Pour ce qui est de l’obscurité croissante dans le monde, elle est relativement facile à observer à l’oeil nu. Même les deux yeux flambant.
Mais pour commencer à voir un bout de lumière, il faut plutôt fermer ses yeux. Et laisser le mental rouler un peu dans le vide.
Car les temps présents sont sombres. Et je ne parle pas seulement de la lumière de ces jours de fin d’octobre et de novembre à venir qui raccourcissent à coup de clins d’oeil ces temps-ci.
L’incertitude généralisée est clairement palpable dans le wifi ambiant.
On sent le monde bouillir, on sent le vent se lever et s’agiter, que ce soit aux plans social, politique, économique ou environnemental, le monde bout, bouille et se brouille.
Il y a de la brouille et de la trouille dans l’air.
Les clivages semblent de plus en plus marqués, ou sont-ce seulement les échos des réseaux et des médias qui amplifient la distortion ?
Car probablement que depuis le début des temps, le monde a toujours semblé aussi près de sa fin que maintenant.
Probablement aussi que l’incertitude et l’imprévisibilité ont toujours été aussi palpables que maintenant.
Mais probablement que depuis le début des temps des esprits humains, les mentaux divers ont toujours été aussi agités, quoique de nos jours les sources de confusion sont plus nombreuses, plus artificielles et plus rapides qu’auparavant. Ce qui peut nous embrouiller notre vision et notre sens de la réalité. Le monde se virtualise.
L’espoir et le désespoir sont un couple indissociable. Comme l’ombre et la lumière. Comme Ti-Gus et Ti-Mousse et Ben & Jerry.
Autant on veut s’élever et espérer, quelque chose en nous semble attiré vers le sombre et vers le bas. La loi de la gravité ?
Peut-être que tout ce que l’on doit faire est de tenter de marier les extrêmes ? Et réaliser que ces deux extrêmes tentent toujours de se rejoindre.
Que le soleil et la lune sont visibles simultanément parfois, que les deux sont toujours là qui veillent, même si les deux semblent alterner. Il et Elle dansent ensemble, toujours dans le même ciel.
On ne connaît pas la suite du monde. Mais le fait de tomber dans le désespoir n’attirera certainement pas davantage la lumière. Utilisons ces temps apparemment sombres pour laisser germer une énergie nouvelle, un repos de l’âme.
Laissons mûrir cette foi qui était auparavant aveugle et un peu juvénile en une foi plus lucide, plus détachée du résultat à venir. Une foi de coeur plus qu’une foi de tête.
Car le mental peut parfois s’emballer, et ce n’est pas toujours un cadeau.
Alors respirons et alimentons la lumière.
___ Le mental commence à se taire quand il voit vraiment à quel point son récit est faux. – Adyashanti
___ Tu veux savoir comment faire ? Déroute-toi ! Ne réagis pas comme d’habitude. Par exemple, laisse ta place ou prends-la. Laisse dire. Juge (puisque tu jugeras) mais sans sentence.
Le silence est un autre nom pour Dieu. La tranquillité est un synonyme de conscience et de paix. Tout se trouve dans le silence et pas tant dans les mots. Vous devriez essayer de demeurez calme aussi longtemps que vous le pouvez. particulièrement quand vous êtes à la maison. Essayez de vous assoir en silence aussi longtemps que vous le pouvez. C’est dans ce silence que vous allez recevoir les messages. C’est dans le silence que la pure conscience peut se révéler à vous. N’ayez jamais peur de vous assoir en silence. C’est votre plus grand atout. – Robert Adams
À part dans la nature, rare sont les occasions et les endroits où l’on trouve du silence. En fait, même dans la nature le silence se fait rare, mais son son y est doux, calme et calmant. Prozac organique.
En nature, le silence s’y clame naturellement, le silence s’y crie tout doucement et inclut tous les sons de la vie qui vit.
Nous ne sommes clairement pas une culture du silence. En fait, de moins en moins le silence a-t-il sa place dans notre monde bruyant et tonitruant de mots divers. Ce monde d’écrans aussi bruyant pour les oreilles que pour les yeux. Monde criard d’opinions et de débats, un monde d’ébats dans tous états de plus en plus désunis.
Certain(e)s parlent à Dieu, mais encore des mots alors que Dieu parle probablement silence, langage universel.
D’autres tentent de l’écouter pour mieux l’entendre nous chuchoter le sens de la vie. Mais pas si simple d’écouter pour entendre. Il faut savoir attendre pour entendre, sinon on imposera un sens su silence.
Nous sommes une culture de mots, ce qui semble provoquer bien des maux. Mots dits, nots souvent mal exprimés, et tout aussi mal interprétés et mal compris.
Les mots sont censés nous rapprocher des autres et de la vie mais bien souvent, ils nous en éloignent, ils nous submergent, tant que souvent l’on s’y noie. Nager dans une mer de mots. Et vogue le navire.
Nous sommes souvent prisonniers des mots et la plupart impuissant(e)s devant et dans le silence. Car devant le silence, et dans le silence, les mots continuent toujours à tourner. Si non exprimés, ils s’évaporent et deviennent pensées. Pensées perpétuelles. Il nous faut donc apprendre à faire taire le mental car là que se situe la shoppe à mots, souvent shoppe à gros maux.
Le silence requiert de la patience, de la pratique et du temps. En fait le silence n’a besoin de rien. Et c’est bien cela qui nous est difficile, car rien c’est quelque chose.
On ne peut tomber en silence immédiatement. Le silence doit se faire. On doit observer les pensées, et permettre au mental de ralentir jusqu’à le laisser s’épuiser. Car le mental est un gobe mots, un mâche mots, mais aussi un générateur à mots ramassés de partout.
On doit peser sur sa pédale d’embrayage du mental – sur sa clutch – et laisser le moteur ralentir lentement, doucement, patiemment. Et observer, et accepter tout ce qui s’y passe, tout ce qui passe par là, en respirant et en sentant, sans juger.
Et se mettre simplement à la disposition de la vie. Et si on cherche des réponses, on ne peut que les trouver dans le silence. Et encore là, on ne peut pas vraiment les trouver, on doit se laisser trouver.
Et il faut aussi apprendre à interpréter – ou pas – le silence car on peut lui faire dire ce que l’on veut à ce dit silence, au non dit. L’écoute est une attitude féminine et passive.
Au fond, il faut simplement apprendre à apprivoiser le silence, à le cultiver. Ce qui requiert temps, patience et présence.
Pour être vraiment présent(e), il faut y mettre toute son attention, se rendre disponible et calmer la shoppe à mots. Car la vie chuchote, toujours. Les messages les plus lourds de sens se trouvent au fond de soi, il faut y descendre.
Les plus grandes expériences de la vie se produisent toujours en silence, dans le silence: le soleil, au lever et au coucher, la lueur de la lune et le scintillement des étoiles, la caresse du vent dans les feuilles, les yeux d’une biche, l’odeur et la brillance d’une fleur.
Le silence se donne à quiconque. Mais on doit prendre le temps et la délicatesse de l’écouter une fois que le mental s’est tu un peu. Car en effet, pour avoir accès au silence, il faut que le mental se soit tu, un peu du moins.
Et amor amor amor le mental.
___ On ne peut pas vider l’esprit en pensant. Seulement par l’observation. ~ Robert Adams
La mort n’est pas l’ennemi, c’est plutôt une vie perdue qui l’est. Sois présent et commence à vivre. – William Mulligan
Je lisais récemment qu’une personne – que je ne connaissais pas mais de qui j’avais entendu parler – était décédée dans son sommeil. Ça doit être le cas de plusieurs personnes à chaque jour. En plus des nombreuses personnes qui meurent dans les guerres, les accidents ou des suites d’une maladie. Toujours plus surprenant quand ça arrive subitement par contre.
Mourir dans son sommeil est en quelque sorte la mort rêvée pour plusieurs. On aimerait s’endormir et oush, sans douleur ne plus se réveiller. Je me souviens d’un ami qui est mort dans son sommeil il y a de nombreuses années. On imagine toujours que cela se fait sans souffrance, mais ce n’est peut-être pas toujours le cas. J’imagine que le passage peut aussi être serré. On m’avait raconté que dans le cas de mon ami, il avait été retrouvé avec du sang dans son lit. Peut-être pas si soft en effet malgré nos souhaits de douceur.
Tout ça pour dire que la mort va arriver à chacun(e) de nous avec certitude. On ne sait pas quand, ni comment, mais on sait que ça va arriver. Même si on aime mieux ne pas trop y penser.
Pourtant on devrait y penser. Les Stoïcien(ne)s, avec l’expression Memento mori qui signifie rappelle-toi que tu vas mourir, nous conseillent de ne pas l’oublier trop longtemps.
À part les quelques personnes qui ont mourru et qui sont revenues, tout le monde parle de la mort à-travers son tombeau. Oh, on a à peu près tous et toutes perdu des proches, que ce soit nos grands-parents et/ou nos parents, ce qui va dans l’ordre des choses, et/ou encore des ami(e)s ou d’autres membres de la famille. Et quand une personnalité connue meurt, ça nous touche tous aussi un peu, même si de plus loin.
Avec les réseaux, on dirait aussi que la mort s’est approchée de nous tous/tes car on l’a sous le nez plus régulièrement qu’avant. On la voit plus. Elle nous surprend plus régulièrement que jadis alors qu’on devait consulter les colonnes nécrologiques des journaux en papier pour la rencontrer.
Mais à mesure qu’on vieillit, elle nous chatouille davantage et de plus en plus concrètement aussi cette mort, qui n’est nulle autre que notre mort.
Car lorsqu’on est jeunes, en particulier quand on élève des enfants, on ne veut surtout pas penser à la mort. Ce n’est pas notre job à ce moment de la vie, encore moins notre priorité. On est trop occupé(e)s à prendre soin de la nouvelle pousse, à soutenir la vie, à tutorer. Même si ça arrive malgré tout que certains jeunes parents quittent avant la date prévue.
L’idée avec notre mort à venir consiste à l’utiliser pour nous rappeler de vivre totalement, complètement, passionnément. De s’investir dans tout ce que l’on fait, de faire surtout ce que l’on aime, ou de faire ce que l’on doit faire avec tout notre coeur.
Sinon penser à changer de cap. Dans la mesure du possible, car parfois dans la vie, on doit être raisonnable et faire ce que doit, surtout quand on a des obligations familiales.
Intéressantes ces jours-ci toutes ces discussions sur l’aide médicale à mourir. Ça soulève les passions, les craintes et les débats. Mais très possible que le système actuel ne puisse plus permettre à tous et toutes de vivre aussi longtemps qu’on le pourrait, en terme de qualité de vie, surtout s’ils et elles ne le veulent plus. Sans pousser personne vers la porte de sortie de façon prématurée non plus évidemment.
Certain(e)s attendent ou espèrent la mort du corps pour les libérer d’une contrainte physique, ou autre, et on doit regarder comment on va s’arranger en tant que société pour permettre qu’on puisse le faire de façon respectueuse et légale. On en parle.
J’aime l’image des vieux africain(e)s qui vont s’assoir et/ou se coucher dans le désert et qui se laissent recouvrir par la sable soufflé par le vent jusqu’à disparaître.
Mais avant la grande disparition, et le grand retour à nos sources, vivons, vivons.
Vivons à mort.
___ En quittant ce monde, chacun de vous ira vivre dans les régions vers lesquelles il a pendant toute sa vie dirigé ses désirs. Si vos désirs étaient très élevés, vous irez dans les régions de la lumière, mais s’ils étaient vils, bas, vous irez rejoindre des régions où il y a absence de lumière. De la bonne compréhension de cette loi dépend votre destinée. Si certains parmi vous ne demandent que l’intelligence, ou l’amour, ou la beauté, qu’ils soient absolument sûrs qu’aucune force ne sera capable de les empêcher de rejoindre cette région à laquelle aspire leur cœur. Croyant qu’il n’y a pas d’autre vie que la vie terrestre, les humains se permettent toutes sortes d’actions malhonnêtes et criminelles pour satisfaire leurs convoitises, et ils pensent qu’avec leurs ruses et leurs calculs ils se débrouillent bien. La réalité, c’est qu’ils se trompent bien, et à cause de leur ignorance ils se préparent souvent de terribles souffrances dans l’autre monde.
Quand tu entends l’expression «plus haut», penses en terme de «plus profond». Plus haut est la conscience et plus profondément elle peut percevoir. Ceci est le paradoxe: plus haut se situe quelque chose, et plus profondément cela peut aller. – Sarah Elkhaldy
Tout le monde veut aller au ciel, atteindre de hautes sphères, s’élever toujours plus haut, flyer high high high.
Mais très peu parmi nous veulent vraiment aller au fond des choses, ces choses étant nos propres zones d’ombre et nos racoins intérieurs insoupçonnés et inconfortables, mais à visiter inévitablement car la vie s’en chargera.
As above so below disent certains anglos.
Car la vie est ainsi faite on dirait, autant d’ombre que de lumière, autant que de sombre que de lumineux. Parait que l’un ne va pas seulement sans l’autre, parait même qu’ils vont très bien ensemble, comme Michelle et ma belle des Bitels 😉 Ils vont toujours ensemble. Beau ptit couple.
Pourtant, selon Jung, le fait de connaître sa propre noirceur constitue la meilleure façon pour «dealer» aves les noirceurs d’autrui. Car lorsqu’on sait que nos noirceurs ne sont qu’inconsciences cherchant la lumière, on peut regarder le monde de la même manière. Le monde se cherche.
Meme noir et blanc à l’appui 😉
On regarde la guerre sévir un peu partout sur la planète, et les tensions qui y sont liées, tensions qu’on peut ressentir jusqu’en soi si on fait silence un tant soit peu et qu’on prend le temps et le soin de ressentir, et peut-être qu’au fond, ces tensions ne sont que similaires au nôtre. Peut-être que les tensions du monde ne font que résonner en soi-même.
Que ce soit deux peuples qui se battent depuis des millénaires pour un bout de terre sacré, ou pour une certaine vision de Dieu, ou de la vie, pour imposer sa différence, pour des ressources naturelles quelconque, ce sont toujours deux partie en chamaille l’une avec l’autre. Comme il en existe en chacun(e) de nous peut-être.
Les deux camps sont persuadés d’avoir raison, ou affirment simplement devoir se défendre devant l’agression de l’autre partie en cause. Et on ferait probablement de même devant l’adversité.
Mais y-a-til des causes justes ? Grande question. Il y a cependant certains faits.
Au bout du compte, on ne saisira jamais la vérité ni la paix en regardant en dehors de soi, en mettant l’emphase sur le monde entier et ses manifestations diverses et en essayant de comprendre et de faire sens de toute ces folies humaines.
La paix passe inévitablement par soi-même en premier lieu. Et ensuite, ce regard plus lucide portera sa propre lumière sur le monde. Avec acceptation, avec compréhension, avec un certain détachement. Ce qui n’empêche pas de ressentir de l’empathie pour les populations impliquées, les enfants tout spécialement. Au contraire. Et de faire le bien autour de soi, à notre humble et relative mesure.
Sois un témoin et non un(e) juge. Met l’emphase sur toi et non sur autrui. Écoute ton coeur et non la foule. – Rumi
Bien sûr que l’on vit dans le monde et qu’on doit savoir minimalement ce qui s’y passe. Bien sûr que des choses étonnantes et questionnantes se déroulent ailleurs, devant certaines caméras qui en rapportent une partie à nos yeux et à nos sens. Et encore là, selon nos sources, notre vision du monde sera différente, biaisée, limitée.
Mais au bout du compte, la vraie job de bras consiste à oser regarder en soi-même ce qui teinte et déforme notre vision du monde. Oser prendre note de ses propres angles morts, de nos jugements, de nos prétendues certitudes et autres biais de regard et d’observation.
Et voir ce qui, à l’extérieur, déclenche quelque chose de semblable à l’intérieur. Toute cette guerre et ces conflits ne sont peut-être au fond que nos propres conflits internes qui se reflètent à l’extérieur de soi.
Les réseaux asociaux, devenus souvent un champ de bataille, nous le démontrent bien par une certaine guerre de mots qui émanent de et génèrent encore plus de maux. Les mots peuvent se transformer en armes de destruction émotive et cognitive. Autant pour celui et celle qui les reçoit que celui et celle qui les émets.
Maux dits le monde.
___ Une fois que vous êtes éveillé, vous ne pouvez pas trouver une personne qui ne l’est pas. Non pas que tout le monde devienne éveillé, mais si je regarde en vous, je ne peux rien voir d’autre – vous êtes éveillé. C’est pourquoi je continue à dire que vous êtes tous des bouddhas. La bouddhéité est votre nature intrinsèque. Le jour où j’ai regardé en moi-même, ce jour-là même, le monde entier s’est éveillé à mes yeux. Vous êtes peut-être perplexe : je peux voir votre confusion. Vous êtes peut-être perplexe au sujet de vos propres trésors. Vous n’en êtes peut-être pas conscient, mais je peux voir : vous portez le plus grand trésor de la vie. Vous portez un Dieu en vous. Vous l’avez peut-être complètement oublié. Vous avez peut-être complètement oublié le chemin du retour, mais il est toujours là. Qui que vous soyez, vous trouverez le monde exactement le même. Vous continuez à vous retrouver dans le monde encore et encore. Le monde est un miroir. Si vous êtes éveillé, vous êtes entouré d’êtres éveillés. Il n’y a pas d’autre chemin. Vous êtes entouré d’un univers éveillé. L’existence entière, les rochers et les rivières, les océans et les étoiles, tous sont des êtres éclairés. Cela dépend de vous. Là où vous êtes, vous créez votre monde. Si vous êtes malheureux, vous vivez dans un monde malheureux. Si vous êtes éclairé, vous vivez dans un monde éclairé. Si votre énergie est en fête intérieure, le tout devient une symphonie de célébration. Vous êtes le monde. ~ Osho
Et de goûter, sentir, ressentir, entendre, voir, imaginer, pouvoir bouger… et par-dessus tout, de vivre en paix.
Car tant de gens n’ont pas ces privilèges.
Ni à boire, ni à manger, ni même d’endroits pour simplement se réfugier et fuir les menaces.
D’autres transportent des monstres dans leur tête et ne peuvent rien apprécier.
Et d’autres encore courent toujours après plus, de plus en plus, sans fin ni satisfaction.
Nous, nous avons le luxe de vivre en paix, d’avoir un toit, assez à manger et à boire, d’avoir des ami(e)s et des gens à aimer et qui nous aiment et nous apprécient.
Pour tout cela, encore merci.
Et peut-être que la seule chose à faire pour montrer notre appréciation consiste à faire en sorte que tout le monde tendent vers la même chose, en commençant par des simples et petits gestes, notamment d’être bienveillant(e)s envers quiconque nous rencontrons. En commençant pas soi-même bien sûr.
___ Un jour, mon grand-père m’a remis un sac de grain en pleine nuit. Il m’a dit : Boucar, va déposer ce sac devant la maison des voisins qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Le monsieur avait douze enfants. Et quand j’ai demandé à grand-papa pourquoi il ne pouvait pas donner le sac directement à ces gens-là. Il m’a dit : Boucar on ne peut pas faire ça. Celui qui veut venir en aide à quelqu’un doit attendre la nuit et déposer ce qu’il peut devant sa maison.
De ce fait quand ces gens-là se réveillent, ils ramassent discrètement le cadeau, mais ignorent l’identité de ce bienfaiteur et le lendemain lorsqu’ils se promènent dans le village, chaque personne qu’ils croisent devient le bienfaiteur potentiel.
C’est de cette façon qu’on tisse les liens et cultive la solidarité sans enlever leur dignité. Ça, c’est mon grand-père qui enseignait ça…
100 ans d’éducation n’est rien comparé à un moment passé avec Dieu. – Rumi
Il suffit de définir Dieu maintenant 😉
Et ça c’est du chacun(e) pour soi, une inside job. Ou plus de Soi du tout, et que le Tout. Qu’un total Oui à tout ce qui est, comme à tout ce qui n’est pas, ou qui n’est plus.
Mais globalement, ces mots pourraient bien éclairer ce meme:
Le simple fait d’acquérir des informations et de connaître des choses peut créer de grands obstacles. Remplir le mental de plus d’idées, de pensées et de concepts ne fait qu’obscurcir la simple brillance de ce qui est déjà là. – Lawrence Grecco
Alors, le but consiste probablement à retrouver cette brillance initiale, cette pure étincelle de vie qui vit encore en chacun(e) de nous, ce qui nous a fait prendre corps, encore, ce qui nous a amené/ramené ici, ce qui a fait en sorte que cette âme à laquelle nous nous identifions ait été jumelée à ce corps qui voit, sent, entend, dit et perçoit.
Là où sont les sens de la vie, en nous. Dans sa plus pure simplicité.
Ainsi, peut-être qu’il n’y a nulle part où s’en aller, rien à atteindre, rien à comprendre, peut-être qu’on doit simplement revenir à la maison.
Défaire les bagages, larguer le trop compliqué, le trop lourd et le trop plein, s’alléger, faire confiance et s’en remettre à la vie, ce que certain(e)s nomment Dieu, le Grand Esprit, l’Existence, la Grande Sagesse, ou le néant.
Simple non ? Oui, en effet, souvent les choses les plus simples qui sont les plus compliquées. Mais on a toute une vie pour se pratiquer.
Et la vie est une chanson.
___
We are coming home / safely coming home Nous rentrons à la maison en toute sécurité
We are coming home / sweet home again Nous rentrons à nouveau à la maison, notre douce maison
As we are approaching, getting closer and closer À mesure que nous approchons, nous nous rapprochons de plus en plus
We all have to leave our luggage behind Nous devons tous laisser nos bagages derrière nous
As we’re getting nearer, getting lighter and lighter À mesure que nous nous rapprochons, nous devenons de plus en plus légers
We’re finding our way back home again Nous retrouvons le chemin vers la maison
Para sempre home again para sempre home again Pour toujours, à la maison à nouveau, Pour toujours à la maison, de retour Pour toujours à la maison, encore
Si vous voulez éveiller toute l’humanité, alors éveillez-vous entièrement, Si vous voulez éliminer la souffrance dans le monde, alors éliminez tout ce qui est sombre et négatif en vous. En vérité, le plus grand cadeau que vous puissiez offrir est celui de votre propre transformation. ~ Lao Tseu
Souvent on aimerait pouvoir changer le monde.
Régler tous les problèmes sociaux, mettre fin aux guerres, éliminer la famine, la violence et les injustices, faire comprendre, des Talibans aux gangs armées en Haïti, qu’ils doivent respecter les femmes et filles comme leurs semblables.
On aimerait aussi, pour le bien de la terre, éliminer toute trace de pollution et lui porter respect et appréciation pour tous ses fruits.
Et tant d’autres choses que l’on voudrait faire.
Mais on ne bénéficie – malheureusement ou heureusement, c’est selon – pas d’un tel pouvoir. Tout ce que l’on peut faire c’est changer notre perception du monde, et faire de bonnes actions autour de soi. C’est tout ce que l’on peut faire. Pour le moment, pour commencer du moins. Car parfois, les bonnes petites actions peuvent devenir grandes. Et si nous sommes plusieurs à s’y mettre, qui sait.
Difficile d’accepter le monde tel qu’il est. Mais si on s’arrête un peu, on réalise que LE monde n’existe pas, ce monde que l’on aime imaginer.
Il n’y a que des mondes. Le nôtre, et les autres.
Des milliards de réalités différentes co-existant les unes avec les autres, parfois s’entrechoquant, au sein de la même grande trame matérielle, qu’elle soit humaine, minérale, animale, végétale ou éthérique. Naturelle ou même de plus en plus artificielle désormais. Intelligente ou pas, ou plus ou moins.
La vie qui semble se dérouler devant soi prend-elle réellement place devant soi ou ne fait-elle que se passer dans nos yeux et non devant ? De la vie hors de nos perceptions ? Qu’elles soient mentales ou émotives.
La question se pose, mais n’est pas reposante et ne se dépose pas si facilement. En fait, toute réponse à cette question est fuyante. Comme si dès qu’on tentait de la saisir, elle nous coulait entre les doigts, elle glissait hors de notre portée, de notre contrôle.
Parlant contrôle, une telle chose existe-t-elle ?
A-t-on réellement le moindre contrôle sur quoi que ce soit ?
Belle balloune que celle-ci.
Oh, on pense qu’aimerait bien l’avoir ce prétendu contrôle. Mais il vient avec une telle charge de responsabilité qu’on préfère bien souvent le déléguer à autrui. On se plaint des politicien(ne)s mais très peu d’entre nous ferait cette job plus qu’ingrate, devenue même quasi masochistique. On se plaint aussi des marchands d’armes qui nourrissent les guerres mais quel contre-pouvoir peut-on leur opposer ? On voudrait protéger l’environnement mais comment empêcher cette folle pollution galopante ?
On ne peut même pas arrêter notre mental de tourner, spinner ni de s’emballer. Alors quant à calmer le monde, on repassera. Ou du moins commençons par semer un peu plus de paix en soi tout d’abord car comment revendiquer la paix dans le monde quand on ne la porte même pas en soi ?
Alors vivons notre vie totalement et simplement, assumons notre petite vie ordinaire au quotidien, dans toutes les petites actions simples et banales de cette vie au quotidien. En y insufflant présence, conscience et cohérence. En prenant le temps de ne faire qu’une chose à la fois, mais en la faisant bien, en la faisant pour le bien du plus grand nombre.
Et ci-bas, quelques perles du collier de mots.
___ Ce ne sont pas des contenus qu’il faut transmettre. Les Dieux se rient de nos théories. C’est une manière intense d’être. Ce qui manque le plus à notre vie d’aujourd’hui, c’est cette intensité surgie de l’intérieur. C’est dans la rencontre de personnes vivantes qu’on en donne le goût. Chacun est dans une telle richesse ! Mais il faut que cette richesse soit réveillée. La transmission, c’est cette attention portée à un autre qui fait qu’en lui surgit le meilleur de lui-même. – Christiane Singer
___ (…) la réponse est très simple, c’est que nous n’avons que ça. Nous n’avons que la vie la plus pauvre, la plus ordinaire, la plus banale. Nous n’avons, en vérité, que cela. De temps en temps, parce que nous sommes dans un âge plus jeune, ou parce que la fortune, les bonnes faveurs du monde, viennent à nous, nous revêtons un manteau de puissance et nous nous moquons de cette soi-disant « mièvrerie ». Mais le manteau de puissance va glisser de nos épaules tôt ou tard. Non, je ne suis pas mièvre. Je parle de l’essentiel, tout simplement. Et l’essentiel, c’est la vie la plus nue, la plus rude, elle qui nous reste, quand tout le reste nous a été enlevé. Je vais à l’essentiel. Je ne fais pas l’apologie de quelque chose qui serait simplet. – Christian Bobin
___ L’acte méchant est un transfert sur autrui de la dégradation qu’on porte en soi. – Simone Weil
___ Tu sais vivre quand, bien que vivant dans ce monde compliqué, tu restes simple, bien que vivant dans ce monde injuste, tu restes juste, même en vivant dans ce monde malhonnête, tu restes honnête. Mais surtout, tu sais comment vivre lorsque, dans ce monde sans amour, tu parviens encore à aimer. – Charlie Chaplin
___ La nuit tombe vite dans notre monde… Quelles graines d’espoir et de nouvelle vie pouvons-nous planter en ce moment, alors que nous apprenons à jardiner dans l’obscurité qui le couvre ? Il s’agit de faire notre chemin à travers les moments les plus sombres, en étant jardinier, plantant des graines pour soulager les peurs et encourager les rêves, en utilisant un humour scandaleux pour alléger la charge. – J O E L • E L K E S
Demeure «enseignable», tu n’as pas toujours raison.
Restons mou, molle, curieux/se, ouvert(e).
Et continuons de vouloirs apprendre.
Gardons une ouverture d’esprit comme disposition fondamentale car il parait que le mental, c’est comme un parachute, ça marche mieux quand c’est ouvert.
Et ça prévient aussi les vilaines chutes comme de ne pas se faire trop mal en tombant trop vite sur du trop dur.
Restons enseignables car nous sommes né(e)s étudiant(e)s et nous mourrons étudiant(e)s. La vie n’est qu’une grande leçon dans laquelle on ne fait que notre devoir d’apprentissage et peut-être qu’on passe l’examen final au moment de la mort. Qui mourra verra mais en attendant, qui vivra apprendra.
On ne sait jamais rien mais on peut toujours tout apprendre.
Soyez toujours conscient de votre attitude de supériorité. Le sentiment de supériorité constitue votre meilleur indice que vous êtes tombé(e)s dans un trappe de l’égo. L’égo aime revenir par la porte d’en arrière. Il prendra une idée noble, telle que faire du yoga (ou encore être végane), et la twistera à sa propre fin pour vous faire sentir supérieur; puis vous regarderez ensuite de haut les autres qui ne partageront pas la même pratique spirituelle. Supériorité, jugement et condamnation sont des signes des trappes de l’égo.
De toute façon, la vie est la Grande Enseignante, de toutes les façons possibles.
___ Récemment, j’ai été submergée par des sentiments d’incertitude quant à ce que je faisais, ce qui arrive assez souvent. Cela s’est mêlé à des moments de silence et d’ouverture exquis, et parfois à un profond sentiment de la présence chaleureuse, pleine et rayonnante de Dieu.
Puis d’autres moments où je me suis sentie déprimée et perdue, où je perdais mon sang-froid, où je ressentais de la colère et de la frustration, et en dessous de cela, une peur profonde et primitive s’est révélée, la peur d’être en vie en tant que ce corps-esprit totalement vulnérable, une peur sans doute provoquée en partie par de multiples nouvelles fractures aiguës de la colonne vertébrale et des douleurs au dos.
J’ai senti à quel point ce corps est parfois tendu, comme un mur de briques entre moi et tout le reste – puis en prenant conscience, en ressentant et en révélant tout cela à un ami qui m’écoute, le mur fond et tout s’ouvre et se dissout. J’ai également eu de profonds sanglots sans contenu, tant dans la vie éveillée que dans mes rêves.
J’ai récemment reçu un courriel m’invitant à participer à une étude universitaire sur l’éveil et la libération. Ils disent qu’ils m’ont identifié comme « l’un des enseignants/auteurs/commentateurs spirituels les plus « avancés » qu’ils connaissent. Avancé ? Je ne me sens pas avancé. Je me sens incertain. Sans aucune idée. Trébuchant dans les ronces, perdu dans les mauvaises herbes, retombant dans les mêmes trous encore et encore.
Je suis en résonance avec le christianisme à un moment, avec la non-dualité radicale à l’instant suivant, et avec rien du tout à l’instant d’après. Libéré ? Éveillé ? Ces mots ressemblent à du charabia. Que veulent-ils dire ? Qu’est-ce que je veux offrir dans mes écrits et mes réunions ? De quoi parle cette vie ? Des idées contradictoires semblent m’attirer dans un sens et dans l’autre dans une cacophonie de bruits imaginaires.
Puis, pendant un moment, tout s’arrête. Il n’y a que le bruit de l’avion qui passe au-dessus, juste ce bruit, rien d’autre. Pas moi, pas de problème. Juste ça !
Et puis aujourd’hui, d’une certaine manière, tout cela se réunit – le christianisme, l’Advaita, le bouddhisme, la non-dualité radicale, être perdu, être retrouvé – et rien de tout cela ne semble être un problème à résoudre. Comme je l’ai dit à un ami cher plus tôt dans la journée, « la vie ces derniers temps a été pleine et vide et merveilleuse et confuse et joyeuse et sombre et humaine et divine ». Et toujours, juste ça !
C’est toujours la première fois. Avec tout.
Joan Tollifson
___ En quoi pourrais-je avoir confiance si je n’ai pas confiance en la vie ?
Je n’ai pas besoin de comprendre, d’accepter ou de m’abandonner.
Tant que je me souviens
Que le même monde
Qui m’a créé
A créé cela que je repousse.
Que ce monde dont l’amour.
Chante jusqu’au plus profond,
Au plus bas de mon ventre
A cru bon de me donner pour frères et sœurs
Tout ce qui est.
Oui : La maladie, la guerre,
La paix, l’amour,
La naissance,
La mort
Sont ma famille.
Non, je ne comprends pas toujours –
Non, je ne suis pas toujours d’accord –
Mais,
De plus en plus,
Je sens renaître en moi
La confiance du nouveau-né.
Je m’endors,
Je m’éveille
Dans les bras du monde.
Même dans les douleurs : je suis bercé par la vie.
La façon d’apprécier quoi que ce soit consiste à réaliser que ça peut être perdu. – Gilbert K. Chesterton
En fait, nous perdrons tout éventuellement. Les gens, les choses, les mood que nous vivons. Car tout passe, tout va et vient, et parfois revient. Mais toujours tout s’en va. Pour toujours. À tout jamais.
Le grand privilège que nous avons de vivre en ce moment même dans le confort de nos vies modernes, dans un pays en paix, ne durera probablement pas toujours tel que maintenant. Apprécions-le maintenant. Car tout change, tout passe. Et quand nous aurons autre chose à vivre, on le vivra bien. Du moins, du mieux que l’on peut.
Comme on dit, il n’y a que le changement qui soit permanent.
Parfois on a peur de perdre quelque chose, ou quelqu’un. Ou l’amour qui passe pour le moment pendant lequel il passe. Et cette peur d’avoir peur nous fait perdre sur le coup ce que nous avons éventuellement peur de perdre. Pas besoin d’attendre, le seul fait d’avoir peur de peur nous le fait perdre. Facile non ?
Non, en effet, pas facile d’arrêter d’avoir peur.
Car la peur est irrationnelle, souvent abstraite, une pensée, une appréhension.
On nait les mains, la tête et le coeur vides. Et on repartira avec rien d’autre. Peut-être seulement avec au coeur et à l’âme l’amour que l’on aura donné. Alors que peut-on perdre durant cette vie ?
On dit que la seule façon de posséder quelque chose pour toujours consiste à le donner à tout jamais, à le laisser aller pour toujours.
Et que tout ce que l’on ne donne pas, on le perd pour toujours, à tout jamais.
À réfléchir.
___ Quand tu réalises que ta vie n’est qu’une création de toi-même, par toi-même, tu acceptes le fait que tu te fais mal, que tu te fais peur, que tu joues au chat et à la souris.
Tu t’amuses à te cacher, à avoir peur de tes propres jeux de rôles, d’ombres.
Mais tu n’es pas prêt.e à le voir en face : tu te juges !
Tu as peur de souffrir davantage en voyant que c’est toi qui crées ta souffrance !
Alors je vais te poser la question : pourquoi as-tu peur de tant souffrir ?
Que représente pour toi la souffrance pour qu’elle fasse autant partie de ta réalité ?
– MON DIALOGUE AVEC LA SOURCE
___ Quand on parle d’éveil, cela signifie déshypnotiser, revenir à la raison. Mais bien sûr pour faire ça, il faut devenir fou.