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STATUT: HUMAIN

Connais toutes les théories, maîtrise toutes les techniques, mais lorsque tu touches à une âme humaine, ne soir qu’une âme humaine. – Jung

Beaucoup – trop ? – de mots pour tenter d’expliquer, pour justifier, pour convaincre. Les réseaux ont fait pulluler les mots, comme les images et les slogans. Les réseaux ont fait naître et apparaître beaucoup de prétendu(e)s sages. Des gens qui savent, qui gens qui montrent, qui nous enseignent. Des Ti-Jos connaissants virtuels.

Si les théories nous intéressent, sure, étudions, apprenons, lisons. Si on veut apprendre certaines techniques, oui oui, apprenons, découvrons. Mais pas besoin d’essayer d’imposer nos nouvelles connaissances et acquis récents à tout le monde. Pas besoin de montrer le chemin.

Que tu aies récemment découvert Jésus dans ta vie, que tu trouves une sagesse dans une religion ou une philosophie particulière, que tu fasses du sport et que ça t’allumes, good for you, mais n’essaie pas de pousser ta nouvelle découverte dans la gorge de quiconque. Si les gens sont intéressés, ils vont te checker aller.

En ces temps questionnants, je perçois un regain nouveau pour la religion, comme pour certaines autres voies initiatiques. En temps de crise, on a besoin de sens, besoin de réponses à nos questions fondamentales.

Pour certains c’est Jésus et la bible, pour d’autres c’est le yoga, d’autres encore partent en voyage initiatique. Et avec les réseaux, ça se retrouve souvent dans nos écrans. Comme un besoin de montrer, de partager, d’imposer, de shower off. Pas besoin de laisser savoir au monde que ta découverte est la meilleure.

Car au-delà de ce qui nous distingue, n’oublions pas notre humanité commune, qui n’a pas à se montrer, à se comparer, ni à être exhibée. La simplicité se vit au quotidien, dans les plus petits gestes, dans l’intimité, en vase plus clos que gros que ceux des réseaux sociaux trop grand ouverts qui dévoilent tout, qui dévoile trop, qui nous déshabille l’âme et ne laisse rien à découvrir.

Restons habillé(e)s socialement. Restons simples et tout simplement low profile.

Si tu viens de découvrir Jésus et la Bible, pas besoin d’essayer de convaincre tout le monde qu’il est la seule voie de salut. Il est peut-être la voie pour toi et c’est parfait ainsi. Pas besoin de partir en croisade. De toute façon ça a été déjà fait en masse en son nom depuis une couple de milliers d’années, avec les résultats que l’on connait. Il en existe des milliers comme lui de par le monde, avec d’autres noms, mais un message similaire.

Si une certaine technique fonctionne pour toi, tu peux bien en parler à quelques ami(e)s si le coeur t’en dit, mais n’essaie de nous convaincre que c’est la meilleure affaire ever dans tout l’univers. Ça peut l’être pour toi et c’est OK. Par ton comportement, par ta vibe, les gens vont le sentir et iront vers toi s’ils et elles sont se sentent attiré(e)s.

Je perçois cette tendance à prêcher chez certain(e)s qui viennent de redécouvrir une nouvelle inspiration ces temps-ci, qu’elle soit religieuse ou autre. C’est humain et naturel de vouloir partager nos coups de coeur avec ceux et celles qu’on aime.

Mais n’oublions pas l’humilité, la simplicité, l’ordinarité de notre humanité. Ne perdons pas de vue notre plus petit dénominateur commun, notre humanité partagée. Chacun(e) son rôle à jouer, pas un plus important que les autres. Nous avons tous et toutes nos défis à affronter et nos laçons à apprendre, ceci est juste et bon, un point c’est tout. Aimons-nous soi-même et les un(e)s les autres, peu importe nos croyances et nos convictions.

Nous sommes simplement uniques, comme tout le monde. Ni plus, ni moins. Mais notre humanité partagée est ce qui nous relie, ce qui nous unit. Ne nous perdons pas dans les détails, restons dans le général, dans le coeur humain. Restons des âmes humaines.

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Bayazid, un mystique soufi, a écrit dans son autobiographie :

« Quand j’étais jeune, je pensais et je disais à Dieu, et dans toutes mes prières, c’était la base: « Donne-moi l’énergie pour que je puisse changer le monde entier. »
Tout le monde me semblait mauvais. J’étais un révolutionnaire et je voulais changer la face de la terre.

« Quand je suis devenu un peu plus mature, j’ai commencé à prier : « Cela semble être trop. La vie m’échappe – presque la moitié de ma vie est partie et je n’ai pas changé une seule personne, et le monde entier est trop. » Alors j’ai dit à Dieu : « Ma famille suffira. Laisse-moi changer ma famille. »

« Et quand je suis devenu vieux », dit Bayazid, « j’ai réalisé que même la famille est trop, et qui suis-je pour la changer ? Alors j’ai réalisé que si je pouvais me changer moi-même, ce serait suffisant, plus que suffisant. J’ai prié Dieu : « Maintenant, je suis arrivé au bon point. Laisse-moi au moins faire ceci : je voudrais me changer. »

« Dieu répondit : « Maintenant, il n’y a plus de temps. C’est ce que tu aurais dû demander au début. C’était alors une possibilité. »

NOBLESSE ET RICHESSE INTÉRIEURES

La noblesse d’une personne n’est pas la fortune acquise, mais son intégrité et sa capacité d’affecter positivement les gens autour d’elle.
– Bob Marley

Ah la richesse. Que ça en fait rêver certain(e)s. Ça donne l’impression de nous remplir l’intérieur, ça donne une impression de sécurité. Mais avec les grosses pluies ou les feux de forêt, qui semblent frapper plus qu’avant malgré ce que certains en pensent ou en disent, on voit qu’il est possible de perdre toutes nos possessions assez rapidement. Douloureux de constater que tant de gens perdent tout. Compassion vers eux et elles. Et vers ceux qui n’ont rien.

Si certains rêvent et fantasment parfois aux grandes richesses, la plupart d’entre nous avons plus en commun avec les sans-abris qu’avec les plus riches.

Avec le coût des maisons et des loyers ces temps-ci, plusieurs se retrouvent à la rue, même en travaillant à temps plein. L’achat d’une maison est devenu un projet de plus en plus difficilement réalisable pour les jeunes. Et la plupart de nous sommes plus vulnérables que jamais auparavant en ce sens. D’un bien essentiel, les maisons sont devenues une source de revenus. Drôle de monde.

Mais comme le dit Bob Marley ci-haut : La noblesse d’une personne n’est pas la fortune acquise, mais son intégrité et sa capacité d’affecter positivement les gens autour d’elle. De toute façon, on perdra tout ce que l’on pense posséder. Et on dit aussi que les seules choses que l’on gardera pour toujours sont celles que nous avons partagées et données.

La vraie richesse est en soi, il nous faut rebrousser chemin et arrêter de chercher à l’extérieur. Replonger en soi et chercher le trésor. Une fable dit qu’alors que les humain(e)s cherchent partout les yeux ouverts à la recherche du bonheur, le vrai trésor se trouve juste ici, caché en notre propre coeur.

Si la première moitié de notre vie consiste à faire sa place dans le monde, en se construisant une forte personnalité, la seconde implique un lâcher prise, un laisser aller et le retour à la source, aux vraies valeurs.

De toute façon, la richesse des riches, si elle est matérielle et très souvent que bling bling, est temporaire et perdable, et repose bien souvent sur le travail des moins bien nantis. Et si les moins bien nantis ne produisaient pas la nourriture, les riches n’auraient que leur argent à manger.

Comme on dit aussi, certains sont si pauvres qu’ils n’ont que leur argent. et malgré les fortunes, plus personne n’aura de planète quand on en aura squeezé tout le jus malgré tous nos doux bidous. Malgré les îles privées et les bunkers et forteresses sous-terrains.

La richesse ? Elle se porte au coeur.

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Il arrive presque toujours que les personnes les plus riches du monde soient les plus pauvres en ce qui concerne leur être intérieur.

Il n’est pas si difficile de trouver un homme pauvre qui a une âme riche, mais il est très très difficile de trouver un homme riche qui a une âme riche.
Pourquoi cela arrive-t-il ?
Parce que c’est la même énergie.
Vous pouvez vous procurer les richesses intérieures ou les richesses extérieures.
Vous n’avez qu’une certaine quantité d’énergie ; vous pouvez vous procurez ce que vous choisissez. Mais les richesses extérieures ne prouvent pas la richesse.
Elles vous seront enlevées, et avec elles toute l’énergie s’en va à la poubelle.
Les richesses intérieures ne vous seront jamais enlevées – personne ne peut les enlever, même la mort ne peut vous les retirer.

– Osho

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La première chose à retenir est que la conscience ne se perd jamais, elle fait partie de votre nature, mais vous pouvez la concentrer vers ce que vous voulez.

Lorsque vous en avez assez de vous concentrer sur l’argent, le pouvoir, le prestige, et que ce grand moment arrive dans votre vie où vous voulez fermer les yeux et concentrer votre conscience sur sa propre source, sur sa provenance, sur ses racines, en une fraction de seconde, votre vie est transformée.

Et ne demandez pas quelles sont les étapes; il n’y en a qu’une. Le processus est très simple. Il n’y a qu’une seule étape : c’est se tourner vers l’intérieur.

– Osho

PARDONNONS-NOUS NOS OFFENSES

Développez l’habitude de ne pas continuer à voir les autres en fonction de leurs actions passées. Quand quelqu’un travaille fort pour changer et devenir une meilleure personne, faites l’effort de les percevoir en tant que cette personne en changement.

Nous sommes des êtres en changement. Parfois plus tent que voulu.

Nous sommes d’éternel(le)s étudiant(e)s. Mais seulement si on fait l’effort de conserver notre coeur d’étudiant(e), de garder nos yeux frais et de continuer à voir la vie et les gens pour qui ils et elles sont sont dans le moment, et non selon ce que l’on se souvient de ce qu’ils et elles ont été.

Nous avons beau avoir fait des erreurs dans le passé, possible qu’on ait appris de ces dites erreurs. On le souhaite. Souvent la meilleure, sinon la seule, façon d’apprendre quoi que ce soit. Plus concrètes les leçons en chair que celles dans les livres.

Personne n’est parfait et j’aime croire que nous faisons tous et toutes du mieux que nous pouvons en ce bas monde. Car up there, dans notre tête et dans l’astral, tout est parfait. Mais ici bas que la job reste à faire.

Dans le cadre de nos cérémonies, nous récitons les prières de notre enfance et personnellement, la phrase qui me travaille le plus au corps est: pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé.

Moi qui est rancunier de nature, par défaut et par vieille habitude, à chaque fois que je prononce ces mots, je tique et ça fait tac et toc. Et je réalise qu’en mettant la volonté et en faisant l’effort de pardonner aux autres, je me permets de me pardonner moi-même, de me pardonner à moi-même.

Une autre prière consiste à demander pardon pour toute action que nous avons commis et qui aurait pu offenser qui que ce soit sans qu’on s’en soit rendu compte. Car souvent on blesse autrui sans s’en rendre compte. En fait, la plupart du temps on blesse autrui sans s’en rendre compte. Rare qu’on veuille blesser intentionnellement, quoi que nous sommes de drôles de bêtes parfois.

Tout un défi de continuellement rafraîchir son regard pour voir le monde tel qu’il est dans l’instant, pour oublier notre vieille perception de ce qui a jadis été pour voir ce qui est. Car seul ce qui est, et non ce qui a été, peut ouvrir la porte à ce qui sera. Et patati et patata.

Nous sommes des êtres perfectibles, perfectionnables. Nous tendons à devenir meilleur(e)s. Pas meilleur(e) qu’autrui, meilleur(e)s que soi, meilleurs que ce que l’on a déjà été. Pour faire mieux que ce l’on a déjà fait. Et ainsi devenir plus paisible, plus juste dans le moment.

Je ne sais pas si la justice existe, mais la justesse si. Pour moi du moins. Quand je suis aligné avec ce qui sonne et résonne juste pour moi dans l’instant, quand j’écoute et je sens, tout se place d’un coup. Tout s’aligne, tout est accepté, même ce qui me dérange.

Ici maintenant est un cliché, mais il est le seul qui existe dans l’instant. Alors réfugions-y nous. Et upgradons-nous, nous et notre regard pour voir l’instantanéité de la vie qui passe, ici où tout se passe. Avec nous dedans, et la vie en nous.

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Je choisis de me souvenir de toi
Non pas à cause de la façon dont tu m’as blessé
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à guérir
Non pas à cause de la façon dont tu m’as quitté
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à ne jamais m’abandonner
Non pas à cause de la façon dont tu m’as brisé
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à me reconstruire
Non pas à cause de la façon dont tu as atténué ma lumière
Mais à cause de la façon dont tu m’as aidé à briller
Non pas à cause de la façon dont tu m’as gardé prisonnier d’un endroit confortable
Mais à cause de la façon dont tu m’as donné le pouvoir de quitter ma zone de confort
Non pas à cause de la façon dont tu m’as laissé me sentir faible
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris ce que signifie être fort
Non pas à cause de la façon dont tu as essayé de me contrôler
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à être libre
Non pas à cause de la façon dont tu m’as dit qui j’étais
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à me définir
Et surtout
Je choisis de me souvenir de toi
Non pas à cause de la façon dont tu n’as pas pu m’aimer
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à m’aimer moi-même.
– Tahlia Hunter

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Si je suis dans mon âme, quand je regarde les autres, je vois leurs âmes.

Je vois toujours les différences individuelles – hommes et femmes, riches et pauvres, attirants et peu attirants, et tout ça.
Mais quand nous nous reconnaissons comme des âmes, nous nous voyons comme des aspects de l’Un.
L’amour est l’émotion de la fusion, du devenir Un.
L’amour est une façon de pénétrer dans l’Un.
Nous traitons l’amour, la haine et les autres émotions comme si elles étaient toutes au même niveau, mais ce n’est pas le cas.

La haine, la peur, la luxure, l’avidité, la jalousie – tout cela vient de l’ego.
Seul l’amour vient de l’âme.
Lorsque vous vous identifiez à votre âme, vous vivez dans un univers aimant.
L’âme aime tout le monde.
C’est comme le soleil.
Il fait ressortir la beauté de chacun de nous.
Vous pouvez le ressentir dans votre cœur.
Au début de ma vie avec Maharaji, il me répétait sans cesse : « Ram Dass, aime tout le monde et dis la vérité. »

À cette époque, je ne pouvais toucher cet endroit que de temps en temps.
Je vivais la plupart du temps sur le plan de l’ego.
Je pouvais aimer presque tout le monde pendant de courtes périodes, mais la vérité était que je n’aimais pas tout le monde.
Un jour, j’étais tellement en colère contre tout le monde que Maharaji s’est approché de moi, nez à nez, m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « Ram Dass, aime tout le monde et dis la vérité. »

Il me disait de prendre un chemin différent et de devenir une âme.
Ce qu’il voulait dire, c’est que lorsque je pourrai communiquer à partir de ce plan de conscience de l’âme, qui est qui je suis vraiment, j’aimerai tout le monde.
C’est ma vérité.
Il ne m’a fallu que quarante ans pour la comprendre.
– Ram Dass

LE GRAND BAR OUVERT DES VÉRITÉS

La vérité n’est pas toujours belle, comme les beaux mots ne sont pas la vérité. – Lao Tzu

En ce matin de pluie, en cherchant dans ma banque de citations pour me partir les doigts, et le reste du corps, le thème de la vérité poppait sans cesse.

Truth ici, vérité là, lies and liars all over. Alors me demandant bien ce que la vie avait à me révéler à ce sujet, je me demanda moi-même ce que moi j’avais à me dire à ce propos, petit moi, prétendu grand chercheur de vérité.

Alors voici ma petite vérité du matin.

Tout d’abord, les beaux mots de Lao Tzu ci-haut. En effet, la vérité n’est pas toujours belle. Comme la température ce matin. Mais elle est ce qu’elle est. Qu’on aime ou pas, qu’on voit ou pas.

D’ailleurs, la vérité peut-elle se conjuguer au pluriel ?

La vérité n’a pas besoin de ta participation pour exister. La foutaise si.
– Terence McKenna

Celle ci-haut est plus gutsy et va droit au but. La vérité est ce qui existe comme trame de fond de la vie. Tout ce que l’on y ajoute la recouvre, la dénature, la pervertit. Comme ces commentaires en réponse à ces grandes vérités qui volent et revolent sur les réseaux philosophico sociaux auxquelles plusieurs répondent tout de go: Ça c’est vrai ! ou So true !

De nos jours, chacun(e) a sa propre vérité. 8 milliards de vérités. Qui s’expriment par milliers et qui, souvent, se contredisent, s’entrechoquent, se bataillent. Vive le mouvement de la Vérité libre et multiple ! Peace in Truth !

Vrai pour moi peut-être, mais pas vrai pour tous, peut-être pas vrai pour toi ou l’autre. Et dès qu’on énonce quelque chose, cette chose devient autant vraie que fausse, aussi juste qu’erronée. Et en mouvement. Finalement, la vérité peut probablement être multiple, une vérité à plusieurs têtes.

Depuis quelques années, depuis on sait quoi, on accuse la science de mentir, et on doute de tout. La vérité ne semble plus exister, ou du moins, elle semble souvent instrumentalisée. Et certains la possèdent. Ou veulent ou pensent le faire.

La science n’est pas la vérité, la science cherche à trouver la vérité. Quand les scientifiques changent d’opinion, ils ne vous ont pas menti, ils ont appris autre chose.

La recherche fondamentale du moins. Car la recherche commanditée, la recherche privée, a ses propres objectifs, ses propres buts, son propre dessein. Follow the money disent si bien les anglais. Souvent la vérité des plus riches qui pèsent le plus lourd.

Quand on veut trouver une vérité particulière, la vérité payante, on réussit habituellement à la trouver, ou du moins à la diffuser. Et même quand on fait de la recherche fondamentale, ce qui est de plus en plus rare, on change souvent d’avis au fur et à mesure qu’on avance. Mais ce fait est désormais souvent interprété comme un mensonge, ou une manipulation du narratif. Alors que c’est le fondement même de la science d’évoluer, de bouger dans ses hypothèses. Car la vie n’est que cela: une hypothèse à confirmer ou infirmer.

La vérité, ah chère vérité. Rugit vérité.

La vérité est telle un lion; tu n’as pas à la défendre.
Laisse-là libre, elle sait se défendre elle-même.
– Augustine

En effet, comme la bullshit, la vérité n’a pas besoin de notre participation, de notre intervention. Elle peut se défendre elle–même. En fait elle ne cherche probablement jamais à se défendre. La vérité s’assume, elle ne fait qu’être. À nous de la trouver et non de la prouver. Et elle finira bien par remonter à la surface.

Ce qui nous mène aux menteurs.

Les menteurs compulsifs ne devraient pas vous faire peur. Ils ne peuvent faire de mal à quiconque si on ne les écoute pas. D’ailleurs ce sont les croyant(e)s compulsifs qui devraient vous terrifier, ce sont eux qui accréditent les menteurs.
– Nick Cohen

Alors laissons parler les grands parleurs. Leur bullshit leur reviendra sûrement en pleine face, ou dans le dos. Éventuellement. La terre était plate jadis, elle est devenue ronde. Et quelqu’un est mort en déclarant cela. La vérité tue parfois.

Quiconque ment doit travailler fort et constamment pour maintenir le tissu de mensonge qu’il a fabriqué, pour maintenir l’édifice mensonger en place. Plus simple et facile d’être honnête et transparent. Plus juste. Et relax.

Ne crois pas trop vite ce que tu entends car les mensonges courent plus vite que la vérité.

En effet, la vérité ne s’en va jamais nulle part. Elle est ici, toujours ici, elle fait du sur place, et reste de glace. Elle ne fondra pas, elle ne fait qu’être simplement vérité, avec un petit v ou un GRAND. Ou elle se répand et elle devient vérité, Vérités.

La vérité me semble synonyme de réalité. Las deux n’existant pas dans l’absolu, les deux étant perçues et vécues par chacun(e) de nous.

Quand le monothéisme met le langage autour de lui, il parle de « Dieu ».
Quand l’hindouisme met le langage autour de lui, il parle de « Brahman ».
Quand le bouddhisme met le langage autour de lui, il parle de « Śūnyatā ».
Quand la philosophie met le langage autour de lui, elle parle de « monisme ».
Quand la spiritualité amérindienne met le langage autour de lui, elle parle de «Grand Esprit».
Lorsque l’Advaita Vedanta l’entoure de langage, il parle de Non-Dualité.
Lorsque la psychologie l’entoure de langage, elle parle de « Transcendance ».
Lorsque la physique l’entoure de langage, elle parle de « Théorie quantique des champs ».
Lorsque la philosophie chinoise l’entoure de langage, elle parle de « Tao ».
Lorsque le Dzogchen l’entoure de langage, il parle de « Rigpa ».
Lorsque l’ésotérisme l’entoure de langage, il parle de « Source ».
Lorsque l’humanisme l’entoure de langage, il parle d’« Expériences de pointe ».
Lorsque la science l’entoure de langage, elle parle de « Conscience ».
Lorsque la spiritualité non religieuse l’entoure de langage, elle parle d’« amour ».
Lorsque aucun mot ne fonctionne du tout, vous fermez simplement les yeux et souriez.
Lorsque vous faites l’expérience de la réalité elle-même à laquelle tous ces mots font référence, aucun mot n’est nécessaire et elle est au-delà des mots eux-mêmes.
La réalité ultime qui peut être racontée n’est pas la réalité ultime.

– Jim Palmer

Sur ce bon, je vous souhaite un vrai bon week-end full réel.

DOUX IMBÉCILES

La personne qui écrit pour des imbéciles est toujours assurée d’un vaste auditoire.
– Arthur Schopenhauer

Je n’écris pas pour des imbéciles. J’écris seulement et surtout pour moi-même.

Oups, peut-être écris-je pour un imbécile alors ?

J’écris pour moi, pour le plaisir, et pour quelques-un(e)s d’entre vous mais ultimement j’écris pour personne en particulier. J’écris pour tout le monde. Je poste mes mots à tous vents, je les ne les vends pas, je les donne à qui les voudra. Et que quelques-un(e)s qui les liront.

Sommes-nous des imbéciles vous et moi ? La question se pose, se dépose et se repose.

Je ne veux pas vous traiter de quoi que ce soit encore moins d’imbéciles, mais personnellement, je n’ai aucun problème à me considérer comme un imbécile, ni à me traiter de la sorte. Car je le suis souvent. Comme vous aussi probablement, et la plupart d’entre nous humains et humaines.

Vous savez toutes ces choses stupides auxquelles nous pensons parfois ? Et que nous allons même parfois jusqu’à exprimer devant autrui, ce qui nous rend gêné(e)s, et même humilié(e)s à l’occasion. Nous sommes tous et toutes des imbéciles si nous sommes honnêtes. Tant que notre coeur reste pur, tout va bien.

Je pense notamment ici à l’expression imbécile heureux. Cette expression se dit en général d’une personne considérée comme simple d’esprit mais satisfaite de sa situation, quelqu’un qui vit dans une ignorance joyeuse. Si c’est le cas, je suis tout à fait d’accord d’être un imbécile heureux.

Heureux les simples (ou pauvres) d’esprit car le royaume des Cieux est à eux aurait dit l’apôtre Mathieu jadis. J’achète.

En cette ère d’écrans cathodiques impudiques, nous avons tous et toutes posté et/ou reposté de fausses vérités ou des trucs carrément patentés. En cette ère ou l’intelligence artificielle pour tout faire et son contraire, nous sommes tous et toutes en quelque sorte des imbéciles de l’écran.

Nous nous faisons floué(e)s sans qu’on le sache. La prétendue vérité comme les faits sont devenus plus flexibles que la plasticine de notre enfance. On dit et on se fait dire à peu près n’importe quoi sans jamais savoir désormais ce qui est vrai, faux, ou inventé par les humains ou par le grand Esprit – qui doit être le plus simple non ?

N’ayons pas peur, chers lecteurs/rices, d’être des simples d’esprit, ça peut être notre force. Si Tolstoy le dit. S’il l’a dit. À moins que ce ne soit Rumi ou Martin Luther King.

De toute façon, il faut acquérir beaucoup de connaissances pour savoir tout ce que l’on ignore.

Ça m’est arrivé quand je suis allé à la collation des grades suite à mes études doctorales en 2003. Je me suis pensé finfinnaud pendant quelques minutes jusqu’à ce que je réalise l’étendue de mon ignorance incarnée par le travail de tous les autres chercheurs/ses. Vous voyez, on peut être un imbécile scolarisé aussi. Tant qu’on le sait.

Peu importe nos efforts, notre volonté, comment on se considère, ou comment on nous qualifie de l’extérieur, l’idée est de prendre ça mollo, et d’être doux et douce avec soi-même, foi d’Aldous Huxley.

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Peut-être que tu te sens mal parce que tu essaies trop fort.
Vas-y doucement, mon enfant. Apprends à tout faire doucement.
Oui, ressens doucement même si tu ressens quelque chose de profond.
Laisse les choses arriver doucement et fais-y face doucement.
J’étais tellement ridiculement sérieux à l’époque.

Allez doucement, doucement – ​​c’est le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné.
Alors, jette tes bagages et avance.
Il y a des sables mouvants tout autour de toi, qui aspirent tes pieds, qui essaient de t’aspirer dans la peur, l’apitoiement sur toi-même et le désespoir.
C’est pourquoi tu dois marcher doucement.

Doucement, mon chéri.
– Aldous Huxley – Island

Larguons nos bagages, nous retournons tous et toutes à la maison.

LE MOIS DOUX – ET LE PLUS – D’AOÛT

Août est un mois doux. Un temps de vie, plein de sons, de douceurs visuelles en teintes dorées, de lumière riche, et jaune, et rosée, et orangée. Presque orangée par la fille des vues, la grande créatrice, la déesse toute puisante.

Août est full doux, si doux.

Août nous dit que l’été n’est pas encore fini, car le plus beau s’en vient, mais les nuits d’août, qui nous font si bien dormir, nous rappellent que nous vivons quand même au nord, chez le beau Réal.

Août ce sont les chants des grillons et des cigales, le chant des mâles, souvent eux autres qui crient le plus fort pour impressionner les dames. Damnés beaux chants. Moi j’aime mieux le mot crickets, ça sonne plus près du son qu’ils font.

Août nous avertit, il nous dit qu’il faut en profiter au maximum car les temps chauds vont encore durer un ptit bout en août, mais pas éternellement. Août nous offre un ptit échantillon de ce qu’otobre et novembre nous réservent.

Août ce sont aussi les pluies d’étoiles filantes qui s’organisent déjà dans les cieux, ce ciel affilant notre regard, les gros chauds de lumières, les glow show. Poussière d’étoiles à balayer du regard.

Août c’est le bois à fendre, c’est le poêle à ajuster, à noircir, et les tuyaux à ramoner.

Août c’est le jardin qui bloom, c’est le cannage à préparer, c’est le retour des sacs d’école et des autobus jaunes dans les rues et sur les routes dans quelques semaines. Août culminera avec la fête du travail, avec le faîte du travail de la terre.

Août c’est un glow show de couleurs pour les yeux et les autres sens, plein de bons sens, avec les teintes d’orée des bois d’automne qui suivront dans quelques semaines, le bal des bois en feu à venir, avant ceux des poêles.

Août c’est la bande-annonce de septembre, la première partie du plus gros spectacle de visuel l’année autour d’ici. Août c’est un mois en soi, un mois en soie, qui fait compétition à Mai comme le mois le plus beau à mon humble avis. Si Mai est le mois de Marie, août est le mois du bon Dieu.

Août c’est doux à l’âme.

Août c’est la fin de la folie des vacances de construction, c’est le retour aux chantiers, et des projets à plus long terme. Quiconque tient maison sait qu’août est le début du compte à rebours de la rentrée, de toutes les rentrées.

Août c’est le maïs et les épluchettes, ce sont les récoltes qui commencent.

Août c’est fou comme c’est bon. Menoum d’août, doux menoum et menoum de partout.

Août, c’est l’antichambre de septembre. C’est un entre-deux, un safe space. Août c’est doux et c’est tout.

Août, c’est le summum de l’été, c’est le pic de l’année.

Août dans l’année c’est comme la soixantaine dans la vie. Encore assez chaud et en forme pour faire ce que l’on veut, même si on sait que des temps plus lents s’en viennent, des temps plus blancs. De mémoire. Pas encore ici ni maintenant mais ça s’en vient. Août est un mois mature et lucide. Et chaque chose en son temps car on est en plein août, et c’est doux.

À chaque année depuis que je suis ici dans mon ptit bout de forêt du beau Réal, je le vois arriver comme un ptit toutou ce ptit août doux, ce ptit août fou. Touffu, tout fou, tout doux.

Cette année, c’est après une canicule de fin juillet et un show début d’août chaud et pas doux du tout, que lundi a apporté de la pluie et du plus froid, OK du frais, pas encore du froid.

Et hier, comme par magie, le 6 a fait le mois d’août, août était installé avec son chaud show son et lumières et nous avec nos chaussons de ptits matins frais. Car les sons et les lumières d’août ne sont comme nuls autres ni d’ici ni d’ailleurs.

Août est unique, plus unique que les autres mois, même si septembre ne donne pas sa place en terme d’unicité. Justement août et septembre forment un beau ptit couple. Août et septembre sont deux zuniques, deux uniques unis en un grand double moi. Double personne alitée.

Allez lecteur/trice, sortez votre mood d’août, et rentrez un peu, car août c’est nous, c’est doux, c’est fou. C’est août, un mois si doux.

VOIR À-TRAVERS LES MOTS

Un drôle de phénomène survient avec l’âge:
votre vue baisse drastiquement mais votre capacité de voir à-travers les gens s’améliore grandement
.

La même chose se passe avec les oreilles qui entendent de moins en moins bien les mots mais qui saisissent de mieux en mieux leur sens. Et que dire du cerveau qui roule peut-être un peu moins vite, mais qui voit de plus en plus le big picture, liant les points du grand destin à numéros. Comme la mémoire qui a parfois de la difficulté avec le court terme mais puise allègrement dans les plus vieux souvenirs, le fondamental, fond du mental. Sans parler des doigts qui sont moins agiles mais qui connaissent mieux la valeur de certains touchers et le précieux serrement des mains.

Avec l’âge on perd un peu d’acuité et de dextérité, mais on gagne de la finesse et de la délicatesse en lien avec l’essentiel. Avec le corps qui faiblit, avec les années qui nous rentrent dans le corps et la mort qui approche, le focus change et les sens s’affinent et se raffinent. Le rythme aussi, on en fait moins mais on le fait mieux, on en veut moins mais le peu que l’on veut compte plus.

Souvent, j’écoute les gens parler et je n’entends pas les mots qui sont énoncés, je ne les sens pas, je ne les reconnais pas. C’est autre chose qui résonne à mes oreilles, et à mon coeur.

Derrière la haine et la colère, je sens et j’entends la peur qui émane des tripes. Derrière les arguments et les justifications, je perçois l’ignorance et la peur de ne pas savoir. Sous les menaces et les attaques, je vois l’insécurité. Derrière une prétendue certitude, j’entends l’ambivalence et l’hésitation.

Avec le temps qui passe, on ne prend plus les mots pour du cash, on regarde plutôt les actions, on perçoit mieux les fréquences. Même les dites nouvelles ne rapportent pas des faits objectifs, mais un certain choix d’événements qu’on choisit de rapporter. Souvent avec sensationnalisme et effroi. Et selon nos sources, notre monde varie.

On a et aura beau dire ce que l’on veut, prêcher tant que l’on veut, les faits de notre vie au quotidien s’avèrent le reflet de ce qui couve au plus profond de soi, au coeur de notre coeur, au-delà les mots et les idées. On a beau croire à tous les dieux et les déesses que l’on veut, entretenir des croyances et prétendues certitudes pour nous rassurer, dans les passages les plus étroits, c’est là que la vraie foi se révèle, que le fond de notre âme émane et se déploie. Et cela on ne peut l’éviter. On ne peut passer à côté de soi-même. Peu importe ce que l’on dit, nos actions témoignent de notre réelle réalité. Notre relation à soi sera toujours ce qu’elle est, quoi qu’on en dise. Nos actions parlent plus que nos mots.

La vie que l’on doit cultiver se trouve en soi, en notre coeur. Là que nos yeux prennent racine, là que nos sens trouvent leurs sens, là que les fleurs puisent leurs nutriments. Apprendre à fermer ses yeux, à se ressourcer au coeur de soi, au coeur en soi.

Ce coeur qui possède la capacité de tout pardonner, de brûler le négatif et de le transformer en engrais riche et potent, de pardonner les offenses des autres comme la vie nous pardonne les nôtres. Car errer est le propre de l’humain. Comme demander pardon aussi quand on se trompe. Pardonnez-nous erreurs comme nous pardonnons à ceux et celles qui nous ont offensés.

Quand on est jeunes, n a tendance à sous-estimer l’acuité des sens et des gens vieillissants. Mais la vie se charge de nous enseigner, si on peut apprendre, si on veut apprendre. Le coeur est toujours un coeur étudiant, un coeur d’étudiant(e).

Mais sous une performance qui semble déclinante, derrière un rythme qui ralentit, une qualité nouvelle se développe, une plus grande sensibilité à l’invisible, à l’imperceptible, à l’indicible. C’est peut-être la présence du créateur – ou de la créatrice, la grande génératrice – qui reprend ses droits en nous. Peut-être qu’avec les années, la vie se rarifie mais elle devient plus fine, plus précise. Peut-être est-ce la source qui émerge de nouveau comme aux premiers jours avant de quitter notre corps. Avec un intellect qui se met à devenir plus simple, plus essentiasliste et existentialiste

Viva la vie ! La vie qui va.

AMOUR, PAIX, DOUCEUR & BONTÉ

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En dépit de tout. Et grâce à tout aussi. Car rien ne fait pas partie du tout. Rien du tout.

Salut lecteur/trice.

Je reprend du clavier en ce petit matin d’août après quelques semaines de pause chronique. J’ai continué d’écrire, mais quelque chose qui sortira peut-être un jour. Ou pas. À suivre.

Au cours des dernières semaines, j’ai beaucoup joué dehors, j’ai fait des rénos, et de la musique, j’ai embelli la place autour d’ici. J’ai travaillé avec tout mon corps, pas juste mes doigts.

J’ai pris le temps, et la distance, de me décoller un peu du monde fou dans lequel on vit vous et moi, toi et moi. Un monde qui tourne drôlement parfois, un monde de plus en plus complexe, de plus en plus rapide, et polarisé on dirait. Ça doit être le réchauffement de notre planète la polarisation. Ou l’excitation de nos gamettes.

Un monde où le TOUT du en dépit de de l’affiche ci-haut est de plus en plus éclaté, exposé, commenté, visible et magnifié. Pas comme dans magnifique, davantage comme pitché en dehors de chaque petit soi pensant. Un monde où toutes les opinions, du moins plus qu’avant, sont exprimées, invitées à être vues, et lues.

On dirait que le monde est plus fou qu’avant. Mais il n’est seulement que peut-être plus vu qu’avant, plus su de tous de toutes. Plus socialement médiatisé. Pour le meilleur et pour le dire. Et le moins bon.

Mais au milieu de ce chaos apparent, encore plus nécessaire que jamais auparavant de se rattacher à l’amour, la paix, la douceur et la bonté comme l’affirme Schweitzer.

Car le monde en dehors n’est rien d’autre que le monde en dedans. Il n’y a que notre peau qui nous sépare du tout. Et notre idée d’une séparation. Ce monde est nous, et nous sommes le monde, nous sommes ce monde. C’est notre monde et ce monde est chacun(e) de nous.

Nous sommes l’amour, la paix, la douceur et la bonté, comme nous sommes aussi la haine – ou la peur – la guerre, le dureté et la méchanceté. Nous sommes tout, et rien, nous sommes tout et son contraire. Et nous ne sommes pas vraiment non plus.

Comme mes doigts de chronique sont encore un peu rouillés, je vais vous laisser ici ce matin. Je vais vous laisser avec les mots simples et sages de deux autres belles plumes.

À pluche.
___
En fin de compte, nous allons devoir ouvrir notre cœur au monde entier, à tout ce qui s’y passe et à tout ce qui s’est déjà produit.
Nous allons devoir ouvrir notre cœur à tout ce qui pourrait arriver.

Pourquoi ?
Parce que nous ne sommes séparés de rien ni de personne.
Tout ce que vous considérez comme séparé de vous peut vous effrayer et vous intimider. Mais lorsque vous avez la volonté d’ouvrir votre cœur, d’être intime même avec les choses que vous n’aimez pas, avec les personnes et les événements qui vous effraient, avec l’état du monde qui peut vous intimider, alors vous trouverez un moyen par lequel le cœur de vous-même a un moyen de s’exprimer.
Vous pouvez exprimer et manifester la profondeur même de vous-même dans le monde extérieur, de sorte qu’il n’y ait plus de division entre l’intérieur et l’extérieur et qu’il n’y ait plus de frontière pour notre amour.

~ Adyashanti

____
Faites la paix avec votre souffle.
Inspirez les pompiers et les décombres, expirez les bâtiments entiers et les volées de merles à ailes rouges.
Inspirez les terroristes et expirez les enfants endormis et les champs fraîchement fauchés.
Inspirez la confusion et expirez les érables.
Inspirez les morts et expirez les amitiés de toute une vie intactes.
Faites la paix avec votre écoute : entendez les sirènes, priez fort.
N’oubliez pas vos outils : graines de fleurs, pinces à linge, rivières propres.
Faites de la soupe.
Écoutez de la musique, apprenez le mot merci en trois langues.
Apprenez à tricoter et faites un chapeau.
Pensez au chaos comme à des framboises qui dansent,
imaginez le chagrin comme l’expiration de la beauté
ou le geste d’un poisson.
Nagez vers l’autre côté.
Faites la paix.
Jamais le monde n’a semblé aussi frais et précieux.
Prenez une tasse de thé et réjouissez-vous.
Faites comme si l’armistice était déjà arrivé.
N’attendez pas une minute de plus.
~ par Mary Oliver

PAUSESTIVALE

J’ai fait un noeud dans mes doigts et vous ai parlé en de centaines d’autres façons silencieuses.
– Rumi

Yo lecteurs/trices,

Derniers mots pour toute sweet. Gros mots, mots nonos, mots jos, lis 😉

Déjà les mots s’estinent entre eux pour savoir qui sera le dernier. Sûrement le premier. Yo.

Besoin de prendre une pause chronique pour casser la routine, pour réfléchir à de nouvelles affaires. De toute façon, on parle et on écrit trop vous et moi. Beaucoup de bla bla. Le B A ba de nos mélanges de méninges. On va faire silence un peu. Un peu plus.

Et peut-être que vous, vous lisez trop ? Alors comme moi j’écrirai moins cet été, vous aussi vous serez en pause, sur pause. Ou pas. En pause de moi en tous cas, de mes mots. Et vous lirez sûrement autre chose. D’autres choses. Ou pas. Été illitéraire et plus terre à terre. Les deux mains dans la terre, les deux pieds sur terre. La tête dans les airs. L’air de rien, plus ici que là-bas.

L’été nous laissera le temps d’observer davantage, regarder plus, contempler le beau et le vrai. Plutôt que de toujours s’auto réfléchir en boucles. Des mots, des mots, un moment donné, les mots c’es trop. Alors grève de mots et trips de plage cet été. Pause des plages horaires. On se dérange le cadran.

I give you a break. Une short trace du moins. 😉 Quand on est rendus à faire des jeux de maux de cet acabit, c’est que c’est le temps de faire une pause qui lit qui lit. Plus rien à dire, tout à vivre.

Je fais une pause surtout pour m’ennuyer d’écrire, pour briser le rythme, pour changer la roue tétine, mamelle des mots de mes petits matins. Je ne sais pas pour combien de temps. On verra, ou pas.

Comme j’aime écrire, je vais peut-être me remettre à mon bookin. Ou pas. Peut-être vais-je verser des larmes et dans la pouésie. Voyons voir.

La vie parle de toutes sortes de manières et de diverses façons. Multi langues dans le vinaigre. On va l’écouter OK ? La vie je veux dire.

Et pour jouer un tour à mes mots qui se battent encore pour savoir lequel va être le dernier, je vous laisse sur les mots de Mme Roy, non pas Gabrielle, Arundhati 😉

Être, pour l’été et que sera sera. SoYOnara.

______
Aimer.
Être aimé(e).
Pour ne jamais oublier sa propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indicible et à la vulgaire disparité de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Pour rechercher la beauté en sa propre demeure.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais la puissance.
Et surtout toujours regarder.
Pour essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et jamais, ne jamais oublier
.
~ Arundhati Roy

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P.S. si vous voulez continuer à lire, plus de 500 chroniques sur ce blogue.

FULL RIEN

Le Zen ne vous apporte rien de plus, il ne fait que retirer les multiples couches de l’oignon et vous dit: regarde, ça c’est toi, qu’une pure vacuité. – Osho

Quand je vais être grand, je veux devenir rien, vide, vacuité. Full rien.

Je veux devenir le ciel devant lequel passe les nuages.

Je veux devenir la route sur laquelle défilent mes «pensées autos»-générées. Vroum Vroum 😉

Je veux devenir le témoin de la vie, pas de ma vie, juste la vie, toute la vie, sans rien retenir, ne refusant rien, ne m’accrochant à rien, choisissant le juste et bon pour moi comme pour le plus grand nombre, les bras et le coeur ouverts devant l’inconnu, même devant la mort.

Je veux devenir le tas de brin de scie qui sera la somme et le résultat final de ma vie de bois brut, dur et mou, le vide au coeur de l’oignon qui aura complètement disparu et qui aura perdu toutes ses pelures. En fait, l’oignon n’aura jamais existé, il ne fut toujours qu’un assemblage de pelures.

Que veux-tu faire quand tu seras grand ? Je veux devenir un effeuilleur.

Depuis tout petit, je me vois vieux, me berçant dans ma chaise – berçante bien sûr – et regarder passer la vie devant moi, en moi, à-travers moi. Impassible, tranquille, le coeur plein et la tête vide. L’âme légère.

En fait, quand je serai grand, je veux devenir le Zen, être Zen, n’être que Zen. Et rien, rien d’autre. Rien du tout, rien dans le grand Tout. Un bien beau but dans la vie il me semble. Le seul qui soit. Car de toute façon, c’est vers là qu’on se dirige, droit devant vers le grand rien.

Et je réalise ces temps-ci qu’il est exactement là le sens de la vie.

Dans le détachement, le dépouillement, l’allègement. La compréhension existentielle du vide.

La perte de ses croyances, de ses limitations, de ses oeillères. Pour voir grand, pour voir large, pour tout voir. Soi, comme la vie dans laquelle nous avons été déposée, consciemment ou pas.

La vie est une grande perte progressive.

Qui consiste à se délaisser de ses plumes jusqu’ au dénuement final. Une grande mue. De rien, à l’illusion d’un soi jusqu’au grand retour au rien.

Et quand on réalise ce grand délestage jusque dans sa chaire, on n’a plus rien à perdre et tout le rien à gagner. Aimer totalement, vivre intensément et mourir sans regret.

Allez, sur ce ptit rien tout nu, bon solstice chers lecteur/trices !