Qui ne donne rien n’a rien. Le plus grand malheur n’est pas de ne pas être aimé mais de ne pas aimer. – Albert Camus
Étrange de traduire du Camus de l’anglais au français. J’avoue que j’ai googlé pour retrouver ses mots à lui.
D’ailleurs, la citation complète va ainsi : Qui ne donne rien n’a rien. Le plus grand malheur n’est pas de ne pas être aimé mais de ne pas aimer. La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.
Car l’avenir n’est rien d’autre que du présent répété et toujours nouveau. Car même le futur n’est toujours que moment présent rafraîchi, encore et encore.
Certaines personnes sont incapables d’amour. Autant d’en donner que d’en recevoir. En fait, c’est probablement la seule et même chose donner et recevoir car si on n’aime pas, on ne peut vraiment accepter l’amour d’autrui. Si on ne s’aime pas soi-même, comment peut-on aimer autrui ? Et si on s’aime, comment ne pas aimer autrui ? Car elle et lui, pareil comme moi.
Je crois vraiment qu’on ne peut recevoir plus d’amour que celui qu’on peut donner, et vice-versa. Car c’est notre ouverture et notre capacité à donner, à laisser passer l’amour en soi et à la distribuer autour de soi qui détermine le flot d’amour qui nous passe dessus et dedans. Nous sommes des portails d’amour, plus ou moins ouverts, plus ou moins fermés.
En anglais, on dit lovable – love able : capable d’aimer, capable d’en donner, d’en recevoir, d’en partager in and out.
Moi c’est avec Veeresh que j’ai appris à m’aimer, et à aimer. C’est avec lui, sous sa direction, par son exemple, que j’ai osé être moi-même, être tout ce que je suis, le plus beau comme le moins. Et ajuster le moins. Embellir le moins, le corriger, l’ajuster.
Je pense souvent aux gens ambitieux, aux glands de ce monde, à ceux qui veulent contrôler le monde, ceux qui exploitent l’humanité à leurs propres fins et jamais je ne les envie. En fait, je les plains.
Car ils ont beau penser posséder quoi que ce soit, un peu ou beaucoup, en fait, ils ont le coeur vide. Et ils toujours peur de perdre le peu qu’ils ont. Car plus on en accumule, plus on en a à perdre. Plus on en possède, et plus on en perdra car c’est certain qu’on perdra tout ce que l’on peut tenir dans nos mains, ou dans notre compte de banque. Tout passe et tout passera. Notre corps compris. Que le contenu de notre coeur qui restera.
On dit que l’on perd tout ce que l’on ne donne pas et que l’on possède à tout jamais tout ce que l’on a donné.
Alors quitte à vivre, autant tout donner. C’est ce que les mères ont fait et nous ont appris, grâce à elles que le monde survit.
Que te restera-t-il si tu abandonnes tes rêves ? – Jim Carrey
Le terme rêve est un drôle de pistolet.
On dit parfois que pour être vivant(e), on doit poursuivre nos rêves. Et on dit aussi qu’il faut arrêter de rêver, qu’il faut s’éveiller.
En fait on dit un peu n’importe quoi vous et moi.
On vit dans un univers de mots, de concepts, d’idées et de croyances qui ont souvent très peu à voir avec la réalité dans laquelle trempent nos deux pieds, le sol sur lequel nous marchons et tentons sans cesse de réaliser nos rêves, soit de les transformer en réalité. Ce processus d’ancrage requiert efforts et persévérance, ainsi que l’audace d’écouter son coeur, de suivre son intuition.
Parfois, notre vie suit le cours de nos rêves, et parfois nos rêves se transforment en cauchemars. Et parfois, on rêve lucidement.
Un vrai tango entre aisance et effort la vie, entre persévérance et lâcher prise, entre rêve et réalité, ou plutôt rêves et réalités car ceux-ci se conjuguent au pluriel.
Certains disent qu’on doit arrêter de rêver, d’autres qu’il faut vivre ses rêves jusqu’au bout plutôt que de rêver d’être en vie.
Vis tes rêves plutôt que de rêver d’être vivant(e). Sois qui tu es vraiment, le créateur/trice que tu es. Sache que tu es qui tu sais être. Et agis de façon à démontrer que tu le sais, et ainsi ce sera. – Bashar
On dirait que certaines personnes réussissent facilement à transformer leurs rêves en réalité. Alors que d’autres s’essaient en vain et n’y arrivent jamais. Ah la vie.
Bien sûr qu’on a tous et toutes des idéaux, qu’on veut réaliser certaines choses. Du moins la plupart d’entre nous car certains ont très peu d’ambition. Ce qui n’est ni une bonne ni une mauvaise chose si on fait la paix avec ça j’imagine. Et avec le temps, on dirait qu’on veut moins faire qu’avant, sinon être en paix.
On valorise souvent les gens motivés, mais on peut aussi considérer la motivation comme une fuite par en avant. Car si on vit totalement le moment présent, on ne s’en va pas nulle part, on est ici, on n’est qu’ici, maintenant. Sans but ni objectif à atteindre.
It takes two to tango, nos rêves et nous, nous et nos rêves !
Et la vie est la musique, et le chef d’orchestre.
En même temps, on a beau rêver, ou pas, le quotidien nous pousse au cul. On vit dans un corps avec des besoins criants au quotidien. Et on doit payer les comptes. Pas si simple la vie d’humain(e). Entre rêve et réalité, entre rêves et réalités. Tango Tango !
Sommes-nous chenilles en transformation qui doivent tenir bon jusqu’à l’ultime transformation papillonesque ? Est-ce que certaines chenilles se contentent de demeurer chenilles ? Est-ce que la chenille doit absolument vouloir devenir papillon ou est-ce que c’est hors de son contrôle et la vie décidera anyway ?
Car le miracle se produit autant pour les chenilles que pour les papillons. Peu importe le résultat.
Soyez prudent. Dès que vous commencez à parler, vous créez un univers verbal, un univers de mots, d’idées, de concepts et d’abstractions, entrelacés et interdépendants, se générant, se soutenant et s’expliquant à merveille et pourtant, le tout sans essence ni substance, de simples créations de l’esprit. Les mots créent les mots, la réalité est silencieuse. – Sri Nisargadatta Maharaj, Je suis cela
Au fond peut-être qu’on doit revenir à cette ancienne sagesse autochtone
et simplement se taire et laisser la vie faire et nous défaire 😉
La mort demanda à la vie : pourquoi tout le monde t’aime et me déteste. La vie lui répondit: parce que je suis un beau mensonge et toi la douloureuse vérité.
Toute notre vie durant, la plupart d’entre nous vivons comme si on n’allait jamais mourir. Car la vie appelle la vie évidemment et le bizzy buzz du quotidien nous entraîne dans son sillage à aller toujours de plus en plus vite. La mort ? Pas le temps de penser à ça maintenant, trop occupé, trop à faire.
Mais ils/elles sont de plus en plus nombreux à préparer leur mort. À faire en sorte que tout soit en ordre dans la paperasse avant de trépasser, pour ne pas laisser à leurs héritiers un fouillis administratif. À élaguer les trop nombreuses affaires, faire de la place. Certain(e)s ont la chance de se préparer, d’autres quittent subitement. Chacun(e) sa sortie. Mais pour la plupart, on a le luxe de se préparer. Le fait-on ? Autre histoire.
Pourtant, chaque jour de notre vie nous amène à la mort, nous mène vers la mort, nous y rapproche. Un pas à la fois, si possible chaque pas dans la foi. Chaque petit bout de vie est un pas de plus vers l’ultime fil d’arrivée. Arrivée vers le grand nul part, vers la fin et le repos du corps. La mort du corps en effet car pour l’âme, on ne sait trop la suite qui nous attend. Ni même si suite il y a même. Alors squeezons tout le jus pendant qu’on orange.
Est-ce que la vie est vraiment un beau mensonge et la mort une douloureuse vérité ?
Pas toujours, car pour certain(e)s c’est la vie qui est douloureuse alors que la mort représente une libération. On voit passer parfois sur les réseaux asociaux des messages de parents qui annoncent le départ abrupte d’un de leur enfant. On voyait peu ça avant même si ça se passait quand même. Jamais simples les jeux de maux de l’esprit. Empathie parentale.
Alors, la vie est vraiment un beau mensonge et la mort une douloureuse vérité ?
Peu importe. Car certains disent que si la mort est une certitude, la vie ici-bas serait une grande illusion. Pourtant, il me semble que ces deux-là forme une paire, un couple non? Pas simple la vie, ni la mort peut-être non plus. Ou peut-être plutôt une grande libération de notre corps. Grand envol vers l’inconnu.
La vie, la mort. Que des mots. Pour le moment, la mort du moins. À part celles des autres. La nôtre, on n’en sait rien encore. Même si elle est déjà un peu ici, même si elle se passe un peu à chaque jour.
Chacun(e) notre petite vie dans cette grande Vie. Avec notre lot de déceptions, de revirements, de joies et d’apprentissages. Avec l’amour, la tristesse, l’apprentissage de l’humilité et de notre humanité.
Peu importe nos croyances, la vie est un long processus par lequel on passe tous et toutes, avec nos propres défis et leçons, nos joies et nos peines.
On pense parfois savoir ce qu’est la vie, et puis tout à coup, Euréka, on réalise qu’on ne sait rien. On réalise que nous ne sommes rien devant la mort, surtout pas un corps. Mais pas encore totalement.
Ci-bas, quelques belles paroles de vivants qui ont passé et laissé de belles traces.
___ Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bons, c’est incroyable.
Et pourquoi vous répondent-ils si vite mal, d’une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance c’est à dire sans danger ?
Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d’être méchants pour qu’on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu’on les aime.
– Albert Cohen, Le Livre de ma mère
___ Albert Einstein a visité le Japon. Il séjournait dans un hôtel et voulait donner un pourboire au personnel de l’hôtel, mais le Japon n’a pas de culture du pourboire. Ils considèrent parfois les pourboires comme une insulte. Le travailleur a déclaré : « Cela fait partie de mon travail, monsieur, je reçois mon salaire » et a refusé d’accepter le pourboire. Einstein ne le savait pas. Il a appris qu’il recevrait le prix Nobel ce jour-là et Il a dit à l’empoyé : « Je veux partager ma joie, vous n’acceptez pas le pourboire, mais si vous me le permettez, je vous offrirai un souvenir. » Il a pris le stylo et le papier dans sa chambre d’hôtel et a écrit un mot. Signé par Albert Einstein L’ouvrier japonais a conservé cette note jusqu’à la fin de sa vie. Après sa mort, il a vendu son petit-fils aux enchères et a vendu le billet pour un million 600 mille dollars en 2017. Einstein a écrit la phrase suivante à l’Hôtel Impérial de Tokyo : « Une vie humble donne plus de bonheur qu’une vie agitée à la poursuite d’un succès inconscient. » La littérature sur la compréhension réelle de cette phrase est bien supérieure à 1 600 000 $. Le bonheur ne se vend pas le dimanche. Peut-être que vous pouvez acheter un bon lit, mais vous ne pouvez pas acheter un sommeil paisible. Peut-être que vous pouvez acheter une belle maison chère, mais vous ne pouvez pas acheter une maison heureuse. Comme dirait Mark Twain : « De bons amis, de bons livres et une vie confortable où vous pouvez dormir quand vous posez votre tête sur l’oreiller, et si vous avez une conscience, c’est la vie idéale. »
___ George Gurdjieff n’a jamais parlé d’amour de toute sa vie. Il n’a jamais écrit une seule ligne sur l’amour. Un jour, ses disciples le pressèrent beaucoup et lui dirent : Dis au moins quelques mots. Vous n’avez jamais rien dit sur l’amour. Pourquoi ne parles-tu pas d’amour ? Gurdjieff a dit : Tel que vous êtes, l’amour est impossible. Si vous ne connaissez pas l’amour, quoi que je dise, vous ne comprendrez pas. Il a condensé tout son sentiment d’amour en une seule phrase. Il a dit : Si vous pouvez aimer, vous pouvez l’être ; si vous pouvez l’être, vous pouvez le faire ; si vous pouvez le faire, vous l’êtes. Et il a dit : Ne me forcez plus. Je ne dirai rien d’autre. L’amour n’est pas possible d’ordinaire. L’amour est une erreur. Là où vous êtes, l’amour est une erreur. Ce n’est pas possible. On ne peut pas aimer ! – parce que d’abord, vous n’êtes pas ; vous pensez simplement que vous l’êtes. Tu n’es pas seul; vous êtes une foule. Comment peut-on aimer ? Un esprit tombe amoureux ; un autre esprit n’en sait rien. Un esprit dit qu’il aime ; un autre esprit, en même temps, réfléchit à la manière de haïr, un autre esprit se dirige déjà vers la haine. Vous êtes une foule à l’intérieur ; vous n’êtes pas un tout cristallisé, vous n’êtes pas un – et seul celui/celle qui est Un peut aimer. L’amour n’est pas une relation ; l’amour est un état d’être. Donc, peu importe ce que vous appelez l’amour, ce n’est pas l’amour. ~ Osho
___ Au sein de certaines cultures, on dit que les anneaux de tristesse s’accumulent autour de notre être intérieur au cours de notre vie. Tout comme les années de croissance des arbres. Mon sentiment est que cela n’arrive que lorsque nous jugeons la tristesse comme mauvaise, comme quelque chose à éviter. Ce n’est qu’alors que nous supprimons la tristesse et formons les anneaux.
Mais si nous explorions la tristesse au lieu de la fuir ? Et si nous remettions en question l’idée fausse selon laquelle la tristesse est mauvaise ? Après tout, c’est un événement tellement humain ! Et il a une profondeur extraordinaire. Ahh ! peut-être que sa profondeur nous fait croire qu’elle va nous anéantir, alors qu’en réalité elle nous traversera et nous fera cadeau du calme qui suit la tempête. Avec une meilleure compréhension et une plus grande clarté. Peut-être que la prochaine fois que la tristesse frappera à votre porte, ouvrez-la et invitez-la à entrer. Apprenez à le connaître et à en faire l’expérience. Et peut-être que cela ouvrira une porte vers une partie plus profonde de qui vous êtes VRAIMENT ! Amour… Subhan
___ Et ajout de dernière minute via Jean Gagliardi
À peine a-t-on le temps de vivre qu’on se retrouve cendre et givre. Adieu Et pourtant j’aurais tant à faire avant que les mains de la terre me ferment à jamais les yeux. Je voudrais faire un jour de gloire d’une femme et d’une guitare, d’un arbre et d’un soleil d’été. Je voudrais faire une aube claire pour voir jusqu’au bout de la terre des hommes vivre en liberté. Assis entre deux équilibres dans ce monde qui se croit libre et qui bâtit des miradors, je voudrais bien que nul ne meure avant d’avoir un jour une heure aimé toutes voiles dehors. À peine a-t-on le temps de vivre qu’on se retrouve cendre et givre Adieu Et pourtant j’aurais tant à faire avant que les mains de la terre me ferment à jamais les yeux. De mes deux mains couleur d’argile je voudrais bâtir une ville blanche jusqu’au-dessus des toits. Elle serait belle comme une chanson du temps de la Commune pétrie de bonheur hors-la-loi. Et puis que le printemps revienne pour revoir à Paris sur peine des enfants riant aux éclats. Lorca errant dans Barcelone tandis que l’abeille bourdonne dans la fraîche odeur des lilas. À peine a-t-on le temps de vivre qu’on se retrouve cendre et givre. Adieu Et pourtant j’aurais tant à faire avant que les mains de la terre me ferment à jamais les yeux.
Développez cette confiance que tout ce dont vous avez besoin viendra à vous quand vous en aurez besoin. – Abraham Hicks via Kim Trinh
Développez cette confiance que tout ce dont vous avez besoin viendra à vous quand vous en aurez besoin. Sinon c’est que vous n’en aviez pas vraiment besoin 😉
Ou comme on dit : à la fin tout sera pour le mieux. Alors si tout n’est pas pour le mieux en ce moment, ce n’est pas la fin. Grande vérité de la police.
De toute façon, à la fin, c’est notre corps qui retournera en poussière d’étoiles alors que notre âme ? Notre âme, aucune idée où elle ira. On verra bien. Ou pas. De toute façon, on ne sait même pas tout à fait ce qu’elle est ni ce qu’elle fait ici en ce moment même.
Dans la vie, la seule attente qu’on peut avoir est de ne pas avoir d’attentes. Pas trop du moins. En fait, pas si grave d’avoir des attentes car l’attente semble pas mal humaine et généralisée. Ça doit même faire partie de notre génétique. La vie va vers. Suffit juste de ne pas trop s’attacher à l’idée que la vie comblera nos attentes. On peut et on doit faire du mieux qu’on peut en ce moment et on verra bien ce qui arrivera. Inch Allah !
Espérer le mieux – pour soi comme pour tout et toutes – tout se préparant à faire face au pire, ou du moins au non espéré un peu craint. Genre.
Je me suis permis de traduire très librement come to the place par développez cette confiance. Car je ne vois pas comment on peut arriver à quelque part en soi sans y participer activement. On arrive rarement à quelque part sans avoir minimalement préparer le chemin pour y arriver. Consciemment, ou inconsciemment.
On n’arrivera jamais à une disposition intérieure de non attente si on n’en a pas déjà eu quelques-unes ni sans avoir été déçu(e) par nos attentes. Ça fait partie de la game humaine. En fait ce ne sont peut-être que les multiples déceptions résultant de nos attentes passées qui peuvent nous apprendre la non-attente. La futilité de penser que nos attentes se réaliseront en action. Certaines le sont, la plupart non. Et ainsi va la vie.
Prévoir l’imprévisible et attendre l’inattendu sont des beaux slogans mais pratiquement quasiment impossibles à réaliser. Car comment imaginer l’inimaginable ? J’imagine qu’on doit être ouvert à tout, à plus que tout même, mais ce plus-que-tout est si vaste et pratiquement inimaginable. Alors ne prévoyons mais soyons prêts à tout, et à plus que ça, à n’importe quoi. Même si on peut faire des plans et tendre vers.
On a beau affirmer ne pas avoir d’attentes, moi le premier, les attentes émergent sans qu’on s’en rende compte. La vie est attentes, la vie est mouvement vers. Sans attentes, je ne sais pas si on continuerait d’avancer en tant qu’humanité.
La vie tend toujours vers. Toujours en suspension dans le vide.
Alors espérons du bon, du beau, du doux, pour soi comme pour les autres, plantons des graines d’espoir, et soyons conscient(e) que la vie n’est pas que ça. Parfois si, parfois pas.
Plutôt que de vouloir certaines choses et ne pas en vouloir certaines autres, apprenons tout simplement à dire oui, à faire confiance, à garder notre foi vivante en sachant que tout ce qui nous est offert par la vie est ce qui est, tout ce qui doit être car c’est ça qui est ça. Et si nous ne sommes pas satisfaits(e)s de ce que nous voyons et vivons, voyons voir ce que l’on peut faire pour s’en rapprocher un peu plus de ce que l’on sent juste, de ce que l’on voudrait.
Clarté et flexibilité, fermeté et souplesse.
Je disais dans le titre que tout nous est donné. Mais au fond, on sait bien au fond que toute vie n’est qu’un prêt. La vie nous est seulement prêtée car tout nous sera repris. À nous d’en faire oeuvre utile, une oeuvre d’art, à nous de développer l’art de notre humanité. Avant qu’on nous la reprenne.
Toutes et toutes des étoiles filantes, que des étoiles filantes.
___ AUCUNE DEMEURE par Claude Leclerc
Il n’y a aucune demeure Où déposer nos valises !
Tout n’est que transit Aucune destination possible !
Aucun sol solide sous nos pieds Que du vide !
Aucune sécurité Nulle part Pour le petit bonhomme La petite bonne femme Dans votre tête !
Le mental Le moi Cherche constamment Une demeure Une maison Où déposer ses valises Où s’installer Où s’attacher Pour ne pas être aspiré Par le vide…
Une relation Une croyance Au minimum un chien Un chat Une idée Une cause…
Toute vie personnelle Est une vie dans l’imaginaire Sans substance réelle…
Et tout imaginaire Est éphémère… Sur fond de légèreté absolue De liberté absolue…
L’insoutenable légèreté de l’être…
Insoutenable pour le moi Qui veut Qui veut à tout prix Prendre forme Exister quelque part Atteindre un but Une destination Qui veut s’attacher À un port, un pays Une idée, une personne…
Trouver une demeure Avec des murs et un toit Solides…
Pour ne pas disparaitre Dans le vide Dans l’infini…
Et pourtant…
Et pourtant Ce n’est que dans l’abandon À ce vide Cette légèreté Dans ce lâcher prise Que l’on trouve notre véritable nature Vaste comme la vastitude elle-même Profonde comme la profondeur elle-même…
Et pourtant Ce n’est qu’en desserrant le cœur Autour du désir d’exister à tout prix Dans le temps Dans la forme Pour l’un, pour l’autre Que l’on trouve notre existence réelle Éternelle Et surtout Bienheureuse…
Nous voyageons À bord d’un train de pensées Qui traverse de beaux et moins beaux Paysages relationnels Heureux ou douloureux…
Qui croise de grands lacs magnifiques Et des torrents de boue De haine…
À bord d’un train imaginaire Qui vole dans des ciels jouissifs Et plonge dans des enfers Insupportables…
Mais… Ne descendons pas du train Relaxons dans le mouvement…
Toute l’existence n’est que mouvement Sur un fond intemporel De silence…
Un silence sacré Divin Est notre seule demeure Identité Solidité…
Tous ces voyages Enrichissent notre humanité Élargissent et approfondissent Nos vies…
Mais si nous voulons arrêter le train Trouver refuge quelque part S’attacher à une demeure particulière Nous souffrirons inutilement…
Profitons des paysages Mais laissons-les défiler N’y cherchons Ni la paix, ni un bonheur stable…
L’amour dans l’attachement N’est plus l’amour…
La paix et la joie réelle Ne peuvent exister Dans une maison Une croyance Une idéologie Fermées…
La liberté La béatitude Ne peuvent tenir Dans une idée…
L’océan sacré que vous êtes Ne peut tenir dans une vague…
Une vague Qui fait trois petits roulements Et puis s’en va…
___ Enwèye à maison
COMING HOME Hinario Luz Azul # 15
We are coming home Safely coming home We are coming home Sweet home again
As we are approaching Getting closer and closer We all have to leave Our luggage behind
As we’re getting nearer Getting lighter and lighter We’re finding our way Back home again
Je viens de passer 2 jours avec ma plus vieille dans sa briocherie-café des Cantons. J’y ai plongé le week-end, autant les mains dans l’eau de vaisselle que mon nez de Cyrano de la brioche dans les odeurs et les effluves qui sont caractéristiques à son café nommé officiellement Mélange Maison, mais qui, dans les faits est Chez Léonie. Une odeur de cannelle et de sucrés et sacrés bonheurs règne dans son antre du scone et de la brioche. Ma fille crée olfactivement et littéralement de la magie.
Il règne dans l’antre de Léonie une atmosphère impossible à transmettre par mots.
En tentant de le faire, je réalise l’impossibilité de transmettre encore davantage les odeurs que les ambiances. Car pour l’ambiance, je peux bien essayer de vous décrire la vibe, le feeling qui flotte dans sa shoppe à délices, les sourires et les menoum menoum qu’on entend quand les gens croquent la brioche.
Je peux vous dire aussi tout l’amour qui règne dans la place, la bonnefemmie de la proprio qui accueille chaque personne comme si elle était la plus importante au monde, le soin visible et évident qu’elle apporte à tout ce qu’elle fait et touche. Ça sent l’amour dans sa shoppe à scones et cie. Chaque personne qui y a mis les pieds, le coeur et le nez sait ce que je tente de dire ici. Car ce qu’elle fait touche directement les gens, right there dear.
Mais pour les odeurs, alors là, c’est carrément impossible à convier.
D’ailleurs hier j’ai animé ma méditation en ligne à partir de son café et à la fin, on a fait un ptit coucou virtuel aux ami(e)s, surtout destiné à nos 2 âmis du BC qui connaissent Léonie depuis longtemps mais qui n’ont jamais vu sa place. Et je réalisais alors ce que je ne pouvais convier comme information primordiale: ce que ça sent chez Léonie.
Si on peut décrire plus ou moins la vue, l’ouïe, le toucher et le goût, il me semble plus difficile de décrire l’odorat. En tous cas moi je trouve ça ardu de décrire l’art du nez. Et encore plus difficile de décrire ce que ça sent chez Léonie. Odeur unique, odeur d’amour à la canelle.
Tenez, c’est comme ma plante qui fleurit rosement deux fois pas année et qui ne sent que la nuit dont j’oublies toujours le nom. Au moment même ou j’écris ces mots, juste avant l’aurore, j’ai le nez – jusqu’à l’âme – plein des effluves que libèrent ces petites fleurs roses, que je ne tenterai même pas de vous décrire mais et qui ne se rendront jamais jusqu’à votre nez. Je pourrais vous montrer une photo, et peut-être que vos yeux liront ces quelques mots qui tentent plus mal que bien de convier ces odeurs, mais jamais elles ne pourront traverser l’écran. L’odeur est un sens de nez. Et de coeur.
La vie ça peut se sentir, mais pour les odeurs, il faut être sur place. Car le nez ne ment jamais. Only the nose knows. En anglais, on smell et on feel, en français on sent et on sent. Et on ressent.
Certaines odeurs sont transmissibles. Par exemple, je peux vous décrire les odeurs du bord de mer car pour la plupart, nous avons une expérience commune de ce fait : les algues, la varech, le poisson, la mer quoi.
Mais pour les brioches de Léonie, alors là, désolé, vous devrez apporter votre nez sur place. Because only the nose knows. Mais le coeur aussi. Le coeur sent. Et les yeux peuvent tout de même avoir une petite idée.
à Austin, rue principale, près de l’Abaye St-Benoit. Les samedis et dimanches, Léonie vous ouvre son atelier d’art olfactif et gustatif – ses cafés, ses cafés m’sieurs dames.
Tout le monde veut être quelqu’un, alors nous ne faisons qu’ajouter confusion et douleur en nous, comme chez les autres; et pourtant nous pensons sauver le monde ! On doit tout d’abord clarifier son propre esprit et ne pas s’occuper de la confusion des autres. – Krishnamurti
Dans la vie, il a les pro ceci, et les anti cela. D’un côté, les pros et de l’autre, les contres. Il y a les bons, puis les mauvais. Les riches et les pauvres, les gentils et les méchants. on dit que la médaille a toujours deux côtés. Dualité quand tu nous tiens. Et nous retiens.
Ces temps-ci, le monde semble plus divisé que jamais auparavant, plus extrême. Peut-être que ça a toujours été le cas mais peut-être aussi qu’on le voyait seulement moins, que c’était moins apparent.
Et au fond, peut-être que toute vie a besoin de dualité pour exister, pour se manifester. Le choc de la matière et de l’anti-matière.
Nous voulons tous et toutes être quelqu’un(e), être quelque chose. Nous voulons exister. Nous sommes faits de matière, crée à partir de solide. En apparence du moins. Et la vie achoppe sur nous, et nous sur elle. La vie se choque avec elle-même.
On pense savoir ce que le monde a besoin pour aller mieux. Et pourtant. Le simple défi de mettre et de garder sa vie en ordre est en soi tout une tâche.
En ce moment, le principal conflit qui occupe l’espace public est celui qui a cours au Moyen-Orient. Conflit qui dure depuis des siècles, sinon des millénaires. Sévit aussi la guerre impliquant l’Ukraine et la Russie.
Il semble que les deux situations soient beaucoup plus complexe qu’elles ne le semblent à première vue pour nous, néophytes de la politique internationale.
Toujours si nuancée la vie, alors que notre connaissance et notre compréhension sont si limitées. Et pourtant, on opinionne à grand tour d’écran. On règle le sort du monde en quelques tours de méninges.
Faire la paix avec soi-même et en son propre esprit semble si simple et pourtant, on préfère s’occuper du monde et arranger le sort de la planète et de ses habitants plutôt que d‘apaiser sa propre vie.
Nos yeux sont faits pour regarder en dehors de soi, alors ceci explique peut-être cela. Tout un défi d’être dans le monde, mais de ne pas le laisser nous submerger.
Un bateau ne coule pas lorsqu’il est dans l’eau. Il coule quand il y a de l’eau dedans. Ce qui se passe autour de nous n’est pas si important. L’important est ce qui se passe à l’intérieur de nous. – Rumi
Je l’écris souvent mais nous qui sommes parmi les privilégié(e)s de ce monde, nous devons rester près de coeur des gens qui vivent les conflits, en nous gardant une ptite gêne sur notre réflexion de juger la situation sans en connaître tous les détails.
Car le monde n’est peut-être pas aussi réel qu’il le semble, ni aussi bruyant si on prend le temps et le soin de bien écouter.
Écoute le silence au creux de l’illusion du monde. ~ Jack Kerouac
Et la vérité et le mensonge pas toujours qui ils prétendent être.
Selon une légende du 19e siècle, la vérité et le mensonge se rencontrent un jour. Le mensonge dit la vérité : « Regardez quelle merveilleuse journée c’est » ! La vérité regarde les cieux et soupire avec plaisir, car la journée était vraiment vraiment belle. Ils passent beaucoup de temps ensemble, et finissent par finir dans le puits.
Le mensonge dit la vérité : « L’eau est très agréable, trempons ensemble ! « La vérité est, un peu méfiante cette fois, teste les eaux et découvre qu’elles sont en effet très agréables. Ils se déshabillent et commencent à nager dans le puits. Soudain, le mensonge sort de l’eau, revêtit les vêtements de la vérité et s’échappe.
La vérité en colère sort du puits et court partout pour trouver le mensonge et remettre ses vêtements. Le monde, voit la vérité nue, et détourne son regard de mépris et de rage.
La pauvre vérité revient au puits, entre et disparaît à jamais, cache dans le puits sa honte. Depuis, le mensonge parcourt le monde, habillé en vérité et satisfait les besoins de la société, parce que le monde, de toute façon, n’est pas intéressé par la vérité nue. ~ Monique Attinger
___ Les hommes crèvent d’occuper le futur, jamais le présent. Ils se préparent à vivre, ils ne se réjouissent pas de vivre. – Éric-Emmanuel Schmitt, L’homme qui voyait à travers les visages
Parfois on se creuse les méninges en cherchant LE sens de la vie. À la conquête du Grand Pourquoi. Pourquoi ? Parce que.
D’autres fois, simplement nous rappeler de prendre la prochaine respiration nous demande tout notre petit change. Comme faire le prochain pas qui constitue parfois un exploit quand la route titube sous nos pas.
Mais la vie n’est peut-être que ça au fond: un pas. Un pas à la fois. Puis un autre. Et encore un autre. Bis. Bis. Bis. Toujours le même au fond. Un seul pas à l’infini. Tant qu’on a des jambes pour marcher, danser, sauter.
Quand on ne sait plus trop quoi faire ni où aller, alors suffit de prendre le prochain pas.
Vu ainsi, la vie n’est rien d’autre qu’une danse. Un tango, un cha cha cha, un limbo ou une folle danse libre. Mais toujours un pas à la fois.
Et peu importe les pas que l’on fait, les pas que l’on danse, ils nous mènent tous et tout droit devant comme qu’ici en même temps. Et avec les années qui passent, on réalise que chaque nouveau pas nous rapproche de la mort du corps. Et chaque nouveau pas devient de plus en plus précieux.
Alors l’idée est de jouir au maximum de chaque pas, d’en profiter au maximum à chaque pas, un pas à la fois, chaque pas dans la foi. Même quand on doute, surtout quand on doute, car le doute recèle toutes les possibilités. En profiter aussi même quand on ne sait pas, quand on ne sait plus car losqu’on ne sait pas ou plus, tout devient possible.
Les pas que l’on prend, chaque pas que l’on fait, qui ne sont toujours que le même pas selon le père du petit Prince, sont comme nos respirations. En fait, on n’a même pas besoin de respirer, ça se fait tout seul. Mais une fois de temps en temps, ça aide d’y apporter présence et conscience. Le grand miracle du grand mouvement de la vie. Comme chaque battement de coeur nous rappelle que c’est la vie qui bat en nous, le seul même coeur universel. Le grand Poupoum Poupoum cosmique, et comique.
Chaque pas toujours le même, chaque respiration aussi, comme chaque moment qui passe et qui revient pour ne former qu’un seul et même moment. Un boucle de moments. Toujours le même. Et toujours différent en même temps. Ce temps qui n’existe pas mais qui file et défile devant nous comme avec nous dedans tel un infini flot de vie.
On nous dit souvent de vivre le moment présent mais si on s’y arrête, le concept de moment présent n’existe pas vraiment. Car dès qu’on tente de fermer la main sur le dit moment en question, il est déjà parti, passé, fini, over, gone. Et le prochain aussi, aussitôt ici aussitôt passé.
On vit toujours un peu notre vie en avance sur son temps, se préparant u prochain pas, comme elle est toujours une peu chose du passé car impossible à saisir.
Peut-être alors que la vie n’est qu’un simple filet d’eau qui coule dans un bassin sans fond. Fontaine de non-sens. Sans sens, sans grande signification autre que de porter soin et attention à ce que l’on fait au moment où on le fait. Un moment à la fois, de la foi dans chaque moment. Marcher sa foi un pas à la fois.
En ce sens, c’est ce que dit Thich Nhat Hanh dans sa citation tirée du Miracle de la pleine conscience que j’ai postée dans ma chronique d’hier :
Si en faisant la vaisselle, nous ne pensons qu’à la tasse de thé qui nous attend, nous nous dépêchons donc de la débarrasser comme si elle était une nuisance, alors nous ne « faisons pas la vaisselle pour faire la vaisselle ». De plus, nous ne sommes pas en vie pendant le temps où nous faisons la vaisselle. En fait, nous sommes totalement incapables de réaliser le miracle de la vie en nous tenant debout devant l’évier. Si nous ne pouvons pas faire la vaisselle, nous ne pourrons probablement pas non plus boire notre thé. En buvant la tasse de thé, nous ne penserons qu’à autre chose, à peine conscients de la tasse entre nos mains. Ainsi, nous sommes aspirés vers le futur – et nous sommes incapables de vivre réellement une minute de notre vie.
Toujours un peu tirés par en avant nous sommes par la vie, toujours en route vers quelque part, vers quelque chose. Vers ici, vers nulle part.
Toujours un peu en avance sur le moment présent qui, lui-même n’est qu’une séquence dans un perpétuel mouvement par en avant.
La vie est un grand élan vers.
J’imagine qu’on ne peut pas arrêter ce grand mouvement de la vie qui va, pas avant la mort du moins et même là, on verra. Comme on ne peut arrêter le mental de penser, ni le coeur de battre, mais peut-être est-il possible de porter de plus en plus attention à ce que l’on est, à ce que l’on fait. Portons attention à cla présence qui porte attention.
Et ce faisant, peut-être que la vie prendra soin d’elle-même, avec nous dedans. Car la vie prend toujours soin de la vie, la mort inclue, même quand on ne sait pas, quand on ne sait plus rien.
___ Vous n’avez pas besoin de comprendre quoi que ce soit pour être présent. – Eckart Tollé
___ Je n’ai aucun plan pour l’avenir si ce n’est d’écouter mon cœur. – Laurent Gounelle via Sol Ange
Pensez-y : la personne qui a écrit l’a fait seul(e), le/la lecteur/trice lit aussi seul(e) de son côté, alors les deux sont seul(e) et ensemble. – A.S. Byatt
Chaque matin quand j’embrasse mon clavier de mes dix doigts et qu’il s’embrase, quand je laisse les mots monter de je-ne-sais-d’où et passer à-travers mes ptits doigts, je suis seul, en solo. Seul au monde.
Et toi, lecteur/trice, vous, lecteurs/trices, quand vous les recevez, tu es, vous êtes aussi tout aussi seul(e)s que moi. Car plutôt rare qu’on lise en gang hein ? Alors seul(e)s au monde aussi.
Mais le même monde. Donc ensemble.
Et nous voici nous voilà, en fait nous re-voici nous re-voilà, car pas la première fois pour certain(e)s que nous sommes reliés par des mots, par les espaces entre ces mots, par les points et les points virgules.
Moi qui écris sur et entre les dignes et indignes lignes, vous qui lisez mot à mot, ding a ling. Uni(e)s par des petits tas de lettres. Ces lettres qui, regroupées, tentent de convier des idées, des émotions, des perceptions de cette même grande vie mystérieuse, toujours un mystère mais pas toujours rieuse. Parfois nébuleuse. Parfois provocante quand on regarde les actions humaines mais surtout inhumaines.
J’écris principalement parce que ça se fait tout seul, ça me passe au travers. Plus difficile de ne pas écrire que de le faire, que le laisser faire en fait. Alors j’obéis, j’écris.
Et vous ? Vous lisez soit par plaisir, par habitude ou par curiosité. Ou par hasard. Ou peut-être par amour des mots, par amour envers les mots, et leurs jeux. Mots coquins, mots taquins.
Quand même curieux qu’on se retrouve par ici vous et moi non ? Toi et moi car toujours une relation à deux à la fois, la foi à la deux.
Car la plupart du monde n’y passe pas par ici. La plupart du monde ne voit pas ces mots. Ces quelques mots ne sont lus que par quelques paires d’yeux en ce vaste monde, dont les vôtres, les tiens. Certains mots sont compris, d’autres passent sous le radar. Certaines intentions sont saisies, d’autres pas.
J’écris parce que ça me permet de rassembler mes idées. Et j’imagine que mes écrits – cesécrits en fait car pas vraiment les miens, vous en ferez bien ce que vous voulez – vous ressemblent un peu aussi si vous les lisez régulièrement. En tous cas, ces écrits nous rassemblent.
Chacun chacune de notre bord de nos écrans respectifs. Et en même temps, dans le même navire. Ou peut-être pas le même navire mais la même mer, et parfois la même tempête. Sur cette boule bleue qui tourne dans le vide du néant, en sens unique mais pas toujours dans un sens que nous pouvons percevoir. Le seul sens qui fasse sens est le fait d’être vivant(e), pour le moment. Et encore, pas toujours sensationnel. Souvent qu’ordinairement ordinaire. Presque banal.
Sait-on pourquoi on vit ? Pas vraiment. On apprend tout juste le comment. Un peu plus à chaque jour. Souvent par essai-erreur. Car certaines des plus grandes leçons s’apprennent dans l’errement. Ce que certains nomment le péché. Pourtant ce sont les errements qui nous permettent de retrouver le droit chemin lorsqu’on s’égare.
C’est tout simplement ce que je tente de faire avec mes ptits mots dits: chercher un sens, trouver une voie. Apprendre la sagesse toute simple.
La sagesse, c’est l’art de développer un bon dialogue avec soi-même. – Serge Bouchard
Je me le souhaite, et vous le souhaite aussi.
Par les mots et, surtout, par le silence. C’est ce silence que mes mots tentent surtout de mettre en évidence. Ce silence paisible, le silence du moment.
Et parce que les mots des autres sont si riches, encore quelques-uns.
___ Il n’y a qu’une seule magie au monde, et c’est la magie du partage. Tout le reste au nom de la magie n’est que de la supercherie ; mais le partage appartient à la vérité ultime. Le partage n’est possible que si vous avez vécu – en profondeur absolue – amour, béatitude, extase, et ce ne sont pas que des mots pour toi mais votre battement de cœur, votre respiration. Puis la magie opère. Il n’y a pas de magicien, juste la magie. Vous ne le faites pas, cela vous submerge tout simplement. S’il y a quelqu’un à recevoir, ouvert et vulnérable, assoiffé et désireux, alors quelque chose d’invisible commence à couler entre les deux.
– Osho ___ Si en faisant la vaisselle, nous ne pensons qu’à la tasse de thé qui nous attend, nous nous dépêchons donc de la débarrasser comme si elle était une nuisance, alors nous ne « faisons pas la vaisselle pour faire la vaisselle ». De plus, nous ne sommes pas en vie pendant le temps où nous faisons la vaisselle. En fait, nous sommes totalement incapables de réaliser le miracle de la vie en nous tenant debout devant l’évier. Si nous ne pouvons pas faire la vaisselle, nous ne pourrons probablement pas non plus boire notre thé. En buvant la tasse de thé, nous ne penserons qu’à autre chose, à peine conscients de la tasse entre nos mains. Ainsi, nous sommes aspirés vers le futur – et nous sommes incapables de vivre réellement une minute de notre vie.
~ Thich Nhat Hanh Le miracle de la pleine conscience
Quand on est jeune, on veut devenir quelqu’un, ou quelque chose.
D’ailleurs, Ram Dass a dit : Vous devez devenir quelque chose avant de ne devenir rien.
En effet, on dirait bien que dans nos premières années de vie, on a tendance à devenir quelqu’un ou quelque chose, à devoir se définir, se développer, se réaliser. On tend vers.
Puis, avec les années, on se rend compte – éventuellement, peut-être, et si oui, petit à petit – que le but est le chemin. Que l’on ne pourra jamais devenir autre chose que ce que l’on est fondamentalement. Que la vie n’est que ce qu’elle est malgré tous nos désirs et nos intentions qu’elle soit autrement.
Mais en même temps que l’on doive apprendre à accepter qui nous sommes, parfois à la dure, comme accepter la vie telle qu’elle est, on continue aussi à aller vers. Vers mieux, vers soi. Et vers un certain dépouillement. Ultimement, vers la mort que l’on a intérêt à apprivoiser.
Comme si, quand on est jeunes, le regard des autres est essentiel pour nous aider à nous définir dans nos premières étapes de vie. Parfois on écoute, parfois pas.
Puis avec les années qui passent, entre autres grâce à de nombreuses erreurs et autres revers de la vie, on rapatrie notre jugement, on le ramène à soi, comme nos capacités d’évaluation et de décision. On apprend à se faire de plus en plus confiance, à partir de soi. Et si l’on saisit quelque chose de primordial, à passer de la tête au coeur. Là où Dieu a déposé un ptit bout de son âme.
Je parlais récemment avec des ami(e)s et je leur disais que je doute toujours quand je dois prendre action, en fait avant de prendre action. Et je disais aussi que même si je doute, j’apprends aussi à développer toujours un peu plus de confiance que le poids de mes doutes. Comme un tango doute et confiance. Avec la confiance qui guide les pas.
Le doute me semble essentiel dans la vie. Car on a vu tellement de gens sûrs de soi en blesser d’autres gravement au fil du temps, ou se casser la gueule, trop imbu(e)s de leur propre certitude teintée d’arrogance. Le doute nous fait nous demander si l’action à poser sera juste, équitable, pour le bien du plus grand nombre, et ce avant de la poser.
Donc avec le temps qui passe, au fil des défis de la vie, on apprend que l’on ne peut être que soi-même. Que si l’on devient quelque chose, ça ne peut être que de plus en plus soi-même, qui l’on a toujours été au coeur de soi.
Et on apprend aussi que chaque moment est parfait en soi. Que la vie est parfaite telle qu’elle est, et que tout ce que l’on peut faire si elle ne l’est pas, consiste à porter un regard différent sur ce qui est. Comme sur nous-même. Avec acceptation et lucidité.
Comme on dit, chacun et chacune de nous, tous et toutes, nous sommes uniques, comme tout le monde.
Mais plusieurs détours avant d’en arriver là. Ici. Maintenant.
Simplement devenir de plus en plus soi-même, car, de toute façon, impossible de faire autrement. Et au fil des détours, on finit finalement par arriver au point de départ.
___ C’est la situation de millions de personnes sur cette terre. Ils ne peuvent pas voir ce qui est, ils sont obsédés par ce qui devrait être. La plus grande obsession dont souffre l’humanité est celle de « ce qui devrait être ». C’est une sorte de folie. La personne réellement en bonne santé ne se soucie pas de ce qui devrait être. Toute sa préoccupation est l’immédiat, ce qui est. Et vous serez surpris : si vous entrez dans l’immédiat, vous y trouverez l’ultime. Si vous vous déplacez vers ce qui est proche, vous y trouverez toutes les étoiles lointaines. Si vous bougez dans le moment présent, l’éternité entière est entre vos mains. Si vous connaissez votre être, il n’est pas question de devenir. Tout ce que vous auriez pu imaginer devenir, vous l’êtes déjà. – Osho
___ Je vous en supplie, soyez patient avec tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes comme s’il s’agissait de pièces fermées à clé ou de livres écrits dans une langue très étrangère. Ne cherchez pas les réponses qui ne pourraient pas vous être données maintenant, car vous ne pourriez pas les vivre. Et le but est de tout vivre. Vivez les questions maintenant. Peut-être qu’un jour, dans un avenir lointain, vous découvrirez progressivement, sans même vous en rendre compte, la réponse. –Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (1929) ___ les 2 ci-bas via ALain Nyala
Le sens de la vie est juste d’être en vie. C’est si évident et si simple. Et pourtant tout le monde se précipite dans une grande panique comme s’il était nécessaire d’atteindre quelque chose au-delà de soi. ~ Alan Watts
C’est très simple d’être heureux, mais c’est très difficile d’être simple. ~ Rabindranàth Tagore
De retour de quelques jours à la mer au Maine avec ma douce pour souligner mon anniversaire. Happy Bird Day to you itou. Pit pit pit…
Du vent, de l’air marin, des oiseaux, des plages et des tonnes de roches. Et des km de marche. Avec à peu près personne sur la plage à ce temps-ci de l’année. Avec un passage chez nos amis Jim et Kerry à Burlington au retour, quel bel état d’esprit que le Vermont.
Avec quelques heures de dense circulation pour traverser le grand Montréalon the way back.
Et de retour dans notre forêt depuis hier. Ah ce calme ! Back home, dans le calme. Ici, pour se reposer et y rester.
Toujours bénéfique pour les petites bêtes plus ou moins sociales que nous sommes de sortir de notre habitat naturel une fois de temps en temps, pour aller voir ailleurs, puis y revenir et l’apprécier encore davantage. Quelques jours avec pas de nouvelles, surtout pas les mauvaises. Et un Bird Day sans wifi. Pour le passer en circuit fermé.
Et maintenant, back to play. Car demain cérémonie avec mes ami(e)s de choeur pour jouer de la musique, faire silence et chanter. Pour communier.
Pendant ces quelques jours de marche compulsive, récréative et méditative, j’ai médité, fait le vide et réfléchi. Quand on marche, on dirait qu’il est toujours moins dérangeant de penser. Car on marche principalement – on observe, on sent, on déguste, un pas à la fois et chaque pas dans la foi – et la pensée se déplace en arrière-plan, back scenethinking. On marche et ça pense. On marche – sur – nos pensées. On se dépense.
Les moments de pause qu’on s’accorde sont riches d’enseignement, de réflexion, de détachement du quotidien. On regarde sa vie avec une certaine distance, avec un allègement certain. Bird day. On se dégage un peu du flot constant des stimulations quotidennes. On prend une pause du soi habituel. On retrouve son âme.
Cette année, j’ai décidé de me couper des réseaux pour prendre un moment déconnecté. Car avec FB, les anniversaires sont riches de multiples marques d’affection, mais aussi quasiment des opérations de relations publiques. Car j’aime remercier chacun(e) des personnes qui prend le temps de m’envoyer un ptit coucou pour l’occasion. Alors hier à mon retour, j’ai envoyé short and sweet ceci à tout ce monde, tout mon petit monde. La main sur le coeur, merci et gratitude.
Et de retour dans la forêt, ma forêt, notre forêt, la vie continue et on se repose, et on se re dépose. La forêt, for rest. Pour se reposer, et y rester. Faut rester.
Pendant la traversée intense et dense de Montréal hier, je me demandais comment les gens pouvaient ainsi vivre. On s’adapte à tout j’imagine.
Mais ce matin, la forêt répond à ma question, à mon questionnement. Par son silence paisible, son calme, sa paix autour qui active celle en soi. Une paix de soie, feutrée, lente et douce. Ah this !
Si j’aime la mer, et son mouvement perpétuel, quelques jours sont suffisants car j’adore plus que tout la forêt et son quasi immobilisme, sa lenteur, sa douceur. Son lent mouvement qui ralentit tout dans son sillage. J’allais écrire sur son passage, mais la seule chose qui passe dans la forêt, c’est le temps, celui qui n’existe pas. Et nous avec lui. Qui n’existons pas davantage.
Alors cher lecteur/trice, le chroniqueur is back à son clavier avec l’espoir et la liberté au coeur, et il vous souhaite la pareille. Avec l’intention de changer les choses à notre humble et petite et simple mesure.
Si vous supposez qu’il n’y a pas d’espoir, vous garantissez qu’il n’y aura pas d’espoir. Si vous supposez qu’il existe un instinct de liberté, qu’il existe des opportunités de changer les choses, alors il est possible que vous puissiez contribuer à créer un monde meilleur. ~Noam Chomsky
Et en une photo, ici, notre périple à la mer. Le présent des levers de soleil appartient aux gens qui se lèvent tôt.