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OMBRE CHERCHANT LUMIÈRE

Le monde s’éveille. Et la vérité fait son chemin. Mais les forces de l’ombre tentent désespérément tous les trucs qui leur restent. Alors nous devons tenir bon. Lorsque la noirceur s’intensifie, la lumière doit augmenter pour maintenir l’équilibre.

On souligne les 35 ans de Polytechnique aujourd’hui, l’un des plus grands événements locaux de noirceur sociale. Je ne vais pas en parler davantage que de souligner brièvement que lorsque c’est arrivé, en fin d’après-midi du 6 décembre 1989, lors d’un séjour de quelques à mois Montréal pour faire des sous pour retourner vivre à la Humaniversity en Hollande, j’étais dans Côte-des-Neiges à conduire un minibus rempli d’enfants d’une garderie que je reconduisait à la maison et je me suis retrouvé pris en plein milieu du chaos routier d’ambulances, de pompiers et de policiers, ne sachant rien du drame qui se déroulait à deux pas de là.

Drame dont on subit socialement encore aujourd’hui les séquelles, et plus particulièrement les familles des jeunes victimes. Pensées vers elles et leurs familles qui vivent avec un bleu au coeur depuis 35 ans, alors que les droits des femmes continuent d’avancer en titubant, en reculant même par moments. Claire manifestation de la danse de l’ombre et de la lumière. Deux pas en avant, un en arrière, ou de côté.

Les sources d’ombres sont multiples en soi et dans le monde, et l’ont probablement toujours été. On n’a qu’à penser au Moyen-Âge, période sombre s’il en est une, qui, pendant plus 1000 ans de relative in/humanité, me semble avoir fait bien peu de place à la lumière. Mais l’humanité a survécu. Avec des hésitations. Mais on a survécu. Pour le meilleur et pour le dire.

Je place habituellement mes citations en fin de texte, comme soutien à mes propos, mais celle-ci mérite de se trouver au coeur car elle illustre parfaitement mon blabla :

Il y a une chose que les croyants de toutes les religions ont des difficultés à admettre, c’est que Dieu, qui est tout-puissant, ne se décide pas, enfin, à anéantir les esprits du mal qui viennent les tenter. 
Mais ces esprits ont aussi le droit de vivre, c’est aux humains de ne pas tomber dans leurs pièges. 
Dieu ne punira jamais le Diable parce qu’il vient les tenter : c’est à eux d’être plus éclairés, plus forts, c’est à eux de comprendre où est leur véritable intérêt, de se rendre compte pourquoi il est préférable de prendre telle direction plutôt que telle autre et d’avoir la volonté de marcher dans cette direction. 
Il faut qu’ils en soient totalement convaincus.
Serait-il réellement avantageux pour l’être humain d’être poussé malgré lui sur la voie du bien, de la lumière, et à l’abri, quoi qu’il fasse, des tentations et des erreurs ?
Le Créateur et les esprits célestes le laissent trouver son chemin, afin qu’il développe sa conscience et apprenne à devenir responsable de ses orientations.
– Omraam Mikhaël Aïvanhov

En effet, on souhaiterait, on aimerait, on voudrait que le monde ne soit que lumière, arc-en-ciel, rose et mauve et que toutes les histoires ne finissent pas seulement bien, mais qu’elles aillent bien toujours et tout du long. Que bien, que bon, que menoum menoum sans ark ni ouach. Jamais. Juste du beau, du doux, du facile.

Mais la vie n’est pas un compte de fée.

La vie est une grande leçon pour l’humanité, une leçon d’humanité que l’on doit apprendre à éclairer dedans comme dehors, avec nos parts d’ombre, qui ont toujours été, qui sont encore et qui seront peut-être toujours. Car l’ombre semble faire partie intégrale de tout cheminement vers la lumière, de tout parcours de révélation. La lumière doit venir graduellement, sinon elle nous aveuglerait peut-être.

J’aime croire que ce n’est pas tant le mal qui existe que l’inconscience. Que les comportements qu’on aime qualifier de diaboliques ne sont qu’ombres cherchant lumière, de l’inconscience que veut se fondre dans la source lumineuse de toute vie.

Et aucune lumière n’est permanente ni vacillante, Qu’elle soit électrique ou flamme, toute lumière par définition vacille, fluctue, pâlit.

Chaque parcours de vie est marqué par l’adversité, par les obstacles, par les épreuves, teinté par une certaine part d’ombre. Et on ne peut survivre qu’en apprenant à continuer malgré la menace et le risque, malgré une certaine opacité. Nous marchons sur un fil et l’équilibre est en constant déséquilibre, une danse, un mouvement perpétuel de recherche de lumière, d’éclaircissement.

Un dicton affirme : si tu fais le mal fais-le bien. Ceux qui s’appliquent à faire ce que l’on considère comme le mal le font parfaitement bien en ces temps rock n roll. Et c’est à chacun(e) de nous d’apporter notre petite part de lumière pour éclairer un peu le monde entier dans notre voisinage, chacun(e) à notre humble mesure, avec notre petite contribution.

Et comme Bernard, j’ai confiance :

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Il ne peut y avoir de renaissance sans une nuit noire de l’âme, une annihilation totale de tout ce en quoi vous avez cru et de tout ce que vous pensiez être.
– Pir Vilayat Inayat Khan

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La solitude n’est pas seulement l’absence des gens.
C’est l’absence de but, l’absence de sens.
Quand vous vous retrouvez dans un monde où tout semble extraterrestre et distant, où chaque connexion est superficielle et où chaque tentative de compréhension est rencontrée avec indifférence, vous réalisez que la vraie solitude n’est pas d’être seul, mais de se sentir seul dans un monde qui n’a plus de sens.
– Haruki Murakami

UNE AUTRE JOURNÉE

… de moins.

En effet, parfois on se lève avec l’idée que l’on doive affronter une autre journée de plus. Mais, plutôt, à chaque matin quand on ouvre nos ptits quenoeils, c’est une journée de plus qui passe et qui nous rapproche de notre – apparente – mort.

Mais comme aurait dit Mark Twain: je n’ai pas peur de la mort. J’ai été mort pendant des milliards d’années avant de naître et je n’ai pas souffert du tout à cause de ça.

Mais revenons-en à notre propos initial cher chroniqueur.

Chaque jour qui passe est un jour qui s’égrène et qui nous rapproche de la fin…. de quelque chose de connu. La fin de ce corps, la fin de ce décor de théâtre spécifique, la fin de soi – ou de cette idée de soi – en cette époque et en ce lieu. Pour possiblement revenir ailleurs, sous d’autre cieux, sous d’autres formes. Ou pas.

Chaque jour qui passe constitue une pratique, une leçon au sujet de comment apprendre à mourir en paix. Car là que nous nous dirigerons inévitablement, là vers où nous nous dirigeons assurément.

L’idée n’est pas d’amasser, de ramasser, de collectionner toutes sortes de bébelles belles pis pas belles car tout nous sera retiré à la fin du show. La vie n’est pas une addition mais une grande soustraction.

Enjoy while it lasts mais ne nous attachons pas trop aux choses et aux gens de notre entourage car la séparation d’entre nous et ces choses et ces gens est imminente. Elle arrive à grands pas, elle s’approche à chaque jour qui passe. Un peu plus à chaque jour.

Comme l’image du prisonnier qui scratche ses jours sur le mur de sa cellule, ici bas, c’est la vie qui nous laisse ses marques sur le corps et sur l’âme en attendant le grand sommeil, ou la nouvelle aventure, c’est selon nos croyances. Ou nos expériences si on a déjà vécu un passage de mort imminente.

Chaque jour qui nous est offert n’est qu’une petite plage horaire dans le grand sablier de la vie qui coule.

On ne connait pas la suite alors profitons full/ement, vivons totalement, brûlons la chandelle par les deux bouts, mangeons dans notre plusbelle vaisselle et mettons nos plus beaux habits, partageons l’entièreté de qui nous sommes, arrêtons-nous un peu et recueillons-nous pour enfin retrouver la maison.

et ma plus de circonstance, évidemment 😉

DÉCEMBRRRE DE TOUTES LES COULEURS

Décembre est un temps pour se souvenir du passé et tendre vers l’avenir.
– Ralph Waldo Emerson

Tous les mois sont uniques et différents. Mais décembre est différemment différent des autres. En fait, comme la forêt recèle divers sous-bois, décembre contient plusieurs sous-mois.

Tout d’abord, les 3 premières semaines de ce dernier mois de l’année constituent la période la plus pauvre en source lumineuse extérieure, un crescendo lumineux mais vers le bas. Décembre est une fin de parcours et de cycle. Alors comme disent les mystiques, pas le choix: be a light unto yourself. Pour cela qu’à chaque début décembre, je me planifie un blitz de 21 jours de Shaking (méditation active). Pour me raviver la flame intérieure et me faire briller la lampe d’Aladin interne. Génial 😉

En décembre, on achève une année alors que nous sommes au seuil d’en débuter une nouvelle. En décembre, on fait le bilan avant la fin et on regarde déjà un peu par en avant. Décembre, comme aucun autre mois ne sait le faire, nous offre l’occasion de surfer entre le passé et l’avenir, comme suspendu(e)s dans le présent. Cadeau.

Ici, en campagne, décembre marque également l’arrivée du blanc dans nos vies. Un switch majeur pour l’humeur. C’est l’arrivée du blanc sur nos vies en fait. Car la neige recouvre tout le gris et le brun qui dépassent, tout ce qui retroussait en novembre. Décembre blanc laisse désormais des traces derrière nos pas.

D’ailleurs, le blanc c’est toutes les couleurs réunies.

Décembre lisse tout. Doux délice de décembre. Décembre met du blanc dans et devant nos yeux, et poudre notre coeur et notre âme. Décembre est le crémage, même pour les gâteux.

Décembre c’est aussi et beaucoup le temps dit des fêtes. Le temps du faîte en terme d’intensité et de stress pour la plupart, avec tout le tralala qu’on nous impose, ou du moins, qu’on nous suggère fortement. Temps dense et intense pour tous et toutes, triste pour certain(e)s, heureux pour d’autres, mais qui ne laisse certainement personne indifférent même si tout le monde est différent.

Le temps dit des fêtes nous replonge dans nos souvenirs d’enfance, pour le meilleur pour certain(e)s, et pour le moins pour d’autres il faut le dire. Période intensément émotive en TiJésus.

Autour de jeunes enfants, il est pratiquement impossible de ne pas jouer le jeu des fêtes. Mais quand les enfants sont grands, les temps sont différents, et plus lents, moins prenants.

Avec les années, on dirait qu’on en attend de moins en moins de la vie, et cela se manifeste encore plus particulièrement à Noël. Car on sait plus que jamais que ce que l’on cherche et recherche ne s’achète pas toé chose. C’est nous et à nous de déballer le cadeau.

Personnellement, un peu de bon temps qui roule entre ami(e)s et/ou en famille, quelques livres, du silence, du temps lent, des marches en blanc en forêt et un feu dans le poêle sonnent plus que délicieux à mes oreilles et à mon coeur. Avec du rien tout enveloppé de douceur et calme, du lent et de la paix.

Et on ne parle pas du passage de décembre vers janvier qui se veut davantage party que famille. Pour certain(e)s peut-être, mais certainement pas ici derrière cet écran. Pour cela aussi que je me planifie une petite retraite silencieuse en digne ligne le 31. Voir détails ci-bas. Rien comme une retraite au home.

Mais si décembre est si ambivalent, je crois que c’est parce qu’il nous fait rêver à une paix universelle pour tous et toutes partout sur notre belle boule bleue que nous sommes peut-être en train de perdre. On voudrait fermer une année qui fut souvent difficile et déboucher vers un avenir prometteur et rempli d’optimisme.

Mais nous sommes loin de de cette paix tant souhaitée et voulue pour tous et partout. On doit apprendre à vivre avec le chaos sans s’y laisser engouffrer, à étreindre la misère humaine sans la laisser nous éteindre, à espérer sans sombrer dans le désespoir, tout en mettant en place des petits actes de paix.

Alors vivrement décembre, avec ses hauts et ses lows, et son grand show de lumière grandissante et saisissante à re-venir bientôt.

Aho !

AMOUR DE SOI AMOUR DE TOUT

Votre capacité d’aimer une autre personne repose sur votre capacité de vous aimer vous-même.
– Thich Nhat Hanh

Encore une fois, une telle évidence. Mais au cours de notre vie, on oublie trop souvent ce qui s’avère être le plus évident. On oublie de revenir à la base, au coeur et de s’attarder à soi-même, de se donner à soi l’amour que l’on s’attend à recevoir trop souvent du monde autour.

On s’active, on fait beaucoup, on travaille fort pour joindre les deux bouts, pour se réaliser out there, pour être vu(e) et apprécié(e) et pour réussir. On fait trop et on est pas assez. On ne sait que trop faire, pas assez qu’être tout simplement. Et on se perd trop souvent et trop longtemps sur les divers réseaux de la vie extérieure car ils nous y entraînent, souvent à notre insu. Notre vie nous fuit par les yeux vers la vie des autres, vers la vie du monde.

Certains(e)s s’aiment trop, d’autres pas assez, d’autres encore mal, soit pas de façon nourrissante ni satisfaisante.

D’ailleurs parfois, nous, rejetons de la religion catholique, on considère que s’aimer soi-même constitue de l’égoïsme, de l’orgueil. Péché péché. On nous a appris, à nos ancêtres du moins mais il en reste encore des bouts dans notre ADN catho – lique et dique – qu’on doit aimer les autres avant de s’aimer soi-même. On est resté(e)s pris avec des ptits bouts tordus de cette lignée du don de soi avant le don à soi. Mais à trop se donner, il ne restera plus rien de nous. Et à trop se donner juste à soi, on risque d’imploser. Doux équilibre va.

Car l’amour qui s’arrête à soi a ses limites. Quoi qu’un amour véritable ne peut s’arrêter à soi. Il ne peut que déborder et rejaillir sur les autres. Un amour véritable ne peut être à fleur de peau, il transperce la peau, il ne peut que fleurir sur autrui. Un amour véritable ne peut que vouloir se partager, et se multiplier en se divisant.

S’aimer soi-même c’est aimer la parcelle de vie qui a été déposée en soi. La même vie déposée dans tous les autres êtres vivants, chacun chacune. Car moi et les autres, où se situe la différence ? Quand on dépasse le petit moi, on accède au grand Soi. Et c’est le même grand Soi qui vit en chacun et chacune des petits nous, en chaque petit et grand bout de la création. Petit nous, petit bout.

On cherche souvent à faire fleurir son prétendu Soi, le self en anglais. Le self du Me Myself and I. Et si ce n’était pas MOI et le monde, mais plutôt le MONDE et moi. Petit moi, simple maillon de la grande création rock n roll, ni plus important, mais surtout pas moins non plus.

L’amour de soi ne demande qu’à s’aimer soi-même autant qu’on aime la vie car on en fait partie de cette vie. Et cet amour ne peut qu’être, ni plus ni moins. Cet amour, si bien arrosé et pris soin de à notre petite échelle personnelle, ne peut que devenir de plus en plus grand, contagieux, contaminant, transpersonnel.

Amour de soi, amour du Tout.
Amour de soie, amour tout doux.

Et parfois, on doit aussi fermer la shoppe et le routeur et couper le wifi pour revenir à l’essentiel.

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Il est bon de prendre l’habitude de réviser périodiquement sa vie.
Pourquoi ?
Parce que trop souvent, jour après jour, la vie que l’on mène s’alourdit, s’obscurcit à cause de toutes sortes de préoccupations et d’activités qui ne nous apportent rien du point de vue spirituel.
Influencé par l’atmosphère ambiante, on oublie que l’on restera très peu de temps sur la terre et qu’on devra laisser ici toutes ses acquisitions matérielles, ses titres, sa position sociale.
Vous direz que tout le monde sait cela.
Oui, tout le monde le sait, mais tout le monde l’oublie, et même le disciple d’une École initiatique se laisse entraîner par les exemples qu’il voit autour de lui.
C’est pourquoi il est indispensable que, de temps en temps, il fasse une pause pour regarder en arrière, analyser la direction qu’il est en train de prendre, les activités dans lesquelles il est en train de s’engager et faire chaque fois un triage, pour ne conserver que l’essentiel.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov

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Le vrai jus de la vie est en vous.
En ce moment même vous pouvez vous tourner vers l’intérieur, regarder en vous-même.
Aucun culte n’est nécessaire, aucune prière n’est nécessaire.
Tout ce qui est nécessaire, c’est un voyage silencieux dans votre propre être.
C’est ce que j’appelle la méditation, un pèlerinage silencieux dans votre propre être.
Et quand vous avez trouvé votre propre centre, vous avez trouvé le centre de toute l’existence.
– Osho

AMOUR, CONFIANCE ET RÉALISME

Aime tout le monde, fais confiance à quelques-un(e)s et ne fait de mal à personne.
– Shakespeare

On ne peut vivre sa vie avec des formules magiques pré-fabriquées car la vie, c’est complexe et chacune est unique. Et imprévisible.

Mais j’avoue que celle-ci représente un plan relativement réaliste et simple – en principe – à suivre: Aimer tout le monde, faire confiance à quelques-un(e)s et ne faire de mal à personne. Allons-y un par un si vous le voulez.

Aimer tout le monde

Évidemment qu’on ne nous suggère pas d’aimer chaque personne. De toute façon, à plus de 8 milliards, elles sont trop nombreuses, trop loin et certain(e) même près de nous rendent la job bien difficile sinon quasi impossible.

Ce que je comprends de cette expression c’est qu’elle nous invite uniquement à entretenir une attitude aimante envers tout ce qui existe en soi comme en dehors. Autant envers tout ce qui vit – humain(e)s, animaux, minéraux – que l’ensemble des événements dont nous sommes témoins et que nous interprétons de différentes façons.

En commençant par une attitude bienveillante envers soi-même car il semble que tout parte de là. S’accepter dans tous ses aspects, surtout ses travers, soit les choses plus difficiles à accepter en soi. Se donner la chance de ne pas savoir, d’hésiter, de prendre son temps et d’essayer même si on ne se sent pas tout à fait toujours prêt(e). Risquer être soi, totalement, imparfaitement car toujours parfaite la vie dans ses imperfections.

Car au fond, l’amour n’est peut-être tout simplement qu’une prédisposition, une attitude envers la vie, une ouverture face à elle ?

Faire confiance à quelques-un(e)s

Comme il serait illusoire d’affirmer qu’on peut aimer tout le monde entier, il serait aussi stupide de tout bonnement faire confiance à tout le monde, particulièrement en cette époque de fraudes en ligne et de multiples et créatifs guet apens virtuels. En effet, on peut trouver qu’il soit dommage que l’on doive vivre avec une certaine méfiance et un doute quasi généralisé désormais, cette attitude sert néanmoins à maintenir une certaine dose de réalisme et de demeurer alerte.

Pas besoin d’avoir des tonnes d’ami(e)s dans la vie, quelques bons et bonnes suffit. Et même là, face à quiconque, la confiance pourra un jour se trouver mise à rude épreuve et même se perdre. De toute façon, c’est à soi-même et à la vie qu’il faut faire le plus confiance. Mais on doit attacher son chameau.

Ne faire de mal à personne

Intentionnellement du moins. Car il arrive qu’on blesse ou qu’on heurte des proches sans le savoir ni le vouloir. C’est avec les gens à qui on ouvre son coeur et qui nous ouvrent le leur qu’on se trouve en position de plus grande vulnérabilité.

Donc conservons une intention une attitude bienveillante – même si cette expression circule un peu trop de nos jours – un coeur ouvert et bon, et une volonté de traiter chaque personne comme on aimerait qu’on nous traite nous-même. Sans qu’on nous paie la traite 😉

Donc 1-2-3, comme dans aimer tout le monde, faire confiance à quelques proches et ne pas faire de mal – consciemment – à personne.

Simple non ? Non, je sais. Mais ces 3 conseils, rassemblés, constituent quand même un bon bundle de départ d’une marche à suivre simple et humainement bonne en ce petit lundi matin de début décembre à la lumière réduite mais à la blancheur retrouvée.

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Il ne s’agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d’une autre force.

Quelque chose en moi sait que rien ne peut m’arriver, que rien ne peut me détruire.
C’est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous.
Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d’horreur sur la terre !
Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe.
Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement.
C’est quelque chose d’effarant.
Vous avez dû le remarquer dans votre vie.
La peur a le pouvoir d’engendrer images et réalités.
Dans l’univers d’épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur.
Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite.

– Christiane Singer, Du bon usage des crises

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L’amour est l’unique liberté qui existe dans ce monde.
Parce qu’il élève l’âme à un rang suprême, où ni les codes des êtres humains, ni leurs coutumes ne peuvent l’atteindre et où ni les lois, ni les ordres de la nature ne peuvent gouverner.
– Khalil Gibran
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Très peu d’êtres cherchent vraiment à connaître ce monde.
Au contraire, ils essaient d’arracher à l’inconnu les réponses qu’ils ont déjà façonnées dans leur propre esprit : justifications, confirmations, formes de consolation sans lesquelles ils ne peuvent pas continuer.
Demander vraiment, c’est ouvrir la porte au tourbillon.
La réponse peut annihiler la question et celui qui la pose.
– Anne Rice

CRAZY FLY DAY

That’s it, après avoir donner dans la grâce, aujourd’hui le monde va perdre la boule, et la carte. De dépit. On va tellement $auver qu’on va en perdre la carte de Debby.

On va squeezer la planète à l’os, jusqu’à la moëlle. On va étouffer notre mère jusqu’à plus soif dans une mer de plastique. Vite vite vite le fil d’arrivée.

Intelligence artificielle et stupidité 100 % naturelle. Inconscience à temps plus que partiel la plupart du temps.

Nous sommes de drôles de bibittes nous les humains. On court après le bonheur jusqu’à l’épuisement. On perd sa vie à la gagner comme disait la poétesse.

On tue l’Amazonie en shoppant sur Amazon. On se photoshoppe la face pour avoir l’air d’autre chose que ce que nous sommes tout simplement. On se remonte le moral du visage à coup de botox et le moral tout court à doses de Prozac. Tabarnouche.

On va vivre quand même du mieux qu’on le peut aujourd’hui fly day fly bine. Car nous sommes la crème de la crème des privilégié(e)s de ce monde. Et peut-être que j’ai tort d’être aussi pessimiste, mais qui tort dîne. Comme de raison.

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On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort.
C’est difficile de juger.
Moi, j’ai longtemps donné raison à tout le monde.
Jusqu’au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort !
Donc, j’avais raison !
Par conséquent, j’avait tort !
Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu’ils avaient raison.
C’est-à-dire que moi qui n’avais pas tort, je n’avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu’ils avaient tort !
J’ai raison, non ?
Puisqu’ils avaient tort !
Et sans raison, encore !
Là, j’insiste, parce que … moi aussi, il arrive que j’aie tort.
Mais quand j’ai tort, j’ai mes raisons, que je ne donne pas.
Ce serait reconnaître mes torts !!!
J’ai raison, non ?
Remarquez … il m’arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi.
Mais, là encore, c’est un tort.
C’est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort.
Il n’y a pas de raison !
En résumé, je crois qu’on a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort !
– Raymond Devos

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La vie est devenue moins épuisante une fois que j’ai arrêté d’essayer d’être la personne la plus intelligente de la pièce
Maintenant j’essaie juste d’être la personne la plus humaine
J’ai découvert que personne ne manque vraiment jamais mes idées superficielles sur
la géopolitique ou l’économie.
La plus grande chose dont les gens ont besoin de moi, c’est de l’espace pour
raconter une partie de leur histoire.
Et puis après un peu
Je raconte un peu de la mienne
Et puis après un peu
Plus de narration
À tour de rôle
~ nous voyons la lumière de l’âme dans l’autre qui sort du coin de nos yeux

Cher ego.
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
il ne s’agit pas d’impressionner
les gens dans la pièce
il s’agit de donner de la place
pour que les gens soient entendus
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles
moins de ma bouche
~ plus de mes oreilles

– John Roedel

CHALUT CHEZ-VOUS / CHALUT CH’EST MOI

Sous diverses allures plutôt diverses, pas mal à ça qu’on ressemble vous et moi dans notre plus petit dénominateur commun, dans notre humanité partagée.

Fragile, gauche, hésitant, un peu loufoque. Et tendrement humain.

Car on reste toujours fondamentalement et éternellement un(e) enfant toute notre vie durant. Même quand on vieillit, même quand on grandit. Même sous nos de plus en plus multiples plis.

On a beau utiliser toutes sortes de mots simples ou savants pour tenter de s’expliquer, pour essayer de se dire, pour se sérioriser, pour communiquer avec le petit et grand monde. Mais au fond, tous et toutes, c’est ce genre de ptite face qu’on voit dans le miroir le matin au réveil. Néanmoins, nez en moins gros.

Sous nos fards, sous nos masques et sous nos parures se cache toujours notre vulnérabilité et notre grande innocence typique d’éternel enfant. Sous nos airs sérieux de grand et de grande, toujours un ptit gars ou une ptite fille qui vit, qui git et qui agit. Un enfant qui rit quand c’est drôle, et qui pleure quand c’est triste. Un enfant tout ptit qui dit ce qu’il/elle veut, et pas. Une âme légère. Une tête en l’air. Au coeur léger, et parfois trop gros.

Si on pouvait seulement préserver, conserver et valoriser notre innocence et curiosité d’enfant. Celle qui cherche sans vouloir trouver, celle qui ne sait rien mais qui veut tout savoir, celle qui veut tout voir du monde. Celle qui ne juge pas, celle qui voit le monde avec des étoiles dans les yeux et de la joie simple au coeur.

Ce matin, je m’en allais écrire profond, deep deep, et vous jaser de ce meme.

Mais dans le fond, je me sens davantage ainsi ce matin.

Pas trop sérieux matin, un brin coquin, limite taquin. Plus foulosophe que philosophien. Plus envie d’écrire pour le fun que pour la forme. Plus envie de ne dire rien que quelque chose qui vaille. Car au fond, tout vaut quelque chose, tout se vaut et faut ce qui faut.

Écrire pour rire de novembre qui achève, et de décembre qui s’amène. Aléluia !

La neige est arrivée par ici, ça donne un autre teint à mère nature. Ça la pâlit, ça l’embellit. Ça cache tout le gris.

Et toi, encore ici qui lit ? Guili guili, j’écris pour vous tenter, pour tenter de vous chatouiller l’âme qui vit. La tienne comme la mienne, la nôtre comme la vôtre.

Souris, c’est jeudredi fou fou.

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Aimer.
Être aimé(e).
Ne jamais oublier sa propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indescriptible et à la disparité vulgaire de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Poursuivre la beauté jusqu’à son antre.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais le pouvoir.
Par-dessus tout, observer.
Essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et ne jamais, jamais oublier.
~Arundhati Roy
___

Nous sommes tous fatigués.
Vraiment, nous le sommes.
C’est une route difficile, mais c’est aussi une belle route.
Peut-être que nous attendons trop de nous-mêmes et des autres.
Peut-être l’humanité ne peut-elle progresser que lentement, comme un ver de terre.
Peut-être devons-nous célébrer plus souvent le chemin parcouru.
Et nous reposer davantage.
Et savourer les plaisirs simples.
Et chercher l’amour partout…
Il y a une rivière près de chez moi.
Elle serpente lentement, paisiblement.
Elle ne se demande pas pourquoi elle n’est pas un océan, ou une rivière déchaînée, ou autre chose.
Elle s’abandonne simplement à ce qu’elle est.
Peut-être que nous avons juste besoin de nous rendre plus à ce que nous sommes.

– Jeff Brown

NOPINIONS

Tu peux toujours choisir de ne pas avoir d’opinion. Pas besoin de se mettre dans tous ses états pour des choses que tu ne peux contrôler. Ces enjeux ne requièrent pas que tu les juges. Laisses-les tranquilles.
– Marc Aurèle

Récemment je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle je devais prendre position. J’ai rédigé une lettre aux personnes concernées pour partager ma pensée face à un enjeu particulier. Et puis, au moment d’envoyer la dite lettre, j’ai décidé d’en supprimer un bout, celui où j’exprimais ma position face à cet enjeu justement. Pour ne conserver que le coeur du message. J’ai décidé de peser sur la clutch de mes opinions et de laisser tourner le moteur dans le vide.

Souvent, on considère qu’il est important d’exprimer nos opinions. De laisser savoir au monde ce que l’on pense face à tel ou tel enjeu, telle ou telle situation.

Mais arrive un moment où ces opinions tombent d’elles-mêmes. Où l’on se fout même de ses propres opinions.

Vient un point dans la vie où l’on décide de vivre au strict minimum, de surfer sur la simplicité, de limiter sa vie à quelques principes cardinaux tels ceux-ci:

Vient un point où l’on décide de se limiter à l’essentiel et de valoriser le silence dans certaines circonstances.

Quand on est jeune, il est important de se battre pour ses principes, de défendre ses idées, d’exprimer ses opinions. Mais vient un temps où cela tombe de soi.

Et on décide de vivre avec intégrité, tout en sachant sa juste place dans le troupeau. Ne pas accepter ce qui n’est pas juste pour soi, mais ne pas émettre ni exprimer tout ce qui nous passe par la tête car ça n’en finit pas de rouler up there. Alors faire l’économie de nos opinions. Prendre note de ses réactions, mais ne pas réagir.

Ça simplifie la vie. Ça allège le mental. Car on peut se perdre dans les dédales des détails des choses de la vie. Alors apprendre à se tenir droit, à marcher son chemin, un pas à la fois et chaque pas dans la foi, simplement, humblement, dignement. Sans flafla ni artifice. Mais avec droiture et intégrité. On n’a pas à justifier son existence à quiconque.

Simple parfois la vie. Mais ça prend aussi du temps pour y arriver.

Enfin.

PRATIQUE Ô PRATIQUE

La vie est un immense champ de pratique. La vie entière n’est qu’un infini et éternel champ de pratique. Comme on dit parfois, un champ de tous les possibles, et d’autant d’impossibles, peut-être même davantage d’impossibles que de possibles car pour un possible, combien d’impossibles ? Mais ça on ne le saura jamais vraiment.

À chaque jour, si on le veut et qu’on décide qu’il en soit ainsi, on peut apprendre quelque chose de nouveau. Ou re-découvrir quelque chose qu’on savait déjà mais qu’on avait oublié.

Et chaque fois qu’on apprend, c’est inévitable, c’est à-propos de soi-même. Car nous ne connaissons du monde que ce que l’on ne connait de soi. En ce sens, nous sommes le monde et le monde est nous. Le monde, au sens des gens, des sens et des choses.

Apprendre constitue un grand exercice d’humilité. Car plus on apprend, plus on réalise qu’on ignore. Plus on apprend, plus on découvre qu’il y a tant à découvrir que nous ne savons pas encore.

Et plus on apprend sur soi, plus on apprend sur le monde. Car on ne peut connaître le monde qu’à la mesure à laquelle l’on se connait soi-même.

Je limite mon bla bla ce matin pour vous laisser lire ces deux textes ci-bas, riches en sagesse et en lucidité.

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Pour être avec l’autre, il faut avoir compris des choses en soi.
Si tu n’as rien compris en toi, si, comme dit Simone Weil, tu ne t’es pas élucidé un minimum, qu’est-ce que tu vas comprendre de l’autre ?
Tu ne comprendras de l’autre que ce que tu as vaguement compris de toi.
Je ne peux jouir de l’autre qu’en ayant de l’empathie, pour avoir de l’empathie il faut que je le comprenne.
Pour le comprendre, au sens premier (le prendre avec) il faut que je comprenne des choses en moi pour que ce qu’il est résonne en moi.
Et pour que ça résonne en moi comme un, il faut quand même que je m’y sois colleté à ce que je suis (qui est minable, médiocre, chaotique, inconséquent), mais tant que tu n’as pas un début d’élucidation de ce que tu es, qu’est-ce que tu vas recevoir de l’autre ?
Tu ne vas rien comprendre de l’autre parce que pour comprendre l’autre et bien il faut avoir compris soi.
Tu n’as de sympathie avec l’autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi.

Une véritable sympathie pas une relation mondaine, c’est autre chose, ça c’est une ivresse.
Ce que je peux dire modestement c’est que mon affection pour l’autre ne peux pas ne pas dépendre de ce que j’ai accepté d’aimer un peu en moi.
Car si je ne connais rien du tout de moi et si je ne sais pas qui je suis, je vais être dans un tel état d’incertitudes, de non présence, que je ne vais rien voir dans l’autre, et, ici, la phrase de Nietzsche est admirable:  » je ne vais voir dans l’autre qu’une confirmation de moi, je vais l’utiliser, l’instrumentaliser, pour en faire un spectateur et non pas une rencontre.
– Fabrice Luchini

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Un vieil homme était assis sur un banc, une jeune personne vînt vers lui et lui demanda: – Vous souvenez-vous de moi, professeur ?
Le vieil homme répond : Non !
Le jeune homme lui dit qu’il était son ancien élève.
– Le vieux enseignant : Ah ! Qu’es-tu devenu ? Que fais-tu dans la vie maintenant ?
Le jeune homme répondit : Eh bien, je suis devenu professeur, moi aussi.
– Ah, comme c’est bon de le savoir, donc comme moi, dit le vieil homme.
– Oui, comme vous ! En fait, je suis devenu professeur, grâce à vous, vous m’avez inspiré à être comme vous.
Le vieil homme, curieux, demande au jeune professeur, à quel moment il avait décidé de devenir enseignant.
Le jeune homme lui raconte l’histoire suivante :
– Un jour, un de mes amis, également lycéen, est arrivé en classe avec une belle montre toute neuve, cette montre, je la voulais et j’avais décidé de la voler.
Peu de temps après, mon ami a remarqué que sa montre avait disparue et s’est immédiatement plaint auprès de vous.
Vous nous avez lancé : – Une montre a été volée pendant mon cours, aujourd’hui. Celui qui l’a volée, doit la rendre.
Je ne l’ai pas rendue parce que cette montre je la voulais … tellement !
Ensuite, vous avez fermé la porte et vous nous avez demandé de nous lever et que vous alliez nous fouiller tous, jusqu’à ce que la montre soit trouvée.
Mais, vous avez exigé de nous, de fermer les yeux.
Nous l’avions fait, quand vous avez fouillé mes poches, vous avez trouvé la montre et l’avez prise.
Vous avez continué à fouiller les poches de tout le monde. Quand vous avez fini vous avez dit : – Ouvrez les yeux. J’ai trouvé la montre.
Vous ne m’avez rien dit et vous n’avez jamais reparler de cette histoire.
Vous n’avez jamais dit non plus qui avait volé la montre.
Ce jour-là, vous avez sauvé ma dignité.
Ce fut aussi, le jour le plus honteux de ma vie.
Vous ne m’avez jamais rien dit, vous ne m’avez pas grondé ou attiré mon attention pour me faire une leçon de morale, mais vous avez réussi à m’éclairer. Grâce à vous, j’ai compris ce qu’est un éducateur et la valeur d’un enseignant.
Vous souvenez-vous de cet épisode, professeur ?

Le vieux professeur répond : – Je me souviens de cette montre volée, je cherchais dans les poches de tout le monde, mais je ne me souviens pas de toi, j’avais moi aussi, fermé les yeux en cherchant.
C’est l’essence même d’un éducateur.
Si pour corriger vous devez humilier, vous ne savez pas enseigner, ni être un éducateur. »
– Auteur inconnu

AHO ICI-BAS !

Une prière pour notre époque.

Quand ils haïssent, je vais aimer.
Quand ils blasphèment, je vais bénir.
Quand ils blessent, je vais guérir.

Je suis au service de la lumière.
Je n’ai pas peur de l’ombre.

Je vais poursuivre mon travail
au service de la terre
et de tous ses enfants.

Quand ils divisent, je vais unir.
Quand ils enragent, je vais calmer.
Quand ils nient, je vais affirmer.

Je vais tout simplement être qui je suis

car c’est pour cela que le Grand Esprit m’a créé.

Évêque Steven Charleston
Citoyen de la Nation Choctaw
et Aîné autochtone de l’Amérique du Nord

En ces temps troubles, on a besoin de tels mots inspirants je trouve. Car lorsqu’on regarde l’état du monde, on peut être porté à se décourager, à perdre espoir en l’humanité.

Mais, malgré les guerres et les nombreuses – mauvaises – nouvelles du monde, on doit se rappeler que la majorité des gens sont de bonne volonté, et d’actions tout aussi bonnes.

Oh bien sûr, les mots gros et blessants ont désormais plus libre cours qu’avant sur les multiples réseaux asociaux, l’inconscient collectif s’y manifestant plus librement qu’avant, mais les apparences sont peut-être trompeuses si on sait lire entre les lignes et voir derrière les écrans.

Car je demeure persuadé que le coeur humain est encore bon et que malgré l’ombre, la lumière tente toujours de percer. Oui, je sais, tendance John Lennon le chroniqueur. Mais nous ne sommes pas seul(e)s puisque vous y êtes vous aussi. Comme eux et elles aussi là-bas, partout all over the world. Humains et humaines de bonne volonté.

Alors quoi faire d’autre que de continuer de faire du mieux que l’on peut avec ce que la vie, Dieu ou le Créateur/trice, nous a déposé au Coeur ?

Même quand quelqu’un nous insulte ou nous blesse, ou quand la vie ne va pas dans le sens qu’on le voudrait, reconnaissons, acceptons et continuons. Même si parfois si aimerait mieux haïr et bitcher qu’accepter et pardonner, les gens ou la situation, rappelons-nous de tendre vers la lumière car c’est la seule direction possible à envisager. Au bout du compte.

Bien sûr que les ombres se présentent à l’occasion, que les nuages se pointent au-dessus de nos têtes ou dans nos coeurs par moments, et que l’on a tous et toutes à faire face à nos propres défis et limites. OK de faiblir parfois et de perdre espoir, de perdre le cap, de broyer un peu de noir, mais il toujours possible de se relever, la tête comme soi-même, et de poursuivre, de continuer, de persévérer.

Même en novembre, même en 2024, même dans notre somme toute relative humanité.

Quel autre choix plus réaliste avons-nous anyway que de viser la lumière ?

C’est pour se convaincre et s’encourager soi-même qu’on écrit après tout. Alors this one’s for me. Et vous, si vous vous êtes rendu(e)s jusqu’ici.

Cette prière ci-haut, si humble et puissante, ressemble étrangement à celle de St-François d’Assise non ?

«Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.»

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Vivre poétiquement, c’est essayer d’avoir une tenue de langue et d’âme qui réenflamme la vie.
– Christian Bobin