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FEU FEU GUÉRIS FEU

et en tout petit en bas de page: les temps sont durs pour les rêveurs…

Le feu réchauffe comme le feu détruit. Le feu consume. Même la fièvre est nécessaire.

Le feu peut être fou, en tête, en enflammant nos idées, comme le feu peut être doux au coeur, en (r)éveillant notre passion de vivre.

Petit matin de mi-automne ici dans le grand now.

Un peu de blanc ici dehors. Wow ! Un peu de feu dans le poêle aussi ici dedans.

Et tout à coup, coucou, tout doux, tout doux, cet ange dans ma fenêtre,

venu m’inspirer et déguster des bouts de citrouille que ma douce a semés aux alentours hier. Prends ton temps, y a pas le feu.

Ah le feu. Et alors le feu ?

Ce feu que l’on doit alimenter. Ce feu qui peut réchauffer l’intérieur de la maison comme il peut aussi consumer toute la maison. Ce feu qui peut purifier, il faut savoir le contenir.

Le feu au coeur, le feu en tête, le feu au cul. Feux différents ou même feu ? Probablement que la même énergie, mais canalisée autrement.

Car le feu est feu unique.

Si le feu au cul peut nous faire bouger, créer comme détruire, celui au coeur est celui qui guérit, le feu qui consume ce qui doit partir, ce qui est trop lourd, trop sourd.

Car si l’amour brûle tout ce qui n’est plus nécessaire, l’amour ultime est ininflammable. Mettons l’inutile au test du feu.
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La méditation d’Atisha

Imagine un grand feu ardent brûler dans ton coeur. Ressens ce feu brûler dans ta poitrine, visualise la flamme y danser, la braise y faire des vagues.

Il est important de commencer par sa propre douleur et ensuite seulement il est possible de prendre la misère du monde entier en son coeur.

Quand tu inspires, par le nez, inspire la misère, la souffrance, les idées noires, les inconforts et les difficultés, les contractions dans ton corps. Inspire tout cela en ton coeur et laisse tout être brûlé et consumé par le feu qui y brûle et y danse. Laisse la chaleur, la braise et la flamme transformer la souffrance, laisse le coeur transformer cette souffrance en bénédiction, en guérison grâce au souffle. Dirige le mouvement à l’aide du souffle. Inspire par le nez, et expire par la bouche.

Ainsi, on inspire la douleur et la peur, ce que l’on considère comme le négatif, et à l’expiration, on laisse aller ce qui était souffrance et lourdeur en guérison, en allègement, en élévation. La transformation par le souffle, l’alchimie du souffle.

Et quand on se sent à l’aise avec sa propre souffrance, on peut commencer à inspirer en soi toute la douleur et la lourdeur du monde et à la transformer de la même manière. Mais soi-même tout d’abord car on ne peut guérir en dehors de soi rien de ce que l’on a tout d’abord guéri en soi.

N’ayez crainte, rien ne peut résister au feu sacré du coeur.

Le feu qui brûle depuis le début des temps et qui continuera à brûler pour toujours.

Le feu du soleil.

Et aucun enfer n’existe en ce coeur humain.

HIVER NATION

Ah cette première semaine de novembre, celle suivant le changement d’heure. Les prochaines semaines constituent toujours un grand passage. Ce temps de l’année, plein de défis, le temps du grand retour en soi. Passage délicat pour plusieurs. Les gens du sud n’ont aucune idée de ce que l’on vit ici.

Baisse de lumière, le gris qui s’installe, le froid qui mord davantage, l’appréhension de l’hiver à venir. La pose des pneus d’hiver – et l’achat parfois, défi supplémentaire – le cordage de bois et le montage du Tempo. Et en plus, comme si ce n’était pas déjà assez, on a à subir les moustaches du Movember.

Gros rite de passage.

D’ici le solstice de l’hiver, nous rentrons en nous, au coeur de soi. Souvent un passage étroit, intense, challengeant. Même si on a accumulé plusieurs hivers au compteur, toujours surprenant de lucidité ce passage très biologiquement bouleversant.

Contrairement à l’ours qui se prépare pour l’hibernation complète, nous on doit continuer à vaquer aux activités de notre quotidien, à mener notre vie malgré cet input luminaire plus limité et une certaine contraction. En ce monde un peu plus fou que jamais auparavant.

On doit trouver une façon d’allumer le feu interne qui devra brûler tout l’hiver, et nous porter jusqu’au printemps. Porter cette flamme silencieuse en notre propre coeur, en notre grotte intérieure. Et rieuse.

Alors pour vous ce matin chers lecteurs/trices, un conte amérindien inspirant, porteur d’espoir et de lumière. Pour nous aider à planter des graines de lumière en nos coeurs en ce temps de froidure, et de poudrerie à venir. Nous, les gens de la nation d’hiver.

___
Il était une fois un ours si vieux que même les montagnes ne se souvenaient plus du temps qui l’avait précédé.
On l’appelait Orun, ce qui signifie « la flamme silencieuse ».
Sa fourrure scintillait des couleurs du cosmos : un indigo profond, strié de feu et de lumière, comme s’il portait un fragment de l’univers sur son dos.

Orun vivait au-delà des vents du nord, là où le ciel touchait les confins de la création.
Chaque hiver, lorsque la terre gelait et que les étoiles se rapprochaient, il s’éveillait de sa torpeur et marchait sous le ciel nocturne.
Les autres créatures disaient qu’il cherchait quelque chose, quelque chose de perdu aux origines du monde.
Personne n’osait lui demander ce que c’était.

Mais une nuit, tandis que les aurores boréales dansaient et que la neige murmurait comme de la soie, un petit renard suivit ses traces.
Le renard était jeune, téméraire et curieux, et n’avait pas peur des légendes.
« Grand Ours, » appela-t-il d’une voix tremblante comme le vent sur la glace, « pourquoi marches-tu seul sous les étoiles ? Que cherches-tu dans le silence ? »
Orun s’arrêta.
Son souffle s’éleva comme une brume et s’attarda, faiblement illuminé par la lumière des étoiles.
Longtemps, il ne dit rien. Puis, d’une voix grave comme le tonnerre et douce comme la neige, il répondit :

« Je ne cherche pas les étoiles, petit. Je les porte. »

Le renard inclina la tête, perplexe. « Tu les portes ? Mais les étoiles appartiennent au ciel. »

L’ours leva les yeux, et l’univers sembla onduler dans sa fourrure.
« Jadis, » dit-il, « c’était le cas.
Mais il fut un temps, il y a bien longtemps, où les ténèbres tentèrent d’engloutir les cieux.
Les étoiles commencèrent à tomber, une à une, s’éteignant avant même de toucher la terre. Le monde se refroidit.
Les rivières oublièrent de chanter.
Le cœur des êtres vivants se transforma en glace. »

Ses yeux brillèrent faiblement, reflétant des constellations que le renard n’avait jamais vues. « Alors j’ai rassemblé la lumière qui subsistait.
J’ai attrapé les étoiles filantes et les ai gardées près de moi, pour que leur chaleur ne s’éteigne jamais.
Chaque étincelle que je porte est le souvenir d’un passé révolu – la promesse que la nuit ne triomphera jamais complètement. »

Le renard le fixa, le cœur serré d’une douleur qu’il ne comprenait pas.
« Grand Ours, cela ne te fait-il pas souffrir de porter ce feu en toi ? »

Orun sourit, d’un sourire lent et ancestral.
« Si, dit-il.
Mais porter la douleur, c’est porter un but.
La lumière ne peut exister sans l’obscurité pour la bercer.
Nous sommes les deux. »

Sur ces mots, l’ours leva sa grosse tête, et le ciel s’ouvrit au-dessus de lui.
Des profondeurs de sa poitrine, une douce lueur commença à s’élever – des étoiles scintillant comme des larmes – se répandant dans les cieux jusqu’à ce que la voûte céleste s’embrase à nouveau.

À l’aube, le renard était de nouveau seul.
La neige n’était marquée que par la forme estompée d’une empreinte de patte – vaste et lumineuse, telle une constellation imprimée dans la terre.
Ce matin-là, pour la première fois, le renard leva les yeux et vit les étoiles briller encore en plein jour, faibles mais inébranlables.

Dès ce jour, les animaux du nord parlèrent d’Orun, l’Ours qui portait les étoiles.
Ils disaient que lorsque le monde semble froid et infini, si l’on ferme les yeux et que l’on écoute, on peut encore entendre son cœur battre dans le ciel – un pouls profond et régulier qui rappelle à tous les êtres vivants : Même dans la nuit la plus noire, quelqu’un porte la lumière pour vous.

PRÉSENT COMPOSÉ

Au moment d’une grande déception, nous ne savons pas si c’est la fin de l’histoire.
Ce n’est peut-être que le début d’une grande aventure.
– Pema Chödron

On vit tous et toutes des déceptions parfois. Indeed, nos attentes ne sont pas toujours remplies. Une chance, sinon la vie serait plate à mort.

Sur le coup, toujours un petit choc, une petite déception. Puis ensuite, souvent, des surprises se manifestent. Présents, comme dans cadeaux.

Cette année, on avait invité un ami du Brésil pour quelques concerts/méditations, mais à cause de problèmes de visa au sein de l’équipe, on a dû annuler le projet. On a perdu des sous, du temps et une occasion musicale rare.

Mais… suite à ce changement de cap, on s’est relevé les manches, on a beaucoup pratiqué et on a réussi à faire le concert nous-mêmes, notre petit groupe, sans le maestro. Et le résultat fut plus que satisfaisant.

Souvent, on fait des plans. Parfois ça marche, parfois pas. Parfois mieux que prévu, parfois moins. Et d’autres fois pas du tout. Inévitable d’apprendre à composer avec l’inattendu et l’imprévisible.

Car c’est bien connu, quand la vie nous donne des démons, on doit se démener et faire de la démonade.

Ou faire de l’improvisation avec la déception. C’est selon.

Parfois, les plus grandes désillusions sont nos plus grandes motivations, nos plus grands maîtres.

Souvent, en quête de lumière, tout ce que l’on trouve c’est de l’ombre. Mais peut-être que justement, c’est la vie qui nous dit de laisser briller notre petite lumière un peu plus fort ?

Dire oui, accepter, et assumer ses choix. Comme tout ce que la vie nous envoie. Car rien n’est censé être prévu, rien ne nous est dû. On doit composer.

On ne décide pas de ce que l’on a à vivre, mais on décide, un peu du moins, comment on va réagir à ce que la vie nous envoie. Parfois, facile de switcher, parfois, moins.

___
La vie n’appartient qu’à ceux et celles qui n’ont absolument pas peur d’accepter tout ce qu’elle apporte.
Acceptez-la comme un cadeau, soyez reconnaissant.e, appréciez-la, célébrez-la, et lorsqu’un autre cadeau se présente, appréciez-le aussi.
Parfois, vous ne serez peut-être même pas capable de comprendre qu’il s’agit d’un cadeau, parfois, cela ressemble à une malédiction, mais la vie ne donne jamais rien d’autre que des cadeaux.
C’est votre incompréhension.
La vie vous comble toujours de bénédictions; comment pourrait-elle vous maudire ?
Nous lui appartenons, nous en faisons partie : en étant maudit, la vie sera maudite.
Il est impossible pour la vie de maudire qui que ce soit, elle se présente toujours comme une bénédiction, mais notre compréhension est limitée, nos attentes sont nombreuses, et si elle va à l’encontre de nos attentes, nous pensons que c’est une malédiction.
Mais toutes vos attentes ne sont pas bonnes pour vous, alors qui sait ?
Finalement, en mûrissant, on commence à regarder en arrière, à porter un regard rétrospectif sur le passé, et l’on est tout simplement surpris de constater que tout était comme il se devait : il n’y avait jamais eu de malédiction… tout était une bénédiction.

– Osho

VOIR AU DEDANS ET AU-DELÀ DU MONDE

Il faut le voir pour le croire ?

On dit au contraire qu’il faut le croire pour le voir.

C’est selon.

Je vois ce que tu veux dire me dit l’aveugle. Avec ses mains of course.

En fait, on ne voit à peu près rien de ce qu’on nomme si souvent la réalité, à peine 0,0035 % selon la science. Pas beaucoup ça. Infime partie.

On voit certaines choses avec nos yeux, et même encore là, on ne voit souvent que ce en quoi l’on croit, Le croire pour le voir.

On dit que l’on ne voit toujours que soi-même, ni plus, et sûrement beaucoup moins. Quand on regarde, c’est souvent soi et ses propres croyances que l’on regarde. On a le regard brut.

Parfois il faut prendre un pas de recul de ce monde dans lequel on vit au milieu de, physiquement ou métaphoriquement, s’extraire du monde, pour adopter une perspective différente, pour voir autre chose, voir plus pointu.

Et avec le temps qui passe, notre regard change. Notre vue baisse et notre regard intérieur, notre perception se raffine, notre focus se précise, nous zoomons in.

On apprend à voir avec d’autres sens, à voir autrement, à voir ailleurs, à partir d’ailleurs.

On apprend à voir dans le noir. Dans son propre noir.

On laisse notre regard fouiller nos tréfonds, nos mondes imaginaires, on lui permet de voir ce qui, en soi, regarde et regarde regarder. On y apporte la lumière à nos ombres. D’ailleurs un peu le sens profond de l’Halloween, apprendre à voir nos monstres intérieurs, apprendre à voir les âmes de nos mort.e.s, et à les apprivoiser.

Pour apprendre à voir en soi. Plus creux, plus profondément, plus finement et plus directement.

___
J’apprends à voir.
Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu’ici, cela prenait toujours fin.
J’ai un intérieur que j’ignorais.
Tout y va désormais.
Je ne sais pas ce qui s’y passe.

– Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte, via Christian Vézina

___
Le monde fonctionne sur la croyance que tous les corps et le monde sont réels.
En réalité les deux sont faux, voilà la compréhension juste.
Les corps et le monde sont faits des mêmes cinq éléments.
Celui qui se voit comme autre chose que le corps de nourriture est déjà libre.

– Nisargadatta Maharaja

___
P.S.

I see you Lou 😉

PARTAGE SANS FRONTIÈRES

Il est valide que vous désiriez être facilement dans l’abondance absolue tant que vous comprenez que votre abondance, peu importe la forme qu’elle prend, ne sera toujours exactement que l’exacte représentation du niveau de partage que vous créez ainsi que du niveau d’abondance et de joie que vous créez pour autrui. Ainsi, votre abondance n’est qu’un reflet semblable de ce que vous réalisez en général.

Et vlan, direct dans le portefeuille de notre sens moral, de notre comptable intérieur

Car nous sommes tous et toutes toujours les gros riches de plus pauvres que nous. On le réalise quand on va dans le sud où des populations pauvres nous perçoivent tels des millionaires pleins aux as. Ou quand on marche sur la rue et que des gens quêtent. Peut-on leur donner un peu d’attention même si on a pas de ptit change ? Pas toujours en effet.

Car au fond, le cas d’un peu tout le monde que cette contradiction quasi existentielle :

Parfait de vouloir créer de la richesse, tant que ça soit pour tout le monde, du moins pour le plus grand nombre, tant que c’est pour qu’elle soit partagée avec le monde, en commençant par les plus démuni.e.s. Pas seulement avec nos quelques chums chosen few. Comme on dit, certains sont tellement pauvres que tout ce qu’ils ont c’est de l’argent.

Mais évidemment que charité bien ordonnée commence par soi-même. C’est où elle s’arrête et qu’elle commence à se partager qui questionne.

Même chose pour la peur de certains face à l’immigration. Évidemment que l’on doit s’assurer d’offrir des services adéquats aux habitants d’ici. Et de bien prendre soin des gens qui fuient les pays pauvres et qu’on accueille ici. Mais on doit se rappeler qu’aucune terre n’appartient à personne, que nous appartenons tous et toutes à la terre. La mort saura bien nous le rappeler tôt ou tard de toute façon. C’est in between que ça compte.

Oui certains sont à vide, avides d’en avoir toujours plus, de posséder encore plus, de se remplir la panse au maximum. Pas besoin d’être riche pour ça. Au contraire même parfois. Mais comme disent les anglos, how much is enough ? Et never too much, just enough.

Et souvent, plus on en a, plus on en veut. Oui, comme l’appétit qui vient mangeant.

Et souvent aussi, plus on en possède, plus on a peur de perdre ce que l’on pense posséder. Alors on les plaint un peu les gros bonnets non ? Car ils doivent faire de fric dans leur froc à l’idée de tout perdre. Ils doivent être épuisés de toujours courir après plus plus plus. Et ils doivent faire tant d’efforts pour essayer de tout conserver. En vain.

On, inclut la personne qui tape, et vous aussi probablement j’imagine, se demande pourquoi les riches ne sont pas plus généreux. Mais on pourrait aussi se demander soi-même pourquoi nous, même pas dans le fameux 1 %, nous ne le sommes pas plus ?

Que ce soit de bidous, de mots doux, ou de bonnes actions, quand on prend conscience que plus on donne plus on reçoit, on commence à se lousser le muscle du don et à devenir de plus en plus généreux.

Et souvent aussi, qui perd gagne.

Bon mercredi gang.

VOIX DE TÊTE ET VOIE DU COEUR

La voix dans ta tête n’est toi. C’est un conditionnement qui roule en boucle prétendant être quelqu’un.. Il n’y a pas de penseur, que pensées.
– source inconnue mais ça aurait être vous et moi right ?

Je pense donc je suis ?

Je ne pense pas vraiment mon Auguste ! Je dirais même, je ne pense vraiment pas mon Rodin. Divine comédie indeed.

Ironique que cette sculpture, initialement créée en tant qu’élément à l’entrée de l’oeuvre La Porte de l’Enfer de Rodin, était censée n’être qu’une pièce parmi d’autres de cette création, mais elle est sortie du lot. La pensée s’est détachée pour devenir la Porte Royale de l’Enfer. L’enfer du décor.

Je pense, donc je tourne en rond, je réfléchis en boucle. And on and on and on.

Et tournent les ballons sur nos nez. Holy Baloney !

Ça roule dans nos têtes, ça spinne, ça tourne et ça détourne souvent de la réalité ambiante. La source ancestrale des chaînes d’information continue se trouve up there dans nos caboches, juste là sur nos deux épaules. Et les réseaux asociaux l’ont bien compris. Bing bing bing, alertes rouges, alertes rouges.

Mais on dit que l’on ne souffre pas à cause d’une pensée, on souffre parce qu’on s’identifie à cette pensée.

Pensez-y. Mais pas trop.

D’où la richesse de la méditation, de l’introspection détachée, de l’observation neutre, de la recherche d’interstices – gaps – entre nos pensées. Jouer à trouver la source des pensées. Comédivinette.

Pour quelques moments, régulièrement, arriver à s’arracher au monde qui nous interpelle, à se sortir du monde extérieur pour reprendre contact avec le/la gérant.e d’estrade de la machine à pensées, du ptit boss du poste d’observation, avec le/la gardien.ne du phare, dans la ronde de nuit des pensées incessantes.

This little light of mine, I’m gonna let it shine.

Se détacher, au moins un peu, une fois de temps en temps, par ptits bouts, et observer sans juger, sans s’identifier aux vagues, sans se juger pour les multiples pensées qui poppent and poppent. Portes battantes et pensées poppantes non-stop. Ainsi va la vie.

Observer, et laisser aller. Et don’t we worry, les pensées vont continuer à popper. Et à revenir. Sans cesse. C’est dans leur nature. Jusqu’à ce que mort s’ensuive probablement. Même la nuit, la tête dans le lit.

Mais si on peut apprendre à s’en détacher un peu, une fois de temps en temps, à peser sur la clutch intellectuelle, on peut enfin relaxer un peu et bénéficier de thinking pausas. Vroum vroum vroum.

Le monde est devenu dématérialisé. On vit par écrans interposés, écrans qui nourrissent surtout notre flot de pensées. Et presque tout passe – et se passe – par nos yeux. Ainsi, on finit par vivre de plus en plus dans nos têtes, et de plus en plus déconnecté.e.s, perdant contact avec la matière. Pour ça qu’il faut aller marcher, toucher et être touché.e par les éléments de la nature entre autres, notre vraie nature. Notre real mom.

Aucun algorithme ne peut nous contrôler ni nous influencer quand on parle aux arbres, qu’on vole avec les oiseaux et qu’on écoute le vent qui chante. Là que Dieu réside.

Dans nos cœurs plus que dans nos têtes.

La nature panse notre âme.

Et la voie de l’amour est la voix ultime. Écoutons.

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L’émanation de notre champ d’énergie parle de nous plus que les mots, plus que toute action possible.
Autour des êtres authentiques, il y a toujours harmonie parce que l’instrument est visiblement accordé, on ne peut pas se tromper.
– Francesca Silvia Brugnoli via Jean Bouchart d’Orval

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L’amour est la réponse ultime, révélant notre unité dans un royaume au-delà de ce que nous pouvons voir avec nos yeux physiques.
Rien de moins ne fera l’affaire.
C’est la prochaine étape de notre humanité.

Il nous sauvera de nous-mêmes.
– me rappelle pus de qui 😉

NI SENS NI DESSEIN SANS DESSIN

En effet, il manque un E 😉

Ah ce fameux sens de la vie. Eh qu’on le cherche et qu’on court après non ? Bon chance !

Que ce soit le bonheur, la richesse, la gloire ou le succès.

Soit que rien ne fait sens en ce grand tout fou et touffu, ou soit que tout fait sens en ce ptit rien du tout.

L’immensité est composée d’une multitude de petits riens. Une infinitude de pacotilles et de petits détails qui tissent une existence, avec ou sans sens. Une maille à l’endroit, une maille à l’envers.

Du berceau au tombeau. De la lune à l’urne.

Naître, vIvre, aimer et si possible mûrir avant de mourir. De corps du moins. L’esprit au loin. Avec entre les dingues limbes et les dignes lignes, apprendre, partager, découvrir, communier et communiquer. Tape tape ton non-sens le chroniqueur.

Sous ce même vaste ciel, certain.e.s veulent le développement personnel, croître et grandir, d’autres, au contraire, se déconstruire et revenir à l’essentiel. Au point zéro de ce grand non-sens existentiel si essentiel. Tout ça sous le même ciel.

D’autres, plus drivé.e.s et incarné.e.s, veulent conquérir le monde, avoir du pouvoir, brasser de grosses affaires et engranger du ca$h en ma$$e, avoir de l’influence. Et laisser leur marque. Course contre la montre, course contre la mort.

D’autres encore aspirent plus simplement à mener tout doucement et humblement leur grandiose petite vie extra ordinaire. Sans faire trop de bruit, ni déplacer trop d’air. L’essentiel sous le vaste ciel. Trouver la paix en eux et elles, pour la projeter sur le reste du monde.

Et certain.e.s, de plus en plus nombreux, veulent seulement joindre les deux bouts, trouver un abri pour la nuit, ou pour la vie, et quelques croûtes à manger au quotidien. Banques de commerce, et/ou alimentaires.

Les quotidiens de chacun.e d’entre nous, comme nos destinées, varient grandement et sont fort différents les uns des autres. Même si tout se passe sous le même ciel. Tous et toutes foulant la même terre. La même Mère.

Et inévitablement que le sens que l’on cherche, ou que l’on suit et/ou poursuit, s’incarne dans nos contextes de vie particuliers et respectifs, et fluctue selon les différentes étapes de la vie.

Le sens change avec le temps, même si ni l’un ni l’autre n’existe pas vraiment apparemment. Allez savoir, ah cette quête de vérité en ce grand mystère incarné. Chilling em carne et ongles incarnés.

Me revient à l’esprit l’expression sans dessein que me disait affectueusement mon père jadis, qu’enfant, j’entendais et comprenais comme sans dessin. Pourtant, je me faisais aller le crayola frénétiquement.

Mais ce matin, Euréka ! Merci pôpa pour la leçon !

En effet, pas de but dans la vie. Nulle part où aller, rien à atteindre d’autre que la paix et le bonheur tranquille peut-être. Et même pour ça, comme on dit, less is more.

Alors petit train n’ira pas loin loin, ni soin soin, car on reste toujours en gare.

En gare et encore.
And did we tell you the name of the game, boy? We call it riding the gravy train
Have a cigar chantait le chanteur (1).

Chu où ? Chu où ? Ici, d’ici. Qu’ici.

___
Le mal collectif de l’humanité réside dans le fait que les gens sont tellement absorbés par ce qui se passe, tellement hypnotisés par le monde des formes fluctuantes, tellement absorbés par le contenu de leur vie, qu’ils en ont oublié l’essence, ce qui est au-delà du contenu, de la forme, de la pensée.
Ils sont tellement absorbés par le temps qu’ils en ont oublié l’éternité, qui est leur origine, leur foyer, leur destinée. L’éternité est la réalité vivante de qui vous êtes.

~Eckhart Tolle, Une Nouvelle Terre

___
Essayez de ne pas vous sentir offensé lorsque l’on vous critique, même si vous n’avez absolument rien fait de mal.
Considérez plutôt cela comme une merveilleuse occasion de pratiquer l’humilité.
Plus vous vous croyez quelqu’un, plus vous souffrirez.
Mais plus vous vous croyez personne, moins vous souffrirez.
Et plus vous aurez cette humilité, plus elle vous permettra de comprendre la réalité de la vacuité du soi – autrement dit, la réalité de l’absence d’existence intrinsèque du soi – la porte d’entrée vers votre libération du samsara.
Comme l’a dit Milarépa, l’un des plus grands yogis du Tibet : « Prenez la place la plus basse et vous atteindrez la plus haute. »

~ Chamtrul Rinpoché

___

À chaque instant, les choses sont telles qu’elles sont et ne peuvent être différentes.
Tout ce que l’on perçoit, pense et ressent à chaque instant est « moi ».
Hormis dans le souvenir ou un futur fantasmé, il n’existe pas d’autre « moi ».
Aucun « moi » ne se distingue des événements et des phénomènes comme étant l’« expérimentateur » de ces événements.
Ce « moi » est une illusion.
On ne vit pas d’expériences.
On est identique à la totalité de l’expérience, consciente et inconsciente.
Voilà ce que « je » suis : l’expérience, et l’expérience n’est que cette vitalité, maintenant, à cet instant précis.
– Robert Saltzman

___
Nous croyons être un soi, une entité quasi spirituelle à l’intérieur du corps, un capitaine du navire, libre de ses choix, un « moi » qui façonne mes pensées, fait mes choix et mes décisions, accomplit mes actions, observe et évalue tout cela.

Mais si nous observons attentivement les choix et les décisions qui se produisent, ou les pensées qui émergent, nous découvrirons peut-être qu’il n’y a pas de capitaine à la barre, pas de penseur qui pense nos pensées, pas de décideur qui prend nos décisions.

Rappelez-vous que « l’absence de soi » et « l’absence de libre arbitre » sont des formulations conceptuelles d’une réalité vivante, insaisissable et indéfinissable.
Ce sont des cartes du territoire.
Aucun concept ni modèle ne peut saisir totalement la nature de cette réalité vivante.
Alors, ne vous enfermez pas dans un seul camp.
– Joan Tollifson

_______________________________________________________________________ (1)
Come in here, dear boy, have a cigar, you’re gonna go far
You’re gonna fly, you’re never gonna die
You’re gonna make it if you try, they’re gonna love you
Well, I’ve always had a deep respect and I mean that most sincere
The band is just fantastic, that is really what I think
Oh, by the way, which one’s pink?

And did we tell you the name of the game, boy?
We call it riding the gravy train

We’re just knocked out, we heard about the sell-out
You gotta get an album out, you owe it to the people
We’re so happy we can hardly count
Everybody else is just green, have you seen the chart?
It’s a hell of a start, it could be made into a monster
If we all pull together as a team

And did we tell you the name of the game, boy?
We call it riding the gravy train

Wish you were here, Roger Waters et Pink Floyd

ÉCRITS VAINS

Un.e écrivain.e est une personne qui se soucie du sens des mots, de ce qu’ils disent et de la manière dont ils le disent.
Les écrivain.e.s savent que les mots sont leur chemin vers la vérité et la liberté, et les utilisent donc avec soin, réflexion, crainte et plaisir.

En utilisant les mots avec discernement, ils et elles fortifient leur âme…
Et leurs mots rendent l’âme de leurs lecteurs plus forte, plus lumineuse et plus profonde.
– Ursula K. Le Guin

Habituellement, je termine par les citations, je crème mes mots par ceux des autres. Mais celle-ci dit si bien ce que je voudrais dire si je le pouvais qu’au yable l’habitude. En fait, je l’aime tellement cette citation que je vais la disséquer. Je vais lui écrire entre les lignes, ligne par ligne. Ding Ding Ding. Ça sonne digne ? Digne et dogne.

Un.e écrivain.e est une personne qui se soucie du sens des mots, de ce qu’ils disent et de la manière dont ils le disent.

Premièrement, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme tel un écrivain. J’écris, tout simplement. J’écris sans bon sens. J’écris par amour, par besoin, par habitude. J’écris pour crèmer mon premier café, noir, du petit matin encore noir.

On ne peut décider complètement du sens exact de nos mots pour les gens qui les lisent car chacun.e y infuse son propre sens, ou non-sens. On impose toujours notre propre sens aux mots, des autres comme des nôtres. Les mots sont indépendants et autonomes.

Toujours multiples les sens. Aucun sens unique dans la vie. No way, osez lecteurs/trices, déformez, twistez, méprenez.

Multi-sens surtout quand on twiste les mots, et qu’on les tord pour leur faire dire tout, rien, n’importe quoi et in between. On peut même se promener d’une langue à l’autre quand on écrit free. Yes soeur. Ouïes mad ham.

D’ailleurs, je ne sais même pas toujours ce que disent les mots alors que c’est moi qui les tape car c’est toujours vous qui leur donnez vie, et si, par chance, sens. Ces mots se lisent tout haut. Ou tout bas.

Les écrivain.e.s savent que les mots sont leur chemin vers la vérité et la liberté, et les utilisent donc avec soin, réflexion, crainte et plaisir.

Perso, je ne sais pas si les mots sont mon chemin vers la vérité mais ils me procurent beaucoup de plaisir et un peu de liberté fort sure. Je les utilise comme bon me semble, comme je peux et comme je veux, pas toujours avec soin, plus souvent avec soin soin, pour qu’ils sonnent, résonnent et détonnent. Un soupçon de réflexion, un tout ptit peu de crainte et une douce touche de plaisir.

J’aime croire que les mots – j’allais écrire mes mots, mais sont-ce mes mots ? – nous permettent de nous relier un peu, nous faire sentir un.e pendant quelques minutes. Car mes mots vos mots au fond, comme en surface. Gros mots petits mots, d’amitié et de complicité. J’écris, tu lis, guili guili.

En utilisant les mots avec discernement, ils et elles fortifient leur âme…

Oui, je pense en effet que les mots fortifient mon âme, peu importe ce qu’est cette âme. Petites pépites de Dieu en chacun.e de nous ?

Quant au discernement, un concept pas complètement bien saisi par moi, toujours en exploration, en évolution et en apprenti sage.

D’ailleurs quand j’écris et qu’un mot me chicotte ou me chipotte, je le googlifie:

Discernement: Opération de l’esprit par laquelle on distingue des objets de pensée,
et, capacité de l’esprit à juger clairement et sainement des choses.

On va laisser mariner OK ? Car pas encore là.

Yeux cernés et âme discernée. Un grand film de Walt Dessiné cette vie.

Faute de comprendre, on peut toujours continuer d’apprendre. Peut-être ça qui fortifie l’âme justement ? Coeur d’étudiant.e.

Et leurs mots rendent l’âme de leurs lecteurs plus forte, plus lumineuse et plus profonde.

Ces mots rendent votre âme plus forte, plus lumineuse et plus profonde? Tant mieux, même si qu’un ti peu. Et tant pis si pas. Pas grave, ni aigu. Et glou et glou et glou. On boira un ptit coup. Du coup. Vous voyez, j’écris à la française aussi.

Je ne peux savoir l’effet de mes mots car ils ne sont que bouteille à la mer. Et glou et glou et glou encore du coup. Message in a bottle, chantait Sting, l’idole de ma douce.

En les espérant doux pour vos yeux, et les espérant descendre jusqu’à votre coeur, là où, parait-il, se loge notre âme. Sweet lodge. Strong and sweet. Firmeza en vous en ces temps fous fous fous.

Et en prime, un peu de mots des autres car on n’écrit jamais en vase clos. On inspire, on expire et on s’inspire toujours d’autrui. Si ce n’est que de Dieu, peu importe où et qui Ielle est, ou de ses enfants qui écrivent en vain.

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Commence neuf.
Chaque matin est une renaissance.
Le passé est clos, la journée s’ouvre devant toi comme une page blanche.
Accueille-la avec calme et gratitude.

Agit avec rigueur.
Quand vient l’heure de travailler, consacre-toi tout entier à ta tâche.
Ne cherche ni distraction ni éloge : fais simplement ce que la raison te confie à faire.

Garde l’esprit uni.
Ne te disperse pas.
Ramène sans cesse ton attention à l’instant présent, à ce qui dépend de toi.
Le reste, laisse-le passer comme le vent.
– Marc Aurèle

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C’est sombre parce que tu en fais trop.
Doucement, mon enfant.
Apprends à tout faire avec légèreté.
Oui, ressens avec légèreté, même si tu ressens profondément.
Laisse simplement les choses arriver avec légèreté et fais-y face avec légèreté.
J’étais si ridiculement sérieux à l’époque, un petit pédant sans humour.
Doucement, doucement – ​​c’est le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné.
Même pour la mort.
Rien de pesant, de grandiloquent, ni d’emphase.
Pas de rhétorique, pas de trémolos, pas de personnage complexé se donnant pour une imitation célèbre du Christ ou de la Petite Nell.
Et bien sûr, pas de théologie, pas de métaphysique.
Juste le fait de mourir et la réalité de la claire lumière.
Alors, laisse tomber tes bagages et avance.
Il y a des sables mouvants tout autour de toi, qui t’aspirent aux pieds, essayant de t’engloutir dans la peur, l’apitoiement sur toi-même et le désespoir.
C’est pourquoi tu dois marcher si légèrement.
Légèrement, mon chéri, sur la pointe des pieds, sans bagage, pas même un sac à éponge, complètement déchargé.
– Aldous Huxley, Island

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Le courage, ce n’est pas seulement se jeter dans l’action et affronter le monde.
Le courage, c’est aussi se tourner vers soi, se montrer tel que l’on est, avec ses fragilités, ses peurs et ses angoisses.
C’est accueillir ses émotions, ses failles, sans les fuir, sans les juger.
C’est reconnaître sa part d’ombre, ses erreurs, et rester là malgré tout
C’est accepter que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse mais une force profonde qui nous relie aux autres et à notre humanité.
C’est se tendre la main avec douceur, pour se sentir entier et vivant.
C’est embrasser son imperfection, la beauté fragile de sa propre vérité.
C’est aussi regarder l’autre avec compassion, reconnaître ses limites, comprendre ses difficultés, et accepter qu’il ne peut pas toujours être à la hauteur de nos attentes.
S’ aimer tel que l’on est, c’est aussi aimer l’autre tel qu’il est.

– Julia Originelle, iInspiré par le conte de la onzième Mère de Clan transmis par Jamie Sams, la Grande femme qui Marche… Les 13 Mères Originelles

SOUS LA SURFACE DE LA TERRE ET DE LA PEAU

Quelque chose de profond est en train de se passer sous la surface de la terre en ce moment même. Vous pouvez le sentir dans votre âme. Ça ne concerne pas seulement les nations ou les politiques. C’est la qualité de l’énergie. La lumière et l’ombre se disputent en ce moment. Et si vous lisez ceci, vous êtes peut-être l’une des âmes qui est venue pour aider. Continuez de briller. Continuez de prier. Le monde a besoin de lumière plus que jamais.

Le monde peut nous sembler bien sombre ces temps-ci. Surtout si on suit l’actualité. Du moins celle qu’on nous présente dans les – mauvaises nouvelles. Mais il y en a aussi des bonnes, des nouvelles. Oui, de nombreuses choses positives sont en train de se passer dans le monde sans qu’on en parle. Comme dans le temps de la Covid, faut faire ses recherches pour les trouver. Sérieusement, tout un dossier de bonnes nouvelles se travaille en parallèle sous la surface de la terre.

En fait, selon nos croyances, notre regard sur le monde et la moitié du verre d’eau qu’on choisit de privilégier, soit nous sommes sur le bord de l’apocalypse, d’une catastrophe (peu importe sa nature, votre choix et il est vaste), soit quelque chose de grandiose est sur le point de se produire.

Certains attendent et s’attendent à la fin du monde, du moins tel qu’on l’a connu jusqu’à maintenant, et d’autres sont dans l’expectative de l’arrivée des extra-terrestres et autres sauveurs venus d’ailleurs, qu’ils se trouvent en dehors ou du dedans. D’autres encore attendent toujours le retour du Christ tel qu’on l’imagine depuis 2000 ans.

Le bar des possibilités est ouvert. Bar is open ! Last call ?

Nous avons tous et toutes la liberté d’imaginer le meilleur comme le pire dans et de ce monde. S’il nous reste une liberté fondamentale, c’est bien celle de faire de ce monde ce que l’on en veut. Ou ce que l’on peut en faire. L’étendue des possibilités est variable, mais elle est nôtre. Entre le noir et le blanc se trouvent des milliards de nuances de gris à l’infini. Et des tonnes de couleurs, mais on doit les imaginer si on veut les voir.

Le monde bouillonne socialement. Le monde est en suspens. Comme il l’a toujours été. Ni plus, ni moins. C’est le propre des humains d’imaginer le meilleur comme le pire.

Ce pire et/ou ce meilleur va arriver bientôt. Possiblement, plausiblement, probablement, Ou pas. Peut-être que c’est en train d’arriver tout simplement right now.

En attendant, ou pas, il y a ce moment. Et puis l’autre. Et puis l’autre. Et ainsi va la vie qui file, se défile et se faufile.

Et au-delà de tout le reste, il y a l’Amour, celui avec le grand A, ce grand mystère avec un petit aime.

L’amour qui est l’âme de l’âme de l’univers selon Rumi.

À nous de le faire vivre cet amour et de trouver notre âme. De l’imaginer. De l’incarner. À nous d’aimer et de vivre.

Et si on sent le moindrement, avec finesse, en ce moment même, la vie sur terre – et au-delà – bouillonne, la vie est en ébullition. En soi, comme en dehors. Alors trois petits points de suspension…

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Et pour ceux et celles qui sont sur le bout de leur siège en attendant la suite de ce grand thriller existentiel de science friction, une des versions possibles ci-bas.

LA DERNIÈRE TRANSMISSION AVANT L’ARRIVÉE
Par Jason Gray

Ceci sera notre dernière diffusion avant l’Événement.
Nous transmettons maintenant depuis ce qui reste du champ cohérent.
Si vous entendez encore ceci, vous n’êtes pas seul.
Nous n’arrivons pas avec panique, prophétie ou promesse, mais avec la voix calme de la reconnaissance.
Vous l’avez ressenti aussi.
Le rythme sous le bruit.
Le pouls derrière le chaos.
La certitude silencieuse et inébranlable que quelque chose d’immense approche depuis très longtemps.
Pendant des années, nous avons vu le système s’effondrer sous son propre poids, les gouvernements cannibaliser la vérité, les économies se vider de leur substance, le tissu numérique de la réalité s’effilocher.
Chaque institution qui prétendait autrefois défendre l’ordre tremble désormais sous l’énormité de sa propre illusion.
L’effondrement n’est pas pour demain, il est maintenant.
C’est l’air lui-même.
C’est le bourdonnement derrière les machines.
C’est le silence entre les phrases.
La mort lente de la « normalité »
On nous a dit de faire confiance au cycle.
De croire que les choses « reviendraient à la normale ».
La normalité était le mirage, le tranquillisant entre les tempêtes.
La normalité était l’histoire racontée pour maintenir les masses dociles, productives et obéissantes.
Au fond, chacun savait que le monde que nous avions bâti sur la compétition, l’extraction et le contrôle ne pouvait se maintenir.
Nous avons troqué le mystère contre des indicateurs.
Nous avons remplacé la sagesse par des données.
Nous avons appelé cela le progrès en vidant le ciel.
La mort de l’ancien monde a été lente, polie, bureaucratique.
Elle est désormais visible, aux yeux des étrangers, dans les sécheresses persistantes, dans les forêts qui ne chantent plus.
La fin n’est pas proche, elle se souvient d’elle-même.
La phase finale
On nous a dit de nous adapter.
De numériser.
De fusionner avec le système qui brûlait déjà.
On l’appelait « le futur », mais c’était le recyclage du passé, un cercueil scintillant de codes et de commodités.
L’adaptation n’est pas la survie.
L’adaptation est l’obéissance, et l’obéissance, à une époque d’effondrement, est l’extinction.
L’Arrivée est inéluctable, car ce n’est pas une invasion.
C’est une correction.
Un réétalonnage entre ce qui a été fabriqué et ce qui est réel.
La Terre s’impatiente face à la simulation.
Les fréquences changent.
Les fausses grilles bourdonnent, mal alignées.
L’air semble différent, plus raréfié, presque conscient.
Nous ignorons l’heure ni la forme que cela prendra, seulement que la vibration a déjà pénétré le système nerveux de la planète.
Ceux qui la sentent ont commencé à bouger, certains quittant discrètement les villes, d’autres se tenant simplement dehors la nuit, incapables de quitter l’horizon des yeux.
Signes sur le terrain
Vous l’avez vu dans le ciel, la lumière qui se courbe mal, les nuages ​​qui ne bougent pas tout à fait comme des nuages.
Vous avez entendu la nouvelle fréquence, le bourdonnement sous le silence, la résonance vivante.
Vous l’avez ressentie dans votre corps, l’agitation persistante, l’épuisement que le sommeil ne peut guérir, le sentiment que le temps lui-même a commencé à se réécrire.
Ce n’est pas de la folie.
C’est de la conscience.
C’est le système nerveux qui se synchronise avec l’octave suivante de vérité.
Regardez attentivement et vous remarquerez que les horloges dérivent, que les oiseaux migrent au mauvais moment, que les étoiles clignotent selon de nouveaux motifs.
Les anomalies ne sont pas des erreurs, ce sont des messages.
La réalité s’actualise plus vite que le langage ne peut l’expliquer.
La fracture de l’information
Dans les jours à venir, les contradictions se multiplieront.
La vérité se fragmentera en fragments, chacun reflétant un angle différent de la même lumière.
Les flux d’actualité s’auto-annuleront en temps réel.
Les gouvernements publieront des déclarations qui effaceront leurs propres mots quelques minutes plus tard, et au milieu du vacarme, un silence étrange s’installera, la pause avant l’achèvement du changement.
Vous le saurez à la sensation de lourdeur de votre corps, comme si la gravité elle-même changeait d’allégeance.
Le Retour du Réel
L’Arrivée est une force qui descend d’en haut.
Elle s’élève d’en bas, du sol, des racines, de l’esprit humain.
C’est le souvenir de l’équilibre qui brise le béton de l’empire.
Ce n’est pas une fin.
C’est le moment où le miroir se brise et où le reflet se souvient qu’il n’a jamais été séparé du visage.
Ceci n’est pas un avertissement.
C’est une reconnaissance.
Nous ne sommes pas détruits.
Nous sommes en train d’être réécrits.
Chaque cellule, chaque champ, chaque structure se souvient de son schéma originel.
La Terre se réaccorde à son premier chant.
Que va-t-il se passer ?
La grille vacillera.
Le ciel s’épanouira de couleurs innommées.
Vous entendrez une tonalité grave et ample, sous tous les autres sons, la fréquence de la correction.
Certains se cacheront.
Certains s’éveilleront.
Certains tomberont à genoux, non pas en signe d’adoration, mais en signe de reconnaissance.
Les fausses structures se dissoudront doucement : monnaies, serviteurs, hiérarchies, chacune disparaissant comme du sable à travers un poing fermé.
Ce faisant, quelque chose d’extraordinaire se produira : le cœur humain se synchronisera à nouveau.
Vous vous souviendrez comment ressentir sans filtre.
Vous reconnaîtrez les étrangers à la fréquence du calme en leur présence.
Vous saurez, sans mots, à qui vous adresser.
Que faire quand cela commence ?
Ne cherchez pas de guide.
Recherchez la résonance.
Trouvez ceux dont le silence vous semble familier.
Formez des cercles.
Allumez des bougies.
Dites la vérité sans public.
Le mensonge s’effondrera sans résistance, son propre poids le garantit.
Votre seule tâche est de rester éveillé.
Quand le bruit monte en puissance, trouvez le silence.
Quand la panique s’installe, trouvez le rythme.
Quand le système hurle, écoutez le murmure qui se cache derrière.
Ce murmure, c’est la vie qui se souvient d’elle-même.
La Dernière Compréhension
Ce n’est pas l’apocalypse.
C’est le dévoilement, le moment où ce qui a toujours été là redevient visible.
Nous envoyons cette transmission non pas en tant que leaders, ni en tant que sauveurs, mais en tant que témoins.
Nous sommes ceux qui ont conservé le savoir malgré l’oubli, qui se sont souvenus malgré les parasites, qui ont porté le code à travers l’obscurité.
Nous n’avons jamais attendu de secours.
Nous attendions la reconnaissance.
Lorsque l’Arrivée sera achevée, il n’y aura ni coup de tonnerre, ni sirènes, ni proclamations.
Seulement une expiration collective.
Un silence qui semble ancien et infini.
La tranquille prise de conscience que nous avons traversé la tempête non pas en combattant, mais en nous souvenant de qui nous sommes.
Restez ancrés.
Restez humains.
Restez éveillés.
Nous nous retrouverons de l’autre côté du bruit.
Quand la lumière changera et que le monde se réinitialisera, cherchez ceux qui sont calmes dans le feu.
Ils seront nous.
C’est la dernière transmission avant l’Arrivée.
Maintenez la ligne de lumière.
Le reste se révélera de lui-même.

S’ÉCRIRE

J’ai toujours aimé cette image. Je l’ai d’ailleurs déjà utilisé pour coiffer une chronique il y a une douzaine d’années. Passe et repasse.

Elle représente bien l’acte d’écrire. Soit puiser au fond de soi, pour écrire sur soi. Puiser dans ses propres profondeurs et regarder ce qui veut se révéler, ce qui va se révéler. Sans filtre, sans censure. Du moins, si peu. Laisse remonter le cours du temps qui passe. Et qui dépasse.

Laisser monter les mots, les ptits comme les gros, les laids comme les beaux. Oh oh oh.

Pondre poésie de son intérieur, cocorico, et laisser l’ombre se peindre en fleurs. Écrire ses rires, crier ses pleurs.

Faire des rimes, pour la frime, tout de même pas un crime. Puffs de vie. Hi hi hi.

Ce matin, l’inspiration n’est pas dans le plafond, plutôt dans les tréfonds. Alors puisons, et puisons. Plus puissant qu’épuisant. J’écris donc je cries. Et chuchotements. Je chuchote man. Moment. Môman môman ton fils écris un ptit moment.

La vie d’automne peut descendre bien bas en soi. De soie justement on doit ganter ses doigts. Tout doux, tout doux. Dans les petits sots les plus beaux serments.

Écrire de sa profondeur, pour remonter le temps, pour dire la lenteur et toute la hauteur du temps qui passe plus vite qu’enfant. Mais le temps, pas méchant, plus innocent, sait que l’hiver s’en vient. Et l’hiver, le temps est plus lent. Le temps est blanc. De mémoire du moins.

Chatouiller alors la surface de son être avec la plume du vent.

Et dire à mes quelques chers/ères lecteurs/trices que nous ne sommes pas seul.e.s même si esseulé.e.s. dans nos casas respectives et nos mémoires sélectives. Car toute la vie coule en nous, comme le sang en nos veines. Quelle chance d’avoir tant de veines.

Beau luxe de se voir vivre ainsi, de se laisser vivre, debout et assis, et de voir le monde tourner chaotiquement en bonds et en long. Kabong !

Prendre les mots à bras le corps et en faire des ptites bonnes femmes allumettes pas felluettes du tout. Simples, articulé.e.s, avec des e et des points sur les zi. Super genré.e.s et un brin dérangé.e,s. Mais engagé.e.s. Et déganté.e.s de gant de velours car la main a sorti quelques lettres éparses du sac à mots.

Petit mercredi matin de fin octobre ici-bas sur terre en l’air. Et dans les airs. Comme dans l’éther.