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CHEZ-NOUS C’EST SI DOUX

Pas beaux ces mots-là ? Ils font neiger toutes sortes d’idées fantasmagoriques dans la petite boule à idées que je porte sur les épaules.

Beaucoup de bruit de bouette à la surface de notre monde ces temps-ci si on ose encore s’intéresser aux zactualités. Ce que l’on fait tous et toutes malgré ce que l’on en dit.

Bien sûr qu’on préférerait se couper complètement de tout ce noise ambiant. Mais bien difficile. Ce monde dans lequel les bullies de tout acabit occupent le dessus de l’espace public, où ceux qui crient le plus fort attirent le gros de l’attention. Pas facile de chuchoter son chemin en ce bien bas monde criard et décriant des grandes gueules.

Alors ce matin, je vous invite à prendre une pause de soie et à écouter ceci

et en lisant cela. Ou vous pouvez aussi écouter et lire ensuite. Ou même fermer les yeux et ne plus lire du tout.

Un espace bulle pour protéger et déguster le fragile en soi. Pour créer une puff de doux doux, justement ici, là où la neige est douce au fond de l’eau.

En ce novembre déjà hivernal qui n’a pas attendu son anniversaire pour atterrir dans le ptit comme dans le grand now, automne blanc, c’est le temps de mettre ses bottes de feutre et de descendre en soie pour une autre plongée dans nos contrées intérieures. Doux, doux.

Ce matin, quelques notes et quelques mots pour soutenir la traversée du léger au travers le lourd du monde, quelques pas feutrés dans la neige immaculée de notre fragilité innée. Car si en surface le monde est fébrile, au fond, tout le monde est fragile.

Un peu de douceur pour notre âme, pour notre blues d’automne, quelques pas feutrés dans la ouate de notre esprit. En Estrie, en ville comme dans le now, we are the world. Petite escapade dans le doux, dans le mou. Au creux de la soie, au creux de la doudou du monde.

Pour peser – tout doux tout doux – sur le piton de notre tendresse, déjouer la détresse ambiante. Et se la couler douce, en satin de fantaisie. Utiliser les mots et la musique pour reprendre contact avec le doux en soi, avec le mou en soie. Pas de paillettes, pas de flash, pas d’or, juste du blanc doux, juste du bleu flou au coeur de soie. Au creux de novembre annonciateur du long voyage blanc. Dort l’ours, dort.

Parce que ce monde est trop bruyant, trop stressant, trop énervant, évadons-nous par en dedans. Comme des enfants. Quelques minutes dans le doux, fluffons-nous un peu dans la légèreté sans s’énerver et fuyons les bouffons du grand cirque et les boss de la clique médiatique. Et tac. Ils ne nous trouveront jamais par ici car ils ne savent même pas que cette contrée existe. Pas assez excitant.

Réfugions-nous en cet hiver in, et accessible, ici et là où le léger l’emporte sur le lourd, ou le doux triomphe du dur. Déposons-nous au fond de soi.

Car chez-nous, c’est si doux.

PARLER BEAUCOUP NE ME DIT RIEN

Bouchons-nous les oreilles et les yeux. C’est qu’il y a beaucoup de bruit d’égo ces temps-ci dans nos écrans. Plusieurs grandes gueules qui perlent bien, et encore plus de plus petites bouches qui commentent les propos des grandes en offrant leurs zopinions. Pendant qu’on s’emmêle dans nos eaux pinions, moi j’aime mieux laisser s’envoler les miennes car que du vent, que du vent ces maux dits mots.

Les mots, les mots, pas que ça dans la vie. Il y a la vie douce aussi, dolce vita. Et au-delà des mots, il y a le beau. Et pas que des vitres d’autos.

Certains n’ont en effet rien à dire, ou si peu, ou tant de mal, et ils prennent beaucoup de temps et tant et trop de place pour le faire. Des mots de tête qui en donnent d’autres, comme des migraines. Epstein Files.

On doit arrêter d’écouter sinon on va y goûter. De toute façon, pas les mots qui content de fait. C’est l’âme.

Ces temps-ci, on s’égo/sille à tour de clapet et de clavier à bitcher contre autrui – shut up piggy dixit le gros nu roi et minus cul.

On est de gauche et de droite, la guerre est pognée dans tous les bouts, et partout dans les sociaux égouts. Et glou et glou. Surtout chez les gars les dégâts, comme les bruits de bouche. Trappe à nigauds et gros mots sur les réseaux. Ah ah sociaux.

Qui perd gang ?

Ici ? ni adroit, un peu gauche et surtout dans l’extrême centre. On plonge au coeur de la matière comme dans l’éther délétère. Excusez, je déblatère ici bas sur terre. Cop 30 et Belem bedang. Aidez-nous mère nature, tes fils et filles filent un mauvais cotton.

Certains prennent leurs propres mots trop au sérieux. Surtout les langues sales.

On pense que ce que l’on dit vaut la peine ? Et si on se taisait plutôt pour la joie ?

Avant on verset dans les discours, maintenant on se berce de narratif. Nouveau terme à la mode. Ça se délie les langues avec les doigts, jusque dans les salles de bal.

Par-dessus tout, il faut contrôler le narratif. Et si on se la fermait, la bouche à mots à la place et qu’on s’observait l’hyperactif narratif inté rieur qui se rit bien de nous et se fout bien de notre gueule qui s’ouvre à notre insu. Posons-nous, et un clapet s’il vous plait.

On dirait que l’Intelligence artificielle fait ressortir et surbriller la stupidité naturelle. Tous les fous sont dans la nature.

Vous faites bien du bla bla les tatas, les tarlas, malfrats et autres tas de verve.

Vous vous abaissez bien bas avec vos mots de tête trop haut. Aho ! Causez toujours mes lapins, les carottes cuisent. Mais SVP, causez moins fort, et surtout causez moins de torts, aux gens comme à l’environnement. Car vos multiples mots nous montent à la tête et nous donnent des ho ho ho de coeur. Et ce n’est pas la fête. Partez.

Au final, peu importe les bruits que l’on fait et fera avec nos bouches, c’est toujours le coeur qui aura le dernier mot. Amor amor.
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Avant de parler, je voudrais dire quelque chose.
– Les Cyniques

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Si nous pouvons demeurer avec la tension des oppositions suffisamment longtemps, la soutenir, y être fidèle – nous pouvons parfois devenir des vaisseaux à l’intérieur desquels les opposés divins se rencontrent et donnent naissance à une autre réalité.

~ Marie-Louise von Franz via Alain Nyala

GRAFIGNER L’ÉCRAN DE SON IGNORANCE

Écrire constitue souvent le processus par lequel tu réalises que tu ne comprends pas à propos de quoi tu parles.
– Shane Parrish

J’écris beaucoup. J’écris souvent, j’écris régulièrement et depuis longtemps.

J’écris à propos de choses que je ne connais pas, que je connais peu, à propos de choses que je connais mal. Du moins, que je ne connais que de façon limitée, très limitée. J’écris pour apprendre donc. Pour apprendre sur moi, sur les limites de mes connaissances.

J’écris à propos de la vie en général, mais au fond je ne connais que ma petite vie à moi. Et même encore. Alors, en réalité, j’écris toujours seulement à propos de ma vie en particulier. Ma petite vie ici, d’ici, encapsulée dans un corps, un corps qui vieillit lentement mais sûrement comme tous les corps le font avec le temps, un corps et un esprit issus d’une éducation limitée, baignant dans une culture spécifique, au coeur d’une vie vécue à un moment de l’existence déterminée. Bref je ne peux adopter qu’un point de vue très obtu sur la grande vie.

Je ne peux me prononcer sur les grands enjeux sociaux et sociétaux car je maîtrise trop peu les multiples et complexes éléments constituant la société dans son ensemble, comme les multiples micro sociétés composant LA société. De connaître l’histoire aide un peu à contextualiser sa propre petite existence ici-bas. De se voir d’en haut de l’Histoire. Car on s’inscrit toujours sur un continuum, dans une lignée.

Ne connaissant pas suffisamment les grandes choses de la vie, j’écris alors au sujet des petites choses de la mienne, les petites choses de ma vie. Petits mots toujours très personnels.

J’ai souvent dit que j’écris pour réaliser les limites de mes connaissances. Souvent, quand je tombe sur un terme que je connais mal, je le googlise, et je cherche ses sens, ses définitions.

J’écris pour apprendre au fond. Sur moi. Pour voir mes limites, les limites de mon intellect. Car peut-on écrire avec autre chose que son intellect ? À ce que je sache, ni mon coeur ni mon âme n’ont de doigts. Tout passe par ma tête, ma ptite tête de linotte qui se pense parfois ben smatte. SmartAti. Et les rouges pour la faim. J’écris surtout pour jouer. Détour.

J’écris comme je pense, comme je parle, j’écris comme je déparle aussi parfois. J’écris en slang, parfois en bilingual, avec mes deux langues de vipère. J’écris avec mes deux mains et je parle des deux côtés de la bouche. Parfois je me retrouve bouche bée, ou bouché devant l’écran, surtout quand j’essaie de dire des choses que je saisis mal. J’ai alors besoin de mes demains.

Mais est-ce qu’on dit quelque chose quand on écrit ?

J’écris aussi par habitude. Chaque matin de semaine que le bon Dieu amène – Amen ! – au lever, avec mon premier café, en hiver après avoir reparti le feu, j’arrive à mon Mac, je me cherche un meme pour me partir, et je tape et tape et tape. Je me starte la journée.

Oh, je ne suis pas un écrivain, tout au plus un écriveux, dans le sens où je ne gagne pas ma vie à écrire. Je ne perds pas mon temps non plus. Je n’écris que pour le fun. Le plus important. J’écris aussi pour les puns.

Je ne suis sûrement pas un écrivain car je ne me sens pas coupable du tout quand je n’écris pas 😉

Non, j’écris gratuit et je sème mes mots au grand vent du web. Bouteille à la mer, bouteille à ma mère. Yo Mom !

Je n’écris pas public sur les réseaux, j’écris à la blogue. Trop pudique.

Je ne me sens pas coupable mais ça me manque quand je n’écris pas. Quelque chose me manque. Ce moment où je me ramasse, me rassemble, me recentre sur une idée ou quelques-unes et que j’élabore, sans jamais déblatérer. J’allais utiliser ici – erronément – le terme déblatérer, ce que j’ai réalisé en le googlant. Car je ne parle jamais avec violence ni méchanceté. Je vous évite le googlage. De rien.

J’écris pour le jeu des mots qui dansent sous mes doigts. J’écris pour faire contact avec vous, toi, vous, les quelques dizaines de paires d’yeux qui osent passer par ici le matin surtout, mais parfois plus tard dans la journée aussi. Coucou chez-vous !

J’écris parce que ça structure ma journée, ça me part, ça me start. Ça me donne un kick au cul. À dire tout haut. Aho !

Écrire me vide un peu le trop plein têtesque. J’écris justement parce que je peux inventer des mots. Comme si ça me permet d’avoir un tout ptit peu de contrôle sur la vie, sur ma vie.

J’écris pour me sentir vivant à travers vos yeux.

Alors merci de me lire, vous êtes ma tire-lire.

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L’exercice d’écriture, même si ce n’est que pour nous, permet souvent de digérer un peu de ce qui peut nous tenir éveillés longuement dans nos ruminations, notre peine, notre deuil.
– Nathalie Plaat, Le Devoir 24/7/23

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Pour avoir une conversation distinguée, on doit se rappeler de n’ouvrir la bouche que lorsqu’on n’a rien à dire.
– Georges Courteline

TOUT, ET RIEN ITOU

Tu ne peux te débarrasser de rien. Tu es l’univers entier. En quel ailleurs vas-tu t’en débarrasser ? Tout est toi. Quand tu essaies de repousser une idée, la force et l’ampleur que tu utilises constituent la même intensité avec laquelle te reviendra cette idée quand elle atteindra les paramètres de ton être, de ton univers. Ainsi, tu ne peux te débarrasser d’absolument rien. Tu ne peux que permettre que les choses se transforment. Permets-toi, toi-même, d’intégrer et de transformer.
– Les citations d’Elan

Nous sommes le monde entier. Je suis le monde entier. Tu es le monde entier.

Tout ce qui est beau, comme tout ce qui est laid. Le plus beau, comme le plus laid.

D’instinct, on ne voudrait voir et n’avoir que du beau, du bon, du menoum menoum. Mais pas de beau sans laid, pas de bon sans mauvais, pas de menoum sans beurk.

Ou peut-être que pas de beau ni de laid, pas de bon ni de mauvais, pas de menoum ni de beurk. Que ce qui est. Matière première, matière brute. Le monde tel quel. Sans jugement, sans qualificatif, sans jugement. Simple mais complexe.

Un monde brut à accepter, à discerner, à intégrer et à transformer.

Je suis Gaza, et Israel. Je suis Trump et Mandani. Je suis la droite et la gauche. Chaque extrême, jusqu’à l’extrême centre, au plus petit dénominateur commun.

Je suis moi, mais je suis toi, et nous aussi. Eux et elles sont aussi nous. Nous sommes les profiteurs comme les exploités, l’élite comme les démunis, les abuseurs comme les abusés. Et ni l’un ni l’autre. Nous sommes les créateurs et les spectateurs d’un monde empli d’une dualité apparente. Un monde que nous aimons séparé et jugé, catalogué, évalué et rejeté. Un monde sur lequel nous aimons projeté tout ce que nous sommes au fond.

Nous sommes tous et toutes faits de la même matière brute. Nous sommes tout, et rien itou. Nous créons tout ce que nous voyons, et nous sommes créés itou par ce tout.

Je ne peux qu’accepter tout ce qui est, absolument tout, aussi et peut-être surtout ce que je ne peux accepter. Ou avec le plus de difficulté. Car en effet la force avec laquelle je m’efforce de rejeter quoi que ce soit me reviendra toujours en plein visage. Par la porte de derrière, direct dans le derrière. Et en plein cul-de-sac.

Et le fait d’adopter intellectuellement une position de non-dualité ne fera pas la job car tant que nous sommes en corps, tant qu’il y a moi et l’autre, moi et le reste du monde, nous et eux, la séparation nous confine à une certaine dualité. À du beau, comme laid, à du beau comme du moins.

Je suis le vrai, et le faux. Parfois, je fuis le vrai jusqu’au faux. Et par foi, je fais confiance que le beau triomphera. Ou pas. Q@ue ce qui a été n’est plus et que ce qui sera l’est déjà.

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Quand on a l’intention de vraiment connaître la vérité, alors on accepte les profondeurs les plus abyssales.
~ Gangaji

Dans le travail hermétique, on nous rappelle sans cesse que toutes les conversations ne méritent pas notre attention, car toutes les consciences ne sont pas prêtes à entendre nos découvertes.
L’adage « Les abeilles ne perdent pas leur temps à expliquer aux mouches que le miel est meilleur que ce dont elles se nourrissent » recèle une vérité que quiconque s’engage sur la voie du perfectionnement intérieur finit par apprendre : les êtres sont attirés par ce qui correspond à leur nature, à leur vibration et à leur niveau de développement intérieur.

L’hermétisme enseigne que les semblables s’attirent et que la conscience ne s’élève que lorsqu’elle le désire.
Une mouche ne peut reconnaître le miel car ses sens sont accordés à quelque chose de totalement différent.

De la même manière, beaucoup sont attirés par les conflits, les drames et les dogmes rigides simplement parce que c’est ce à quoi leur état intérieur est en résonance.
Tenter de les convaincre du contraire est épuisant et détourne l’attention de sa propre ascension.

L’abeille, en revanche, ne discute pas.
Elle reste dévouée à son travail, à la douceur qu’elle crée et à l’harmonie intérieure qu’elle incarne.
C’est là la pure pratique hermétique : soyez ce que vous devenez.
Ne vous justifiez pas auprès de ceux qui n’ont ni les yeux pour voir ni le cœur pour recevoir.

Nous sommes un cercle de chercheurs issus de nombreuses traditions : chrétienne, gnostique, hermétique, ésotérique, et bien d’autres encore.
Tous ne comprendront pas pourquoi nous explorons ce que nous explorons.
Tous ne se reconnaîtront pas dans les questions que nous posons ni dans les chemins que nous empruntons.
Et c’est bien ainsi.

Notre tâche n’est pas de polémiquer ni de convertir.
Notre tâche est de cultiver la douceur – la clarté intérieure, la sagesse, la transformation et la vérité – et de permettre à ceux qui sont naturellement attirés par cette douceur de se joindre à nous dans cette œuvre.

Alors, relisez cette phrase avec un regard hermétique : ne perdez pas votre temps à expliquer votre évolution à ceux qui s’obstinent à la mal comprendre.
Restez fidèle à la fréquence supérieure que vous développez.
Ceux qui sont destinés à ce chemin le ressentiront et s’élèveront à votre rencontre.
– James William Kaler

FLAMMES SOLITAIRES FLAMMES SOLIDAIRES

Pensées spéciales envers toute personne qui utilise actuellement et à chaque jour une bonne partie de son énergie pour garder vivante une petite flamme d’espoir au milieu de cette tempête d’incertitude et de lourdeur qui tourne autour d’elle.

Vous qui lisez ceci, vous devez être une de ces personnes, right ?

OK OK comme on se connait un peu, je vais te tutoyer.

Toi qui lis ceci, tu dois être une de ces personnes, right ?

Cette citation m’a accroché car Il y a quelques jours, on soulignait la 8ème année depuis le passage de notre amie Paule Lebrun, elle qui disait souvent, keep the flame alive !

Alors oui chère Paule, on va garder la flamme vivante et on va même souffler sur la braise.

Étant toujours en contact avec son Gord depuis toutes ces années, et ce malgré le départ de Paule car un intime depuis belle lurette, je me suis permis de lui envoyer cette photo hier. Ça les représente si bien je trouve. Ceux et celles qui les ont connu seront sûrement d’accord avec moi. En espérant que ça ne lui a pas trop r’virer le coeur. Toujours délicats les partages de souvenirs. Surtout pour les flammes jumelles.

Oui, le monde est en crise actuellement, du moins, il semble l’être. Comme toujours peut-être. Mais peut-être un peu plus que jamais auparavant ces temps-ci ? Qu’en sait-on vraiment ? Peut-être n’est-ce que le grand plan qui se déploie tel que prévu et que tout se déroule selon l’ordre des choses. Mais peut-être est-ce un peu plus intense ces temps-ci ? Mercure rétrograde et explosions solaires.

Alors comme c’est tout ce que l’on peut faire pour le moment, chacun, chacune, on va prendre soin de notre petite flamme individuelle, nos petites flammes respectives, pour tenter de contribuer à raviver la grande flamme collective. On va profiter des feux d’artifice du soleil pour se rallumer la flamme.

Ne dit-on pas que dès qu’un peu de lumière luit, la noirceur complète disparaît ? Et que les ombres se mettent à danser ?

Alors shinons. Et chantons. Et dansons.

Aux portes de l’hiver, ici dans le grand now

gardons notre flamme vivante, gardons nos flammes ensemble.

Ci-bas, superbe texte (traduit de l’anglais) de Jai Naidoo, qui a travaillé de près avec Nelson Mandela lors de la fin de l’apartheid. Thanks Jai !

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Message des Ancêtres en une ère de grands bouleversements

Les cieux s’agitent et le Soleil a déchaîné un immense feu sur notre Terre.
Bien avant que les instruments de la science ne parlent, les ancêtres le murmurent à travers nos rêves, notre souffle, nos os.
N’ayez pas peur des énergies qui s’élèvent.
Elles viennent comme des enseignants.
Elles viennent comme des messagers.
Elles viennent comme le tambour ancestral de la Création, nous appelant à nous reconnecter à nous-mêmes.
Nombreux sont ceux qui ressentent des frémissements intérieurs : un sommeil agité, des souvenirs oubliés qui refont surface, des émotions indicibles.
Ce n’est pas de la faiblesse.
C’est la purification de l’esprit, tandis que la Terre réaligne son souffle sur celui du cosmos.
Partout dans le monde, les vieilles structures tremblent.
La vérité perce la pierre.
Les dirigeants tombent, les masques se détachent, les ombres se lèvent.
C’est la Grande Révélation dont parlaient nos ancêtres :une époque où tout ce qui est faux doit s’effondrer pour que la vérité puisse subsister.
Si vous ressentez le poids de cet instant, ancrez-vous dans le sol.
Si votre cœur tremble, levez les yeux vers le ciel.
Si votre esprit se sent étiré, souvenez-vous : vous vous ouvrez, vous n’êtes pas brisé.

Afrique ! Berceau de l’esprit humain, enracinée dans cette transition.
Nos montagnes, nos rivières, les prières de nos grands-mères nous soutiennent.
Nous avons déjà traversé le feu.
Nous avons déjà porté le monde à travers les ténèbres.
Nous nous souvenons du chemin.
Ces énergies ne viennent pas pour nous nuire, mais pour éveiller les parts endormies de l’âme, pour nous réaligner sur notre raison d’être, pour nous rappeler le rythme d’Ubuntu et l’alliance de la Terre Vivante.
Gardez votre centre.
Écoutez profondément.
Les ancêtres sont proches.
Une nouvelle voie s’ouvre pour l’humanité, et l’Afrique est appelée à marcher à l’avant-garde.
Puissions-nous nous élever avec sagesse.
Puissions-nous nous élever avec humilité.
Puissions-nous nous élever ensemble.

SE DONNER / RE DONNER

Rappelez-vous que lorsque vous quitterez cette terre, vous ne pourrez rien apporter avec vous de ce que vous avez reçu, seulement ce que vous avez donné.
– St-François d’Assise

Toujours un bon rappel, il me semble. Merci François ! Bon conseil que tu nous as donné. 10-4, bien reçu.

D’autant plus précieux avec les années qui passent, alors que l’on accumule certaines choses et que l’on développe des amitiés de longue date auxquelles on finit par s’attacher, auxquelles on finit par (se) tenir.

Comme on sait, ou on s’en doute, on nait seul.e et comme on l’apprendra à un moment donné, on meurt seul.e. Surtout pas une raison pour vivre seul.e ni en vase clos.

Sauf qu’au fil du temps qui passe, on doit apprendre à se détacher, à laisser aller, à accepter les départs, les pertes et les séparations. Avec chacun.e de nos ami.e.s qui quitte la grande barque avant nous, c’est une leçon en ce sens qui s’inscrit dans notre peau, comme en notre coeur. Et plus fort est le lien, plus grande est la leçon ès détachement dit-on.

Mais pour en revenir au message de St-François ci-haut, tout un défi d’apprendre à donner en cette existence. À se donner. À redonner. Car lorsqu’on aime quelqu’un ou quelque chose, on a tendance à vouloir le garder pour soi, près de soi, à le conserver, le préserver, pour toujours. Réflexe humain naturel de premier niveau.

Les enfants de 2 ans nous le montrent sans masque. À moi, qu’à moi. Juste à moi et pas à toi. Un peu comme certains gouvernants et petits hommes de toutes sortes d’affaire$.

D’ailleurs, il faudrait trouver une façon de transmettre le message de St-François aux multi milliardaires, eux qui en ont bien plus qu’assez. Surtout de leur faire comprendre à eux qui accumulent à l’excès, virtuellement trop, et qui en veulent toujours plus, car ils doivent avoir vraiment peur de perdre, eux qui pensent en posséder tant. Quoique parfois, on possède très peu mais on a aussi très très peur de perdre ce tout petit peu. La peur n’est pas proportionnelle à la taille des possessions.

On a tout faux. On pense posséder la terre, mais c’est la terre qui nous possède. On y retournera d’ailleurs éventuellement, soit en sous-sol, soit en petite fumée dans les airs et en cendres éparses. Ce qu’il restera de nous. De corps du moins. Quant à l’esprit, we’ll see. Ou pas.

Mais j’imagine que l’intention de St-François consiste à nous faire réaliser que c’est lorsqu’on donne quelque chose, ou qu’on laisse aller quelqu’un, que ce don nous revient. On le tient éternellement près du coeur, on le conserve en corps. Les deux mains ouvertes, on le possède pour l’éternité.

Quand on donne, on se donne, on donne une partie de soi à autrui. On laisse un peu de soi vivre chez l’autre, en l’autre. Quand on donne, on se soulage, on se partage. On aide aussi. On transmet, on laisse circuler. Au suivant. Et à la suivante. Au prochain.e. Trois petits tours et puis s’en vont.

On ne fait pas la charité, on fait la solidarité, on partage notre humanité. Dans la mesure du possible évidemment.

On n’aide pas autrui pour se sentir supérieur, on donne simplement car on réalise que l’autre c’est nous. Oui Eckart, le vrai amour est la reconnaissance d’autrui en soi-même.

En fait on ne donne jamais vraiment rien dans la vie. Comme nous sommes né.e.s. les mains vides, ainsi, tout ce que l’on peut donner n’est simplement que ce qui nous avait été prêté auparavant, temporairement.

Et de fait, quand on donne, ou disons plutôt lorsqu’on laisse passer à-travers soi, c’est le coeur qui se remplit de notre humanité partagée. Et quand on aura assez donné, c’est le coeur plein qu’on quittera.

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Prière de St-François

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle.

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4- SAO FRANCISCO DE ASSIS (traduction française ci-bas)

Você andou com animais
Falando com arvores também
Vivendo humildemente
E tão facilmente

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Você andou pelos caminhos
Você se parou aqui e la
Dando todo o seu amor
A aqueles que encontrou

Sao Francisco de Assis Sao Francisco de Assis
Ciao… Francisco de Assis

4- SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Tu as marché avec les animaux
et parlé aux arbres aussi
Tu vivais humblement
Avec tant de légèreté

Sao Francisco de Assis / Sao Francisco de Assis

Tu as parcouru les chemins
Tu t’es arrêté ici et là
Donnant tout ton amour
À ceux et celles que tu as rencontrés

Sao Francisco de Assis Sao Francisco de Assis
Ciao… Francisco de Assis

Piste 4 de l’album Os Hinos do Vale da Vida (2020) dédié à Jean-Patrice Desjardins (RIP) / enregistré à Val-David le dimanche 30 août 2020
work encore et toujours in progress…

Charles Johnson: guitare et captation visuelle et sonore
Guy Richer : contre-basse
Raoul Pereira : percussions
captation audio et vidéo : charlesjohnson.ca

PETITE CHRONIQUE D’UN JOUR DE LENT

Le vrai luxe dans la vie est le temps, des matins paisibles, et la liberté de choisir ce avec quoi tu veux remplir tes journées.

Lors de la partie active de notre vie, lorsqu’on élève une famille, on a moins ce luxe du temps, de la liberté et du choix. Avec les années qui passent, et le chemin vers une certaine retraite, ce luxe apparait davantage.

Bien sûr, que l’on doit continuer de payer les comptes et faire ce que doit pour, mais habituellement, si on a eu un peu de chance, la maison est possiblement payée et les charges diverses moindres que lors de la carrière et de l’élévation de la famille.

Je dis bien habituellement, car on doit reconnaître que ceci est un privilège. Une simple badluck, qu’elle soit de santé, professionnelle ou financière, peut nous renvoyer dans la voie de gauche de la survie.

Ces temps-ci, à quelques mois de la retraite officielle, j’apprends à goûter davantage au temps qui passe et qui dépasse. J’apprends à jouir du luxe du temps lent, sans horaire, à apprivoiser la liberté. Et ce avec quoi remplir mes journées.

Bien sûr que le fait d’être le donneur de soins aux quelques acres de forêt et aux quelques bâtisses sises sur ces quelques acres demande du soin, de la préparation et de l’entretien. Surtout en ces changements de saison. Toujours un ptit quelque chose à faire pour se garder occupé.

Autour d’ici, inévitable aussi de sentir le zen appel de la pelle. Comme celui de fendre le bois. Pour l’eau, on a le luxe d’une pompe. Tant qu’hydro tienne bon.

Évidemment que lorsque nous sommes à la retraite, nous n’arrêtons pas complètement. Mais nous pouvons choisir davantage. Et évidemment aussi qu’avec le temps plus libre et libéré, on peut choisir ses causes, nos activités, nos passe-temps. Comme la quantité et la qualité du grand et petit rien qu’on veut infuser dans notre vie.

De mon côté, la musique et l’écriture occupent une bonne part de mon temps et de mes doigts. Mais je compte faire plus de place à mes jambes dans ces mois blancs à venir, soit aux marches en forêt, à pied, en ski de fond ou en raquettes.

Et lire, lire. Des vrais livres en papier.

Simplement prendre le temps constitue un art. L’art de vivre. L’art du moment présent. L’art de ralentir. Qui peut s’avérer un véritable cadeau à déballer, ou un cadeau empoisonné. C’est selon.

Et quand on a du temps, on continue à prendre soin de son ptit monde. Prendre soin des gens, réfléchir à comment aider, soutenir, encourager ceux et celles qui doivent marcher plus vite que nous, sinon courir car la vie va plus vite qu’avant on dirait bien.

Apprendre à prendre le temps, tout simplement. Belle job. Pour observer la vie, pour se nourrir de beauté, de calme et de nature. Pour simplement prendre le temps de respirer, ce que la neige aide à faire, on dirait. Et laisser de côté et laisser aller les ptites affaires du monde un peu.

Apprendre à apprivoiser une autre étape de vie. Celle où le corps ralentit, celle où on pense à son avenir, celui à venir. Étape de vie qui nous demande de revenir sur certains pans de vie peut-être. Consciemment, ou moins.

Temps de vie pour récolter ce que l’on a semé. Temps de vie pour contempler la mort qui approche, même si elle est toujours tout près peu importe notre âge. Mais avec l’âge, on écoute mieux, on ose davantage la contempler les dieux dans les dieux. On entend davantage l’appel de l’au-delà du corps.

Le grand retour à la maison.

Et de nouveau, une de mes préférées.

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Ce à quoi vous résistez persiste.
Pourtant, si vous insistez sur le fait qu’il n’existe pas comme opposition, mais comme opportunité… non pas de condamnation, mais de recréer votre Soi dans la version la plus grandiose de la plus grande vision que vous ayez jamais eue de Qui Vous Êtes… cela produira une prise de conscience intérieure… qui pourra vous permettre d’exprimer les aspects les plus merveilleux de vous-même.

Alors, ne cherchez pas à défigurer, ni même à effacer, mais permettez-vous d’accueillir ce que vous souhaitez remplacer.
Ne cherchez pas à perturber, mais à réorganiser ce que vous ne désirez pas, en ce que vous inspirez.
Accueillez-le avec compassion et compréhension.

Il ne s’agit pas d’approuver le présent, mais de le VOIR comme un présent.
C’est-à-dire… comme un cadeau.
Choisissez alors d’éliminer toute négativité en vous – ce qui peut se produire chez ceux dont vous touchez la vie.

Ce changement de réponse mettra automatiquement fin à ce à quoi vous pensiez résister, et votre expérience changera d’elle-même, car vous aurez transformé l’opposition en composition et la dégradation en recréation.
C’est pourquoi vous l’avez rencontrée au départ.

La partie de vous qui est Pur Amour comprend parfaitement cela.

– Neal Donald Walsh

INTÉGRITÉ ET TOTALITÉ = SÉCURITÉ + RISQUE

La totalité et l’intégrité arrivent lorsque vous pouvez vous tenir droit.e au coeur d’une tempête de contradiction, en refusant de vous effondrer autant dans le confort que dans la certitude. Le Soi se retrouve alors et renait lorsque les opposés se rencontrent. Ceci est le centre, le Soi. – J. Mike Fields

Hier je postais ceci ici, soit que le succès pourrait se mesurer par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous

Intéressante question non ?

Mais s’il est important que les gens se sentent en sécurité autour de nous, il est tout aussi important qu’ils et elles sentent aussi qu’il est important de prendre des risques, d’oser être dérangé.e.s, poussé.e.s à essayer de nouvelles choses, adopter de nouveaux points de vue. Car trop de sécurité peut devenir une prison dorée.

Parfois, les gens doivent se sentir tout d’abord en sécurité pour ensuite pouvoir prendre des risques. Qu’ils et elles sentent qu’elles peuvent revenir à quelque chose de sécure s’ils et elles tombent. Si chute il y a.

Mais ce quelque chose de sécure, ultimement, ne se trouve qu’en soi-même. En fait, peut-être même que c’est ce fameux Soi avec un S majuscule ? Les mots étant affublés des limites qu’on leur connaît, Dieu, le coeur, Soi et soi-même sont possiblement la seule et même unique chose ?

Genre

Je me perds en Dieu, et Dieu se trouve en moi. Pourquoi regardez dans toutes les directions ? Regarde en dedans.

Cet endroit, en soi, yeux fermés et coeur ouvert, qui constitue le refuge ultime devant l’inconnu et l’incertitude, face à la peur et la colère, au chaos et au changement permanent. Face à notre fin éventuelle, sous cette forme-ci du moins.

Mais pour trouver ce refuge, souvent il faut le perdre. Comme le poisson qui doit sortir de l’eau pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur lorsqu’il la retrouve.

Car peut-être qu’on ne peut trouver ce refuge, peut-être qu’on ne peut que le retrouver. Pour savoir avec une certitude ancestrale que c’est ce que l’on cherchait, que c’est de là d’où l’on vient. Que cet endroit, caché au coeur de notre corps terrestre, est notre source comme notre destination.

Bla bla bla, cause toujours le chroniqueur…

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La prison la plus difficile à quitter est celle que nous nous construisons pour nous sentir en sécurité — comme autant de certitudes, qui marqueront donc une séparation entre soi et le monde.
Face à la découverte des limites de cette architecture traumatique, nous commençons à entendre l’appel du dehors — du plus grand que soi.
Ce murmure venu d’ailleurs, ou peut-être depuis « en-dedans », nous poussera à «dé sceller» une à une les pierres de notre prison, comme autant de nos convictions, pour envisager de bâtir des ponts plutôt que des murs.
Quelle aventure que de chercher à se regarder précisément là où nous avions justement besoin d’être aveugle pour survivre…

– Stephan Schillinger, Par un Curieux Hasard

DEVENIR UN SAFE SPACE POUR AUTRUI

Imaginez si on mesurait le succès par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous.

Certaines personnes mesurent leur succès par leur compte de banque.

D’autres par leur réputation.

D’autres encore par leur nombre de suiveux – followers – sur les réseaux, et l’influence qu’ils/elles exercent.

D’autres, encore et encore, par la richesse de leurs adresses et contacts dans les bonnes sphères de décision. Ou par le pouvoir qu’ils/elles pensent exercer sur autrui, ou la peur ou la crainte qu’ils/elles suscitent. Ou l’envie.

En effet, si on mesurait plutôt notre succès, comme notre richesse d’ailleurs, par le degré de sécurité que les gens ressentent autour de nous.

Car on veut tous avoir du succès et/ou être riches. Mais riches de quoi ? Telle est la question. Faut définir notre type de succès et de richesse.

Les gens peuvent bien nous mettre sur un pied d’estale, nous craindre ou nous envier, mais l’important me semble est qu’ils/elles nous respectent et nous fassent confiance.

D’ailleurs, on se questionne souvent au sujet de l’amour. Concept un peu flou et vague s’il en est un. Facile de dire que l’on aime le monde entier mais aimer chacun.e de ses habitant.e.s, un.e par un.e et à la fois constitue autre paire de manches, dixit le manchot.

Personnellement, je pense que si on ne peut faire confiance à quelqu’un, on ne l’aime pas vraiment. Par contre, si on se sent en sécurité et en confiance face à autrui, à mes yeux et à mon coeur, ça c’est de l’amour.

Évidemment qu’on ne peut aimer autrui que dans la mesure où l’on s’aime soi-même. Faut commencer par ici.

En ce petit matin blanc dans le petit et le grand now, intéressant de se demander si les gens se sentent en sécurité autour de nous. Bonne mesure de succès en effet. Et avec cette chape de neige, quelle belle opportunité de recouvrir notre monde d’acceptation, d’amour et de douce soie, tout en diffusant une couche de sécurité sur notre petit monde, le petit et grand monde autour de soi. Si tout le monde fait sa part, ça devrait ben aller comme qui disent.

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Quand plus de gens parviendront à la connaissance de leur nature réelle, leur influence, bien que subtile, prévaudra et le climat émotionnel du monde en sera tempéré.
Les peuples suivent leurs chefs et quand, parmi ceux-ci, en apparaîtront de grands par le cœur et par l’esprit, totalement libérés de la recherche égoïste, leur impact sera suffisant pour rendre impossibles les grossièretés et les crimes de l’époque actuelle.
Un nouvel âge d’or peut s’ouvrir, qui durera un temps pour succomber ensuite à sa propre perfection.
Car le reflux commence toujours quand la marée est au plus haut.

– Nisargadatta Maharaja, «Je Suis» (I Am That), via Jean Bouchart d’Orval

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Si une opinion contraire à la vôtre vous met en colère, c’est le signe que vous êtes inconsciemment conscient de n’avoir aucune bonne raison de penser ainsi.
Si quelqu’un affirme que deux et deux font cinq, ou que l’Islande se trouve sur l’équateur, vous devriez éprouver de la pitié plutôt que de la colère, à moins que vos connaissances en arithmétique ou en géographie ne soient si limitées que son opinion ébranle vos propres convictions.
Les controverses les plus féroces portent sur des sujets pour lesquels il n’existe aucune preuve convaincante dans un sens ou dans l’autre.
On recourt à la persécution en théologie, non en arithmétique, car l’arithmétique repose sur la connaissance, tandis que la théologie ne relève que de l’opinion.
Ainsi, chaque fois que vous vous surprenez à vous mettre en colère face à une divergence d’opinions, soyez vigilant ; vous constaterez probablement, après examen, que votre croyance dépasse ce que les preuves justifient.

– Bertrand Russell

LES MOTS – DU SILENCE – DES MOTS

Quand même drôle que cette citation qui parle de vrai silence au bout des mots et de mots justes qui naissent qu’au sein du silence soit si floue non ?

Peut-être que les mots justes sont au bout des yeux ? Focus groupe.

Le vrai silence se trouve au bout des mots, d’l’autre bord des mots qui débordent. On s’en rend compte quand on a trop parlé sans réussir à dire ce que l’on voulait dire, après avoir dit quelque chose que l’on regrette avoir dit.

En tous cas, moé j’me comprends ! Really ?

Là seulement qu’on se rend compte que la vérité ne peut se dire ni s’affirmer, elle peut tout au plus s’approximer, s’apprivoiser. La vérité à la vitesse grand Vé ne peut que se vivre et se laisser révéler. La vérité c’est ben d’valeur comme ça se dit pas.

La vérité se trouve alors qu’on a épuisé tous les mots et les explications. Au-delà du bout de toutes les théories. Car comme on dit, la Théorie, c’est un bien beau pays, mais qu’imaginaire.

Le vrai silence ne se trouve probablement pas seulement qu’au bout des mots, mais aussi peut-être aussi entre les lignes, les dignes lignes. Les dingnes comme les Dong ! Complètement dingues les mots.

Et même peut-être encore plus finement entre chaque lettre de chaque mot.

Comme sur les barres des T et sur les points des I. Au bout des zidées.

Et rendu jusqu’au bout des mots, and beyond, décider de ne plus parler car les mots ne peuvent que se dresser entre le vide et la vérité, entre ce qui est et ce que l’on dit ou pense que ce qui est.

Comme le dit si bien ici Krishnmurti – avec des mots of courseon peut posséder de nombreuses connaissances et informations au sujet des faits, mais les faits réels sont entièrement différents. Mettez les livres de côté, les descriptions, les traditions et l’autorité, et engagez-vous sur le chemin de la connaissance de soi.

Et pour se connaître, faut se parler à soi-même.

Alors, si les mots ne peuvent rien dire, pourquoi écrire ? Pourquoi lire ? Et parler encore. Que cherche-t-on ? Que veut-on trouver hors du silence ? La question se pose, même si elle ne se répond probablement pas. Il faut épurer les mots, épuiser les mots, et puiser à la source hors des mots.

Pourrait-on seulement penser vivre sans mots ? On reste sans mots devant une telle éventualité.

Car avec les mots, on s’imagine pouvoir découvrir et connaître le monde entier.

Mais

Pour ce faire, on devra laisser aller les mots. Éventuellement. Oush oush et ouste les mots.

Les laisser tourner – en rond ou sur son nez comme un fuck en Alaska – gros mots et petits mots – les inviter à venir mais surtout à partir.

Et à s’en détacher. Grosse tâche car les mots sont souvent lâches. On aime se cacher derrière. Les mots font taches aussi. Les mots nous pressent, nous confinent. Même quand chaque mot ne signifie pas la même chose pour chacun.e. Les mots nous perdent souvent.

Les mots forment les idées et les idées nous éloignent de ce qui est, at plain value.

Si les mots forment les idées, on peut les déformer ces ptits mots dits pour leur faire dire quelque chose qu’ils ne sont pas censés dire. Ou les interpréter, leur prêter une intention autre.

On peut penser jouer avec les mots mais ce sont probablement eux qui se jouent de nous, et qui rient. Ris de veau, ris de mots. Riz frit et riz free.

Les mots diffèrent selon les cultures. Même le langage des signes, différents entre les mains des non entendants du monde entier. Même le langage des singes est différent.

Et les mots indiffèrent encore plus quand on ne parle pas leur langue, quand on ne les comprend pas. Surtout quand on les a sur le bout de la langue.

Toujours du chinois quand on ne comprend pas les mots. Toujours une langue étrangère qui se parle sur le bout d’elle-même. Voyez, on peut quand même avoir du fun avec les mots, téléfun, surtout quand ils se trouvent et se tiennent en suspens sur le bout de la langue.

Sauf en chanson.

Car par là, les mots ne comptent plus tant, ni le temps, et le son est universel.

Ôm. Home.

Enwèye à maison.