissements en bourse est que l’on a bien peu à perdre. Nous savons que dès que nous avons un toit, un peu à manger, et un peu de chaleur, humaine ou calorifique, nous sommes déjà riches.

Il ne nous reste qu’à continuer de développer notre art d’humanité, et de ne pas oublier ceux et celles qui en ont moins que nous, ceux et celles qui ont plus besoin que nous. Que cela devienne notre art de vie. Faire en sorte que tout le monde en ait au moins assez.

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Nous ne contrôlons pas les actes des autres.

Nous ne contrôlons pas leurs mensonges.
Nous ne contrôlons pas leurs abus de pouvoir.
Nous ne contrôlons pas leurs tromperies.
Nous ne contrôlons pas leurs attaques ou leurs persécutions.
Nous ne contrôlons pas leur diffusion de fausses informations.

Mais nous contrôlons certainement si nous faisons ces choses – ou plutôt si nous ne les faisons pas.

Alexandre Soljenitsyne a vécu une terrible tyrannie et a refusé de se laisser corrompre.
Il savait qu’il était impossible à un individu de lutter contre le mal et la corruption omniprésents.
Pourtant, disait-il, notre devoir était simple.
Notre credo doit être : « Que le mensonge vienne au monde, qu’il triomphe même. Mais pas par moi.»

Ce peut aussi être nous aujourd’hui, quel que soit l’avenir.
Nous devons résister à l’inversion morale qui glorifie l’égoïsme et récompense la malhonnêteté.
Nous devons résister aux forces culturelles qui encouragent la cruauté et dégradent la vérité.
Nous devons rester fermes, inflexibles, dans notre refus de tout compromis sur ce que nous savons être juste.

Nous le faisons personnellement.
En insistant sur ce qui est juste.
En agissant correctement.
En vivant avec vertu.
Les autres feront ce qu’ils veulent… nous ne le ferons pas.

– Daily Stoic

AMOURAGE

La rage que tu ressens provient du même endroit en ton coeur d’où vient l’amour.
C’est pourquoi tu refuses d’accepter un monde où la cruauté règne et où le feu consume tout.
Tu as connu l’espoir, la joie et la bonté comme tu as connu l’eau.
Et la justice est une rivière qui requiert de ne pas abandonner.

– Nikita Gill

Il y a parfois de ces images qui heurtent, révoltent, lèvent le coeur, autant cette partie du coeur qui aime, que celle qui rage.

Le petit Yazan, 7 mois, a été retrouvé vivant sous les décombres, dans les bras de sa mère, en train de téter. Il ne connaîtra jamais sa mère.

C’est avec cette rage et cet amour au coeur que l’on doit considérer l’état actuel comme la suite de notre monde si inhumain.

Bien sûr que le massacre du Hamas en octobre 2023 était horrible, inhumain, un acte de terreur. On ne peut défendre aucune horreur. Mais depuis, cette même terreur continue de prendre place quotidiennement, sous nos yeux si on ose le moindrement regarder. Mais parfois, c’est trop.

Nous sommes ici, impuissant.e.s, dégoûté.e.s, à voir un massacre prendre place en direct, à savoir que des enfants et leurs mères, comme leurs pères et autres innocents, sont tuée.s à tous les jours., qu’un peuple est affamé, malade, isolé. Intentionnellement.

Et nous, on continue notre vie dans un confort plus que relatif, en tentant de faire du sens d’une humanité en déroute, et en essayant aussi de ne pas trop ressentir de culpabilité, mais ne pouvant toutefois nier une certaine part de responsabilité devant cette horreur car nous y participons aussi d’une certaine façon. Mais sommes-nous capables de répondre adéquatement à l’horreur plutôt que seulement réagir ?

Et tout cela se passe pendant que le principale responsable des atrocités de Gaza est accueilli en grandes pompes chez nos voisins du sud. Parfois la rage veut sérieusement tasser l’amour. L’amour doit tenir bon, et faire le fort.

Alors que faire devant l’horreur ?

À part s’indigner, s’informer et poster des photos et des faits ?

La question se pose mais les réponses ne se présentent pas simplement.

Ce matin, le petit tapis blanc d’avril qui recouvre tout ne réussit pas à adoucir la rage de mon amour, la pulsation sauvage de mon coeur, les cris que ce dernier voudrait émettre. Alors que quelques écrits. Que ces quelques mots pour consumer cette grande flamme d’amour qui veut dire et faire quelque chose, mais qui se sent bien impuissante.

Qu’un souhait alors: que notre humanité s’éveille.

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Indignez-vous ?
de Christian Vézina, Le Devoir 8/4/25

Oui, je sais. Normalement, cette sentence se termine par un point d’exclamation. Mais il se trouve que je souhaite aujourd’hui questionner cette vertueuse injonction. Évidemment j’en comprends l’origine. Pour survivre au bombardement d’informations que nous subissons, tout en restant sains d’esprit, nous devons mettre une distance entre la violence des actualités et notre émotion.

Mais le danger est réel que cette marge de protection se distende peu à peu en une large plaine menant à l’insensibilité. Je ne parle même pas ici d’indifférence mais d’un regard distancié à tel point que l’émotion ne puisse se mettre en mouvement, tristesse, colère, indignation s’écrasant dans un même sentiment d’impuissance.

Le célèbre « Indignez-vous! » se dresse donc pour faire barrière à l’insensibilité rampante et calmer un instant notre sentiment d’impuissance. C’est tout bon tout ça, pensez-vous? Permettez-moi d’émettre quelques doutes.

L’indignation, contrairement à la peur par exemple, est une émotion essentiellement morale; elle naît lorsque des valeurs qui nous sont fondamentales s’avèrent bafouées. Mais il se trouve que nous n’avons pas tous le même système de valeurs et cela implique que nous n’aurons pas les mêmes indignations…

L’un sera indigné que l’État démocratique impose des limites à l’entreprenariat, même par souci de santé publique. L’autre, au contraire, se scandalisera de ce que le grand capital gonfle comme baudruche pendant que le Trésor public s’étiole en peau de chagrin.

Certains encore s’indigneront de la diversité des orientations sexuelles pendant qu’en face, on sera outré par l’intolérance, la cruauté et le rejet qu’elles suscitent. Et, de part et d’autre, chacun sera persuadé que son vis-vis est un indécrottable décadent. Il m’apparaît donc que le recours systématique à l’indignation, loin d’être une planche de salut, ouvre plutôt une voie royale à la polarisation extrême de toute discussion. Discussion polarisée, en voilà un bien triste et stérile oxymore; il faut quitter les pôles pour se parler sans hurler.

Le théâtre digital

Nous vivons dans un monde de représentations. Depuis un siècle, ces représentations prennent de plus en plus de place dans nos vies, parfois même davantage que des éléments importants de notre réalité personnelle; bien des voisins ou même de vieux parents et amies, aimeraient être l’objet d’un dixième de l’empathie projetée sur certains personnages de nos séries télé.

Les moyens de communication modernes nous ont colonisés en profondeur, altérant sérieusement notre rapport à l’autre et au monde. Le succès de la télé-réalité (intéressant substantif) repose, en grande partie, sur le fait que ce qu’on voit à l’écran nous semble avoir plus de valeur que le réel lui-même. Autrement comment expliquer que tant de gens aient été prêts à aller se brosser les dents ou s’épiler le poitrail devant des caméras les filmant nuit et jour? L’enjeu est clair : si tu passes à la télé, tu existes plus fort! Pitoyable magie que cet illusionnisme.

Et ça, c’était avant. On a progressé. Les réseaux sociaux nous attendaient tapis dans l’ombre. Maintenant nous n’avons même plus « à passer dans l’journal » . Chacun est son journal et sa télé et, de fait, chacun a choppé le virus médiatique du sensationnalisme, des gros titres, de l’abandon des nuances et du prêt à tout pour se démarquer. L’indigné aussi, ça va de soi, veut qu’on entende son cri, pour de vertueuses raisons, certes, mais aussi pour se sentir exister. Il prendra donc les moyens qu’il faut, plus souvent ceux de l’outrance que de la réflexion.

Voilà pourquoi j’ai voulu replacer l’indignation dans le cadre où elle surgit et s’exprime au quotidien: ce monde numérique où la représentation du réel semble importer plus que le réel lui-même, bref, où paraître révolté importe plus que la révolte… Car, à l’heure de l’économie du clic, du j’aime et du retweet, l’indignation, il est facile d’en faire métier, d’en tirer profit et capital médiatique mais pire encore, de s’en contenter : la simple posture morale nous tenant lieu d’action – comme c’est pratique – dans notre petit théâtre digital.

Pour ma part, je crains que cet ersatz d’engagement, à petit prix et à grand bruit, finisse de nous engourdir d’un illusoire sentiment d’avoir agi, en plus d’intoxiquer la réflexion collective à force d’exclamations assourdissantes. Crier permet de libérer nos tensions, évidemment; mais que veut l’indigné? Soigner sa douloureuse émotion ou mettre à bas l’inacceptable injustice qui en est la cause?

Avant de terminer ce texte, je tiens à préciser que je ne dénigre ni ne rejette en rien cette précieuse émotion qui vient me chambouler de fond en comble plus souvent qu’à mon tour. Tellement que le jour où je ne la ressentirai plus, vous pourrez mettre un miroir devant ma bouche et constater que je ne fais plus de buée. Je serai un humain mort.

Mais comme nous le souligne l’étymologie, émotion vient de mouvement : ex-movere. Elle est un mouvement du coeur qui appelle le geste, celui du corps, celui de l’esprit. Ainsi en est-il de l’indignation. La vertueuse tartufferie ne lui sied guère. S’indigner ne vaut que comme préambule à la rébellion. La rébellion des esprits qui remettent tout en question – en particulier les fatalités économique et sociale – et recherchent ardemment des solutions. La rébellion des corps qui se rassemblent, marchent, manifestent, s’opposent comme samedi dernier à Blainville, sous la pluie battante et glacée d’avril… Nous étions plusieurs centaines, trempés mais déterminés, à dire haut et fort que nous n’acceptons pas la trahison du gouvernement provincial obligeant cette municipalité à faire d’une tourbière une décharge de produits toxiques made in USA.

PS : il y aura d’autres manifs.

Avis aux indigné.e.s qui veulent se rebeller.

PICK A BOO WE SEE YOU

Mémo pour tous les marchands de guerre, agent.es de division et de peur, sans coeur de profession sans foi ni loi. De toute façon c’est vous qui faites les lois des hommes.

À vous, obsédé.e.s par vos profits davantage que par les gens, le monde ordinaire, par nous, le peuple. Nous, comme vous, qui sommes aussi nos/vos frères et nos/vos soeurs, nos/vos pères et nos/vos mères, nos/vos enfants à tous. Nous, qui ne sommes qu’un et une.

Mais plutôt que de souhaiter ta mort, votre mort, vos morts, espérons que vous vous réveillez à temps dans cette vie-ci et bientôt pour éviter l’écueil de votre lit de mort qui sera possiblement très pénible au moment du grand passage.

Yes, we are many dreamers.

Car tout ce que vous possédez maintenant, tout ce que vous avez acquis au dépend de la vie humaine, ce que vous pensiez conserver pour toujours, ce qui vous fais sentir si vivant.e.s, vous le perdrez assurément et à tout jamais, et votre dignité avec. Ce que vous pensiez vous rendre vivant.s. vous tue à petit feu, et vous fait perdre votre propre respect pour la vie. On dit que l’on ne peut conserver pour toujours seulement ce que l’on donne gratuitement, vous devriez y penser.

Ci-bas, l’intégralité de cette chanson coup de poing au coeur, traduite en français, au tu, car ça doit être personnel.
Merci Bobby !

Toi qui n’as jamais rien fait d’autre que de construire pour détruire
Tu joues avec mon monde
Comme si c’était ton petit jouet
Tu mets un flingue dans ma main
Et tu te caches de mes yeux
Et tu te retournes et cours plus loin
Quand les balles sifflent

Comme Judas autrefois
Tu mens et tu trompes
Une guerre mondiale peut être gagnée
Tu veux que je croie
Mais je vois à-travers tes yeux
Et je vois à-travers ton cerveau
Comme je vois à travers l’eau
Qui coule dans mon égout

Tu appuies sur toutes les détentes
Pour que les autres tirent
Puis tu restes assis et regarde
Quand le nombre de morts augmente
Tu te caches dans ton manoir
Pendant que le sang des jeunes
Coule de leurs corps
Et est enterré dans la boue

Tu as créé la pire peur
Qui puisse exister
Celle de mettre des enfants
Au monde
Pour avoir menacé mon bébé
À naître et sans nom
Tu ne mérites pas le sang
Qui coule dans tes veines

Que sais-je ?
Je parle peut-être à-travers mon chapeau
Tu pourrais dire que je suis jeune
Tu pourrais dire que je suis ignorant.e
Mais il y a une chose que je sais
Bien que je sois plus jeune que toi
C’est que même Jésus ne te pardonnerait jamais
Ce que tu fais

Laisse-moi te poser une question
Ton argent est-il si bon ?
Peut-il te payer le pardon ?
Penses-tu que oui ?
Je pense que tu réaliseras
Sur ton lit de mort
Que tout l’argent que tu as gagné
Ne rachètera jamais ton âme

Et j’espère que tu mourras
Et ta mort viendra bientôt
Je suivrai ton cercueil
Par le pâle après-midi
Et je te regarderai descendre
Sur ton lit de mort
Et je me tiendrai au-dessus de ta tombe
Jusqu’à ce que je sois sûr que tu es mort

L’AMOUR À TUE-TÊTE

La haine a parlé trop fort depuis trop longtemps. L’avidité a parlé trop fort depuis trop longtemps. Les menteurs ont parlé trop fort depuis trop longtemps. L’amour doit arrêter de chuchoter.
– Marianne Williamson

Nous avons sous les yeux, que dis-je en pleine face, de multiples manifestations de haine, d’avidité et de mensonges. Depuis trop longtemps. Sans parler d’une bonne dose de stupidité. On dirait qu’il faille que l’ombre aille faire un tour sous les lampadaires du regard public pour se révéler au grand jour. Le dévoilement est en cours.

Et pour se révéler, elle se révèle l’ombre humaine ces temps-ci. En nous aveuglant toutefois un peu temporairement au moment de sa révélation. Mais peut-être que cette mise à jour est nécessaire, essentielle même pour que la lumière déloge l’ombre.

Pour que les choses changent. Enfin. Pour que les vieilles valeurs de séparation, d’opposition, de compétition culminent et se transforment face à la mort possible d’une civilisation. Parfois, aux grands maux les grands moyens.

Veeresh avait l’habitude de nous dire que le changement provient soit de la répétition, ou du choc. L’histoire s’étant répétée souvent depuis des millénaires, cette fois c’est le choc qui nous réveillera peut-être. Car la grossièreté et la barbarie sont devenues trop évidentes, trop criantes.

Alors l’amour doit ouvrir la bouche et s’exprimer plus fortement que jamais auparavant. L’amour doit apprendre à crier, à hurler, à prendre sa place, sa juste place, toute sa place, toute la place. L’amour doit envahir le monde.

Et comme le dit si bien Osho : Personne ne peut nous enseigner l’amour. L’amour nous devons le trouver nous-même, en nous, en élevant notre conscience à des niveaux supérieurs.

Et avec la folie ambiante qui sévit actuellement, nous n’avons plus le choix et ne pouvons plus attendre: on doit élever notre niveau d’amour, d’empathie, de compassion, d’implication.

Devant les diverses manifestations de folies qu’on voit prendre place sous nos yeux via les médias du monde entier, nous, le peuple, sommes appelés à prendre action, à nous manifester, à nous organiser et à nous unir. Nous n’avons plus le choix. Périr ou bouger. Mourir de passivité ou crier d’amour.

Le problème n’est pas un manque de ressources, que ce soit l’argent, la nourriture, l’eau ou la terre. Le problème est que nous avons laissé le contrôle de ces ressources à un groupe de psychopathes avides qui désirent davantage maintenir leur pouvoir qu’aider l’humanité.
– Bill Hicks

Alors, les temps actuels sont un grand wake-up call. Sans lendemain. Et on ne peut plus attendre un sauveur, un Messie.

Car le prochain Christ, le prochain Bouddha ne prendra pas la forme d’une personne, il prendra plutôt la forme d’une communauté, une communauté qui pratique une bonté de compréhension et d’amour, une communauté qui pratique un style de vie conscient. Cela sera probablement la chose la plus importante pour la survie de la Terre.

Car si l’amour ne peut rien faire, rien ne peut se faire sans amour.

Alors, laissons l’Amour crier à tue-tête pour qu’il réveille le coeur de notre humanité.

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Aujourd’hui, plus qu’à tout autre moment de l’histoire, l’humanité doit saisir l’occasion qui lui est offerte de créer un monde plus sain et plus aimant.
Cela nécessitera la transformation intérieure radicale d’une conscience propre à l’ego vers une conscience totalement nouvelle.’

– Eckhart Tolle, Nouvelle Terre

LET’S GO FOR LOVE

L’amour ne peut rien faire, mais sans amour, on ne peut rien faire.
– Krishnamurti

Et le cirque continue. Décidément, gros printemps. Verglas, froid, gris et un gros monsieur qui prend ben de la place dans l’inimaginable collectif.

Définitivement, on n’a pas le choix, on n’a plus le choix, we must go for love.

Un peu koan/esque (1) d’avancer comme le fait Krishnamurti ci-haut que l’amour ne peut rien faire, mais en même temps, que sans amour, on ne peut rien faire. Ça nous remet la responsabilité à nous alors, à chacun.e de nous. On doit infuser le monde d’amour.

Car sans amour, la vie est plate et flat comme un 7-up avec pas de bulles. Et en même temps, vrai aussi que l’amour à lui seul ne fait rien, ne peut rien faire. Un amour flottant non-identifié. L’amour doit s’incarner, que ce soit dans les humain.e.s, les animaux, les plantes ou dans toutes les autres formes de vie connues et inconnues. Et on va avoir besoin d’aide pour apprendre, alors youhou ! là-haut, montrez-nous plise !

Si je me souviens bien, ou si j’ai bien compris, pour certains peuples anciens, il n’y a pas d’expression spécifique pour désigner l’amour. Il n’existe que le verbe aimer. L’amour doit inévitablement s’incarner pour exister. L’amour part inévitablement du personnel et tend vers l’universel.

Car on invoque l’amour, on l’appelle, on le veut, on veut recevoir de l’amour mais peut-être qu’on ne peut recevoir que ce que l’on est capable de donner, que ce que l’on émane ?

Tout le monde parle de l’amour, mais qu’en sait-on vraiment de cet amour ? Une présence, du coeur, une intention, une totalité d’être ? Faut le vivre pour le découvrir j’imagine. Et si on dit découvrir, c’est peut-être qu’il est déjà ici, inévitable, sous-jacent, seulement recouvert. Caché sous la séparation, l’individualisme, la peur ?

On dit que l’amour est le parfum qu’une fleur dégage quand on lui marche dessus. On dit aussi que l’amour cherche l’amour. J’espère qu’il cherchera à se trouver. Et tous les humain.e.s on its way.

S’aimer alors. En commençant par soi-même bien sûr – car on dit que l’on ne peut aimer autrui que comme l’on s’aime soi – mais surtout en ne s’arrêtant pas là. Car l’amour propre sans qu’il ne déborde et se répande partout, pour tous/tes et pour tout, sans que ça nous sorte par toutes les pores de la peau, cet amour limité à soi n’est qu’amour propre, donc pas très clean. Ils sont quelques-unes à nous l’illustrer publiquement en ce moment. Merci pour la leçon de ne quoi pas faire, de comment ne pas être messieurs.

Donald qui ? déjà ? le gros monsieur qu’on voit partout et qui semble s’aimer beaucoup lui-même…

(1) Koan : une courte phrase ou brève anecdote absurde ou paradoxale utilisée dans certaines écoles du zen comme objet de méditation ou pour déclencher l’éveil.

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J’aurais voulu être professeur de vie.
J’aurais appris aux enfants, aux adultes aussi, tout ce qui n’est pas dit dans les livres.
Je leur aurais appris les choses délicates de la vie… qu’un amour entretenu ne s’use pas, que la seule liberté qui vaille d’être vécue est la liberté d’être, qu’il est important de prendre le temps de regarder un nuage, de suivre le vol d’un oiseau, de se laisser surprendre par l’infime des choses de la vie.
Qu’il est important d’apprendre à s’aimer, à se respecter, à se définir.
Qu’il est encore plus important de ne pas se laisser enfermer dans les jugements, de résister aux rumeurs, aux idées toutes faites, aux modes.

J’aurais essayé de leur apprendre à remettre en cause leurs croyances quand elles sont devenues des certitudes, pour laisser plus de place à l’imprévisible de la vie.

– Jacques Salomé, N’oublie pas l’éternité

ÉTAT UNI

Tu dois trouver un lieu où aller, dans ton coeur, ton esprit ou ta maison, là où tu ne dois rien à personne, et où personne ne te dois rien, un lieu qui permet simplement la possibilité de quelque chose de nouveau et de prometteur.
– Joseph Campbell

Oui, plus que jamais, on doit trouver, ou créer ? – des safe spaces, des espaces sécuritaires, qu’ils se trouvent au coeur de soi, en esprit ou en notre home. Ou dans la nature.

Des endroits, comme le dit bien Mr Campbell, où l’on ne doit rien à personne, et où personne ne nous doit rien non plus, mais où et d’où l’on se sent lié.e.s, connecté.e.s, ensemble. Car nous le sommes bel et bien, lié.e.s.

Chacun.e de notre côté, nous vivons dans nos propres petits univers, au sein de la même grande trame existentielle.

Plus de 8 milliards de petits mondes au sein d’un même grand univers. Des milliards de planètes humaines, animales, végétales et minérales en orbite les unes autour des autres, dansant ensemble parfois, s’entrechoquant aussi à d’autres moments. Un chaos créatif, avec une certaine dose de destruction et de reconstruction constante, éternelle transformation. Un grand chantier de multiples sources de vie en permanentes rénovations.

Même si on doit trouver chacun.e son lieu, un état uni en soi et en soie, doux doux doux là là là, on doit aussi rester ouverts et perméables aux lieux des autres. Car des milliards de lieux où l’on ne se doit rien, ni l’un.e ni l’autre, dans ce grand lieu commun partagé.

Pas toujours facile ni simple la vie dans un corps d’humain.e. avec un coeur, un esprit et une part de grand mystère. On l’apprend un peu plus chaque jour qui passe alors que le corps physique se rappelle à nous de plus en plus, et que le monde tourne plus ou moins rondement autour de nous.

Ce matin, je vais limiter mes mots pour vous offrir ceux, puissants, ci-bas, de Bert Hellinger, créateur de l’approche des Constellations familiales.

Aho, bien bas.

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La vie va retirer ce que vous avez, jusqu’à ce que vous arrêtiez de vous plaindre et que vous commenciez à remercier.
La vie envoie des personnes conflictuelles pour vous soigner, pour que vous arrêtiez de regarder dehors et que vous commenciez à refléter ce que vous êtes à l’intérieur.
La vie vous permet de tomber et de retomber eeencore et encore, jusqu’à ce que vous décidiez d’apprendre la leçon.
La vie vous éloigne de la route et vous présente des carrefours, jusqu’à ce que vous arrêtiez de vouloir tout contrôler et que vous couliez comme une rivière.
La vie met des ennemis sur la route jusqu’à ce que vous arrêtiez de ′réagir.
La vie vous fait peur et vous fera peur autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que vous perdiez la peur et que vous retrouviez votre foi.
La vie vous éloigne des gens que vous aimez, jusqu’à ce que vous compreniez que nous ne sommes pas ce corps, mais l’âme qu’elle contient.
La vie se moque de vous plusieurs fois, jusqu’à ce que vous arrêtiez de tout prendre si au sérieux et que vous puissiez rire de vous-même. La vie vous brise autant de parties autant que nécessaire, pour que la lumière pénètre en vous. La vie vous confronte aux rebelles jusqu’à ce que vous arrêtiez d’essayer de contrôler. La vie répète le même message, si nécessaire avec des cris et des couvercles, jusqu’à ce que vous l’entendiez enfin. La vie envoie des éclairs et des tempêtes pour vous réveiller.
La vie vous humilie et parfois elle vous défait encore et encore jusqu’à ce que vous décidiez de laisser votre ego mourir.
La vie vous refuse des biens et une grandeur jusqu’à ce que vous arrêtiez de vouloir des biens et de la grandeur et commenciez à servir.
La vie coupe vos ailes et élague vos racines, jusqu’à ce que vous n’ayez plus besoin d’ailes ou de racines, que vous disparaissiez juste dans les formes et que votre être vole.
La vie vous refuse des miracles, jusqu’à ce que vous compreniez que tout est un miracle.
La vie raccourcit votre temps, pour que vous vous pressiez d’apprendre à vivre.
La vie vous ridiculise jusqu’à ce que vous vous ne fassiez plus cas de rien, ni personne, pour qu’alors vous deveniez tout.
La vie ne vous donne pas ce que vous voulez mais ce dont vous avez besoin pour évoluer.
La vie vous blesse et vous tourmente jusqu’à ce que vous lâchiez vos caprices et vos colères et appréciez votre respiration.
La vie vous cache des trésors jusqu’à ce que vous appreniez à sortir dans la vie et à les chercher.
La vie vous refuse Dieu, jusqu’à ce que vous le voyiez en tous et en tout.
La vie vous réveille, vous élague, vous brise, vous déçoit… mais croyez-moi, c’est pour que votre meilleur moi se manifeste… jusqu’à ce que seul l’amour reste en vous.
– Bert Hellinger

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Il n’y a pas de fuite.
Il n’y a qu’une possibilité dans une existence humaine, c’est la traversée de la matière.

La traversée par toutes les antennes de nos sens …
Vous croyez que cette Vie, elle est à fuir ?
Que ce monde, il est à fuir?
Il est à imprégner de tendresse ce monde, il est à imprégner d’esprit.
Et vous êtes ici, hommes, femmes, tendus entre la terre et le ciel, antennes de communication.
Vous êtes choisis.
Et vous n’échapperez pas à cette mission qui vous est donnée de faire entrer dans la matière l’esprit, la tendresse, l’attention, la douceur, la présence.
Nous sommes là pour métamorphoser le monde qui nous entoure, pour l’emplir de notre amour de toutes les manières imaginables.

– Christiane Singer, via Tatie MF

COMPLICITÉ RELATIVE

Si quelqu’un ou quelque chose réussit à te déclencher, saches que tu es complice de cette provocation.
– Épictète

Oui le monde est pas mal déclenchant ces temps-ci. Grossièretés et démonstrations d’inhumanité à tour d’écrans et tout le tour de la terre. Partout, et en même temps.

Alors devant une telle situation, que fait-on ? On se bouche les yeux ? On se réfugie dans le divertissement ou la création artistique ? On détourne le regard ? On pogne les nerfs et on monte au front ? On décroche et on part vivre dans son propre pays imaginaire ? Ou on observe et on prend note de ce qui monte ? Pour voir ensuite ce que l’on fait avec tout ça. Car y a de l’énergie là-dedans.

La réponse vous appartient, nous appartient. La réponse ou la réaction, c’est selon et les deux sont très différentes. La réaction est automatique, animale, instinctive, elle monte avant la pensée, elle poppe up, alors que la réponse relève de notre responsabilité, de notre habileté à répondre. Input, output.

Le monde est étrange, du moins ce que l’on nous rapporte qu’il s’y passe. En fait ce que l’on choisit de regarder parmi tout ce que l’on nous montre. On nous présente souvent le pire, le moins beau, le plus grossier, le plus choquant et le plus injuste.

Certains affirment qu’on veut nous impressionner, nous faire peur, nous contrôler, nous manipuler. On dirait que ça fonctionne car nous sommes nombreux/ses à être inquiets et à jouer le jeu.

Hier je postais justement comme starter de chronique un meme qui disait que : Dans la vie, vous devez vraiment être déterminé.e.s à vouloir voir la beauté, sinon vous serez obnubilé.e.s par la terreur.

Non, en effet, j’avoue, pas toujours facile de trouver de la beauté dans ce monde bien différent de ce que l’on imagine qu’il devrait être, ou que l’on souhaiterait qu’il soit.. Mais il est ce qu’il est ce monde, parfaitement imparfait, qu’on aime ou pas, qu’on apprécie ou pas. On doit fouiller pour arriver à la déceler cette beauté, on doit la vouloir, la désirer, la créer. On doit remplir nos yeux de beauté. On doit ça à ceux et celles qui nous suivent, à nos enfants, à nos amour.e.s.

Malgré les horreurs de guerre, malgré les injustices, malgré les tremblements de terre et les cataclysmes, on doit se souvenir que le monde est aussi et surtout rempli de gens courageux, du bon monde, du monde ordinaire qui, comme nous, toi, vous et moi, vivent leur ptite vie ordinaire, en faisant du mieux que l’on peut, avec ce que la création nous a déposé au coeur, en tête et dans les mains lors de notre naissance. Certain.e.s plus que d’autres.

Oui, le monde est fou, maybe baby.

Mais c’est le seul monde dans lequel on peut vivre pendant ces quelques années de vie terrestre qu’on nous a offert de vivre. J’aime l’idée que l’on nous a offert de vivre ici, et que l’on a accepté, sinon on n’y serait pas, ou on serait ailleurs, en un autre temps.

Oui probablement qu’il y a des gens mal intentionnés sur cette planète, une certaine élite mondiale qui veut tout contrôler, tout s’approprier. So be it et ainsi soit-il à vous. Chacun.e ses buts, chacun.e ses visées, chacun.e sa drive de vie. Si ça vous rend heureux.

Mais une réalité probable est que si l’on s’attache aux choses et aux formes, éventuellement on sera bien déçu.e.s. Et ceux qui possèdent beaucoup ont beaucoup à perdre. Et l’une des certitudes de la vie réside dans le simple fait qu’ils le perdront, soit à la mort du corps, soit avant. Quelle peur cela doit être. Courrez courrez, avancez par en avant, mais la ligne d’arrivée approche.

Et comme disent plusieurs peuples anciens, nous ne sommes que des visiteurs en ces temps et en ces lieux, nous ne faisons que passer, notre but est d’observer, apprendre grandir et aimer puis ensuite de retourner à la maison.

En chemin, on peut y semer un peu de beauté, un peu d’espoir, et une bonne dose d’humanité. En toute simplicité, en tout humilité. C’est ce que je nous souhaite en ce premier avril. Tout dépend si l’on y croit ou pas dit-on. Crémez crémez pas.

Alors enwèye à maison. Ici, maintenant, depuis toujours et à tout jamais.

ENTRE BEAUTÉ ET HORREUR

Dans la vie, vous devez vraiment être déterminé.e.s à vouloir voir la beauté, sinon vous serez obnubilé.e.s par la terreur.

Le monde englobe la beauté comme l’horreur. On dirait toutefois que l’histoire de l’humanité a tendance à nous rappeller surtout l’horreur. Comme les médias qui rapportent aussi dans les temps présents surtout les événements moins glorieux.

Or, nous avons tous et toutes le choix de pointer notre regard sur les objets de nos préférences. Parfois à partir de positions plus confortables.

D’un côté, si nous évacuons la beauté au profit des événements politiques, économiques et sociaux moins brillants, et on sait qu’ils sont nombreux, nous croupirons sour le poids de la laideur et de l’inhumanité. Nous deviendrons laideur.

Par contre, si nous vivons coupé.e.s complètement de la laideur du monde, nous ne vivrons qu’en surface, sur la pointe de l’asperge.

L’art de la vie consiste à marcher sur le fil existentiel d’un fin équilibre entre réalité et imagination, entre beauté et laideur.

Demeurer humain.e dans un monde inhumain, visiter la justice et le justesse dans un monde injuste.

Utiliser notre colère et la révolte suscitée par l’injustice pour insuffler plus de justice et de solidarité en ce monde.

Continuer à rire et à voir le beau dans un monde prodondément triste et sans coeur. Telle est notre mission d’humain.e.

Faire avec ce que l’on est, avec ce que l’on a.

Jouer entre le tout noir et le tout blanc, manier les tons de gris, et y ajouter toute la couleur de notre humanité, comme celle de la nature.

Telle n’est pas une tâche simple, ni facile car l’équilibre n’est que constant déséquilibre. Une danse ente le trop et le pas assez.

Certain.e.s choisissent de se boucher les yeux devant l’horreur. D’autres de s’évader dans des paradis artificiels. D’autres encore plongent dans la création artistique ou se réfugient dans l’humour, le sarcasme ou le cynisme. Alors que certaine.s préfèrent s’en remettre à un Dieu quelconque et à un ailleurs meilleur.

Chacun.e. ses stratégies devant la grande diversité de la Vie, de la vie. Autant celle avec un V majuscule, que celle avec un petit v. Peut-être là la justice. Faire avec du mieux que l’on peut. Pour explorer ses propres profondeurs comme les hautes sphères. Pour être en contact soi, comme avec le monde.

Ce temps un peu terne coincé entre l’hiver et le vrai printemps nous incite à fouiller en soi pour trouver cette capacité d’émerveillement, et stimuler notre muscle créatif et imaginatif et, comme les érables et les bouleaux, à se laisser couler avec le flow.

NARCISSES À LA TASSE DÉBORDANTE

Après tout, une tasse n’est utile que lorsqu’elle est vide; comme un esprit plein de croyances, de dogmes, de certitudes, de citations, est tout à fait non créatif, il n’est qu’un esprit répétitif.
– J. Krishnamurti

Plusieurs d’entre nous savons des choses, plein de choses. Tellement que nous pensons – presque – tout savoir, sur tout, à-propos de tout, le monde comme les gens.

Nous connaissons – ou pensons connaître – la politique internationale, l’économie mondiale, la médecine ainsi que les mondes supra-naturels. Nous savons un peu de tout mais nous ne savons rien du tout vraiment.

Parce que nous avons accès à des moteurs de recherche, nous sommes une génération pensante, du monde de tête. On vit dans nos écrans, on regarde le monde à partir de nos deux fesses et nous pensons y vivre. Pourtant, nous sommes devenu.e.s. davantage spectateurs/trices qu’acteurs/trices.

Nous avons une question ? Nous la googlons et nous obtenons une réponse (si au moins on analysait l’ensemble des réponses) et nous pensons savoir, nous nous pensons connaissant.e.s. Des ti-Jos et des tites Jeannes pleins de savoirs.

Parce que nous voyons des reportages sur les guerres, nous pensons connaître la guerre. Nous savons mais nous ne savons rien vraiment. Rien d’autre que notre petite vinaigrette détrempée de confort et de sécurité, contenue dans nos oeillères d’occidentaux ouatté.e.s. On regarde le monde avec nos yeux roses, et bien pensants.

Cette vie protégée, qu’on commence tout juste à voir s’effriter devant nos yeux chez nos voisin.e.s du Sud, est pourtant si fragile, et si mystérieuse. Et cette vague autocratique d’autocrétinisme pourrait très bien nous frapper bientôt si on ne reste pas vigilant.e.s., si on ne s’organise pas. Car on se croit toujours protégé.e.s simplement parce qu’on croit en la protection divine. Mais aucune partie de l’humanité n’est vraiment protégée. Les Américain.e.s le découvrent depuis quelques mois.

Au fond on ne sait rien. Rien d’autre que ce que l’on a vécu soi-même, que ce qui nous a touché, rentré dedans, fait mal. Ce fait devrait nous garder humbles, et nous faire vider notre tasse again and again. Pour repartir frais et fraîche à tous les matins, en fait à chaque respiration, à chaque seconde.

Car on doit toujours vider sa tasse. On peut toujours apprendre, on doit toujours apprendre et rien n’est jamais acquis. Mais pour apprendre, il faut tout d’abord accepter de désapprendre, et garder sa tasse vide et prêt à être rempli de tout et de n’importe quoi.

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On vieillit quand on abandonne sa vie entre les mains des autres, quand on a plus envie d’apprendre, quand on croit qu’on ne tombe amoureux qu’à vingt ans.
On vieillit quand on est trop rationnel, parce que la rationalité ferme les portes de l’imagination, coupe les ailes et désactive les rêves.
On est vieux quand on perd l’envie de s’émerveiller.

– Isabelle Galle

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Lecture intéressante à-propos du narcissisme spirituel via mon ami Jean Gagliardi

https://www.psychologytoday.com/us/blog/spiritual-narcissism/202101/spiritual-superiority-examined?fbclid=IwY2xjawJTV0lleHRuA2FlbQIxMQABHfpi2fRxsospwofFPw_pnlZwnLyZxTzy6RQcxk2deZRbjsoma0Cmi9sQyQ_aem_xc3NMMVCBl6SjLntW6bfyw

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Petite prière aidante

MOSAÏQUE HUMAINE

On vit dans un monde au sein duquel de bien drôles de choses se passent. En fait, drôles comme dans pas drôles du tout. Injustice, grossièreté politique et économique, abus de pouvoir, inégalité, peur, violence, menaces, etc. Un monde dans lequel on bombarde des enfants et on dissémine des familles entières, des familles qui n’ont déjà rien.

Ce monde qui a tendance à écraser l’espoir, la réjouissance, la sincérité et la vulnérabilité. Un monde d’images et de superficialité. Un monde dur. Un monde tend à écraser l’humanité.

Et malgré la dureté actuelle du monde, on doit demeurer allumé.e, vigilant.e, positif tout en semant de la beauté et la joie, de l’entraide et de l’innocence. Beau défi.

Car comme le dit Krishnamurti, c’est l’esprit innocent qui connait l’amour et l’esprit innocent peut vivre dans un monde qui n’est pas innocent.

Malgré l’innocence, il nous faut garder l’esprit lucide. Ne pas oublier la beauté dans un monde parfois si laid. Ne pas oublier le partage dans un monde parfois si égoïste. Continuer à marcher avec joie, à danser, à chanter, tout en dénonçant les injustices et les abus. Ne pas fermer les yeux.

Il y a une forme de tristesse qui naît du fait d’en savoir trop, de voir le monde tel qu’il est vraiment. C’est la tristesse de comprendre que la vie n’est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l’amour n’est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n’est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s’accrocher.
Et dans cette compréhension, il y a une profonde solitude, un sentiment d’être coupé du monde, des autres, de soi-même.
– Virginia Woolf

Faisons danser la tristesse avec la joie, car l’une et l’autre sont complémentaires. Cultivons la joie du coeur et tissons-là avec cette tristesse qui peut devenir moteur de changement.

Malgré la solitude, soutenons la solidarité et le partage, à notre humble mesure. Seul.e.s ensemble.

Car on peut espérer qu’il y ait une justice en ce monde, une certaine justice, sinon une justice certaine. C’est que l’on vit avec la pureté de son propre coeur, avec la justesse de ses propres intentions. On vit avec soi et ce que l’on pense et ce que l’on fait constitue du karma instantané. Alors faisons le bien, du moins faisons du mieux que l’on peut. Avec ce que la vie nous offre.

Et gardons espoir, du moins la foi, en changeant le monde petit à petit, pas à pas, chaque pas dans la foi. Avec réalisme. Et humilité.

Ne vivons pas dans l’illusion d’un monde imaginaire trop rose. Le monde est tel qu’il est devant nous, tel qu’il est en nous. Sans artifice, tel quel. et peut-être qu’alors une petite brèche d’humanité pourra s’ouvrir et illuminer ce monde d’apparence avec amour et humanité.

Vivons cette mosaïque humaine, faites de multiples pièces brisées. Faisons-en une oeuvre d’art humaine. Imparfaite peut-être, mais sincère. Et alors, belle, car authentique.

Même si c’est long à assembler. Et qu’on ne comprend pas tout. Allons-y pièce par pièce.