MOTS DE COEUR

La façon de transcender la douleur du monde extérieur consiste à l’étreindre totalement et complètement afin que cette douleur devienne vôtre, plutôt que de vous projeter en elle.
– Bashar

Il y a un dicton qui dit quelque comme ça : si tu as peur du crocodile, laisse-le te bouffer et tu deviendras le crocodile.

J’aime l’idée que plutôt que de se considérer comme victime d’un monde complètement fou et souffrant, on puisse ingérer cette douleur en soi, et la faire sienne, l’assumer complètement. Car au fond, c’est notre monde. C’est le monde de chacun.e de nous. Nous sommes tous et toutes responsables d’au moins un ptit bout de ce monde. On ne peut pas toujours blâmer complètement les autres.

Ce que l’on voit en dehors de soi nous appartient. Du moins en partie. Du moins ce que l’on en fait et en fera.

Ce qui se passe dans le monde extérieur peut s’avérer un déclencheur de réactions et de réponses très diverses pour chacun.e. Découragement, dégoût, rage, désespoir, name it.

Facile de se décourager devant la situation actuelle de notre monde. En fait, quand on ouvre les yeux, la première réaction est soit qu’on a peur, soit on est triste, soit on est en colère. Et quelques autres possibilités et variants.

On fait de ce que l’on voit et perçoit du monde ce que l’on veut en faire, ou ce que l’on peut en faire.

Nous créons nos pensées, nos pensées créent nos intentions et nos intentions créent notre réalité.

Je ne sais pas si on crée réellement nos pensées mais on peut sûrement les diriger et les utiliser, les transformer en actions concrètes. De pensées à intentions et d’intentions à réalité. Sans nier, sans fantasmer. En acceptant, en ressentant.

On constate ces temps-ci que diverses réalités peuvent co-exister à partir des mêmes faits sociaux. La vérité et la réalité ont appris à faire le grand écart, elles font facilement la split désormais. Tout peut être vrai, faux, et son contraire.

On ne peut plus vraiment se fier seulement à nos yeux car la réalité est devenue virtuelle, et l’intelligence, artificielle. Et la stupidité, très naturelle chez certains. On doit trouver une autre perspective en soi pour percevoir le monde, quelque chose qui ressemble à une intuition supérieure, à un pied d’estale existentiel.

Dans le monde mais pas du monde.

On peut recevoir et prendre ce qui se passe dans le monde et le faire sien, et à partir de là, voir comment on peut le transformer et lui donner sens. Ou non-sens. Trouver ce que l’on peut faire à partir de cette folie du monde. Processus alchimique s’il en est un.

Personnellement, je vois poindre de cette folie ambiante une nouvelle énergie, une obligation de transformer une inhumanité en humanité, l’isolement en soutien et en solidarité.

Nos réponses et nos réactions aux événements du monde se manifestent en mots et en émotions, que nous pouvons et devons transformer en actions.

Peut-être qu’il est possible de transformer la folie et l’inhumanité en créativité et en une nouvelle humanité.

Peut-être que nos divisions et notre polarisation peuvent mener aussi loin qu’à une nouvelle solidarité humaine. Peut-être qu’il est inévitable de passer par là.

C’est vers cela que j’aimerais que l’on se dirige. En faisant nôtre la folie du monde et en utilisant nos mots et nos coeurs comme outils de changement.

Aho !

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Estomaquée depuis plusieurs jours
Devant ce vidéo que j’ose à peine ouvrir
Pas tant capable de trouver un mot clair pour décrire la tempête que ça fait naître
Dans ma tête dans ma gorge dans mon ventre de mère
Ah pis oui je sais c’est partout en train de craquer
Pis faut continuer à faire un repas pis un autre
Même que des fois il faut plier le linge lancer la balle au chien
Y a des micro-résistances qui s’organisent autour de moi
Des poétiques de l’espoir qui refuse de mourir
Des textes qui s’écrivent ici et là qui donnent envie de faire ensemble
Notre indignation est une arme nécessaire
Un système d’alarme qui peut encore nous sauver
Faut refuser chaque injustice
S’y prendre d’avance avec le cœur
Avec ce non ben chargé qui nous habite pas mal tout le monde
L’avertissement a quitté la chambre d’écho
Il est là en lettres majuscules
Partout où on regarde
Pis faut avoir le bouton déni enfoncé ben profond
Pour pas le voir
Il faut refuser que la haine organisée s’installe ici
Pis c’est une bataille du quotidien du réel
Une affaire qui se chuchote au coin des rues au coin des portes
Plus on va refuser la haine
Plus on va organiser l’amour pis la solidarité
Plus on va se donner quelque chose comme le pouvoir de résister à ce qui se présente
Pis ça sonne peut-être mièvre ça dégouline peut-être de naïveté
Mais j’aime mieux faire sonner quelque chose
Que juste garder le silence
Pis si moi c’est par les mots que j’arrive à me sentir en mouvement
Vous pouvez mille fois trouver votre façon à vous

– Rébecca Deraspe

TENTER L’IMPOSSIBLE

N’utilisez pas votre énergie pour vous en faire. Utilisez-la pour croire, créer, faire confiance, grandir, briller, manifester et guérir.
– Anonyme

Sincèrement, je pensais coiffer cette chronique de ce meme. Car la cour, comme le coeur, est plein et déborde.

Et je ne veux plus donner trop de place à cette grosse trompette désaccordée. Alors seulement vous, abonné.e.s. chroniques ou qui avez cliqué jusqu’ici, qui ne la verrez.

Car on rapporte tout ce que ce gros Narcisse dit et fait. Et nous, on achète, on en parle et on se crèpe le chignon.

Basta pour moi. Ma cour est pleine. Un peu mal au coeur de tout ce narratif. Le seul choix qu’on a consiste à le bloquer de nos vies.

Je choisis de complètement détourner le regard pour un bout. Je refuse de regarder vers le sud. Je pointe mon coeur au Nord.

Et, justement, je préfère choisir de croire, créer, faire confiance, grandir, briller, manifester et guérir.

Envie de créer ma vie à part et on the side for a while. Hors politique, in poétique.

Et advienne que pourra du monde politique. Car que faire d’autre ?

Soit on se fait bouffer par la machine médiatique, soit on essaie de créer autre chose.

Car en ces airs de fin de civilisation, en cette ère de fin de civilisation américana, on réalise qu’on peut écouter les poètes ou les politiciens. Et de ces derniers, on en a eu et on a plus qu’assez. Cassé !

Et parlant civilisation, en sommes-nous vraiment une au fond quand on voit ce qui se passe ?

Ou n’est-ce pas qu’un grand mensonge ?

Ce que pense John Trudell, un écrivain autochtone états-unien : Le grand mensonge est que nous sommes une civilisation. Nous ne sommes pas civilisés. Ce système a été le plus brutal et assoiffé de sang jamais imposé sur cette planète. Ceci n’est pas une civilisation, c’est un grand mensonge. Ou si c’est vraiment une civilisation, et ce qu’est une civilisation, alors le grand mensonge est que la civilisation est bonne pour nous.

Alors, après avoir essayé tout ce qui est possible, en serait-on arrivés à tenter l’impossible ?

À suivre… et à essayer…

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Quand je désespère, je me rappelle que, tout au long de l’histoire, la voie de la vérité et de l’amour a toujours triomphé.
Il peut y avoir des tyrans et des assassins, et pendant un certain temps, ils peuvent sembler invincibles, mais à la fin, ils échouent toujours.
Pensez-y : toujours.

– Mahatma Gandhi

JE VOUS EN PRIE

Priez n’importe où car le/la Créateur/trice est partout.

Mes bien chères soeurs, mes bien chers frères, en ces temps fous, prenons le temps de prier.

Non pas prier pour demander, pour quêter, pour que les choses changent pour le mieux. Car ni mieux, ni pire.

Prions pour nous-mêmes.

Pour que l’on puisse trouver la paix en ce chaos.

Pour que l’on puisse faire sens de ce non-sens, qu’on puisse ramasser tous nos morceaux et s’unifier.

Que l’on puisse trouver refuge en notre coeur.

Prions en silence car les mots sont de trop, et les mots ne sont pas assez.

De toute façon, les Dieux et Déesses ne comprennent pas nos demandes alphabétisées. Lost in traduction.

De toute façon, la vraie prière émane du cœur et s’exprime en silence. Ce silence qui est le langage universel du coeur et de l’âme.

Quand la tête ne sait plus quoi penser, laissons notre cœur prendre le relais. Le cœur universel.

Soyons prière, prière de soi(e).

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Prière de St-François d’Assise

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

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et une classique, avec une twist

Mon Dieu, accordez-moi le courage de changer les choses que je peux changer, La sérénité d’accepter celles que je ne peux changer
Et la sagesse d’en connaître la différence


Et, mon Dieu, accordez-moi le courage de ne pas renier ce que je crois être bien, même si je pense que c’est sans espoir.

SOUS LA COUVERTURE

On dit que malgré les fortes turbulences apparentes en surface, la mer est toujours calme dans ses profondeurs.

Est-ce vrai ou on ne fait qu’imaginer ?

Vous ne l’imaginez pas. Les nouvelles donnent l’impression que tout va mal. Mais la vraie histoire continue de se dérouler sous le bruit. Les gens continuent de se laisser des ptits mots doux, sauvent des chiens errants, ils se pardonnent pour des pécadilles passées. Le monde n’est pas foutu, il est seulement plus discret dans ses bontés.
– Karen Salmansohn

Malgré les nouvelles de surface, parmi les milliards d’histoires humaines se déroulant sur terre, chaque jour, au coeur des gens, la grande majorité sont teintées de beauté, de bonté, de générosité, de soins et de profonde humanité.

Oui, j’aime croire que le monde est encore surtout bon.

Mais on doit écouter avec son cœur pour entendre le coeur de l’humanité qui continue de battre dans nos poitrines. On doit soulever la couverture médiatique des multiples vagues créées par la prétendue actualité et plonger au coeur de l’humanité. En débutant par soi-même, au coeur de notre propre humanité.

Car ce n’est qu’une certaine actualité qui brasse autant, celle qu’on choisit de nous présenter, comme celle à partir de laquelle on choisit de s’alimenter, ou de s’abreuver.

On doit plonger plus profondément si on veut aller au cœur des choses.

De mon côté, au coeur de toute cette houle de surface, je dépose mes petites bouteilles à la mer.

Vous êtes quelques-un.e.s. à choisir de les cueillir et de les lire.

Merci.

Nice to meet you.

Sploush sploush… on plonge et on va surfer ?

BEAU PETIT MONDE

Le monde brûle, mais les gens que j’aime créent de belles choses et tentent de rendre la vie digne d’être vécue. Je sais que je n’ai pas à croire à tout, mais à ça j’y crois.
– Nikita Gill, via Deepam Wadds

Ces quelques mots de Nikita Gill concentrent pas mal toutes mes croyances en l’humanité. Car le monde autour de moi, de nous, mon monde, notre monde, est en général rempli de bon monde non ? De gens créatifs, généreux, soucieux de soi et d’autrui. De gens de coeur.

Les pitreries de quelques gros bonnets à grande bouche qu’on nous présente ne constituent pas LE monde. Loin de là. Qu’une petite et infime partie du monde. Infime et un peu infirme même. Avec la tête trop grosse, la bouche trop grande, et trop ouverte, et le cœur beaucoup trop petit, atrophié par des bourses pleines de bidous mais vides de bonté.

Rumi les décrit bien et nous met en garde : Passez moins de temps avec les rossignols et les paons. Les uns ne sont que paroles, les autres que couleurs.

Alors on lâche les journaux à pantins et on va jaser avec les arbres, on va pelleter de la neige et des nuages. On se ferme les yeux, et la bouche, et on observe sa propre boîte à idées.

Car nos gros rossignols, gnomes de toutes sortes d’affaires, ont beau parler de paix, mais ils n’ont que guerres en têtes, et ventes d’armes au porte-monnaie. Pouvoir, influence, pseudo-gloire. Paroles et parures. Et jets privés.

Et les paons sont liftés et gonflés à bloc et au botox comme aux autres adjuvants artificiels à la jeunesse. Ça parait and it smells fishy. Probablement qu’ils et elles ne se décomposeront jamais complètement après leur mort. Quelques ptits bouts d’eux et elles seront éternels. Probablement leurs désirs anyway. Good for them.

Moi je préfère le petit monde. Le monde comme vous et moi. Le monde comme nous. Le monde ordinaire, les ptits riens dans ce grand tout, les ptits pleins dans ce grand trou. Pleins d’amour, de simplicité, d’ordinarité. Pleins de rien et fous de tout.

Nous, les gens simples, qui tentons simplement de rendre la vie digne d’être vécue.

De toute façon, on dit que notre seul devoir

Avec un tel objectif, on peut travailler à très petite échelle. Car la vraie vie se passe souvent dans les barreaux du bas. Aho !

Et on va laisser les autres s’occuper des choses prétendument grandioses. On va les laisser se pointer à Davos et ailleurs dans leurs jets privés, dans leur set de jets. Sans les envier ni les jalouser car on sait bien qu’il y a prix à tout. Un gros prix. Un prix de gros. Un prix de présence.

Alors nous, les petites gences, on va se concentrer sur les petites choses de la vie, soit du plus important, du primordial, du coeur de la vie. On va s’occuper des barreaux d’en bas dans l’échelle sôciale.

De notre toute simple présence à soi, et à nos proches, au coeur du monde de notre petit monde.

On va jaser avec les arbres, et les écouter craquer de froid dans le blanc de l’hiver, ici dans le blanc des cieux. On va écouter les ptits moineaux pialler, et leur jazzer ça aussi.

On va aider notre prochain, comme notre prochaine, on va s’entraider sur les barreaux inférieurs de nos petites échelles terrestres et terre à terre.

Car le monde se vit bien, ici, et bien bas.

Et devant nous je m’incline. Bien bas.

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Il est important de se rappeler que le stoïcisme ne consiste pas à juger les autres.
Ce n’est pas une philosophie morale à imposer au monde.
Non, c’est une philosophie personnelle destinée à guider nos comportements.
C’est ce que Marc Aurèle voulait dire lorsqu’il affirmait : « Sois tolérant.e envers les autres et exigeant.e envers toi-même. »
Dans cette nouvelle année, alors que nous cherchons à nous améliorer, à être meilleurs – à trouver la confiance en nous dans un monde incertain – il est essentiel de rester ouvert.e à l’idée que certaines personnes continueront d’être des imbéciles, des imbéciles, des personnes peu fiables, ou quoi que ce soit d’autre.
Laissons-les être.
Ça les regarde.
On n’y peut rien.
En revanche, nous devons être disciplinés envers nous-mêmes et nos réactions.
Si quelqu’un agit de façon ridicule, laissons-le faire.
Si nous agissons de façon ridicule, prenons conscience du problème, corrigeons-le et œuvrons pour éviter qu’il ne se reproduise.
Nos actions sont sous notre contrôle.
Elles nous concernent.
Soyons rigoureux à ce sujet.
Laissons les autres tranquilles.
Vous avez déjà assez de soucis.

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Quand je porte sur l’autre un regard amoureux, je lui révèle sa nature profonde, je le rappelle à son identité véritable. 
Comme il est dit dans le chant d’Hakuin :  » Tu erres parmi les mendiants sans te souvenir de qui tu es.  » 
Le regard de celui qui m’aime, ce regard qui voit en moi ce que je suis dans ma profondeur me place dans ma royauté, me remet dans la lumière originelle.
On dit souvent de l’amour qu’il est aveugle.
Au contraire, il est visionnaire. 
Il voit ce que les autres ne voient pas.
Il voit derrière les apparences, derrière toutes ces protections que je me suis constituées pour protéger mon cœur.  
Pendant toute la vie, je suis menacée de toutes parts, par mes éducateurs, et tous ceux qui veulent m’imposer leurs vues.
Je me protège toute une vie durant. 
Mais le regard qui m’aime fait fondre toutes les carapaces dans lesquelles je me suis cachée autrefois pour survivre.
Et pour finir, l’amour est là, bien sûr, pour nous révéler que  » Dieu n’est nulle part ailleurs que partout « , que dans chaque être qui me rencontre sur cette terre, dans chaque regard qui me croise. 
L’amour est là pour nous dire : dans chacun des êtres que je rencontre, je Te rencontre. 
Cette expérience de l’amour et de la passion dans nos existences, Maître Eckhart la décrit quand il fait dire à Dieu : «Il n’y a pas de place pour deux en toi, je ne peux entrer que si tu sors.»
C’est ce que nous ressentons dans une passion quand nous sommes évidés comme un tronc d’arbre par la foudre, quand il ne reste plus rien en nous que ce vide béant et vibrant.
La présence de l’autre.
Cette expérience absolue du sacré.
Cette expérience mystique – puisque la rencontre de l’homme et de la femme est de la même nature que la rencontre de l’âme et de Dieu.

– Christiane Singer, Du bon usage des crises.

FADE OUT D’OPIGNONS

Ne recherche pas la vérité, ne fais qu’arrêter de valoriser les opinions.
– Seng-Ts’an –

Oui, opinions avec un g, car opignons ça punch plus. On peut mordre dedans.

Ce que ce meme de Seng-Ts’an nous dit, c’est qu’on n’atteint pas activement la vérité, elle ne fait que se révéler lorsqu’on arrête de la recouvrir de nos opinions.

Nous vivons dans un monde de dualité. En fait, nous sommes des dualités ambulantes.

Moi et les autres, eux versus nous. Bon, mauvais. Le paradis et l’enfer. Le Bien et le Mal. On a peint le monde en noir et blanc. Pourtant, bien plus que 50 nuances de gris en plus d’un arc-en-ciel complet.

Ni gauche, ni droite, que de l’extrême centre de tous bords tous côtés. Autour et dedans réunis.

On sépare toujours tout, au moins en deux, et souvent en beaucoup plus de parties qui ne sont jamais égales. On priorise toujours les choses, les gens, les idées. On classe, on élève, on abaisse, on tasse. On adore, on méprise. On évalue.

On découpe la réalité en petits morceaux qu’on place dans des petites boîtes et ensuite nous sommes pris à essayer de tout recoller pour tenter de faire sens du grand casse-tête. Fatigante job de bras dans nos têtes. Infinies cases de tête.

La tête tranche, le coeur unit.

Et si la vie n’était que ce qu’elle est ?

Ni bonne, ni mauvaise. Ni belle, ni laide. Juste la vie, simplement.

Sans jugements, sans préférences, sans ordre aucun.

Un grand casse-tête sans désir de le faire fitter dans un cadre.

La vie, la vie, telle quelle, juste crue, sans filtre. Sans opinions. Juste en émotions.

Ni bonne, ni mauvaise. Ni eux, ni nous. Même pas de moi. Que ça. Avec la conscience de ce qui passe dedans.

Le spectateur/trice dans le film, acteur/trice, réalisateur/trice, producteur/trice. Sans caméra, sans reflet.

Oui, je sais, pas naturel pour nous les humain.e.s de considérer les choses ainsi.

Mais pas pour ça qu’on ne peut pas essayer right ?

Car dès qu’on cherche la vérité, on crée le mensonge.

Dès qu’on désire la justice, l’injustice apparait.

Dès qu’on cherche la lumière, on l’oppose à l’ombre. Mais pourtant :
En réalité, il n’y a qu’une lumière.
Quand vous lui tournez le dos, vous percevez votre ombre.
Tournez votre attention vers elle, et tout devient clair.
– Ramana Maharshi

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Les gens de ce monde qui détournent le regard et n’examinent pas en leur cœur leur propre Soi, qui est la nature propre de la réalité, sont agités par le poison du doute et s’égarent dans la peur en cette vie de changements.

Tout comme le plus beau joyau est voilé par l’éclat de ses propres rayons, le Soi, qui resplendit d’un éclat extrême pour le monde entier, n’est pas manifeste.
La Lumière consciente, flamme auspicieuse du monde réel et du monde irréel, flamboie haut.
Goutte à goutte, les impuretés sont consumées au sommet de la mèche, la prise de conscience de soi.
Seule la lumière du Cœur existe et elle est l’agent de l’activité créatrice.
Établie en elle-même, son activité est prise de conscience de soi et, s’ébranlant, elle est le déploiement de l’univers.

LA GERBE FLEURS AU SENS PROFOND, (Mahārtha Mañjarī) 8-11
– Maheśvarānanda, Cachemire XIIe siècle via Jean Bouchart d’Orval

PETITES DÉCEPTIONS ET GRAND ESPRIT

On doit accepter les déceptions du quotidien, mais ne perdons jamais l’espoir fondamental.
– Martin Luther King Jr

Ne jamais perdre l’espoir fondamental car en effet, la vie est remplie de petites déceptions, et parfois même de grandes. Mais on doit toujours garder la foi et l’espoir vivants en son propre coeur. La foi et l’espoir en LA vie. Dans le Grand Esprit.

Parfois, il faut jouer des tours à notre propre tête car ce qu’on nous montre du monde est étrange ces temps-ci. Facile de se laisser avaler par ce qui se passe, comme par ce qui risque de se passer plus tard aussi. Inquiétude maintenant et droit devant.

Mais comme le dit Wayne Dyer : on crée nos pensées, nos pensées créent nos intentions et nos intentions créent notre réalité.

Oui j’ai nous-isé en traduisant, ça fait plus personnel, car la vie est surtout personnelle, même si nous sommes lié.e.s.

Bien sûr que l’on ne peut empêcher les idées noires et les scénarios de peur de se manifester dans notre petit esprit, mais nous ne sommes pas obligé.e.s. de les nourrir et de les engraisser. Comme l’histoire amérindienne des deux loups qui vivent en chacun.e de nous : celui qui gagne au final est celui que l’on aura nourri.

Bien sûr que certaines choses du monde sont inquiétantes récemment, notamment lorsqu’on regarde dans les fenêtres de nos ordinateurs. Fenêtre sur un monde sombre. Qui a bien besoin de lumière et d’amour.

Exactement pour cela qu’il est important d’aller se promener dans la forêt, ou au pire dans un parc si on vit en ville. Car la nature nous ramène toujours à la simplicité du présent, dans l’espoir fondamental qui réside dans le moment présent. Comme il est important de connecter avec des gens de coeur.

Car si on ne fait que se nourrir des nouvelles – qui sont toujours plus mauvaises que bonnes, à dessein d’ailleurs – on finit par adopter un regard aux lunettes noires, une perspective sombre et triste sur un monde qui ne l’est pas. Car la vie n’est pas que ça, elle n’est pas surtout ça. Le soleil luit toujours. Même la nuit.

Personnellement, moi j’envoies mes ptites bouteilles à la mer car j’ai besoin de croire que nous ne sommes pas seul.e.s. Ni toi ni moi, ni nous ni vous.

Et je crois que c’est exactement ce dont on a le plus besoin ces temps-ci, se sentir lié.e.s, connecté.e.s. Ensemble et ensembles 😉

L’une des choses les plus importantes que l’on puisse faire sur cette terre est de laisser savoir aux gens qu’ils et elles ne sont pas seul.e.s.

Oui Madame Adler.

C’est ce que je tente de faire avec mes ptits mots matinaux. Et c’est ce que vous faites pour moi quand vous les lisez. Nous sommes une multitude de petites cliques d’ami.e.s et de frères et soeurs sur la terre. Formant une chaîne humaine, nous sommes tous et toutes lié.e.s. Même les pas fins, qui au fond, sont ceux et celles qui ont le plus besoin d’amour.

Et l’amour sera probablement l’ingrédient de base qui nous sauvera when the going gets though and might get even thougher.

Plus vous expérimentez l’amour, plus vous devenez amour. Et c’est dans cet «état d’amour» que cette intention se réalise.

Merci pour ces deux perles du matin cher Wayne.

Aho ! Et en bas.

Même chose avec nos méditations en ligne. Besoin de connexion. Même si virtuel car le virtuel est aussi très réel.

SI GANDHI LE DIT

Lorsque je désespère, je me souviens qu’au fil de l’Histoire, le voie de la vérité et de l’amour a toujours gagné. Il y a eu des tyrans et des assassins, qui, pour un temps, ont semblé invincibles, mais à la fin, ils échouent toujours. Pensez-y, toujours.
– Mahatma Gandhi

Dur temps pour les rêveurs/ses non lecteurs/trices ? Et pour les optimistes, comme pour les amoureux.ses de l’amour, de la bonté et de la justice aussi.

Mais peut-être que ce qui se passe actuellement est ce dont nous avions besoin pour nous réveiller. Pas pour nous éveiller comme dans illuminer, nous réveiller comme cesser de dormir au gaz de l’illusion ici dans la matière bien concrète. Parce qu’on dormait. Ben raide. On se berçait dans la ouatte rose. Good morning America.

Et désormais, on ne plus tenir pour acquis ce que l’on croyait permanent et paisible ici dans nos contrées privilégiées. On doit s’informer, checkez la game, se tenir au courant et demeurer alerte. Et posez des gestes justes et bons autour de nous. Tout en faisant confiance à l’amour universel et à notre humanité partagée. Et en nous regroupant. Non je ne sais pas comment moi non plus mais il faut le trouver.

Malgré des détours dans la haine et la guerre, j’ose croire que nous progressons vers l’amour et la paix. Mais gros détour en effet en ce moment, j’avoue. C’est peut-être pour renforcer le muscle du coeur et de la foi ?

Mais si Gandhi le dit, on va le croire. Et on va faire en sorte que ça se manifeste pour de vrai et une fois pour toutes. Même si ça sonne illusoire et enrosie comme pensée.

Car quel autre choix avons-nous ?

On ne peut baisser les bras ni les gardes. On doit mettre l’amour et la justice en action.

Même si l’Histoire avec un grand H en est beaucoup une de guerres et de drames, on doit viser l’amour, la justice et un degré d’humanité jamais atteint auparavant.

En tous cas, moi j’ai envie de joindre la gang à Gandhi. La gang des personnes de bonne volonté, et de bonnes actions. Comme des millions d’autres parmi nous, des milliards d’autres. Envie de contribuer à faire de ce monde un monde meilleur, plus juste, plus bon.

Envie de mettre toutes mes forces au service du bien, pour combattre le mal. Oh, je sais que certains disent qu’il n’existe ni bien ni mal, que tout est question de jugement. Mais moi je trouve que plusieurs manquent de jugement justement. Même certains juges.

Je souhaite qu’en ces temps sombres, une certaine force divin éclaire de plus en plus le cœur des humain.e.s. Et que cette force lucide anime l’esprit de tous et toutes et chacun.e.

Wishful thinking ? Pensée magique ? Maybe et peut-être. Mais quel autre choix avons-nous ? On doit se mettre à marcher dans l’amour, à marcher l’amour sur terre.

La tête imagine souvent le pire mais je suis persuadé que le cœur ne se trompe jamais et que c’est lui qui va gagner. Comme on dit, à la fin tout va être OK et si ce n’est pas OK maintenant, c’est que ce n’est pas fini. Optimiste fini en effet le chroniqueur.

Alors go coeurs go… Et amor amor amor… dans toutes les langues, et dans tous les cœurs. Partout sur terre. Et même ailleurs.

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P.S. Lisez le titre à voix haute, et répétez quelques fois. Ça déride et ça soulage.

HOMMELETTES

Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux.
Les femmes ont peur que les hommes les tuent.
– Margaret Atwood.

Ça fait un bout de temps que je conserve cette citation qui, d’après moi, dit tout, du moins beaucoup beaucoup, sur le sort actuel du monde.

De cette gang de ptits gars insécures devenus glands – politiciens et autres gnomes de toutes sortes d’affaires, notamment de guns et de guerres – qui runnent le monde avec un front de durs à cuire et qui font dans leur froc – we see you little men – en tentant de montrer au monde entier – comme à eux-mêmes – qu’ils sont des rough and tough. Qu’ils ont raison, qu’ils sont les plus forts, qu’ils sont en contrôle et qu’ils savent ce qu’ils font.

Et ce matin, comme je le fais souvent le vendredi matin quand je me souviens que c’est flyday – je suis allé lire la toujours pertinente chronique de JoBlo dans le Devoir et elle cite ces meme maux de Margaret Atwood. En avouant qu’elle a peur. Par ici si ça vous dit: https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/948507/fabrique-peur

Alors je l’ai pris comme un signe pour me délier la langue autour de cette citation Atwoodienne à propos de laquelle mes doigts et mon cerebelum accompagnaient ma langue dans sa démangeaison depuis bébelle lurette.

Mais pour dire quoi au juste ? Je ne sais pas encore à ce point-ci, mais ça veut parler.

Tout d’abord, avouer que, comme JoBlo, je trouve le monde épeurant ces temps-ci comme jamais auparavant. Bref, que j’ai peur.

Notamment depuis la semaine dernière aux États avec le meurtre de Renée Nicole Good par les glaciaux agents bullies du ICE du gros buffle en chef (désolé pour les buffles) et de ses sbires de Proud boys etc. givrés de pouvoir artificiel. On est clairement et littéralement en train de tuer le bien. Le mal va super bien ces temps-ci et comme on dit, ceux qui font le mal le font très bien.

Peur depuis longtemps aussi pour le sort des femmes et des filles en Afghanistan dont on ne parle même plus tant la fan à schnout déborde de partout ailleurs. Car oui, la schnoutt hittent surtout les femmes. Mollo les mollahs.

Peur avec ce qui se passe en Iran où, paraît-il, les morts et les mortes se comptent par milliers en cette autre courageuse tentative de révolution humaine contre les holy shit boys du Régime. Tiens celle-ci est pour elles.

Peur aussi pour les citoyens de Gaza – femmes, hommes et enfants – qui continuent de vivre dans des conditions inhumaines et de qui on parle aussi de moins en moins.

Imaginez, j’ai peur et je suis un homme, blanc, qui vit en retrait dans sa forêt ici, dans une partie du monde confortable et encore privilégiée. Encore, pour le moment.

En fait, j’ai peur par procuration, pour les plus vulnérables, pour les plus démunies. Au fond, non, j’ai peur pour moi et pour les autres. J’ai peur pour l’humanité en nous.

Et je suis gêné d’être un homme.

Alors que je ne peux même pas imaginer la réalité des filles et des femmes d’un peu partout sur terre, ici comme ailleurs, issues de minorités, dans ce monde de bullies machos fachos de moins en moins gênés d’afficher publiquement leur côté froid et carrément givré à la ICE.

Élevé par une mère de famille mono, abandonné par un père qui a sacré le camp sans prendre ses responsabilité$ d’homme digne, j’ai vu, quotidiennement, son courage, sa détermination, sa force de caractère. Comme tant d’autres femmes l’ont fait et le font encore. Et imaginez, je ne l’ai même pas vu accoucher, encore moins fait moi-même. Comme toutes les femmes le font et comme tous les hommes ignorent. Si ce n’est que pour ça, chapeau bien bas. Et grippe de gars.

J’ai deux filles qui sont devenues des femmes, et j’ai quand même encore peur pour elles en ce monde bien bas. En fait, depuis que je suis devenu père, j’ai toujours une contraction dès que le téléphone sonne, de peur qu’il leur soit arrivé quelque chose. Peur de père.

De la même façon, j’ai en quelque sorte peur pour toutes les femmes du monde quand je vois ce que les hommes sont, et ce que certains hommes font.

Je constate, impuissant, ces féminicides et j’ai froid dans le dos, comme dans le reste de toute la gamme des émotions, surtout celles qu’on dit négatives. J’ai mal jusque dans mon ombre de gars. En fait, j’ai souvent honte d’être un homme.

Je vois comme vous, depuis ces années, Rozon le ptit comique de pas drôle qui ne nous fait pas rire du tout, ni de rien, nier tout tort et affirmer candidement, sans rire, accusant toutes ces femmes qui ont eu le courage de parler, que ce sont toutes des menteuses assoiffées d’argent. En les poursuivant en justice même. If you can beat them, sue them. Pôve tit-homme.

Bien sûr, on doit mettre l’emphase sur la lumière, sur l’espoir, sur la beauté, sur la bonté humaine. Bien sûr. Mais ces temps-ci, tout ça est mis à rude épreuve par une armée de masculinistes et de vieux monsieurs qui exploitent la peur et l’isolement. Et les femmes.

Évidemment, je n’ai pas plus de solutions brillantes que personne d’autre. Je constate et je me questionne.

Mais peut-être que j’écris seulement pour lancer ma petite bouteille à la mer, pour dire ma peur à moi aussi.

Courage lecteurs/trices.

PETITES GRAINES D’ESPOIR DANS LA NEIGE

Que les vulnérables soient protégé.e.s avec amour
Que les puissants.e.s s’éveillent à la sagesse
Que la Terre et tous ses habitants soient bénis
Que la paix s’enracine dans toutes les directions

Ce matin, pas trop envie de faire bla bla. Seulement envie d’envoyer dans l’univers des petites graines d’espoir et de paix. Simplement envie de porter en mon coeur ces souhaits de bon et de beau pour tout et tous/tes, et de les souffler out there. Comme des pissenlits blancs.

Comme le feeling que l’humanité est dans un passage étroit, qu’on doit tenir le fort de l’espoir et de l’espérance car sinon les choses pourraient débouler rapidement. Passage étroit, mais obligé.

Et parce que je crois qu’on a besoin d’encore plus de positif que ça – certains se chargent déjà très bien du pôle négatif right ? – voici encore quelques autres affirmations en provenance du futur :


L’amour gagne
Les empires tombent
La vérité se révèle
Personne n’est illégal
La déshumanisation prend fin
L’inteconnexion est évidente
Le capitalisme colonial s’effondre
La terre revient aux premières nations
Des systèmes de regénération se mettent en place
On se libère de toutes les formes d’oppression
Nettoyer la planète et prendre soin de tous ses habitants constitue la priorité


Tellement évident. Juste normal. Mais le discours majoritaire, comme les médias de masse et les modes, penchent toujours, sinon très souvent, du côté sombre et catastrophique. Le thanatos est en quelque sorte plus séduisant que l’eros. La petite roche sur le chemin, qu’on cherche à éviter, nous attire.

Les choses changent, mais plus lentement que les pensées. La matière est plus lourde que l’éther. C’est pour cela, je crois, que l’on doit tenir bon, que l’on doit continuer à shiner de la lumière sur et dans le monde, à donner une direction. Dans l’invisible, dans l’espoir. Car l’ombre est assoiffée et c’est à nous de briller d’espoir.

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La popularité exige presque toujours une simplification du message : pour rejoindre le plus grand nombre, il faut simplifier, gommer les nuances et réduire la sophistication.
Pas parce que la vérité est simple, mais parce que la majorité des citoyens préfère la facilité, la rapidité, l’essentiel, l’élémentaire, la répétition, ce qui ne demande pas de réflexion.
C’est pourquoi l’espace public s’appauvrit : ce qui est populaire n’est pas toujours faux, mais c’est presque toujours plus pauvre, car pour se diffuser massivement, il faut se réduire à un slogan.
Il en va de même en démocratie : si le pouvoir émane de la majorité, le monde que nous construisons finit par refléter le niveau de compréhension de cette majorité.
Lorsque les choix sont guidés par la réaction – peur, désir, besoin d’appartenance, attachement, ressentiment, rancœur – ce n’est pas le système qui élève les individus, mais les individus qui abaissent le système.
Le vrai défi est de maintenir la profondeur sans chercher à être applaudi, de parler clairement sans tomber dans la banalité, d’être accessible sans trahir sa complexité.

– Prabhuji

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Sitting silently, doing nothing, the spring comes, and the grass grows by itself.
– Osho

Même en hiver. Surtout en hiver.