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ÉCRIRE EN CIRCUIT FERMÉ

via Alain Leblond

Ce matin, j’ai décidé d’annoncer sur mon mur FB que je ne posterai plus les liens vers ces chroniques-ci, donc sur ce blogue. Vous ne serez donc désormais que quelques-un(e)s plutôt rares à lire mes mots.

Mais je n’écris pas nécessairement pour être lu par un si grand nombre de toute façon. J’écris pour le plaisir, j’écris parce que ça déborde. J’écris, sinon je crierais probablement. Et malgré les bons côtés de FB, je n’aime pas leur attitude, leur arrogance, leur avidité. Alors je décroche. Un peu. À mon humble mesure.

Comme Richard Séguin, j’écris pour toutes sortes de raisons. Mais avant tout, j’écris par amour, pour me dire un peu et jouer avec les mots, ou eux qui se jouent de moi plutôt j’imagine.

Alors à partir de maintenant, j’écrirai juste pour toi, pour moi, pour vous, pour nous donc. Que quelques paires d’yeux. Si vous avez envie de savoir quand je le ferai, vous pouvez toujours vous abonner. Ou pas. Et on se reverra ici un moment donné peut-être. Ou pas.

Sioux.

AMHAINE / PAIN & HATE

J’imagine que l’une des principales raisons pour laquelle les gens s’accrochent avec tant d’insistance à leur haine est parce qu’ils pressentent que lorsque la colère sera évacuée, ils devront s’occuper de leur douleur.
– James Baldwin

englis below…

L’enjeu du genre, comme d’autre causes sociales, soulève beaucoup d’émotions. De la colère, du jugement, et beaucoup de peur. Mouvement qui s’exprime par de la haine exprimées publiquement et sans gêne autant sur les réseaux asociaux que lors des manifestations.

Quand on voit s’exprimer ces discours haineux de la part de tous ces gens qui craignent de ce qui pourrait arriver, on peut constater la justesse des paroles de Baldwin. Les gens cherchent et se réfugient dans diverses causes extérieures pour exprimer leur inquiétude car au fond d’eux git un lourde de douleur et une perte de sens. L’avenir est plus inquiétant que jamais et devant l’inconnu, on tente de s’accrocher.

On dit qu’il y a fondamentalement deux émotions: la colère et la tristesse. L’une serait l’autre côté de la médaille de l’autre. Mais au fond, c’est une grande douleur interne, un profond malaise qui agit comme moteur de l’une comme de l’autre.

Idéalement, quand on est bien et en paix avec soi-même, on ne part pas en guerre. On vit sa vinaigrette dans son petite bol de salade. La colère est inévitablement générée par un événement extérieur, alors que la tristesse émane souvent de nos profondeurs, souvent en lien avec un événement du passé, ou en prévision d’un avenir inquiétant, comme la perte d’êtres chers, d’une souffrance à venir ou d’une grande insécurité.

En ce temps de grands bouleversements sociétaux, de profondes peurs émergent. L’avenir est incertain, ce qui rend charmant et sécurisant le retour aux valeurs du passé et à la nostalgie du bon vieux temps. Mais le temps coule, bouge, et les temps changent.

Les valeurs que l’on tenait pour acquises nous glissent entre les doigts et le tapis de la certitude sous les pieds.

On ne peut que prendre acte de ce qui se passe actuellement. Ici, en sécurité, au chaud et le ventre plein, libres de guerre, de famine et de grandes migrations, on a le luxe de réfléchir à la question du genre. Les choses pourraient être pires admettons-le.

Espérons que nous saurons apprivoiser cette douleur qui fait en sorte que tant de gens doivent émettre et exprimer de la haine et adopter des comportements violents pour avoir l’impression d’être entendus. Sauf que la haine ne fait que générer encore plus de haine.

Alors prions pour que les gens apprennent à assumer leur propre douleur, leur insécurité et leurs malaises et qu’ils s’en occupent. Mais c’est beaucoup demander sans aide ni soutien. Car ça requiert beaucoup de courage et d’introspection pour plonger dans les méandres de son âme et de sa psyché.

Amen !

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English

The gender issue, like other social issues, raises a lot of emotions. Anger, judgment, and beyond all a lot of fear. Movement which expresses itself through hatred expressed publicly and without embarrassment both on (anti) social networks and/or in public demonstrations.

When we see these hateful speeches expressed by all these people who fear what could happen, we can see the accuracy of Baldwin’s words. People seek and take refuge in various external causes to express their inner concerns because deep within them lies a heavy pain and a loss of meaning. The future is more worrying than ever and in the face of the unknown, we try to hold on to what we know, or what used to be.

It is said that there are basically two emotions: anger and sadness. One would be the other side of the coin to the other. But deep down, it is a great internal pain, a deep unease which acts as a driving force for both.

Ideally, when we are well and at peace with ourselves, we do not go to war, or seek to attack. We live our life, working for the better, sharing who we are. Anger is inevitably generated by external events, while sadness often emanates from our depths, often linked to a past event, or in anticipation of a worrying future, such as the loss of loved ones, suffering to come or great insecurity.

In this time of great societal upheaval, deep fears are emerging. The future is uncertain, which makes a return to the values of the past and nostalgia for the good old days charming and reassuring. But time flows, moves, times they are a changing.

The values we took for granted are slipping through our fingers and the carpet of certainty under our feet.

We can only take note of what is happening now. Here, safe, warm and with full bellies, free from war, famine and great migrations, we have the luxury of thinking about the question of gender. Things could be worse let’s admit it. Let’s talk about it. Peacefully.

Hopefully we will be able to tame this pain that makes so many people have to emit and express hatred and adopt violent behaviour to feel like they are being heard. Except that hatred only breeds more hatred. And often how it works.

So let’s pray that people will learn to own and deal with their own pain, insecurity, and discomfort. But that’s a lot to ask without help and support. Because it requires a lot of courage and introspection to delve into the twists and turns of our soul and psyche.

Amen !

AMOUR, NOIRCEUR, OMBRE & LUMIÈRE

Lorsque l’amour prime, il n’y a pas de volonté de pouvoir et là où le pouvoir prédomine, il y a un manque d’amour. L’un est l’ombre de l’autre. – Carl Jung

Quand on aime, on peut. Ou là où l’amour règne, on a pas besoin de vouloir pouvoir. L’amour est pouvoir. L’amour peut. L’amour nous meut. L’amour nous émeut.

Je citais hier Krishnamurti qui affirmait : Quand vous aimez ce que vous faites, vous n’êtes pas ambitieux, vous n’êtes pas avare, vous ne cherchez pas la gloire, parce que cet amour pour ce que vous faites est tout à fait suffisant en soi.

De la suite dans les idées ce ptit chroniqueur des écrans blancs non ?

En effet, quand on aime, on laisse libre. Quand on aime, on n’a rien à vendre. Quand on aime, on fait ce que l’on aime faire sans le crier sur tous les toits. Quand on aime, on laisse l’amour faire, on laisse l’amour se faire. Ainsi on ne fait pas l’amour, on laisse l’amour se faire. Et l’amour dépasse largement la sexualité. Ça l’inclut, mais la dépasse.

Si on suit le raisonnement de Jung, l’amour et le pouvoir, du moins la volonté de pouvoir, ne peuvent coexister. L’amour fait fondre le pouvoir. Quand on aime, l’amour fait la job.

Même chose pour la relation entre lumière et la noirceur. Osho nous disait d’ailleurs qu’on ne pouvait se battre contre la noirceur, on n’a qu’à laisser briller notre lumière et la noirceur disparaîtrait alors instantanément. À la grâce de Dieu. Ou de sa mère. J’aime le concept de la mère de Dieu. Car elle-même doit avoir une mère, et ainsi de suite jusqu’à la source ultime de la lumière.

La noirceur et la lumière sont deux choses différentes. Si la noirceur est l’absence totale de lumière, il n’y a pas de lumière sans ombre. Il n’y a que des nuances d’ombre. De l’aurore à la pénombre. Bien davantage que 50 nuances de gris, entre autres avec les nuages. Mais le soleil luit toujours derrière les nuages.

Ainsi, en ce monde, comme en soi, on ne peut que travailler à partir de la lumière. Quand à l’ombre et la noirceur, laissons ça à ceux qui intéresse. Et aux psys de tous acabit.

Car comme on aime dire, la lumière gagne toujours. Du moins on l’espère. Mais c’est tout ce que l’on peut faire. Laisser briller la nôtre. Laisser briller notre flamme, notre étincelle de vie dans ce grand univers tout plein de tons de noirs. Et garder l’espoir et la foi que les multiples sources de lumière perceront le grand et noir mystère.

Keep the flame alive disait notre amie Paule.

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La pratique du Zen consiste à manger, respirer, cuisiner, porter de l’eau et nettoyer les toilettes – à imprégner chaque acte du corps, de la parole et de l’esprit – de pleine conscience, à illuminer chaque feuille et chaque caillou, chaque tas d’ordures, chaque chemin.
Tout cela conduit au retour de notre esprit à la maison. ♥️
~ Thich Nhat Hanh

FAIRE CE QUE L’ON AIME & AIMER CE QUE L’ON FAIT

Quand vous aimez ce que vous faites, vous n’êtes pas ambitieux, vous n’êtes pas avare, vous ne cherchez pas la gloire, parce que cet amour pour ce que vous faites est tout à fait suffisant en soi. – J. Krishnamurti

Je souhaite à tout le monde de trouver ce qu’il/elle aime faire dans la vie. Et de le faire, souvent, la plupart du temps, ou tout le temps. Et de prendre du temps aussi entre le faire pour ne rien faire. Et bien le faire.

Et comme on dit, si on ne peut trouver que l’on aime faire, faisons ce que l’on a à faire avec amour. Car comme le disent les poètes de CSNY: if you can’t be with the ones you love, love the ones you’re with.

Il n’est pas toujours possible de faire ce que l’on aime – le plus faire – dans la vie, notamment pour arriver à gagner sa vie. Parfois on doit faire ce que l’on doit faire. Certains perdent même leur vie à tenter de la gagner.

Mais même si on ne peut toujours faire ce que l’on aime faire, on peut faire ce que l’on a à faire avec amour. Du moins avec le plus d’amour possible. Avec présence, avec conscience. Et acceptation.

Personnellement, la vie m’a souvent permis ce que j’aime. J’ai longtemps enseigné, et j’ai aimé le faire, jusqu’à ce que j’aime moins. Et j’ai alors arrêté.

Et maintenant, ce que j’aime le plus faire, c’est écrire et jouer de la musique. Pas pour l’argent, pas pour la gloire. Pour le simple plaisir. Plaisir simple.

Et ce que je préfères aussi faire est ne rien faire, ce que l’on appelle méditer. Je suis choyé.

Faire et ne rien faire, telle n’est pas une question. C’est la réponse.

Apprendre à aimer ne rien faire qui vaille, ne pas faire ce qui donne nécessairement quelque chose. Simplement ne rien faire pour le plaisir de ne rien faire, de ne servir à rien parfois. car à quoi sert-on au juste ultimement ? La question se pose de plus en plus avec la venue de l’intelligence artificielle qui remplacera les humains dans plusieurs tâches.

Il ne nous restera alors qu’à être. Tout simplement. Et remplacer le faire par l’être. Un peu ce que la vie nous amène à faire avec les années. Faire de moins en moins pour apprendre de plus en plus à être, que n’être. Être, de plus en plus totalement.

Et le peu de faire qu’il nous restera à faire sera de faire de plus en plus ce que l’on aime faire. Et faire tout ce que l’on a à faire avec amour, amour, amour. CAr aime, amour et âme, la même racine.

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La vie elle est belle, ne regardez pas l’extérieur, regardez-vous vous-même, c’est comme ça, je voudrais faire mieux, mais c’est comme ça, soyez honnête avec vous-même, vivez ce que vous êtes, acceptez-vous, acceptez ce que vous êtes.

– Q: et la peur de la mort ?

-V : Il y a mille et une peurs, pas seulement la peur de la mort, mais la mort … vous la connaissez la mort ? ou bien vous l’imaginez dans le cerveau ? ce n’est une illusion, ce n’est pas la vérité, tu voudrais savoir .. mais il n’y a pas de mots magiques. Comment je le sais ? je ne sais rien, je le vis.

-Q: Mais quel est ta réaction devant la mort physique ?

– V: Tu parles de la mort physique. Mais est-ce que tu l’as essayée ? Tu es mort déjà ? Alors de quoi tu parles ? Tu as vécu toi les souffrances des autres ? Tu crois l’avoir vécu toi ! Tu l’inventes, tu te fais des scénarios de cette mort-là. Il y a des moines qui s’isolent de la société pour trouver une sorte de paix, pour croire à quelque chose, mais ce n’est pas ça la Paix. Tu le trouveras pas là, ni nulle part. Où que vous soyez, c’est ici la Paix en vous .

– Virgil via Dominique

AMOUR EN ACTION

La discipline est de l’amour pour soi en action. Fais le travail intérieur. Développe cette pratique, cet amour, cette vie. Le travail le vaut, et toi aussi. C’est ton temps.
– J. Mike Fields

Discipline, du terme latin disciplina, dérivé de discipulus qui veut dire disciple, lui-même dérivée de discere, qui veut dire apprendre.

Depuis 9 jours, nous sommes quelques-un(e)s à avoir entamé une série de 22 méditations actives le matin à 7 h.

On pourrait dire que ça requiert une certaine discipline. Mais en fait, ça serait plus difficile de ne pas le faire que les bénéfices que cette pratique rapporte.

La discipline est facile à développer quand on aime ce que l’on fait et que ça nous apporte des bénéfices concrets. Quand on apprend quelque chose.

Les mots disciple et discipline viennent de la même racine. Quand on se place dans une disposition d’apprentissage, tout peut devenir un(e) maître. Quand on est ouvert à apprendre, curieux, à l’affût, la vie est une grande leçon, une grande cour d’école. Quand on décide de garder un coeur d’étudiant(e), la vie devient un grand cours.

Quand on prend la décision de s’engager sur un chemin, et qu’on y met tout son coeur, on devient un, uni(e) en soi, tous nos morceaux alignés. Et chaque pas devient simple. Un à la fois, chacun dans la foi.

Disciple de la vie, au service du bien du plus grand nombre, en prenant soin de soi en premier lieu car comment faire autrement ?

Amour de soi pour ensuite le partager pour le bien du plus grand nombre.

Aho !

DE LA TÊTE AU COEUR

La tête ressasse ce que le coeur a besoin de guérir.

Vous est-il déjà arriver vous aussi de penser en boucle à une banale remarque que quelqu’un vous a adressée ? Banale en apparence seulement, car peut-être pas si banale qu’elle en a l’air après tout.

On peut recevoir 100 compliments et une seule critique, et, évidemment c’est celle-ci qu’on retiendra. Du moins, celle-ci qui nous spinnera dans le hamster.

Ça indique que nous sommes tous et toutes sensibles à la critique, surtout négative s’entend, et certains plus que d’autres. À mon avis, même ceux et celles qui disent se foutre des commentaires d’autrui.

Car nous sommes – en général – des êtres dits sociaux, quoi que de moins en moins sur les réseaux – et vivre en clan s’avère une nécessité pour survivre. Du moins dans le passé, car il est désormais possible de survivre seul(e), ce que plusieurs font. Par choix et ou par réaction. Mais pour vivre réellement, les relations sociales me semblent tout de même primordiales. Qu’on les recherche, on qu’on les fuit.

Mais la citation ci-haut me semble toucher un point sensible, et important. Car je suis persuadé ne pas être le seul à vivre certaines obsessions mentales à l’occasion. Une idée qui colle au mental et qui ne nous quitte pas. Pour un bout de temps du moins. Car elles finissent toutes par passer éventuellement.

Alors plutôt que tenter de se débarrasser et de tenter de chasser la dite idée quand une nous colle après, il me semble plus productif de l’investiguer, de la suivre pour voir où elle nous mène. Car elle veut peut-être nous dire quelque chose. Elle ne sticke pas en nous pour rien. Possiblement qu’elle mène à une blessure quelconque. À un soft spot en soi. Souvent, ça peut toucher à un besoin de confirmation en soi, un besoin de reconnaissance quelconque. Ou à une habitude qu’on répète.

Quand un propos d’autrui à notre égard nous dérange et nous fait tiquer, assez pour qu’il reste avec soi, et tourne et tourne, on doit regarder. Il n’est probablement pas inutile. Il doit pointer vers quelque chose qui demande résolution, qui requiert attention, et éventuellement acceptation et apaisement.

Quand on se trouve dérangé(e) par les propos d’autrui, et que la tête roule en boucle sur les dits mots, c’est souvent qu’un endroit en nous, dans le coeur, n’est pas en paix, pas à l’aise. Parfois, le mystère s’éclaircit et bingo, on saisit. Et parfois pas. Pas tout de suite du moins.

Mais d’expérience, je pense que lorsque la tête s’empare de quelque chose de précis, il y a matière à réflexion et cette réflexion mène souvent vers une certaine paix du coeur.

Bonne réflexion.

8,485 MILLIONS À SE LA FERMER

Je lisais dans La Presse hier un article de Nathalie Collard qui affirmait qu’on est 8,485 millions et qu’il fallait se parler.

Pourtant, depuis qu’on a plus que jamais auparavant autant de lieux d’expression de toutes sortes pour donner notre opinion, il règne une telle cacophonie, un chaos opiniomatique à tendance de plus en plus agressive et agressante. Violente même.

Chacun(e) peut désormais partager son opinion. En fait la plupart répète as nauseum la même opinion. Et plusieurs se plaisent à engueuler quiconque ne partage pas la sienne. Et c’est souvent ceux qui ont le moins à dire qui en disent le plus, et le plus fort.

Personnellement, je préfère me la fermer. Je préfère écouter le silence. Alors je vais marcher en forêt et j’écoute la vie. Le vent dans les arbres. Les oiseaux qui placotent. La terre qui vibre doucement et qui nous parle. Et ces temps-ci, j’écoute l’automne arriver et les feuilles qui rougissent. Car oui, si on écoute avec attention, on peut les entendre. Elles qui nous montrent le cycle si naturel des saisons.

Il y a une immense différence entre entendre et écouter.

En général, on entend ce qui arrive à nos oreilles, les bruits ou les sons les plus sonores, les plus tonitruants. On entend davantage les cris que les chuchotements. On entend les gens qui parlent, mais en réalité on ne comprend que ce que l’on veut ou ce que l’on peut comprendre de leurs paroles. Tant de gens, qui disent tant de n’importe quoi. Et son contraire.

On trouve même des gens qui s’écoutent parler eux-mêmes. Des beaux parleurs. On dit que les hommes ne peuvent pas faire deux choses en même temps. On a la preuve du contraire ici car une tendance plutôt masculine majoritaire que s’écouter parler à mon avis.

Alors écouter plutôt que de parler, que d’émettre son opinion. Félicitations pour votre belle opinion. Mais elle ne m’intéresse pas vraiment. Vraiment pas en fait. Même la mienne ne m’intéresse pas. Je suis blasé de mes opinions, qui ne sont que des vagues de surface. J’ai envie du fond de la mer, là où tout est plus calme.

Comme il y a de plus en plus de bruits, trop d’opinions pour mes deux ptites oreilles et ma paire d’yeux, résultat de la multiplication de lieux d’opinion et d’écrans pour les diffuser, je préfère de plus en plus lâcher mon ordi et aller écouter le silence. Écouter la vie. La grande, comme la petite.

Je préfère me taire et méditer, faire silence, et le garder. l’écouter. Et si vous saviez tout ce que j’entends. Car ma propre tête est pleine de bruits. Ça n’arrête jamais. Et tout doucement, à force d’écouter, de se mettre dans une disposition d’écoute, on finit par entendre de plus en plus l’inaudible, ce qui s’approche du silence, celui envahi par les mots et le bla bla. Car souvent, le silence est pris en otage par les mots. Trop souvent.

Alors comme pour muscler le corps, on doit aller au gym du silence et développer sa musculature d’écoute. Mais pour cela il faut tout d’abord arrêter de parler, il faut apprendre la patience, et le rien faire. Quoi qu’écouter c’est déjà faire beaucoup. Il faut arrêter et écouter, et laisser aller les infinies pensées qui tournent en boucle. Et tout doucement, sans faire de bruit, quelque chose comme un silence commence à émerger.

Imaginez, si on était 8,485 millions à se la fermer. Peut-être qu’on pourrait enfin s’entendre.

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Le silence est l’océan, la parole une rivière. Lorsque l’océan te cherche, ne marche pas dans la rivière, écoute l’océan.
– Rumi

PRIER ET AGIR

Je pries pour les gens d’Haïti.
Je pries pour les gens du Maroc.
Je pries pour les gens en camps de réfugié(e)s un peu partout sur la planète.
Je rpies pour les migrant(e)s à la recherche d’une terre d’accueil.
Je pries pour les gens d’Ukraine, du Liban, de la Syrie, et et de trop d’endroits en Afrique.
Je pries pour les premières nations d’ici, et d’ailleurs, pour tant de raisons du passé que le présent ne révèle que maintenant.
Je pries pour les gens ici qui n’ont pas de toit, de nourriture, de chaleur humaine, entre autres pour les enfants et les personnes âgées, et les plus vulnérables.

Je pries pour tant d’autres gens et situations. Sur et pour lesquels j’ai très peu de réel pouvoir.

Je pries, et j’ai beau prier tant que je veux, mais je tente toujours d’accompagner mes prières de petits gestes concrets, autour de moi, quotidiennement. Dans les petits gestes, je tente d’y déposer douceur, sourires, courtoisie, respect. Humanité quoi.

Car si des gestes concrets ne suivent pas mes mots que je veux bons – bene dictions – mes prières ne seront pas soutenues par l’univers, elles ne seront pas backées par du vrai, par de l’humanité incarnée, elles spinneront dans le grand vide céleste. Et dans mon esprit.

Si je pries et que je ne fais rien au quotidien, mes mots résonneront dans le vide, tourneront sur eux-mêmes, mes intentions ne resteront qu’intentions. Le premier pas que de prier. Mais que le premier. Le corps doit suivre, les mains, le coeur.

Déjà de souhaiter du beau et du bon à autrui est en soi riche pour le coeur et l’âme. Et peut peut-être aider. Mais de le réaliser, le rendre réel, pas des gestes, constitue un autre pas vers notre plus grande humanité, notre totale humanité. Avant de vouloir êtres des dieux ou des déesses, soyons bien humblement des êtres humains, des personnes emplies d’humanité. Déjà beaucoup.

Car nous sommes des humains incarnés, parmi les plus privilégié(e)s, vivant dans un monde de matière, avec de vrais humaines et humains en besoin autour de nous, et les besoins primaires sont toujours bien concrets: nourrtture, eau, soins, toit, etc.

Et les mots ne nourrissent pas, ni n’abreuvent.

Infinie gratitude tout d’abord à incarner, puis ensuite à partager. Avec nos soeurs et nos frères. En commençant autour de soi, puis en spiralant.

Paix aux gens de bonne volonté, et soulagement aux autres.

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CLÉ DE L’HARMONIE 

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 

Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 

Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 

Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il. 

LA VIE LA MORT

Hier, sur les fils de nouvelles, on a appris que le Maroc a subi un grave tremblement de terre. Plus de 2 000 morts à l’heure actuelle, et le compte monte toujours. Je pense aux morts, mais aussi aux vivant(e)s, aux survivant(e)s. Aux gens qui restent. Dans la rue, dans le drame, dans le deuil.

Puis ce matin, sur FB, je vois la photo d’une personne que j’ai croisée au Brésil et avec qui je m’étais liée d’amitié depuis quelques années, Ailton, une personne douce et délicate, sympathique, avec qui je pratiquais mon portugais et devenais amis, plus jeune que moi, qui est décédé récemment. Et je pense à sa douce. Et à sa peine.

En voulant aller voir quelques images du Maroc sur le site de Radio-Canada, je reçois en pleine face des publicités d’assurance-vie. La vie, la mort. Et le bref espace entre les deux.

Et la futilité de tout ceci.

Un jour on vit, et le lendemain on croule et disparait sous les décombres.

Un jour on aime, et le lendemain on pleure son amour.

Nous sommes bien peu de choses devant le grand mystère. En fait, nous sommes presque rien. Un presque rien qui cherche, qui se cherche. Une présence qui se pense parfois séparée du grand Tout.

Nous vivons en ce monde qu’on nomme parfois un monde d’illusions. Mais les chagrins me semblent réels, notre impuissance aussi. Comme notre incompréhension de tout ce qui se passe dans le vaste monde, incompréhension encore plus grande face à l’infinitude.

On ne peut que rester humble devant le mystère. On ne peut que demeurer ouvert devant les sentiments du monde, les gens, comme toute l’immense scène ouverte.

La vie côtoie la mort, elle l’inclut même. Et parfois, la mort nous frôle. Elle le fait parfois annoncée aux nouvelles par milliers, sans cause humaine, sans personne à blâmer. Ou elle nous touche et nous ébranle parfois par la disparition de gens que l’on a connu et qui nous ont quitté, à tout jamais.

La mort nous rappelle que la vie est fragile, qu’elle nous est prêtée, qu’on nous la confie pour un certain temps, et ensuite, goodbye !

Alors prenons-en bien soin, soignons-la, dorlotons-la. Et cela ne peut passer que par nos proches, par la nature qui nous entoure. Mais aussi et premièrement, par soi-même.

Soyons doux et douces avec toutes les formes de vie.
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La joie des choses infimes ne te vient que lorsque tu as accepté la mort.
Mais lorsque tu regardes avec avidité vers tout ce que tu pourrais encore vivre, alors rien n’est assez grand pour ton plaisir, et les choses infimes qui ne cessent de t’entourer ne sont plus sources de joie pour toi.
Voilà pourquoi j’observe la mort, car elle m’apprend à vivre.

C.G. Jung, Le Livre rouge

YEUX FERMÉS COEUR OUVERT

On ferme les yeux pour prier, pour pleurer, quand on s’embrasse et quand on rêve. Car les plus belles choses de la vie ne sont pas visibles, elles ne sont senties que par le coeur. – Helen Keller

Une grande d’âme que cette dame.

Depuis tout jeune, je suis persuadé qu’un petit bout de la grande âme a été déposé dans notre coeur à notre naissance. Que c’est là que se cachent les plus grands secrets de l’univers. Là que les choses les plus compliquées se simplifient tout doucement. Là que l’on doive respirer pour aspirer à la paix.

Dès qu’on ferme les yeux, le coeur s’ouvre. Car les yeux sont une source de distraction qui nous entraîne en dehors de soi. D’ailleurs la source du mot ex/tase : un état en dehors de soi. On devrait plutôt chercher l’in/stase. Ce état intérieur qui nous ramène au bercail, au home universel.

On ne peut rien enseigner à autrui car l’apprentissage est une inside job. Encore plus dans le domaine de la spiritualité, de la connaissance de soi.

Tel que l’affirme Krishnamurti, la vie n’est pas quelque chose qu’on apprend d’autrui, la vie doit être écoutée, et comprise à chaque instant, sans accumuler d’expérience. Mais pas comprise avec la tête, comprise avec le coeur. Sentie, ressentie, vécue de l’intérieur.

En cette ère tellement stimulée visuellement et aimantée vers l’extérieur, passant beaucoup par la vue, il est peut-être temps plus que jamais de revenir, dans le coeur, en soi. Et fermer ses yeux, ouvrir son coeur et tout simplement respirer. Lentement, simplement, consciemment. Respirer le monde.

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L’humanité a un immense besoin de méditation, pour équilibrer ce que la technologie a apporté.
– Osho

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Le monde est bâti sur les transactions déshonnêtes, sur la fraude.
Mais la plus grande fraude, la plus grande escroquerie, c’est la spiritualité mais ne le répétez pas, vous vous ferez des ennemis.

Avez-vous eu besoin d’exercices particuliers pour entrer dans le ventre de votre mère ?

Y a-t-il quelque chose à faire pour que la graine en terre produise des racines ?

Tout ce qui se produit, se produit spontanément.

Si une graine prend racine, laissez-la pousser, ne vous en mêlez pas.

Le monde de la spiritualité est une fraude, il ne peut exister que par la fraude.
La spiritualité n’existe pas; il n’y a que la vie dans le monde, le jeu des cinq éléments.
Vous n’êtes pas plus que du végétal. L’herbe pousse, les êtres humains poussent aussi.

Nisargadatta via J Gagliardi via Cristina Rj

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Ici, un ptit 5 minutes