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PETITES VIOLENCES ORDINAIRES

La violence ne consiste pas seulement à tuer une autre personne. La violence c’est aussi une parole blessante, un geste brusque pour tasser quelqu’un, ou quand nous obéissons sous la peur. Ainsi la violence n’est pas une simple boucherie organisée au nom de Dieu, d’une société ou d’un pays. La violence est plus subtile, plus profonde.
– J. Krishnamurti

Bien sûr, il y a Gaza, le Soudan, l’Ukraine, Haïti et le Congo. Il y a aussi les règlements de compte, les tueries de masse et les voitures béliers. Sans oublier les réseaux asociaux où les mots de destruction massive sévissent désormais. La violence est répandue de par le vaste monde. D’où peut-être cette si grande quête de paix.

Mais il y a aussi nos petites violences quotidiennes. Autant celles envers nous-même que celles envers les autres. Car c’est avant tout avec soi que nous sommes en relation, face à nous-même que nous sommes peut-être les plus dur.e.s, sinon plus ou moins violent.e.s, en ne nous acceptant pas tels que nous sommes, en voulant changer, en essayant d’être toujours meilleur.e.s, plus ceci ou moins cela. Être quelqu’un d’autre carrément.

Et notre propre relation à soi se reflète inévitablement sur autrui, et/ou la remplace et prend sa place. Nos mots durs envers soi se rejettent dans la même mesure sur ceux et celles qui ne partagent pas nos opinions, notre propre rejet de soi se retourne en jugements sur les apparences physiques d’autrui qui poppent up avant même que nous nous en rendions compte. Et tutti quanti.

Souvent on aime haïr en dehors de soi mais au fond, possiblement seulement soi-même que l’on n’aime pas ni n’accepte suffisamment.

À chaque fois qu’on se surprend à détester Trump, la plus grosse cible de haine mondiale, ou la gauche ou la droite, ou les bleus ou les rouges, c’est un peu de haine envers soi-même que l’on peut dégager, que l’on relâche, que l’on sécrète. Et au final, ce n’est que nous-même nous que nous empoisonnons, une partie de nous-même que nous détestons, même si nous pensons le projeter en dehors de soi. Nous sommes l’émetteur/trice de cette haine et nous qui en subissons les braises.

La première relation – peut-être la seule vraie et réelle car on dit que c’est toujours à soi-même que l’on s’adressse – est celle que l’on entretient avec soi-même. Et celle-ci se reflète ensuite indirectement envers les autres.

Quand on s’accepte exactement tel que nous sommes, dans tous nos aspects, surtout ceux les plus difficiles à accepter, quand on peut se prendre dans ses propres bras, et ouvrir son coeur à soi-même et qu’on se sent bien dans notre propre peau. on aime le monde de la même manière.

Si on s’arrête qu’on y pense et le ressent, en effet, les mots de Krishnamurti sont plus que justes: La violence est plus subtile, plus profonde que ce que l’on peut s’imaginer en observant seulement le monde. La violence prend racine dans notre propre coeur si l’on n’y cultive pas l’amour, l’empathie et la compassion envers soi-même.

Sinon on projète nos malaises sur autrui, on les rejette sur le vaste monde, et sur tout le monde. Ce monde qui n’est qu’écran de notre propre film intérieur qui prend place en soi dans les tréfonds de notre âme.

Ainsi on doit apprendre tout d’abord à s’aime soi-même, ce qui constitue peut-être l’une des plus grosses et dures job au monde. Pas en opposition ni en comparaison aux autres, simplement en soi pour pour soi, pour qui l’on est.

Je sais, ces mots peuvent sonner simplistes à vos yeux. Ils sonnent ainsi aux miens en les écrivant. Mais ce sont souvent les mots et les vérités les plus simples qui sont les plus fondamentales. Et les plus difficiles à mettre en pratique, à appliquer au quotidien.

Il y a tant de sources de distraction en ce monde, au fil de nos écrans qu’on en oublie souvent de revenir à soi et que tout ce que l’on voit n’est, au fond, qu’une réflection de soi-même.

Alors salut miroir miroir, euh moi, euh toi, ben nous.

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Faut faire attention à ce qu’on dit.
Je sais que ce que je dis revit dans l’esprit de qui l’entend.
C’est pour ça qu’il faut faire attention aussi à comment on le dit.
C’est de notre responsabilité de choisir nos mots et la musique qui les accompagnent.

Reste le souffle et le soin qu’on leur porte.
Une maladresse est vite arrivée.
L’accident nous guette.
Regarder derrière, regarder devant, regarder sur les côtés avant de s’engager, voilà pour la conduite de nos véhicules verbaux. Manœuvres délicates.

Le silence aussi se manie avec précaution.
Pas qu’il se remplisse de quelque malentendu ou mot maudit.
Bien sûr que les mots font écho dans nos solitudes.
La nuit.

Et c’est là que quelques pieds se touchent pour former nos corps partagés.
Notre corps social.
Faire société, c’est bien parler.
Faire attention à ce qu’on dit.

– ⁠Dick Annegarn

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Avoir la possibilité de blesser ceux qui nous ont blessés, et ne pas le faire… voilà ce qui nous distingue vraiment d’eux.
La véritable force ne réside pas dans la vengeance, mais dans le contrôle, dans le choix de la paix plutôt que du ressentiment, et dans le fait de prouver que nous sommes plus grands que la douleur qu’ils nous ont causée.

– Morgan Freeman

LET’S REMEMBER / JE ME SOUVIENS

Ce matin, rien de mon cru, je suis cuit.
Je ne veux que traduire les mots d’une autre, une elle qui aime écrire son nom en minuscule elle aussi, christy sharshel, mots écris hier. Bene dictions.

Avant que tu ne sois quoi que ce soit –
Avant le nom ou le souffle,
Tu fus amour
Devenant forme.

Pas fait.e, mais tissé.e, tricoté.e
Dans le silence d’un ventre de mère
Fredonnant
Dans la musique d’un lien.

Tissé.e avec le fil
Qui tient les étoiles ensemble –
Pas séparé.e. du Divin,
Mais un(i).e avec Lui/Elle.

Mais toujours – le monde oublie.
T’apprend à oublier.
À fermer. À porter la blessure
comme si c’était ton nom.

Mais bien-aimé.e,
Tu n’est pas la blessure.
Tu es le/la tisserand.e.
Tu es le fil.

Tu es le Divin.

C’est ainsi que nous guérissons –
Non en s’efforçant, mais en s’adoucissant
Dans la vérité de qui nous sommes
Nous ne sommes pas brisé.e.s.

Nous sommes tissé.e.s. d’amour
L’étoffe même de notre être
Chaque moment, chaque souffle
Si seulement nous pouvions nous souvenir…

via Tara Brach



OMBRE ET LUMIÈRE

Petit rappel en ces temps sombres…
Bien sûr, on doit pointer la noirceur… comme l’injustice et le mal qui sévissent en ce monde. Mais on ne doit jamais placer toute l’emphase sur cela. Assure-toi de toujours placer l’emphase sur la Lumière. Et rappelle-toi que peu importe l’ampleur de la noirceur, la Lumière sera toujours plus grande.

Parfois difficile de rester centré.e et concentré.e sur la lumière ces temps-ci. On a tendance à se perdre dans l’ombre, à s’y noyer, tendance à s’y laissé submergé.e. Comme si une pulsion de mort en soi nous aspire vers le fond, nous souffle au visage, nous attire vers le noir et le sombre.

Comme une grande fatigue qui nous pousse à vouloir se reposer, abandonner, baisser la lampe de poche et retourner à la maison. La réalité du grand monde out there est épuisante, suscitant l’impuissance, un peu de culpabilité, et une responsabilité partagée devant l’horreur. Comme si une partie de soi voulait s’évader devant tant d’inhumanité.

Pas toujours facile ni évident de se rappeler qu’une seule petite parcelle de Lumière peut éclairer toute la noirceur du monde. Si on ne peut se battre contre la noirceur, on peut laisser shiner these little lights of ours, nous gens de bonne volonté, ce qui constitue la majorité du monde. Par l’amour, la beauté, la musique, la générosité partagée, sans gain personnel aucun.

Juste pour soutenir la vie.

https://www.youtube.com/watch?v=R0qAYq1GVec

CÂLIBRI

Wow ! C’est le plain temps.
J’ai vu mon premier colibri ce matin. Mai cette année, c’est comme pour nous, il est un peu découragé. Ou est-ce une elle ? Poulet pas dire.

Que voulez-vous, il faut bien en rire un peu car avec la situation dramatique à Gaza, comme à Haïti, au Congo et au Soudan, en Ukraine et ailleurs, avec les histoires de la SAAQ clik clak clok (vous irez lire mais vous rirez pas, plutôt de l’ire que ça soulève), avec le gros Trumpo l’éléphant r’volant et son cirque doré qui sévit au sud de chez-nous, le monde est dans un état critique et les tas dans tous ses états, pas très uni si vous voulez mon avis. Même le printemps a décidé de prendre un break, de rentrer dans ses terres et de nous berner en ré-hibernant.

Quand on regarde à l’extérieur de soi, le monde est à pleurer. Et en plus, nous sommes dans la frange la plus privilégiée de ce monde en décomposition qui, espérons-le cache une recomposition quelconque. Car parait que tout est en train de changer pour le mieux. C’est dans les astres parait. Le désastre avant la grande reconfiguration tant souhaitée ?

Le monde va mal en ce moment, ben du monde en souffre et on retient notre souffle. Les riches s’arrangent pour devenir encore et toujours plus riches, jusqu’à s’étouffer dans leurs bidous – et leurs bidets en or – pendant que les plus pauvres meurent de faim et de soif à cause d’une famine volontairement créée.

Et nous on vit repus et dodus dans cet étrange monde dérangé, logé.e.s nourri.e.s, gâté.e.s pourri.e.s même. Pendant que certains crèvent de faim, nous on poste nos lunchs sur les réseaux.

Et on a le luxe de chercher – et possiblement trouver – la paix intérieure dans une monde en guerre, dans un monde dépassé par une inhumanité galopante. Et avec l’afflux, le trop plein d’information, on peut être au courant d’à peu près tout ce qui se passe sur la boule un peu perdue, selon nos choix et nos biais qui nous permettent de tenter de faire sens de ce grand non sens.

Existentiellement challengeant ces temps-ci vous ne trouvez pas vous aussi ? Les deux pieds dans nos homes, le coeur et l’esprit ouverts, mais aussi pas mal à l’envers. Je parle pour moi, mais je pense que je sens pour nous tous et toutes.

On s’indigne virtuellement et on signe quelques pétitions car c’est tout ce que l’on peut faire concrètement pour arrêter la guerre, les guerres en fait, car pas qu’une seule, même si la situation de Gaza dépasse l’entendement.

Certains disent qu’il ne faut pas trop s’en faire, qu’il faut voir la moitié pleine du verre d’eau. Sauf que certains sont assoiffées volontairement et meurent de soif, et meurent de faim aussi. Pendant qu’on les bombarde dans leurs tentes. Nous ce ne sont que des fake news avec lesquelles on nous bombarde.

Je crois qu’il est très sain d’avoir mal à notre humanité en ce moment. Bien sûr, on doit apprécier notre grande chance, notre priorité devrait être le sort de nos frères et soeurs mais sincèrement, on ne voit pas le boutt… de notre inhumanité, alors qu’on cherche notre humanité commune minimale.

Alors on va continuer à prier…

et à faire nos petites BA autour de soi, en souhaitant le mieux, le meilleur et une grande lucidité à l’humanité. Car on a bien besoin de lumière et de générosité.

Amen, Inch Allah et courage aux femmes et aux hommes de bonne volonté, sans oublier la paix, de l’eau, de la nourriture et des soins pour tous les enfants du monde.

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CLÉ DE L’HARMONIE 

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 

Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 

Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 

Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il. 

Dans une période de haine
L’amour est un acte de résistance
Dans une période de peur
La foi est un acte de résistance
Dans une période de désinformation
L’éducation est un acte de résistance
Dans une période de pauvre leadership
La communauté est un acte de résistance
Dans une période telle que celle dans laquelle nous vivons
La Joie est un acte de résistance

Résistez. Résistez. Résistez.


– Loryn Brantz

PETIT TRAITÉ DE GUÉRISON

Tant à guérir en cette existence. La vie n’est peut-être, au fond, qu’une grande et continue opportunité de guérison. De blessures et de guérisons.

Bien au chaud et protégé.e.s jusque là dans le ventre de notre mère, dès la naissance, on accumule les chocs et les traumatismes, autant dans et sur le corps, l’esprit que la psyché. Jusque dans l’âme peut-être. Ou peut-être est-elle intouchable cette âme, petit bout de Dieu en nous – ou du Grand Esprit c’est selon – qui observe tout et toujours avec parfaite neutralité. Ah ces mots si limités.

Chocs émotionnels, blessures physiques, contractions psychiques nous guettent et nous tombent dessus au fil des événements de la vie qui peut s’avérer inévitablement dure et confrontante. À des degrés divers selon les contextes et les circonstances.

La vie au contact du monde extérieur nous forme et nous forge, nous sculpte et nous laboure, et laisse des traces, visibles et moins, plus ou moins indélébiles. Des traces que l’on doit apprendre à porter dans ses bagages pour la suite du grand voyage humain.

Et tout au long de notre existence, on doit apprendre à faire la paix avec ce qui nous est arrivé, apprendre à guérir, à maturer avec ce matériau reçu et parfois imposé contre notre gré. Certaines expériences sont plus difficiles que d’autres à accepter et à intégrer, ou plus longues à faire siennes, pour éventuellement, peut-être dans le meilleur des cas, pouvoir reconnaître leur richesse.

Souvent la vie nous amène à revivre des expériences semblables à celles qui nous ont heurté jadis pour développer un autre point de vue face au lieu du crime que l’on porte en soi et qui y est resté gravé.

Ce faisant, on le revit, la sensation originale est activée, réveillée, mais avec une certaine distance, une certaine maturité, avec une perception différente, et une intensité légèrement moindre, ce qui nous permet d’intégrer la leçon, de revivre l’expérience sans être autant submergé.e par la douleur.

Comme le dit Stephen Levine plus haut: guérir c’est toucher avec amour – et acceptation – ce qui avait été précédemment touché par la peur – et la douleur. C’est une transformation, une transmutation.

Concernant la nuance entre douleur et souffrance, on affirme que par notre humanité, la douleur est inévitable, mais que la souffrance serait optionnelle. Je vous laisse mijoter ça par et pour vous-même. Subtile nuance.

Comme le dit ci-bas Molesey Bridgette dans le Queen Code : la guérison se produit quand la voix intérieure qui nous démolissait jadis devient celle qui nous nous élève et nous permet d’avancer.

En ce sens, la guérison est aussi une intention, une décision, une direction. Soit celle d’oser fouiller en soi, ou se permettre d’y descendre, ou de laisser émerger, et y cueillir le matériau brut qui nous a formé et forgé et y puiser une profondeur, une inspiration profonde, une source de jus de vie.

On le constate, ce sont les souvent les personnes qui ont vécu les plus grands traumatismes qui peuvent s’avérer les plus aidantes, les plus soutenantes, les plus aidantes en terme de guérison pour autrui.

Pour, ultimement, gairire.

La vie n’est supportable que si l’on y introduit non pas de l’utopie mais de la poésie , c’est-à-dire de l’intensité , de la fête , de la joie , de la communion , du bonheur et de l’amour.
– Edgar Morin

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La vie va retirer ce que vous avez, jusqu’à ce que vous arrêtiez de vous plaindre et que vous commenciez à remercier.
La vie envoie des personnes conflictuelles pour vous soigner, pour que vous arrêtiez de regarder dehors et que vous commenciez à refléter ce que vous êtes à l’intérieur.
La vie vous permet de retomber et de nouveau, jusqu’à ce que vous décidiez d’apprendre la leçon.
La vie vous éloigne de la route et vous présente des carrefours, jusqu’à ce que vous arrêtiez de vouloir tout contrôler et que vous couliez comme une rivière.
La vie met vos ennemis sur la route jusqu’à ce que vous arrêtiez de réagir .
La vie vous fait peur et vous fera peur autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que vous perdiez la peur et que vous retrouviez votre foi.
La vie vous éloigne des gens que vous aimez, jusqu’à ce que vous compreniez que nous ne sommes pas ce corps, mais l’âme qu’elle contient.
La vie se moque de vous plusieurs fois, jusqu’à ce que vous arrêtiez de tout prendre si au sérieux et que vous puissiez rire de vous-même.
La vie vous brise autant de parties autant que nécessaire, pour que la lumière pénètre en vous.
La vie vous confronte aux rebelles jusqu’à ce que vous arrêtiez d’essayer de contrôler.
La vie répète le même message, si nécessaire avec des cris et des couvercles, jusqu’à ce que vous l’entendiez enfin.
La vie envoie des éclairs et des tempêtes pour vous réveiller.
La vie vous humilie et parfois elle vous défait encore et encore jusqu’à ce que vous décidiez de laisser votre ego mourir.
La vie vous refuse des biens et une grandeur jusqu’à ce que vous arrêtiez de vouloir des biens et de la grandeur et commenciez à servir.
La vie coupe vos ailes et élague vos racines, jusqu’à ce que vous n’ayez plus besoin d’ailes ou de racines, que vous disparaissiez juste dans les formes et que votre être vole.
La vie vous refuse des miracles, jusqu’à ce que vous compreniez que tout est un miracle.
La vie raccourcit votre temps, pour que vous vous pressiez d’apprendre à vivre.
La vie vous ridiculise jusqu’à ce que vous vous ne fassiez plus cas de rien, ni personne, pour qu’alors vous deveniez tout.
La vie ne vous donne pas ce que vous voulez mais ce dont vous avez besoin pour évoluer.
La vie vous blesse et vous tourmente jusqu’à ce que vous lâchiez vos caprices et vos colères et appréciez votre respiration.
La vie vous cache des trésors jusqu’à ce que vous appreniez à sortir dans la vie et à les chercher.
La vie vous refuse Dieu, jusqu’à ce que vous le voyiez en tous et en tout.
La vie vous réveille, vous élague, vous brise, vous déçoit… mais croyez-moi, c’est pour que votre meilleur moi se manifeste… jusqu’à ce que seul l’amour reste en vous. »

– Bert Hellinger

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J’AI DEMANDÉ …

J’ai demandé au Grand Esprit qu’il retire
Mes habitudes et mes manies…
NON Me dit-il…
Ce n’est pas à moi de les retirer,
Mais à toi de les abandonner.

J’ai demandé au Grand Esprit
Qu’il guérisse l’enfant handicapé
Pour qu’il soit complet….
NON
Son esprit est entier,
Son corps est seulement temporaire.

J’ai demandé au Grand Esprit qu’il m’accorde
La patience …
NON
La patience est un sous-produit de tribulations
Elle n’est pas accordée, Elle est apprise.

J’ai demandé au Grand Esprit
Qu’il me donne le bonheur…
NON
Je te donne des bénédictions;
Le bonheur dépend de toi…

J’ai demandé au Grand Esprit qu’il m’épargne la douleur…
NON
Les souffrances t’éloignent de la matière,
Et t’approchent de plus en plus de moi.

J’ai demandé au Grand Esprit
Qu’il me fasse grandir et mûrir mon âme…
NON ! NON !
Tu dois grandir et mûrir toi-même
Mais je te taillerai pour te rendre fructueux.

J’ai demandé au Grand Esprit
Toutes les choses que je peux aimer dans la vie…
Mais…NON
Je te donnerai la vie,
Afin que tu puisses y aimer toutes les choses.

J’ai demandé au Grand Esprit
Qu’il m’aide à AIMER les autres,
Autant que Lui m’aime!…
Alors satisfait et très content le Grand Esprit me dit : Ahhhh !…
Finalement ton vœux est bon!

Tu peux être UNE PERSONNE
Pour tout le monde,
Mais tu es sûrement LE MONDE
Pour une seule personne.

Ce jour est le tien, prends en soin…
Que le grand esprit te bénisse… »

Paroles Amérindiennes via Christine Pilar Estirac

ATTENDRE L’INATTENDU

La mort est la vie. La fin est un début. Si tu continues à toujours faire la même chose, rien de nouveau n’arrivera. La floraison peut se produire seulement lorsqu’il y a une fin .
– Krishnamurti

Si l’on n’attend pas l’Inattendu, on ne le découvrira pas, lui qui est inexplorable et sans accès.
Héraclite, VIe siècle avant notre ère

La majorité d’entre nous vit toujours un peu de la même manière, toujours un peu pré-programmé.e.s. On a des attentes de comment les choses devraient être, fondées sur du connu, sur le passé et certaines traditions, et tant que ça colle à ça, la vie coule plus ou moins platement.

Mais dès que survient un peu d’inattendu, de l’imprévisible, qui est, par définition, inimaginable car on ne peut imaginer seulement ce que l’on connait, du moins ce qu’il est possible d’imaginer, et qui se fait toujours sur des bases connues.

Tout un défi de vivre en étant complètement ouvert.e à l’inattendu, l’inimaginable, à l’imprévisible. Presqu’impossible. Mais possible d’attendre l’inattendu. Sans attentes toutefois. Ça requiert foi, espoir et une imagination un peu débridée. Il faut apprendre à vivre dans un état complet de peut-être.

Peut-être que oui, peut-être que non, peut-être que ça, et/ou autre chose. Et peut-être que rien aussi, peut-être que rien de tout ce que l’on a déjà imaginé auparavant. Peut-être que la vie est toujours prête à nous surprendre, à nous faire éclater la boîte à idées mais que nous on regarde en arrière. Et on s’attend à rien.

On doit garder son esprit ouvert, comme son coeur, et être prêt.e à recevoir tout, rien, n’importe quoi et son contraire. Apprendre à vivre en mode vice et versa et dans la flexibilité de contorsioniste. Vivre avec une folie certaine, avec une discipline interne, qui repose sur le tout mais aussi sur le rien. On doit être prêt.e à vivre avec la mort possible à chaque instant car elle peut toujours arriver pour nous surprendre.

Vivre comme si demain n’existait pas car demain n’existe pas. Qu’une file de petits moments à la queue leu leu qu’on limite si on n’ose pas oser le tout pour le tout, si on n’ose pas oser tout perdre tout le temps. Car les gens qui pensent posséder les multiples biens qu’ils ont autour d’eux ne vivent que dans la peur de tout perdre car perdre tout est notre destin. Corps inclus. Et

Je ne m’attendais pas à ce que ça finisse comme ça cette chronique. Surprenants mots va.

Fin, et nouveau début.

Sentez-vous les fleurs ?

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L’être humain attend quelque chose de frais en réchauffant les restes de la veille, de la semaine dernière, ou de l’année dernière.
Il attend quelque chose, quelque chose qui est… attendu; cela est toujours une apparence du réel, jamais le réel tel qu’il est.

Il ne réalise pas encore que ce qu’il attend c’est le réel et non une forme du réel.
Ce qu’il attend c’est l’inattendu.
Voilà pourquoi Héraclite dit : «Si l’on n’attend pas l’Inattendu, on ne le découvrira pas, lui qui est inexplorable et sans accès.»
Inexplorable et sans accès, cela l’est certainement, car nous avons exploré toutes les avenues possibles et tout ce que nous avons avancé est tombé beaucoup trop court.

Après avoir bien sûr essayé sans succès tout ce qui flatte les sens, le mental, l’intellect et l’ego, l’être humain essaie les religions, les philosophies, les psychologies, les idéaux, les prédicateurs, l’alimentation saine, la visualisation, la pensée positive, les cristaux, les anges, bref tout ce qui lui donne l’impression de chercher d’une façon inédite, mais qui n’est au fond que la même recherche de quelque chose dont on s’est déjà fabriqué une image et qui flatte toujours la même chose qu’avant.
L’Inattendu est inexplorable et sans accès.
Si c’est explorable, c’est le connu, c’est un objet, physique ou subtil, qui peut être appréhendé, saisi par quelqu’un.
C’est la nature radicale de la sagesse de ne pas être accessible, c’est-à-dire sans accès pour quelqu’un qui recherche quelque chose.
Ce qu’on cherche n’est pas à l’avant du processus de la recherche, c’est derrière lui; ça l’imprègne tout comme le coton ou la laine imprègnent la totalité d’un tissu.

On ne peut connaître que ce qu’on n’est pas.
Ce que l’on est, on l’est et cela est carrément inexplorable.
Qui pourrait bien l’explorer ?
Il ne peut que survenir une cessation, une extinction de l’attente du connu, du cheminement qu’on peut décrire.
Ce qui reste alors, c’est la totalité du réel, c’est l’Unique, l’Éternel, qui est sans accès.

Il faut savoir oser, se montrer audacieux, aller au bout de sa vie, au bout de soi-même.
C’est cela «attendre l’Inattendu».
Oser aller jusqu’à l’impasse qui attend toute «démarche» jusqu’au point où il faut reconnaître que cela qu’on cherche est sans accès.
Cette impasse, cette aporie (l’adjectif ἄπορον de ce fragment s’y rapporte) est essentielle pour pouvoir se remettre en question; et se remettre en question est essentiel pour se libérer de ses prétentions et de ses restrictions.
Ce qu’exprime ici Héraclite est capital pour tout être humain qui a à cœur la sagesse véritable.
On peut s’illusionner très longtemps et demeurer dans l’impression d’être arrivé à quelque part; on peut y séjourner toute sa vie; c’est encore le lot de la multitude (les polloí, πολλοί, «les nombreux») comme le souligne ailleurs Héraclite.
Le sage d’Éphèse nous invite à aller jusqu’au bout.

– Jean Bouchard d’Orval

GAZA & ETCETERA

Quand nos consciences deviendront-elles si tendres que nous agirons davantage pour prévenir la misère humaine que pour se venger ?
– Eleanor Roosevelt

Pendant qu’on vaque à nos occupations vous et moi, en ce printemps hésitant, nous qui avons le luxe de lire, tranquille, une chronique comme celle-ci, à l’abri et au chaud dans nos maisons, le frigo plein, la paix autour de nous, le peuple de Gaza est en train de se faire éliminé, affamé, assoiffé, bombardé.

Alors que plusieurs autres peuples vivent en guerre, sous les bombes: Ukraine, Libye, Haïti, Syrie et la liste est bien trop longue. Mais c’est à Gaza que c’est le plus criant car on voit, on sait. Et on ne fait rien. Nous sommes complices.

Alors prenons tout d’abord ce moment pour apprécier, simplement apprécier, l’infinie et unique chance que nous avons, l’immense privilège de vivre en paix. Car parfois, même ça on le tient pour acquis. Merci la vie. Merci aux gens qui se sont battus jadis pour établir un système de paix, certains en allant se battre et en perdant le vie pour le protéger. Et faisons en sorte que tout le monde vive ainsi.

Un privilège qui nous oblige à considérer ce que l’on peut faire pour placer la paix en tant que priorité sur la to do list du monde entier, dont la nôtre. À voir ce que nous pouvons faire pour attendrir nos consciences. Les rendre suffisamment sensibles pour que toute guerre devienne notre guerre, que toutes les guerres deviennent nos guerres auxquelles on doit apporter la paix. La Paix, celle avec un grand P.

Suffisamment sensibles pour que chaque mort nous fasse mal personnellement, pour sentir que même si elles se produisent loin d’ici, toutes les morts nous concernent, nous touchent, nous tuent un peu. Parce que dans les faits, chaque mort nous tue un peu, chaque mort tue un peu de notre humanité personnelle et collective.

Bien sûr, nous mourrons tous un jour. Bien sûr, bien peu que l’on puisse faire pour arrêter concrètement la guerre, les guerres. Mais vient un moment où l’on doit se mobiliser, prendre action, prendre position. Vient un moment où les mots ne suffisent plus, vient un moment où l’on doive faire quelque chose.

Mais quoi ?

Regarder pour commencer. Prendre conscience.

Puis écrire. À sa/son député.e. Même si ça ne fait pas grand chose. Car si pas nous, qui ? Et si on s’y met toutes et tous, maybe baby.

Puis poster, en parler, inonder, sur les réseaux ou ailleurs, s’opposer, garder le génocide au coeur du monde, manifester, passivement ou activement. Signer des pétitions, même si ça peut sembler banal et fleur bleue. Car même si nos moyens sont limités, ils ne sont pas nuls ni invisibles. Si tout le monde de bonne volonté s’y met.

Et, aussi, cultiver la paix en son propre coeur. Si on dit qu’on ne combat pas la paix en haïssant la guerre, on ne doit surtout pas l’accepter cette foutue guerre. Elle doit nous rendre aussi inconfortable que si elle se passait ici. Car elle se passe ici, sur cette planète, sur notre planète. Elle se passe en nous la guerre.

D’ailleurs nous nous faisons nous-mêmes la guerre ici en territoires de paix: sur les réseaux, avec nos mots mauvais – male dictions – avec nos jugements, avec nos méchants arguments les un.e.s envers les autres. Trop d’hommes qui menacent les femmes, qui abusent, qui imposent leurs idées. Trop de pornographie qui instrumentalise les corps et les âmes des femmes, des enfants même. Il y a des millions de petites guerres qui frappent partout, attaquons à celles-ci pour commencer.

Je ne veux surtout pas faire la morale à personne en écrivant ces mots ce matin et c’est surtout et premièrement à moi-même que je parle en écrivant ces quelques mots.

Mais vient un moment où l’on ne peut plus se taire, passifs et passives, et simplement regarder en se disant mon Dieu que c’est dommage. On doit se positionner et commencer à voir ce que l’on peut faire, chacun et chacune de nous, en soi, pour prendre part à cette mission humaine en cette grande marche active pour la paix qui ne peut plus attendre.

On doit commencer à laisser l’injustice bouillir suffisamment en soi-même pour commencer à attendrir nos consciences, à nous déstabiliser assez pour que la paix devienne la priorité du plus grande nombre, de tout le monde.

Peace and love ! And action…

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Gaza : dans le ventre vide du monde

Ce n’est plus un conflit. C’est une reddition organisée de l’humanité.

J’ai honte de ce que nous devenons.

Il paraît que nous vivons dans un monde qui valorise les droits humains, la dignité, la justice. Il paraît. Et puis il y a Gaza. Gaza, cette bande de terre qu’on a transformée en piège. Gaza, où des enfants meurent de faim tandis que les chancelleries s’échangent des formules creuses. Gaza, où l’on expérimente un nouveau type de guerre : avec des files d’attente pour de l’eau croupie, des hôpitaux sans morphine, et des mères qui préparent un dernier repas à base de farine avariée.

Le 7 octobre 2023. Une tuerie. Un crime. Un traumatisme collectif.

L’attaque du Hamas a été une atrocité absolue. Une tuerie délibérée de civils. Une barbarie que rien n’excuse. Rien. Pas l’occupation. Pas l’humiliation. Pas la souffrance. Israël avait le droit, et même le devoir, de se défendre. Mais il ne s’agissait pas de se défendre. Il s’agissait de punir. Longtemps. Massivement. Collectivement.

Depuis, Gaza est devenu un champ d’expérimentation pour la violence bureaucratisée. Et Benjamin Netanyahou, inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance, gouverne en pilotant la guerre comme un échappatoire judiciaire.

Son gouvernement ? Une alliance de fanatiques religieux, de colons messianiques et de ministres qui disent tout haut ce que d’autres maquillent. Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, déclarait en mars : « Gaza doit être plus qu’à genoux. Elle doit ne plus se relever. » On est donc dans la cohérence.

On meurt de faim à quelques kilomètres de la Méditerranée.

Depuis mars 2025, l’aide humanitaire terrestre est quasiment impossible. Les ONG quittent la zone ou travaillent au compte-goutte. World Central Kitchen a suspendu ses opérations après que ses camions ont été visés. UNICEF : 11 000 enfants traités pour malnutrition aiguë. Et ce n’est qu’un début. Gaza est classée en phase 5 de l’IPC, le niveau maximal d’alerte pour la famine.

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, parle sans détour :
« L’usage de la famine comme arme de guerre est une violation flagrante du droit international. »

Il ajoute :
« Les conditions sont réunies pour que cela devienne un crime de guerre. »

Mais les sacs de riz largués depuis le ciel -parfois en mer, parfois sur les têtes- suffisent, semble-t-il, à apaiser la conscience des États donateurs.

Et du côté israélien, des voix refusent la brutalité comme mode de gouvernement.

Le quotidien Haaretz écrit :
« Ce n’est plus une guerre. C’est une orgie de destruction. »

L’historien israélien Amos Goldberg, spécialiste de la Shoah, ose le mot que d’autres contournent :
« Un génocide rampant, progressif, porté par une politique de déshumanisation totale.»

Ami Ayalon, ancien directeur du Shin Bet, ne mâche pas ses mots non plus :
« Nous avons cessé de faire la distinction entre le Hamas et la population. Chaque jour, nous détruisons un peu plus notre propre humanité. »

Et pendant que des voix israéliennes s’élèvent pour défendre la morale, c’est à l’étranger que l’indifférence triomphe.

Trump jubile. L’Europe bredouille. L’hypocrisie règne.

Trump, Vance, les prédicateurs néo-apocalyptiques qui l’entourent, voient Gaza comme un épisode glorieux d’un vieux rêve biblique. Ils soutiennent, sans nuance, sans condition, sans pudeur. L’armée israélienne devient pour eux une milice sacrée.

Et l’Europe, elle, regarde. Elle regrette. Elle appelle « à la retenue ». Elle finance deux ou trois camions. Puis elle signe des contrats. Puis elle se rendort.

On nous explique que la situation est « complexe ». Que le blocus est « une nécessité stratégique ». Qu’il faut « ménager nos alliances ». Cela tombe bien : la lâcheté aussi est une stratégie.

Ce qui se passe à Gaza n’est pas une tragédie. C’est une faute. Une honte. Une complicité.

On regarde mourir un peuple. Lentement. Méthodiquement. Avec des outils technologiques dernier cri. Et des silences diplomatiques bien huilés.

À Gaza, des enfants boivent de l’eau saumâtre. Des femmes accouchent sans lumière. Des vieillards meurent sans soin. Et ce n’est pas un dommage collatéral. C’est le résultat d’une stratégie. Calculée. Étouffante. Inhumaine.

Et après ? On recommencera.

Car si on accepte Gaza, on acceptera d’autres Gaza. Ailleurs. Demain. Peut-être plus proches. Peut-être avec d’autres peuples, d’autres prétextes. Ce qui se normalise aujourd’hui fera jurisprudence demain.

Nous n’avons plus le droit de dire que nous ne savons pas. Nous savons. Et nous n’agissons pas. C’est cela, la vraie obscénité.

Alors agissons. Ou cessons de parler de morale.

Suspendons l’aide militaire à tout gouvernement qui affame. Exigeons l’ouverture d’un corridor humanitaire terrestre sous mandat international. Cessons de vendre des armes à ceux qui ciblent des civils. Et soutenons, activement, les procédures devant la Cour pénale internationale.

Cela coûtera. En relations diplomatiques. En tensions. En courage politique. Mais ce sera le prix de ne pas avoir tout à fait perdu notre humanité.

À Gaza, ce n’est pas seulement un peuple qu’on assassine. C’est le droit. La morale. Et le silence des puissants en est le complice.

Et si un jour, à défaut d’avoir agi maintenant, nous nous demandons comment cela a pu arriver, il faudra se souvenir de cette époque : celle où on savait. Et où on a regardé mourir, les bras croisés, avec un sourcil levé.

– Rudi Demotte

POLI AMOUR, POLIT

Notre tâche consiste à se libérer en élargissant notre cercle de compassion afin d’y inclure toutes les créatures vivantes comme l’entièreté de la nature et sa beauté.
– Albert Einstein

Amour comme dans aimer, en commençant par s’aimer soi-même. Car on dit qu’on ne peut aimer autrui davantage qu’on ne s’aime soi-même. Like like.

Et poli comme dans polir, et comme dans politesse.

La politesse, du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant, regroupe un ensemble de comportements sociaux entre les individus visant à exprimer la reconnaissance d’autrui et à être traité en tant que personne ayant des sentiments.
Chaque culture a des règles différentes de politesse.

Polir:
1- Rendre poli par frottement (un corps ou substance dures – limer, poncer)
2- Travailler pour améliorer (parfaire, perfectionner)

Grosse fin de semaine d’apprentis sages ici ce week-end.

Apprentissages, polissage, lissage.

Nous sommes un groupe d’ami.e.s, engagé.e.s dans un projet commun, ensemble, un projet de polissage, un projet d’harmonissage. Un projet de poly sages éternel.le.s étudiant.e.s en devenir. Masterclass pour débutant.e.s dans l’art d’être, d’humbles êtres ne s’en allant nulle part, ensemble, et certain.e.s de ne pas arriver ailleurs qu’ici. Maintenant, tout le temps. Au coeur le choeur.

Nous nous rassemblons, pour prier, jouer et chanter, pour rassembler nos différences, et parfois les confronter, pour les polir, les fusionner, les intégrer.

Comme dirait le coach des Canadiens, Martin St-Louis, grand philosophe du skating rink, pour amener chacun chacune notre game dans LA game. And what a game it is.

Leela, Jeu divin qui s’incarne dans nos humanités respectives et dans la plus grande, la plus vaste, la collective.

Parfois il arrive qu’on doive se frotter les un.e.s aux autres pour se polir, pour s’affiner, se raffiner. Apuro.

Parfois on doit y laisser des plumes, on doit se compromettre – mettre ensemble, en commun, de l’avant – se conformer – former ensemble un tout à partir de la somme de nos individualités.

Sur ce chemin du grand sablage humain, nous sommes le bois qui se frotte au papier sablé, parfois rude, parfois fin. Et nous nous doutons bien que nous finirons poussière. Brin de scie fin fin. Comme l’arbre qui fournit le bois pour le manche de la hache qui finira par le couper. Au service de la vie.

Mais ensemble, pour y arriver à ce nulle part ailleurs qu’ici, nous avons une clé, le chemin du coeur. Car le chemin est la destination.

Ce chemin du coeur ouvert, vulnérable, sensible porte flanc à la blessure, au heurt. il faut don le marcher avec soin et délicatesse. Et savoir s’excuser.

Je suis vraiment désolé.e
Pardonne-moi
Je t’aime
Je suis reconnaissant.e

Au sein de notre sous-culture, nous apprenons à développer, en marchant, en jouant, chantant et en dansant, nos propres mécanismes de polissage, de politesse et de respect. Et parfois c’est par l’achoppement qu’on apprend à faire corps, à devenir un ensemble.

Parfois nous sommes gauches, d’autres fois adroit.e.s. Mais par-dessus tout, nous tentons de demeurer centré.e.s. sur la cause commune, l’harmonie. Humaine et cosmique. Comiques parfois les humain.e.s.

Alors à ma gang de joyeux troubadour.e.s, merci. De la confiance, de la camaraderie, de la patience et de la tolérance. Merci de marcher, danser, chanter et danser ensemble, dans le flow, comme dans la flotte.

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Ciel – donne du fil à retordre aux humains pour qu’ils évoluent

La plupart des êtres souhaitent que leur chemin soit lisse et que tout marche selon leurs désirs.
Heureusement, le Ciel, qui veille sur eux, leur envoie quelques ennuis, quelques guêpes pour les piquer, car sans cela ils resteraient paresseux, endormis.
Tout est sensé dans la vie, même l’existence des guêpes !
Le Ciel sait bien ce qu’il fait quand il donne du fil à retordre aux humains.
C’est grâce à cela qu’ils se développent, qu’ils évoluent.
Combien de personnes ont abandonné une vie insignifiante et médiocre à cause d’une maladie, d’un malheur, d’une séparation, d’un décès !
Ce malheur les a fait réfléchir, elles ont mûri et c’est ainsi qu’elles ont découvert le chemin de la lumière.
Et quand le Ciel voit que l’un de ses enfants s’est mis enfin au travail, il donne un ordre afin que cessent ses tribulations.
« Maintenant, dit-il, laissez-le tranquille, il a compris qu’il fallait faire des efforts. »
À ce moment-là, ses difficultés s’aplanissent, et il reçoit même des bénédictions.
– Omraam Mikhaël Aïvanhov

AIMER LE MONDE PROFONDÉMENT

Parfois, votre rôle n’est pas de changer le monde avec fracas, mais de tout simplement aimer profondément, en écoutant avec attention et en vivant avec une douce intention.

J’ai glissé, hier, à la fin de ma chronique https://atisupino.com/2025/05/15/petits-maillons/, cette superbe citation qu’une amie a délicatement copiée dans un commentaire, mais que peu de lecteurs/trices ont dû voir. Car c’est le printemps, tant mieux, sortez, manquez-moé.

Mais je la reposte, cette fois en haut de page, pour la montrer et lui faire prendre l’air général des réseaux défilant à toute allure, comme une graine au vent, et peut-être la faire flasher dans la luminosité de vos écrans, car ces genres de petits mots doux et gentils nous aident à vivre. Et de l’aide à vivre en ces temps de fous, on en a tous et toutes besoin. Prozac textoel et littéraire. Avec effets secondaires de légèreté.

Trop souvent les plus belles paroles, celles les plus utiles pour vivre, passent inaperçues, elles passent tout droit devant nos yeux et dans le travers de nos oreilles. Et comme celles-ci en sont, permettez-moi de rebelotter.

Alors rebelotte :

Parfois, votre rôle n’est pas de changer le monde avec fracas, mais de tout simplement aimer profondément, en écoutant avec attention et en vivant avec une douce intention.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais souvent je voudrais en faire plus pour alléger le sort du monde. Un peu sauveur, le ptit moi, oui. Tenez, ce matin je voyais que les Kaboulais risquaient de manquer d’eau d’ici quelques années et je me demandais ce que je – ou on c’est selon – pourrais bien faire pour aider car les familles doivent choisir entre boire et manger.

Pendant que nous on fait nos numéros 2 dans l’eau potable ici, dans des réseaux qui en perdent une bonne partie avant qu’elle n’arrive même à nos champelurestuyau et eau qui leakent – et que mononc Maurice lave encore son char avec, ou son entrée de garage, c’est très selon et encore pire.

Pas facile de savourer sa propre petite paix personnelle sans un ptit brin de remords quand on constate l’état du monde, l’état du ptit monde ordinaire dans notre grand monde à l’envers.

Alors quand ça devient trop dur de vivre, je me relis ce genre de mots : votre rôle n’est pas de changer le monde avec fracas.

Et je le personnalise, je lis en je, je m’y relie: ton rôle n’est pas de changer le monde avec fracas. Et je pause, repause et me dit relaxe Max – même si je me nomme ni Max ni Remax.

Et je continue car on garde souvent le meilleur pour la fin, ah les finfimots: mais de tout simplement aimer profondément, en écoutant avec attention et en vivant avec une douce intention.

Tout simplement aimer profondément notre monde un peu malade et beaucoup injuste ?

Trop simple et évident et pourtant, quoi faire d’autre ? Mais aimer – profondément et même légèrement – les gros bullies et les injustices qu’ils commettent est du sport extrême, pas de l’amour 101 ça, un Master Class pour les pros de l’amour inconditionnel en devenir.

en écoutant avec attention

Moins habiles nous sommes devenus pour écouter en nos temps modernes surchargés de mots et d’images, vrais, faux, truqués ou pas on sait pus. On entend beaucoup beaucoup de choses mais on écoute beaucoup beaucoup moins, de moins en moins en fait. Inversement proportionnel qu’on dit. Tout en doutant beaucoup, de tout. Alors tendons les yeux, comme les oreilles et tous nos autres sens. Pour en donner un peu au monde, du sens je veux dire.

et en vivant avec une douce intention

La cerise sur mon flyday… ah si seulement on pouvait réussir à vivre avec une douce intention, en portant attention. Sans tension. Pas aussi simple qu’il n’y parait de vivre avec une douce intention. Nous sommes devenus dur.e.s, exigeant.e.s, tendu.e.s justement. Et malgré la popularité du concept de bienveillance, nos intentions ne le sont pas toujours.

Toujours on court et vit trop vite, on vit trop dur, de plus en plus dur et de plus en plus vite vite. Vite vite la vie, la mort s’en vient. Sprint vers la mort.

Alors en ce long week-end de la fête de la Reine du Dollar des Patriotes, or something like that, lundi de congé anyway, je vous souhaite seulement mais totalement de vivre avec une douce intention. Envers vous-même comme envers le monde, mais adroitement. On n’a pas à oublier ceux et celles qui souffrent, à les nier, ni à les sauver, on peut les écouter, et faire attention tout en les portant en nos coeurs. Humain.e.s.

Avec une douce intention, avec une douce attention.

Moi je passerai quelques jours à chanter et à jouer dring dring avec mes ami.es de la musique de mon choeur. Avec attention, et une douce intention.

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Et au fond, je crois que nous n’avons rien à faire pour mériter l’amour.
Toute notre vie, nous nous acharnons à paraître plus beaux, plus intelligents.
Mais j’ai compris deux choses.
Ceux qui nous aiment nous regardent avec le cœur et nous prêtent des qualités qui dépassent ce que nous sommes réellement.
Et ceux qui ne veulent pas nous aimer… jamais nos efforts ne leur suffiront.
Oui, je crois sincèrement qu’il est essentiel de laisser nos imperfections en paix.
Elles sont précieuses.
Elles permettent de reconnaître ceux qui savent nous voir avec le cœur.

– Fridha Kahlo

PETITS MAILLONS

D’UNE MÊME GRANDE CHAÎNE…

J’avoue, comme plusieurs d’entre vous probablement, j’aimerais changer le monde, le sauver même. Sauver le monde de lui-même. Un peu prétentieux je sais.

Mais j’aimerais faire en sorte qu’on arrête de tuer des enfants et leurs mères, qu’on bombarde des hôpitaux, qu’on tue des travailleurs humanitaires et des journalistes. Qu’on arrête d’affamer et d’assoiffer du monde.

J’aimerais convaincre les gens de mieux prendre soin de la Terre, notre Terre, notre Mère.

J’aimerais que les gens qui s’impliquent en politique le fassent pour le bien du plus grand nombre davantage que pour leur profit personnel comme certains semblent le faire (je leur laisse le bénéfice du doute). Qu’ils s’impliquent pour le bien de tous et non principalement pour le leur. Trop veulent le bien de tous et le prennent.

J’aimerais que plus d’humain.e.s soient plus empathiques, compassionné.e.s et respectueux envers eux-mêmes comme les un.e.s envers les autres.

J’aimerais que les enfants qui naissent aient un avenir plus prometteur devant eux et, en même temps, qu’on s’occupe de nos elders, ceux et celles qui ont fait en sorte qu’on vive si confortablement vous et moi aujourd’hui.

J’aimerais la fin de toute guerre, une paix universelle, et que le monde tire davantage sur le rose que vers le noir et que les uns sur les autres.

J’aimerais qu’on définisse globalement les plus nécessiteux de notre monde et qu’on commence à les aider réellement.

Mais je sais, ce qui est est, et ainsi soit-il.

Mais peut-être qu’on peut faire un ptit quelque chose pour pour faire en sorte que ce ne sera pas toujours ainsi ?

Je sais, on doit apprendre à vivre avec le monde tel qu’il est, et essayer, chacun.e, de faire son bout vers le mieux, le généreux, vers le de plus en plus beau. Au moins ne pas contribuer à la laideur.

Alors, sans arrêter d’observer ce qui se passe dans notre monde, même si pas toujours facile à voir ni à regarder, je vais continuer à faire du mieux que je peux en moi et autour de moi. Car quoi d’autre à faire ?

Je vais prendre soin de mon corps et de mon esprit, de mon âme et de mon coeur et je vais souhaiter la même chose pour autrui, pour tout le monde même à ceux à qui ne je le souhaiterais pas à première vue car eux qui en ont le plus besoin probablement.

Nous sommes une grande chaîne humaine de laquelle nous n’en connaissons qu’une infime partie. Tellement grand et vaste le monde. Un monde de petits mondes. Tellement vaste qu’on a de la difficulté à se l’imaginer en dehors du nôtre. Petits maillons individuels ne connaissant que quelques maillons de cette grande chaîne. Mais pourtant, la seule et même chaîne.

Même si nous ignorons la majorité des autres maillons de la grande chaîne, notre grande chaîne humaine, animale, végétale et minérale, sans la collaboration des uns les autres, la chaîne va finir par débarquer.

Peut-être est-elle déjà en train de le faire si on se fie aux nouvelles des climatologues.

Peut-être qu’il est même déjà trop tard ?

On doit quand même continuer, faire comme si pas le cas.

Car on ne sait pas comment la Terre comme la Vie va s’occuper de nous réveiller.

En premier lieu, on ne peut que polir, ajuster et bien huiler le petit maillon que nous sommes comme chacun des autres qui doit faire de même, tout en acceptant que certains maillons n’auront jamais les même intentions que les nôtres. Ni meilleurs, ni pires dit-on. Que différentes. Et confrontantes.

On ne peut se battre contre les gros petits maillons avides de pouvoir et de profits, les marchands de guerre et les big corpos affamées et sans fonds. On ne peut que constater leur existence, et continuer de faire shiner nos ptites lumières, en soi comme autour.

These little lights of ours, we gonna let them shine.

Accepter tout, même l’inacceptable, espérer mieux et faire de son mieux.

Car quoi d’autre à faire ? On reste ouverts.

Mais comme on dit, ce n’est pas en haïssant la guerre qu’on fera la paix.

Et tout ce que nous avons à notre disposition pour injecter un peu de paix dans la grande chaîne humaine est ce petit maillon que nous sommes.

Maillons donc.

Car parfois, notre rôle n’est pas de changer le monde avec fracas, mais de tout simplement l’aimer profondément, en l’écoutant avec attention et en vivant avec une douce intention.