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SENTIR TOUT, TOUT SIMPLEMENT

Il est bon de sentir.
De sentir autant le chagrin que la gratitude.
Sentir autant la tristesse que la joie.
Sentir autant la perte que l’espoir.
Les émotions nous font nous sentir vrai.e.s.

Et en cette période des fêtes, prenons le temps pour l’un et l’autre.
– rachel marie martin

La citation affirme qu’il est OK de sentir. OK, ou bon, ou sain, choisissez votre terme. Encore les mots et leurs limites.

Sentir et ressentir sont deux termes semblables, qu’une question de nuances fines. En gros, les deux termes impliquent éprouver une sensation, une perception, et/ou à prendre conscience d’une sensation corporelle ou psychique, même avoir l’intuition de… Or something like that.

Les deux termes concernent l’ensemble de nos sens, pas que le toucher ou l’odorat, et mobilisent tout notre être, notre corps dans son ensemble et dans toutes ses composantes.

Sentir implique de descendre un peu du quartier général situé entre nos deux oreilles et derrière nos deux yeux, et d’habiter tout son corps. On y a notamment accès en respirant plus bas.

En se déplaçant de la pensée au re/ssenti, on peut découvrir un nouveau point de vue en soi, de nouvelles perspectives sur soi et sur le monde. Dans les mots de Krishnamurti : Il existe un art qui consiste à voir les choses telles qu’elles sont, sans les nommer, sans se faire prendre dans un labyrinthe de mots, sans que la pensée n’interfère avec la perception.

Parfois, comme vous possiblement, je suis submergé par les émotions qui circulent dans ce monde, dans notre monde de fou, pas celles de personne en particulier, parla charge émotive du monde entier.

Car il se passe beaucoup de choses en ce monde et si nous sommes le moindrement sensible et ouvert, tout ce qui se passe là-bas nous affecte inévitablement ici aussi. Car là-bas c’est ici, et vice et versa. Et Abba c’est fini, mais d’ici aussi. Tout comme AC/DC.

Quand le monde devient too much à sentir ou ressentir, on peut avoir le réflexe de vouloir s’en couper, de le nier, ou de tenter de s’en imaginer un autre, de créer son propre monde. Ou de vouloir changer le monde, le sauver de lui-même pour essayer de s’en libérer.

Mais encore selon notre ami Jiddu, la liberté ne vient pas en voulant changer ou réparer ce monde, mais plutôt en le voyant simplement tel qu’il est, et en gardant son coeur ouvert au milieu de tout ce qui s’y passe.

Je sais, je sais, grosse job que de sentir et ressentir le monde tel qu’il est.

Après plus de 45 ans de quête, de cris primaux, de droye, trips récréatifs et cérémonies sacrées, de travail émotionnel, de silence, de stages divers, et d’été 😉 de méditations actives et passives, dans les airs ou sur un coussin, d’observation de petit moi, d’études spirituelles et intellectuelles, j’en suis toujours au même point.

Toujours et encore Ici, pensant, me questionnant, sentant, ressentant, moi et le monde. Comme toi, comme vous, comme nous, grosso modo et plus ou moins, et ni plus ni moins. Same same. À peu près. Et pas. Pas à pas.

Car nous sommes tous et toutes le même monde, tous et toutes du et dans le même monde. Que de petites différences personnelles.

On fait le tour du monde pour en arriver toujours ici, ici-bas. Aho.

Sans attendre la mort, qu’on sait et sent toutefois de plus en plus venir avec les années qui passent, plus près de nous par ceux et celles de nos proches qui ont passé le voile, mais de laquelle on ne sait rien malgré ce que l’on peut en penser, on ne peut que plonger de plus en plus au creux de chaque moment que la vie nous offre. On ne peut que sentir et ressentir toujours un peu davantage le monde entier qui vit en soi.

Sentir et ressentir la vie par les deux bouts. À l’extrême centre.

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J’ai fait le tour du monde de la spiritualité new-âge, de la non-dualité, du yoga, de la méditation guidée, des satsangs etc. et des soit-disants enseignants, qui d’ailleurs, certains d’entre eux se disent non enseignants.
Le temps que j’y ai consacré m’a seulement permis de retarder cette « maturation « , en effet j’étais en fuite, je fuyais ma condition humaine et la réalité du quotidien.
La vie m’a rattrapée et j’ai bien été obligée de tout remettre en question et d’aller à l’essentiel.
J’ai vu énormément de manipulations et de misères dans le commerce spirituel.
J’affirme avec force que la spiritualité n’est pas un produit de consommation que l’on achète.
Aujourd’hui je ne crois plus du tout que quelqu’un puisse être « éveillé » et être libre de toute souffrance humaine.
Pour ma part, vivre la vie comme elle est : avec des moments agréables et désagréables sans chercher une voie spirituelle qui va me libérer de ma condition humaine me convient parfaitement.
Je ressens un soulagement de vivre sans la quête illusoire spirituelle.
Cependant il est évident que cette Présence est toujours là et que je n’arriverai jamais à percer son mystère.
J’aime me nourrir de belles lectures et de contemplations et puis observer ce qui se vient et aussi évidemment échanger avec les individus qui sont également saisis par cette Présence.

– Cristina RJ (FB)

KOKORO

via Mathilde Rebérat

Pas beau ça lecteurs/trices ? Enfin, le mot que je cherchais. Le mot passe-partout, le mot tout inclus.

Comme disait notre grand prophète feu Elvis Gratton, Dieu ait son âme, sa Cadillac et son garage, les Japonais, eux autres ils l’ont l’affaire. Or something like that.

Ce mot porte et regroupe exactement tout ce qui est essentiel à la vie, la bonne et riche, la douce et généreuse, celle qui mérite d’être vécue. Il indique autant le but que la façon de vivre, autant la route que la destination. L’endroit visé en soi, comme la qualité de la vie qu’on veut vivre.

La vie qu’on veut vivre, celle qu’on peut vivre, celle qu’on doit vivre. Pas parce qu’il le faut, parce que c’est elle qui nourrit. Oui kokoro porte l’essence même de la vie, la nature même de notre humanité. Et ça sonne et résonne bon aussi. Et même un peu drôle. C’est léger, complet, straight to the point.

Oh bien sûr, on doit pouvoir penser, chercher du sens, réfléchir et planifier dans la vie. Et même argumenter et débattre si la tête nous en dit. Mais on sait aussi que la vie, la grande, celle dans laquelle on coule et qui coule en nous, celle d’où l’on vient et où l’on va, celle qui emporte tout, en fera toujours à sa guise de toute façon.

Et on peut bien vouloir avoir raison, la vie a sa propre raison que seul le cœur connait.

Quand je tape mes ptits mots, souvent je tente sans succès de distinguer entre esprit et âme. L’anglais est plus clair en ce sens en distinguant entre mind et spirit. Mais en rendant floues les frontières entre esprit et mental, à la longue, on a fini par penser que notre âme est logée dans notre cerveau. Et ça risque de donner mal à la tête.

Car on tendance à distinguer entre coeur et tête, à les opposer. Mais en incluant ici la vérité, kokoro inclut l’intelligence du coeur, celle du corps, la vérité que l’on sent davantage que l’on sait, ou pense savoir.

Car l’intuition est une forme d’intelligence. Or avec ce terme, on rapatrie aussi le savoir intrinsèque, celui qui est incarné, uni, déposé dans le corps, liant le coeur avec le soi.

Ce coeur, pas la pompe à sang ni le moteur hydraulique ultime, mais la vie qui bat en nous, redevient ainsi le centre de soi, là où l’on peut penser que notre âme se loge en nous, cet endroit qui inclut autant l’esprit que l’essence.

Kokoro rapatrie aussi nos émotions, en les honorant et en les intégrant aux fondements de notre être, non comme une faiblesse ou une tare qui nous rendent trop vulnérables, mais comme une richesse, comme une profondeur d’être.

Car je crois que nous sommes principalement des êtres d’émotions. Des êtres d’idées et de pensées aussi bien sûr, mais surtout des êtres émotifs, des êtres de ressentis. Car trop de nos pensez-y-bien deviennent des pensez-y-trop, des pensez-y-tout-le-temps.

Kokoro nous ramen 😉 à terre, nous ramène à nous. Ce terme a un ptit quelque chose de profondément subtil, avec une touche de soupçon enfantin. D’où sa grande intelligence.

Définitivement, je suis un fan fini du kokoro . Un disciple, un adepte, un pélerin kokoroïen.

Et je peux le déclarer sans réserve et sans gêne, Kokoro est ma nouvelle religion. Pour ce matin du moins. On verra où ça nous mène. Nous ramen.

IN TROP SPECTION ?

Lorsqu’on pratique l’introspection, le sentiment de soi disparaît vers un témoin qui n’est pas une personne mais davantage une présence. Sans objet auquel s’identifier, le Moi personnel se dissout dans une conscience sans forme et impersonnelle.
– Bernard Kastrup

Nous sommes certain.e.s à pratiquer l’art de se regarder soi-même.

Mais pour qu’une telle pratique puisse devenir un art, on doit s’y mettre sans relâche, ou avec un total relâchement, c’est selon.

La pratique qui consiste à se regarder n’est jamais acquise ni maîtrisée complètement. Il peut toujours survenir un événement, ou une personne, pour nous faire tomber de notre trône de paix et nous déclencher dans notre réactivité et ainsi nous sortir de soi, nous faire sortir de nos gonds.

Si on médite depuis longtemps et/ou qu’on a beaucoup lu ou écouté les maîtres, on peut penser savoir, ou croire se connaître. Mais la connaissance de soi est une pratique constante qui requiert exactement ce qu’elle est, de la pratique.

Tel que l’avance Krishnamurti : on peut penser posséder de la connaissance ou de l’information au sujet d’un fait ou un état, mais la réalité de ce fait/état est complètement différente de la connaissance «au sujet» de ce fait/état. Il faut laisser les livres de côté, abandonner les descriptions, la tradition et l’autorité et entreprendre le voyage qui consiste à se connaître.

Et ce voyage n’est jamais complet tant que nous sommes vivant.e.s.

Mais quelle est cette pratique d’introspection au juste ? Demandons à Ram Dass :

La base de la pratique consiste à continuellement s’extraire de l’identification à votre conscience et ses désirs, ses peurs, ses espoirs et ses pensées. Le but n’est pas de vous isoler dans votre royaume de licornes (lala land), mais de vous ancrer dans divers niveaux de conscience, et ensuite de rester en contact totalement avec la vie. Ainsi, vous pouvez danser dans la vie en tant qu’être humain et en même temps être absolument spacieux et vide.

Facile à lire mais un peu moins à réaliser, soit à rendre réel, tout le temps.

Pratique pratique disait le gourou.

Le travail pour développer l’art de l’introspection est truffé de pièges et de défis – tricky ego va – et requiert patience et persévérance. Et une présence constante et de tous moments. Oui papa.

Le problème réside souvent au niveau de la définition du Je, du Soi. Comme du lieu où nous nous trouvons.

Et c’est souvent un problème de définition. Pour Bashar, la définition que tu entretiens à propos d’où – ou de qui – tu es détermine ton expérience actuelle.

On va méditer là-dessus.

Peut-on s’éveiller ? Car personne ne peut s’éveiller du Rave. De toute façon, qui va s’éveiller ?

«Tu» ne peux pas t’éveiller parce que «Tu» est le rêve. Le rêve ne peut s’éveiller, le rêve ne peut que se terminer.

Extasy, when I see your face extasy.

Mais pas si simple ni facile d’accepter l’hypothèse que nous ne sommes rien, ni personne.

Car l’identification est la dépendance qui consiste à (penser) être quelqu’un. Et on préfère souffrir que de n’être personne parce que cette vérité nous terrifie.

Nous, adeptes du monde dit spirituel, sommes quelques-un.e.s à chercher depuis longtemps l’illumination. Mais qu’est-ce qu’un tel état ?

Peut-être pas tant un état à acquérir que l’effondrement de l’illusion qu’il y a déjà eu un.e. chercheur/se ou quelque chose à trouver.

Oh, nous avons bien vécu quelques épisodes de Satori ici et là au cours de nos pélerinages.

Mais le vrai test consiste à incarner cet état au quotidien. Comme l’a bien dit Jack Cornfield, après l’extase, la lessive. Et le monde actuel constitue toute une brassée, alternant entre les cycles Rinse et Spin. Et les taches sont tenaces.

On aime bien blâmer notre égo pour tous nos problèmes. On le démonise, on l’affuble de tous les torts, comme si on pouvait vivre sans un tel artifice.

Mais au fond, sous la surface, ce dit égo n’est que notre identité, simplement le rôle qu’on joue en cette grande comédie dramatique humaine. Rien de plus et néanmoins.

Au fond, qu’un peu de bruit sur la surface de notre récit historique. On doit tenter d’écouter le silence sous la surface car ce que nous serions selon Rumi.

Et on l’aime Rumi nous right ? Même si on ne le connait pas.

Souvent, je trouve que les gens qui s’introspectent, moi-même le premier, mettons beaucoup de temps à trouver la paix intérieure, et pas suffisamment à prendre action socialement. Souvent en effet, je me dis: arrête de te gratter le nombril mon ati et va aider le monde.

Mais peut-être que c’est justement ce calme intérieur qui va sauver et transformer le monde. Oui mon Eckart.

Et justement, tant qu’à citer Mr Tolle, c’est peut-être en réalisant que nous sommes déjà là que nous y arriverons.

Il ne nous reste plus qu’à définir les concepts d’ici et de .

Et il ne faut trop se prendre au sérieux. Surtout si on n’existe pas 😉

Lala Land et Tralala. Et ding ding dong !

MARCHER SUR TERRE

Le vrai miracle ne consiste pas à voler ni à marcher sur l’eau, mais à marcher sur terre.

Tout une job que celle d’humain.e marchant sur terre non chers lecteurs/trices ?

Incarné.e.s dans un corps physique avec de nombreux besoins et limites, se mouvant au coeur d’une matière dense et parfois hostile, oubliant souvent d’où nous venons et où nous retournerons, en fait où nous appartenons.

On cherche du sens toute sa vie durant. Parfois ça marche, parfois ça flye, parfois ça coule, et d’autres fois moins. Parfois on croule sous le poids de la gravité, car oui parfois gravement aigûe la vie. Parfois on voudrait s’envoler vers des cieux plus cléments. Mais nous ne sommes pas des oiseaux. Ou pas encore. Ou comme on a dit que Jésus a fait jadis, on voudrait marcher sur l’eau. Mais il paraît qu’il y a divers sens à cette image.

Si on réussit à trouver un sens pour un moment, la vie nous envoie des défis tout au long de notre existence pour le remanier. Et avec l’âge, le sens que l’on a pu trouver jadis en cours de route se modifie au gré des défis du moment. Et nombreux défis il y a.

Si on observe et ressent le moindrement le monde dans lequel on vit, il y a matière à questionnement et bien peu de réponses. De réponses satisfaisantes du moins. De réponses permanentes. Comme j’entendais dire l’humoriste Yannick de Martino récemment : les permanentes, c’est temporaire.

Oui, tout change, et nous avec, nous dedans, nous aussi. On doit couler avec le flot, mais tout de même continuer de pelleter ici dans le grand now. Ouvrir son chemin, ou le laisser se faire si nous sommes assez sages et patient.e.s. Et que nous en avons le luxe.

On nous a prêté un corps, un coeur, un intellect, un esprit plus ou moins sain et un ptit bout d’âme du plus grand. À nous de nous débrouiller pour en faire sens et cultiver une vie de qualité.

On peut bien s’en remettre à un Dieu quelconque ou à une force toute-puissante, on dirait bien que le monde met tout cela à l’épreuve ces temps-ci. Car s’il existe une sagesse prédominante, les humains brasse les cartes du grand jeu d’une main de traitre. Les un.e.s envers les autres, les un.e.s pour les autres, quand ce n’est pas les un.e.s contre les autres. Et on abuse tant de notre mère, notre terre.

Ce matin, peu de réponses à ce grand questionnement.

Mais je dépose sur mon écran jusqu’au vôtre ce bref préambule principalement pour partager les mots qui suivent ci-bas, des mots qui entre-ouvrent une brèche vers la lumière.

De mon côté, je vais aller shaker pour revenir à mon corps, me faire des racines et sentir mes deux pieds au sol, pour laisser circuler le flot et réveiller le souvenir.

Lorsque vous faites face à un mur, plantez des racines en terre tel un arbre, jusqu’à ce que la clarté viennent d’une source assez profondes pour voir au-delà de ce mur et puisse continuer à grandir.
– Carl Jung

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Avons-nous vraiment choisi de venir sur terre ?
Ou sommes-nous tombés dans une densité lourde, happés par un vent astral violent, jetant nos étincelles dans un monde trop serré pour nos ailes
?

La Terre, n’est pas une école mais une forteresse.
Un lieu où l’oubli fut semé comme une poussière épaisse qui endort la mémoire première.
Un monde enroulé de voiles, où la conscience se débat entre ce qu’elle perçoit et ce qu’elle pressent.
Dans cette vision, nous ne descendons pas : nous sommes tirés.
Un tourbillon subtil, une aspiration, la traction d’une matrice astrale qui recycle les âmes comme on retient des oiseaux dans une cage dorée.
Ainsi naît la sensation d’être incarné mais pas libre, présent mais pas souverain, vivant dans un monde où la lumière semble filtrée par des grilles que nul ne voit.
Pourtant et c’est là le secret qui retourne tous les secrets, même dans ce récit de captivité cosmique, il existe une brèche.
Une petite fissure douce que rien ne peut sceller.
C’est là que la conscience véritable respire.
Là que s’ouvre la sortie.
Là que se déploie la seule magie que l’astral ne peut enchaîner : la clarté intérieure, celle qui dissout les barreaux sans lutter, celle qui rappelle que la prison n’est qu’un décor et que la clé est déjà dans la paume.
Car peut-être que le piège n’est pas le monde… mais l’oubli de ce que nous sommes lorsque nous cessons d’y croire.

– Hermine via Nadine Delhaye

BYE BYE NOVEMBRE DEMAIN DÉCEMBRE

Même s’il ne compte que 30 jours, novembre est souvent le plus long mois de l’année, un gros mois, un mois de passage. Cette année, avec la neige qui est arrivée tôt, et ce pour squatter mère nature jusqu’à avril, l’hiver s’est installé prématurément.

Même l’ours a été pris de court. Mais il s’est installé.

Dernier jour de novembre, et demain décembre.

3 dernières semaines de baisse d’intensité lumineuse, dernier stretch avant le retour vers la lumière. Hi ha ! Toujours un passage spécial que le début décembre.

Nous sommes quelques-uns à entreprendre un blitz de mouvement interne demain pour aider à tourner la page. Ça aide. Lorsque la lumière ne vient pas du dehors, on doit la stimuler du dedans. Certains vont shaker tous les matins, d’autres vont s’assoir et simplement observer. Mais pour 21 jours, on va s’appliquer à pratiquer la présence, peu importe la façon.

2025 fut une autre grosse année de mouvements et de changements, personnels et mondiaux. Changements pas toujours réjouissants sur la grande scène. Mais on doit apprendre à couler avec le flot et à suivre le courant comme dit le gourou. Et nous, et nous.

Ci-bas, un texte que j’ai trouvé éclairant, qu’on soit de type chiffres ou pas. Car on peut toujours compter sur les mots pour infuser du sens.
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LA LIGNE D’ARRIVÉE – NOVEMBRE 2025
∞ Transmis par Emmanuel Dagher

Chers amis,
Nous nous trouvons à un instant crucial du chemin d’éveil de l’humanité, un moment qui modifie à jamais le paysage de notre réalité personnelle et globale.

La fin d’une ère de 9 ans

Alors que 2025 (2 + 0 + 2 + 5 = 9) touche à sa fin, les aspects les plus intenses de cette année numérique sont amplifiés, nous poussant rapidement vers une toute nouvelle ère de 9 ans faite de changements, de croissance et de transformation.
Le 9 symbolise les fréquences d’achèvement, de réflexion et de service.

Les prochains mois seront donc principalement consacrés à ces domaines.
Vous avez sans doute remarqué ces thèmes – surtout les fins et les clôtures – se manifester fortement cette année, tant dans le monde extérieur que dans votre vie personnelle.
Lors des clôtures universelles, nous sommes toujours invités à regarder en face et à résoudre toutes les affaires inachevées dans les domaines qui demandent notre attention : santé, relations, comportements, et manière de nous traiter nous-mêmes.
Les derniers mois d’une année universelle 9 sont souvent les plus intenses, car nous sommes poussés à terminer rapidement tout ce qui doit l’être depuis les 9 dernières années, avant l’entrée dans la nouvelle ère.
Pendant une année 9, nous pouvons ressentir une certaine stagnation face au changement : hésitation à lancer un nouveau projet, un nouvel emploi, une nouvelle relation ou un déménagement.
Si cela vous arrive, sachez que c’est le cas partout sur la planète !

On nous offre l’espace pour achever l’ancien avant de commencer le nouveau.
Voici une invitation pratique pour ce moment : choisissez un seul domaine qui demande votre attention et amenez-le à une clôture propre et aimante.

Cela peut être une limite à poser, une conversation à avoir, une habitude à lâcher ou un engagement à honorer.
Une seule action menée à terme libère plus d’espace énergétique que dix intentions non réalisées.

L’achèvement n’est pas perfection.
C’est intégrité.
Quand nous mettons tout à jour, notre énergie cesse de fuir vers le passé.

Nous nous sentons plus clairs, plus légers, plus disponibles pour une création authentique.
Même de petits achèvements réguliers créent l’élan intérieur que vous demandez depuis longtemps.
2025 est une année hautement karmique : nous vivons le karma des actions posées au cours des 9 dernières années.

Repensez à 2016 : vous reconnaissez peut-être des thèmes similaires qui reviennent aujourd’hui – agréables ou moins agréables.
Ce n’est pas un hasard.
C’est un retour clair indiquant quelles énergies, schémas ou situations extérieures demander à être réglés maintenant.
Repensez à 2017 (année 1) :

avez-vous commencé un nouveau travail, un projet, un déménagement, une relation ?
Quel était le ton de votre état d’esprit cette année-là ?
Beaucoup ont ressenti intérieurement : « Les choses vont enfin changer positivement pour moi. »
Cette année 1 a posé le ton de l’ère de 9 ans que nous achevons aujourd’hui.
Si tout ne va pas merveilleusement en ce moment, voyez cela comme l’opportunité d’apprendre les leçons que vous aviez choisi d’apprendre il y a longtemps à un niveau supérieur.

Vous avez maintenant la possibilité de lâcher prise et d’avancer, afin de ne plus avoir à répéter ces leçons.
Si tout est merveilleux, cela signifie que, au cours des 9 dernières années, vous avez consciemment posé un cap positif qui vous est aujourd’hui renvoyé de façon tangible et profonde.
Novembre et décembre sont très importants : ils nous offrent l’occasion d’être totalement achevés, une fois pour toutes, avec ce que nous sommes prêts à dépasser.

Il devient de plus en plus difficile d’opérer dans une conscience de victime, car nous sommes appelés à l’action pour clôturer les défis commencés il y a longtemps.
Un moyen simple : chaque soir avant de dormir, demandez-vous ce que vous pouvez régler, achever ou résoudre.

Décidez qu’au réveil vous ferez un pas concret dans cette direction.
Envoyez le message.
Présentez les excuses nécessaires.
Relâchez ce que vous ne voulez plus porter.
Votre futur vous remerciera pour chaque porte fermée avec grâce.

Un temps de service

Une année universelle 9 est aussi une année de service.
Nous savons tous ce que cela fait quand le mental reste trop centré sur lui-même – ce qu’on appelle parfois être trop autocentré.

Rester longtemps dans cet état garde l’énergie limitée et stagnante, loin de l’expansion et du flux de la vie.
Ajouter des actes de service désintéressé dans notre quotidien est le remède le plus puissant à la limitation.

Ce don ouvre les domaines de la santé, de l’abondance et du bonheur global.
Le service aux autres est aussi l’un des moyens les plus efficaces pour équilibrer et résoudre les dettes karmiques anciennes.
Si vous vivez des retours karmiques dans la santé, les finances ou l’accomplissement intérieur, c’est le moment idéal pour plonger dans l’énergie du service.
Quand vous offrez un service utile, des énergies élevées d’amour et de compassion coulent puissamment à travers vous.

Au cours des deux prochains mois, ces énergies seront multipliées, grâce au puissant moment d’achèvement dans lequel nous nous trouvons.
Le service n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être profond.

Rendez-le spécifique et régulier : vérifiez comment va un voisin, partagez une ressource, accompagnez quelqu’un qui est quelques pas derrière vous, offrez du temps ou des moyens à une cause qui vous touche.
Quand le service est personnel et constant, il recâble votre état intérieur de la rareté vers l’abondance.

Préparation à une toute nouvelle ère de 9 ans

Vous ressentez peut-être une stagnation, surtout quand vous désirez lâcher le passé tout en commençant de nouvelles relations, projets créatifs ou un déménagement.
Si vous faites le travail intérieur nécessaire – guérir les anciens blocages, rancunes, douleurs – et que vous vous mettez au service des autres, tout commencera à bouger puissamment dès 2026.
Car l’année prochaine nous offre quelque chose d’extraordinaire : l’opportunité d’embrasser et d’incarner la personne que, au fond de nous, nous avons toujours su être.

C’est le moment de répondre à quelques questions puissantes :
* Que voulez-vous créer davantage dans votre vie ?
* Quels comportements êtes-vous prêts à lâcher ?
* Comment vous traiterez-vous après vous être engagé à plus d’amour envers vous-même ?
* Comment traiterez-vous les autres, et vous laisserez-vous traiter, une fois engagé à offrir plus de soutien aimant ?
* Quelles petites choses pouvez-vous ajouter à votre quotidien ou hebdomadaire – aussi modestes soient-elles – pour favoriser plus d’amour, de joie, de liberté, d’équilibre, de plénitude, de gratitude, d’émerveillement, de gentillesse, de miracles et de prospérité dans votre vie et dans le monde ?

Nous pouvons commencer à poser et répondre à ces questions dès maintenant, pour préparer la vie la plus joyeuse et épanouie possible à l’entrée dans la nouvelle ère de 9 ans en 2026 (année 1 : 2+0+2+6=10 → 1).

Une structure utile : choisir un thème par mois et une pratique par jour.

Novembre : achèvement avec 10 minutes de rangement quotidien.

Décembre : connexion avec un geste sincère d’atteinte aux autres chaque jour.

Des actions simples et répétées construisent la nouvelle ère sur des bases solides.

C’est le moment de lâcher la prise ferme que nous avions sur ce qui ne nous sert plus, ni ceux qui nous entourent. C’est le moment de lâcher prise et de simplement Être. Cela nous servira grandement. Il sera bien plus facile de le faire maintenant que d’entrer dans la nouvelle ère en traînant encore le passé.
Si vous lisez cette prévision, prenez-la comme la confirmation que vous êtes prêts à lâcher tout attachement résiduel à ce qui n’est plus aligné avec votre plus grand bien.
Soyez réconfortés par cela seul, et faites confiance : vous êtes exactement là où vous devez être sur votre chemin sacré.

Que novembre soit le mois où vous fermez les boucles ouvertes, dites la vérité avec douceur, pardonnez ce qui peut l’être, et relâchez ce qui est achevé. L’espace qui s’ouvre alors n’est pas vide. Il est rempli de joie, de paix, de prospérité et de disponibilité. C’est le sol d’où l’ère suivante de votre vie prendra racine.

Jusqu’à la prochaine fois, Avec gratitude,
Emmanue Dagher

English version : https://emmanueldagher.com/nov2025/

Traduit et partagé par la Presse Galactique

VENDREDI FLOU

On retire les lieux de recueillement et on interdit la prière en public. Mais on encourage la religion folle du magasinage et l’endettement compulsif.

On voyage tout le tour du monde et on autorise la construction de nouveaux pipelines pendant qu’on siphonne les bidous du fond vert.

Mais la vérité est telle que l’environnement est en mutation. Et nous dépendons de ce monde qui nous fournit nourriture, eau et air. C’est notre bien le plus précieux et nous devons le protéger.

Pourtant, pas du tout ce que nous faisons.

Nos ancêtres ont arraché cette terre à des gens qui y vivaient déjà en harmonie avant qu’on y débarque et nous on se croit chez nous, se considérant de souche, et on contraint et limite l’immigration à des gens qui cherchent maison. Louche.

Chères personnes blanches, ça prend beaucoup d’arrogance pour se tenir debout et occuper un continent et se plaindre de l’immigration.

Le monde ne fait pas sens. En effet, beaucoup de non-sens en ces temps et lieux.

De nombreuses manifestations contradictoires nous entourent. Et, en fait, plusieurs contradictions résident en nous aussi. On désire le beurre, l’argent du beurre, le beurrier et le pain au complet. Mais pas le cholestérol ni l’embonpoint. Bon point.

Beaucoup d’ombre, mais de la lumière aussi dans cette grande cacophonie humaine.

Impossible d’éviter l’ombre car dès qu’il y a lumière, il y a ombre. L’ombre accompagne toujours et inévitablement la lumière. En fait, la lumière crée l’ombre, la minuscule comme la MAJUSCULE.

Autant de lumière que d’ombre j’imagine en ce bas monde, mais l’amour chuchote alors que la haine crie. L’amour s’écrit en minuscules et se glisse entre les lignes, alors que l’Ombre cherche les gros titres pour flasher en MAJUSCULES.

Mais est-ce même de la haine ou tout simplement de la peur ? Fouillons, fouillons voyons.

J’aime l’idée que, plutôt que de la fuir, on doive faire face à l’Ombre – celle avec un O MAJUSCULE – et la nourrir d’amour, l’illuminer et la transformer en lumière. Car quoi d’autre faire ? Bouffer de l’ombre pour produire de la lumière. Alchimie.

Mais pas une tâche si simple à réaliser car l’ombre est une tache tenace. L’ombre est sournoise, évasive, toujours fuyante. Elle se tapit sous la carpette, se loge dans les racoins les plus reculés de notre être, se réfugie dans nos ptits coins les plus creux et les plus intimes. Pas pour rien que les longues relations intimes nous y amènent et y ramènent inévitablement. Courage requis pour fouiller down there. À deux.

Plutôt que de dealer avec nos ombres, on aime bien les projeter sur les autres, les chercher et les voir en dehors de soi. Plus simple. Mais ça ne fera pas la job. Apprivoiser l’Ombre est une job de bras, une job de coeur, comme dans courage.

L’Ombre et l’Amour forment un couple.

Et pas toujours celui auquel on pense.

Je vous laisse penser à chat.

BENE DICTIONS – MOTS BONS

Lorsque tu nies l’humanité d’autrui, tu renonces à la tienne.

Beaucoup de médisance ces temps-ci sur les réseaux. Beaucoup de vagues de surface.

En fait, beaucoup de mécritances car les male dictions – mauvais mots – s’écrivent en général, plus qu’ils ne se disent.

En effet, beaucoup de paroles négatives qui s’échangent, se font lancer, r’volent dans nos écrans et parfois partent même de nos propres doigts. Les gens se bitchent à coups de gros mots sans réaliser qu’ils sont reçus droits au coeur par autrui, qu’ils blessent, que les insultes se dumpent à qui mieux mieux et l’empathie s’estompe comme peau de chagrin.

En se dématérialisant, notre monde semble se déshumaniser, nos rapports deviennent plus abstraits qu’avant, notre humanité s’évapore, les chiffres comptent davantage que les mots.

Notre intelligence devient plus – trop ? – artificielle que naturelle, alors que nous sommes fondamentalement des êtres bons, des êtres de bonne nature.

On doit se rendre compte que lorsque l’on humilie autrui, c’est soi-même qu’on désacralise, qu’on insulte, qu’on humilie.

Alors en ce jour de Thanksgiving aux USA, je partage ici les bonnes paroles – bene dictions – de Ron Whitehead, poète lauréat à vie de la Beat Generation aux États-Unis.

Pour nous ré-injecter un peu d’humanité, de bonté et de gratitude.

Et que la peur soit vaincue par l’amour.

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Prière pour le monde en ce jour de Thanksgiving (aux USA)

Délivre-nous de la peur – car la peur est à jamais vaincue par l’amour.
Que l’amour s’élève en nous, brillant comme l’aurore, calme comme l’eau, infini comme le souffle.
Délivre-nous du pouvoir sans sagesse, de la force sans miséricorde, car le pouvoir qui oublie la compassion se dévore lui-même et tout ce qu’il touche.
Enseigne-nous le courage discret – le courage qui écoute, le courage qui sert, le courage qui guérit.
Délivre-nous de l’arrogance, de l’aveuglement des privilèges, de la fièvre de la supériorité.
Nul n’est supérieur à autrui.
Chaque vie est une lumière – une flamme, un feu, un chant vaste et éternel.
Délivre-nous de l’avidité, de la faim qui oublie les affamés.
Accorde-nous des cœurs qui se contentent de peu, des mains ouvertes pour partager les richesses de la terre – le blé et les rivières, le ciel et les pierres, le cercle sacré de la suffisance.
Délivre-nous du silence qui abrite la cruauté, de l’immobilité qui consent à la guerre.
Que nos voix s’élèvent comme le vent – portant la vérité, portant la compassion, portant la paix à travers chaque lieu brisé.
Accorde-nous l’équilibre – d’amour, de force, de sagesse.
Fais de nous de doux guerriers de la paix, ferme dans l’espérance, intrépide dans la bonté, rayonnant de grâce.
Apprends-nous à vivre avec droiture : à agir avec bienveillance, à marcher humblement, à prendre soin de ce monde comme de nos voisins et de nos proches.
Et pour cette vie – ce bref et précieux don – nous rendons grâce : pour les richesses de la terre, la beauté du ciel et de la mer, l’amour de la famille et des amis, et le souffle éternel qui nous unit tous.
Délivre-nous de la peur — car la peur est à jamais vaincue par l’amour.
Et que l’amour s’élève en nous, brillant comme l’aurore, calme comme l’eau, infini comme le souffle.

BIENVENUE EN NÉOTÉNIE

Moi non plus je ne connaissais pas ce terme avant hier. Beau hein ? Et oui, moi aussi il m’accroche et m’enthousiasme ce mot un peu étrange qui rappelle un pays d’Europe de l’est.

En fait, j’imagine qu’il ne s’agit pas tant de re-créer l’émerveillement, mais simplement de le retrouver car l’émerveillement est probablement encore et toujours présent en nous si on fouille le moindrement au fond de notre coeur d’enfant. Et possiblement aussi un peu dans les ptits racoins négligés. Car l’émerveillement se cache en soi, au coeur de soie, et se pose dans nos yeux quand on regarde le monde à partir de là.

L’émerveillement est notre état fondamental et consiste en une grande curiosité, un regard frais et neuf, encore et toujours, sur les choses et les gens qui nous entourent. Une vivacité dans le regard, une grande appréciation du simple fait d’être en vie. Comme on dit, la vie n’est pas un problème à résoudre mais un mystère à découvrir, again and again.

Rien à faire pour être émerveillé.e, suffit de regarder et de ne rien tenir pour acquis. Car rien n’est jamais acquis. Tout ne se tient qu’au bout de chaque respiration. Il suffit de se laisser happer par la merveillosité du monde, de la laisser vivre en nous. Elle ne vient pas de nous, elle ne fait que nous passer dedans, nous traverser. Si on le décide ainsi.

Oui mais pauvre chroniqueur, ne lis-tu pas les nouvelles ?

Oui, un peu cher lecteur/trice. Mais de plus en plus vite, et de moins en moins, et je décroche plus rapidement qu’avant et, après un temps de plus en plus court, j’arrête et Je sors et je vais jouer dehors. Pour observer le miracle de la nature qui se déploie à chaque instant sous nos yeux si on prend la joie de bien regarder. Oh ! regarde le vent dans les arbres. Écoute ! un corbeau qui passe au-dessus de nos têtes. Oups, un flocon !

Même si je me désintéresse des dites nouvelles qui roulent en boucle tout le tour du monde de nos écrans, je n’arrête jamais de penser aux gens qui souffrent, aux enfants qui ont faim, aux sans-abri, particulièrement en hiver et par temps froid. Je les garde en mon coeur, en mon humanité. Je lis moins mais je me lie de plus en plus à eux et elles. Aux enfants en particulier. Et aux personnes âgées qui apprennent à ralentir.

Et quand je vois des personnages détestables, car il y en a en ce bas pour nous faire pratiquer l’amour inconditionnel, j’essaie désormais de me brancher sur leur coeur, et de les voir tels des petits enfants. Avec le même besoin d’être aimé et respecté qui est aussi mien, ce qu’ils cherchent parfois grâce au pouvoir et à la prétendue gloire, avec les mêmes besoins de sécurité et de paix intérieures. Sure, pour certains, la guerre c’est la paix ou, du moins, de gros profits. Je sais, difficile à comprendre mais le merveilleux inclut probablement aussi le terrible et ce qui est éloigné de soi.

Quand je lis et que j’entends des gens bitcher et se plaindre, je tente de toujours sentir le besoin qui se cache derrière leurs complaintes. Car derrière chaque récrimination, il y a un besoin inassouvi et non comblé, toujours une insatisfaction certaine. On doit écouter avec ce coeur d’enfant aussi car celui qui entend et comprend le mieux.

Nous sommes plus de 8 milliards d’humain.e.s vivant sur une boule qui tourne dans le vide. Déjà pas merveilleux ça ?

Plus de 8 milliards de coeurs qui battent à l’unisson sur une terre généreuse mais si malmenée, sans compter toutes les autres formes de vie. Et ça continue de tourner.

Plus de 8 milliards d’âmes humaines qui cherchent un sens en tentant de survivre du mieux possible avant de retourner à la maison.

Tout ce ballet humain, animal et minéral se déroulant sur une boule nommée terre, en une époque donnée, dans une intensité difficilement descriptible. Cette boule que l’on perd parfois nous-mêmes avec nos têtes de linotte échevelées et dissipées.

Bienvenue en Néoténie, ce pays des Nations Unies pour les simples d’esprit et les généreux de coeur. Un lieu et espace temps qui couve toujours en soi, pour peu qu’on prenne le soin d’y descendre et de s’y déposer.

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Les tourments de ce monde sont éphémères, et ce qui nous reste, c’est ce que nous avons fait de notre âme.
– Shoghi Effendi via Justine

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Plus nous nous accrochons, plus la vie nous échappe ; plus nous nous détendons, plus elle s’écoule naturellement vers nous.

La plénitude n’est pas un but à atteindre, elle est ce qui nous revient lorsque nous cessons de la poursuivre et commençons à l’accepter.
Tao Te Ching 

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Ce n’est pas l’impermanence en soi, ni même la conscience de notre mortalité, qui est la cause de notre souffrance, enseignait le Bouddha.
C’est plutôt notre résistance à l’incertitude fondamentale de notre condition.
Notre malaise provient de tous nos efforts pour nous ancrer solidement, pour réaliser notre rêve d’un bien-être constant.
– Pema Chödrön
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L’univers tout entier est ma scène.
Je ne me contente pas de jouer, je construis la scène et les décors ; j’écris le scénario et je dirige les acteurs.
Oui, je suis l’acteur seul et unique qui joue les rôles de millions de personnes – et, qui plus est, ce spectacle ne s’achève jamais !
Le scénario est continuellement écrit, sans cesse de nouveaux rôles sont conçus, sans cesse de nouveaux décors sont mis en place pour de multiples situations différentes.
Ne suis-je pas un merveilleux acteur-metteur en scène-producteur ?
Cependant, la vérité, ajouta-t-il, est que chacun d’entre vous peut dire la même chose de lui-même.
Mais, et c’est là toute l’ironie de la chose, dès l’instant où vous êtes réellement capable de ressentir profondément et avec conviction qu’il en est ainsi, le spectacle est terminé pour vous !
Pouvez-vous percevoir que c’est seulement vous qui jouez le rôle de chaque personnage du monde ?
Ou bien allez-vous vous confiner à ce rôle morcelé que vous vous êtes assigné, et vivre et mourir dans ce rôle étriqué ? »

– Nisargadatta Maharaj

DE BOUE ET D’EAU

car

Voilà, ci-haut, la version brune.

Mais ici dans le grand now, on a aussi une autre formule pour illustrer le même phénomène de sédimentation, la blanche, plus légère, plus fluffy :

Deux versions, mais leçon commune: patience et confiance.

Depuis quelque temps, le lac – ou la boule, c’est selon – d’un projet que je porte avec quelques ami.e.s depuis des années a été un peu brouillé par les changements. Oh, rien de majeur, mais comme la vie, de nombreux changements au sein des troupes sont survenus en relativement peu de temps.

Un peu ébranlant pour moi. Ce qui a apporté son lot d’incertitude et d’imprévisibilité, suscitant doute et questionnement, et requérant simultanément souplesse et fermeté. Humildade.

Je parle publiquement de ces doutes et questionnements car je les porte en moi, en mon corps et en mon esprit. Nous formons une équipe et lors de telles mutations, je considère que tout le monde doit être tenu au courant. Nous avons d’ailleurs une rencontre ce soir avec le choeur restant pour éclairer la suite des choses.

En discutant avec ma douce suite à notre plus récente rencontre de groupe, elle se demandait si je devrais m’ouvrir autant sur mes états d’âme, si je ne devrais peut-être pas garder davantage pour moi ce brouhaha intérieur car ça risque de disséminer les doutes parmi les troupes.

Et m’est remonté en tête d’où je viens.

En 1988, lors de mon premier passage à la Humaniversity en Hollande, chez Veeresh, avec qui j’ai entretenu une marquante et longue relation autant amicale que professionnelle, j’avais joint le groupe en tant que participant. C’était un processus intense d’introspection et de profond travail émotionnel qui durait tout l’été. Life changing.

Un moment donné, après quelques jours, un des membres de l’équipe des thérapeutes s’est adressé publiquement devant le groupe en avouant qu’il vivait une situation difficile, qu’il avait commis un faux pas et qu’à la demande de Veeresh, il joignait le groupe en tant que participant.

Pour moi qui n’avait connu auparavant que des thérapeutes qu’on mettait sur un pied d’estale, c’est exactement cette transparence et cette humilité qui m’ont convaincu de me faire formé par et chez Veeresh.

D’ailleurs, j’ai été témoin à quelques reprises de la part même de Veeresh d’une telle transparence, lui qui s’ouvrait complètement à la communauté avec ses états d’âme lors de grands mouvements au sein de sa communauté. Je l’ai vu en pleurs et effondré notamment à la mort d’Osho, comme à quelques autres occasions. Lui qui savait être ferme et clair pouvait aussi être tout autant fragile et vulnérable.

J’ai été ébranlé cette année par différents événements qui ne se sont pas déroulés tels qu’on les avait planifiés, ainsi que par une foule de changements qui sont sains, inévitables et naturels au sein de tout groupe, mais qui ébranlent toujours lorsqu’ils arrivent les uns après les autres.

Mais overall, comme d’habitude, après le grand tremblement, tout est toujours pour le mieux, même si pas toujours évident à encaisser sur le coup.

Et samedi dernier, comme par magie, grâce à de superbes hymnes, et une précieuse harmonie nouvellement retrouvée, les choses sont tombées en place.

La boue, et/ou la neige, s’est déposée. Euréka !

Après quelques mois de doutes et de questionnement, the church must go on.

On se prépare pour nos deux derniers travaux de l’année, avec nos hymnes piliers, suite à quoi on sera en pause pour quelques mois pour laisser se poursuivre le grand dépôt, alors qu’on retournera au Brésil en février.

Comme dit l’ours, relaxe, l’hiver porte conseil.

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La vie a une main qui plonge dans notre corps, se saisit du cœur et l’enlève…
Pas une fois, mais de nombreuses fois.
En échange, la vie nous donne de l’or…
Seulement, nous payons cet or à un prix fou puisque nous en avons, à chaque fois, le cœur arraché vivant…
Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie.
Les arrachements nous lavent.
Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan.
Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer…

La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible.
Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil.
~ Christian Bobin, La vie à deux visages

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Au début de votre quête spirituelle, vous rejetez l’entité corps-esprit, en disant
je ne suis pas ça.
Puis vous arrivez au je suis, sans rien d’autre, sans mots.
Puis vous êtes le tout, vous n’êtes plus limité.e au corps-esprit.
La présence de la conscience est sentie grâce à cet instrument, le corps-esprit ; mais Moi, l’Absolu, je ne suis pas ça.
Après s’être stabilisés dans la conscience, on se met en position d’observer la conscience, et tout ce qui se passe en elle, juste pour comprendre.
L’attachement à l’entité corps-esprit et à la conscience est très fort, il est très difficile de s’en défaire.
La venue au monde, l’organisation chimique qui permet à l’entité corps-esprit d’exister, n’a ni forme pré-établie, ni dessein ; et en vérité, elle n’existait pas.
Cette chose-qui-n’existe-pas, existe soudain.
Quelle peut être sa valeur intrinsèque ?
C’est seulement une apparition, ça ne peut pas être la vérité.
C’est pourquoi j’ose dire ce que je dis : [cette apparition] est une vaste mystification, un attrape-nigaud, créé à partir de rien.
Peut-on créer quelque chose à partir de rien ?
Tout ce que j’ai pu dire est maintenant solidement enraciné dans votre soi-disant entité corps-esprit, vous n’allez pas pouvoir vous en défaire.
Avec le temps, ça deviendra connaissance.
Je ne désire pas la vie, même pour un moment ; et pourtant dans cette existence temporaire, il y a tant de vies.
Je n’ai pas peur de la mort.
Avec la mort, l’imperfection disparaît.
La conscience, la marque de l’imperfection, se dissipe.
Il reste la perfection totale.
Il n’est pas sûr que je puisse vous voir demain ; mais ça n’a aucune importance.
Le fait est qu’il n’y a pas de séparation du tout entre vous et moi, nous ne sommes qu’un. N’allez pas imaginer qu’il y a une séparation quelconque. »

– Nisargadatta Maharaj, – Extrait de « Conscience et absolu – 11 janvier 1981
via Jean Bouchart d’Orval

BANDE DE QUÊTEUX

Pourquoi est-tu malheureux ?
Parce que 99 % de tout ce que tu penses, et tout ce que tu fais, est pour toi-même, et il n’y a pas
de soi.
– Wei Wu Wei, Le Secret ouvert

Toute la machinerie de la quête s’effondre lorsqu’on réalise qu’ils n’y a jamais eu de chercheur/se.

Pourquoi suis-je ici ?

Qui suis-je ?

Que cherche-je ?

Le bonheur ? La liberté ? L’éveil ?

Quelle est mon essence ?

Ce fameux Je ? Ou Dieu ?

Tout ? Rien ? Rien du Tout ?

Probablement que notre grand malheur, nous humain.es, réside dans cette quête incessante et inassouvie, dans le fait de toujours en vouloir plus et de le chercher ailleurs, plus tard, dans autre chose que ce qui est.

Que l’on quête des bidous, de la bouffe, de la sécurité, de la gloire, des likes ou du sens, on cherche toujours autre chose, et pas mal toujours en dehors de soi.

Comme un chiot un peu foufou, on court toujours et sans cesse après sa queue.

Peut-être que le secret consiste à jouir de la course folle ?

Ou à arrêter de courir.

Ou de trouver le 1 % utile de nos pensées ?

Allez donc savoir.

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Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu’on est libre, que le bonheur se décide, que c’est un choix moral.
Les professeurs d’allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché.
Je suis d’accord, c’est un péché, c’est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n’arracheront pas à leur condition.
Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c’est comme entre les pauvres et les riches, c’est comme la lutte des classes, on sait qu’il y a des pauvres qui s’en sortent mais la plupart, non, ne s’en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c’est comme dire à un affamé qu’il n’a qu’à manger de la brioche.

– Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne

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La dépression et le burn-out ne sont pas des fautes du cœur, mais des haltes forcées de l’âme épuisée. 
Quand le feu sacré se retire, ce n’est pas qu’il s’éteint, il se cache pour ne pas consumer ce qu’il aime.
L’esprit moderne veut produire sans cesse, comme si la valeur d’un être se mesurait à la vitesse de sa roue. 
Mais le silence, parfois, se fait maître, il brise les ressorts pour que le cœur apprenne à battre autrement.
La dépression, vue de l’extérieur, semble un trou, vue de l’intérieur, c’est une chambre obscure où mûrit la graine du vrai. 
Elle t’arrache aux illusions du contrôle et t’oblige à descendre là où aucune image ne te sauve.
Là, dans le noir, tu entends enfin le bruissement d’une autre intelligence, celle qui ne veut rien, qui ne prouve rien, qui simplement « est ».
Le burn-out est le cri d’une lumière qu’on a trop forcée à servir les formes. 
Le corps, lassé d’obéir au mental, réclame sa part de ciel. 
Ce n’est pas une chute, c’est une initiation sans décors, le moment où la flamme apprend à se nourrir d’air plutôt que d’huile.
Rien n’est perdu dans l’épuisement. 
Ce qui s’effondre, c’est ce qui devait tomber. Ce qui reste, c’est ce qui respire encore, le centre nu, sans rôle, sans masque, sans performance.
Quand la fatigue devient un sanctuaire, la guérison commence. 
Le vide, alors, n’est plus une absence, mais une matrice. 
Et de ce sol dépouillé surgira un être plus simple, plus vrai, qui n’a plus besoin de brûler pour briller. »
– Acquario Waterman via Éloise Bénad

et pour arrêter un peu, petit oasis de paix, bon week-end…