Archives pour la catégorie Non classé

BLANCS ET SI LENTS CIEUX

Que de bruit en ce bas monde ces temps-ci. Une tempête de bruit. Ça caquette comme des poules pas de tête dans toutes les directions. Peur, colère et espoirs hésitants exprimés sous diverses formes. Avec différents maux.

La fin du monde et le déclin de l’Empire d’un bord, le début d’un nouvel Âge d’or de l’autre. Great again et swing la bacaisse.

Et entre les deux, beaucoup beaucoup de bla bla. Au nom de la vérité.

Et hier tout à coup, woush ! Le bruit ambiant a été enseveli sous la neige.

Un doux et lourd tapis blanc qui a fermé le clapet de la valse à caquette nous est tombé dessus ici, recouvrant tout de pureté et de silence. Tapis sous la neige. Toutes traces ensevelies. Qu’on retrouvera au printemps. Car rien ne s’enterre, tout se retrouve. Éventuellement. Que poussé sous le tapis, de neige. Mais pour le moment, profitons-en. De toute façon, ce n’était qu’une générale, ils en annoncent un autre épisode dimanche. Yé !

45 cm de blanc silence nous est tombé dessus d’un coup, pour le plus grand bien de nos oreilles, de nos yeux et de notre âme. À condition de fermer nos écrans aussi. Car ça n’arrête pas dans toutes les sphères. Et on vit beaucoup à-travers les yeux ces temps-ci.

Mais ici, la nature a repris ses droits. Et nos mains les pelles. Quelle bénédiction d’être plongée.e.s de nouveau dans un silence assourdissant le bruit, au coeur de la nature, avec les éléments, les deux pieds dedans, dans la vraie vie.

Ralentir, regarder, apprécier la beauté qui nous tombe dessus. Sur la terre comme au ciel disait la poètesse.

Et redevenir un peu enfant de nouveau. Émerveillé. Subjugué. Ni à gauche, ni à droite, juste ici, maintenant, en plein dans le blanc des cieux.

Elizabeth Gilbert le dit bien ici-bas: j’aimerais vivre le reste de mes jours dans un endroit si silencieux et travailler à un rythme si lent que je serais capable de m’entendre vivre.

Mais pour s’entendre vivre, il faut écouter. Mais ce sens, la plupart d’entre nous l’avons perdu, oublié du moins. Trop plein de mots, trop plein nos yeux et la tête. Trop de monde dans notre monde.

Une bonne tempête nous ramène toujours à soi, qu’elle soit de neige, d’idées ou d’émotions. Elle nous force à retrouver un endroit en soi, un refuge, là où nous pouvons aller, dans notre coeur, dans notre esprit, dans notre home, où l’on ne doit rien à personne, là ou nous n’appartenons à personne, un endroit qui permet l’épanouissement de quelque chose de nouveau et de prometteur.

Et le seul endroit, le seul temps, qui soit toujours nouveau et prometteur, est ce moment, fuyant, furtif, fluide. Ni passé, ni futur, mais jamais tout à fait ici non plus. Qu’en mouvance, en mouvement. Pour le voir et l’entendre, on doit prêter attention, on doit peser sur pause.

Car un art le silence. Qui requiert une infinie pratique.

DUR À FER

L’adjectif pour le métal est métallique mais pas pour le fer, ce qui dur à faire. Merci.

Ce matin juste envie de dire quelques niaiseries en passant vite vite. Comme celle-ci. Mais pas comme celle-là. Joke tordue, farce twistée.

Parfois on pense que la vie est dure pour nous, alors qu’elle est douce comme tout. Ironique et sarcastique en câlique. Ou poétique. Tchik a tchik.

Car le dur de l’un est le mou de l’autre. Et quand la vie est dure, tout se joue dans le mou, dans le gras de la bajoue. Au-delà des bidous. Dans le mou du coeur, dans la bonne humeur et la douceur.

Quand la tempête frappe, vaut mieux de la neige que de la marmelade. Car trop de marmelade ça rend malade. Surtout quand ça frappe la fan à tique.

Vais aller voir ma voisine qui me réclame, et je reviendrai peut-être dire d’autres niaiseries plus tard. Ou pas.

Sinon j’en serai une toute la journée. En pelletant tant. Tempête oblige. Tadam.

LE MONDE MIROIR DE SOI

Poursuis ta pratique jusqu’à ce que tu puisses te voir dans le plus cruel et inhumain homme politique, dans le prisonnier le plus cruellement torturé, dans l’être le plus riche au monde, dans l’enfant affamé, avec seulement les os et la peau. Pratique jusqu’à ce que tu reconnaisses ta présence dans tous les gens dans l’autobus, dans le métro, dans les camps de concentration, dans ceux qui travaillent dans els champs, dans une feuille, une chenille, une goutte de rosée, dans un rayon de soleil. Méditation jusqu’à tu te vois dans un grain de poussière et dans les plus lointaine des galaxies. – Thich Nhat Hanh

On aime regarder à l’extérieur de soi et tant pointer du doigts les méchants et les sans-coeur, que de prendre en empathie la cause des pauvres et des laissé.es-pour-compte. On se plait à démoniser les gros méchants et on plaint – ou pire on prend en pitié – les plus faibles.

Pourtant nous sommes autant l’un que l’autre. Alors nous serions autant Trump et Netanyaou que les enfants de Gaza et Haïti ? Pas facile à gober ça ce matin. Les héros ça va, et au pire, les victimes aussi, mais les despotes, c’est plus dur à avaler, plus gros à se passer dans le gorgoton de notre acceptation. On préfère l’indignation et repousser à l’extérieure de soi, créer une distance. Mais pourtant. Autant Dr Jekyll que Misteur.e Hyde. Same same.

Si on regarde la human ball game and (in)human race dans son ensemble, nous sommes en effet tout cela: toutes les personnes qui vivent, celles qu’on admire comme celles qu’on aime détester, autant que tous les éléments de la nature, les cataclysmes et autres phénomènes destructeurs. Comme la beauté et l’ensemble des miracles quotidiens qui prennent place sur terre. Même si l’un est plus flatteur que l’autre auquel s’identifier.

On ne se conçoit peut-être pas encore comme tel en ce moment car on se considère encore séparé.e de l’autre comme du reste de le création – dualité quand tu nous tient – mais possiblement qu’à notre mort, à l’heure du délestage de notre enveloppe charnelle, on pourra mieux le réaliser, quand on se re-dissipera dans le grand tout, quand on redeviendra tout cela. Pas tout cela, tout ceci en fait.

Ou peut-être pas car cette présence qui observe, ce qui lit en ce moment, you hou ! se sera dissoute dans le tout, sera redevenue le tout.

Nous sommes de drôles de bibittes nous les humain.e.s. On regarde le monde et les gens autour de soi comme si tout ce qui n’est pas compris dans notre corps, encapsulé à l’intérieur de notre peau, est autre chose, séparé, distinct. Pourtant. Un seul et même monde, une seule et même conscience, un seul et même coeur qui bat, un.e seul.e. et même Dieu.e. Dieu.e. du Ielle.

On a beau signer des décrets pour dire qu’il n’y a que deux genres, l’humanité est désormais beaucoup plus complexe que ça. En fait, elle l’a toujours été car les êtres androgynes ont toujours existé. La vie est bi-genre, genre. On essaie de garder ça simple mais la vie est tellement plus complexe que ce que l’on veut ou peut en faire. Ainsi la réduire serait l’insulter.

Nous sommes les bourreaux comme les victimes, le sol et le ciel, le soleil et la lune. Le tout et le rien. Nous sommes l’ensemble de la création, comme toutes les sources de destruction.

Nous sommes le show et le froid, le beau et le laid, comme le projeté et le projecteur. L’observateur, l’observé, comme l’interaction écran-projecteur. En fait, on projette notre regard sur le monde et on en fait chacun.e son propre petit monde. Complexe en effet. Pas pour rien qu’on préfère les vidéos de chat, ou bitcher après Trump. Ça simplifie la vie.

Mais peut-être que l’idée consiste simplement à élargir son regard et sa compréhension pour inclure tous, toutes et tout. Ce que l’on aime comme ce que l’on déteste, ce que l’on veut avoir comme ce que l’on veut être, et l’inverse. Ou pas.

Car si comme ceci, alors comme cela aussi. Si moi, alors toi aussi, comme tous les autres qui ne sont que soi au fond. Same same.

Devenir si impliqué.e. dans le monde qu’on n’en rejette plus rien, devenir si identifié.e à tout qu’on finit par en devenir détaché.e. Mais après avoir inclus tout, après avoir été inclus dans tout. Comme si on ne peut devenir détaché.e du monde complètement sans tout d’abord s’y identifier tout aussi complètement, car sinon il nous manquera quelque chose.

On (se) dit souvent – avec une belle candeur et une grande innocence – qu’il ne faut rien prendre personnel en ce bas monde. Mais si, au contraire, on prenait absolument tout personnel ? Sans rejeter rien, sans nier rien car nous sommes le monde entier. Pour le meilleur, et pour le dire.

Alors, continuons notre pratique, car le monde est justement cela, un grand terrain de pratique.

Au fond, nous sommes ici pour prendre conscience de notre illusion de séparation.
Merci Mr Hanh.

ARRÊTE DE TE PLAINDRE

Lorsque tu te plains, tu te poses en victime. Alors soit tu quittes la situation, soit tu la changes ou soit tu l’acceptes. Toute autre réponse est pure folie. – Eckart Tolle

Arrête de te plaindre est mon mantra du moment. Celui sur le top de ma not to do list, shoobidoo.

Car on se plaint beaucoup vous et moi vous ne trouvez pas ? Moi surtout, car vous je ne sais pas trop même si je m’en doute. Pourtant, on l’a relativement facile non ? On se plaint le ventre plein, on se plaint par habitude inconsciente probablement.

En ce moment, on a une cible de choix à se plaindre de, et à bitcher contre. Un gros gros oeil de taureau. Et un front de boeuf. La cible du moment. Oui pôpa.

Mais comme le disait jadis Yvon Deschamps au sujet des unions, se plaindre quossa donne ? Sortir un peu de frustration peut-être, laisser sortir le méchant. Mais encore. Que temporaire.

Quand on se plaint, on ratatine, on s’amenuise et on se cantonne au rang de victime. On s’empoisonne le système, on éructe du venin qu’on s’auto-administre en intraveineuse, venin qui s’accumule, nous paralyse et nous pollue corps et esprit. Ainsi soit-il. On se fait du mauvais sang. Et on devient sûri.e, aigri.e., se retournant la langue dans le vinaigre de nos idées noires.

Si on s’impose tout d’abord la complainte à soi-même, on le distribue ensuite aussi autour de soi. La complainte est contagieuse. Souvent sans même s’en rendre compte. Ça suinte de soi la plainte, ça coule et bien peu de bon en découle. Ça passe par le wifi con carne.

Et de nos jours, avec les multiples chambres d’échos in réseaux et les haut-parleurs tonitruants de nos écrans, les complaintes dépassent largement l’Alaska. Fuck la complainte ! On jongle en victimes.

Probablement que notre habitude et notre complaisance à se plaindre viennent de notre background catholique. C’est la faute à Dieu. On va prier au lieu de bouger, on va le supplier ou même se plaindre à lui. Ou on va attendre qu’Il envoie son seul fils, le Sauveur, pour arranger les affaires humaines. Sauf qu’on attend encore.

Mais plutôt que se plaindre, que peut-on faire ? Quitter, changer ou accepter. Un peu comme face à la peur, se battre, se sauver ou faire le mort. Plus punché en anglais, fight flight or fright.

Si on se plaint, c’est qu’on sait – ou pense savoir – ce qui devrait être fait. Si on se mettait à canaliser toute l’énergie qu’on investit habituellement et inconsciemment à se plaindre dans l’acceptation puis dans l’action, la vie serait probablement beaucoup plus simple. Et plus créative. Et plus légère. Et nous plus responsables. Capable de répondre au lieu de réagir.

Comme les samouraïs, on apprendrait à bouger en utilisant la force de la résistance qui vient vers nous. Comme les navigateurs/trices, on utiliserait la force du vent comme moteur de changement pour avancer.

Soit en quittant une situation, soit en tentant de la modifier, en commençant par ce qui nous dérange le plus, et ce qui est le plus réaliste. Soit en considérant les choses autrement, en adoptant un point de vue autre. Plutôt qu’un poing de vue arrêté.

Car on peut toujours décider de voir et considérer les choses autrement. Pour agir différemment par la suite. Et quand une situation génère du malaise, on doit voir comment faire bouger les choses. Un peu du moins. Car on ne peut toujours faire changer toutes les choses.

Certain.e.s peuvent voir l’acceptation comme la dernière étape face à une situation difficile, comme une résignation après des tentatives infructueuses de changement. Mais peut-être que l’acceptation est la première étape, un simple constat. Accepter, pour qu’ensuite on puisse bouger, ou faire bouger.

Si février est pour certain.e.s un mois sans alcool, il pourrait aussi être un mois sans se plaindre. Que 28 jours anyway. Et nous sommes déjà le 11. Et la lumière qui s’en revient.

OCCUPER SON PROPRE CORPS

Assis-toi. seul.e. avec toi-même La majorité des gens évitent cela à tout prix. Car ça nous force à confronter nos pensées, nos émotions et notre passé. N’analyse pas: ne fais que laisser passer tes idées. Et j’espère qu’avec le temps, tu réalises que tu es extraordinaire et que tu as tant à offrir au monde. – J. Mike. Fields

Pas mal la définition de la méditation ça à mon humble avis. S’assoir et laisser passer ses pensées, avec présence, et le plus de conscience possible. Et quand on réalise qu’on s’est égaré.e, on revient à sa respiration, au bout de son nez.

Ces pensées, idées et concepts divers qui n’arrêtent jamais, qui roulent en boucle. Non-Stop, sans cesse. La roue tourne. Le hamster dopé aux piles Energizer qui roule sans cesse en faisant du surplace. Pèse sua clutch mon Charlie.

Ces pensées qui se suivent et qui n’arrêtent jamais, même quand on dort. Spin spin ideas spin. Les observer, avec aucune intention de les diriger, de les arrêter, de les contrôler. Que les observer, sans les juger, sans se battre contre. On ne les affronte pas, ni ne les confronte, on ne fait qu’en prendre note. Hello babies ! Nice to see you.

Et on réalise alors que ça roule sans cesse dans notre cette ptite tête de pinotte. Alors que la plupart de ces pensées qui y circulent ne nous appartiennent même pas. Ça vient d’ailleurs, ça passe en nous, par nous, et ça s’en va. Et ça revient. Qu’un relai nous sommes.

Parfois, certaines, plus tenaces que d’autres, reviennent cycliquement et chroniquement. Surtout celles qu’on tente de bloquer, celles qu’on tente de refouler. Ces enjeux non-réglés de notre passé qui reviennent nous hanter, associées à certaines expériences marquantes de notre histoire, impliquant certaines émotions, liées à certaines sensations logées dans le corps et qui tentent de nous dire quelque chose. Sauf qu’elles prennent du temps à émerger, et qu’elles chuchotent, et qu’on n’écoute pas, qu’on ne veut pas écouter. Pourtant. Rien de plus important comme message. Si près de nous, en nous. Nous.

En effet, la plupart des gens ont bien de la difficulté à s’assoir avec eux-mêmes pour ne rien faire. Rien faire d’autre que d’observer, que d’être témoin, que prendre note et ressentir. Ralentir. Rien de plus simple en même temps que rien de plus compliqué, rien de plus confrontant.

Pourtant, en ces temps bouillonnants sur la scène extérieure, s’assoir dans le vide constitue l’antidote idéal pour prendre une certaine distance, pour se réfugier en soi, pour se protéger du monde.

D’ailleurs, cet hiver, nous avons été quelques-uns à prendre une journée complète par semaine pour décrocher. Une journée par semaine à déconnecter et se débrancher des médias et des réseaux pour faire le vide, et observer le bouillonnement intérieur. Pour l’apprivoiser. Pour laisser la source externe ralentir et se vider d’elle-même. Un strict minimum. On ne sait pas ce que l’on manque tant qu’on ne le fait pas. Tant qu’on n’ose pas ne rien faire d’autre que de s’assoir seul.e avec soi. Nice to meet me !

Car à force de toujours regarder en dehors de soi, on finit par perdre le fil, par se débrancher de la source interne, on perd son lien. On finit par penser en dehors de soi, à partir du monde, en dehors de soi. En ne fermant jamais sa boîte, on finit par vivre en dehors de la sienne.

Si l’extase constitue un état en dehors de soi, l’instase est, au contraire, une assignation à résidence, une exploration et une acceptation de toutes les parties de soi, en soi, une implosion de ses sens et sensations, une observation de cette never ending machine à pensées, et un apprivoisement de ses propres réactions biochimiques internes. En commençant par la respiration, et en suivant le rythme de son coeur. Meilleure façon de le retrouver ce coeur qui peut tant s’énerver à force de suivre les fils de l’actualité.

On dit qu’en ce temps fous, on doit absolument faire quelque chose pour changer les choses. Mais si, avant de se pitcher dans le monde comme une poule pas de tête, on apprenait plutôt à arrêter et à ne rien faire ? Ne faire rien d’autre que de s’assoir avec soi. Tout simplement, mais en même temps si challengeant. Si on occupait son propre corps ? Dont la tête en fait partie.

Avant de continuer à se nourrir de et à répandre dans la peur du monde, générée par les nouvelles du monde, si on arrêtait et on respirait, si on écoutait un peu de silence et de musique. Si on écoutait son propre coeur, si on laissait s’épuiser un peu nos pensées. Si on observait ce qui se passe dans notre propre quartier général. Jusqu’à ce qu’il s’en passe moins, jusqu’à ce que ça roule un peu moins vite dans la baraque. Pour qu’ensuite la suite s’annonce d’elle-même et qu’on ne fasse que la suivre car tellement claire et évidente.

Mais on ne peut convaincre personne de s’assoir par soi-même. On ne peut que le faire soi-même et lancer des invitations. Et ceux et celles qui entendent l’appel entendront et accepteront. De ne rien faire. Ensemble. Pour rien.

Pour finalement réaliser que peu importe ce que l’on pense et fait, tout passe, et repasse, et au fond, nous sommes un.e être extra ordinaire. Nous sommes tous et toutes des êtres extra ordinaires.

GUERRES INSIDE OUT

Tant qu’il y aura des guerres en nous-mêmes, nous serons en guerre contre les autres, même ceux et celles qui nous aimons.
– Thich Nhat Hanh

Vous ne trouvez pas qu’il flotte comme une ptite arrière-odeur de Covid dans l’air du temps ?

Vous savez ce climat de confrontation, d’opposition et de riposte généralisé. Notre peau a les fleurs très très vives ces jours-ci, et facilement irritables. Je ne serais pas surpris que le papier de toilette ne redevienne back order soon again.

Ça ne sent pas très bon out there. Sauf que ça doit être d’in here que provient l’odeur. Des narines de chacun.e. Ma mère avait l’habitude de dire, lorsqu’on disait que quelque chose ne sentait pas bon, c’est ton nez qui dégèle. Malgré les nuits à moins 20 et moins, ça dégèle en masse ces temps-ci.

Ça brasse aux États-Unis en premier lieu bien sûr, car comme nous le prêchait notre cher Bobby Gratton, Dieu ait son arme, et nos larmes, eux autres ils l’ont, toutes sortes d’affaires. Comme ce sont les éléphanteaux de l’éléphant en chef qui contrôlent le monde des ondes et des écrans, ça splash et sploush un peu partout aussi sur nous à-travers les regards et les doigts du monde. Dans le sens de gens, comme de la planète.

La guerre est désormais virtuelle, dans nos têtes, et se déroule à coups de théories dans tous les camps, à coups de claviers et d’écrans. Et à coups de tarrifs.

Tout est viré bout pour bout. Tandis que pour une partie du monde, c’est l’apogée du déclin de l’empire américain, pour l’autre, c’est le début de l’âge d’or.

Great ! Again and again, et vive les vieilles rengaines, le bullying et l’America en premier.

L’histoire de l’humanité est surtout une histoire de guerres. L’humanité s’est développée sur un fond de dualité. Comme si la dualité personnelle, celle que l’on traîne tous et toutes en corps, doit s’extérioriser pour aller vers la lumière. C’est moi le plus fort.

Nous contre eux, la tête contre le coeur, le noir ou le blanc, la chaîne ou l’enveloppe. Même les gars contre les filles ne fonctionne plus, mais on va signer un décret pour régler ça.

N’en déplaise à certains, le monde n’est plus aussi simple qu’il l’a déjà été. Et on ne peut remettre le dentifrice dans le tube. On a beau tenter de simplifier les recettes – on en est même revenus à la guerre à la drogue, que le type de drogue qui change – le monde ne peut plus reculer. Même pas une Tesla. Et droit devant le mur.

En face de tant d’inconnu, on tente de se sécuriser comme on peut à coups de formules simplistes, en drillant drillant drillant et en pensant tout asphalter, mais ça semble un peu tard pour ça. La terre est à la veille d’en avoir assez.

On pense que les business men en charge vont redonner le pouvoir au peuple. Good luck with that.

Faut croire que c’est de notre ptite guerre intra personnelle qu’il faille s’occuper en premier lieu car d’elle découle toutes les autres. Et que là qu’on ne peut commencer. Oh, bien sûr qu’on va continuer à se tenir informé.e.s, même si aime affirmer qu’on va arrêter de suivre les nouvelles du cirque. Car the show must go on et notre tête aime se faire divertir. Mais à la longue, ça finit par donner mal au coeur.

Alors prenons-en bien soin de ce little heart of mine. En décrochant régulièrement, en fermant les yeux, en respirant, en connectant avec la nature, en optant pour de la beauté et de la bonté, en faisant silence et en prenant une saine distance de cette grande mise en scène.

On va aller pelleter, marcher, danser et jouer, dans la vie comme dans la neige. L’air est encore gratuit.

Et on va observer cette guerre qui prend place, cette guerre en quête de paix, cette guerre qui cherche la paix. Mais soyons patient.e.s. car la paix court vite, elle doit être conquise.

Quelque chose d’un brin malade en ce monde. Alors aimons-le, il en a bien besoin, beaucoup besoin d’amour. Et si on ne pet l’aimer complètement, du moins acceptons-le, car ça semble se passer, et ça va probablement aussi passer.

Car comme disent les zamaricains, this too shall pass.

PEUT-ÊTRE

Quand on observe les divers événements qui se produisent en dehors de soi ces temps-ci, dans notre monde, plusieurs réactions sont possibles.

Vouloir aller rejoindre l’ours, ou la marmotte, et retourner roupiller dans notre confort jusqu’à la venue des bourgeons.

Pogner les nerfs et bitcher bitcher bitcher sur les réseaux.

Ou pour faire son/sa smatt, trouver géniales les idées du gros ptit monsieur et de ses sbires. En pensant que ça ne nous concerne pas, malgré notre petite montée de peur récente.

Devenir triste et s’en faire encore davantage pour le sort des plus démuni.e.s., qu’ils/elles soient de Gaza, d’Haïti, ou sans abri à Montréal ou ailleurs autour de nous.

Être en beau tabar…

Être flabbergastée.e, éberlué.e, ahuri.e, coi.e, abasourdi.e, hébété.e, interdit.e, interloqué.e, médusé.e, pantois.e, renversé.e, stupéfait.e, ou tout autre adjectif de votre choix.

Intellectualiser et se dire que tout est parfait car c’est ainsi que les gens et les choses sont et que l’humanité a encore besoin de cela. Mais comme nous le dit Jung, l’intellectualisation n’est souvent qu’une façade masquant une expérience vive et directe.

Je vois passer des réactions de gens qui soutiennent ce qui se passe en ce moment. Bien assis, ici, d’ici d’ailleurs. Bien au chaud, le ventre plein, s’imaginant encore à l’abri de toutes ces frasques. En effet, so far so good mais on ne paie peut-être encore bien peu pour attendre. Qui vivra verra. Un peu plus inquiétant pour les américain.e.s. qui voient se dérouler ce cirque merdiatique directement sous leurs yeux.

Depuis quelques semaines, on nous bombarde de décrets scandaleux et iconoclastes relayés par le clown en chef. Et nous on absorbe, on gobe, on droppe la mâchoire. On suit le soap.

Mais que faire pour répondre à tout ça ?

Nous qui ne sommes encore que des spectateurs/trices à ce show de bacon. Gros jambon.

S’informer bien sûr. Un peu, mais pas trop car on finit par sombrer et un peu ça d’ailleurs leur plan aux golden boys.

Regarder en soi, et autour de soi, pour voir ce que l’on doit ajuster dans notre vie, dans nos vies.

Et s’organiser globalement. Là le plus grand défi semble-t-il, nous si habitué.e.s à s’organiser tout seul.e.s. Comme si on était tout seul.e.s. À se fier souvent lâchement aux autres pour trouver les solutions, blâmant les politicien.ne.s et autres responsables publics.

Mais un moment donné, il nous faudra bien assumer notre part dans cette grande et piteuse télé réalité prenant place dans nos écrans, et arrêter de trop penser dans l’absolu car ces décisions touchent du vrai monde. Des millions de personnes déportées, enfermées, bouleversées et souffrantes pour de vrai. Faut s’incarner davantage, se sortir la tête de nos écrans et aller voir dehors dans le vrai monde car sinon on finit par vivre dans notre monde imaginaire.

Faut s’incarner davantage car le monde est devenu virtuel.

Inspirant, conscient.e de la violence en moi et dans le monde.
Expirant, déterminé.e à regarder avec les yeux de la compassion la violence en moi et dans le monde.

Tout en attisant la flamme de notre coeur pour transformer cette bien drôle de passe que nous vivons sur terre ces temps-ci.

Tout en se pratiquant à devenir artiste du silence.

Comme de l’équanimité.

Car ni d’un bord, ni de l’autre, full dualité in motion.

___
Malheureux l’être qui ne sait pas qu’i possède deux grands trésors à l’intérieur de soi :
la clarté de l’esprit, qui peut rendre libre

et la bonté du cœur, qui peut rendre heureux ;

Malheureux l’être qui mène une existence semblable à celle des bêtes, enchaîné à ses instincts et seulement préoccupé des soucis matériels de la vie.

– Frédéric Lenoir, L’âme du monde

DISTANCE

En avez-vous plus qu’assez vous aussi ? De ce cirque, de cette arnaque médiatique qu’on nous sert et qu’on gobe, la plupart d’entre nous, comme un bien mauvais soap. Pendant que le tas fait ses annonces bling bling, ses chums take down l’état.

Mais aujourd’hui moi je décroche.

Car un moment donné, on ne veut ni ne peut plus en prendre. On peut bien se pratiquer à atteindre de nouveaux records mondiaux d’indignation, mais toutt a un boutt.

Je vais méditer plutôt, me les fermer, bouche et écran, faire le vide.

Je vais aller marcher en forêt et je vais lire un livre en papier, débranché de toute cette folie.

Oui je sais, ça sonne comme de bonnes idées, idées saines, idées zen.

De rien.

GUÈRE D’HUMANITÉ

L’empathie humaine n’est pas morte, au contraire, elle est challengée actuellement, et forcée à devenir plus vive, plus vigoureuse, plus forte, communautaire et coopérative. On a un parfait contre-exemple pour nous inspirer. Comme un feu qui couve sous les braises, l’empathie reçoit ces jours-ci un coup de soufflet, un camouflet. Keep the flame alive disait notre amie Paule. Rallumons le feu de nos coeurs.

Utilisons toute cette inhumanité ambiante pour éveiller et attiser notre humanité personnelle et collective, notre réservoir de compassion et notre conscience d’interconnexion. Pendant que les pompiers canadiens et mexicains continuent à aider en Californie malgré le voisin belliqueux, ne cédons pas au chantage.

Premièrement, arrêtons de prononcer son nom – Voldemort fera l’affaire pour le moment – car sinon on nourrit la bête. Le gros bêta. Avec sa suite d’hommes et gars alphas. Et, surtout d’affaires ces hommes, et souris soumises aux pieds de l’éléphant, tôt ou tard. Arrêtons de jouer dans cette mauvaise télé réalité.

Let’s fire ourselves.

Avec ses ptits boys à ses côtés, nous on se concentre sur un seul homme, de paille, mais il n’est qu’une marionnette placée à cette position par un groupe d’acteurs invisibles qui ont rédigé un plan détaillé depuis 4 ans. Il ne sert qu’à ça le gros bêta: attirer notre regard et toute notre attention pendant que son think thank détaille le plan, et que ses hommes de mains font leur passe passe dans le backstore et squattent et scrappent les agences gouvernementales. Arrêtons d’être aveuglés par les follow spots.

Voyons plus large, plus big picture, allons voir derrière le rideau, et voyons plus loin, soyons plus smatts que ça, ou plus zen si vous préférez. Aiguisons nos sabres, développons notre capacité d’analyse et commençons à nous regrouper, à collaborer, à travailler pour la lumière. Car on dit souvent qu’on ne peut se battre contre l’ombre, on ne peut que laisser briller notre lumière, même si ce n’est qu’une petite flamme. Car des millions de petites flammes rassemblées, ça éclaire rare. Et laissons les éléphanteaux faire leur cirque. 4 ans c’est long et la vie must go on.

Arrêtons de jouer la vieille game d’opposition, d’indignation, de division, inventons une nouvelle game dans leur game. On ne pourra les battre sur leur terrain, football américain, les masters bullies, ce sont eux.

Alors soyons plus fins, plus stratégiques, plus simples aussi, et moins simplistes. Jouons en samouraïs et glissons-nous entre les mailles du système. Regardons, observons, mais ne réagissons pas car on ne gagnera pas à leur jeu de bling bling.

Faufilons-nous et assemblons-nous. Restons humain.e.s, restons au niveau du coeur car au final, le coeur est plus important que la tête. C’est quand le coeur arrête de battre qu’on est mort.e.s.

Et in between, n’oublions pas que chaque moment, chaque jour, est une occasion d’apprécier la vie, la chance qui nous est offerte. Sinon on les laisse gagner, eux, les éteigneurs de lumière.

Je suis lumière, nous sommes lumière.

Let’s keep our flames alive. Together.

Et plantons des fleurs. Pour le monde entier, pour nos enfants.

DES ORDRES D’OR DONNÉS

Dans chaque chaos, il y a un cosmos et dans tout désordre il y a un ordre secret. – Carl G. Jung

Ça brasse sur la boule bleue et verte. En particulier dans les Zamériques. Surtout chez les voisins d’en bas de chez-nous. L’adversité, la stupidité et l’avidité sont aux commandes. Comment ça va évoluer ? Personne ne le sait et bien malin qui peut le prédire. Mais so far so good. Jusqu’à maintenant. Même si ça shake and bake. Oui mon colonel.

On regarde le cirque se déployer et on a de la misère à croire ce que l’on voit. Tellement criant de grossièreté. Voldemort est aux commandes des algorithmic kids on the web. Tout vire à droite. Et vers un certain mur. Mais ça crée de la vie, ça nous pousse au cul et ça nous force à nous réveiller, et à nous mobiliser.

Pour le moment, difficile d’entrevoir le cosmos dans le chaos et encore plus de penser découvrir l’ordre secret dans ce foutu bordel.

On va commencer par se calmer un peu car de toute façon, on ne peut que mettre ceci en pratique.

Probablement parfait que la schnoutt remonte ainsi à la surface. Ça couvait anyway au fond dans les tas, des états, profondément nausées ah bons. Profonds comme dans creux, simplistes comme dans grossiers.

Ça nous force à revenir à l’essentiel: regarder la game sans trop réagir car qu’une game – ou prendre acte de nos réactions car parfois ça schire fort – acheter local, moins consommer en général, arrêter d’engraisser les déjà trop grosses corpos, décrocher des médias, sociaux ou pas, tout en restant alertes, vivre à plus petite échelle et à plus courte vue car l’avenir qui sait ?, et cultiver le calme et le silence dans tout ce bruit.

Pas si simple de voir le cosmos dans le chaos. Mais en même temps, la vie entière n’est qu’un géant chaos organisé. Plus de 8 milliards de petits univers qui cohabitent et co-existent sur une boule géante qui tourne sur elle-même, autour d’une boule de feu qui va s’éteindre un jour, dans un vide intersidéral d’une taille impossible à simplement imaginer, déjà un bon début de chaos non ? Assez pour nous mettre KO quand on y pense.

Et si on ajoute à ce mouvement terrestre 8 milliards d’organismes humains mûs par des besoins fondamentaux, en plus des plus de 8 milliards de mentaux divers qui s’imaginent toutes sortes d’affaires dans le même corps social. Méchant bordel à gérer et parfois difficile à digérer.

Et on ne parle même pas de comment retirer les dés du désordre pour revenir à l’ordre. Car la vie est souvent un coup de dé. 1 2 3 4 5 6.

On ne peut pas vraiment créer de l’ordre, on ne peut qu’organiser le désordre, le comprendre, le simplifier, danser avec, et revenir à la base. Revenir au corps tout d’abord. Respirer, boire, manger, se chauffer, penser paisiblement. Tout est déjà parfait. On ne peut qu’accepter ce qui est – ou ce qui semble être – et faire du mieux que l’on peut. Et ne pas partir en peur, car la peur quand ça part, ça peut mener loin. Au moins jusqu’au bout du monde. Et souvent beaucoup plus loin.

Inévitablement, notre monde doit passer par tout ce par quoi il passe, comme chacun.e de nous, car c’est ainsi que va la vie depuis le début de l’humanité, depuis le début des temps, le début du temps qui n’existe pas apparement.

Ça ne se passe pas nécessairement comme on le voudrait, comme on le souhaiterait, encore moins comme on se l’imaginerait. Mais la vie va comme elle va et c’est très bien ainsi. That’s it that’s all et what you get is what you see. Du moins how you see it. À moins d’en faire autre chose. Surtout pour nous qui vivons dans la crème flottant sur le dessus du pot de lait. Yes Perrette.

Ici au nord de la grande famille de l’oncle Sam – qui ça anyway ? et où sont les parents dans cette ménagerie ? – ces temps-ci en particulier, on réalise la chance qu’on a d’être né.e.s ici. et pas chez les gros pleins. Apprécions cette chance, ce grand privilège.

Relaxe, respire, et

___
Lorsque Rimbaud dit : «Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit», il montre qu’il a compris qu’il y a dans le désordre quelque chose sans lequel la vie ne serait que platitude mécanique.
– Edgar Morin, (Amour, poésie, sagesse, p.61, Seuil, coll. Points n°P587)