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DONNER CE QUE L’ON VEUT RECEVOIR

Drôle de temps sur la terre. Des bombes, des guerres, de la peur et de la noirceur. Et on scrappe la terre même sur laquelle on vit, de laquelle on dépend. L’intelligence est de plus en plus artificielle, et la stupidité de plus en plus naturelle.

Faut croire qu’on doit laisser shiner notre lumière parce que ça s’assombrit un peu partout sur la boule.

Ici, les profs et les infirmières – des femmes en majorité – acceptent de ne pas recevoir de salaire et de protester et manifester au froid comme à la pluie pour promouvoir de meilleurs services communs pour les enfants et les malades. Et être respectées.

Pendant ce temps, plusieurs politiciens – des hommes en majorité – prétendent que ça devrait cesser pour le bien-être des enfants et des malades. Déconnectés du monde ordinaire on dirait. Je lisais récemment qu’il est impossible pour les politiciens qui ont de la richesse de développer de l’empathie pour les besoins fondamentaux des gens ordinaires car ils ne peuvent imaginer leur situation. Intéressant concept. Et études à l’appui. Par exemple, on promet 7 million$ à des milliardaire$ l’an prochain pendant qu’il manque ce même montant pour que les banques alimentaires locales bouclent l’année ici et maintenant. Qu’un exemple qui rend bien difficile de ne pas se révolter. Je me demande bien ce que l’on attend car

C’est souvent ceux qui en ont le plus qui en donnent le moins, et vice et versa. Ou s’ils donnent, ils le font en se montrant, en showant off, ou par bénéfice économique. Car souvent, ceux qui en ont le plus en veulent encore plus. Simple nature humaine. Et un peu inhumaine. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus plus plus. Jusqu’à la mort.

Si j’étais riche, je ne sais pas comment je pourrais vivre en paix et en harmonie en sachant que certains de mes concitoyen(ne)s n’ont même pas à manger, ni un toit décent. Remarquez qu’on est toujours le ou la riche d’autrui. Et quand on voyage dans le sud ou en Indes, ce sont nous les riches et les envié(e)s.

Tout un défi de tenter de comprendre notre monde comme un tout organique. Et en particulier d’accepter certains comportements qui nous révoltent.

Certains font fortune en vendant des armes aux camps des deux côtés, des agents de la mort. D’autres, à plus petite échelle, fraudent des personnes âgées. Honte à eux. Certains polluent à mort. D’autres s’évadent fiscalement à tours de bourses.

Mais une chance que d’autres, souvent dans l’ombre, font le bien. Car la majorité du monde est bon.

Alors que certains individus sont vraiment peu aimables. Pourtant, c’est surtout eux qu’on doit apprendre à aimer, à inclure dans nos prières. Eux qui en ont le plus besoin. Même si on trouve qu’ils ne le méritent pas. Car qui sommes-nous pour juger ?

On dirait qu’une certaine frange de la population, que certains individus existent pour qu’on apprennent à aimer par-dessus, à pardonner, à accepter l’inacceptable. On dirait qu’ils incarnent l’ombre pour qu’on apprenne à cultiver la lumière. Qu’on arrive à garder espoir malgré certains comportements méprisables et incompréhensibles.

Je suis de nature un jovialiste et un espérant. J’aime penser que la plupart du monde est bon et que tout le monde a besoin d’amour et de chaleur humaine, que tout le monde a un coeur. Mais de plus en plus, je me rends compte que ce n’est peut-être pas le cas pour tout le monde. Ni le coeur, ni la conscience sociale ainsi développée.

Quand je constate (ou penser le constater car nous ne sommes pas partout pour le voir de nos yeux et le vivre de nos pores) que certains tuent des enfants et des innocents, peu importe les raisons qui expliquent ces actes de barbarie, je tente de contextualiser et de comprendre que la peur peut faire faire des actes incompréhensibles. Que je pourrais peut-être faire de même dans une situation similaire.

Si j’ai besoin d’amour, je dois en donner. Et automatiquement, l’amour est là. Si j’ai besoin de paix, je dois la faire en moi et la répandre autour et de plus en plus grand. Par des actions concrètes. On doit se rendre heureux soi-même, mais que la première étape. Car on ne peut être heureux que pour soi seulement. Le bonheur doit être contagieux.

Et même si on sait que la revanche n’est pas une réponse, incontournable d’accepter que certains la veulent tout de même.

La meilleure revanche n’existe pas. Guéris, et ne deviens pas comme ceux qui t’ont blessé.

Un moment donné, au-delà des bonnes intentions, il faut prendre acte et poser des actions concrètes. C’est à cela que je réfléchirai dans les prochaines semaines car

et c’est à chacun(e) de nous de nous mettre au travail pour rendre ce monde meilleur et plus juste. Pour transformer notre révolte en révolution, en réloveution

Aho !

AINSI SOIT-IL

Le coeur tout d’abord. Ensuite seulement le reste. La paix commence par notre propre coeur. Et en principe, quand la paix règne dans le coeur, la tête devrait suivre. Et le reste aussi.

On peut faire de beaux discours, avoir de grandes idées de révolution, penser savoir ce que le monde aurait besoin. Mais les plus grandes révolutions ne peuvent que commencer dans nos coeurs. Le nôtre en particulier. Et peut-être que le monde s’embrasera ensuite. Mais ça ne peut que commencer autour de soi.

Mais pour cultiver la paix en son coeur, il faut tout d’abord arrêter, s’arrêter. Prendre le temps, et s’accepter. Se regarder. Se dire oui. Tel que nous sommes. Avec ce que l’on aime de soi, et ce que l’on aime moins. Surtout ce que l’on aime moins car ça qui a besoin de soin et d’amour.

Pas si compliqué. Et peut-être que la paix ne règnera jamais sur le monde entier car plusieurs prétendus tout puissants là-bas qui vivent de la guerre. Mais tout ce que l’on peut faire est faire de notre mieux maintenant, ici, puis de plus en plus grand autour de soi.

Dit autrement:

Sois simplement une bonne personne. Aime les gens autour de toi, aide où tu peux, et donne ce que tu peux.

CLÉ DE L’HARMONIE 

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 
Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 
Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 
Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il

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Comme disait notre amie Paule, keep the flame alive

MOI MOI MOI & DON DE SOIE

Je suis souvent surprise par le dangereux narcissisme que soutient la réthorique spirituelle qui porte autant d’attention à l’amélioration de son individualité et si peu à la pratique de l’amour au sein de la communauté.
– bell hooks

On vient de clore une grosse année pour notre petite église dans la forêt. Alors pour quelques mois on

hibernera.

Un peu du moins. Car nous sommes déjà à préparer notre voyage au Brésil pour notre pèlerinage annuel en février pour prendre part à la fabrication de notre sacré thé pour l’an prochain. Et comme on adore chanter, on continuera de jouer car comme nos travaux spirituels, chanter n’est pas vraiment du travail pour nous, vraiment pas en fait. La musique est notre pratique et nos hymnes sont nos prières. On vise l’atteinte de l’harmonie, on tend vers l’unisson.

Cette affirmation ci-haut (merci Tamara) reflète assez bien mon observation d’un certain pan de l’industrie du mieux-être et de la spiritualité, de la croissance personnelle, de l’amélioration de soi, comme celle du coaching de vie. Beaucoup d’emphase portée sur nos nombrils personnels, sur les beaux slogans, avec des memes éclairants, beaucoup de beaux mots, mais souvent vides de portée. Et pas toujours backés par des actions qui sonnent et résonnent juste. Beaucoup de beaux tatoos pour redorer les corps, pour marquer son individualité, mais pas toujours autant de remises en question de nos prropres actions.

D’autres part, certain(e)s diabolisent la religion, privilégiant plutôt la spiritualité. Mais au fond, deux mots pas si dissemblables car c’est surtout ce que l’on en fait qui importe, comment on l’incarne. Ce sont nos actions concrètes qui sont les fruits de notre réel travail intérieur. Et ce travail n’en est pas tant un d’ajout, d’acquisition, mais plutôt un travail d’allègement, de délestage.

Ça fait 40 ans que je médite, que je me gratte le nombril, que je cherche dehors – au début – comme dedans – de plus en plus.

40 ans que je marche, cours, gigue et titube sur le chemin de l’amélioration de mon petit moi juste à moi, ce petit moi qui cherche à se perdre dans le grand rien du tout.

Pour me rendre compte qu’il n’y a ni croissance personnelle, ni amélioration de soi, ni de quoi que ce soit, ni de je, ni de petit ni de grand moi. Il n’y a qu’observation. Il n’y a que la vie, ici, la vie qui passe, avec tout et nous tous et toutes dedans. Comme le temps.

Dedans, des pensées, des émotions, des sensations qui vont et viennent, et qui reviennent sans cesse, qui passent et repassent. Certaines semblables et en boucle, d’autres plus légères, plus larges, plus inclusives et plus éclairées. Plus centrées vers les autres.

Dedans, et dehors. Des formes, des guerres, des âmes et des peuples qui se cherchent, qui entrent en collision souvent car on dirait que la dualité que nous incarnons doit s’entrechoquer pour s’éveiller.

Je souligne le domaine de l’amélioration de soi, mais je pense aussi aux nombreux cercles dits de médecines, naturelles ou synthétiques, comme aux nouveaux instituts de guérison psychédélique. Me semble que tout porte sur l’individu, du moins beaucoup. Alors que le travail consiste à se sentir lié(e) et relié(e) avec le reste de la création, en commençant par nos soeurs et frères. À devenir de moins en moins et à servir autrui de plus en plus.

Et de plus en plus aussi, j’apprécie l’apport de Ram Dass au monde de la spiritualité occidentale car il était très porté sur le service communautaire et le travail humanitaire.

Souvent, les prétendus éclairé(e)s, les auto-proclamés êtres spirituels, et je m’inclus dans ce groupe de chosen few, on aime se dire conscient(e)s, mais c’est surtout de nous-mêmes et de notre bien-être dont nous sommes conscients. Le monde autour de notre nombril est relativement petit. Le cercle autour de nous très limité, trop limité. Alors que la conscience ne cherche qu’à prendre de l’ampleur, qu’à devenir une et unie.

Dans la vie on peut soit prendre et/ou donner. Si au début on a davantage tendance à prendre, un moment donné, le don de soi va de soi. Et, si doux, de la vraie soie. Ainsi soit-il.

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L’authenticité est l’alignement de la tête, de la bouche, du cœur et des pieds – penser, dire, ressentir et faire la même chose – de manière cohérente. Cela renforce la confiance, et les adeptes aiment les dirigeants en qui ils peuvent avoir confiance.
~ Lance Secretan

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P.S. J’ai un faible pour les gens qui écrivent leur nom en minuscules telle cette bell hooks. Et cette affirmation en particulier sonne une cloche et m’accroche 😉 pour AG celle-ci

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Et ci-bas, article intéressant sur les rites et les rituels. En ce temps particulièrement sensible sur la terre, utile de revenir à certains essentiels.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/803982/chronique-homo-ritualis

MES (T)ROIS MAGES

Je suis tellement chanceux, privilégié, 3 cerises royales sur mon ptit Sundae.

Il y a 3 rois mages dans ma vie. 3 personnes qui m’ont guidé chacun à leur façon, et qui le font encore. 3 hommes visionnaires, 3 forces de la nature, 3 sources d’inspiration, 3 guides d’ici et de l’au-delà. 3 présences qui veillent sur moi, en tous cas, moi je me sens sur veillé par eux.

Même si mes trois mages ont quitté leur corps, ils sont toujours aussi présents dans ma vie, peut-être même plus que lorsqu’ils étaient incarnés. Car ils ne sont plus que présence désormais, et partout. Surtout dans mon coeur, parce que je les y invitent, grand ouvert.

Et cette semaine, par hasard, ou pas, c’était leurs anniversaire à tous les 3: Veeresh, le 7, Osho le 11 et aujourd’hui, Mestre Irineu, le 15.

3 Sagittaires. Il y a peut-être quelque chose là. Ami(e)s astrologues ?

J’ai rencontré Osho en 1983 en Oregon. Dès qu’il est entré dans le hall de méditation, où nous étions des milliers, même les yeux fermés et sans savoir qu’il était présent, mon corps a été pris de secousses, je me suis mis à pleurer à chaudes larmes (ce qui a duré pendant des semaines, on and off), c’est comme si un éclair cosmique m’avait frappé. The rest is history. Osho est mon maître spirituel, my beloved master. Osho, c’est une histoire de coeur, une histoire d’amour inexplicable. Et je ne suis pas le seul. Osho a plusieurs lovers. Osho est une présence. Un éclaireur de conscience. Un grand érudit aussi.

Veeresh, lui, c’est en 1988 que je l’ai rencontré. J’étais en route pour aller voir Osho en Inde mais comme il était en transit autour du monde et que tout était incertain, j’ai décidé d’aller passer une semaine ou 2 chez Veeresh en Hollande en attente de clarté. J’y suis resté 2 ans. Et j’y serais resté pour toujours.

J’ai dû revenir au Canada pour prendre soin de ma plus vieille. Mais à mon retour, on a ouvert un centre de formation, la Humaniversity Québec, en lien avec la Humaniversity en Hollande.Et notre amitié s’est développé. Veeresh est venu 5-6 fois ici nous visiter et animer des ateliers fous fous fous. Et notre relation s’est maintenu jusqu’à son décès il y a quelques années. Ça a commencé comme celle d’une figure paternelle, puis un mentor, puis un ami. Friends forever comme il aimait si bien dire.

Veeresh se disait a man of Osho. Moi je peux me déclarer a man of Veeresh.

Il a marqué ma vie comme personne, comme celles de plusieurs personnes. Si la relation avec Osho prenait place davantage dans les hautes sphères, les enseignements de Veeresh étaient au contraire très terre à terre, dans le quotidien, nous montrant un art de vivre vrai et sincère. Veeresh était un maître Zen à sa façon. Iconoclaste, innovateur et daring comme personne d’autre que je connais ni n’ai jamais connu.

Et Mestre Irineu. Mestre pour les intimes.

Encore plus mystérieux qu’Osho et Veeresh d’une certaine façon. Plus actuel et concret aussi car le fait que je dirige un église Santo Daime aujourd’hui a tout à voir avec lui. Jamais je n’avais visualisé cela dans mon plan de carrière – chose que je n’ai jamais eu de toute façon. C’est comme si c’est lui qui dirige l’église, à-travers moi. Ici, le comme est de circonstance car tout est très étrange dans cette relation avec Mestre, si relation il y a. Peu importe le type de relation que cela peut être.

Quand je dirige les travaux (le nom de nos cérémonies), je dois rester à l’écoute, à son écoute. Car oui, en quelque sorte, c’est lui qui guide, et il me parle, du moins ça me parle. C’est lui le vrai chef d’orchestre.

Mestre a eu une vision et il a reçu une mission. Au coeur de l’Amazonie il y a de nombreuses années. Si Mestre est très masculin, un grand homme à la peau noire mesurant plus de 7 pieds vivant pieds nus, fils d’esclave, il entretient un contact direct avec la nature, et avec la nature féminine aussi. Il a reçu ses ordres de la Reine de la Forêt. C’est Elle qui lui a dicté ce qu’il devait faire.

Même si il a vécu loin d’ici, et à une autre époque, Mestre se manifeste encore concrètement ici et maintenant régulièrement. Il y a quelques années, nous étions dans une cérémonie avec des gens qui ne savaient rien de lui, ni du Santo Daime. On chantait ses hymnes et tout à coup, une femme s’est levée et a dit qu’un grand homme noir s’adressait à elle. Après la cérémonie, quand on lui a montré la photo de Mestre, à son grand étonnement, elle a confirmé que c’était lui. Bemvindo dans l’univers de Mestre !

Aussi, l’autre jour, en préparant nos 2 travaux du week-end qui vient, j’avais besoin d’inspiration car beaucoup à faire et souvent, en préparant de tels travaux, on a besoin d’une aide divine, de guidance. Alors un matin, je lui ai demandé un ptit coup de pouce – sauf que parfois il donne des coups de pied quand on demande des coups de pouce – je tombe sur ceci, (document confirmant son année de naissance car il y a longtemps eu malentendu à ce sujet):


et cette affirmation qui accompagnait l’image:
Acte original du Maître, prouvant ainsi l’année de naissance controversée 15/12/1892 🙏✡️🇧🇷
Mestre Irineu et sa nouvelle identité
On sait que Raimundo Irineu de Mattos a très tôt changé son nom en Raimundo Irineu Serra, abandonnant le nom de son père pour adopter le nom de sa mère.
Ce changement reflète probablement des tensions et une rupture avec la figure paternelle, dues à la séparation de Sancho Martinho de Mattos de Joana, abandonnant la coexistence avec ses enfants.

Clin d’oeil tu dis ? Il y a quelques années, dans un travail à notre église au Brésil justement, j’ai reçu le message que je devais changer mon nom de famille de celui de mon père (Dion) pour celui de ma mère (Supino) car il n’a jamais été très présent ni bienveillant pour la famille et aussi afin de faire vivre le nom de ma mamma italiana.

Que deux exemples du grand mystère de cet homme grand qui a vécu en Amazonie au siècle dernier et qui vit toujours aujourd’hui dans le coeur de milliers de personnes, au Brésil surtout, mais partout dans le monde aussi, dont le ptit mien ici à Vale da Vida. Quand on ouvre à Mestre, il faut lui faire beaucoup de place car il en prend. Et parfois aussi se tasser du chemin pour le laisser passer. Comme ça avec un maître.

Alors je vous ai présenté mes 3 Rois mages et sages. Qui continuent de me guider, de m’inspirer. Quand je ferme mes yeux et que je fais silence, je demande toujours leur aide. Quoi que je fasse je me demande comment eux le feraient. Mes pères spirituels et mes repères matériels.

Pas très populaire en cette ère d’individualisme de prétendre suivre (écouter serait plus juste) des maîtres, avoir un gourou, ou s’inspirer de mentors, ni même de demander conseil en fait bien souvent. On aime faire les choses à sa façon, par soi-même. Indépendance. ME, myself et ma petite personne avant tout le reste. Ego.com.

Bien sûr que nous sommes toujours les premiers responsables de notre vie, mais de nombreux sages et inspirantes personnes ont marché ce chemin avant nous et si on ouvrait un peu sur notre réceptivité, avec humilité et discernement, tant d’errements que l’on pourrait éviter. Même si les errements font inévitablement partie du chemin et de l’apprentissage.

Car il revient toujours à soi d’interpréter et d’appliquer les leçons et messages en provenance d’autrui. À partir du coeur, et dans le but de prendre soin de soi comme des autres.

Tant de gratitude en mon coeur pour ces trois êtres que j’ai eu l’immense chance de croiser, même si je n’ai jamais rencontrer Mestre de son vivant. Qu’un léger détail considérant sa magnitude.

Cette grosse semaine des 3 fêtes pour moi se conclue ce week-end avec nos deux derniers travaux dans le cadre desquels on chantera les 129 hymnes de Mestre Irineu.

Et autre petit clin d’oeil de la vie: il y a quelques années, une amie me demandait quel était la date d’anniversaire de notre petite église Santo Daime dans la forêt boréale. Sincèrement, je n’en avais aucune idée, n’ayant jamais porté attention à ce détail. Quand je suis allé voir dans mes courriels, j’ai réalisé que nous avons reçu notre exemption de la part du gouvernement du Canada pour opérer légalement notre église le 15 décembre 2018, le jour même de l’anniversaire de Mestre. Jamais 2 sans 3.

au sujet de Mestre Irineu:
https://chacruna.net/mestre-irineu-ayahuasca/


POST PENSÉE

Je pense 99 fois et je ne trouve rien. Puis j’arrête de penser, je nage dans le silence, et la vérité m’apparait.

Que ce soit Einstein ou pas, on s’en fous-tu ? Ces mots sont tellement riches de sens.

Car plus je cherche, plus je réalise que ce que je cherche vraiment, ce que je désire au plus profond de mon être ne peut être contenu dans un set de lettres, ne peut se traduire par des mots, ne peut fitter dans une conceptualisation. La vie n’est pas qu’un jeu de scrabble.

En fait, depuis plus de 40 ans, j’ai tellement cherché que je n’ai plus envie de chercher. Je me suis épuisé à chercher, notamment dans les mots. Un doctorat et quelques baccs et maîtrises m’ont amené à réaliser que les mots ne peuvent que contourner l’ultime réalité, que tourner autour du pot. La lecture de milliers de livres sur divers sujets qui m’ont bourré le crâne mais non le coeur n’ont pas étanché ma soif. L’écriture de milliers de chroniques depuis 12 ans m’ont un peu vidé la tête et renseigné sur ce qui dort en moi mais rien d’essentiel n’a été dit.

Désormais, j’ai juste envie de m’arrêter, de me la fermer et d’écouter. Envie de contempler, de voir ce qui émerge en moi quand j’observe le monde.

Envie de chanter aussi davantage que de parler. Chanter seul et avec mes ami(e)s.

Oh, parler encore un peu quand même car il le faut parfois, mais parler à partir du coeur, et parler au coeur des gens. Parler pour prendre soin, parler pour tisser un lien entre votre humanité et la mienne, celle que l’on partage, celle qui nous unit.

Continuer à écrire car j’aime la danse des mots, mais de plus en plus poétiquement. Écrire par images, par paraboles. J’aime la danse des mots qui parfois se bousculent à la sortie au bout de mes doigts pour aller prendre l’air et se manifester sur mon écran. Pour se révéler à eux-mêmes et me révéler à moi ce qui bouille en moi. Ce que je vous présente ici sans trop de censure.

Écrire non pas parler de moi, ni pour décrire ma personnalité, mon enveloppe. Non. Écrire pour trouver un chemin jusqu’à vous, jusqu’à la partie la plus intime en vous, la même qui vit en moi. Là où se cache le silence en vous, le même silence qui se cache en moi et qui me meut, m’émeut. Écrire pour me faufiler jusqu’à vous.

Comme vous, j’ai pensé et pensé sans compter depuis que j’ai développé la capacité de la faire. Des milliards de pensées en boucle. Et comme vous, je suis à arriver à ce cul-de-sac, ici, maintenant, qui nous ramène toujours inévitablement à ce silence qui englobe tous les mots, ce silence qui avale toutes les lettres de tous les langages, et dans toutes les langues de toutes les bouches.

Ce silence qui, comme la musique et la beauté, nous unit dans notre humanité partagée.

SENTIE SAGESSE

La vraie sagesse ne repose pas sur ce qui est vu, mais davantage sur ce qui est ressenti dans les profondeurs de votre être. – Lao Tzu

Et pour ressentir, il faut être en contact avec soi. Avec ses profondeurs, comme avec ses hauteurs. Mais tout en restant les deux pieds sur terre, et en laissant le souffle de vie atteindre toutes nos ombres, tous nos membres et organes. Comme observer sa pensée avec une certaine distance.

Voir et sentir surtout ce qui émerge quand on voit l’extérieur. Et réaliser que lorsqu’on regarde à l’extérieur, c’est une partie de ce qui est dans nos yeux qui est projeté sur les choses et les gens qu’on regarde. Et on dit aussi qu’on ne peut voir que ce qui est en nous, sinon on n’a aucune référence.

La vraie sagesse me semble résider davantage dans le silence que dans les mots. Malgré que notre vie soit surtout meublée de mots, qu’on les pense, les entende ou les dise.

Alors s’il nous faut les mots pour vivre, que la vraie sagesse s’y glisse entre eux et qu’elle s’insère dans le sens que ces mots tentent de convier. Que nos mots soient bons – bene dictions – et qu’ils se traduisent toujours par des actions qui les illustrent et les démontrent à soi et à autrui. Par des gestes qui prennent soin de soi, comme des autres autour, de la nature et de toute vie.

Et s’il existe une réelle sagesse, que l’on prenne le temps de la laisser émerger, qu’on lui laisse le temps et l’espace de grandir d’elle-même, sans qu’on la tire, sans qu’on la pousse ni ne la force.

Alors regardons le monde avec les yeux de notre coeur, les yeux de notre âme, de notre esprit sain, libre de croyances, de jugements et de certitude. Gardons un regard clair.

Et je nous souhaite de trouver le courage de fouiller creux creux dans nos entrailles, car cela est nécessaire, et juste, et bon. Même si pas toujours facile. Car on ne peut monter qu’aussi haut que la profondeur dans laquelle on ose se laisser descendre en soi. De toute façon, probablement ni vraiment de dedans ni de dehors, ni de haut ni de bas. Qu’une seule et même présence qui observe partout à-travers soi.

Aho ! comme en bas…

RELIANCE

Les gens me demandent parfois de quelle religion je suis. Je réponds toujours en disant un peu de toutes les religions et beaucoup d’aucune. – Osho

Les religions sont probablement l’une des principales sources de guerres et de conflits depuis le début des temps. Et une affaire de gars évidemment. Les religions comme les guerres. En fait, la plupart du trouble sur la terre est créé par les boys. Souvent que des petits gars insécures en eux-mêmes qui n’ont fait que grandir sans réellement maturer. Des ptits gars qui veulent montrer au monde qu’ils pissent plus loin que les autres. Soit par la possession, la richesse, la gloire, le prétendu pouvoir. On n’a qu’à constater les nombreux abus commis par des hommes de Dieu.

Pour faire partie d’un mouvement religieux moi-même, le Santo Daime en particulier, je découvre les apparentes contradictions entre religion et spiritualité. Entre l’application d’une doctrine et la spontanéité d’une spiritualité incarnée.

Dans nos travaux, nous faisons silence, nous prions et nous chantons. Nos prières sont des chants, des hymnes. Et l’idée consiste à s’harmoniser, à faire fondre nos voix dans une seule, dans un un seul courant vocal. Avec le bon rythme, et les bons temps. L’expression, empreinte d’écoute. Comme dans les chorales, ou personne ne sort du lot à moins d’exception intentionnelle et pratiquée. Mais l’idée général est que les voix ne deviennent qu’une. Et quand on chante, on ne peut tricher.

Nos études résident plutôt dans l’écoute que la lecture, dans le senti plutôt que dans la pensée. Et on doit tout observer sans jugement.

Le message fondamental de toutes les religions est probablement le même, soit de relier, avec le divin (yo Bliss) comme avec le coeur des humain(e)s . Et d’aimer son et sa prochain(e), de faire le bien autour de soi et de contribuer au bien du plus grand nombre.

Mais on constate aisément que la plupart des religions sont devenus des partis politiques, des agences de pouvoir, des groupes de pression avec des intérêts spécifiques. Qui divisent plus souvent qu’ils ne relient. Souvent en exigeant la soumission, en promettant le bonheur ailleurs et plus tard, quand ce n’est pas un troupeau de vierges aux fiers combattants qui tuent les infidèles. Quelle stupidité. Pas besoin de donner d’exemples parmi les principales grandes religions, c’est assez clair.

Donc comme le dit si bien Osho, oui à un peu de toutes les valeurs fondamentales de chaque religion, mais surtout rien de tout ce qu’elles ont développé de stratégiques et de corrompu au fil du temps.

Je sais pour en avoir rencontrés plusieurs au fil du temps qu’il y a des gens de bonne volonté dans toutes les religions. Que toutes les religions ne sont pas que pourries et perverses. que d’affirmer cela est trop facile et trop généralisé. La vie est full nuances.

Mais je constate aussi que la plupart des religions comportent des volets extrémistes qui sont violents et idéologues. Des groupes de combattants, ce qui va totalement à l’encontre du message d’amour et de reliance. C’est un fait évident et facile à constater, jadis comme de nos jours. Et ce sont souvent eux qui agissent le plus fort. Et qui donnent une fausse idée de la religion.

En terminant, je vous présente ici la clé de l’harmonie, une des prières que nous récitons pour ouvrir et fermer nos travaux.

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 

Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 

Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 

Je rends grâce au Père invisible (1) d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il. 

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Et ci-bas, un entretien intéressant qui illustre bien que l’on peut s’inscrire dans un courant dit religieux, et garder une distance critique et conserver l’amour et la simplicité au centre de sa pratique.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-bonheur-en-serie/segments/entrevue/368490/bonheur-spiritualite-samian-alain-crevier

S’ÉCRIRE POUR LA PEINE

Tu dois réactiver la souffrance qui vit profondément en toi et lui laisser une place pour vivre à l’extérieur de ton corps. Laisse-la vivre par les arts, Laisse-la vivre par la musique. Laisse-la être consumée en tissant des liens légers et nourissants. Ton corps n’est pas un cercueil pour y loger de la souffrance. Mets-le ailleurs.
– Ehim Ora

Depuis 2011 que j’écris entre 4 et 6 fois semaine. J’ai 2 blogues remplis de bla bla.

First thing in the morning, la plupart des matins, je m’assois à mon fidèle MacBook Pro et j’écris. C’est mon yoga, ma pratique pour faire le vide, et mettre un peu de désordre dans mes idées.

Avec la musique, et le silence partagés avec mes ami(e)s virtuels dans le cadre de nos méditations en ligne, mon tape à l’âme constitue le coeur de mes activités quotidiennes, la première le matin du moins. Avec des marches en forêt, pas mal de pelletage en hiver, et diverses communications pour les activités de notre petite église dans la forêt et de notre CLUB MÉDitation.

Ma vie est relativement simple. Simpliste même. Volontairement. En compagnie de ma voisine d’amour, parfois ensemble et souvent côte à côte, j’aime vivre ma vinaigrette tout simplement.

J’ai pas mal trotté le globe jadis et désormais, je ressens moins le besoin de déplacer mon corps all around ces temps-ci. En fait, je sors d’ici en moyenne une fois par semaine, pour aller chercher nos légumes bios au village et faire quelques courses. Avec quelques voyages en ville chaque année pour aller voir mes filles pour leurs anniversaires, ainsi qu’un voyage annuel au Brésil pour aller fabriquer notre thé sacré et le ramener. Cette année, gros luxe, deux voyages en Arizona chez mon ami Gordon. Mais probablement l’exception qui confirmera la règle.

Désormais je vis petit, en circuit fermé, à petite échelle. Je fais dring dring wow wow parfois, je fais tape tape le matin sur mon clavier, et je marche mes bois. Une fois par deux semaines, mes ami(e)s d’église viennent ici pour chanter et partager le silence.

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écris. Comme une pulsion, un instinct. Ça se fait un peu tout seul. Peu de gens me lisent et c’est bien ainsi. Pas tant besoin d’avoir trop d’yeux sur mes mots. Je vous sais là chers quelques lecteurs/trices.

Est-ce que j’écris pour faire sortir le méchant ?

Pour transformer de vieilles blessures ?

Peut-être. Je ne sais pas si on peut parler de guérison ou de transformation, mais je sais que ça me fait du bien, que ça sort encore, et toujours. Jusqu’à preuve du contraire.

J’écris parce que ça coule, parce que ça sort. Peut-être ai-je besoin d’aller au-delà des mots à-travers eux ?

C’est le bis mort qui allume et nourrit mon feu.

Ces temps-ci, j’écris pour découvrir ce qui en moi se cache en lien avec toutes ces guerres extérieures. Toute l’injustice , l’horreur que je vois, l’impuissance que je ressens. J’ai besoin de mettre en mots ces maux du monde qui vivent en moi, qui passent à-travers mon corps.

Mais chose certaine, j’apprécie tout autant le silence que mon bla bla. Et la musique. Peu importe la raison. Le simple plaisir de vivre ainsi et aussi simplement me suffit.

J’écris peut-être un peu pour la peine, mais j’écris surtout pour la joie.

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Un ami m’a fait parvenir le message ci-bas hier. Beau clin d’oeil qui me dit que je ne suis pas seul à taper ainsi compulsivement au quotidien. Un frère des mots.

I write a lot. Daily. It is a moving, healing grace for me as I start my days. I am blogging, writing essays, and working slowly on my first book. And I often questioned why I needed to write so much from an early age. My deep desire to connect with others arose in that inquiry. Being « on the spectrum » was always hard to communicate through spoken words, so writing gave me the safe outlet I needed. Well, I thought it was safe…

For years, I was terrified to share my writings. Who will read? Is there any actual value in what I write? What if people do not like my writing? Also, as an avid reader and a major in philosophy, I always found « other writers » writings much better than mine.

There were many layers of shame, unworthiness, and fear of breaking into a place of deep vulnerability. Like any artist, I see my writing as a naked photo of myself and more vulnerability from my heart and soul.

As someone who has dealt with the shame of neurodiversity, often misunderstood, still to this day, and also bullied at school for my nerdiness, the opinion of « others » was never always safe nor kind, and created a long-term silent depression that took me years to understand and live peacefully with. No one knew about those terrifying experiences until I could write about them. No spoken word would come out, but the pages were flooded with words…

I often acknowledge, as I see it in full display daily, the violence of the world for those who are different, misunderstood, and not conforming. We are in the epic time of individualism where every opinion is legions, speaking is loud, but listening without an immediate thought is rarely present. In collective trauma, we cannot hear with our hearts but only see the world and the words through the lenses of an often dysregulated nervous system.

When I started to share my writings, the silence of my « friends » never supporting my writing was intimidating and hurtful. This writing process asked me to go deeper into my healing and what was projected, seen, received, and perceived so I could get more free into my weaving of words. But there were also the « silent words » ushered to others, making fun of my writings. Indeed, those hurt more; I am deeply human, after all. I felt disappointed and betrayed.

It is when I often remember to keep daring greatly. So, I kept writing and sharing again and again. In the beautiful words of Brene Brown: « If you are not in the arena getting your ass kicked on occasion, I am not interested in or open to your feedback. There are a million cheap seats in the world today filled with people who will never be brave with their own lives but will spend every ounce of energy they have hurling advice and judgment at those of us trying to dare greatly. Their only contributions are criticism, cynicism, and fear-mongering. If you’re criticizing from a place where you’re not also putting yourself on the line, I’m not interested in your feedback. »

Over the years, I learned to go beyond any desire for feedback and could finally write from a place of truth beyond any expectations from myself and others. It was also the process of finding my authentic voice, freed from the conditioning and expectations of the world, and seeing what my heart wanted to truly see beyond my mind’s narrow and robust filters.

It was when some magical messages came to me from the 4 corners of the earth. People I had never met and did not know were starting to reach out. And their messages, as they continue to come, really shifted how I related to my writing. What they were sharing was how my words, this one phrase they quoted, changed their life, took them out of depression, healed their pain, helped them battle depression, made them feel seen, cured their addiction, repaired their broken heart, soothe their grief, made them understand their mind, made them feel normal when the whole world rejected them, and so much more…

There were so many messages of kindness and love from the strangers who became my guiding light and most profound proof that the words in my heart had meaning, power, and deep value not only for me but for a few others scattered in faraway lands in lives there were now sharing with me. The words were like the spider web, catching the vibrations and callings of those in need while allowing me to connect beyond myself to the power of words and the great web of humanity.

And yet, to this day, when I write, I only write for that one person who might need to read those words. One is enough; one is everything.

As I started to delve more over the past 20 years into ancient wisdom, time with elders, ceremonies, and the ancient healing arts of plants, rituals, and shamanism, I realized my song, my most profound medicine, was very much in the depth of my words.

Word not only as the messengers of my love and truth but words as vibrational sentient beings who travel in the deepest part of the soul, magicians, and surgeons of life, true angels in disguise who, once freed from my inner world, could travel in unknown places, do their own work, without my control or perception of them.

I have always had a hard time singing for those who know me. For various reasons, there is still a blockage to this day, and despite being deeply aware of it, the resistance and intense emotional response when asked to do so is constantly shaking me to my core. In a ceremony this past year, I asked the master plant, « Why? Why cannot I sing?. » Her answer was profound and direct: « You sing through your writing; you are an amazing singer. » This answer struck me profoundly and opened a deeper acceptance of my gifts.

Why am I sharing all this with you? I am sharing this journey of personal discovery, healing, and transformation in the deep desire and hope that this will touch your soul so profoundly that whatever medicine you carry, art that wants to be birthed will open the gateway of Creation in you. You will trust to drop the resistance, break the spells of shame and unworthiness, and let your gift be witnessed and welcomed into this world. I sincerely pray for this.

Without freeing the gifts sent from heaven to your soul, we will miss the most unique and beautiful piece of this puzzle of humanity we are building together. So please join me… join the symphony of life. Create. Share.

Do not control the desire to create; this is the core of life’s desires.

Constant re-creation. Constant expansion. Constant connection.

And I want you to know that in me, your gift will always be received with gratitude, blessings, and love.

Dare greatly,

Angell Deer

You can find my writing at www.thesanctuaryheal.com/blog

LE FEU DU MONDE

Les enfants sont tous les nôtres, chacun et chacune d’entre eux et elles, partout sur la terre; et je commence à penser que quiconque est incapable de reconnaître ce fait est incapable de sens moral. – James Baldwin

Je ne suis pas en paix ces temps-ci. Aux dires de certains, on ne devrait jamais laisser les événements extérieurs nous déranger, nous déstabiliser. En principe, dans l’absolu, j’approuve et je seconde.

Mais le seul fait de savoir – et penser, et imaginer – que chaque jour, depuis le 7 octobre dernier mais depuis bien plus longtemps avant cela aussi, des milliers d’enfants – comme des gens âgés et tant d’innocents – sont massacrés me rend très inconfortable. Inconfortable, mal à l’aise, perturbé, de bien faibles mots pour illustrer ce malaise existentiel.

Tout d’abord, ce fut le massacre horrible du Hamas perpétré contre des Israéliens, dont de nombreux jeunes, enfants et familles, et depuis il tombe des salves de bombes sur le peuple de Gaza. Sous nos yeux presque, via les caméras. Même des enfants prématurés sont visés, l’ultime inhumanité à mes yeux. Les attaques israéliennes sur des innocent(e)s sont aussi affreuses que le fait que le Hamas se cache parmi la population civile et l’utilise comme écran.

Bien sûr qu’il y a un contexte spécifique que nous ne saisissons pas complètement. Bien sûr que la situation est complexe et qu’elle dure depuis des années, dizaines, centaines, milliers même. Bien sûr que chacun peut justifier ses actions. et malheureusement, d’autres humains seront encore persécutés et assassinés.

Et bien sûr aussi que nous ne sommes pas sur place. Une chance, un privilège de vivre en paix, ici. Nous ne sommes que des témoins passifs de ce grand massacre à ciel ouvert. Mais le même ciel. Tandis que de nombreuses autres scènes d’horreur prennent place sur terre sans qu’on nous les rapporte, ni qu’on veuille les voir. Malgré que nous sommes ici en sécurité, nous ressentons tout de même une grande dose d’impuissance.

On dirait bien que le monde brûle en ce moment, le monde est en feu. Sur plusieurs plans.

Quelle folie nous, humains, créons sur terre. Quel chaos. Tout ce que nous pouvons faire, en tant qu’observateurs/trices, est de constater cette folie et tenter de la concevoir dans sa globalité sans la nier, sans la juger, sans l’intellectualiser. Plutôt la sentir, la ressentir, la laisser nous atteindre au coeur, et la laisser passer en nous, à-travers nous. C’est la grâce dont nous jouissons. S’y relier, à distance et avec empathie pour ceux et celles qui la subissent, sans la laisser nous détruire.

Et parallèlement à toute cette horreur et cette immoralité, on ne doit pas oublier qu’il se passe quotidiennement d’autre part de nombreux gestes de bonté, d’humanité, de bravoure. Que le monde recèle aussi tant de beauté. Beauté qui rend la laideur encore plus affreuse et pénible car on voit ce que le monde pourrait être, devrait être. Mais n’est pas. Pas encore.

Devant nous se dresse le monde dans toutes ses nuances dans toute sa cruauté comme dans toute sa bonté. Et devant ce monde qui brûle – peut-être brûle-t-il pour se purifier ? on ne peut que laisser brûler notre petite flamme en notre coeur. Et respirer en ce petit bout du monde en nous toute la souffrance du plus grand monde, du plus grand nombre, et la laisser se consumer, tout en expirant l’amour, la foi et la compassion.

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Le feu de l’esprit – lui donner une matière à brûler

Le bois que l’on utilise pour faire du feu est appelé du bois mort. Ces branches ternes, noires, tordues, le feu les transforme en lumière, en chaleur, en énergie. 

Vous direz : « Nous savons cela, mais en quoi ces branches nous concernent-elles ? » 

Elles vous concernent parce que, symboliquement, elles existent aussi en vous. 

En vous aussi, vous avez accumulé du bois mort qui n’attend que d’être brûlé.

Toutes les tendances égoïstes, passionnelles, toutes les manifestations de votre nature inférieure sont comme du bois mort. 

Faites-les brûler au feu de l’esprit, au feu de l’amour divin, et elles aussi produiront lumière, chaleur et vie.

Le feu nous enseigne qu’il y a partout une matière à brûler.

Regardez encore : dans les églises on allume des bougies et des cierges. 

S’ils servaient seulement à l’éclairage, depuis la découverte de l’électricité ils n’auraient plus d’utilité. 

Mais puisqu’un tel rite a été conservé, il est bon d’en approfondir le sens : à l’image de cette cire qui se consume pour entretenir la flamme, nous aussi nous devons brûler une matière en nous afin d’entretenir notre lumière intérieure.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov

LE TEMPS QUI PASSE, ET NOUS AVEC LUI

Ces temps-ci, je mesure le temps qui passe. Surtout celui qui a passé. Quant à celui à venir, personne n’en sait rien. Alors que maintenant. Et un tout ptit peu d’avent dans le calendrier.

C’est par et dans le corps que le temps se mesure. Notre corps est l’échelle du temps qui a passé. Et je constate que plusieurs de mes ami(e)s font ce même constat autour de moi. Certain(e)s ami(e)s sont dans la cinquantaine, d’autres comme moi dans la soixantaine, certain(e)s ont le corps dans les septantes, ou s’en approchent, d’autres flirtent même avec les octantes.

Peu importe notre âge, nous sommes toujours plus vieux qu’on a jamais été auparavant. Et peu importe notre âge actuel, nous sommes toujours plus vieux que certain(e)s, et plus jeunes que d’autres. Ainsi va la vie, avec nous dedans. Le temps nous passe dessus et dedans. Bien relatif tout ça. Même si on dit souvent que l’âge ne compte pas, ce qui est tout à fait vrai, c’est plus nous qui le comptons, le corps nous rappelle parfois que c’est aussi un peu relatif que le temps ne compte pas. Surtout quand il coopère moins qu’avant, ou différemment. Plus lentement. Quand le corps flétrit, l’âme doit s’éveiller, s’élever, se vivifier.

Mais il y a certains de ces moments où l’on réalise plus concrètement que notre corps vieillit, que plus d’eau a passé sous le pont qu’il en reste à venir. D’ailleurs plusieurs ponts et digues en sont de bons exemples ces jours-ci.

Et cela, loin d’être triste ou déprimant, constitue une stimulante réalisation. Ça nous inspire à vivre tout ce temps qui reste (même si on dit qu’il n’existe pas) avec toute l’énergie qu’il nous reste, toute notre totalité, et squeezer tous le jus qu’il nous reste dans la clémentine, le pamplemousse, l’orange ou le citron, c’est selon les jours, et la forme.

En vieillissant, on apprend à mieux gérer son énergie. Mon plus récent pelletage de toits vient de m’en donner une claire démonstration. Avec l’âge qui roule, rien ne change tout à fait, mais on doit diminuer ses attentes, faire des pauses et étirer la charge de travail. Ce que l’on perd en vitalité on le récupère en sagesse.

L’autre jour, je suis tombé sur la photo ci-haut et le temps m’a rentré dans le dash tout d’un coup sans que je m’en rende compte. Loin d’être nostalgique de ces jeunes et fofolles années, je réalise que l’on s’enrichit de la somme de nos expériences. Qu’on doit aussi laisser aller car sinon on traîne trop lourd. Et que peu importe le temps qu’il nous reste devant, le fait qu’il en reste moins que derrière ne fait qu’épicer le moment présent. Le passé donne une valeur ajoutée au moment présent comme pourraient dire les économistes, et le rend d’autant plus précieux car on sait l’apprécier davantage.

Ci-bas, un texte qui a résonné dans mon coeur ce matin.

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Dans le dernier quart de la vie

Plusieurs d’entre nous sommes dans le dernier quart de notre vie et je partage ces mots sans parti pris politique, religieux, ni de nationalité. Que de douces pensées :

Vous savez, le temps a tendance à vous surprendre quant à la vitesse à laquelle il passe. J’ai l’impression que c’était hier que j’étais jeune et prêt à commencer la vie d’adulte. Et d’une certaine manière, j’ai l’impression qu’il y a de cela une éternité, et je me demande où sont passées les années. Je sais que je les ai tous vécues. Je me souviens de tous mes espoirs et mes rêves. Je me souviens des projets que j’avais faits. Et du coup, me voilà au dernier trimestre.

Comment suis-je arrivé ici si vite ?
Où sont passées les années et où est passée ma jeunesse ?

Je me souviens avoir regardé des personnes âgées en pensant combien de temps il me faudrait pour arriver là où elles sont. Que je suis encore dans ma jeunesse, que j’ai de nombreuses années devant moi. À cette époque, je ne pouvais même pas imaginer être là où je suis aujourd’hui. Et pourtant, me voilà.

Plusieurs de mes amis sont à la retraite, certains ont les cheveux gris, ils bougent plus lentement qu’avant et quand je les regarde, je vois des personnes plus âgées. Certains sont dans un meilleur état et d’autres dans un pire état que moi. Mais je vois une évidente différence. Ce ne sont plus des amis jeunes, insouciants et pleins de vie.
Tout comme moi, l’âge se voit. Et nous sommes maintenant les personnes âgées que nous regardions et nous pensions que c’était encore loin de nous.

Je trouve que ces jours-ci, prendre une douche a des conséquences néfastes sur ma respiration et mon niveau d’énergie. Et une sieste l’après-midi n’est pas seulement un régal, c’est devenu une nécessité. Et si je ne le fais pas, je me retrouve à dormir sur la même chaise sur laquelle j’ai commencé à lire ou à regarder la télévision.

Maintenant, je suis entré dans cette nouvelle saison de ma vie, totalement non préparé à l’inconfort, aux douleurs, à la perte d’énergie, de force et de capacité à faire ce que je pouvais jadis, mais parfois je ne l’ai pas fait. Au moins, je sais que, même si je suis dans le dernier trimestre et que je n’ai aucune idée de la durée de ce trimestre, lorsque mon séjour sur terre sera terminé, une nouvelle aventure m’attendra aussi (plausiblement).

Oui, j’ai fait certaines choses que j’aurais aimé ne jamais faire. Pourtant, je suis tellement reconnaissant pour ce que j’ai fait. Tout cela se déroule dans une seule vie.
Et si vous n’en êtes pas encore au dernier trimestre, je tiens à vous rappeler que ça arrive plus vite que vous ne pouvez l’anticiper. Faites les choses que vous souhaitez encore faire le plus tôt possible. Ne procrastinez pas. La vie passe si vite. Faites aujourd’hui ce que vous pouvez.

Il n’y a aucune certitude pour la suite des choses. Vivez pour aujourd’hui. Pour l’instant.

Dites les mots à ceux et celles que vous aimez. Souvent. J’espère que certains apprécieront ce que vous avez fait pour eux. Et s’ils ne le font pas, ce n’est pas grave non plus. La vie est vraiment un cadeau. Soyez simplement heureux. C’est littéralement votre choix.

Et n’oubliez pas que la santé est un privilège, et non un droit, pas l’or ou l’argent, une propriété ou un solde bancaire. Vous pensez peut-être que sortir est ce qu’il y a de mieux, croyez-moi, rentrer à la maison est mieux. Vous pouvez oublier des noms et ce n’est pas grave, car certains ont déjà oublié qu’ils vous connaissent. Les choses qui vous tenaient à cœur auparavant risquent de vous désintéresser. Si vous vous endormez dans votre chaise préférée, restez-y.

Vieillir est merveilleux. C’est confortable. C’est une étape chargée de souvenirs dont on ne se lasse jamais. C’est un trésor absolu.

Prends soin de toi.

Et le moment que nous attendions est enfin arrivé, il m’a fallu pas mal d’heures pour trouver les mots justes.

– Sébastien Mateo