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AU YABLE LES DÉMONS

Lorsque nous tentons de combattre ou de réprimer les parties désavouées de soi que je qualifies de démons, en fait ils gagnent du pouvoir et développent de la résistance. En nourrissant nos démons, nous ne les rendons pas seulement inoffensifs, mais en les confrontant plutôt qu’en les fuyant, nous nourrissons les parts d’ombre de soi, afin que l’énergie bloquée dans le tiraillement puisse devenir une force positive de protection.
– Lama Tsultrim Allione

Plusieurs personnes aiment croire au diable, aux forces du mal, aux démons.

Je préfère croire que les seules forces négatives relèvent de l’inconscience, de l’insouciance et de fausses croyances.

Dès qu’on met de la lumière sur un phénomène, un enjeu, les choses s’éclaircissent et il devient possible de comprendre, de sentir, d’apprivoiser. Bref de se mettre le nez et les yeux de la conscience dans le phénomène.

Quand on ne comprend pas quelque chose, on attribue la source du résultat au hasard, à la chance ou encore au destin. Genre

J’aime croire aussi que nous avons certaines leçons à apprendre dans la vie et que la vie mettra éventuellement sur notre route des défis que nous devrons résoudre, comprendre, dénouer, des zones d’ombre et d’inconscience à éclaircir.

Certaines personnes considèrent le nouveau bully en chef comme un être diabolique, d’autres comme au sauveur et un envoyé de Dieu. Le même bonhomme. C’est le même prix. Pour avoir connu des gens qui ont dû dealer avec lui en immobilier dans les années 1980 à New York, il est clairement un crosseur de première classe et un homme d’affaires malhonnête si je me fies à leur expérience. Ils sont nombreux à ne jamais avoir été payés par ses entreprises. Et si on se fie à son show médiatique, il sait comment jouer la game. Et le monde en redemande.

On verra bien comme les choses évolueront. Mais une chose est certaine, la lumière sera mise à rude épreuve dans les prochaines années. Les choses extérieures ne sont probablement que des miroirs de ce que l’on porte en soi. Alors, plutôt que de juger ou de se fermer les yeux, observons, regardons, examinons le monde qui se développe. Même si ça nous inquiète, même si on n’aime pas, même si ça fait peur.

Nous portons tous et toutes en nous ce que nous voyons, percevons et reconnaissons à l’extérieur de soi. Pour cette raison qu’on peut le voir. Le monde n’est qu’un miroir de soi-même. Si nous osons bien regarder et tout voir, peut-être qu’on réalisera que les démons ne sont que les projections de nos propres peurs et le reflet de notre propre inconscience ?

Showtime !

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Les religions ont créé une idée très stupide dans l’esprit humain, soit que le mal a de la force.
Le mal n’a pas de force, le mal n’existe pas.
La vérité a de la force et de l’énergie.
Une montagne de mensonges ne peut empêcher la vérité, il ne lui faudra simplement plus de temps pour grandir.
On ne peut l’arrêter, on ne peut l’entraver.
L’explosion ultime est absolument certaine.
L’humain(e) doit devenir surhumain(e), la conscience doit devenir superconscience.
Et béni(e)s sont ceux et celles qui savent attendre, qui peuvent surveiller silencieusement la porte quand l’invité arrive.

L’invité vient certainement, n’a jamais failli.
Et il n’y a pas de forces du mal qui travaillent contre la vérité, contre les forces du bien.
Ce n’est que de l’obscurité, de l’ignorance ; on ne peut pas les appeler des forces.

Il faut être compatissant envers elles.
Ce ne sont pas des ennemis, ce ne sont que de gros blocs de marbre qui attendent qu’un bon sculpteur coupe quelques éclats ici, quelques éclats là.
Et une belle statue cachée – qui était toujours là – émergera.
L’artiste aide seulement ce qui était caché à émerger.
Personne ne l’empêche.
Mais l’idée que le mal travaille contre les forces du bien a rendu les gens impatients et effrayés
.
Je vous dit qu’il n’y a pas de mal, et il n’y a pas de forces mauvaises dans le monde.
Il n’y a que des gens conscients et d’autres qui dorment profondément.
Et le sommeil n’a aucune force.
Toute l’énergie est entre les mains des gens éveillés.
Et une personne éveillée peut éveiller le monde entier.
Une bougie allumée peut allumer des millions de bougies, sans perdre sa lumière.
Et le temps n’est pas loin.

Parce que l’humanité endormie a beaucoup souffert et va souffrir davantage.
Et à mesure que la souffrance s’approfondi, c’est une bénédiction déguisée.
L’humanité ne peut tolérer qu’une quantité limitée de souffrance, et alors elle se réveillera.
Et l’humanité a suffisamment souffert.

– Osho, the Transmission of the Lamp

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Le chaos n’est pas le désordre ou la fin, il est la manifestation ordonnée de l’ancien qui se meurt pour laisser place à un état supérieur.

– JM Muller

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La plupart des choses dites mauvaises qui arrivent dans la vie des gens sont le résultat de l’inconscience.
Elles sont créées par les gens, ou plutôt par leur ego. Je fais parfois référence à cela en employant le terme mélodrame.
Quand vous êtes totalement conscient, le « mélodrame » disparaît de votre vie.
Laissez-moi rapidement vous rappeler comment l’ego fonctionne et comment il crée ce mélodrame.

L’ego, c’est l’aspect du mental qui mène votre vie quand vous n’êtes pas la présence consciente, l’observateur, le témoin.
Il se perçoit comme un fragment isolé dans un univers hostile n’ayant aucun véritable lien intime avec aucun autre être et étant entouré d’autres ego qu’il considère comme une menace potentielle ou qu’il tentera d’utiliser à ses propres fins.
Les structures fondamentales de l’ego lui servent à lutter contre sa propre peur, profondément ancrée, et son sentiment de manque.
Ces fondements sont la résistance, le contrôle, le pouvoir, la cupidité, la défensive, l’hostilité.
Certaines des stratégies de l’ego sont extrêmement rusées.
Malgré cela, elles ne résolvent jamais vraiment aucun de ses problèmes pour la simple raison que l’ego est lui-même le problème.

Eckhart Tolle

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Le seul mal qu’il faut vaincre dans ton cœur, c’est la peur.
Tous les autres maux : la colère, la jalousie, la tristesse, la culpabilité morbide, proviennent de cet ennemi intérieur.
Si tu arrives à dominer ta peur, plus rien ne t’atteindra, plus aucune force mauvaise n’aura d’emprise sur ton cœur.
Et pour vaincre la peur, il n’y a qu’un remède : l’Amour.
Tout le chemin de la vie, c’est de passer de la peur à l’Amour.

– Frédéric Lenoir

100 % HUMILITÉ RELATIVE

J’ai finalement tuer complètement mon ego, désormais je suis meilleur que tout le monde.

Quand la vie nous donne des citrons, préparons-nous une tisane.

On dirait bien que ce qui ce passe dans le monde, en grande partie fondé sur un apparent pouvoir, une ambition démesurée, sur le paraître et sur le bling bling nous incite à plonger en soi, et à vivre à notre humble et honnête mesure. À accepter ce qui est. Ou à se désoler ou à tirer sur les messagers. Ou devenir fâché.e fâché.e, ou inquiet inquiète.

Évidemment qu’on ne peut éviter de remarquer que ce qui se passe out there est inquiétant, dérangeant, bouleversant, et que tout nous semble étrange. Une clique de ptits coqs assoiffés de bidous et de pouvoir qui, pour certains vont sauver le monde, et pour d’autres, le détruire, et se placent au sommet d’une pyramide aussi insignifiante qu’inquiétante à faire leur place à côté du chef coq en vain.

Rien qu’on puisse faire pour contrer ça. Rien d’autre que d’observer, prendre note, ou tourner son regard, et dans tous les cas, continuer à vivre notre petite vinaigrette locale. Et à charrier l’eau, fendre le bois et chauffer le poêle.

Plusieurs en ce bas monde ont beaucoup d’ambition, et aiment les projecteurs qui le leur rendent bien. Et nous on watch le running gag show. Plusieurs parmi ces rich and famous ont toutefois beaucoup plus à perdre qu’à gagner. Car éventuellement, ce qu’ils après quoi ils courent me semble futile et temporaire, et voué à leur filer entre les mains éventuellement. L’avidité n’est jamais rassasiable semble-t-il. Le pouvoir, la gloire, le devant de la scène, tout cela est bien grisant, mais me semble assez insignifiant devant la vie qui passe, devant la mort. Mais courrez, courrez toujours mes ptits lapins Energizer doppés à l’appétit sans limite.

Toutes les paillettes et le glamour finissent par devenir fades et par se ternir. Tous les empires finissent par s’écrouler. Alors que ceux qui veulent jouer la game la jouent. Et laissons-les jouer. Des millions les ont élus anyway. Chacun.e est ici pour aller au bout de ses rêves, de ses pulsions, de ses ambitions. Chacun.e son rôle, drôle ou pas. Et espérons que la planète tienne le coup. Et même ça, rien de certain.

De notre côté, tout ce que l’on puisse faire c’est regarder le show de boucane et donner du sens à ce que l’on vit, ici, à notre petite échelle. Comme on dit, faire ce que l’on aime apporte la liberté tandis qu’aimer ce que l’on fait apporte le bonheur.

Comme disait ma mère, vivre et laisser vivre.

Devant la futilité du monde parfois, face au découragement, aux déceptions et à notre impuissance à rendre ce monde comme on pense qu’il devrait être, on peut être porté.e à courir après un certain Nirvana, à désirer une paix de l’esprit permanente et complète, atteindre la grande illumination. Mais peut-être que cela n’est simplement qu’une autre illusion et que même cela va nous décevoir si nos attentes sont trop élevées. 😉

J’ai lu tellement à ce sujet auparavant que j’ai pu m’empêcher d’être un peu déçu quand je suis devenu illuminé.

La gloire et l’apparence de pouvoir vont sûrement s’élimer pour nos glands garçons, comme le fera notre avidité spirituelle, notre prétendu détachement et notre faux sentiment de supériorité devant la trivialité. Alors apprécions nos citrons du moment, respirons lentement et focalisons sur les bons objets du désir, soit le moment présent, l’impermanence, la gratitude, la simplicité et l’humilité.

Et vous pouvez ajouter à cette liste ce que vous voulez, ou pas, mais aucune garantie ni bonheur promis. Promis.

SE DÉFAIRE DE SOI

Le travail que vous faites sur vous-même dans le silence va trouver écho dans toutes les sphères de votre vie.
– Michell Clark

Ce matin j’ai choisi ce meme car il traite d’un thème que j’aime. Ça rime en frime.

Pour le silence, j’achète. C’est l’expression de travail sur soi qui me chicote.

De surcroît, l’expression le travail qu’on fait sur soi dans le silence, ou en silence si vous préférez traduire ainsi in silence, me semble contradictoire. Car que fait-on quand on fait silence ? Tous ces stages de développement personnel et de perfectionnement de la personne nous laisse croire qu’on doit bâtir quelque chose, ou plus précisémenent quelqu’un.e.

Mais qu’est-ce que le Soi au juste ?

Sinon une création, une construction qui n’était pas présente à la naissance, et qui disparaîtra à notre mort. Un voile, une séparation entre la vie qui prend dans notre corps et celle qui anime le reste de la création.

On ne se bâtit consciemment pas un Soi. Il se forge par défaut, par notre éducation, par les croyances qui nous sont transmises et qu’on fait siennes ou qu’on rejette. Au fil de la petite enfance, on devient notre nom, notre genre, une identité, des valeurs spécifiques.

Si on considère le Soi sous un angle psychologique, Freud a élaboré les concepts de Ça, de Moi et de Surmoi pour décrire les trois aspects de notre identité, de notre personnalité.

Le Ça étant en quelque sorte le siège des désirs et des pulsions refoulées, guidé par le principe due la recherche de plaisir; notre partie animale. Le Moi serait une sorte de méditation entre le Ça et le Surmoi, les 1er et 3ème étages de l’être, et serait plutôt guidé par le principe de Réalité et de raisonnabilité. Alors que le Surmoi, qui représente la conscience morale et l’intériorisation des interdits de l’enfance, agirait comme le juge et le témoin, comme un négociateur.

En fonction de ces trois aspects qui nous animent, le seul travail qu’on peut faire sur soi-même est en réalité un travail d’observation fine, de reconnaissance sans jugement, puis de désidentification. Un travail de détissage, de défaisage de noeuds, d’allègement. Une façon de créer de l’espace en Soi, de s’Infuser de l’air dans l’âme.

Le travail dit religieux ou spirituel, qui fait parfois défaut aux fervent.e.s de la psychologisation de l’être humain, favoriserait une prise de contact avec une 4 ème présence en Soi, la présence divine, quelque chose de plus grand que petit soi séparé du Grand Tout et limité aux 3 sphères décrites par Freud.

La psychologie a cette manie de réduire l’humain.e à ces trois instances, de nous limiter à quelques petites boîtes semi-mécaniques dans lesquelles on se trouve enfermé.e.s. Mais nous sommes plus vastes que nos instincts, plus grand.e que nos croyances et plus fluide que notre conscience morale. Nos instincts nous rapprochent davantage les un.e.s des autres que nos croyances car elles sont partagés par tout ce qui vit. Éros et Tanathos animent tout le monde.

Si la notion de travail sur Soi existe, elle consiste tout simplement à arrêter, à s’arrêter de réagir pour commencer à répondre davantage et à observer, sans faire quoi que ce soit d’autre que de prendre note de la vie en Soi. Et de respirer. Et d’écouter la petite voix, celle qui nous chuchotte la voie à suivre.

On peut bien tenter de se construire, de s’améliorer, de travailler sur soi, mais la vraie job me semble consister tout simplement à laisser se défaire les schémas dans lesquels nous nous sommes bâti.e.s, pour retrouver la liberté de notre âme, et libérer ce ptit bout du Grand Esprit qui nous anime, et qui fait partie du Grant Tout.

Faire tomber les patrons comportementaux, ou les laisse tomber, ou fondre d’eux-mêmes car lorsqu’on prend conscience de quelque chose de limitatif, il n’y a rien à faire, ça tombe de soi. Laisser se dissoudre la différence et la frontière entre qui l’on pense être et ce qui est vivant en Soi. Au-delà de la moralité, au-delà des pensées, des émotions et sentiments. En les incluant, sans les nier, mais en les observant, en tenant compte des vagues que cela crée en nous mais sans s’y laisser prendre.

Le seul non travail de la méditation consiste à devenir l’Observateur/trice de tout ce qui prend place dans notre corps, comme autour et dans le reste du monde. En commençant par pensées, nos sens et nos perceptions, car c’est ce qui se trouve le plus près de Soi tout en se branchant sur son coeur, notre point d’ancrage avec le monde et point de contact avec autrui.

En ce sens, si on doit utiliser des mots, le terme de Soi est plus juste et précis que celui de Moi. Car nous sommes tous et toutes des Soi. Et l’idée consiste à devenir Soie, soit plus doux et douce envers Soi-même comme envers les autres, ce qui se fait automatiquement. Car au fond nous sommes tous et toutes la seule et même personne, sous des allures de personnalités différentes.

Et aucun travail n’est requis de la part de personne autre que celui d’être humain, pour passer d’être une personne à ne devenir plus personne.

Et comme le disait Sergio Leone, mon nom est personne.

SI LENTS CIEUX

Être silencieux.se toute la journée, ne lire aucun journal, n’entendre aucune radio, n’écouter aucuns commérages, être complètement paresseux.se et indifférent.e au sort du monde est le plus précieuse médecine qu’une personne puisse s’offrir.
– Henry Miller

Un ami m’envoyé cette citation d’Henry Miller hier comme inspiration de chronique. Je l’ai pris aux mots. Sapiens. Ceux du silence.

Ça tombe bien car hier, justement, avec quelques amie.s, on a pris toute une journée pour ne rien faire d’autre qu’être présent.e.s. Seul.e.s, ensemble. Pour écouter de la musique, entrecoupée de silence, ou l’inverse, quelques mots sages, siroter un thé au son de musique Zen, chanter quelques mantras et ommer l’air du temps, prendre une marche en nature. Ce rien qui est, finalement, Tout.

Payez–vous ce luxe si vous le pouvez. Osez écouter pour voir, pour sentir, ressentir.

Car on a beau méditer quelques minutes ici et là, ou même une heure à la fois, rien n’égale le fait de prendre toute une journée pour se couper du monde entier et de ses mauvaises nouvelles. La maison se transforme en ashram.

Simplement descendre en soi et s’écouter. Car ça prend du temps de descendre down there dear. Les premiers étages du sous-sol sont les plus encombrés, c’est plus bas que ça se passe. C’est plus bas que ça finit par s’élever.

Et comme je ne fais pas les choses à moitié et que je préfère la moitié vide du verre, pour accompagner la citation de mon ami, en voici quelques autres qui parlent du silence.

Dès lors, sois silenceiux.se. Laisse parler cette présence qui a créé les mots car elle a aussi créé la porte, la serrure et la clé.

Comme le cadre et tout le reste du home. De même que cette présence en nous qui observe l’observateur/trice qui s’observe observer. Silence, ça tourne.

Que nous reste-t’il d’autre à faire quand il n’y a plus rien à faire ? demande le/la poête.

Et où aller quand il n’y a plus nulle part ou aller ?

Descendre en soi, descente en soie.

Car je suis à cette étape de ma vie où je ne m’obstine plus, je dis OK et je me la ferme.

Enfin.

D’ailleurs,

Certains sont lourds, étouffent, densifient. D’autres sont légers, libèrent et allègent.

Hier c’était ce silence du deuxième type qui m’habitait, qui m’animait. Et ce que je souhaite à tout le monde.

Un silence lent, paisible, qui accepte et inclut tout. Tous les mots, toutes les contradictions font partie de ce silence. L’ombre et la lumière y cohabitent, et y dansent un slow. Tout a sa place, même ce qui n’existe pas.

Le monde va trop vite, on vit dans trop de mots et d’images la plupart du temps. Parfois il faut s’en couper, tirer la plug du monde. C’est ce que j’ai fait hier. Et c’est ce que je veux faire de plus en plus. Surtout cet hiver.

Alors ne me téléphoner surtout pas. 😉 C’est l’hiver.

Mais si vous avez envie de faire silence avec moi, avec nous, chacun.e chez soi, ensemble via le fil du sans fil, ça, ça me parle. Ça vous parle ?

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C’est seulement par la méditation que vous commencez à devenir un être humain, que vous commencez à sortir du règne animal.
Quelque chose de plus grand que l’animal se met à vous arriver grâce à la méditation.
D’une part, elle fait de vous un être humain, d’autre part, elle apporte une grande excellence à tout ce que vous faites.
Le secret, c’est que la méditation libère de la conscience en vous.
Pour moi, la conscience vigilante est la seule vertu, et l’inconscience le seul péché.

– Osho

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Si tu n’es pas reconnaissant.e pour ce que tu as, tu ne peux être heureux.se avec ce que tu obtiens.
Tu as toujours l’impression de ne pas en avoir assez.
Tu regrettes le passé parce que tu aurais pu « faire plus ».
Et tu es anxieux.se à propos de l’avenir parce que tu pourrais « rater » l’abondance.
Trouve de la gratitude pour les plus petites choses – le soleil du matin, une gorgée d’eau, tes vieilles chaussures – et le bonheur est à toi, peu importe ce que tu obtiens ou ce que tu perds.

– Jeff Foster

TRA LA LA

Ce matin, pas trop envie de parler par écrit le chroniqueur, encore moins de raisonner comme de raison, avec ou 100.

Ce matin, c’est plutôt l’envie de chanter qui l’habite, l’habite ati Gui, dans son pays. Tra la là lit.

Ce matin, ça s’est mis à taper à la troisième personne, comme ça, tout seul comme personne, et il se demande où sont passées les deux premières. Mon nom est personne, et le tien ? Luit, luit.

Ce matin, pour casser la routine, envie de dire n’importe quoi, mais, surtout, n’importe comment. Et de laisser ce n’importe quoi n’importe comment se faire petite chanson sans raison. Des raisons nobles.

Petit matin tout blanc de janvier sur terre. Blancs de mémoire sur les raisons d’être ici. Être, qu’être, comme l’arbre qui chante dans la forêt tout l’hiver durant en conservant ses feuilles jaunies qui se laissent frôler par le vent. Pour cela qu’il faut marcher en silence dans les bois. Car la vie chante autour. Et danse. Avec le vent, et le silence.

Ailleurs, ça brûle dans l’ouest, les gens perdent tout. Ça bombe à Gaza, mais on n’en parle presque plus déjà. Et les gens n’ont déjà plus rien. Mais nous on pense à eux et elles. Ça jazz aux States, surtout dans la trompe de l’éléphant, mais on n’a plus envie de regarder par en bas right ? La vie, ici, est porcelaine.

Entouré.e.s d’arbres, on laisse notre regard se projeter autour, car tellement riche ici, partout, autour, en nous. Tout doux, tout doux. Surtout en janvier.

La vie danse, chante, en son et en silence. La neige tombe légère, les arbres s’en recouvrent en leurs pourtours. Et nos pas se figent. Mais le vent les effacent. En hiver, on sait toujours d’où l’on vient, mais moins où l’on s’en va. Car l’ours d’or. Et déjà.

Et là, au bout de la chronique, on se rend compte qu’on est déjà rendu.e.s.

Ici, maintenant, dans le blanc. Des yeux. De Dieu.

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Nous sommes tous confronté.e.s à la mort à un moment ou un autre.
Mais en chemin, veillez à ne jamais blesser le cœur d’un être humain.

– Rumi

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Et si, demain, vous avez envie de ne rien faire, et de vous laisser prendre par le temps, c’est mon plan aussi. atisupino@gmail.com pour le lien Zoom

JE SUIS WOKE, JE SUIS WOKE, JE SUIS WOKE

Le contraire de Woke est l’ignorance crasse.

Il y a de ces mots qui veulent tellement tout dire qu’ils finissent par ne plus rien dire. En ce sens, le mot woke est imbattable, c’est LE mot sans dessein de notre un peu fofolle époque. Même qu’il a remplacé éveillé en français. Woke a été françisé.

Le titre se veut d’ailleurs un ptit clin d’oeil à la chanson de Gilles Valiquette, Je suis cool, qui veut un peu lui aussi tout et ne rien dire. Tout a été cool, tout est encore cool et l’avenir sera sûrement cool aussi. Hot ce mot cool.

Quand on veut insulter quelqu’un.e, on le traite de woke. Quand on ne comprend pas une personne, on la traite de woke.

Le monde est devenu tellement complexe que lorsqu’un phénomène ou une situation actuelle et complexe nous dépasse, on le ou la wokitise et on peut se rendormir et se conforter dans nos idées préconçues. On peut retourner dans le bon vieux temps dans notre tête. Make the good old times great again.

Vous pouvez chercher une définition de woke, il y en a des tonnes selon les diverses écoles de pensées. Certaines très gauches, d’autres pas très adroites. Mais toutes les définitions se valent face à une réalité moderne aussi mouvante et impossible à décrire dans notre monde où toutes les opinions revolent aux 104 vents.

Bien sûr, à son origine, le terme voulait dire quelque chose comme le fait d’être conscient.e des problèmes liés à la justice sociale et à l’égalité raciale. On peut y ajouter l’environnement et diverses autres dimensions animales, végétales et spirituelles.

Mais on est toujours plus éveillé.e face à ce qui nous touche personnellement. Et de toute façon, ne vit-on tous et toutes pas dans un grand rêve ? Ne dort-on pas tous au gaz face à divers enjeux ? Wake up call.

En principe, on souhaiterait que tout le monde soit woke, que tout le monde soit des wokes. Les policitien.ne.s surtout, pour s’intéresser au social, comme les gens aux milliard$ de bidou$, quoi que ce soit ceux-ci qui semblent devenus les policiticien.nes de nos jours, au sud du moins. Sauf que pas très wokes eux en général. Surtout éveillés face à leur pouvoir, à leurs avantages financiers sans fins et prêts à imposer leur idéologie. Et surtout eux qui traitent les autres de wokes.

Dans le fond, on est toujours le woke de quelqu’un d’autre, tous les wokes d’autrui.

Alors chantons tous ensemble : aujourd’hui je décide de m’intéresser aux autres, je suis woke, je suis woke, je suis woke. Tralala. Et vive les Wokes and drôles !

PRIÈRE D’ATTENTION

L’attention, à son zénith, est la même chose que la prière. Elle présuppose la foi et l’amour. Une attention non-divisée et absolue est une prière.
– Simone Weil

Le monde est divisé. Nous sommes divisé.e.s, fragmenté.e.s., dispersé.e.s.

En vivant principalement en suivant le fil de son mental, ou le flot de ses émotions, nous sommes amené.e.s à sans cesse nous disperser, à vivre all over the place.

Car les idées, comme les émotions, changent, bougent, fluctuent et se transforment sans cesse. Un incohérent et continu fil de nouvelles informations.

Comme les fils d’actualités des réseaux dits sociaux mais qui, principalement, nous divisent et nous opposent la plupart du temps. Quand ce ne sont pas les algorithmes qui nous abreuvent de faits sociaux relativement insignifiants, ou tout à fait erronés, se manifestant à la lumière de ce que l’on a aimé jadis. Notre passé devient souvent garant de notre avenir.

Éventuellement, on doit regrouper son attention sur soi, retrouver son centre, son poste d’observation, le point central qui observe le monde avec équanimité, avec une impassibilité de coeur et d’esprit. Ni bien, ni mal. Ni noir, ni blanc. Une infinie multitude de gris.

Pas évident d’exister en se prenant pour personne, en ne se considérant pas comme une personne. Car nous ne sommes quelqu’un que dans notre définition de soi. Le moi n’existe qu’en tant qu’idée. Un ramassis d’expériences, de croyances, d’identifications.

Comme le dit Shunryu Suzuki, nous n’existons qu’en tant qu’idée dans notre mental.

Si nous tenons absolument à être quelque chose, sinon quelqu’un, nous ne sommes tout au plus qu’une présence, un certain Je, qui observe tout, sans juger, sans discriminer, sans s’attacher à rien, ne se définissant comme rien de trop précis, comme un ptit rien dans le grand tout, presqu’un ptit rien du tout.

L’attention, n’est pas concentration, l’attente est présence, conscience, observation. DU dedans, comme du dehors. En raffinant notre attention, avec foi, amour, confiance et ouverture, notre vie devient une prière, nous devenons une prière vivante. Sans savoir, simplement en étant présent.e à tout ce qui est.

Bonne fin de semaine.

FLEUR DE JANVIER

J’ai officieusement pris ma retraite de l’enseignement en janvier 2020. La flamme vacillait, le feu mourrait. J’ai quitté avant l’extinction. J’avais quelques économies de ma job de prof avec lesquelles j’ai vécu depuis. Pas tant que ça, mais c’est déjà davantage que plusieurs personnes. Gratitude.

À tous les débuts janvier depuis, je vais voir mon conseiller financier pour retirer assez de bidous pour payer les dépenses courantes de l’année en cours. En soi, déjà un gros luxe. La base est couverte.

Hier matin, comme à tous les débuts janvier, j’y suis allé de nouveau. Mais c’était la dernière fois. Le bas de laine est vide. J’ai réussi à tricoter dans les mailles du système D pour me rendre à 65 ans, âge que j’atteindrai l’an prochain. Mon plan de carrière était de me rendre à ma pension. Mission accomplie. La première étape est complétée, l’an prochain, ce sera l’aide sociale destinée aux plus de 65 ans. Un autre privilège de vivre ici. Re gratitude. Si tout tient encore jusque là bien entendu. Que sera sera. Tralala.

Mais hier, cette réalisation m’a rentré dans le tableau de bord (all right, j’ai réussi à ne pas dire dash), oups !

Ça y est, je suis au seuil de la retraite officielle. Pas le premier ni le dernier, mais cette fois c’est moi. Moi qui se sent encore comme un kid de 12 ans, je commence néanmoins à sentir le poids du temps, à le voir, à réaliser que ça devient plus réel qu’avant. Acceptation. Même si cachées sous des numéros, les années s’insinuent. Plus jeune que d’autres et plus vieux que d’autres autres, j’ai l’âge que j’ai. Mais le mur de l’âge m’a frappé hier. The big 65 est à ma porte. Liberté 55 complétée.

On aime bien dire qu’on a pas d’âge, que l’âge n’a pas d’importance. Surtout quand on est plus jeune que vieux. S’il est vrai qu’on n’a pas d’âge, c’est faux aussi. Car on a beau de pas avoir d’âge, l’âge nous a quand même, l’âge nous tient. Lente et langoureuse réalisation. Et âge et sage, ça rime.

Notre corps nous parle. Toujours il nous chuchote, surtout quand on le chouchoute, alors faut qu’on l’écoute, et parfois, haut et fort, il nous le crie. Les ptits bobos commencent à apparaître, les rides nous rident et le temps passe parfois plus raidement qu’avant. Sacrament.

Hier, sans m’y attendre, j’ai vu le temps qui passe sur moi en pleine face et j’ai subitement eu un immense et soudain respect inconditionnel pour toutes les personnes plus vieilles que moi, sans exception. Tous ces gens qui ont vu plus de temps leur passer sur le corps et en esprit et passé devant les yeux. À tous ces gens qui respirent depuis plus longtemps que moi, chapeau et bravo. Aho !

Janvier a cette qualité de nous révéler le fin fond de nos pensées, et de nos sentiments, comme tous les ptits racoins cachés de notre corps et conscience. Cette période d’hibernation nous permet de toucher à quelques fonds de tiroirs oubliés en soi. Pas juste le fond de pension. On peut concevoir la retraite comme l’hiver de notre vie. Ou comme un pré printemps. Une pause avant un nouveau départ.

Malgré que je dise que je suis à la retraite, je ne suis pas du tout retraité ni retiré du monde pour autant, et ce, même si je vis relativement reclus. Je suis encore actif dans plusieurs projets qui me tiennent à coeur, mon corps est plutôt top shape malgré quelques ptites lumières qui flashent à l’occasion dans le tableau de bord. J’ai une belle voisine d’amour à mes côtés, sans oublier plusieurs bon.ne.s ami.e.s autour. Un homme riche quoi.

Mais je me rends compte que ce qui compte de plus en plus consiste simplement à me regarder vivre, à arrêter, à observer la lente vie. Surtout lente en janvier, qui compte 31 jours en plus. Et prendre le temps de ne plus attendre rien, prendre le temps de simplement apprendre la finesse de la vie, les plus petits détails.

Pour cela qu’en ce janvier de quart de 21ème siècle, je me suis autobooké 3 journées de méditation à résidence (voir affiche ci-bas).

Je ne veux pas me sauver dans un tout inclus au Sud, je veux simplement tout m’inclure ici dans le grand now. Investiguer les fins fonds de mon âme, comme les moins fins. Après avoir beaucoup bougé toute l’année durant, cet hiver j’ai simplement envie de rien, d’un temps d’arrêt. Full stop. Ou gros gros ralentissement du moins.

Ce rien qu’on essaie souvent de ne pas voir ni sentir, ce vide qu’on tente trop souvent d’emplir, et de remplir, de quoi ou même de n’importe quoi. Un luxe que d’arrêter ainsi. Et un défi aussi.

Cet hiver, juste envie de m’assoir et de regarder le feu brûler dans le poêle, observer le bois se consumer. Comme notre corps qui se donne au temps qui passe. Lentement, sûrement, parfois facilement, et de plus en plus mûrement.

Et si on observe bien, au coeur de l’hiver, il y a une fleur. Mais il faut regarder lentement, et avec soin, pour qu’elle se révèle.

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Le 31 décembre dernier, pour boucler l’année, nous avons pris une tranche de 12 heures pour se déposer chacun.e chez-soi, par le fil du sans fil. Sans caméra, seulement avec le son comme liant, cette structure – davantage une suggestion qu’une obligation – nous a permis de se déposer chacun.e en soi, chacun.e chez soi. Incroyable comment une seule journée dédiée à ne rien faire avec présence peut faire du bien à l’âme. Bienvenue si le coeur vous en dit.
atisupino@gmail.com pour info

EMPATHIE DE RUE

L’empathie sans frontières mène à l’auto-destruction. L’amour inconditionnel ne signifie pas tolérance inconditionnelle. Vous devez vous arranger pour que vos frontières soient plus fortes que la tendresse de votre coeur et votre mental plus fort que vos sentiments. Sinon vous serez épuisé.e. Alors soyez bon.ne mais n’acceptez pas n’importe quoi.

Note à moi-même.

Certaines personnes doivent apprendre la fermeté et la droiture, d’autres l’ouverture et la flexibilité.

Pas fermeté comme dans fermeture, fermeté comme dans conservation et droiture comme dans alignement et assumer ses choix.

Et pas ouverture comme dans accepter n’importe quoi, ouverture comme discernement et accueil. Et pas flexibilité comme dans mollesse, flexibilité comme dans souplesse.

Car en effet, l’empathie sans frontières mène à l’auto-destruction.
On peut bien vouloir sauver le monde, premièrement c’est impossible, trop vaste le monde, et on doit de toute façon tout d’abord assurer ses bases pour penser aider qui que ce soit, bibi tout d’abord. Aider, contribuer, être sensible, oui. Sentir le monde entier, notamment les plus démuni.e.s que soi, oui aussi, sans bien sûr ni se laisser couler par ni crouler sous la misère du monde. Car misère il y a en ce monde. Et connerie, et stupidité. Comme beauté et bonté. Toujours deux côtés à cette médaille d’honneur et d’horreur.

L’amour inconditionnel ne signifie pas tolérance inconditionnelle.
Tout d’abord, existe-til quoi que ce soit d’inconditionnel en ce bas monde ? Me semble que tout est question de contexte dans ce monde, duquel relèvent des conditions particulières, autant contextuelles que temporelles. Ça dépend toujours le monde.

Hier je jazzais ici à savoir s’il pouvait y avoir amour sans confiance. Genre : Est-ce que je peux vraiment aimer quelqu’un.e si je ne peux pas lui faire confiance ? La question se pose, et se repose. Pas reposante.

Car on peut bien vouloir aimer et aider le monde entier, assez simple quand c’est aussi générique et mondialement abstrait, c’est quand ça tombe dans le personnel que certain.s. rendent la job plus difficile, que ça se corse. On a beau vouloir ne pas rien prendre personnel, eh qu’on aime dire ça aux autres, prends pas ça personnel ! – aux dernières nouvelles, on est encore une personne, en attendant de possiblement être personne, éventuellement, ou pas. Mais jusqu’à preuve du contraire, tant qu’on a un corps, on est quelqu’un.e. et ce sont nos besoins primaires qui déterminent en bonne partie notre quotidien comme notre perception de la réalité.

Vous devez vous arranger pour que vos frontières soient plus fortes que la tendresse de votre coeur et votre mental plus fort que vos sentiments.
Dualité quand tu nous tient. Cette partie de la recette est plus délicate. Le coeur et le mental ne sont pas vraiment séparés, ce sont que deux fonctions d’un même organisme, soit soi-même. Deux composantes de la même présence qui anime ce corps qui nous porte pour le moment. et ici aussi, pas fort comme dans brute, fort comme dans ferme et droit.

Certain.e.s doivent apprendre prioritairement la fermeté et la droiture, d’autres la générosité et l’ouverture. Chacun.e ses défis. Tout est question d’équilibre j’imagine. Équilibre qui ne peut au fond qu’être un constant déséquilibre qui se rattrape lui-même. Ou dans le fond du baril une fois de temps en temps quand on doit apprendre de cette façon. On n’y échappe pas.

Sinon vous serez épuisé.e.
Oui si on est une girouette et qu’on veut plaire, on plie trop, et si on ne fait aucun compromis, on casse. Il faut être un bois dur mais aussi peuplier 😉
Dans un cas comme dans l’autre, on finit par en donner plus qu’on en reçoit et inévitablement, ceci est une ligne droite vers l’épuisement, vers le déséquilibre. Veut veut pas, la vie c’est du give and take. Et si on donne avec conviction et clarté, ça nous est redonné au centuple, pas plus tard, sur le moment, par le simple fait de donner.

Alors soyez bon.ne mais n’acceptez pas n’importe quoi.
On peut avoir un coeur ouvert, être généreux, être sensible à nos concitoyen.ne.s et vouloir aider, jusqu’à sa propre limite. Et être clair.e, où l’on donne, à qui on donne, et surtout sans attentes autres que de répondre à une situation donnée. On ne donne pas pour recevoir quelque chose peut-être plus tard. On donne et that’s it. Pour le simple geste de donner.

Ces temps-ci, mon défi du moment consiste à rester droit et à garder mon coeur ouvert. While taking no shit !

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Les choses qui s’effondrent sont une sorte de test et aussi une sorte de guérison.
Dans la vie, nous pensons que l’essentiel est de réussir l’épreuve ou de surmonter le problème.
La vérité est que les choses ne se résolvent pas vraiment.
Elles se rassemblent pendant un certain temps, puis elles se décomposent à nouveau.
Puis elles se rassemblent à nouveau et se décomposent à nouveau.
C’est comme ça.
La découverte et la croissance personnelles naissent du fait de laisser de la place à tout cela : de la place pour le chagrin, pour le soulagement, pour la misère, pour la joie.
Les choses sont toujours en transition si seulement nous pouvions nous en rendre compte.
Rien ne se résume jamais de la manière dont nous aimons rêver.

~ Pema Chodron

SALES ATTENTES

La maturité prend place en toi quand tu réalises que les gens ne peuvent te donner ce qu’ils/elles ne peuvent pas se donner à eux-mêmes, alors tu arrêtes de t’attendre à de la loyauté de la part de gens qui se déçoivent eux-mêmes, d’attendre de l’honnêteté de la part de gens qui se mentent à eux-mêmes, et tu arrêtes aussi d’attendre la paix de la part de gens qui sont en guerre avec eux-mêmes.

Comme on ne peut donner à autrui ce que l’on ne se donne pas à soi-même. Car les autres c’est aussi un peu et beaucoup nous-mêmes. Tous et toutes dans la même barque, sur la même terre Mère.

En fait, le coeur de ce message consiste à laisser tomber les attentes, envers soi comme envers les autres. Plus facile à dire qu’à faire vous me direz. En effet. Même si on sait ça avec notre tête depuis longtemps right ?

Mais nos attentes face aux autres sont particulièrement tenaces. En fait, face à soi aussi si on y pense un peu. Sauf que tout le monde fait du mieux qu’il/elle peut avec les moyens du bord, avec qu’il/elle a dans le coeur et dans les mains. Game de Poker la vie. Parfois, on gagne, d’autres, on apprend à laisser tomber, nos attentes. Et on ne sait jamais ce que les autres vivent intérieurement. Il faut savoir leur donner un break. Comme à soi-même.

Au cours de ma vie, j’ai connu diverses situations conflictuelles face à quelques personnes en particulier. J’ai été déçu, j’ai perdu confiance. Des situations dans lesquelles j’aurais dû mettre certaines limites mais je n’en ai pas mis. Pas assez, pas assez tôt. Mais je voulais donner une chance, donner du temps. Car les gens peuvent changer. Même si c’est parfois plus long qu’on voudrait. Chacun.e son rythme.

Hier, en jasant de cet enjeu face à une personne en particulier avec une personne très chère à mon coeur, elle disait qu’il suffisait de l’aimer. Oui, OK.

Mais en marchant dans la forêt hier après-midi par moi-même, avec moi-mème, et en silence, je me disais, en moi-même : comment je peux aimer – du moins essayer d’aimer quelqu’un – si je ne peux pas lui faire confiance ? Je ne peux que faire confiance à cette personne que dans la mesure que cette personne peut faire n’importe quoi.

Alors, l’amour c’est possible sans la confiance ?

En tous cas, la maturité c’est surtout de ne pas avoir – trop ? – d’attentes face aux autres et à leurs comportemetns car combien d’histoires d’amour et d’amitié virent mal quand les émotions sont bafouées et que les peurs kickent in ?

Et même ne pas avoir d’attentes est toute une attente. Une sale attente. Avant le purgatoire. Au moins être conscient de ses attentes, car toujours une roulotte d’attentes dans le fin fond de l’inconscient. Même face à la mort, face à l’inconnu, on entretient des attentes , alors imaginez face à la vie.

Pas d’attentes face à la vie non plus car qui nous dit qu’on ne mourra pas aujourd’hui, qu’on passera la journée ? On vit souvent un jour à la fois en étant certain.e qu’on va se rende au soir. Alors un souffle à la fois , chaque souffle dans la foi serait de mise.

Et qui nous dit à qu’on ne s’étreindera pas dans notre prochain sommeil ? Attention aux pauses. Le sommeil du juste, comme de l’injuste. L’injuste tisse sa toile et son étoile.

Tout est toujours possible, même l’impossible, devant lesquels tous les nul.le.s sont tout nu.e.s. En commençant par Adam des lèvres.

Alors apprécions chaque moment, et ne nous attendons pas à trop, ni à rien, ni à quoi que ce soit. Mais c’est souvent s’attendre à rien qui est le plus dissile. On s’attend jamais à ça.

S’attendre à tout, s’attendre à rien, mais surtout ne pas attendre pour vivre tout ce que la vie nous offre aujourd’hui, tout ce que la vie nous propose comme ce qu’elle nous impose aussi parfois. Parce que par fois la vie nous en impose souvent.

Et voilà, sur un enjeu plutôt sérieux, j’ai réussi à dire des niaiseries. Certaines évidentes, d’autres cashées entre les maux. Frits. Y a des matins de meme. Ça part sérieux pis ça finit par schirrer.