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DIEU DANS LE COEUR, LES YEUX ET LES MAINS

Ou encore :

Pas que je ne pense pas possible une certaine énergie nous unissant tous et toutes.

Pas que je ne crois pas en quelque chose qui nous a créé(e)s et qui nous lie. Comme une même conscience qui nous anime.

Pas que je sois découragé ni athée. Je crois clairement possible quelque chose de plus grand que ce petit moi, quelque part d’où l’on vient et vers où l’on retournera. Peut-être. Dieu est un grand peut-être. Malgré la folie des hommes, je veux garder la foi en quelque chose qui fait sens. En l’amour, la justice.

Mais tant de gens disent parler au nom de Dieu, leur Dieu, ou encore canaliser des entités qui parlent à-travers eux et elles.

Mais au-delà nos belles paroles, qu’on les disent sacrées ou simplement nôtres, seules nos actions comptent réellement en ce monde car les mots sont trop faciles, les mots ne sont qu’air et mouvements de lèvres. Et ces temps-ci, des tonnes de mots se disent, s’écrivent et se confrontent, de gros mots circulent vite et font mal.

Tu ne peux pas traiter les gens comme des ordures et invoquer Dieu simultanément.

Alors faisons de Dieu une réalité quotidienne. Faisons de Dieu de l’amour en Action. Ce que Veeresh (dont c’est l’anniversaire aujourd’hui) aimait si bien dire. Créons un Dieu beau, un Dieu de beauté. Incarnons Dieu.

Faisons de Dieu quelque chose de bon, de généreux, de soutenant, d’humain en ces temps de trop grande inhumanité.

En ce jour de guignolée, partageons un peu de la chance et de l’abondance que nous avons avec les moins nanti(e)s que nous, notamment les touts ptits. Pour que certain(e)s aient à manger un peu plus cette année en ces temps de partage, quelques sucreries, quelques extras, et pour que quelques enfants puissent se faire payer la traite en essentiels, gâteries et cadeaux.

Au fond, Dieu c’est tout simple: il/elle/ça vit dans nos coeurs et s’exprime par nos mains, nos bouches et nos yeux.

ÊTRE HUMAIN(E), ÊTRES HUMAINS

Si tu ressens la douleur, c’est que tu es vivant(e). Si tu ressens la douleur d’autrui, c’est que tu es un être humain.

english below

Merci Monsieur Leo. Ces temps-ci, je trouve qu’il est difficile d’être humain. Tant d’inhumanité, tant de folie dans le monde. Hier je voulais me sauver sur mes toit pour décrocher un peu, pour pelleter avant la pluie, et toute la journée, j’ai pensé à eux, elles. Enfants, mères, innocents.

Oh, je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur du peuple Israélien dans son ensemble qui a perdu 1 200 de ses habitant(e)s dans un acte d’une rare barbarie le 7 octobre. Ainsi que les familles des otages encore prisonniers.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur des gens de Gaza qui n’ont plus rien à perdre, ni nulle part où aller, mais dont trop d’entre eux et elles, malgré tout, perdent encore la vie à chaque jour, la dignité, sans même avoir le strict minimum. Prison à ciel ouvert. Live on TV. Dans nos faces.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur du peuple Ukrainien en ce début d’hiver qu’on oublie après presque deux ans de guerre.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur de tant d’autres êtres humains qui en arrachent, soit physiquement, moralement, mentalement et affectivement.

Mais j’ai beau penser, et tenter de comprendre même si comprendre ne règle rien, et ressentir un tout ptit peu, tout ce qui se vit dans le monde se vit aussi en nous, en chacun de nos coeurs. Car le même et seul et unique coeur qui fait boum boum. Chacun(e) de nous porte le monde entier en lui, en elle.

On a beau tenté de se divertir et de se changer les idées, reste que si l’on reste humain(e), la situation actuelle ne peut que nous affecter profondément. L’humanité en prend pour son rhume, sa grippe et tous les Covid, Sras et virus du monde en ce moment. Notre monde fait de la fièvre.

Le simple fait de demeurer un(e) humain(e) ressentant en ce moment exige une grande dose d’humanité.

J’allais écrire : j’aimerais pouvoir me dissocier de toute la souffrance du monde en ce moment, mais ce n’est pas juste, ce n’est pas vrai. Car on ne peut pas faire ça, on ne doit pas faire ça. Il faut apprendre à vivre avec cette souffrance internationale, à la laisser nous rentrer dedans, nous animer et faire battre notre coeur. Car c’est notre monde.

On doit apprendre et ré-apprendre à se sentir faire partie de tout ce qui se passe dans le monde. On doit concevoir, chacun pour soi, comment contribuer à soulager le monde (et sa misère) de ses conflits, sa folie, ses différences. Accepter l’inacceptable, et continuer à garder espoir, continuer à garder son coeur ouvert, brûlant, battant.

Car d’une certaine façon, tous les conflits du monde vivent dans chacun de nos coeurs.

S’il doit y avoir la paix dans le monde,
Il doit y avoir la paix dans les nations.
Pour que la paix règne parmi les nations,
Il faut que la paix règne dans les villes.
Pour que la paix règne dans les villes,
Il doit y avoir la paix entre voisins.
Pour qu’il y ait la paix entre voisins,
Il doit y avoir la paix dans la maison.
Pour qu’il y ait la paix dans la maison,
Il doit y avoir la paix dans le cœur…
~ Lao-Tseu ~

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english

Thank you Mr Leo. These days I find it difficult to be human. So much inhumanity, so much madness. Yesterday I wanted to run to my roof to get away from it all, to shovel before the rain, and all day long I thought about them. Children, mothers, innocent people.

Oh, I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the Israeli people as a whole who lost 1,200 of their inhabitants in an act of rare barbarity on October 7. As well as the families of the hostages still prisoners.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the people of Gaza who have nothing left to lose, and nowhere to go, but too many of them, despite everything, are still losing their lives every day, their dignity, without even having the bare minimum. Open-air prison. Live on TV. In our faces.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the Ukrainian people at the start of another winter, that we are forgetting after almost two years of war.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of so many other human beings who are struggling, physically, morally, mentally and emotionally.

But no matter how much I think, and try to understand even if understanding doesn’t solve anything, and feel just a little bit, everything that is experienced in the world is also experienced in us, in each of our hearts. Because the same and one and only heart that goes boom boom. Each of us carries the whole world within ourselves, within ourselves.

No matter how much we try to have fun and take our minds off things, the fact remains that if we remain human, the current situation can only affect us deeply. Humanity is suffering from its colds, its flu and all the Covid, SARS and viruses in the world at the moment. Our world is in fever.

Simply remaining a feeling human in this moment requires a large dose of humanity.

I was going to write: I wish I could dissociate myself from all the suffering in the world right now, but it’s not fair, it’s not true. Because we can’t do that, we shouldn’t do that. We must learn to live with this international suffering, to let it enter us, animate us and make our hearts beat. Because this is our world.

We must learn and re-learn to feel part of everything that is happening in the world. We must design, each for ourselves, how to help relieve the world (and its misery) of its conflicts, its madness, its differences. Accept the unacceptable, and continue to keep hope, continue to keep your heart open, burning, beating.

Because in a way, all the conflicts in the world live in each of our hearts.


If there is to be peace in the world,
There must be peace in the nations.
If there is to be peace in the nations,
There must be peace in the cities.
If there is to be peace in the cities,
There must be peace between neighbors.
If there is to be peace between neighbors,
There must be peace in the home.
If there is to be peace in the home,
There must be peace in the heart…
~ Lao-Tse ~

PLONGÉE EN SOI

Vous ne pouvez rencontrer les autres qu’avec la profondeur avec laquelle vous êtes rencontré(e) vous-même.

Assez clair. Dans un sens, le monde extérieur n’existe que dans la mesure de notre expérience de soi.

Ou dit autrement:

Aujourd’hui je vais ignorer la folie du monde pour quelques heures et je vais aller pelleter mes toits. Question de visiter les profondeurs.

Parfois, il est trop difficile de savoir que pendant qu’on vit en paix ici, des humains – nos frères et soeurs, nos pères et nos mères, dont des enfants, vieillards, travailleurs humanitaires, des malades même – reçoivent des bombes sur la tête. Des gens reçoivent des bombes un peu partout sur la terre. Pendant que d’autres en lancent en invoquant l’auto-défense. Trop dur à comprendre pour ma ptite tête de peanut.

Alors aujourd’hui, je vais décrocher et aller m’occuper de mon petit monde, en gardant au coeur la misère du monde. En investiguant mon empathie comme mon impuissance. Et mon incompréhension du vaste monde. Et équilibrer toute cette souffrance et la folie humaine avec l’innocence de cette bordée de blanc qui nous est tombée sur la tête, et les toits.

Peace and love please.

INSTASE

Je ne sais pas si elle est toujours meilleure dans ce cas, mais je constate qu’avec les fenêtres ouvertes sur le monde des réseaux, plusieurs personnes vivent maintenant surtout en dehors d’eux et elles-mêmes.

Photos de repas, selfies, photos de face et de profil, photos de voyages, vidéos, etc… Ça circule en masse le quotidien ordinaire. En quelques années, c’est comme si nous étions sortis de nous-mêmes. Du moins, une certaine proportion du grand nous. Le monde branché. On vit en dehors de soi.

Et ce réflexe de vivre en dehors de soi, de se montrer aux autres, de vivre en surface et en image, me semble nous avoir déconnecté d’une partie de nous-même. Du moins en partie. Je reconnais en moi le réflexe de vouloir partager dès que je trouve quelque chose beau. Mais ce faisant, je perds ma capacité de prendre le temps d’apprécier pour moi tout d’abord. De vivre en moi, en circuit fermé, ou limité du moins.

De mon côté, j’aime partager des espaces de silence et de musique avec quelques ami(e)s. Avec les années, on dirait que je préfère la communion à la communication. Avec les années, on dirait aussi qu’on apprécie de plus en plus la solitude.

Il est primordial pour moi de prendre du temps à chaque jour pour fermer mes yeux et mes oreilles, pour décrocher et sortir du virtuel. Pour plonger dans le réel de mon corps, de mon être, de l’incarnation. Chilling em carne.

Même si en vivant ici dans les bois, je vois peu de monde, et peu du monde en dehors de mon écran à part la nature environnante, il est essentiel de ne pas me perdre à-travers mes yeux. Car tout ce qui passe par les écrans implique initialement les yeux, la tête, le mental. On vit beaucoup par là ces temps-ci. Ce qui nous amène à vivre surtout dans le haut de notre corps. Nos pieds ne touchent plus beaucoup à terre.

Me semble qu’on doit réapprendre à occuper davantage la totalité de notre corps en bougeant, en respirant de l’air frais, en communiant dans le silence avec les arbres et la vraie vie. Car quelque chose d’extrêmement artificiel dans la vie qui passe par les écrans. Pas mal en soi, mais insuffisante.

Extase: État dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible.

On utilise généralement le terme extase comme un qualificatif désignant un état positif, magnifique, flabbergastant. Mais le terme signifie également qu’on se trouve en dehors de soi, à l’extérieur de soi. État à l’extérieur de soi.

Et si on visait davantage l’instase, cette connexion si profonde avec soi-même avant celle avec le reste du monde qu’elle nous relierait par le fait même au monde entier, à tout l’univers, mais prenant racine en soi.

On dit que le local contient l’international. Ainsi si on développait une relation si profonde avec la totalité de notre être, peut-être qu’on aurait accès au monde entier en à partir de soi. Sinon on risque de se perdre dans ce vaste monde. Trop d’information, trop de source de divertissement, trop d’opinions.

Occupons tout d’abord notre corps. Et ensuite on pourra s’extasier. Et réapprenons un peu à apprécier la beauté en circuit fermé.

PTITS BOUTS D’ÂMES DU GRAND ESPRIT

L’âme qui anime notre corps est mûe par le même esprit vivant qui régit l’Univers.

Je ne sais pas si elle est réellement de lui celle-ci mais elle résonne bien dans mon ptit bout d’âme à moi. Petits bouts d’âmes distincts, mûs par le même grand esprit. À l’image d’ordinateurs distincts qui canalisent les mêmes ondes. Chaque petit poste diffusant la même grande vie différemment, à sa saveur, avec ses propres valeurs qui relèvent de notre genre, de notre éducation, de notre place dans la société et de tant d’autres éléments issus de notre personnalité, caractère, tempérament.

Nous sommes tous et toutes différents, mais chacun(e) fabriqué(e)s à partir de la même matière, du même stuff de vie. Comme on dit, nous sommes tous et toutes uniques, comme chacun(e) des autres êtres humains. Et pas si différent(e)s des animaux non plus. Même que certain(e)s semblent plus proches de certaines plantes.

Chacun chacune son son ptit bout de monde, son petit bout de route, ses propres entrées et sorties, sur la même grande autoroute commune. Certain(e)s roulent en bolides super rapides, full shinnant, d’autres marchent lentement sur le bord du chemin. Par choix ou par obligation, à nous de voir comment on veut ou peut le concevoir.

Mais peu importe qu’on roule en Porshe ou en Lada, en bécyc ou à pied sur l’autoroute de la vie, il en revient à chacun chacune de prendre soin de sa propre mécanique comme de la vitesse à laquelle on veut et peut rouler. Et quelles routes on veut prendre. Ou quitter.

Anyway, on s’en va tous à la même place, nulle part, ici, maintenant.

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Nous sommes des vases communicants. Nous ne sommes pas, comme la société veut nous le faire croire, enferrés dans notre individualité. (…) En vérité, nous sommes tous reliés les uns aux autres, très différents en superficie, mais quand on rejoint la nappe phréatique, il n’y en a plus qu’une. Quand on descend à la profondeur requise, on déclenche un phénomène de résonance et tout le monde se souvient.

– Christine Singer via Jean Gagliardi

HAPPY APRÈS ?

Si on veut être heureux/ses, on doit tout d’abord laisser tomber notre conception du bonheur.
– Thich Nhat Hanh

Si justes ces mots. En effet, si on pense savoir ce qu’est le bonheur, ce que ça devrait être, probablement qu’on ne le sera jamais. Car le bonheur ça ne s’invente pas. Ou au contraire, c’est toujours à ré-inventer. À chaque jour.

Cette citation me ramène d’ailleurs à la distinction entre la joie et le bonheur.

On dit que la joie est quelque chose sans cause ni raison, que c’est intérieur, une façon d’être, une attitude, une disposition, une façon de voir la vie, avec soi dedans. Quelque chose de plus permanent. Genre une émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience.

Alors que le bonheur serait davantage lié à des conditions extérieures, temporaires, changeantes, alternant avec le malheur si les conditions viennent qu’à changer.

Mais en même temps, que des mots et les deux peuvent aussi s’équivaloir.

Mais peut-être que l’on doit tout simplement arrêter de vouloir toujours être heureux, car ça risque de rendre malheureux ça. Ou revoir nos valeurs et modifier nos attentes, pour finalement ne vouloir que ce qui est.

LUMIÈRE LUMIÈRE

Ceci, très chère, est le plus grand défi dans le fait d’être vivant(e): être témoin de l’injustice de ce monde et ne pas la laisser éteindre ta lumière.

Car on ne veut pas devenir cynique, sarcastique, ni caustique right ?

Non plus triste, défaitiste, pessimiste ni découragé devant les grands défis de la vie. En particulier nous qui sommes parmi les privilégié(e)s des privilégié(e)s. Un peu gênant de même penser se plaindre me semble.

On veut pouvoir continuer à vivre dans la lumière, à voir la beauté, à se senti léger/ère, sans nier toutefois que la vie peut être – ou sembler – injuste, inégale, ingrate pour certain(e)s.

Car plusieurs personnes vivent des drames au quotidien. Pour diverses raisons. Apparentes ou invisibles. Pour certain(e)s, notamment ceux et celles qui vivent dans les rues, on constate aisément leur difficile réalité quotidienne.

Mais on ne connait pas le monde intérieur des gens qui, malgré des conditions qui semblent privilégiées, vivent une grande souffrance intérieure.

Ces temps-ci, on dirait que, plus que jamais auparavant, les injustices sont flagrantes. Ou peut-être est-ce notre intolérance à l’injustice qui grandit.

Malgré cela, pas vraiment le choix de garder le moral devant l’adversité et les conditions de vie difficiles.

Ainsi, plutôt que de pogner les nerfs devant ce que l’on voit et observe dans notre monde qui nous fait tant réagir, et devenir soit en christ ou down, l’idée est probablement d’apprendre à observer ce que les diverses sources d’injustice font monter en nous. Car comme le dit Tolle, plutôt que de s’identifier à nos pensées et à nos émotions, développons la capacité de voir et de sentir que nous sommes la conscience derrière celles-ci.

Souvent plus facile à dire qu’à faire. Mais c’est quand on s’y perd, quand on oublie et qu’on réagit, ce qui est inévitable, qu’on peut revenir au témoin.

Alors le monde devient un superbe miroir pour identifier tout ce qui n’est pas en paix en soi. Pour revenir à la lumière qui éclaire soi comme le monde, comme au silence qui se trouve au centre de soi.

Car comme le dit Osho ci-bas, le centre est sans bruit, donc la raison pour laquelle on peut entendre les sons, car un son ne peut entendre un autre son. Le centre est silence absolu.

OCÉANIQUE

Le silence est un océan, la parole une rivière. Quand l’océan te cherche, ne marche pas dans la rivière. Écoute l’océan. – Rumi

J’adore ces mots, qu’ils soient de Rumi ou pas. Car on lui en attribue plusieurs qui ne seraient pas nécessairement de lui ce pauvre Rumi.

De nos jours, nous nageons dans les mots. Full blabla out there. Qui finissent par prendre beaucoup de place en nous. En fait, nous sommes submergés par les mots, envahis, noyés dans les mots, et les images, fixes ou qui bougent. Réelles ou de synthèse. Les apparences sont de plus en plus trompeuses. Beaucoup beaucoup de bruits, comme d’écrans, de fumée et de buée.

Des reportages, des memes, des opinions, des commentaires, des vidéos. Souvent de plus en plus simplistes, partiels, biaisés ou désobligeants. Souvent de plus en plus arrangés par les gars des vues, et de algorithmes. Notre monde se retrécit, s’obtrue et s’obtue.

Certains disent que les mots nous unissent. Mais d’expérience, je pense que les mots nous éloignent plus qu’ils nous unissent. Car tant de langages différents, tant d’interprétations diverses des mêmes mots des mêmes langues, tant de philosophies contradictoires qui se manifestent par des actions opposées, tant de compréhensions diverses de multiples concepts qui veulent tous dire la même chose mais qui finissent par se contredire, ou à peu près.

Si les mots sont des rivières qui mènent vers la mer, pourquoi ne pas voguer directement sur les flots bleus du silence ?

C’est donc ce que je ferai aujourd’hui. Me la fermerai.

J’arrête donc ici pour le moment et partage avec vous mon notre mer à tous/tes.

En ces temps de lune pleine. Et de neige.

Qui peut être aussi chanceux ? Celui/celle qui vient au lac pour l’eau et y trouve la réflexion de la lune.

ACCEPTER L’INACCEPTABLE

Toute l’eau de la mer ne peut couler un navire sans qu’elle ne pénètre à l’intérieur. De la même façon, toute la négativité du monde ne peut te déprimer à moins que tu ne la laisse entrer en toi.

Récemment, en ce novembre toujours confrontant pour le moral, je me suis vu me laisser affecté par l’état du monde. Notamment par les images de barbarie et de guerre impliquant des enfants et des innocents au Moyen-Orient, en particulier celles des bébés prématurés que l’on devait transportés afin d’éviter qu’ils ne soient atteints par les bombes. Il me semble ne pas exister grand chose de pire que cela en terme d’inhumanité, autant du côté des bombardants que de ceux qui les utilisent comme boucliers – et je ne prétends connaître la vérité quant à la situation.

Mais je me surprend aussi à me laisser être irrité aussi par de plus petites décisions publiques d’injustice sur le plan local également, notamment les 2 games de hockey à 7 million$ versés à des millionaires milliardaires des States, alors que c’est à peu près le montant qu’il manque aux banques alimentaires pour boucler l’année pour que nos concitoyen(ne)s puissent manger ici. Décisions prises par des gens qui se sont voter une hausse de salaire de 30 % alors qu’ils refusent bien moins à ceux et celles qui nous soignent et prennent soin de nos enfants. Pas facile à avaler ni digéger celle-là.

Je suis certain qu’il y a plusieurs choses que plusieurs d’entre nous considérons inacceptables et qui se déroulent devant nos yeux dans le vaste monde. Et ça, c’est seulement ce que l’on voit et entend, ce que les médias nous rapportent. Il doit y avoir pire et plus que ça.

On entend, voit, lit ou regarde ces injustices et soit on reste passif, soit on s’insurge. Et entre les deux, il y a une panoplie de nuances et de stratégies pour gérer ce que ça soulève.

Et aussi drôle que cela sonne, et c’est encore plus étrange de l’écrire peut-être, je crois que l’on doit apprendre à accepter l’inacceptable. Sinon l’inacceptable nous rentre dedans et nous fait couler, et crouler de gravité sous son poids. Ou nous rend enragé(e) à perpétuité. Au minimum, ça nous déprime, ça teinte notre humeur et ça entache notre enthousiaste, notre espoir et notre vitalité.

Avec les années qui passent, si quelques perles de sagesse se doivent être acquises, je crois que l’une des plus importante consiste à accepter de vivre avec une part d’inacceptable.

Finalement on en revient encore et toujours à la classique prière de la sérénité des AA:

Mon Dieu (ou le nom qui vous convient si le mot de 4 lettres vous fait encore tiquer)
donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer,
le courage de changer les choses que je peux

et la sagesse d’en connaître la différence

La sérénité et la paix pour apprendre à accepter TOUT ce qui se passe dan le monde – surtout ce qui nous dérange et nous met mal à l’aise – car c’est ce qui est pour le moment, même si on ne le comprend pas, mais si c’est difficile à avaler, même si c’est trop complexe pour notre ptite tête qui aime tout simplifier pour que l’on puisse penser saisir le monde dans sa grande complexité.

Et si on n’accepte pas certains faits ou situations, voyons voir ce que l’on peut faire pour soit apprendre à l’accepter quand rien ne peut être fait concrètement, ou faire quelque chose de concret – petits gestes – pour que ça change. Car on n’ira pas faire la guerre pour défendre les enfants.

Mais on peut développer la capacité d’être et agir avec un minimum – ou maximum ? – de cohérence et d’intégrité dans la mesure du possible pour rétablir ou maintenir un certain équilibre dans notre vie en lien avec les faits ou situations. Et on sait que tout équilibre est un constant état de mini déséquilibre. Donc être flexible et fluide avec la vie qui coule, et change , et bouscule parfois.

Et probablement que la 3ème partie de la prière de la sérénité est la plus tricky, la plus fine, soit de connaître la différence entre accepter les choses qu’on ne peut changer et changer les choses que l’on peut.

Une chose est certaine, on ne peut changer les gens, on ne peut que les accepter comme ils/elles sont. On peut être présent(e) pour eux/elles, on peut les écouter et leur prêter nos mains et leur ouvrir notre coeur, mais plus que ça, bon chance !

Et dans le cadre de cet apprentis/sage qui dure toute une vie, nous sommes tous et toutes égaux, apprenant nos chemins respectifs, et ensemble, pas à pas, jamais rien d’acquis, et tous et toutes égos aussi, et ça, ça ne changera pas. Qu’un habit social avec lequel on doit apprendre à jouer cette grande game sociale.

Allez, floush floush et bon dernier week-end de novembrela lumière s’en r’vient.

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En inspirant, je suis conscient qu’il y a de l’irritation en moi.
En expirant, je souris à mon irritation.
En inspirant, je suis conscient qu’il y a des soucis en moi.
En expirant, je m’occupe de mes soucis.
Notre irritation ou nos soucis sont comme notre bébé.
Nous utilisons notre respiration pour générer l’énergie de la pleine conscience afin d’accepter nos inquiétudes et nos peurs.
~ Thich Nhat Hanh

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Aimer.
Être aimé(e).
Pour ne jamais oublier notre propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indicible et à la vulgaire disparité de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Pour poursuivre la beauté jusqu’à son antre.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais la puissance.
Surtout regarder.
Pour essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et jamais, jamais oublier.
~ Arundhati Roy