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AIMER SON MENTAL ? WHY NOT COCONUT ?

Commencer à apprécier votre mental La méditation n’est pas un effort contre le mental. C’est une manière de comprendre le mental. C’est une façon aimante d’observer le mental, mais bien sûr, on se doit d’être très patient(e).
– Osho

Aimer son mental ? Ou du moins, pour commencer, simplement apprendre à l’apprécier peut-être ?

Pour la plupart d’entre nous j’imagine, nous entretenons une sorte de relation amour-haine avec notre tête, avec notre machine à pensées, notre mental. Ça spinne sans cesse là-haut alors que l’on se trouve souvent bien déconnecté(e) d’avec le reste de notre corps. Car la tête fait partie du corps à ce que je sache, ce que l’on a parfois tendance à nier, du moins à négliger. Ou au contraire à trop valoriser. La preuve ? On n’a pas trop de problème à être malade de corps, même si pas plaisant, mais malade mental ? Autre histoire.

Par le biais de la méditation, si on prend le temps régulièrement, il devient possible d’utiliser un temps, un lieu et un espace spécifiques et dédiés pour observer le matériau incessant qui émerge de cette machine à idées que nous portons en tête, juste là derrière nos yeux.

Le mental n’est pas qu’un fauteur de troubles, même s’il l’est aussi parfois.

Parfois aussi de bonnes idée peuvent émerger de cette source intarissable que l’a tendance à vouloir faire taire. Bonne chance pour ça d’ailleurs. Comme on n’arrêtera jamais la terre de tourner ni le soleil de briller, notre mental continue à faire des tours et des tours sur lui-même, et de nous en jouer, nous entraînant parfois avec lui loin hors des cieux, et parfois loin du coeur.

Si on peut lentement mais sûrement apprendre à se détacher graduellement du stuff qui émerge de notre tête – la plupart du temps pas mal toujours les mêmes idées anyway – on peut finir par cultiver la paix en soi. Mais en effet Osho, ça prend du temps. Et de l’attention. Et de la persévérance.

Quand Osho affirme que la méditation est une manière de comprendre le mental, ce que je comprends c’est qu’on doit simplement prendre le temps d’arrêter, de voir, de regarder et d’observer sans juger tout ce qui poppe, sans rejeter ni exclure. Et de revenir à sa respiration. Et au moment, qui vient et va, qui passe sans cesse. Ce moment futile et volatile sur lequel on ne peut jamais fermer la main, ce moment qui nous glisse toujours entre les doigts. Et tout doucement, redécouvrir son coeur, là où on a déposé notre âme à notre naissance, le lien vers le Divin, là où réside le secret de l’univers.

De plus en plus, la méditation devient le moteur de ma vie, le centre des mes actions. Après avoir été très actif non-stop pendant des années et reléguant un peu la méditation à l’arrière-plan, elle redevient ma nourriture la plus appréciée, la plus simple expression de qui je suis aussi.

Ce temps quotidien que je crée et où je décide de couper un peu du monde, temporairement mais complètement, ce silence que je cultive et qui demande tant de soin car délicat. Et de patience car lent et lentement. Cette connivence avec mes ami(e)s du silence par les ondes est aussi très précieuse. Amitié subtile et silencieuse. Communion au-delà de la communication.

Pour les prochaines semaines, à partir du 1er mars, et pour 21 jours, on va s’engager dans un blitz de méditation en groupe: à chaque matin, à 7 h par le shaking, on va secouer ce qui nous paralyse, nous bloque dans notre flow créatif. On va sortir de notre hibernation. D’autres, moins portés sur la chose, se joindront à nous à 8 h et prendront un 20 minutes pour faire silence et commencer leur journée sur cette base. Certain(e)s feront parfois les 2.

Aimer son mental ? Why not coconut ?

Rien à faire, qu’à regarder passer la parade. Mais avec présence et attention détendue.

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Aimer.
Être aimé(e).
Et ne jamais oublier sa propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indicible et à la vulgaire disparité de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Poursuivre la beauté jusqu’à son antre.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais la puissance.
Surtout à regarder.
Pour essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et jamais, jamais oublier.

– Arundhati Roy via Prati

COEUR OUVERT, ESPRIT DE MÊME

Un coeur ouvert invite à l’ouverture d’esprit. – Dalai Lama

On a parfois tendance à opposer coeur et esprit (ou mental en français qui est moins précis que l’anglais en ce sens qui distingue plus clairement mind et spirit). Mais pourtant. Les deux cohabitent dans notre carcasse, notre carapace d’humain, le bolide en 3 D qui transporte notre âme.

Le lien que fait le Dalai Lama me semble plus que pertinent, soit qu’un coeur ouvert invite à l’ouverture d’esprit – qui n’est pas une fracture du crâne.

Quand notre coeur est ouvert, à soi, aux autres et sur le monde, ça donne de la place à l’esprit, au mental, pour penser en dehors de la boîte à souliers, et même à se mettre les pieds dans la bouche à l’occasion.

Quand notre coeur s’ouvre, car je crois qu’il n’est jamais complètement ouvert, il peut s’ouvrir de plus en plus jusqu’à englober le monde entier, notre esprit suit. Il devient esprit sain.

Quand le coeur s’ouvre et est ouvert de plus en plus, on peut accepter ne pas savoir grand chose des choses de la vie.

Genre.

Admettre qu’il y a certaines choses que l’on sait (ou pense savoir, mais même ça c’est un autre débat), savoir qu’en ignore certaines autres et plusieurs qu’on ne sait même pas qu’on ignore car on ne sait même pas qu’elles existent. Alors aux adeptes de la pleine conscience, on se reverra dans l’infini. Car comme on dit, l’éternité c’est long longtemps, surtout vers la fin.

Porter en soi un coeur signifie pour moi demeurer innocent(e), un(e) éternel(le) étudiant(e), ignorant(e) dans le bon sens du terme, dans le sens savant du terme. SI on ose ignorer, on demeure ouvert(e) au mystère.

Comme l’impression de plus en plus que nous portons notre âme au creux de notre coeur, là qu’elle se situe en nous. Et que notre esprit/mental/machine à pensées s’y trouve elle aussi même si elle semble se situer davantage dans notre tête, plus précisément derrière nos yeux. Là qu’est le poste d’observation peut-être, mais le coeur de la vie en nous est au creux de notre coeur. Pour cela qu’il nous faille y respirer, sentir ce qui s’y passe.

Pas si compliqué la vie quand on vit à partir de son coeur.

Poupoum poupoum poupoum…

DROIT AU BUT AVEC TOUT SON COEUR

Le ressentiment est le sous-produit des attentes.
Les attentes sont pauvres et passives. générant un sentiment de «droiture» alors qu’inévitablement, quelqu’un ne les respectera pas. Les attentes indiquent un besoin d’autorité et de contrôle.
Choisissez plutôt d’instaurer des «façons d’être» communes car celles-ci sont choisies et établies. Ces «façons d’être» sont mutuellement respectueuses et ouvertement discutées. Ces «façons d’être» élèvent les personnes plutôt que de passivement les abaisser.

– J. Mike Fields

Avant de partir en voyage il y a 2 semaines, j’ai fait une petite montée de lait avec le fait, du moins ce que je ressentais, que certaines personnes n’appréciaient pas toujours à leur juste valeur ce que nous offrions dans nos cérémonies et nos méditations.
https://atisupino.com/2024/02/08/declencheur-declenche/

Je disais grosso modo que l’on mettait beaucoup de soin à préparer ce que l’on offre mais que parfois certains semblent nous prendre pour acquis. Et quelques minutes après avoir posté ma montée de lait chronique, je vois passer devant mes yeux cette citation de J. Mike Fields ci-haut qui dit tout bas:

Le ressentiment est le sous-produit des attentes. Les attentes sont pauvres et passives. générant un sentiment de «droiture» alors qu’inévitablement, quelqu’un ne les respectera pas. Les attentes concernent un besoin d’autorité et de contrôle.

Choisissez plutôt d’instaurer des «façons d’être» communes car celles-ci sont choisies et établies. Ces «façons d’être» sont mutuellement respectueuses et ouvertement discutées. Ces «façons d’être» élèvent les personnes plutôt que de passivement les abaisser.

En tant que réponse directe à ma complainte d’organisateur incompris full ressentiment et victime de la non appréciation pressentie des autres, prends ça in your face le chroniqueur. Ça m’a fait voir mon gène de petit dictateur interne, soit quand je veux et surtout que je m’attends à ce que les gens se conforment à ce que moi j’ai décidé.

Même si cela fait sens de vouloir le meilleur pour le bien du plus grand nombre, et la qualité supérieure dans tout ce que l’on fait, comme on dit, tout est dans la manière. Et on doit toujours être clair et précis dans l’établissement de normes communes, quand on établit une façon d’être en groupe, quand on cultive une certaine culture d’entreprise – quoi que le terme entreprise n’est pas tout à fait juste dans ce cas-ci, mais nous fait tout de même saisir l’idée.

Donc plutôt que de s’attendre à ce que les gens respectent nos attentes, ce que je comprends c’est qu’il nous faut simplement établir des façons d’être claires et précises, les énoncer clairement et les présenter de façon à ce que chacun(e) sache à quoi s’en tenir. Et soit qu’ils/elles y adhèrent et qu’ils/elles le fassent en toute connaissance de cause, ou dans le cas contraire, ne pouvant y adhérer, ils/elles quittent et que cela soit clair aussi.

Étrange comment la vie nous met parfois des réponses sous le nez – ou en pleine face – quand on en a besoin et probablement surtout lorsqu’on est prêt(e) à les voir et les accepter, les comprendre et les appliquer.

Le matin, tôt, je poste ces mots et le jour même, FB me souffle cela à l’oreille et aux yeux et me présente une réponse droit au visage. Soufflé le ptit chroniqueur des grands chemins par la pertinence et la synchro du message. Et même si c’était seulement les algorithmes. Car même les hasards sont désormais douteux.

Apprendre à aller vers de plus en plus de clarté, de transparence et de simplicité. Car lorsqu’on communique, on se doit d’aller au strict minimum, le plus clairement possible, surtout en ces temps de surabondance d’information et de déficit d’attention généralisé, tout ça avec le plus de simplicité et de clarté possible.

Alors droit au but, avec tout son coeur, on continue.

CHERCHER LE BEAU DANS LE MONDE

Rien ne fait apparaitre le pire en autrui que d’y mettre l’emphase. Rien ne fait apparaitre le meilleur en autrui que d’y mettre l’emphase. – Abraham Hicks

Resalut lecteurs/trices.

De retour de mon périple annuel au Brésil. 10 jours à chanter, interagir, à parler portugais – qui va de mieux en mieux – à prier, à fraterniser, à regarder par en-dedans et à prendre soin du dehors. Sans oublier écouter mère poules, poussins et coqs chanter presque tout le temps, surtout la nuit, et se jucher dans les arbres.

Contrairement à ce que je fais parfois, cette année je ne posterai ni photos ni vidéos ici illustrant notre voyage. Car le voyage est intérieur, toujours intérieur ce voyage au sud du monde.

Si le Brésil est l’un des pays les plus abondants du monde au niveau des gens, des couleurs et de la nature en général, notre voyage nous amène surtout par en-dedans. En fait, on ne va pas tant au Brésil qu’à notre église qui se nomme Céu Sagrado, dans la grande région de Sao Paulo, mais un peu à l’écart de la ville. Les curieux/ses des yeux pourront googler : Céu Sagrado, Sorocaba Brésil.

Cette année, je vais plutôt partager quelques impressions de l’intérieur. Mon intérieur. Et l’une des mes plus grandes leçons, du moins dossier de travail.

À chaque année, on va à notre église pour contribuer à fabriquer le thé sacré que l’on consacrera toute l’année durant ici. On prend part à toutes les opérations, que ce soit le battage des vignes, le lavage des feuilles, la musique, les chants, le nettoyage des lieux. On y vit complètement intégrés et acceptés dans la vaste famille de l’église. Accueillis avec grandeur d’âme et générosité de coeur.

Comme ça fait plusieurs années que l’on y va, pour la plupart, nous ne sommes plus dans l’émerveillement inévitable des premières fois, on approfondit de plus en plus le travail qu’on y fait là-bas, qui n’est en fait que travail en et sur soi. Peu importe ce que soi veut signifie. Probablement que soi ne veut que devenir Divin, et infini.

On déplace son corps là-bas pour quelques jours et on ne fait que poursuivre le travail que l’on a entamé ici. Mais en plus intense, en plus condensé, en plus vite, dans le tordeur d’une grande communauté. La voie du Santo Daime est un réel travail. Une job de l’intérieur, pour nous permettre éventuellement d’accéder à des espaces plus vastes, plus lumineux, plus sacrés. De plus en plus du moins, un pas à la fois, chaque pas dans le foi (certain(e)s l’aiment celle-ci ;-).

Cette année nous étions 11 à voyager et à vivre ensemble dans une petite maison sur le site de l’église, ce qui a épicé le voyage. Et si j’ai utilisé la citation ci-haut c’est que ce fut en quelque sorte ma leçon de l’année: choisir de voir le mieux chez les autres. L’ultime leçon de l’amour véritable: choisir de voir le bon en autrui. Et quand on fait l’effort de voir le mieux chez les autres, la beauté de la chose est que l’on finit par voir de plus en plus la beauté en soi-même. Car soi et les autres, pas si différent au fond.

À côtoyer de près les gens dans un lieu commun, on arrive par voir plusieurs facettes de leurs personnalités, comme eux et elles découvrent plusieurs de la nôtre. On ne peut rien cacher. Au fil des jours, tout finit par remonter à la surface. En particulier avec notre élixir de vérité.

Les plus grands enseignements spirituels ne sont pas ésotérique ni ne prennent place dans l’au-delà, ils s’ancrent toujours place dans notre capacité de vivre ensemble, de prendre soin l’un(e) de l’autre, comme d’un lieu de vie ensemble. Particulièrement autour de la cuisine et de la salle de bain.

Cette année, comme toujours, plusieurs de mes boutons ont été déclenchés, souvent. Et la plupart du temps, j’essayais de regarder ce qui montait de mon côté. Parfois je réussissais, parfois, pas. Parfois je regardais par en dehors, cherchant le problème chez autrui.

Lorsque déclenché, après avoir pris une distance, et regardé et senti ce qui montait en moi, comme ce qui était déclenché, je pouvais exprimer à la personne concernée ce qui m’avait dérangé et ce que j’apprécierais comme comportement futur de sa part. Et j’invitais l’autre à faire de de même. À recommencer, sans cesse. Car nul n’est parfait en son pays, comme ailleurs.

Parfois on ne peut changer les choses, parfois si. Mais toujours je réalise que pour être heureux et constructif, on doit apprendre à voir le meilleur en autrui. Car tout le monde – OK la plupart – veut faire du mieux qu’il et elle peut, avec les moyens du bord. La grande majorité d’entre nous sommes du bien bon monde. Choisissons de le voir, du moins de toujours continuer à le chercher.

Car à la longue, à force de chercher le beau et le bon, on finit par trouver le meilleur, chez autrui comme en soi.

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L’amour que l’on porte à une personne la rend toujours meilleure. La haine la rend toujours pire. Même si on est cette personne.
~C.G. Jung, via Abrete Corazon

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L’ignorance est toute autour de nous, souvent arrogante et revendiquée.
Elle fait même du prosélytisme.
Elle est sûre d’elle, elle proclame sa domination par la bouche étroite de nos politiciens.
Et le savoir, fragile et changeant, toujours menacé, doutant de lui-même, est sans doute un des derniers refuges de l’utopie. (…)
Le savoir, c’est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours d’utilité.
La connaissance, c’est la transformation du savoir en une expérience de vie.

– N’espérez pas vous débarrasser des livres, 2009.
Umberto ECO (05/01/1932 – 19/02/2016).

DÉCLENCHEUR DÉCLENCHÉ

Sois reconnaissant(e) pour ce qui te déclenche, ça indique où tu n’es pas libre.

Cher/ère lecteur/trice. Mon dernier petit blabla public pour quelques semaines. Comme à chaque année depuis belle et lette lurette, je m’en vais me ressourcer à Mamaë Terra do Brasil. Pour aider à brasser la boisson de l’âme que l’on rapportera ici au Nord pour continuer nos introspections et nos travaux.

Grosse période que celle des derniers mois. Organiser un voyage à l’étranger pour 11 personnes n’est pas de tout repos alors le dit doux repos sera atiguidou. Quoi qu’on se repose d’une certaine façon où je vais – dans l’âme et l’esprit up there – mais pas trop de corps terrestre. Mais toujours éclairant et inspirant pour la suite à donner peu importe. Et on dormira au retour. Peut-être.

Depuis quelques années, petite pension le permettant, je peux me consacrer à temps plein aux activités de notre petite église dans la forêt, dans laquelle on chante, on joue musique et l’on prie. Et on the side, et on line, on organise aussi des méditations dans notre dojo virtuel quelques fois par semaine depuis quelques années. Et j’écris chroniquement ici depuis une douzaine d’autres.

Mes dadas, my love in action made visible dixit Veresh.

J’ai la chance, que dis-je, le grandiose luxe et privilège, de faire ces activités pour et avec pas de salaire autre que le plaisir et la satisfaction de tenir ces espaces précieux comme de me répandre sur vos écrans.

Je n’ai pas l’obligation pour le moment de mener des activités en demandant une contribution précise et fixe ni trop élevée. Grand luxe aussi. L’idée est d’arriver à payer les dépenses et s’il en reste un peu de compenser minimalement pour les heures investies, et surtout pas comptées, à faire ce que j’aime le plus au monde, soit écrire, méditer, chanter, prier, communier.

Vraiment pas à plaindre le ptit chroniqueur padrinho artisan gratteux de guitare.

Comme on demande une contribution minimale pour nos activités, j’ai parfois l’impression que certaines personnes n’apprécient pas toujours à leur juste valeur ce que l’on offre comme temps, lieu et espace. Comme si parce que le prix demandé était bas, la qualité allait de pair. Mais au contraire, je considère que ce que l’on offre vaut si cher qu’on ne peut lui attribuer un prix en dollar$. Alors on y va pour le strict minimum.

Récemment, je me suis aussi senti pris pour acquis à quelques occasions – je sais je sais, l’acquis se tient, il ne se prend pas. En tous cas, je me suis parfois pris pour ati qui se sent pris et/ou tenu pour acquis. Ma perception ou la réalité ? allez savoir. Je continue de regarder, de voir, de sentir. Et d’y réfléchir car peut-être que ça va fléchir.

Je ne me sens pas toujours apprécié à la juste valeur des choses que j’offre. Que ce soit ma perception ou la réalité, un enjeu ces temps-ci qui poppe dans ma vie. Que je dois observer.

Et ça me fait voir que je fais encore des choses pour être apprécié, du moins pour que les gens apprécient la qualité de ce que l’on offre. Car je ne cherche pas comme telle une reconnaissance personnelle, je sais ce que je vaux, et je fais ce que j’aime, alors je suis prêt à le faire pour rien d’autre que le bonheur de le faire. Apprécié ou pas. La plupart du temps.

Mais il m’importe encore que le soin que l’on met à préparer et à offrir notre temps et nos espaces soient eux appréciés à leur juste valeur. Car ça en a. Réflexion du moment.

En ces temps difficiles économiquement, il me semble clair et évident que l’on doive s’entraider, se soutenir, contribuer comme on peut, à notre petite échelle et à notre juste mesure. Ré-apprendre à être généreux. Favoriser la coopération plutôt que le profit à tout et gros prix. Pas envie de vendre du mieux-être, ni des promesses, juste envie d’aider, de nous tenir, de se soutenir. Quand je vois que les gens apprécient et bénéficient, c’est ça ma paie. Plus que ça, non merci. Que ce soit dans mon écran, ou dans notre église. Dans mon coeur toujours que ça se réjouit.

Pour cela que je n’ai plus envie de me vendre. Plus satisfait à me donner corps et âme à ce que j’aime faire qu’à le mettre en marché. Surtout pas envie d’être commandité par FB et les autres grosses boîtes prêtes à manger le local et le social.

Ainsi, je réalise ces temps-ci que le manque d’appréciation – réel ou que je perçois parfois de la part de certains – m’affecte encore. Même si j’aime donner, même si j’aime offrir. Que ça ne soit pas apprécié à sa juste valeur me fait tiquer. Encore. Envie de semer les graines dans une terre fertile.

D’un autre côté, souvent quand je demande une contribution volontaire, ils sont quelques-un(e)s à insister pour donner plus que demandé. L’idée est que ça soutienne ceux et celles qui en ont moins. Merci du fond du coeur qui est plus creux que la poche. Ça compense la dépense, du moins je pense.

J’ai de plus en plus de misère aussi à nous voir flasher nos bonheurs, nos voyages et nos gloutoneux repas sur les réseaux asociaux alors qu’une bonne partie de la planète ne mangent pas à sa faim et se fait bombarder. D’autres déclencheurs à regarder. Soif de justice universelle.

Peut-être que ce qui attire notre attention dans le monde extérieur ne fait en effet que nous montrer où ni de quoi nous ne sommes pas encore libre de. Alors regardons. Osons. Mais il me semble que le monde a besoin de soutien plus que de profit$, plus de collaboration que de compétition. Me semble.

Là où nous allons au Brésil, nous sommes accueillis à bras et à coeur ouverts depuis des années. Bel exemple concret de générosité incarnée. Que nous rapportons dans nos bagages et dans coeurs et que nous tentons de répandre ici du mieux qu’on peut à notre retour.

Allons chers/ères lecteurs/trices, ennuyons-nous un peu l’un(e) l’autre pour un ptit bout. Saudade disent les Brésilien(ne)s.Un doux ennui chaud de coeur. Nous nous apprécierons d’autant plus aux retrouvailles.

OK, je vais aller voir au bout du monde si j’y suis encore, si j’y suis toujours et à tout jamais. Je reviens toutt sweet.

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J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation. Si le secret existe, le privé lui n’a jamais existé ; c’est une invention contemporaine pour échapper à la responsabilité, à la conscience que chaque geste nous engage.

Je croyais jusqu’alors que l’amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige.

– Christiane Singer, message final

MOTS DE SOIE À SOI

Ce n’est pas ce que vous dites au monde entier qui détermine votre vie, c’est ce que vous vous chuchotez à vous-même qui a le plus d’impact.

Écrire m’apporte beaucoup de bonheur, écrire me fait me sentir riche, de mots mais drôlement aussi, riche de silence. Car c’est entre les mots que se cache le silence. C’est entre les lignes qu’il faut lire la vie.

Comme c’est dans le vide, derrière les choses de la vie, qu’on apprend à vivre. On acquiert tant avec les pertes, avec les grands détachements, avec les abandons. Au début de la vie on doit devenir soi, puis, graduellement, on devient soie avec le temps qui nous passe dessus, nous affine et nous raffine.

Comme l’oignon qui perd ses couches, on se laisse éplucher par la vie, par les événements. Avec des rires et plusieurs larmes aussi. Sachant très bien qu’au centre du meilleur copain de l’ail se trouve rien, que rien ne s’y trouve. Mais on continue d’éplucher.

Pourquoi j’écris ? J’écris parce que j’aime. Écrire me fait me sentir riche.

Faire ce que vous aimez est la pierre angulaire pour avoir l’abondance dans votre vie.
– Wayne Dyer

Les mots sont généreux, les mots viennent toujours créer du silence entre eux et en moi. Quand les mots se tassent, ils font de la place, ils créent du lien. Comme du sens et du non-sens. J’aime autant écrire que de me taire. Le silence est le compagnon des mots. Pour écrire, il faut avant tout se taire, pour avoir quelque chose à dire.

On ne peut dire aux autres que ce que l’ont peut se dire à soi-même. Et encore. On ne parle toujours que de soi, on ne se parle toujours qu’à soi. Alors tout doux.

Je crois que l’on écrit parce que l’on doit se créer un monde dans lequel on puisse vivre. Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m‘étaient proposés.
– Anaïs Nin (1903-1977, Journal, février 1954). Citation complète ci-bas.

Écrire donc pour s’inventer un monde sur lequel on peut régner, un monde qu’on peut créer et recréer. Toujours les mêmes mots, que les agencements qui changent, que la danse qui tangue.

Se prendre pour le roi et la reine su royaume des mots. Ces mots que l’on sème à tous vents via nos écrans.

Le roi et la reine des mots, et du silence. Car les mots forcent le silence, les deux sont un couple inséparable. Ils dansent main dans la main. Les mots inspirent le silence. Pas nous qui menons les mots, plutôt eux qui mènent, eux qui m’aiment même.

Alors écrire sa vie en mots et savourer son existence en silence. Et entre les deux, le très soutenable chuchotement de l’être.

Aho les mots, hiha le silence.

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Pour pouvoir entendre l’appel de la beauté et y répondre, une condition sine qua non : le silence.
~ Thich Nhat Hanh

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À un ami écrivain qui demandait à Anaïs Nin :Pourquoi écrit-on ?elle lui écrit en réponse cette lettre, qu’elle recopie dans son Journal de février 1954 :

Pourquoi on écrit est une question à laquelle je peux répondre facilement, me l’étant si souvent posée à moi-même.

Je crois que l’on écrit parce que l’on doit se créer un monde dans lequel on puisse vivre.
Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m‘étaient proposés : le monde de mes parents, le monde de Henry Miller, le mode de Rango, ou le monde de la guerre.
J’ai dû créer un monde pour moi, comme un climat, un pays, une atmosphère, où je puisse respirer, régner et me récréer lorsque j’étais détruite par la vie.
Voilà, je crois, la raison, de tout œuvre d’art.
L’artiste est le seul qui sache que le monde est une création subjective, qu’il faut opérer un choix, une sélection des éléments.
C’est une concrétisation, une incarnation de son monde intérieur.
Et puis il espère y attirer d’autres êtres, il espère imposer cette vision particulière et la partager avec d’autres.
Même si la seconde étape n’est pas atteinte, l’artiste, néanmoins, continue vaillamment. Les rares moments de communion avec le monde en valent la peine, car c’est un monde pour les autres, un héritage pour les autres, un don aux autres, en définitive.
Lorsque l’on crée un monde tolérable pour soi-même, on crée un monde tolérable pour les autres.

Nous écrivons aussi pour aviver notre perception de la vie, nous écrivons pour charmer, enchanter et consoler les autres, nous écrivons pour donner une sérénade aux êtres qui nous sont chers.

Nous écrivons pour goûter la vie deux fois, sur le moment et après coup.
Nous écrivons, comme Proust, pour la rendre éternelle, et pour nous persuader qu’elle est éternelle.
Nous écrivons afin de pouvoir transcender notre vie, aller au-delà.
Nous écrivons pour nous apprendre à parler avec les autres, pour consigner le voyage à travers le labyrinthe, nous écrivons pour élargir notre univers, lorsque nous nous sentons étranglés, gênés, seuls.
Nous écrivons comme les oiseaux chantent.
Comme les peuples primitifs dansent leurs rituels.
Si vous ne respirez pas à travers l’écriture, si vous ne pleurez pas en écrivant, ou ne chantez pas, alors, n’écrivez pas.
Parce que notre culture n’a que faire de tout cela.
Lorsque je n’écris pas, je sens mon univers rétrécir.
Je me sens en prison.
Je sens que je perds mon feu, ma couleur.
Ce devrait être une nécessité, comme la mer a besoin de se soulever.
J’appelle cela respirer « …

UNE ROSE EST UNE ROSE EST UNE ROSE

Vous êtes êtes en amour avec les étiquettes et non avec la vérité. – Krishnamurti

Pour débuter et éclairer les propos de cette chronique, une petite histoire d’Allan Watts traduite en français par votre humble chroniqueur.

Qu’est-ce que c’est ?
C’est une rose.
Mais « une rose » n’est qu’un bruit.
Qu’est-ce qu’un bruit ?
Un bruit est un impact des ondes aériennes sur le tympan.
Alors une rose est un impact des ondes sur le tympan ?
Non, une rose est une rose… est une rose est une rose est une rose.
..

Les définitions consistent simplement à établir une correspondance entre des groupes de données sensorielles et des bruits, mais comme les bruits sont des données sensorielles, la tentative est finalement circulaire. Le monde réel qui fournit à la fois ces données et les organes permettant de les détecter reste insondablement mystérieux.

Correspondance ou torsade de réalité dans notre connu ? La question se pose. Car plutôt que de voir la vie telle quelle, sans filtre ni jugement, soit on fait rentrer – fitter – la grande vie dans une des ptites boîtes qu’on pense connaître, soit on projette sur l’extérieur notre réalité intérieure. Si notre morceau de puzzle ne fitte pas, on peut toujours essayer de le gosser et le forcer dans la réalité.

Ah ce monde dit du réel. Celui au-dessus – ou au-delà et en-deça c’est selon – des concepts comme de nos sens avec lesquels on peut percevoir le monde et les choses. Ces deux mots de 5-6 lettres qu’on ne peut ramener ni à quelque chose, ni même à rien.

Ah la Vérité, avec un petit ou un GRAND V. LA Vérité, ou ma vérité. Ou ce que je considère comme telle.

Vu de notre point de vue, il n’existerait rien dans l’absolu. L’arbre qui tombe en forêt fait peut-être un certain bruit, un son certain, mais si on ne n’y trouve pas pour l’entendre, ce dit bruit sera émis mais passera inaperçu. Les oiseaux l’entendent-ils ?

Encore Krishnamurti: Nous ne sommes rien, mais ça on ne peut le concevoir, alors nous nous forgeons des images «à-propos» de nous-même.

Il y a beaucoup de vie imperceptible à nos sens limités dans les vastes espaces au-dessus de nos têtes. Comme dans certaines têtes d’ailleurs mais ceci est une autre de drôle histoire. Beaucoup de vie en dehors de soi, comme en soi. Des milliards d’interactions chimiques et neurologiques à chaque instant desquels nous sommes plus ou moins conscients, habituellement moins que plus.

En tant qu’humains normalement constitués, nous en sommes réduits à ramener l’infini, le mystère et l’imperceptible à soi par des concepts, des sens, des mots et des étiquettes, des enchaînements de quelques lettres qui n’ont rien à voir avec le phénomène en question. À-propos de tout au plus. Mais on aime penser inventer des réponses au mystère.

On pense savoir mais au fond, que sait-on ? Que sait-on vraiment ? je veux dire. Qu’on ne sait pas, et même ça, on pense le savoir mais on ignore combien on l’ignore. Une autre tentative circulaire qui se mord la queue. Car dès qu’on pense savoir, on ne sait pas, on ne sait plus.

Alors comment décrire le parfum de la rose ? Grattez l’écran ?

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Une rose est une rose est une rose.…

Si on veut absolument savoir et apprendre, à la Jung maintenant : Apprenez toutes les théories, maîtrisez toutes les techniques, mais quand vous touchez une âme humaine, ne soyez qu’une autre âme humaine.

Humain(e)s ignorant(e)s.

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Dans une fabrique de biscuits, différents biscuits sont cuits en forme d’animaux, de voitures, de personnes et d’avions. Ils ont tous des noms et des formes différents, mais ils sont tous fabriqués à partir de la même pâte et ont tous le même goût.

De la même manière, toutes choses dans l’univers – le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les rivières, les gens, etc. – ont des noms et des formes différents, mais elles sont toutes constituées de la même substance. L’univers est organisé en paires d’opposés : la lumière et les ténèbres, l’homme et la femme, le son et le silence, le bien et le mal. Mais tous ces contraires sont réciproques, car ils sont constitués de la même substance. Leurs noms et leurs formes sont différents, mais leur substance est la même. Les noms et les formes sont créés par votre pensée.

Si vous ne pensez pas et n’avez aucun attachement au nom et à la forme, alors toute substance est une. Votre esprit d’ignorance coupe toute réflexion. C’est votre substance. La substance de ce bâton Zen et votre propre substance sont les mêmes. Vous êtes ce bâton ; ce bâton, c’est toi.

– Zen Master Seung Sahn

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Le non manifesté est sans mouvement.
Où se trouve-t-il ?
Réfléchissez bien à ce point.
Par un frémissement du non manifesté, une infime maya est créée.
Vous êtes éternellement non manifesté par nature.
La conscience implique une individualité. Ce qui connaît la conscience est le non manifesté.
Quand soudainement vous accédez à « Je suis », cela vous fascine. C’est la même chose que l’amour.
Votre conscience a été créée à travers l’ignorance. Ceci est la maya primordiale.
Soyez libre du besoin de la conscience pendant qu’elle est encore dans le corps.
Le monde bouge par la force du verbe. A l’intérieur du principe non manifesté émerge la sensation d’être.
À l’intérieur de cela, le monde est créé. Dans le monde, il y a le chaos.
Qui est antérieur à cela ?
N’est-il pas toujours là, Celui qui connaît ceci ?
Cela qui connaît le monde est antérieur au monde.
Le véritable repos vient quand la mémoire du « je suis ceci, cela » arrive à sa fin.
Reste la véritable nature, antérieure à la mémoire.

– Nisargadatta Maharaj

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Les causes ne sont pas extérieures à toi.
La cause fondamentale est en toi – mais tu regardes toujours à l’extérieur, tu demandes toujours :
Qui me rend malheureux ?
Qui est la cause de ma colère ?
Qui est la cause de mon angoisse ?
Et si tu regardes dehors, tu passeras à côté.
Ferme simplement les yeux et regarde toujours à l’intérieur.
La source de toute misère, colère, angoisse, est cachée en toi, dans ton ego.
Et si tu trouves la source, il sera facile de la dépasser.
Si tu peux voir que c’est ton propre ego qui ça te pose problème, tu préféreras le laisser tomber – parce que personne ne peut porter la source de la misère s’il la comprend.
Et rappelles-toi, il n’est pas nécessaire d’abandonner l’ego.
Tu ne peux pas le laisser tomber.
Si tu essaies de l’abandonner, tu atteindras à nouveau un certain ego subtil qui dit : « Je suis devenu humble ».
N’essaies pas d’être humble.
C’est encore une fois l’ego caché – mais il n’est pas mort.
N’essaies pas d’être humble.
Personne ne peut essayer prétendre l’humilité, et personne ne peut créer l’humilité par ses propres efforts – non.

Quand l’ego n’existe plus, une humilité vient à toi. Ce n’est pas une création. C’est l’ombre du véritable centre.
Et une personne vraiment humble n’est ni humble ni égoïste.
Elle est tout simplement simple et ne se rend même pas compte qu’elle est humble.
Si tu penses que tu es humble, l’ego est là.
Regarde les humbles….
Il y a des millions de personnes qui pensent qu’elles sont très humbles. Elles s’inclinent très bas, mais surveille-les : ce sont les égoïstes les plus subtils. Désormais, l’humilité est leur source de nourriture. Elles disent : « Je suis humble », puis vous regardent et attendent que vous les appréciiez.
« Vous êtes vraiment humble », voudraient-ils que vous disiez. « En fait, vous êtes l’homme le plus humble du monde ; personne n’est aussi humble que vous. » Ensuite, voyez le sourire qui apparaît sur leurs visages.
Qu’est-ce que l’ego ? L’ego est une hiérarchie qui dit :
« Personne n’est comme moi. » Il peut se nourrir d’humilité –
« Personne n’est comme moi, je suis la personne la plus humble. »
– Osho


PAS LE TEMPS TOUT LE TEMPS

Le temps en tant que tel n’existe pas, n’existe plutôt que la totalité des résultats générés par tous les phénomènes cosmiques présents en un lieu donné. – Gurdjieff

Ce matin, pas de texte cohérent ni unifié autour d’un même thème ou d’un même meme. Non ce matin, toutes sortes de bribes variées, salades de bribes, de mots des autres ramassés et commentés, en vrac et en verve.

Premièrement autour du concept de temps. Ce temps qui, même s’il n’existe pas, ce temps dont l’on manque tant tant la vie va vite désormais. Ce temps que l’on prend pour les gens et les choses que l’on aime, ou pas assez, pas assez souvent. Ce temps qui serait pour Gurdjieff la totalité des résultats générés par tous les phénomènes cosmiques présents en un lieu donné. On va y penser Mr Georges, on va y penser.

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Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.
~ Gaston Bachelard via Alain

Mais souvent, le temps n’est qu’un instant justement. Instant tanné. Réalité relative resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants. Que c’est beau. Et abstrait.

Ce temps qui coule dans le sablier quand tout roule et déboule, ou qu’on se prend dans les dents de l’engrenage quand on rage ou qu’on nage.

Pas le temps pour certaines choses, tout le temps pour d’autres. Choisir.

Car de toute façon, ni la religion ni la psychologie ni la philosophie ne fixent ni n’expliquent le grand rien.

Mais la vie est-elle un problème ou un mystère ? Tout est dans la perception.

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I do not manage – I simply allow things to be.
– Osho

Osho est mon best. Tant de ses mots qui font sens et que je res/sens dans ma tête comme dans mon coeur. En effet, rien à gérer, qu’à laisser les choses de la vie être. Et observer. Oh on peut bien penser qu’on en contrôle un ptit bout si on veut, c’est le même prix. Mais really ?

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Et surtout, regardez avec des yeux scintillants le monde autour de vous, car les plus grands secrets sont toujours cachés dans les endroits les plus improbables. Ceux qui ne croient pas à la magie ne la trouveront jamais.
~ Roald Dahl

Ces quelques mots aussi ce matin restent en moi. Il faut croire pour le voir ou le voir pour finir par y croire ?

Encore la perception. Car comment on veut ou l’on peut voir le monde déterminera clairement notre positionnement en ce dit monde trop souvent mis en mots. Certains aiment le penser illusion, notamment parce que d’autres l’ont déclaré, mais est-ce le cas ? Vérité ou conséquences. Nos histoires, même si on les sait n’être qu’histoires, nous ont quand même modelé(e)s, se sont formées en soi. Alors sans se prendre au sérieux, prenons-nous avec sincérité.

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La vérité est le point d’équilibre de deux contradictions.
– Proverbe chinois via MF

J’avoue que celle-ci continue de me tourner en tête comme certains vins en bouche. Car ils sont nombreux à prétendre à la vérité, avec un petit v ou avec un GRAND. Mais si elle n’est que le point d’équilibre de deux contradictions, se situe-t-elle entre les deux ou les inclue-t-elle tous les deux ?

Je continuerai à laisser rouler et à goûter et je vous revient si une bribe de Vérité quelconque se révèle, ou une bulle à mon cerveau lent.

Ou peut-être que je resterai pris dans les contradictions, ou que je perdrai l’équilibre et irai rejoindre Humpty Dumpty.

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L’espoir, c’est une touche d’humour, et la grâce, quoi qu’il advienne.
La capacité de rire, de voir le ridicule, de ne pas excessivement se crisper quand les choses deviennent impossibles.
La capacité de faire face.
Dans n’importe quelle situation.
Du cran.
Disons : le rire à travers les flammes.
De l’humour, des tripes et du courage.
Quelles que soient nos chances.
On peut toujours faire face.

– Charles Bukowski

Cell-ci se passe presque de commentaires car elle dit tout. Humour et grâce, tout est dit en si peu de mots. Le monde est en feu, continuons à rire. Mais n’oublions pas ceux et celles qui brûlent. Ce sont nos frères et nos soeurs.

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Avant qu’il y ait de la clarté,
Tout est vu à travers un trou de serrure.
Après qu’il y ait de la clarté,
La porte a été retirée.
– Wu Hsin

À la Zen. Peu de mots, et pas de cadre non plus. De porte ou théorique.

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Je n’ai plus de projet personnel et cette absence de projection me permet de sentir les courants de l’existence, les mouvements.
Au lieu de chercher ce qui est bien pour moi, ce que je dois faire de ma vie, de me poser la question : « Qu’est-ce qui sera mieux demain ? »

je reviens à maintenant, je regarde ce qui émerge dans mon cœur à l’instant.
J’écoute.
Je n’écoute pas ce qui est mieux pour moi : j’ai compris une fois pour toutes que ce qui est mieux pour moi est ce qui arrive, ce qui est inévitable.
J’écoute.
Je deviens une caisse de résonance pour l’inévitable…
Quand je suis à l’écoute, je ne demande plus rien à la société.
Au contraire, selon mes compétences, je fais ce que je peux pour l’environnement. Je remplis mon rôle avec mes modestes moyens. C’est à chacun selon ses capacités. Je ne suis ni plus, ni moins. Je suis exactement comme je suis.

– Eric Baret

Allo ? J’écoute.

OMBRES LUMINEUSES & LUMIÈRES OMBRAGÉES

Quand on fuit son ombre, on se fuit soi-même. Ce n’est pas que lumière là-dedans, de ça on peut en être certain(e)s. Et cette ombre que l’on tente tant de fuir ne disparait pas. Elle ne fait qu’attendre, elle se cache derrière au prochain coin de rue et nous rappelle constamment qu’elle veut être vue. Pas pour nous faire souffrir, simplement parce qu’elle veut que nous guérissions, que nous grandissions. Nos ombres ne sont pas notre ennemi, c’est plutôt notre résistance qui l’est. - Jeff Brown

Ombre et lumière. Ombres et lumières.

Avec Bonny & Clyde, Harold & Maude et Ti-Gus et Ti-Mousse (désolé pour les plus jeunes), l’un des couples les plus fameux de l’histoire. En fait, Dieu et Satan seraient deux autres noms pour les désigner. Comme conscience et inconscience.

Comme la vie et la mort qui sont indissociables l’une de l’autre, qui sont auto-inclusives.

Il est naturel de chercher la lumière et de craindre et de fuir l’ombre, la noirceur. Humain. Mais on dit que les deux vivent main dans la main, qu’elles dansent ensemble constamment. Que l’ombre vient inévitablement de la lumière et que la lumière est indispensable pour qu’il y ait de l’ombre.

En fait ces deux compagnes indissociables sont aussi inévitables que les deux côtés d’une même médaille. La base même de notre dualité humaine. On aurait beau vouloir qu’il n’y en ait qu’une seule, ça n’empêche pas qu’il y en ait deux. Aussi bien se mettre le nez dedans et regarder et voir, comprendre, sentir de quoi est faite cette sombre ombre.

Bien souvent, elle n’est probablement rien d’autre qu’un refus de regarder, d’accepter, de dire oui à ce qui est. Comme l’inconscience n’est probablement rien d’autre que de la conscience qui n’a pas encore été explorée, mise en lumière. Tout jardin n’aura été qu’au début champs en friche. Ça prend du soin soin.

Si on peut simplement s’ouvrir à regarder et accepter en soi tout ce qui mérite observation, probablement que toute ombre finira pas être consumée par la lumière. Et en tant qu’humain(e), à peu près personne n’y échappe. Comme l’humanité dans son ensemble pour qui l’histoire aura été en grande partie sombre. Espérons que nous en route vers la lumière. Car l’ombre dépasse pas mal ces temps-ci.

Osons aller explorer là où l’eau est trouble, remuer les fonds marins. Là s’y cachent des perles. Bien sûr on n’a pas besoin de courrir après le trouble, mais s’il se présente à nous, faisons-lui face et regardons, prenons notre. Souvent là qu’on y puise nos plus grande forces. Comme le dit Roosevelt, une mer toujours calme n’a jamais rendu le marin habile.

Osons danser avec nos chaînes pour qu’elles deviennent nos alliées plutôt qu’un peur inconnue qui limite toutes nos actions.

Péché & vertu, blanc & noir, Ding & Dong et Yin & Yang.

Partout, des couples extrêmes qu’on peut considérer opposés ou complémentaires.

À nous d’y voir. Et de tendre vers le centre, vers le mou en soi qui voit tout et ne juge rien.

Et peut-être que la vie vient avec un dimmer. Cherchons le bouton.

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La conscience est la seule vertu, et l’inconscience le seul péché.
– Osho

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LE MILIEU SACRÉ
Vous pouvez être ancré et paisible ET dire votre vérité avec clarté et passion.
Vous pouvez être compatissant et généreux ET avoir des limites solides qui vous protègent, vous, vos finances, vos énergies, votre corps, votre cœur.
Vous pouvez comprendre les autres et voir leur traumatisme ET dénoncer des comportements inconscients, défensifs et méchants.
Vous pouvez écouter les autres avec ouverture et respect ET être profondément en désaccord avec ce qu’ils ont à dire.
Vous pouvez être profondément présent ET être curieux du passé, du futur, de l’histoire, du récit, de la nature même de l’esprit lui-même.
Vous pouvez être spirituellement éveillé ET être un être humain vulnérable, ouvert, imparfait et profondément sensible.
Vous pouvez être divin ET vous pouvez être merveilleusement humain.
Vous pouvez garder TOUS ces paradoxes et contradictions apparentes dans votre cœur géant.
C’est la maturité spirituelle, la capacité de vivre dans le milieu sacré.
-Jeff Foster

VIVRE ENTRE ET AVEC LES EXTRÊMES

Tour d’abord, ce vidéo pour nous remonter le moral et nous donner de l’énergie. Car aussi ça la vie, la musique, la danse, la créativité. Aussi. Parfois. Souvent.

On vient de passer le plus sombre bout de l’année. La lumière s’en revient. Et comme on dit, Janvier a été une année difficile mais on a passé à-travers. Ou lui qui nous a traversé peut-être ? Ça dépend des janviers. Celui-ci fut quand même relativement doux so far. Mais on ne se plaindra pas le ventre plein hein ? Et viva février !

Nous vivons dans un monde d’extrêmes. Entre la beauté et l’horreur. Entre l’opulence et la famine. Entre la paix et la guerre. Entre le génie créatif et la folie meurtrière. Entre le mieux et le pire, le bon et le moins. L’ombre, la lumière et toutes les nuances d’ombres.

Nous avons la chance et le grand privilège d’être du bon côté des choses, ou de la force pour les fans de Star War, du côté de la paix en tous cas. La paix extérieure car certain(e)s ont la guerre en eux et elles. Pensées vers vous. Et drapeau blanc.

Alors d’ici, à partir de et les deux pieds dans notre aisance de vivre, n’oublions pas ceux et celles qui subissent, ceux et celles de l’autre côté. Car ce côté est aussi en nous et il est si vite arrivé. Nous portons tout en nous. Comme disait Raoul, toutt est dans toutt, et en nous itou. You and me too.

Il y a la Palestine, et en même temps, et juste à côté, le peuple Israélien, qui vit en relative opulence, mais qui est détesté et menacé de toute part autour. Armés jusqu’aux dents, mais la peur au ventre et l’insécurité omniprésente, jusque dans l’âme probablement. Toujours au moins deux côtés aux gens et aux choses. Et sûrement beaucoup plus.

Il y a les milliardaires, ceux qui ne savent même pas compter jusqu’au bout de leur fortune, et qui ont viscéralement peur de tout perdre. Car ça arrivera éventuellement. Inévitablement. Corps compris. En leur souhaitant qu’ils ne perdent pas leur âme auparavant. Et au pire ainsi soit-il.

Il y a les mendiants, qui vivent au jour le jour et à la petite semaine, dans la rue et sur les trottoirs. Et entre les craques surtout. Les deux pieds dans la marge. À la recherche du prochain repas, de la prochaine bouteille, du prochain hit pour ne plus sentir, pour moins sentir le dur au coeur du mou. Ne plus sentir le ouch pour un ptit bout. Pour oublier un peu l’inoubliable et retrouver un brin de dignité. un ptit bout de sens de vie.

Il y a le peuple, la masse, soit ce que l’on aime faire de ces milliards d’humains quand le monde devient trop complexe et la réalité trop difficile à saisir. On le réduit en moutons, en troupeaux, tas, un gros tas humain. Nous et eux.

Quand, au fond, que des milliards de corps et d’âme qui les habitent. Des pères et des mères, des fils et des filles de bonne et de moins bonne familles. Des humain(e)s. Comme chacun(e) de nous. Comme moi, comme toi, comme nous tous et toutes, nous autres.

Il y a le passé, horrible et superbe, et l’avenir, menaçant et prometteur. Il y a l’intelligence artificielle, et la stupidité toute naturelle de certain(e)s humain(e)s.

Et il y a ce moment. Celui-ci, non celui-là car l’autre est déjà passé. Ce moment qui passe, toujours, inévitablement, inexorablement. Ce moment qui fuit, toujours. Qui glisse, qui coule et s’écoule dans l’engrenage le grand sablier du temps qui n’existe pas, pas vraiment si on a perdu sa montre surtout, mais qui s’écoule tout de même. Qu’on l’écoute alors ce temps qui passe. Mais faut prendre le temps, et long long d’écouter le chant du temps.

La vie qui coule, passe, s’éclipse. Devant nous, en soi, moi et toi, en chacun(e) de nous. Et nous qui coule avec. Parfois flottant, parfois surfant, parfois nageant à contre-courant.

Je parlais récemment avec des ami(e)s, en préparation d’un voyage à venir, un voyage de groupe qui promet intensité et grandes révélations. Et je disais que malgré la promesse d’une multitude de WOW à venir, la possibilité de l’intensité à venir pouvait aussi s’avérer difficile et ardue à digérer par moments. Car qui ne risque rien ne vit rien right ?

Et je pouvais sentir cette résistance à même seulement évoquer de potentiels passages plus ardus. Afin de ne pas programmer le défi à venir, surtout ne pas le nommer. Ne même pas le considérer.

Pourtant, la vie n’est pas que jardin de roses chose. La vie est aussi parfois dure, ardue, difficile, tough comme le yable. Et on doit apprendre à faire avec. À lui faire face, à la r’garder dans les yeux et parfois même se battre avec. À danser avec ses ombres jusqu’à la lumière. Aussi ça la vie.

Pourtant dans une société en déclin à plusieurs niveaux, dans un environnement bafoué et menacé, dans un monde en guerre en tant d’endroits, où s’affichent sur les réseaux photos de repas opulents, alors qu’une partie de l’humanité n’a même pas le strict minimum à se mettre en bouche ou sous la dent, même pas à boire, et se trouve bombardée à chaque jour, on ne veut surtout pas même évoquer du bout de l’imagination le moins beau, le difficile, l’éprouvant. De peur de l’attirer, de peur de l’attraper, ou se faire attraper.

Mais c’est peut-être justement en se préparant au pire qu’on crée le meilleur. Et comme on dit en anglais: hope for the best but expect the worst. Et quelque part entre les deux, il y a la vie. Avec nous dedans. Et parfois un peu dehors.

Et ici-bas, pour équilibrer la beauté musicale ci-haut, osons tenter de comprendre une facette du moins beau.