Archives pour la catégorie Non classé

PARDON ?

Même si l’aiguille est petite, sa piqure est douloureuse;
même si la langue est molle et douce, les mots peuvent blesser profondément.
Ne fais pas aux autres ce que tu ne te souhaites pas à toi-même.

– Maître Zen .Benxing

Ou agis envers autrui comme tu voudrais qu’on agisse envers toi.

Ou encore fais aux autres ce que tu voudrais qu’on fasse à et pour toi-même.

Car dans le fond, pas de séparation entre soi et les autres. Que des corps différents et distincts, mais le même coeur qui bat en chacun.e, la même âme qui y réside même si scindée en 8-9 milliards d’humain.e.s, sans compter les animaux, les végétaux et les minéraux. Vie unique.

Parfois, quand on se sent blessé.e par autrui, consciemment ou pas de leur part, la première réaction qui monte consiste à vouloir se venger et à leur remettre la monnaie de la pièce. Mais la meilleure revanche n’est pas de revanche. Guéris, continue ton chemin et ne deviens pas comme ceux qui t’ont blessé.e.

Parfois, je l’admets, plus facile à dire qu’à faire. Mais comme on dit, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé.

Alors on continue de pardonner, de raffiner notre capacité d’aimer, d’apprendre à aimer avec de moins en moins de conditions et on poursuit l’exercice de la vie, le pardon en action, l’apprentissage de l’acceptation et de la transformation de nos propres blessures. Pas que pour autrui, pour soi surtout car qui veut continuer la route avec du ressentiment plein le coeur ? Car on fait toujours et tout d’abord à soi-même ce que l’on fait et souhaite aux autres.

L’enfer ce n’est pas les autres, l’enfer c’est nous autres, qui le croyons et le créons.

Ci-bas, la traduction française d’une méditation du pardon de Jack Kornfield.

___
Pratiquez la méditation du pardon en pardonnant aux autres et en vous pardonnant à vous-même. Oubliez le passé et ouvrez votre cœur à chaque instant nouveau avec bienveillance.

Pardon aux autres, pardon à soi-même :

Pour pratiquer la méditation du pardon, asseyez-vous confortablement, fermez les yeux et respirez naturellement et facilement.
Détendez votre corps et votre esprit.
Respirez doucement dans la région de votre cœur et laissez-vous ressentir toutes les barrières que vous avez érigées et les émotions que vous avez portées parce que vous n’avez pas pardonné – ni vous-même ni les autres.
Laissez-vous ressentir la douleur de garder votre cœur fermé.
Puis, en respirant doucement, commencez à demander et à accorder pardon, en récitant les mots suivants, en laissant les images et les sentiments qui surgissent s’approfondir à mesure que vous les répétez.

Pardon aux autres :

J’ai blessé et fait du mal aux autres de bien des manières, je les ai trahis ou abandonnés, je les ai fait souffrir, consciemment ou non, par douleur, peur, colère et confusion.
Permettez-vous de vous souvenir et de visualiser les blessures que vous avez infligées aux autres.
Voyez et ressentez la douleur que vous avez causée par votre peur et votre confusion.
Ressentez votre propre chagrin et vos regrets.
Sentez que vous pouvez enfin vous libérer de ce fardeau et demander pardon.
Visualisez chaque souvenir qui pèse encore sur votre cœur.
Puis, à chaque personne dans votre esprit, répétez : Je te demande pardon, je te demande pardon.

Pardon pour vous-même :

Je me suis blessé et fait du mal de nombreuses fois.
Je me suis trahi ou abandonné moi-même à maintes reprises, par la pensée, la parole ou l’acte, consciemment ou non.

Ressentez votre précieux corps et votre vie.
Permettez-vous de voir les blessures que vous vous êtes infligées.
Visualisez-les, souvenez-vous-en.
Ressentez la douleur que vous avez accumulée et sentez que vous pouvez vous libérer de ces fardeaux.
Accordez votre pardon à chacun d’eux, un par un.
Répétez-vous : Pour les blessures que je me suis infligées par mes actions ou mon inaction, par peur, par douleur et par confusion, je vous offre maintenant un pardon total et sincère.

Je te pardonne, je me pardonne.
Pardon à ceux qui vous ont blessé ou fait du mal : J’ai été blessé de nombreuses manières par d’autres, maltraité ou abandonné, consciemment ou non, en pensées, en paroles ou en actes.

Imaginez et souvenez-vous de ces nombreuses manières.
Ressentez la tristesse que vous avez héritée de ce passé et sentez que vous pouvez vous libérer de ce fardeau en pardonnant lorsque votre cœur est prêt.
Dites-vous maintenant : Je me souviens maintenant des nombreuses façons dont les autres m’ont blessé, par peur, douleur, confusion et colère.
J’ai porté cette douleur dans mon cœur trop longtemps.
Dans la mesure où je suis prêt, je leur offre mon pardon.
À ceux qui m’ont fait du mal, j’offre mon pardon, je vous pardonne.

Répétez doucement ces trois directives pour le pardon jusqu’à ce que vous ressentiez une libération dans votre cœur.
Pour certaines grandes souffrances, vous ne ressentirez peut-être pas de libération, mais seulement le fardeau, l’angoisse ou la colère que vous avez enfouis.
Touchez-les doucement.
Pardonnez-vous de ne pas être prêt à lâcher prise et à aller de l’avant.

Le pardon ne peut être forcé.
Cela ne peut être artificiel.
Continuez simplement la pratique et laissez les mots et les images agir progressivement.
Avec le temps, vous pourrez intégrer la méditation du pardon à votre vie, en lâchant prise sur le passé et en ouvrant votre cœur à chaque instant nouveau avec une bienveillance pleine de sagesse et d’amour.

~ Jack Kornfield

ROULER À VIDE

L’avidité n’est jamais rassasiée car toute tentative de «bourrage» ne comble ni le vide intérieur, ni l’ennui, ni la solitude et ni la dépression qu’elle est censée surmonter.
– Erich Fromm.

On voit ces jours-ci le comble de l’avidité des personnalités publiques frapper son mur, son mur du son, le plafond des égos des riches et puissants. Tous égaux ces égos. Vides et sans substance.

On observe la manifestation concrète de cette expression finfinnaude de George Carlin qui va ainsi : essayer d’être heureux/se en accumulant des biens, c’est comme attacher des sandwiches partout sur son corps pour tenter d’assouvir sa faim.

Car l’appétit est immatériel, il est d’un autre ordre, un ordre supérieur. La quête relève d’une dimension autre que ceux qui vivent uniquement dans la matière ne peuvent saisir, et ne saisiront jamais. À ce niveau, less is more.

On peut bien tenter d’accumuler les possessions, atteindre la richesse monétaire ou se placer dans une position de prétendu pouvoir, rien n’y fait et rien n’y fera, jamais pour bien longtemps, le vide demeure et demeurera. Le vide que l’on tente de bourrer remontera toujours à la surface. Car notre nature profonde relève du vide. Et peut-être même que le vide se creusera de plus en plus à mesure du poids des acquisitions car on se rendra compte, au fur et à mesure qu’on remplit ce vide au coeur et à l’âme, que ça en prendra de plus et que plus on remplit, plus le vide crie et creuse sa présence.

Malgré les toilettes dorées, le bling bling, les caméras sur soi et les autres artifices soporifiques, la nature du vide demeure éternelle, et toute tentative de remplissage reste vaine. La nature n’a pas du tout horreur du vide, la nature du vide est l’ultime richesse, l’ultime possession. Impossible à posséder, impossessible et impossédable.

Car c’est toujours le vide qui gagne, toujours le vide nous gagne, malgré toutes nos tentatives de remplissage. Il faudra bien s’y faire. Tête vide coeur plein.

La réelle richesse est plus abstraite que les diverses bébelles qui ne feront de toute façon que faire croître et grandir la peur de leur perte. Plus on pense posséder, plus on aura à perdre. Perdre est inévitable. La perte de tout ce que l’on pense être et avoir est la seule certitude. Only losers can win this game disait Osho. On doit apprendre à vivre les mains ouvertes, comme le coeur et l’esprit, et être prêt.e à tout perdre, à tout moment. En attendant Godot, pas le gros lot. Rien est le grand lot.

En ce sens, cette parole d’Eckhart Tolle s’avère riche: Passe dans la vie non pas comme une personnalité mais plutôt comme un champ de présence.

Cultivons la présence. Vivons totalement incarné.e. mais tout autant détaché.e du résultat comme du processus. Allons-y pour les leçons, pour le simple air d’aller. Coulons avec le flow. Soyons témoin davantage qu’une entité fixe et dense. Allégeons-nous, délestons-nous. Habitons totalement notre corps mais ne nous y attachons pas trop, ne nous y fixons pas trop densément. Nous avons signé un bail locatif, nous n’avons rien acheté.

Ou dit autrement, à la Krishnamurti : Meurt à tout ce qui était d’hier pour que ton esprit puisse toujours demeurer frais, toujours jeune et innocent, plein de vigueur et de passion.

Pour goûter le moindrement à cela, il faut apprendre à laisser aller, à se détacher, à délester, à ouvrir les mains. Et être prêt.e à tout, et surtout et particulièrement à l’imprévisible, à l’inattendu, à l’impossible.

Un champ de présence droit et debout dans la vie, et non une personne alitée.

Et ne jamais perdre son sens de l’amour. Juste pour vivre.

DÉLIVREZ-NOUS DU MÂLE

Peut-être assistons-nous, live et en temps réel à l’étape ultime du déclin de l’homme blanc. Enfin. Car ce fut trop long et pénible pour plusieurs, et plutôt destructeur.

Le présumé auto-proclamé bon père de famille est en train de sacrer le camp de son pied d’estale de gérant d’estrade qui sait tout. Et c’est tant mieux car rien n’aura autant fait mal à notre humanité que la domination de l’homme à la peau blanche. Pas que le blanc, mais surtout le blanc.

Que ce soit par les conquêtes coloniales depuis des centaines d’années, alors qu’on a pillé les richesses et imposé nos us et coutumes à tant de peuples qui vivaient très bien avant qu’on débarque, que par la domination générale et généralisée des hommes sur les femmes depuis des millénaires, ces femmes qui sont pourtant les propres mères de tous ces petits glands garçons assoiffés de pouvoir et domination, la masculinité abusive et toxiquement nocive s’exprime actuellement dans toute la petitesse de sa glandeur aux yeux du monde entier. Papathétique, et il n’a pas toujours raison le papa en question.

On le voit ici, à petite échelle au procès du king du rire, qui a invité ses quelques chums qui lui restent à son show de boucane juridique pour dire qu’ils ne l’ont jamais vu faire ce qui lui est reproché, donc impossible que ça se soit produit. Comme si l’un prouvait l’autre et infirmait toutes ce que ces courageuses femmes affirment, elle qui ne font pourtant pas ce qu’elle osent faire juste pour le fun ou par jalousie ne vous en déplaisent bien tristes sires. Grosse et grossière grossièreté émasculée au tribunal de l’hommerie.

Ou encore, juste en bas de chez-nous, avec le gros cocombre en chef et sa cour de riches – and relished – sbires soumis à sa grosse grâce en or, nous avons devant les yeux tant de nombreuses manifestations pathétiques de fausse virilité inquiète d’elle-même et criante de peur de disparition, d’abus de pouvoir corporatifs, de comportements agressants et méprisants envers les femmes et leurs droits à elles, sans parler de leur peur et leur haine à l’endroit de ceux et celles qui sont d’un genre moins distinct et qui ne fittent pas dans les limites de leur trop petite boîte de contrôle.

Oh bien sûr, malgré le déclin pas toujours si apparent, on voit bien une certaine réaction de résistance chez les quelques derniers mâles alphas et bêtes du monde, ceux qui voudraient revenir en arrière, et revivre comme dans leur bon vieux temps.

Mais comme on sait, un arbre qui tombe fait toujours plus de bruit, parle toujours plus fort et est plus spectaculaire qu’un arbre qui pousse lentement mais sûrement.

Mais faut qu’on se parle les boys car la game est finie, faut se réveiller, il est temps de rentrer nos ptits pickes dans nos culottes et de se serrer les couilles, et les coudes aussi.

La game a assez duré, en fait, elle a duré bien trop longtemps. Notre temps est faîte mais révolu – et comme nous l’apprennent les mouvements de notre propre petit pickle, tout ce qui monte redescend. Assez de dommages à notre crédit. Pesons sur la clutch, pis ensuite sul break.

Malheureusement, les hommes et gars – yo mes gars – qui devraient lire et entendre ce genre de messages lisent très peu et n’écoutent pas du tout, trop occupés à cracher leur venin et à taper leurs ptits maux sur les sous-réseaux du dark web et autres cavernes d’Ali Gagars. Après les alphas, les bêtas, mais là il est temps de devenir hommes les gars. Basta l’alpha ! Hommes et gars.

Les boys, au lieu de scraper la vie et la dignité de jeunes filles comme des jeunes garçons pour le reste de leur vie avec vos bas instincts qui vous débordent des culottes, pourquoi ne pas tout simplement vous masturber ? Self-made man. Ça prend juste quelques minutes et ça ne fait de mal à personne, ça va même vous soulager un peu. Car tout ce qui monte redescend. Et si ça remonte de nouveau, tu r’commenceras. C’est même bon pour la prostate qui disent.

Au lieu de forcer, de battre ou de tuer ta femme, qui n’est pas à toi pantoute by the way, pourquoi ne pas aller prendre a walk in the park ? Ou fesser sur un punching bag ? Tu peux aussi aller démolir un char dans une cour à scrap, parait que c’est pas trop cher pis que ça fait ben du bien. Dans Empathie, on a même découvert que tu peux aller lancer des haches et que ça défoulerait (j’sais pas si c’est vrai parzemp, va falloir que tu fasses tes recherches).

Ou, au pire, si tu veux vraiment faire mal à quelqu’un, si c’est ça qui t’allume, vire maso pis fais-toi mal à toi-même, tu risques d’aimer ça. Ton corps, ton choix. Car c’est ta colère à toi, juste à toi, pas à personne d’autre alors gère-la, pis gère-toi du coup, toi pis tes coups, de poing comme de pied. Un seul féminicide sera toujours un féminicide de trop. Et laisse tes enfants tranquilles si t’es pas ben pis que tu les aimes tant que ça.

Décidément, la saison du mâle dominant tire à sa faim en ce moment mais elle tire aussi à sa fin. Ça a assez duré. Derniers débordements espérons, soubresauts ultimes.

Car on ne domine rien les boys, ni la nature, ni les femmes, ni le monde, ni même nos instincts parfois. Mais ça se gère. Peut-être que notre machisme inter-générationnel a permis la domination d’Homo Sapiens sur les autres espèces jusqu’à maintenant, mais on est prêts à switcher à la qualité plus qu’à la quantité. Less is more.

Car ce pouvoir qui nous est confié, s’il n’est pas mis dans la collaboration et le respect de la nature et d’autrui, ce pouvoir sera notre dernier maux.

Un peu de Yin dans game ?

Mais peut-être que pour certains à la couenne devenue trop dure, ceux au pickle trop mou désormais, peut-être que pour eux, il est déjà trop tard et qu’après eux le déluge. Bon père de famille hein ? Et qu’à eux, il ne reste que les affaires, la guerre (faite par les autres) et la politique pour se sentir encore durs de durs ? Rest in peace alors. Mais fichez-nous la.

___
Pour moi, tous les meneurs un peu délirants, les Trump, les Musk, les Poutine, les Erdogan, Netanyahou (il y a toute une galaxie), se ressemblent beaucoup.
C’est un peu des vieux hommes blancs névrosés et ultra riches.
Ils ont tous la même pensée. 
La même peur des femmes. 
La même obsession pour la domination. 
Et donc, pour moi, ça, c’est le signal d’un basculement. 
Ils n’ont plus rien à proposer, c’est la fin. 
C’est le champ du cygne. 
En fait, ils sont déjà obsolètes. 
Ils sont déjà ringards. 
Ce sont des fossiles d’un monde passé.
Et en parallèle, il y a tout ce monde robuste qui monte. 
C’est la fameuse phrase: « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse» 
Ben eux, c’est l’arbre qui tombe qui occupe beaucoup les médias.
Mais il y a aussi la forêt qui pousse.
Vous allez me dire que je suis vraiment très optimiste…

– Olivier Hamant, chercheur français en biologie et biophysique

___
Tous les témoignages d’amis de Rozon ont un goût amer.
Ils transpirent la nostalgie d’un temps révolu.
Et tant mieux s’il est révolu !
Un temps où l’amitié masculine servait de passe-droit, où on fermait les yeux entre « chums », comme si cela excusait tout.
Quelle tristesse. Et quel manque de sensibilité, surtout.
À lire leurs propos, on comprend qu’ils n’ont rien saisi du courage qu’il faut pour dénoncer. Rien compris de la honte, du vertige, du risque.
Parler, c’est un acte d’humilité. C’est exposer au monde une partie vulnérable, cabossée, moche de soi. Ça mérite du respect et non du mépris voilé sous le couvert de la loyauté.
Ces bonhommes-là – car oui, ce sont des bonhommes, dans le sens le plus figé du terme – n’ont visiblement pas évolué.
Ils campent dans un monde d’avant, celui des tapes dans le dos et des regards qui glissent.
Un monde où la mini-jupe servait d’excuse !
Mais heureusement, ils ne représentent pas tous les hommes.
Des milliers sont du côté des femmes. Ils écoutent, ils comprennent, ils agissent autrement. Ils savent que #MeToo n’a pas « détruit des réputations », mais a simplement révélé des vérités.
Et à mes yeux, ces « témoignages d’amis », n’ont aucune crédibilité.
Ce sont les derniers échos d’une époque qui ne reviendra pas.
On verra la suite….. mais Ark.

– Christine Pouliot sur FB

SILENCE… JE GOÛTE… ET EN AVANT LA MUSIQUE…

Le silence est essentiel. On a besoin de silence, tout comme on a besoin d’air, tout comme les plantes ont besoin de lumière. SI nos esprits sont toujours pleins de mots et de pensées, il n’y a plus d’espace pour soi.
– Thich Nhat Hanh

Le monde est full pollué. D’images, de sons et de bruits, de mots, de concepts, d’élucubrations diverses. Diarrhée sociale de mots et d’images sensée nous relier mais qui nous scinde plutôt, nous sépare, nous submerge.

On nous remplit de bruits divers, on nous gave de bébelles auditives et visuelles. En fait on se laisse gaver, on se laisse bourrer. Comme des oies et des canards. Nous avons la foi grasse et grosse des mots des autres, de stunts publicitaires pondus par des pros de la pub, par des tentatives de conviction diverses des multiples lobbyistes aux intérêts certains et aux valeurs douteuses.

Nous sommes bombardés de slogans, de marques, de branding et de memes. Fou de même le monde. Gavé.e.s de stuff jusqu’à plus soif.

Depuis plus de 4 ans déjà, nous sommes un petit groupe d’ami.e.s du silence – et de la musique – qui nous rassemblons 4-5 fois par semaine pour méditer ensemble, en ligne. Des pauses de silence et de beauté musicale qui dansent ensemble, pour couper dans le gras du bruit, pour fuir la folie du monde dans le silence et l’introspection. Pitstop pour l’âme, les yeux, le coeur et les oreilles. Et on fait ça en ligne. Digne ligne.

On combat le feu du bruit roulant sans cesse par des flammèches de silence et des bulles de musique. Nos écrans deviennent des écrins quand on ouvre nos oreilles et qu’on ferme nos yeux. Namasté ! And shut up and listen !

Des espaces dédiés, alternant entre silence et musique, variant entre 20 et 45 minutes. Du temps et des espaces intérieurs pour arrêter, pour écouter, autant le silence que la musique, que nos pensées et émotions qui poppent up in between. Devant ou derrière.

Des moments sacrés, des moment de grâce. Des moments pour ne rien faire d’autre qu’être. Attentif, présent.e, ici. Tout simplement. en ligne avec le Divin.

Le fait d’alterner entre musique et silence nous permet de cheminer d’un espace à l’autre. Pour quelques minutes, la musique nous berce, nous prend et chemine en nous. Elle entre par les oreilles puis se faufile partout en soi, en soie. Jusqu’au coeur toujours. Coquine la musique. Elle nous adoucit et nous polit, elle nous introvertit.

Puis quand arrive le silence, elle continue de résonner, car chaque musique a son propre silence qui la suit si on sait écouter, si on sait arrêter et lui prêter toute notre attention. Et puis, de nouveau, après un temps quelconque à baigner dans le silence, une autre musique vient nous prendre et nous surprendre. Aller retour silence et musique. Pure harmonie. L’ouïe est un sacré sens.

Souvent, si on ne fait que faire silence, on finit par se perdre dans nos pensées, ou dans nos émotions ou sensations corporelles. Oh bien sûr, on peut toujours revenir à la respiration, le rythme ultime et connexion avec le Divin. Mais souvent le cerf-volant du mental quitte terre, le fil se détache, se rompt et off and away we fly. La musique nous ramène toujours, et nous ré-unit, nous réunifie car dans le silence, nous sommes seul.e, mais en partageant l’écoute d’une même musique, nous refaisons un. Re-bienvenue à bord.

Voyage magique entre soi et les autres, entre la solitude et l’unité. Entre le silence et la beauté musicale.

De fait, le silence est musique, et vice et versa, si on est à l’écoute, si on écoute finement, avec finesse et délicatesse. Plusieurs niveaux de décibels.

Le silence est d’or, et déjà, une richesse, et il se trouve d’autant plus beautifié et mis en valeur par la musique qui le révèle. Si on sait écouter. Car l’écoute est une pratique à raffiner, à peaufiner car on écoute aussi avec sa peau. En fait, on écoute avec tout son corps. En fait, on écoute ni musique ni silence, on écoute toujours la présence qui écoute, ce qui respire en soi.

Le silence, comme la musique, ne fait pas que se laisser écouter: ils se goûtent aussi. Ils s’égoûtent en nous, goutte à goutte. Les deux se cueillent et se recueillent, d’où la sensation de recueillement. Pour faire antidote à l’écoeurement dans lequel le monde extérieur peut parfois nous faire basculer parfois avec sa violence et sa grossièreté made in USA. Et ailleurs d’ailleurs.

Si jamais l’envie vous prend: virtueldojo@gmail.com

___
La belle musique apaise le tumulte intérieur des pensées et permet à l’esprit de retrouver son état naturel de joie.
La musique libère notre esprit et nous permet de nous élever vers des sommets où nous pouvons expérimenter le céleste.
La musique ouvre notre esprit pour permettre la perception de nouvelles pensées d’une nature supérieure, ce qui nous procure une élévation spirituelle et produit encore plus de joie.

~ Wu Wei I Ching Wisdom

___
Ce sont tous vos désirs que vous voyez lorsque vous pensez.
Mais lorsque votre esprit est calme, sans désir, vous êtes complet et aussi merveilleux que vous l’avez toujours été.

~ Papaji

___
Le vieux George Orwell avait tout compris à l’envers.
Big Brother ne regarde pas.
Il chante et danse.
Il sort des lapins d’un chapeau.
Big Brother s’occupe de capter votre attention à chaque instant où vous êtes éveillé.
Il veille à ce que vous soyez toujours distrait.

Il veille à ce que vous soyez pleinement absorbé.
Il veille à ce que votre imagination se fane.

Jusqu’à ce qu’elle soit aussi utile que votre appendice.
Il veille à ce que votre attention soit toujours comblée.
Et être nourri, c’est pire que d’être observé.
Avec le monde qui vous remplit en permanence, personne n’a à se soucier de ce que vous avez en tête.
Avec l’imagination de chacun atrophiée, personne ne sera jamais une menace pour le monde.
– Chuck Palahniuk

TACT TACT TACT

Dans la vie, il y a ce que l’on veut dire, et il y a la façon dont on le dit.

Et il y a aussi, et beaucoup, tout ce que l’on ne dit pas. Aux autres comme à soi-même.

Si on veut que notre message passe, on doit le poudrer, l’enrober, on doit le rendre recevable et digestible. Il faut le dire pour qu’il soit reçu sinon what’s the point ?

Il faut parler sur le bout des fesses des mots, sur la face douce de la lune.

Mais on peut aussi se demander quelle est l’importance de ce que l’on a à dire. Avant de le dire surtout. Et les brancher au coeur nos mots.

Est-il si important de le dire ? Tout haut ? Ou de l’écrire at large ?

Prenez le mien, mon message. Je ne sais même pas ce que j’ai à dire.

Et pourtant. Je me fais aller le clapet à tour d’écran et de clavier depuis 13 ans day in day out, des milliers de chroniques, des millions de mots.

Est-ce que je pense que ça change quelque chose ? Pas vraiment.

Je le dis surtout parce que c’est plus fort que moi, je le dis pour le dire, pour pas que ça me reste pris dans la gorge. Ou pire, le coeur.

Que quelqu’un lise ou pas m’importe peu. En fait, c’est faux, ça m’importe quand même un peu. Mais pas beaucoup. Sinon je ne publierais pas du tout, je conserverais mes mots dans ma caboche, ou dans mon journal intime comme le faisaient jadis les jeunes filles. Barré à clé en plus, très important 😉

Il y a des choses que l’on voudrait dire à certaines personnes mais qu’on ne dit pas, qu’on n’ose pas dire. Par peur de blesser, par peur de brusquer, par peur de déranger. Ou simplement par peur de dire. Tout court.

Est-ce que toute chose est bonne à dire ? Je ne sais pas.

Est-ce que toute chose doit être dite ? Sûrement pas, car déjà beaucoup de bla bla public et impudique sur la terre et ça ne va pas nécessairement mieux qu’avant.

Car le monde est à l’argent alors que le silence est d’or.

Il existe une expression qui veut que toute chose ne soit pas bonne à dire.

Mais d’autre part, certaines choses sont tues, d’autres sont dites, et d’autres doivent être dites mais ne le sont pas. La nuance est de bien en soupeser la différence j’imagine. Et de savoir comment dire ce qui doit être dit. Et quand, car tout est dans le timing parait.

Quand j’observe pourquoi j’écris, je réalise que c’est surtout pour me dire à moi-même certaines choses. Je me parle, je m’auto-écris. Je me lis, et me polis. Notes à moi-même.

Car on parle toujours de soi, on se parle toujours à soi. Et de toute façon, les gens comprendront toujours ce qu’ils et elles peuvent comprendre, ce qu’ils et elles veulent comprendre.

Comme l’affirme si bien Bernard Werber :
Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous croyez en comprendre,
ce que vous voulez comprendre,
et ce que vous comprenez,
il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre.

Tant de canaux de communication désormais et tant de possibilités d’incommunication, tant de possibilités de se méprendre. On n’a jamais autant pu dire tout ce que l’on voudrait dire, et probablement qu’on ne s’est jamais autant mal compris, mépris et mépriser.

Pas certain que la communication ultime passe par les mots. Dort silence, dort.

Mais pas une raison pour ne pas essayer, pour ne pas s’essayer. Avec les bons mots, les mots justes, les mots droit au but, les mots du coeur.

___
La vraie force, c’est celle qui sait prendre soin de la fragilité.
Être fort, ce n’est pas écraser les autres sous le poids de ses certitudes ou de ses ambitions.
Être fort, c’est être capable de douceur dans un monde qui ne l’est pas.
C’est accueillir le doute, le vide, le silence, et continuer d’avancer, sans jamais céder à l’amertume.
La vraie force est invisible, elle se niche dans les gestes simples, dans les regards bienveillants, dans la patience des jours.

– Christian Bobin

___
Nous avons besoin de mouvements ancrés dans l’amour en ce moment, des mouvements motivés non par la différence, l’exclusion et la punition, mais par un terrain d’entente, la compassion, l’humilité, des limites saines, la patience et la guérison.
– Adrienne Maree Brown

___
Le vieux George Orwell avait tout compris à l’envers.
Big Brother ne regarde pas.
Il chante et danse.
Il sort des lapins d’un chapeau.
Big Brother s’occupe de capter votre attention à chaque instant où vous êtes éveillé.
Il veille à ce que vous soyez toujours distrait.

Il veille à ce que vous soyez pleinement absorbé.
Il veille à ce que votre imagination se fane.

Jusqu’à ce qu’elle soit aussi utile que votre appendice.
Il veille à ce que votre attention soit toujours comblée.
Et être nourri, c’est pire que d’être observé.
Avec le monde qui vous remplit en permanence, personne n’a à se soucier de ce que vous avez en tête.
Avec l’imagination de chacun atrophiée, personne ne sera jamais une menace pour le monde.
– Chuck Palahniuk

MOSAÏQUE

À la différence de cette jolie et artistique citation de Camus, on a l’habitude de dire que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.e.

Mais éventuellement, fort.e ou pas, quelque chose va finir par nous tuer. Nous ne sommes pas plus fort.e que la vie.

La vie, en fait, va finir par nous avoir. La mort va nous emmené.e avec elle. Notre corps du moins. Pour l’âme on verra. Peut-être. Ou pas.

Entre-temps, on doit apprendre à faire avec la vie, la petite, comme la grande Vie. Apprendre à composer une mélodie avec les notes, les blanches comme les croches, que la vie nous offre, à incorporer les fausses notes dans notre balade personnelle et commune. Chante-là ta chanson chantait le poète.

Et, comme le suggère Camus, on devra aussi apprendre à faire de la mosaïque avec tous nos ptits morceaux de soi-même. Juste ici, exactement là où l’on est, à partir d’ici, dès maintenant. Un peu, à chaque jour.

Apprendre à recoller tous nos morceaux, à intégrer toutes nos expériences, les belles comme les moins, les dures comme les douces.

Apprendre aussi à apprécier ceux et celles qui sont soutenant.e.s pour nous, nos proches et nos bien-aimé.e.s, mais peut-être et tout autant ceux et celles qui poussent nos boutons, qui nous font réagir, ceux et celles qui nous déclenchent et nous dérangent. Car souvent par là que passent les plus précieuses leçons de la vie. Papier sablé social.

On voudrait tous l’avoir facile la vie, qu’elle coule de source et de soi, qu’elle ne soit que de soie. Que tout ne soit que menoum menoum. Mais on sait bien que ce n’est pas le cas, jamais le cas. Aussi roc que drôle la vie.

Car on porte tous nos petits fardeaux, nos zones d’ombre, nos ordinarités et nos petits travers plus ou moins faciles à accepter, à prendre sur soi, à prendre en soi.

Des milliers de petits morceaux qu’on doit apprendre à agencer, à faire danser, sans que ça ne tangue trop. Garder le cap, comme l’équilibre. Des notes qu’on doit faire fitter sur les lignes de notre portée personnelle. Même lorsqu’elle se trouvent hors de portée. Les hautes comme les basses, les drôles comme les tristes. Et agencer notre mélodie dans la grande Samba commune.

Faire en sorte que tous les morceaux fassent partie et forment une oeuvre d’art, une courte-pointe, un charivari bien orchestré. Maestra la Vie !

Mais, comme le dit Camus, c’est long à assembler une mosaïque. En fait, ce n’est jamais terminé, ça prend toute une vie, ça prend toute la vie.

De fait, on prépare notre oeuvre d’art toute notre vie durant, on met toute notre vie dedans, pour éventuellement arriver à temps pour la grande finale, pour l’offrir à la grande faucheuse, alors qu’on remettra notre work in progress au créateur, à la créatrice.

Toutes et tous des oeuvres d’art sur 2 pattes les humain.e.s.

___
Ma tâche, maintenant, est de ramasser les fragments de l’optimiste qui sommeille en moi.
– Colum McCann
___
L’idée n’est pas de se retirer du monde quand on réalise à quel point il est horrible, mais de réaliser que cette horreur n’est que le premier plan d’une merveille, d’y revenir et d’y participer.
~Joseph Campbell

___
Personne ne peut vous construire le pont sur lequel vous, et vous seul.e, devez traverser le fleuve de la vie.
– Nietzsche

___
Cherchons le vrai courage dans la routine, dans l’engagement, dans les travaux et les jours, quasiment dans l’amour.
C’est une grande vertu ordinaire.
Nous ne serons pas sauvés par Clint Eastwood ou par Wonder Woman.
Nous n’avons jamais été sauvés par Hercule ou par l’épée du roi Arthur.
Voyez nos vrais héros: les camionneurs, les agriculteurs, les infirmières, les enseignantes, les bricoleurs et les bricoleuses, les médecins, les informaticiens, les soudeurs, les électriciens, et nous tous qui faisons tourner le monde, sans en faire tout un plat.

– Serge Bouchard – Un café avec Marie, via Jacques Roberge

YEUX ET COEUR OUVERTS

Il est impossible d’avoir les yeux ouverts sans que votre coeur ne soit brisé.
– Dr Gabor Maté

Tant de monde qui s’entretue sur cette planète bleue. Des enfants et leurs mères massacrés, disons-le, c’est un génocide. Ce n’est pas le premier, ça s’est produit ici déjà. Et d’une certaine façon, ça se poursuit avec tant d’inégalités car il y en aurait en masse pour tout le monde si on partageait équitablement.

Désolant mais moteur à changement.

Alors on ouvre les yeux, et le coeur… même si ça fait mal de voir et de regarder, et on continue de filer le monde avec amour, compassion et empathie…

SALUT JEUNES BRANCHES

LORSQUE JE MOURRAI
Lorsque je m’étendrai pour la dernière fois
SVP ne me mettez pas dans un cercueil en bois
Et ne laissez pas non plus de fleurs sur ma tombe
Dans un beau petit panier

N’injectez pas de produits chimiques dans mon corps
Et ne m’exposez pas non plus
Déposez mon corps dans la terre
Et plantez une graine sur ma tombe

Et comme mon corps se compostera sous terre
Ses atomes se transmutant
À sa place un arbre poussera
Sur le lieu de mon origine

Les précieux minéraux, retournés à la terre
Petites molécules de moi
Essence d’une autre vie
Alors que je deviens arbre.

Ce poème, de source inconnue (de moi du moins), m’est apparu ce matin. Il s’avère parfait comme point de départ de ma chronique vendredienne, et comme point final à une semaine de passage.

Car si ma semaine a commencé par des funérailles en ligne pour le départ d’un vieil ami de la Hollande, hier, elle s’est poursuivie avec un autre service funéraire, en présentiel et à Montréal cette fois. Celui d’un autre ami de longue date, un ami du silence, décédé cet hiver, mais qu’on célébrait hier en ce gris jeudi de mai.

Lors de la cérémonie, il fut souligné qu’il avait choisi que sa dépouille soit enterrée avec les semences d’un arbre. Pour poursuivre sa vie. Pour se re-créer. Pour revoir le jour et jouir du soleil de nouveau du haut de ses branches et ses feuilles nouvelles à venir. Beau geste et belle image.

Décidément, pas mal de mort, de départs, autour de petit moi ces temps-ci.

Je disais d’ailleurs ici il y a quelques jours que la mort m’est rentrée dedans à un certain point. Car on peut savoir que des gens qu’on a connu jadis sont mort.e.s, mais leurs morts nous révèlent aussi et beaucoup la nôtre, notre propre mort à venir. Notre propre mort en devenir actuel en fait, petit à petit, la mort nous rappelle à la vie.

À chaque proche qui meurt, c’est un peu nous aussi qui mourront, un ptit bout de nous, qui en laissons aller des pelures et des souvenirs de ce qui fut. L’armure, jadis nécessaire pour vivre dans le monde, tombe petit à petit devant l’ultime face à face avec la vie.

Et je réalise que la mort de nos proches fait partie intégrale du processus de vieillissement. Vieillir, ce n’est pas seulement sentir son corps se flétrir petit à petit, c’est aussi voir des proches et des moins proches quitter le navire en cette grande et étrange croisière qu’est la vie.

En ce sens, il monte en moi ce matin un immense respect pour tous ceux et celles qui, plus âgées, ont vu et continuent à voir tant des leurs partir.

Immense respect pour ceux et celles qui vivent en contextes de guerre et pour qui la mort est une compagne intime et quotidienne.

Tout aussi immense respect pour ceux et celles qui ont perdu un.e amour.e de vie, un.e conjoint.e de longue date. Et qui réussissent à continuer de vivre, ou qui meurent lentement de chagrin suite au départ de leur beloved.

Immense respect pour les parents qui ont perdu des enfants. Pas dans l’ordre des choses.

Immense respect pour la vie. Car c’est ce que nous apprend la mort, c’est ce que j’apprends de la mort cette semaine avec les départs rapprochés de plusieurs ami.e.s.

Immense et réelle humilité incarnée que seule la mort peut nous apprendre. Car aucun mot peut faire la job devant la mort, pas de connaissances qui peuvent nous la faire comprendre, ni éviter. Elle est là, juste ici, devant soi, en soi même. Qu’une question de temps, qu’une réponse au temps qui passe en fait. En soi, dans et sur soi, dedans comme devant.

La mort nous rappelle de vivre totalement pendant qu’on nous prête vie, d’ici à ce que l’on redevienne arbre. La mort nous réveille à la vie. Et elle nous dit aussi de ne pas trop s’en trop faire avec les détails, petits ni grands, et de sentir les fleurs du tapis de la vie plutôt que de s’enfarger dedans.

___
Grandir, mûrir, vieillir, mourir, le temps passe, c’est prédestiné, inévitable.
Il n’y a qu’une solution pour que la vieillesse ne soit pas une parodie absurde de notre vie antérieure, c’est de continuer à poursuivre des fins qui donnent un sens à notre existence : le dévouement à des individus, à des groupes ou à des causes, le travail social, politique, intellectuel ou créatif.
Dans la vieillesse, nous devons souhaiter avoir encore des passions assez fortes pour nous empêcher de nous replier sur nous-mêmes.
La vie a de la valeur tant que nous en attribuons à la vie des autres, par l’amour, l’amitié, l’indignation, la compassion.

– Simone de Beauvoir, La Vieillesse

___
Vieillir, c’est un art et une épreuve.
Il faut saluer avec tendresse celui/celle qu’on est devenu…
Et faire la paix avec celle/celui qu’on n’est plus.
Il faut apprendre à marcher plus lentement, à se dépouiller des attentes, et à chérir ceux et celles qui restent sans crainte de perdre encore.
Vieillir, ce n’est pas seulement compter les années.
C’est apprendre à dire adieu sans s’éteindre.
C’est garder vivant.e.s, dans les plis du cœur, ceux et celles qui sont déjà partis.
Et parfois, pleurer jusqu’à ce que le silence devienne semence pour faire naître d’autres rêves, d’autres sourires…
Vieillir, ce n’est pas faiblir.
C’est oser continuer.

– Alejandro Jodorowsky

___
La vie vous brisera.
Personne ne peut vous protéger de cela, et vivre seul non plus, car la solitude vous brisera aussi avec son désir.
Il faut aimer.
Il faut ressentir.
C’est la raison de votre présence sur terre.
Vous êtes ici pour risquer votre cœur.
Vous êtes ici pour être englouti.
Et quand vous êtes brisé, trahi, abandonné, blessé, ou que la mort vous frôle, asseyez-vous près d’un pommier et écoutez les pommes tomber en tas tout autour de vous, gaspillant leur douceur.
Dites-vous que vous en avez goûté autant que possible.

~ Louise Erdrich

LE COEUR DU MONDE

Ne cherche pas à déceler les défauts chez les autres car alors toute votre vie sera concentrée sur des points négatifs. Chaque personne a ses défauts et a besoin d’amour et de compréhension. Sois humble et aimant.e envers les autres. Garde ton esprit inspiré par le Divin et tu n’auras pas le temps de penser à ces détails.
– paramahansa yogananda

Je ne prétends pas adhérer toujours et en toutes circonstances aux conseils de paramahansa yogananda ci-haut, ni les appliquer toujours, mais de plus en plus, j’essaie de tendre vers.

J’essaie sincèrement de voir le coeur des gens, de voir le meilleur du monde, la beauté dans le monde, malgré les horreurs qui y prennent place. Pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Question de survie et de santé mentale minimale. Et simplement parce que ça nous fait se sentir mieux de considérer le mieux.

Et comme on dit: langue sale coeur sale.

Car nous, les humain.e.s, avons en général tendance à voir davantage la paille du voisin et de la voisine que les poutres qui nous obstruent la vie et la vue, nous rendent critiques, juges et juré.e.s, et, ultimement, hautement condescendant.e.s.

Le fameux verre d’eau et ses deux moitiés. Toujours le choix de mettre l’emphase sur ce qui est ou ce qui manque, sur le plus nourrissant pour sa propre âme comme pour celles de l’humanité en général. Mon âme, ton âme, notre âme.

Mais si on a tendance à surtout cibler les fautes d’autrui, leurs défauts et ce qui cloche en eux et elles, peut-être est-ce tout simplement parce que l’on fait la même chose avec soi-même ? Car on dit que notre relation au monde extérieur n’est que le reflet de la relation qu’on entretient avec soi-même. Makes sens.

Évidemment, on ne doit pas chercher à tout voir en rose et à éviter le noir, et ne chercher qu’à ne voir que le beau chez les gens. Mais nous ne sommes pas obligé.e.s de figer notre regard seulement sur ce qui cloche car ça finit par sonner fort en notre coeur. On doit être capable de dire les choses quand quelque chose nous dérange, d’oser exprimer sa propre vérité mais peut-être toujours chercher à le faire dans un optique constructif et bienveillant.

Ah, d’ailleurs, parlons-en de cette fameuse bienveillance si souvent mentionnée. On dirait qu’elle vient contrecarrer toute la méchanceté libérée depuis quelques années via les réseaux plus a que sociaux.

Bienveillance : Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui.

Alors veillons à notre propre bien, comme au bien d’autrui. Car sans un souci de veiller au bien d’autrui équivalent au nôtre, notre propre bienveillance ne demeure qu’égoïsme et narcissisme. S’il est sain de s’occuper de soi en premier lieu, notre relation au monde devrait en être au moins de la même teneur.

Et pardonnez-nous nos offenses comme nous…

___
Si vous le comprenez bien, le véritable sens du concept de Tong-Len est lié à l’inséparabilité de soi et des autres.
En fin de compte, soi et les autres sont inséparables.
Lorsque vous avez de l’amour, il imprègne naturellement tous les êtres.
En reconnaissant et en abandonnant vos propres afflictions, vous contribuez à l’abandon de celles des autres.
Lorsque la souffrance survient, pensez que vous portez la souffrance de tous les êtres.
Pensez que vous les représentez, puis méditez dans cet état.
Un jour, vous réaliserez qu’il n’y a pas de différence entre soi et les autres, qu’il n’y a pas de différence entre la souffrance et le bonheur, et c’est cela le secret duTong-Len.
~ Garchen Rinpoche

___
Réfléchissez longuement à la mort et à l’impermanence.
Une fois certain.e de votre mort, vous n’aurez plus de mal à abandonner vos mauvaises actions, ni à faire ce qui est juste.
Ensuite, méditez longuement sur l’amour et la compassion.
Une fois que l’amour emplit votre cœur, vous n’aurez plus de mal à agir pour le bien d’autrui.
Ensuite, méditez longuement sur la vacuité, l’état naturel de tous les phénomènes.
Une fois que vous aurez pleinement compris la vacuité, vous n’aurez plus de mal à dissiper toutes vos illusions.
~ Gueshe Potowa

___
Si vous vous attendez à ce que votre vie soit pleine de hauts et de bas, alors votre esprit sera beaucoup plus paisible.
~ Lama Yeshe

AHO LÀ-HAUT ICI-BAS

Dans les dernières semaines, quelques ami(e)s ont quitté leur corps. Oui ils sont morts, et, elle, morte. Cette semaine, j’ai même pris part à mon premier rite funéraire en ligne en lien avec la Hollande. Étonnamment touchant, même si en ligne. Digne ligne sans fil d’or.

Et hier, de façon surprenante, j’ai reçu le coup de massue du départ de mes ami.e.s. Hier, la mort m’a rentré dedans. Souvent après coup que ça passe l’intégration des départs de nos vies. Car on a beau comprendre la mort, parfois on la ressent. Même celles des autres. Car qu’une seule mort au fond.

Si vous n’êtes pas conscient de la mort, quelles que soient les pratiques du Dharma que vous entreprendrez, elles ne seront que superficielles.
~ Milarepa via Erik Jensen

Quand un ou une ami.e quitte ce monde, c’est une – autre – petite part de nous qui quitte aussi avec eux à chaque fois. Les souvenirs que l’on a conservé des expériences que l’on a vécues ensemble, les ptits bouts de mémoire vive – de mémoire vie – qui sont restés gravés dans notre corps comme dans notre mémoire s’allègent et prennent de l’altitude. Et en même temps, deviennent plus réels.

Au fil des années, avec les gens qui quittent les un.e.s après les autres, de plus en plus nombreux à mesure que les années s’accumulent en corps, l’apprentissage de la mort fait tout doucement son chemin, elle s’apprivoise et se loge en nous tout doucement, ou parfois durement.

Au fut et à mesure que les gens quittent autour de nous, la mort s’éveille en nous, elle nous parle de plus près, elle devient de plus en plus réelle et nous révèle ses secrets plus intimes. Nos proches qui meurent nous apprennent à réaliser la mort, à la rendre plus réelle, plus concrète. La mort est une suite de petites morts. La vie aussi d’ailleurs.

Même si nous n’avons pas encore connu la mort personnellement, même si nous ne la vivrons jamais vraiment tant qu’on ne passera pas de l’autre bord, quand on quittera soi-même le corps qui, pensait-on, nous appartenait mais qui n’était qu’en location, avec le temps, la mort commence à nous faire des coucous de plus en plus pressants. La mort devient plus réelle par répétition. Elle commence à chuchoter de moins en moins subtilement au fur et à mesure qu’elle nous entoure, elle se met à parler de plus en plus clairement, et même à s’adresser directement à nous parfois. Comme elle l’a fait hier pour moi.

Car on vit encore beaucoup d’espoir, on vit de projets à venir, de choses à réaliser, de plus tard vers lesquels se diriger. On vit encore beaucoup par en avant. Pour la plupart d’entre nous, on vit encore toujours un peu pour plus tard. Moi en tous cas. On se dirige toujours vers quelque part. Ailleurs, plus tard, et, souvent, plus beau.

Même si l’on pense que l’on vit un jour à la fois, souvent, le matin, on pense déjà au soir, ou au passé. Ah les mots. Le switch au vrai moment présent prend du temps, toute une vie. Et la mort nous aide à apprendre cela. Car la mort nous enseigne que tout est temporaire et impermanent, et que le présent est fugitif, furtif, évasif. Le temps file, avec nous dedans. Le temps court vers la ligne d’arrivée, en quête de l’ultime repos.

Mais cette leçon de vie, la mort, à chaque fois qu’elle se manifeste plus concrètement par le départ de l’un.e des nôtres, ne peut que s’incarner e nous, y descendre, s’y incruster, en tuant les faux rêves, comme montrant l’illusion de la procrastination. La mort nous ramène toujours au vrai, au présent; la mort est réel un cadeau.

Et la mort appelle la foi, la vraie, celle du bout de la vie, celle-ci du moins, cette graine de vie qui fut déposée et plantée dans notre corps à la conception et qui nous demande de vivre pleinement pendant qu’on le peut.

Pour continuer de porter la flamme.