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ENTRE BEAUTÉ ET HORREUR

Dans la vie, vous devez vraiment être déterminé.e.s à vouloir voir la beauté, sinon vous serez obnubilé.e.s par la terreur.

Le monde englobe la beauté comme l’horreur. On dirait toutefois que l’histoire de l’humanité a tendance à nous rappeller surtout l’horreur. Comme les médias qui rapportent aussi dans les temps présents surtout les événements moins glorieux.

Or, nous avons tous et toutes le choix de pointer notre regard sur les objets de nos préférences. Parfois à partir de positions plus confortables.

D’un côté, si nous évacuons la beauté au profit des événements politiques, économiques et sociaux moins brillants, et on sait qu’ils sont nombreux, nous croupirons sour le poids de la laideur et de l’inhumanité. Nous deviendrons laideur.

Par contre, si nous vivons coupé.e.s complètement de la laideur du monde, nous ne vivrons qu’en surface, sur la pointe de l’asperge.

L’art de la vie consiste à marcher sur le fil existentiel d’un fin équilibre entre réalité et imagination, entre beauté et laideur.

Demeurer humain.e dans un monde inhumain, visiter la justice et le justesse dans un monde injuste.

Utiliser notre colère et la révolte suscitée par l’injustice pour insuffler plus de justice et de solidarité en ce monde.

Continuer à rire et à voir le beau dans un monde prodondément triste et sans coeur. Telle est notre mission d’humain.e.

Faire avec ce que l’on est, avec ce que l’on a.

Jouer entre le tout noir et le tout blanc, manier les tons de gris, et y ajouter toute la couleur de notre humanité, comme celle de la nature.

Telle n’est pas une tâche simple, ni facile car l’équilibre n’est que constant déséquilibre. Une danse ente le trop et le pas assez.

Certain.e.s choisissent de se boucher les yeux devant l’horreur. D’autres de s’évader dans des paradis artificiels. D’autres encore plongent dans la création artistique ou se réfugient dans l’humour, le sarcasme ou le cynisme. Alors que certaine.s préfèrent s’en remettre à un Dieu quelconque et à un ailleurs meilleur.

Chacun.e. ses stratégies devant la grande diversité de la Vie, de la vie. Autant celle avec un V majuscule, que celle avec un petit v. Peut-être là la justice. Faire avec du mieux que l’on peut. Pour explorer ses propres profondeurs comme les hautes sphères. Pour être en contact soi, comme avec le monde.

Ce temps un peu terne coincé entre l’hiver et le vrai printemps nous incite à fouiller en soi pour trouver cette capacité d’émerveillement, et stimuler notre muscle créatif et imaginatif et, comme les érables et les bouleaux, à se laisser couler avec le flow.

NARCISSES À LA TASSE DÉBORDANTE

Après tout, une tasse n’est utile que lorsqu’elle est vide; comme un esprit plein de croyances, de dogmes, de certitudes, de citations, est tout à fait non créatif, il n’est qu’un esprit répétitif.
– J. Krishnamurti

Plusieurs d’entre nous savons des choses, plein de choses. Tellement que nous pensons – presque – tout savoir, sur tout, à-propos de tout, le monde comme les gens.

Nous connaissons – ou pensons connaître – la politique internationale, l’économie mondiale, la médecine ainsi que les mondes supra-naturels. Nous savons un peu de tout mais nous ne savons rien du tout vraiment.

Parce que nous avons accès à des moteurs de recherche, nous sommes une génération pensante, du monde de tête. On vit dans nos écrans, on regarde le monde à partir de nos deux fesses et nous pensons y vivre. Pourtant, nous sommes devenu.e.s. davantage spectateurs/trices qu’acteurs/trices.

Nous avons une question ? Nous la googlons et nous obtenons une réponse (si au moins on analysait l’ensemble des réponses) et nous pensons savoir, nous nous pensons connaissant.e.s. Des ti-Jos et des tites Jeannes pleins de savoirs.

Parce que nous voyons des reportages sur les guerres, nous pensons connaître la guerre. Nous savons mais nous ne savons rien vraiment. Rien d’autre que notre petite vinaigrette détrempée de confort et de sécurité, contenue dans nos oeillères d’occidentaux ouatté.e.s. On regarde le monde avec nos yeux roses, et bien pensants.

Cette vie protégée, qu’on commence tout juste à voir s’effriter devant nos yeux chez nos voisin.e.s du Sud, est pourtant si fragile, et si mystérieuse. Et cette vague autocratique d’autocrétinisme pourrait très bien nous frapper bientôt si on ne reste pas vigilant.e.s., si on ne s’organise pas. Car on se croit toujours protégé.e.s simplement parce qu’on croit en la protection divine. Mais aucune partie de l’humanité n’est vraiment protégée. Les Américain.e.s le découvrent depuis quelques mois.

Au fond on ne sait rien. Rien d’autre que ce que l’on a vécu soi-même, que ce qui nous a touché, rentré dedans, fait mal. Ce fait devrait nous garder humbles, et nous faire vider notre tasse again and again. Pour repartir frais et fraîche à tous les matins, en fait à chaque respiration, à chaque seconde.

Car on doit toujours vider sa tasse. On peut toujours apprendre, on doit toujours apprendre et rien n’est jamais acquis. Mais pour apprendre, il faut tout d’abord accepter de désapprendre, et garder sa tasse vide et prêt à être rempli de tout et de n’importe quoi.

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On vieillit quand on abandonne sa vie entre les mains des autres, quand on a plus envie d’apprendre, quand on croit qu’on ne tombe amoureux qu’à vingt ans.
On vieillit quand on est trop rationnel, parce que la rationalité ferme les portes de l’imagination, coupe les ailes et désactive les rêves.
On est vieux quand on perd l’envie de s’émerveiller.

– Isabelle Galle

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Lecture intéressante à-propos du narcissisme spirituel via mon ami Jean Gagliardi

https://www.psychologytoday.com/us/blog/spiritual-narcissism/202101/spiritual-superiority-examined?fbclid=IwY2xjawJTV0lleHRuA2FlbQIxMQABHfpi2fRxsospwofFPw_pnlZwnLyZxTzy6RQcxk2deZRbjsoma0Cmi9sQyQ_aem_xc3NMMVCBl6SjLntW6bfyw

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Petite prière aidante

MOSAÏQUE HUMAINE

On vit dans un monde au sein duquel de bien drôles de choses se passent. En fait, drôles comme dans pas drôles du tout. Injustice, grossièreté politique et économique, abus de pouvoir, inégalité, peur, violence, menaces, etc. Un monde dans lequel on bombarde des enfants et on dissémine des familles entières, des familles qui n’ont déjà rien.

Ce monde qui a tendance à écraser l’espoir, la réjouissance, la sincérité et la vulnérabilité. Un monde d’images et de superficialité. Un monde dur. Un monde tend à écraser l’humanité.

Et malgré la dureté actuelle du monde, on doit demeurer allumé.e, vigilant.e, positif tout en semant de la beauté et la joie, de l’entraide et de l’innocence. Beau défi.

Car comme le dit Krishnamurti, c’est l’esprit innocent qui connait l’amour et l’esprit innocent peut vivre dans un monde qui n’est pas innocent.

Malgré l’innocence, il nous faut garder l’esprit lucide. Ne pas oublier la beauté dans un monde parfois si laid. Ne pas oublier le partage dans un monde parfois si égoïste. Continuer à marcher avec joie, à danser, à chanter, tout en dénonçant les injustices et les abus. Ne pas fermer les yeux.

Il y a une forme de tristesse qui naît du fait d’en savoir trop, de voir le monde tel qu’il est vraiment. C’est la tristesse de comprendre que la vie n’est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l’amour n’est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n’est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s’accrocher.
Et dans cette compréhension, il y a une profonde solitude, un sentiment d’être coupé du monde, des autres, de soi-même.
– Virginia Woolf

Faisons danser la tristesse avec la joie, car l’une et l’autre sont complémentaires. Cultivons la joie du coeur et tissons-là avec cette tristesse qui peut devenir moteur de changement.

Malgré la solitude, soutenons la solidarité et le partage, à notre humble mesure. Seul.e.s ensemble.

Car on peut espérer qu’il y ait une justice en ce monde, une certaine justice, sinon une justice certaine. C’est que l’on vit avec la pureté de son propre coeur, avec la justesse de ses propres intentions. On vit avec soi et ce que l’on pense et ce que l’on fait constitue du karma instantané. Alors faisons le bien, du moins faisons du mieux que l’on peut. Avec ce que la vie nous offre.

Et gardons espoir, du moins la foi, en changeant le monde petit à petit, pas à pas, chaque pas dans la foi. Avec réalisme. Et humilité.

Ne vivons pas dans l’illusion d’un monde imaginaire trop rose. Le monde est tel qu’il est devant nous, tel qu’il est en nous. Sans artifice, tel quel. et peut-être qu’alors une petite brèche d’humanité pourra s’ouvrir et illuminer ce monde d’apparence avec amour et humanité.

Vivons cette mosaïque humaine, faites de multiples pièces brisées. Faisons-en une oeuvre d’art humaine. Imparfaite peut-être, mais sincère. Et alors, belle, car authentique.

Même si c’est long à assembler. Et qu’on ne comprend pas tout. Allons-y pièce par pièce.

ÂMUNIQUE

En fait, mon âme et vos âmes sont la seule et même âme. Tu es en moi, et moi en toi. Nous nous cachons les un.e.s dans les autres. – Rumi

Souvent, quand j’écris, je le fais à partir de cette partie de moi qui vit aussi en toi, qui vit aussi en chacun.e de vous, en nous tous et toutes.

J’écris avec l’intention de rejoindre cette part de toi, de vous que nous partageons, ce même ptit bout de vie qu’on a déposé dans chacun de nos corps à la naissance. Cette âme qui nous fait bouger, qui nous espérer, qui nous fait vouloir le mieux et le meilleur pour soi comme pour les autres. Cette part rêveuse, ce bout de mou en chacun.e de nous. La même flamme qui ne fait que passer de l’un.e. à l’autre, qui ne fait que se faire passer les un.e.s. aux autres.

Mes mots ne sont que des perches, des mains tendues, un coeur ouvert.

Je n’écris pas pour offrir des réponses ni des vérités mais davantage pour partager des questions, pour qu’on ouvre ensemble ce grand et constant questionnement commun face au mystère dans lequel nous baignons tous. Sploush sploush.

Je n’écris pas pour enseigner car je suis un éternel étudiant.e. Je possède un Ph. D. ouvert et incomplet en ignorance. Je n’ai rien à vendre, alors n’achetez jamais ma salade si jamais un jour je me fais saladier.

De toute façon, je n’ai rien et je donne tout ce que j’ai. C’est tout mais c’est pas grand chose. De rien.

J’écris plus pour me découvrir que pour trouver, pour chercher, pour investiguer. Pour dé-couvrir, comme dans retirer les couvertures qui cache mon âme, comme la vôtre, les vôtres. En fait, la nôtre. Car la seule et même. Âme unique splittée er répartie en chacun.e de nous.

J’écris pour me connaître et pour que vous vous reconnaissiez dans mes mots qui ne sont au fond que nos mots, et parfois nos maux. T’as eu le mémo ? La vie est un mystère à vivre et non un problème à régler, une énigme à détricoter et non un casse-tête à compléter. Plus un ouvre-coeur qu’un casse-tête la vie.

Alors voilà, mes mots insignifiants de ce matin. Des mots qui ne veulent rien dire de plus que ce qu’ils cherchent à dire. Des mots qui se lisent dans l’entre ligne, dans la marge, avec les même yeux que nous partageons, comme notre âme.

Car si nous pouvions seulement nous souvenir que nous sommes la seule et même âme, cette dualité qui nous fait nous opposer, nous choquer et nous entre-choquer disparaîtrait. Car nous sommes de la même eau, nous respirons le même air, nos coeurs battent au même rythme et nous vivons dans la même vie. Que des fenêtres différentes qui ouvrent sur la même et unique réalité.

Un grand jeu de cache-cache.

FACE À FACE À L’ÂME

Nous devons tous et toutes, chacun chacune, vivre avec notre bagage intérieur. On peut tenter de le nier, de le refouler, de le réprimer, de l’enterrer, de s’en divertir et détourner le regard, mais, éventuellement, on devra se mettre le nez dedans, comme les deux mains du coeur. Tout ce que l’on a vécu est enregistré, accumulé, intégré. Qu’on le veuille ou non. Et qu’on le veuille ou non, on doit ouvrir les yeux et respirer dedans.

Et comme on dit, plus on résiste plus ça persiste. Éventuellement, on doit faire face à nos peurs, nos ombres, nos faiblesses et notre vulnérabilité. On peut soit passer à-travers et en tirer des leçons ou repousser constamment par en avant. Personne ne veut souffrir, pourtant, beaucoup de souffrance en ce monde, en chacun.e de nous. Le monde est mis à mal.

Chaque obstacle peut devenir un chemin de croissance ou une voie de contournement ou de détournement jusqu’à ce que l’on soit prêt.e à l’affronter, à rentrer dedans, à le dénouer, le sentir puis le laisser aller. Le prétendu obstacle peut et doit même devenir le chemin. Et souvent la vie se charge de nous y mener, surtout quand on tient à l’éviter. Le petit cailloux sur la route semble nous attirer inexorablement, surtout si on ne veut pas aller vers. Quoi qu’on fasse pour l’éviter, la vie nous mènera plus ou moins directement là où l’on doit aller, plus ou moins frontalement.

Plutôt que de s’attaquer à nos propres blessures, traumatismes, bleus au coeur, on peut s’attaquer à vouloir changer le monde. Mais éventuellement, la guérison est une inside job. Et ça requiert beaucoup de courage en effet. Courage comme dans coeur.

On dit qu’il y a d’un côté douleur et de l’autre souffrance. La douleur serait davantage une sensation physique, alors que la souffrance serait une certaine forme d’évitement de la douleur, une résistance face à celle-ci, physique mais aussi mentale. Ça mérite réflexion me semble.

Il y a de l’amour d’évitement, et il y a de l’amour propre, celui qui nous fait prendre la souffrance à bout de bras et à bras le coeur et à y plonger.

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Grand-Maman, que faire avec la souffrance ?
— Mon enfant, la souffrance est une graine.
Si tu l’enfouis dans l’oubli, elle pourrit.
Si tu la jettes au vent, elle revient.
Mais si tu la plantes avec soin, elle peut fleurir en sagesse.

Comment une douleur peut-elle donner naissance à autre chose qu’à elle-même ?
— Parce que la souffrance, lorsqu’elle est touchée par la lumière de la conscience et travaillée par les mains du cœur, devient un chemin.
Regarde le sculpteur : il ne maudit pas la pierre, il la taille.
Regarde le musicien : il ne maudit pas le silence, il en fait une mélodie.
Et regarde la rivière : elle ne se plaint pas du rocher, elle le contourne et le polit.

Mais Grand-Maman, si la douleur est trop grande ? Si elle me submerge ?
— Alors, mon enfant, souviens-toi que l’eau qui déborde trouve toujours une fissure pour s’échapper.
Ne retiens pas ta souffrance comme un poids, donne-lui une voie.
Écris, marche, danse, parle, prie, crée.
La douleur ne demande pas à être enfermée, elle demande à être transfigurée.

Et si je n’y arrive pas ?
— Alors, respire.
Respire comme l’arbre respire en silence sous la tempête.
Il ne combat pas le vent, il plie.
Il ne refuse pas l’hiver, il attend le printemps.

Cela veut dire qu’il faut accepter la souffrance ?
— Non, il faut l’accueillir comme un visiteur qui a quelque chose à dire.
Si tu l’écoutes, elle partira après avoir livré son message.
Si tu l’ignores, elle reviendra frapper plus fort.

Et si je ne veux plus l’entendre ?
— Alors, transforme-la en offrande.
Laisse-la nourrir ta patience, ta tendresse, ta compréhension des autres.
Car ceux qui ont souffert et ont su transformer leur douleur deviennent des refuges pour les âmes fatiguées.

Grand-Maman, crois-tu que ma souffrance puisse un jour devenir une lumière ?
— Mon enfant, toute étoile que tu vois dans le ciel est née d’un chaos.

de source inconnue

EMPATHIE ENCORE ET TOUJOURS

Rien n’est plus important que l’empathie envers la souffrance d’un autre être humain. Ni une carrière, ni la richesse, ni l’intelligence, encore moins le statut social. Nous devons ressentir les un.e.s pour les autres si nous voulons survivre avec dignité. – Audrey Hepburn

Empathie, empathie. Encore. Toujours. Quoi d’autre importe dans la vie ? Car on ne vit pas que pour soi. En fait, on vit en partie pour soi, mais beaucoup, aussi, en partie pour les autres, avec les autres. On vit dans le même monde que les autres. Mais l’idée est de rendre les autres semblables à soi-même.

Car au-delà des limites de notre corps, dans lequel se situe notre âme – quoi que certains disent que c’est l’âme qui contient le corps physique – contenu, retenu et tenu par et dans notre propre peau, nous sommes aussi les autres que soi alors que le monde est nous. Qu’une apparente frontière, limite artificielle, entre moi et les autres, entre les autres et moi.

Quand on nait, on ne saisit pas cette différence, cette distinction entre nous et les autres. On nait monde.

L’empathie est généralement considérée comme la capacité de s’identifier à autrui dans ce qu’il/elle ressent.

Il me semble que ça devrait être la valeur à préconiser ces temps-ci car le monde s’oppose, se confronte, s’affronte. Dans le vide surtout car on se rencontre moins qu’avant semble-t-il aussi. On échange beaucoup de mots, d’images, de posts. Mais peu de rencontres en chair et en os. On vit un peu désincarné.e.s. Par écrans interposés. Chacun.e dans nos écrits et nos écrins virtuels.

L’empathie est différente de la sympathie qui, elle, repose surtout sur la similitude des sentiments. L’empathie requiert une ouverture, une capacité de s’identifier à tous les sentiments, et non seulement à ceux qui ressemblent ou soutiennent les nôtres.

Avoir de l’empathie pour ceux et celles qui éprouvent et expriment des sentiments opposés aux nôtres représentent possiblement le plus grand défi de la vie. On doit – tenter de – se mettre à leur place. Essayer de comprendre d’où ils/elles viennent, ce qu’ils et elles ont vécu, ce qui les a amené.e.s. à adopter telle ou telle perspective.

Pour ce faire, il faut sortir de ses propres souliers pour se mettre à leur place, se sortir de soi et de ses croyances et pré-supposés.

Extase, état hors de soi, sortir de soi. Pour pouvoir sentir et comprendre l’autre, les autres. Surtout ceux et celles qui nous dissemblent. Cela requiert d’être solide en soi, ne pas avoir peur d’être provoqué.e et capable et prêt à se redéfinir constamment. Encore et encore. Se remodeler en fonction de nouvelles informations, redéfinir sa conception du monde. Dés-apprendre pour pouvoir ré-apprendre. Pas facile ni évident. Mais essentiel pour continuer à apprendre et à se développer.

Let’s make human beings complete and open again.

Si on veut survivre avec dignité. Oui Mme Hepburn.

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réflexion intéressante en ce sens:
https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/858721/chronique-vieillir-mal

EMPATHIE DU PORTAIL DU 21 MARS

Empathie. Laisse-moi tenir la porte ouverte pour toi. Je n’ai peut-être jamais marcher dans tes souliers mais je peux voir que tes semelles sont usées, que ta force est ébranlée par une histoire que je n’ai jamais vécue auparavant. Laisse-moi tenir la porte ouverte pour toi. Après tout ce que tu as vécu, c’est la moindre chose que je puisse faire.

Hier, je postais, ici, une vidéo de Chris Hedges qui décrivait les horreurs qui prennent place à Gaza depuis des années. Vous n’avez probablement pas regarder, pas tout du moins. Difficile. Il décrivait l’impact des actes d’horreur sur ceux et celles qui les subissent, comme sur ceux et celles qui les commettent. Car nous sommes toujours tributaires des actions que nous posons, et toute action porte ses propres conséquences. Peut-être la plus grande justice.

Plutôt sombre, mais parfois il faut aussi plonger notre regard dans l’ombre, la nôtre comme celle du monde, pour tester et nourrir la lumière. Les ours ont compris cela depuis longtemps. Et il me semble important aussi, sinon essentiel, de connaître le sort de nos frères et soeurs les moins privilégié.e.s, pour ne pas perdre notre capacité d’empathie et notre compassion. Et peut-être, éventuellement changer – ou faire changer – les choses.

Non pas pour enfoncer le clou dans le désespoir que vivent ces gens depuis des années, simplement pour ne pas oublier, pour demeurer humain.e.

Car nous, qui vivons dans une partie du monde qui est encore pour le moment privilégiée, avons tendance à voir le monde avec nos lunettes qui tirent un peu sur le rose. Et il me semble important de voir autant la profondeur que la hauteur de l’âme humaine. Car nous vivons entre ces deux extrêmes. Pour cela qu’aujourd’hui, je poste plus bas un second vidéo qui tire vers le haut, qui donne espoir, malgré les possibles bouleversements. Car jamais que noire ou blanche la vie, toujours entre noire et blanche.

Ce qui est énoncé dans cette vidéo peut sonner un peu ésotérique et hautain, surtout quand on le met en contexte avec les pires situations terrestres. Mais on peut ouvrir nos ailes tout en gardant nos pieds bien plantés au sol. En fait, ce que l’on semble devoir faire sinon le cerf-volant s’élèvera et se perdra. Et l’âme habite le corps. Ou le corps contient l’âme, c’est selon.

Garder espoir tout en étant réaliste. Tout en ancrant notre coeur dans l’amour, l’empathie et la compassion. Pour soi, comme pour le monde. Car nous sommes le monde.

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Nous devons vraiment penser comme des êtres humains.
Et accepter la réalité actuelle.
Et la réalité actuelle, c’est que le système est injuste, et qu’il ne sera jamais juste.
Ce système est conçu pour exploiter et opprimer.
C’est ainsi que cette civilisation est construite.
C’est ce qui la fait fonctionner.
Nous devons donc l’admettre.
Je pense que lorsque nous l’aurons reconnu et que nous l’aurons vraiment compris, nous réfléchirons plus clairement à la manière de gérer les choses.

– John Trudell

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Dieu n’est autre que le Soi
Voir le Soi
après avoir détruit l’ego
c’est voir Dieu.
Tout le reste n’est qu’une vue de l’esprit.

– Sri Ramana Maharishi

VOYAGE AU COEUR DE LA NOIRCEUR HUMAINE

Intense chronique ce matin. Pas olé olé, ni légère, ni twistée, ni spirituelle. Mais suite au visionnement de ce témoignage de Chris Edges, nécessaire pour moi d’explorer la part d’ombre du monde qui semble chercher lumière ces temps-ci. On dirait que le monde dans lequel on vit est pire qu’il n’a jamais été. Ce n’est probablement pas le cas car le parcours de l’humanité est une histoire troublée et troublante.

Mais ce qu’on nous montre nous laisse croire que tout est pire qu’avant, pire que jamais auparavant. Partout sur la terre, des situations tendues et conflictuelles sévissent et les divers médias, mainstream ou on the side, nous les rappellent abondamment.

Partout sur la terre, des gens souffrent. Bien sûr, il y a quand même de la beauté. Et bien sûr, on peut aussi choisir de ne plus regarder l’horreur car un moment donné, n’en jettez plus la cour est pleine.

Mais trop souvent, on a tendance à bypasser cette ombre pour ne rester que dans la lumière. Sauf que sans ombre, toute lumière est impossible, et se trouve faible, ténue, palôtte. Paraitrait même que le coeur du coeur de la lumière est constitué d’ombre concentrée.

L’un des pires endroits où vivre sur terre en ce moment semble être Gaza. Nous qui avons seulement entendu parler des horreurs de l’holocauste, nous vivons une période similaire. Comme un sournois retour des choses. Mais ce n’est pas un sujet qui nous attire, pas une situation dans laquelle on veut ni peut trop se mettre le nez, ni les yeux. Moi, personnellement, Gaza m’interpelle car cette situation représente un exemple de ce qui arrive quand on détourne le regard, quand on refuse de voir comment l’ombre va inévitablement se terrer pour revenir de plus belle si on ne s’y attarde pas.

Nous ne pouvons pas vraiment savoir ce qui se passe à Gaza car nous n’y sommes pas. Que quelques brèves nouvelles desquelles on détourne rapidement le regard. En fait, nous ne voulons pas vraiment savoir ce qui se passe à Gaza car trop d’inhumanité y prend place en temps réel. Nous sommes occupé.e.s ici à vivre nos ptites vinaigrettes, occupé.e.s à gagner notre croûte, à remplir nos multiples tâches quotidiennes.

En fait, nous ne voulons pas vraiment aller au coeur de la noirceur de l’âme humaine, de nos âmes, de notre âme. Nous préférons vivre en surface, tourner autour, surfer dessus, et détourner les yeux, se divertir. Nous préférons chercher seulement le soleil.

Parfois on y touche à un bout d’ombre du bout de notre conscience, on l’effleure, on l’entrevoit du coin du troisième oeil et, immédiatement, on détourne le regard et on la fuit. Avec une vague et malaisante sensation qui nous reste au coeur et à l’âme car on sait que quelque chose de profondément sombre réside au coeur de l’âme humaine. Avec une sorte de retenue d’explorer qui ne nous fait vivre qu’en partie, qu’à la surface. Quand au fond cette ombre profonde constitue le terreau de notre humanité si on ose y plonger sans peur ni jugement, sans idée préconçue.

Et on se demande ensuite pourquoi l’humanité se cherche.

En tant que peuple, et qu’humain.e, comme l’impression que tant qu’on n’osera pas descendre dans cette partie enfouie de l’âme, cette partie de notre âme, on se coupe de notre profondeur, on se prive de notre humanité profonde, globale. Et on ne vit que partiellement, atrophié.e.s. qu’au rez-de chaussée. Les temps modernes en témoignent.

Oh bien sûr, pas essentiel d’aller là. C’est le printemps et le soleil reprend de la vigueur, la nature retire son manteau de neige et se dévoile de nouveau. La vie reprend. Mais pendant ce temps, aussi Gaza.

Et si on ose explorer le moindrement la noirceur tapie au fond de l’âme humaine, on risque de réaliser que notre propre humanité est intimement liée au sort du monde entier et que cette dire noirceur est une des plus grandes sources de lumière qui soit. Une chaine humaine la vie, et nous un de ses maillons.

Et face à la noirceur, on doit offrir notre regard le plus lumineux, on doit laisser shiner notre plus brillante lumière.

Et comme le disait si bien Leonard Cohen: there is a crack in everything, that’s how the light gets in.

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Face à la noirceur des âmes, nous présentons le soleil de nos yeux.
– François Gourd

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Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent : c’est pas gai, je sais.
Il y a aussi des gens qui s’entrevivent.
J’irai les rejoindre.
– Jacques Prévert

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Là ou il n’y a pas d’espoir, il faut l inventer.
– Camus

Et ci-bas, le texte du vidéo, une autre façon d’entendre les mots de Chris Edges

L’IMPORTANT, ARROSE

La chose la plus importante consiste à se souvenir de la chose la plus importante.
– Suzuki Roshi

Simple la vie non ? Pour certain,e.s, le plus important consiste à amasser de l’argent, ou des choses, des chars ou des maisons. Des gens même parfois. Pour d’autres, c’est de devenir célèbres, fameux. VIP. D’autres encore, c’est avoir du pouvoir et de l’influence. Qu’on parle d’eux/elles dans les médias. Et pour d’autres tout est dans le look, dans le body, ou désormais dans le nombre de followers.

Chacun ses buts, ses objectifs, ses motivations. Chacun ses turn-on.

Pour quelques-un.e.s d’entre nous, le but ultime c’est tout simplement d’être heureux/se, bien, relax, en paix.

Bien sûr on ne choisit pas où l’on naît, ni notre famille, ni notre corps. Mais, évidemment, on choisit – plus ou moins c’est selon – ce que l’on fait avec ce que la vie nous a donné au départ.

Certains départs sont plus faciles que d’autres, d’autres semés d’embûches. Rien n’est garanti: certains départs trop faciles nous évitent d’acquérir une certaine force et résilience, certains trop ardus nous cassent et nous rendent méfiant.e.s.

Nous sommes quelques-un.e,s à avoir couru après l’illumination, cet état où plus rien ne nous dérange, cette grâce (imaginaire) dans laquelle on flotte au dessus de nos propres affaires. Si ce concept était plus populaire dans les années 70 et 80, quand on a découvert l’Inde et ses gourous, il a depuis été sponsorisé et commandité sur les réseaux et les nouveaux gourous nous ressemblent désormais. Ils nous promettent des recettes garanties pour atteindre son plein potentiel ou réaliser nos rêves. Pour quelques paiements faciles de 99 $.

Mais c’est quoi cette chose la plus importante Mr Suzuki ?

Possiblement qu’il insinue que c’est de se rappeler d’où l’on vient et qui nous sommes.

Mais ce n’est pas ce que l’on enseigne aux enfants à l’école. Personne ne nous enseigne à fouiller par en-dedans pour chercher, pour investiguer, découvrir. On nous incite à chercher davantage par en dehors, pour montrer au monde qu’on est devenu quelqu’un.e, qu’on a réussi.

Mais, éventuellement, on va finir par se réveiller, par allumer. Certains sont ici pour nous rappeler que nous avons dédié nos vies à courir après des nuages qui vont finir par passer et se dissiper. Mais souvent, cela ne vient qu’avec le temps qui passe, ou des épreuves.

Et par arroser ce que l’on veut qui pousse. La rose ou le pot. Mais attention aux épines.

D’Intérêt ci-bas. Mon ami Luc a partagé avec moi. En lien avec le plus important.

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Les Navajos enseignent à leurs enfants que chaque matin, lorsque le soleil se lève, c’est un soleil flambant neuf.
Il naît chaque matin, vit le temps d’une journée et, le soir, s’éteint pour ne plus jamais revenir.
Dès que les enfants sont en âge de comprendre, les adultes les emmènent à l’aube et leur disent : Le soleil n’a qu’un jour. Vous devez vivre cette journée avec bienveillance, afin que le soleil n’ait pas perdu un temps précieux. Reconnaître la valeur de chaque jour est une belle façon de vivre, une bonne façon de renouer avec notre joie fondamentale.
– Pema Chodron

OUATE DE PHOQUE

On a beau tenter de ne pas trop suivre l’état du monde, on ne peut se fermer les yeux complètement. Notre monde tout de même.

Ce matin, j’ai vu passer une manchette voulant que le cessez-le-feu à Gaza soit rompu et qu’Israel y a tué 300 personnes. Et tout à coup, comme une craque dans l’armure. Droit au coeur. Quand on rajoute ça à tous les autres conflits armés – et économiques – sans parler de notre planète qu’on abuse à tour de terre, la vibe générale mondiale ne vole pas haut. Malgré toute la beauté du monde.

Moi, comme plusieurs d’entre nous qui vivons dans la ouate ici, nous tentons souvent de ne pas trop nous laisser affecté.e.s par l’état du monde. On se dit que ça se passe ailleurs, qu’on ne peut rien faire pour arrêter ce qui s’y passe, etc. Tout vrai. On se tient sur les lignes de côté, en parallèle des événements catastrophiques. On rationalise, on garde une saine distance entre les faits et soi. On ne veut pas trop se ternir le moral. Normal et tout à fait humain.

Mais comment est-il possible de ne pas être touché.e par tout ce qui passe dans le monde ? Par quel procédé mental peut-on se protéger ? Et pourquoi veut-on se protéger de ce qui se passe dans ce monde fou et sanglant ?

Quelques questions que je me pose en ce mardi matin. WTF over !

Bien sûr qu’on doit, chacun.e, continuer à vivre sa propre petite vinaigrette dans ce grand bol de salade mondiale, notre monde. Bien sûr qu’on ne peut laisser les dits événements du monde trop nous affecté.e.s. Mais jusqu’à s’en foutre complètement ? Sûrement pas. Oh que la ligne est mince.

Alors on doit apprendre à vivre avec l’état actuel du monde, avec le sort du monde devant nous, apprendre à bien vivre en dépit du sort actuel du monde. On peut bien méditer, se fermer les yeux, on ne pourra jamais nier que ce qui est est.

Comme le dit Krishnamurti ci-bas, si tu vois ce qui est, alors tu vois l’univers, et nier ce qui est à l’origine du conflit. La beauté de l’univers réside dans ce qui est, et vivre avec ce qui est sans effort est la vertu.

Vivre avec ce qui est ? Le premier pas, et non le moindre. accepter tout ce qui existe, le beau comme le laid. Comme le fait que certain.e.s vivent en guerre et nous pas. Se sentir empathiques sans se sentir coupables. Mais responsables. Comme dans able to respond. Se sentir liée.e.s en réalisant la limite de nos actions, comme notre impuissance.

Accepter que la souffrance côtoie la beauté, l’empathie la tyrannie et la justice son contraire. Certain.e.s sont pour le bien du plus grand nombre, d’autres pour le leur.

Prier et méditer pour cultiver la paix en soi, et pour que les choses changent.

Mais est-ce suffisant ? Probablement pas. Même si prier et méditer c’est déjà faire un ptit quelque chose, une petite action du coeur.

On nous dit qu’il faut agir pour la paix dans le monde. Mais quoi faire ?

Quoi d’autre qu’être soi ? Et faire du mieux qu’on peut, pour soi et autour de soi. Cultiver sa petite parcelle du grand jardin qui en arrache par bouts.

Bonne méditation vous aussi dans cette grande marche humaine qui veut sûrement tendre vers la paix, mais qui tangue aussi et tout autant.

Que quelques actions concrètes en résultent.

Et – un peu plus de – paix dans notre monde.

Over.