
– Audrey Hepburn
Premièrement, profond respect Mme Hepburn pour ces mots. Quelle humanité, quelle sensibilité, quelle bonté de coeur.
Beaucoup de souffrance sur la terre en ce moment. Souffrances pourrait-on les conjuguer. De toutes sortes, dans plusieurs endroits du globe. Pas besoin de préciser, vous voyez comme moi.
Mais aussi, beaucoup de souffrance, plus localement, plus près de nous. De la souffrance moins spectaculaire, plus ordinaire, de la souffrance invisible. De la souffrance que l’on côtoie, souvent sans même s’en rendre compte car les gens qui souffrent sont dignes. Chez nos proches, chez des gens que l’on croise au hasard de nos routes. Et un peu en soi car la souffrance du monde est aussi un peu la nôtre non ?
Alors comment on deal avec la souffrance ?
En ce sens, les mots de Mme Hepburn sont plus que significatifs, elle qui, si on se fie à ses mots, place l’empathie au-delà de tout. Et l’empathie consiste à partager la souffrance d’autrui, la sentir, la ressentir jusqu’en nous.
Mais veut-on vraiment faire sienne la souffrance du monde, de tout le monde ? Et même si on le voulait, le pourrait-on ? Des questions qui se posent.
Évidemment, l’idée n’est pas de se laisser submerger par la souffrance at large et de sombrer avec, mais de sentir que ce sont nos frères et nos soeurs qui ont mal, nos pères et nos mères, nos enfants.
Les Palestinien(ne)s qui vivent, survivent à peine, sous les bombes, en errance et avec trop peu à boire et à manger, en danger constant. Les Israélien(ne)s qui ont perdu des proches en Octobre, les familles des otages qui vivent en suspens depuis, et tout ce peuple qui vit sous extrême tension depuis longtemps, et encore plus aujourd’hui. Toute la région est sous tension.
Mais aussi les Ukrainien(ne)s, les Syriens, les Yéménites, et tous nos frères et soeurs de trop d’endroits pour tous les nommer, sur les routes et sans foyer, sans sécurité.
On peut se demander s’il y a toujours eu autant de souffrance dans le monde. Possiblement que si, possiblement que non, mais on la voit davantage désormais, on la sait, on nous la rapporte. Et on choisit de la voir et de la sentir, ou pas.
Car certain(e)s choisissent de fermer les yeux et de se détourner la tête devant tant de souffrance. Compréhensible, car à quelle somme de souffrance doit-on s’exposer ? Mais ce faisant, on se coupe d’une part de réalité. Et d’une partie de notre humanité.
Certains aiment dire qu’on n’a pas besoin de la voir. En effet, on a des limites. Mais toujours étrange de voir, sur les réseaux asociaux, nos vies super feutrées et douillettes se juxtaposer à tant de drames. Et malgré cela, de la souffrance ici aussi. Différente, moins visible.
Pendant qu’on s’inquiète des taux d’intérêt et de l’inflation, tant n’ont même pas de toit ni de quoi boire ni manger.
Pendant qu’on se plaint de nos gouvernement qu’on aime dire corrompus, d’autres vivent dans des dictatures peu portées sur l‘humanitude.
Pendant qu’on planifie nos retraites, d’autres ne sont même pas certains de survivre cette journée.
Tout cela co-existe. Malgré qu’on ait la chance de vivre ici, je suis curieux de voir comment chacun(e) de nous gère nos immenses privilèges en lien avec la situation de ceux et celles qui souffrent au milieu des conflits. Je suis persuadé que l’on doit tous et toutes ici refouler une certaine part de culpabilité.
Ligne mince aussi entre culpabilité et responsabilité.
Oh, bien sûr, on peut se faire croire et dire que nous ne sommes pas responsables de ce qui se passe ailleurs sur la terre, qu’on ne peut rien y changer, mais n’avons-nous pas tout de même une certaine part de responsabilité du simple fait que l’on vive ici en Occident et qu’on exploite la terre comme on le fait en consommant autant ?
On peut bien avancer que tout ce que l’on peut faire, à notre mesure, c’est de faire briller notre petite lumière personnelle afin d’éclairer le grand monde à notre humble mesure. Et c’est vrai. Mais en même temps, la ligne est mince entre se sentir concerné(e), responsable, voir et sentir la souffrance, et faire quelque chose pour contribuer un tant soit peu à améliorer le sort du monde.
Pas si simple tout ça.
Comme nous vivons principalement à échelle réduite ici autour de notre propre corps physique, que là que nous pouvons agir. Ici donc. Et possible de contribuer à la mesure de nos moyens à des campagnes de financement des plus nécessiteux, là-bas, et ici. La guignolée s’en vient justement.
Serons-nous capables de faire en sorte que nos paroles s’accordent avec nos actions ?Nous qui passons une bonne partie de notre temps à regarder le sort du monde dans nos écrans, plus ou moins déconnecté(e)s de l’immense souffrance qui se vit actuellement dans le monde.
Question ouverte. Je vous laisse y réfléchir. Et je fais de même.
















