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UNE ROSE EST UNE ROSE EST UNE ROSE

Vous êtes êtes en amour avec les étiquettes et non avec la vérité. – Krishnamurti

Pour débuter et éclairer les propos de cette chronique, une petite histoire d’Allan Watts traduite en français par votre humble chroniqueur.

Qu’est-ce que c’est ?
C’est une rose.
Mais « une rose » n’est qu’un bruit.
Qu’est-ce qu’un bruit ?
Un bruit est un impact des ondes aériennes sur le tympan.
Alors une rose est un impact des ondes sur le tympan ?
Non, une rose est une rose… est une rose est une rose est une rose.
..

Les définitions consistent simplement à établir une correspondance entre des groupes de données sensorielles et des bruits, mais comme les bruits sont des données sensorielles, la tentative est finalement circulaire. Le monde réel qui fournit à la fois ces données et les organes permettant de les détecter reste insondablement mystérieux.

Correspondance ou torsade de réalité dans notre connu ? La question se pose. Car plutôt que de voir la vie telle quelle, sans filtre ni jugement, soit on fait rentrer – fitter – la grande vie dans une des ptites boîtes qu’on pense connaître, soit on projette sur l’extérieur notre réalité intérieure. Si notre morceau de puzzle ne fitte pas, on peut toujours essayer de le gosser et le forcer dans la réalité.

Ah ce monde dit du réel. Celui au-dessus – ou au-delà et en-deça c’est selon – des concepts comme de nos sens avec lesquels on peut percevoir le monde et les choses. Ces deux mots de 5-6 lettres qu’on ne peut ramener ni à quelque chose, ni même à rien.

Ah la Vérité, avec un petit ou un GRAND V. LA Vérité, ou ma vérité. Ou ce que je considère comme telle.

Vu de notre point de vue, il n’existerait rien dans l’absolu. L’arbre qui tombe en forêt fait peut-être un certain bruit, un son certain, mais si on ne n’y trouve pas pour l’entendre, ce dit bruit sera émis mais passera inaperçu. Les oiseaux l’entendent-ils ?

Encore Krishnamurti: Nous ne sommes rien, mais ça on ne peut le concevoir, alors nous nous forgeons des images «à-propos» de nous-même.

Il y a beaucoup de vie imperceptible à nos sens limités dans les vastes espaces au-dessus de nos têtes. Comme dans certaines têtes d’ailleurs mais ceci est une autre de drôle histoire. Beaucoup de vie en dehors de soi, comme en soi. Des milliards d’interactions chimiques et neurologiques à chaque instant desquels nous sommes plus ou moins conscients, habituellement moins que plus.

En tant qu’humains normalement constitués, nous en sommes réduits à ramener l’infini, le mystère et l’imperceptible à soi par des concepts, des sens, des mots et des étiquettes, des enchaînements de quelques lettres qui n’ont rien à voir avec le phénomène en question. À-propos de tout au plus. Mais on aime penser inventer des réponses au mystère.

On pense savoir mais au fond, que sait-on ? Que sait-on vraiment ? je veux dire. Qu’on ne sait pas, et même ça, on pense le savoir mais on ignore combien on l’ignore. Une autre tentative circulaire qui se mord la queue. Car dès qu’on pense savoir, on ne sait pas, on ne sait plus.

Alors comment décrire le parfum de la rose ? Grattez l’écran ?

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Une rose est une rose est une rose.…

Si on veut absolument savoir et apprendre, à la Jung maintenant : Apprenez toutes les théories, maîtrisez toutes les techniques, mais quand vous touchez une âme humaine, ne soyez qu’une autre âme humaine.

Humain(e)s ignorant(e)s.

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Dans une fabrique de biscuits, différents biscuits sont cuits en forme d’animaux, de voitures, de personnes et d’avions. Ils ont tous des noms et des formes différents, mais ils sont tous fabriqués à partir de la même pâte et ont tous le même goût.

De la même manière, toutes choses dans l’univers – le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les rivières, les gens, etc. – ont des noms et des formes différents, mais elles sont toutes constituées de la même substance. L’univers est organisé en paires d’opposés : la lumière et les ténèbres, l’homme et la femme, le son et le silence, le bien et le mal. Mais tous ces contraires sont réciproques, car ils sont constitués de la même substance. Leurs noms et leurs formes sont différents, mais leur substance est la même. Les noms et les formes sont créés par votre pensée.

Si vous ne pensez pas et n’avez aucun attachement au nom et à la forme, alors toute substance est une. Votre esprit d’ignorance coupe toute réflexion. C’est votre substance. La substance de ce bâton Zen et votre propre substance sont les mêmes. Vous êtes ce bâton ; ce bâton, c’est toi.

– Zen Master Seung Sahn

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Le non manifesté est sans mouvement.
Où se trouve-t-il ?
Réfléchissez bien à ce point.
Par un frémissement du non manifesté, une infime maya est créée.
Vous êtes éternellement non manifesté par nature.
La conscience implique une individualité. Ce qui connaît la conscience est le non manifesté.
Quand soudainement vous accédez à « Je suis », cela vous fascine. C’est la même chose que l’amour.
Votre conscience a été créée à travers l’ignorance. Ceci est la maya primordiale.
Soyez libre du besoin de la conscience pendant qu’elle est encore dans le corps.
Le monde bouge par la force du verbe. A l’intérieur du principe non manifesté émerge la sensation d’être.
À l’intérieur de cela, le monde est créé. Dans le monde, il y a le chaos.
Qui est antérieur à cela ?
N’est-il pas toujours là, Celui qui connaît ceci ?
Cela qui connaît le monde est antérieur au monde.
Le véritable repos vient quand la mémoire du « je suis ceci, cela » arrive à sa fin.
Reste la véritable nature, antérieure à la mémoire.

– Nisargadatta Maharaj

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Les causes ne sont pas extérieures à toi.
La cause fondamentale est en toi – mais tu regardes toujours à l’extérieur, tu demandes toujours :
Qui me rend malheureux ?
Qui est la cause de ma colère ?
Qui est la cause de mon angoisse ?
Et si tu regardes dehors, tu passeras à côté.
Ferme simplement les yeux et regarde toujours à l’intérieur.
La source de toute misère, colère, angoisse, est cachée en toi, dans ton ego.
Et si tu trouves la source, il sera facile de la dépasser.
Si tu peux voir que c’est ton propre ego qui ça te pose problème, tu préféreras le laisser tomber – parce que personne ne peut porter la source de la misère s’il la comprend.
Et rappelles-toi, il n’est pas nécessaire d’abandonner l’ego.
Tu ne peux pas le laisser tomber.
Si tu essaies de l’abandonner, tu atteindras à nouveau un certain ego subtil qui dit : « Je suis devenu humble ».
N’essaies pas d’être humble.
C’est encore une fois l’ego caché – mais il n’est pas mort.
N’essaies pas d’être humble.
Personne ne peut essayer prétendre l’humilité, et personne ne peut créer l’humilité par ses propres efforts – non.

Quand l’ego n’existe plus, une humilité vient à toi. Ce n’est pas une création. C’est l’ombre du véritable centre.
Et une personne vraiment humble n’est ni humble ni égoïste.
Elle est tout simplement simple et ne se rend même pas compte qu’elle est humble.
Si tu penses que tu es humble, l’ego est là.
Regarde les humbles….
Il y a des millions de personnes qui pensent qu’elles sont très humbles. Elles s’inclinent très bas, mais surveille-les : ce sont les égoïstes les plus subtils. Désormais, l’humilité est leur source de nourriture. Elles disent : « Je suis humble », puis vous regardent et attendent que vous les appréciiez.
« Vous êtes vraiment humble », voudraient-ils que vous disiez. « En fait, vous êtes l’homme le plus humble du monde ; personne n’est aussi humble que vous. » Ensuite, voyez le sourire qui apparaît sur leurs visages.
Qu’est-ce que l’ego ? L’ego est une hiérarchie qui dit :
« Personne n’est comme moi. » Il peut se nourrir d’humilité –
« Personne n’est comme moi, je suis la personne la plus humble. »
– Osho


PAS LE TEMPS TOUT LE TEMPS

Le temps en tant que tel n’existe pas, n’existe plutôt que la totalité des résultats générés par tous les phénomènes cosmiques présents en un lieu donné. – Gurdjieff

Ce matin, pas de texte cohérent ni unifié autour d’un même thème ou d’un même meme. Non ce matin, toutes sortes de bribes variées, salades de bribes, de mots des autres ramassés et commentés, en vrac et en verve.

Premièrement autour du concept de temps. Ce temps qui, même s’il n’existe pas, ce temps dont l’on manque tant tant la vie va vite désormais. Ce temps que l’on prend pour les gens et les choses que l’on aime, ou pas assez, pas assez souvent. Ce temps qui serait pour Gurdjieff la totalité des résultats générés par tous les phénomènes cosmiques présents en un lieu donné. On va y penser Mr Georges, on va y penser.

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Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.
~ Gaston Bachelard via Alain

Mais souvent, le temps n’est qu’un instant justement. Instant tanné. Réalité relative resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants. Que c’est beau. Et abstrait.

Ce temps qui coule dans le sablier quand tout roule et déboule, ou qu’on se prend dans les dents de l’engrenage quand on rage ou qu’on nage.

Pas le temps pour certaines choses, tout le temps pour d’autres. Choisir.

Car de toute façon, ni la religion ni la psychologie ni la philosophie ne fixent ni n’expliquent le grand rien.

Mais la vie est-elle un problème ou un mystère ? Tout est dans la perception.

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I do not manage – I simply allow things to be.
– Osho

Osho est mon best. Tant de ses mots qui font sens et que je res/sens dans ma tête comme dans mon coeur. En effet, rien à gérer, qu’à laisser les choses de la vie être. Et observer. Oh on peut bien penser qu’on en contrôle un ptit bout si on veut, c’est le même prix. Mais really ?

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Et surtout, regardez avec des yeux scintillants le monde autour de vous, car les plus grands secrets sont toujours cachés dans les endroits les plus improbables. Ceux qui ne croient pas à la magie ne la trouveront jamais.
~ Roald Dahl

Ces quelques mots aussi ce matin restent en moi. Il faut croire pour le voir ou le voir pour finir par y croire ?

Encore la perception. Car comment on veut ou l’on peut voir le monde déterminera clairement notre positionnement en ce dit monde trop souvent mis en mots. Certains aiment le penser illusion, notamment parce que d’autres l’ont déclaré, mais est-ce le cas ? Vérité ou conséquences. Nos histoires, même si on les sait n’être qu’histoires, nous ont quand même modelé(e)s, se sont formées en soi. Alors sans se prendre au sérieux, prenons-nous avec sincérité.

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La vérité est le point d’équilibre de deux contradictions.
– Proverbe chinois via MF

J’avoue que celle-ci continue de me tourner en tête comme certains vins en bouche. Car ils sont nombreux à prétendre à la vérité, avec un petit v ou avec un GRAND. Mais si elle n’est que le point d’équilibre de deux contradictions, se situe-t-elle entre les deux ou les inclue-t-elle tous les deux ?

Je continuerai à laisser rouler et à goûter et je vous revient si une bribe de Vérité quelconque se révèle, ou une bulle à mon cerveau lent.

Ou peut-être que je resterai pris dans les contradictions, ou que je perdrai l’équilibre et irai rejoindre Humpty Dumpty.

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L’espoir, c’est une touche d’humour, et la grâce, quoi qu’il advienne.
La capacité de rire, de voir le ridicule, de ne pas excessivement se crisper quand les choses deviennent impossibles.
La capacité de faire face.
Dans n’importe quelle situation.
Du cran.
Disons : le rire à travers les flammes.
De l’humour, des tripes et du courage.
Quelles que soient nos chances.
On peut toujours faire face.

– Charles Bukowski

Cell-ci se passe presque de commentaires car elle dit tout. Humour et grâce, tout est dit en si peu de mots. Le monde est en feu, continuons à rire. Mais n’oublions pas ceux et celles qui brûlent. Ce sont nos frères et nos soeurs.

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Avant qu’il y ait de la clarté,
Tout est vu à travers un trou de serrure.
Après qu’il y ait de la clarté,
La porte a été retirée.
– Wu Hsin

À la Zen. Peu de mots, et pas de cadre non plus. De porte ou théorique.

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Je n’ai plus de projet personnel et cette absence de projection me permet de sentir les courants de l’existence, les mouvements.
Au lieu de chercher ce qui est bien pour moi, ce que je dois faire de ma vie, de me poser la question : « Qu’est-ce qui sera mieux demain ? »

je reviens à maintenant, je regarde ce qui émerge dans mon cœur à l’instant.
J’écoute.
Je n’écoute pas ce qui est mieux pour moi : j’ai compris une fois pour toutes que ce qui est mieux pour moi est ce qui arrive, ce qui est inévitable.
J’écoute.
Je deviens une caisse de résonance pour l’inévitable…
Quand je suis à l’écoute, je ne demande plus rien à la société.
Au contraire, selon mes compétences, je fais ce que je peux pour l’environnement. Je remplis mon rôle avec mes modestes moyens. C’est à chacun selon ses capacités. Je ne suis ni plus, ni moins. Je suis exactement comme je suis.

– Eric Baret

Allo ? J’écoute.

OMBRES LUMINEUSES & LUMIÈRES OMBRAGÉES

Quand on fuit son ombre, on se fuit soi-même. Ce n’est pas que lumière là-dedans, de ça on peut en être certain(e)s. Et cette ombre que l’on tente tant de fuir ne disparait pas. Elle ne fait qu’attendre, elle se cache derrière au prochain coin de rue et nous rappelle constamment qu’elle veut être vue. Pas pour nous faire souffrir, simplement parce qu’elle veut que nous guérissions, que nous grandissions. Nos ombres ne sont pas notre ennemi, c’est plutôt notre résistance qui l’est. - Jeff Brown

Ombre et lumière. Ombres et lumières.

Avec Bonny & Clyde, Harold & Maude et Ti-Gus et Ti-Mousse (désolé pour les plus jeunes), l’un des couples les plus fameux de l’histoire. En fait, Dieu et Satan seraient deux autres noms pour les désigner. Comme conscience et inconscience.

Comme la vie et la mort qui sont indissociables l’une de l’autre, qui sont auto-inclusives.

Il est naturel de chercher la lumière et de craindre et de fuir l’ombre, la noirceur. Humain. Mais on dit que les deux vivent main dans la main, qu’elles dansent ensemble constamment. Que l’ombre vient inévitablement de la lumière et que la lumière est indispensable pour qu’il y ait de l’ombre.

En fait ces deux compagnes indissociables sont aussi inévitables que les deux côtés d’une même médaille. La base même de notre dualité humaine. On aurait beau vouloir qu’il n’y en ait qu’une seule, ça n’empêche pas qu’il y en ait deux. Aussi bien se mettre le nez dedans et regarder et voir, comprendre, sentir de quoi est faite cette sombre ombre.

Bien souvent, elle n’est probablement rien d’autre qu’un refus de regarder, d’accepter, de dire oui à ce qui est. Comme l’inconscience n’est probablement rien d’autre que de la conscience qui n’a pas encore été explorée, mise en lumière. Tout jardin n’aura été qu’au début champs en friche. Ça prend du soin soin.

Si on peut simplement s’ouvrir à regarder et accepter en soi tout ce qui mérite observation, probablement que toute ombre finira pas être consumée par la lumière. Et en tant qu’humain(e), à peu près personne n’y échappe. Comme l’humanité dans son ensemble pour qui l’histoire aura été en grande partie sombre. Espérons que nous en route vers la lumière. Car l’ombre dépasse pas mal ces temps-ci.

Osons aller explorer là où l’eau est trouble, remuer les fonds marins. Là s’y cachent des perles. Bien sûr on n’a pas besoin de courrir après le trouble, mais s’il se présente à nous, faisons-lui face et regardons, prenons notre. Souvent là qu’on y puise nos plus grande forces. Comme le dit Roosevelt, une mer toujours calme n’a jamais rendu le marin habile.

Osons danser avec nos chaînes pour qu’elles deviennent nos alliées plutôt qu’un peur inconnue qui limite toutes nos actions.

Péché & vertu, blanc & noir, Ding & Dong et Yin & Yang.

Partout, des couples extrêmes qu’on peut considérer opposés ou complémentaires.

À nous d’y voir. Et de tendre vers le centre, vers le mou en soi qui voit tout et ne juge rien.

Et peut-être que la vie vient avec un dimmer. Cherchons le bouton.

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La conscience est la seule vertu, et l’inconscience le seul péché.
– Osho

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LE MILIEU SACRÉ
Vous pouvez être ancré et paisible ET dire votre vérité avec clarté et passion.
Vous pouvez être compatissant et généreux ET avoir des limites solides qui vous protègent, vous, vos finances, vos énergies, votre corps, votre cœur.
Vous pouvez comprendre les autres et voir leur traumatisme ET dénoncer des comportements inconscients, défensifs et méchants.
Vous pouvez écouter les autres avec ouverture et respect ET être profondément en désaccord avec ce qu’ils ont à dire.
Vous pouvez être profondément présent ET être curieux du passé, du futur, de l’histoire, du récit, de la nature même de l’esprit lui-même.
Vous pouvez être spirituellement éveillé ET être un être humain vulnérable, ouvert, imparfait et profondément sensible.
Vous pouvez être divin ET vous pouvez être merveilleusement humain.
Vous pouvez garder TOUS ces paradoxes et contradictions apparentes dans votre cœur géant.
C’est la maturité spirituelle, la capacité de vivre dans le milieu sacré.
-Jeff Foster

VIVRE ENTRE ET AVEC LES EXTRÊMES

Tour d’abord, ce vidéo pour nous remonter le moral et nous donner de l’énergie. Car aussi ça la vie, la musique, la danse, la créativité. Aussi. Parfois. Souvent.

On vient de passer le plus sombre bout de l’année. La lumière s’en revient. Et comme on dit, Janvier a été une année difficile mais on a passé à-travers. Ou lui qui nous a traversé peut-être ? Ça dépend des janviers. Celui-ci fut quand même relativement doux so far. Mais on ne se plaindra pas le ventre plein hein ? Et viva février !

Nous vivons dans un monde d’extrêmes. Entre la beauté et l’horreur. Entre l’opulence et la famine. Entre la paix et la guerre. Entre le génie créatif et la folie meurtrière. Entre le mieux et le pire, le bon et le moins. L’ombre, la lumière et toutes les nuances d’ombres.

Nous avons la chance et le grand privilège d’être du bon côté des choses, ou de la force pour les fans de Star War, du côté de la paix en tous cas. La paix extérieure car certain(e)s ont la guerre en eux et elles. Pensées vers vous. Et drapeau blanc.

Alors d’ici, à partir de et les deux pieds dans notre aisance de vivre, n’oublions pas ceux et celles qui subissent, ceux et celles de l’autre côté. Car ce côté est aussi en nous et il est si vite arrivé. Nous portons tout en nous. Comme disait Raoul, toutt est dans toutt, et en nous itou. You and me too.

Il y a la Palestine, et en même temps, et juste à côté, le peuple Israélien, qui vit en relative opulence, mais qui est détesté et menacé de toute part autour. Armés jusqu’aux dents, mais la peur au ventre et l’insécurité omniprésente, jusque dans l’âme probablement. Toujours au moins deux côtés aux gens et aux choses. Et sûrement beaucoup plus.

Il y a les milliardaires, ceux qui ne savent même pas compter jusqu’au bout de leur fortune, et qui ont viscéralement peur de tout perdre. Car ça arrivera éventuellement. Inévitablement. Corps compris. En leur souhaitant qu’ils ne perdent pas leur âme auparavant. Et au pire ainsi soit-il.

Il y a les mendiants, qui vivent au jour le jour et à la petite semaine, dans la rue et sur les trottoirs. Et entre les craques surtout. Les deux pieds dans la marge. À la recherche du prochain repas, de la prochaine bouteille, du prochain hit pour ne plus sentir, pour moins sentir le dur au coeur du mou. Ne plus sentir le ouch pour un ptit bout. Pour oublier un peu l’inoubliable et retrouver un brin de dignité. un ptit bout de sens de vie.

Il y a le peuple, la masse, soit ce que l’on aime faire de ces milliards d’humains quand le monde devient trop complexe et la réalité trop difficile à saisir. On le réduit en moutons, en troupeaux, tas, un gros tas humain. Nous et eux.

Quand, au fond, que des milliards de corps et d’âme qui les habitent. Des pères et des mères, des fils et des filles de bonne et de moins bonne familles. Des humain(e)s. Comme chacun(e) de nous. Comme moi, comme toi, comme nous tous et toutes, nous autres.

Il y a le passé, horrible et superbe, et l’avenir, menaçant et prometteur. Il y a l’intelligence artificielle, et la stupidité toute naturelle de certain(e)s humain(e)s.

Et il y a ce moment. Celui-ci, non celui-là car l’autre est déjà passé. Ce moment qui passe, toujours, inévitablement, inexorablement. Ce moment qui fuit, toujours. Qui glisse, qui coule et s’écoule dans l’engrenage le grand sablier du temps qui n’existe pas, pas vraiment si on a perdu sa montre surtout, mais qui s’écoule tout de même. Qu’on l’écoute alors ce temps qui passe. Mais faut prendre le temps, et long long d’écouter le chant du temps.

La vie qui coule, passe, s’éclipse. Devant nous, en soi, moi et toi, en chacun(e) de nous. Et nous qui coule avec. Parfois flottant, parfois surfant, parfois nageant à contre-courant.

Je parlais récemment avec des ami(e)s, en préparation d’un voyage à venir, un voyage de groupe qui promet intensité et grandes révélations. Et je disais que malgré la promesse d’une multitude de WOW à venir, la possibilité de l’intensité à venir pouvait aussi s’avérer difficile et ardue à digérer par moments. Car qui ne risque rien ne vit rien right ?

Et je pouvais sentir cette résistance à même seulement évoquer de potentiels passages plus ardus. Afin de ne pas programmer le défi à venir, surtout ne pas le nommer. Ne même pas le considérer.

Pourtant, la vie n’est pas que jardin de roses chose. La vie est aussi parfois dure, ardue, difficile, tough comme le yable. Et on doit apprendre à faire avec. À lui faire face, à la r’garder dans les yeux et parfois même se battre avec. À danser avec ses ombres jusqu’à la lumière. Aussi ça la vie.

Pourtant dans une société en déclin à plusieurs niveaux, dans un environnement bafoué et menacé, dans un monde en guerre en tant d’endroits, où s’affichent sur les réseaux photos de repas opulents, alors qu’une partie de l’humanité n’a même pas le strict minimum à se mettre en bouche ou sous la dent, même pas à boire, et se trouve bombardée à chaque jour, on ne veut surtout pas même évoquer du bout de l’imagination le moins beau, le difficile, l’éprouvant. De peur de l’attirer, de peur de l’attraper, ou se faire attraper.

Mais c’est peut-être justement en se préparant au pire qu’on crée le meilleur. Et comme on dit en anglais: hope for the best but expect the worst. Et quelque part entre les deux, il y a la vie. Avec nous dedans. Et parfois un peu dehors.

Et ici-bas, pour équilibrer la beauté musicale ci-haut, osons tenter de comprendre une facette du moins beau.

LA VIE QUI VEUT SE DIRE

Entre ce qui est dit et ce que l’on tente de convier et ce que l’on tente de convier et non dit, une grosse part de l’amour se perd. - Khalil Gibran

Ces paroles touchent à l’essence de la vie. Du moins au coeur de nos rapports humains.

Je suis persuadé qu’au fond du coeur de tout être humain repose une profonde source d’amour. De l’amour à recevoir, comme à donner. Au coeur de tout enfant qui nait se trouve un profond besoin de contact, de sécurité, de chaleur humaine. Et puis il y a la vie. Et la parole qui constitue notre moyen de communiquer ce besoin d’amour et de proximité. Souvent là que ça se gâte.

D’ailleurs, en ce sens, cette fameuse phrase de Bernard Werber :
Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous avez envie d’entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous comprenez…
il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même.

Oui essayons quand même. Puisque nous sommes encore ici, nous n’avons pas vraiment le choix d’au moins continuer à essayer. Si non pour soi, pour nos enfants, pour ceux et celles qui suivent. Comme pour ceux et celles qui nous ont ouvert le chemin.

À moins d’avoir déjà abandonné, de ne plus porter d’espoir au coeur. De ne plus vouloir tenter ni faire l’effort.

Oh, parfois bien sûr on se décourage. Parfois on ne sait plus. Ni quoi faire, ni où aller, ni quoi dire.

Parfois, avant de commencer chronique, je ne sais pas. Puis les mots finissent par couler. Parfois lentement, parfois avec gêne et hésitation. Parfois adroitement, parfois moins.

Avec des mots, communication. Sans mots, communion.

Mais toujours une certaine source de vie se met à couler, à jaillir, à se remettre en mouvement. Et ça revient. Même si on ne dit pas toujours la bonne chose, avec précision et exactitude, on peut au moins commencer à communiquer.

Et avec la bonne disposition au coeur, la vie ne peut que suivre son cours et poursuivre sa longue marche vers la lumière. On dit que toute ombre tend à chercher la lumière. Comme on dit aussi que toute lumière est attirée par l’ombre qu’elle produit inévitablement. Je ne sais pas si la vie fait sens, s’il y a un sens. Mais tout ce que l’on peut faire est de prendre le prochain pas.

Un pas à la fois, chaque pas dans la foi.

Alors entre tout ce que l’on dit et que l’on tente de convier et ce que l’on tente de convier mais qu’on ne peut ni ne sait dire, pour cette part d’amour perdu, vivons, osons, aimons quand même.

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Je sais, tu n’as jamais eu l’intention d’être dans ce monde.
Mais tu es quand même dedans.
Alors pourquoi ne pas commencer immédiatement.
Je veux dire, en faire partie.
Il y a tellement de choses à admirer, à pleurer.
Et pour écrire de la musique ou des poèmes.
Bénis les pieds qui te font aller et venir.
Bénis les yeux et les oreilles qui écoutent.
Bénis la langue, merveille du goût.
Bénis le toucher.
On pourrait vivre cent ans, ça arrive. Ou non.
Je parle depuis de nombreuses années, rien de tout cela, je pense, que j’ai jamais gaspillé.
As-tu besoin d’un projet ?
As-tu besoin d’un peu d’obscurité pour avancer ?
Alors laisse-moi être aussi urgent qu’un couteau, et je te rappelle Keats,
si unique dans son but et dans sa réflexion, pendant un moment, il a eu toute une vie. ~Marie Oliver

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N’oublie jamais que tu es vivant(e), que la vie est une offrande, qu’elle te porte et que la lumière est en toi.
– Françoise Nallet

ET VIVRE LA COMPAGNIE

Choisis des gens qui te choisissent avec une intention claire. – J. Mike Fields

Drôle d’affirmation que celle-ci. Elle se mord un peu la queue en fait. Pléonamisque.

Car si les gens nous choisissent avec une intention claire, pas besoin de les choisir, la vie s’en charge et a déjà choisi. Et même chose de l’autre côté du miroir, si on les choisit avec une intention claire. Reste seulement à préciser la clarté de l’intention. Et on sait que c’est là que loge le diable. Et la confusion.

Quand on chemine en couple, ou en groupe, l’entente doit être claire, précise, et réciproque. Et se reclarifier régulièrement. Car la vie change. Comme le monde, comme les gens. Comme les relations.

Ces temps-ci, je ressens un irrépressible besoin de m’entourer de gens engagés, totalement clair(e)s qu’ils et elles veulent s’engager dans un projet commun, être présent(e)s, impliqué(e)s et s’impliquer.

Comme je suis le chargé de ce projet, le porteur comme dit mon ami Ravi, à moi d’être clair sur la direction visée, comme sur le processus. Car comme on dit, tout est dans la manière.

Mais au final, la priorité est clairement…

L’AMITIÉ À DOUX PRIX

À mesure que l’amitié grandit, les conflits deviennent de plus en plus inévitables. Parce que plus nos coeurs se rapprochent, plus le nombre de déclencheurs s’accroit. Et vous ne pouvez réellement connaître quelqu’un jusqu’à ce que vous n’allumiez vos feux respectifs. Parce que vous ne saurez pas si une relation est solide tant qu’elle n’a pas été testée par un conflit. Et lorsque cela se produit, on doit choisir: s’en aller ou affronter la situation dans un effort de solidifier la relation. Le conflit n’est pas une menace à la relation, au contraire, c’est plutôt la peur de la confrontation. – Jeff Brown

Il est toujours confrontant et un brin apeurant d’affronter nos différends, d’oser exprimer notre vérité quand une situation le requiert. En particulier avec nos ami(e)s. En fait, il n’y a probablement pas d’amitié réelle sans conflits, car l’amitié est une job de bras, et de coeurs ouverts qui se construit sur du long terme, qui doit même se conquérir si on se fie à Simone de Beauvoir :

Entre les individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit définitivement se conquérir.

J’ai eu la chance d’étudier et de travailler longtemps avec Veeresh, le maître des friendship talks. Une voie ardue, mais payante sur le plan humain. Qui consiste à exprimer ce qui vit dans nos coeurs, à oser confronter nos propres peurs face à autrui, en particulier ceux et celles à qui on tient le plus. Car soit on tient tête, soit on ouvre son coeur et ses tripes et on se déballe l’âme.

Je ne compte plus les fois où je me suis assis en tête à tête avec quelqu’un(e) pour clarifier. Pas pour accuser, pas pour jeter le blâme, ni avoir raison, simplement pour clarifier. Car lorsqu’une relation est problématique, c’est toujours les deux moitiés de la relation qui portent une part du noeud, comme une part de la solution. Alors il faut dénouer, faire de l’air, permettre de respirer ensemble.

J’avoue que parfois, je préférerais fermer la shoppe ou ne pas être toujours – ou la plupart du temps – celui qui initie le contact en vue d’une ré/solution. Mais comme nous enseignait Veeresh: the one with the most awareness is the one who needs to lead. Du moins c’est ce que j’ai compris et ce que je tente d’appliquer. Parfois facilement, parfois moins. Mais toujours essayer, dans la mesure du possible.

Quand on tient à quelqu’un, on lui doit franchise, sincérité et honnêteté, ce qui n’est pas toujours facile à mettre en application, en pratique. Mais avec de la pratique justement, c’est un art qui s’acquiert. Et toujours, cela allège notre coeur et garde notre âme limpide.

Car on dit que les relations sont le miroir de l’âme. Ou sont-ce plutôt nos yeux ? Je vois dit l’aveugle.

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De la souffrance naît la sensibilité, dont nait l’intelligence.
Tout le monde parle de savoir-vivre, mais personne du savoir-souffrir.
Ce qui importe ce n’est pas le poids qui t’accable, c’est comment tu te courbes pour ne pas casser.

Ce n’est pas le bruit qui t’abasourdit, c’est comment tu écoutes les murmures du monde.
Ce n’est pas la force du vent qui t’emporte, c’est comment tu hisses tes voiles.
Ce n’est pas la hauteur des vagues qui te frappent, c’est comment tu t’y laves.
Ce n’est pas l’absence de lumière qui t’entoure, c’est comment tu chantes dans le noir.
Ce n’est pas ce que tu perds, c’est comment tu ouvres ton coeur pour la suite.

Ce n’est pas la quantité de larmes que tu verses, c’est comment tu souris en pleurant.
Ce qui importe, cher ami, ce n’est pas l’intensité du feu que tu traverses, c’est comment tu danses dans les flammes.

– Stephan Schillinger

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Rappelez-vous, si quelque chose vous fait mal, entrez dedans, sentez-le.
Il doit y avoir quelque chose de vrai là-dedans, quelque chose de réel.
Si quelque chose vous heurte, affrontez-le, approfondissez-le.
Découvrez pourquoi ça vous fait mal, et vous serez récompensé(e).
Vous grandirez grâce à ce noeud. Les mensonges sont doux ; ils ne font pas mal.
Alors méfiez-vous des doux mensonges.
Quand quelque chose ne vous fait pas de mal, cela ne peut pas devenir un élan pour la croissance; cela ne sert à rien, il ne faut pas s’en préoccuper.
Mais portez toute votre attention à tout ce qui vous fait mal, et ne vous fâchez pas.
Vous devez comprendre, être conscient, et non pas vous mettre en colère.
– Osho

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So remember, if inside your heart extremes are fighting, don’t choose.
Allow them both to be there.
Be a big house, have enough room inside.
Don’t say, ”I will have only compassion, not anger; I will have only love, not hate.”
You will be impoverished.
Have a big room; let both be there.
And there is no need to create a fight between them; there is no fight.
The fight comes from your mind, from your teachings, upbringing, conditioning.
The whole world goes on saying to you: Love. Don’t hate.
How can you love without hate ?
Jesus says, ”Love your enemies.”
And I tell you, ”Hate your lovers also” – then it becomes a complete whole.
Otherwise Jesus’ saying is incomplete.
He says, ”Love your enemies.”
You hate only; he says love also.
But the other part is missing. I tell you: Hate your friends also; hate your lovers also.
And don’t be afraid.
Then by and by you will see there is no difference between the enemy and the friend, because you hate and love the enemy and you love and hate the friend.
It will be only a question of the coin upside down or downside up.
Then the friend is the enemy and the enemy is the friend.
Then distinctions simply disappear.
Don’t create a fight inside, allow them both to be there.
They both will be needed, both will give u wings.
Only then can u fly.

❤OshO 💞🌹🙏🙏❤️‍🩹🌹

JE PENSE DONC JE SUIS

La personne pensante constitue une entité fictive, un état irréel. Il n’existe que le processus de la pensée et la somme des pensées crée le JE, le/la penseur(e). – Krishnamurti

Ou je pense donc je pense que je suis quelque chose.

J’ai souvent pensé à ça, soit que ce n’est pas vraiment moi qui pense. Ça pense tout seul. Mais que c’est en m’attachant à toutes ces pensées que j’en suis devenu à me prendre pour quelqu’un.

Il m’est en effet souvent monté à la tête que toutes ces pensées qui vont et viennent, qui passent et repassent, qui me passent dessus, dedans et à-travers, ne sont pas moi, ni de moi, ni à moi. Elles ne font que passer leur chemin, stimulés par les divers événements du quotidien, attachées après ce corps qui me porte ou que je porte, ça dépend des points de vie. Car pas mal certain que lorsqu’on meurt, on ne pense plus. Qui mourra verra. Ou pas.

Comme pour vous, ces multiples pensées qui vont et viennent à l’infini dans les confins de ma conscience, comme des bulles qui me poppent et me poppent au cerveau, n’arrêtent jamais. Même quand on dort. Sweet dreams are made of these.

Oh ! bien sûr que parfois c’est plus calme dans la boîte à idées. Et d’autres fois, je peux les regarder avec un certain détachement ces pensées, avec amusement même. Pour ça que je médite d’ailleurs. Pour prendre le temps, et la distance d’avec elles.

Évidemment que les belles pensées sont plus faciles à accueillir que les moins belles. Même si ni les unes ni les autres ne sont nôtres. Quand même, on s’attache à ces ptites bêtes-là.

On met beaucoup d’énergie vers et dans nos pensées. Certains essaient de les contrôler, d’autres s’efforcent beaucoup à les laisser passer. Car nous sommes des êtres de tête, des animaux pensants à ce que l’on dit. Même les gens les plus de coeur parmi nous vivent beaucoup en tête.

L’idée est d’apprendre à équilibrer, à répartir l’énergie dans tout le corps, à vivre 100 % incarné. Sauf les ongles 😉 Et à ne pas trop focuser sur les pensées, sans les nier sinon elles vont frapper par en arrière. Vivre et laisser vivre.

Comme le dit encore Mister K, la pensée est limitée car les expériences, la connaissance et la mémoire sont limitées et la pensée émane de ça. D’ailleurs, la mémoire est de plus en plus limitée avec l’âge, peut-être une bonne chose d’ailleurs, ça nous garde dans le moment.

Alors je vous souhaite courage, bonne chance et bonne observation dans la culture de votre jardin de pensées. Nous ne sommes que les jardiniers/ères.

DIEU DU IELLE

Dieu, mot de 4 lettres, aussi peu que 3 en anglais, probablement le plus discuté depuis le début des temps. En son nom, un nom générique en fait, on a fait des guerres, érigé des systèmes politiques tout puissants, on a fait le meilleur et le pire. Un peu de bien mais beaucoup de pire. En tous cas plusieurs des monsieurs et monseigneurs qui ont parlé et agi en son nom autour d’ici se retrouvent sur la sellette ces temps-ci. Bien bon pour eux. Et que Dieu ait leurs âmes.

Certains affirment qu’IL existe, d’autres que non. Certaines disent que c’est plutôt une ELLE. Dieu serait une Déesse.

D’autres aiment penser et disent qu’il – ou ÇA ? ou Dieu du IElle ? – nous a créé(e)s à son image, d’autres encore affirment que ce serait plutôt nous qui l’avons créé à la notre. À voir le nombre de personnages Divins qu’on vénère de parle monde avec les diver teints de peaux et style vestimentaires, j’aurai tendance à penser qu’on l’a façonné à notre manière et qu’on en fait bien ce que l’on a voulu. Sacrés farceurs ces humains.

Soit que Dieu a tout créé – mais quel bordel IElle a foutu ici-bas ! – soit que Dieu n’existe pas et que tout est notre création. Même bordel dans un cas comme dans l’autre, et même résultat catastrophique. George Carlin aimait d’ailleurs dire que si c’est Dieu qui a créé le monde, ce fut sûrement un homme pour avoir foutu un tel bordel.

En même temps, certains paysages nous redonnent foi en quelque chose de divin, peu importe comment on en nomme la source. On dit parfois que Dieu est le/la plus grand(e)s artiste.

En tous cas, s’Il a tout créé et qu’IELLE est tout puissant(e), il laisse faire de bien étranges choses en cette antichambre d’un futur paradis promis en échange de quelques sacrifices humains. Ou d’un feu infernal brûlant à tout jamais. Drôle de Dieu si le cas. Let see !

Le problème avec ce mot fourre-tout mais pas passe-partout pour tous ni toutes c’est qu’il veut autant tout et ne rien dire, il peut aussi tout et ne rien dire.

On a beau choisir d’y croire ou pas, de l’imaginer ou non, de le nier ou lui être indifférent(e), Dieu est un mot qui ne laisse personne justement indifférent.

Dieu concept, Dieu idée, Dieu modèle, name it. Mais en fait Dieu et le mot qu’on utilise pour le dire est un grand mystère plein d’inconnu et peut facilement être remplacé par les termes Vie, Univers, Existence, Grand Esprit, Néant et etc…

On peut soit le blâmer pour tout, ou lui attribuer les belles grâces. En fait, on peut en faire ce que l’on veut de ce mot. Car au final, Dieu est davantage un mot qu’autre chose.

Nietzche l’a tué, et vice et versa. Ou pas.

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Nous devons comprendre que la spiritualité n’est pas une sorte de dogme religieux ou idéologique, mais qu’elle est le domaine de la prise de conscience où nous faisons l’expérience des valeurs comme la vérité, la bonté, la beauté, l’amour, la compassion, l’intuition, la créativité, la perspicacité et l’attention focalisée.
– Deepak Chopra

Et comme il le dit lui-même si bien: Tout est sujet à interprétation. Peu importe l’interprétation qui domine en un moment donné, c’est une résultat du pouvoir et non la vérité. Amen !

DÉFIGER LA VIE

Définir signifie figer et fondamentalement, dans la vraie vie, rien n’est figé. – Alan Watts

Nous, humain(e)s, aimons définir, classer, juger, ordonner, trier, normer, nommer, numéroter, cataloguer et j’en passe. On aime faire du sens des choses de la vie, la formater pour qu’elle rentre dans les boîtes conceptuelles de notre petit mental. On aime encadrer la vie dans notre ptite tête. Et le seul équilibre qui existe n’est qu’un constant déséquilibre en perpétuel mouvement.

Et quand il n’y a aucun sens apparent, on en force un, on en impose un sur le grand chaos organique de la vie. On aime penser savoir ce qu’est la vie alors qu’elle est au-delà de tout un grand mystère. On le fait avec les choses, avec les événements, avec les gens.

On se fait une idée de ce qui est, ou pire de ce qui devrait être ou ce que l’on voudrait qui soit, on fixe cette idée dans le temps et dans l’espace, et il devient ensuite très difficile de la modifier, de lui permettre d’évoluer, de changer. elle se fige dans notre tête, comme dans notre corps.

Pourtant, bien d’accord avec ces mots de Neil Degrasse Tyson pour qui l’univers n’est aucunement tenu de faire sens pour nous.


L’univers a sa propre trajectoire, sa propre logique qui semble très wild. Quiconque s’intéresse à l’astronomie sait combien peu nous savons, et qu’on ne fait qu’effleurer le mystère du Grandiose.

On peut bien essayer de lui en imposer un, sens unique ou binaire, ou quelques-uns, ou plusieurs, ce qui revient au même si on n’inclut pas la totalité de tous les sens possibles, la vie en fera toujours à sa tête de toute façon.

La vie ne fait pas sens, elle a perdu tête depuis longtemps la vie. Ni queue ni tête la vie. Car peut-être que la vie est une histoire de coeur, de sentiments, de trippes, d’intuition, d’humanité. Des particules de conscience qui veulent grandir, s’expandre, croître.

La vie est peut-être aussi question de lumière qui cherche l’ombre. Et vice et versa. La vie est peut-être une folle danse sauvage et désordonnée entre l’ombre et la lumière. La vie s’infiltre dans l’ombre de la lumière, comme la lumière dans l’ombre. Et entre les fentes, les deux se poursuivent et dansent, s’aguichent. Peut-être. Et pour trouver un certain sens à la vie, il faut oser plonger au coeur de l’ombre, au coeur des ombres. Tout d’abord les nôtres.

Et de l’ombre, le monde extérieur comme celui de l’intérieur, nous en offre à profusion. Pas toujours facile de trouver le courage d’y plonger notre regard les yeux et le coeur grand ouverts. L’âme à vif. D’avoir l’audace de confronter le ptit bout de conscience que nous avons dans le fin fond du phare de notre âme pour tenter de voir ce qui anime le monde en soi et autour.

Observer, sans juger à première vue, sans tenter de fermer nos mains sur le grand mystère, de le réduire à nos plus simples impressions ni de mettre en bouteille l’élixir de l’insaisissable miracle de la vie.

La vie avec ses multiples beautés, avec ses drames humains et inhumains, avec ses grands questionnements, au coeur des déchirants bouleversements qui laissent tant d’humain(e)s en suspens.

Un grand voyage dans l’inconnu, dans nos corps d »humains et nos ptites têtes de peanut.

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Nous sommes sans arrêt confrontés à des séparations. La vie a une main qui plonge dans notre corps, se saisit du cœur et l’enlève. Pas une fois, mais de nombreuses fois. En échange, la vie nous donne de l’or. Seulement, nous payons cet or à un prix fou puisque nous en avons, à chaque fois, le cœur arraché vivant.

Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie. Les arrachements nous lavent. Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan. Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer.

La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil. Il reste d’une personne aimée une matière très subtile, immatérielle qu’on nommait avant, faute de mieux, sa présence.
Une note cristalline, quelque chose qui vous donnait de la joie à penser à cette personne, à la voir venir vers vous. Une note unique dont vous ne retrouverez jamais l’équivalent dans le monde.

Comme la pépite d’or trouvée au fond du tamis, ce qui reste d’une personne est éclatant. Inaltérable désormais. Alors qu’avant votre vue pouvait s’obscurcir pour des tas de raisons, toujours mauvaises (hostilités, rancœurs, etc.), là, vous reconnaissez le plus profond et le meilleur de la personne.

Toutes ces choses impondérables qui rôdent dans l’éclat d’un regard, passent par un rire, par des gestes, qui faisaient que la personne était unique, reviennent à vous par la pensée.
Mon père, mort il y a maintenant treize ans, n’arrête pas de grandir, de prendre de plus en plus de place dans ma vie. Cette croissance des gens après leur mort est très étrange.
Comme si la vie ne finissait pas, comme si elle était un livre dont aucun lecteur ne pourra jamais dire : « Ça y est, je l’ai lu. »

La vision de mon père change avec le temps, tout comme moi-même je change.
Ceux qui ont disparu mêlent leur visage au nôtre.
Nous sommes étroitement liés, souterrainement, dans une métamorphose incessante.
C’est pourquoi il est impossible de définir aussi bien la vie que la mort. On ne peut que parler d’une sorte de flux qui sans arrêt se transforme, s’assombrit puis s’éclaire de façon toujours surprenante.
La mort a beaucoup de vertus, notamment celle du réveil.
Elle nous ramène à l’essentiel, vers ce à quoi nous tenons vraiment. »

Entretien avec Christian Bobin, extrait du numéro spécial de La Vie : « Vivre le deuil »
Texte transmis par Christine Crabbe

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Vivre de manière éthique, c’est tout simplement vivre en ne pensant pas qu’à soi-même, mais en tenant compte du fait que nos actions ont des conséquences sur les autres. C’est la règle d’or : se demander comment ce serait si on était à la place de l’autre.

Chacun(e) doit réaliser qu’il n’est pas qu’un être humain parmi tant d’autres et que ma souffrance n’est en aucune manière plus importante que celle d’un autre, que ce soit un homme ou un animal.

– Peter Singer via Sol Ange

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L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieurs aux autres, mais de se débarrasser de la présomption de sa propre importance.

C’est un état de simplicité naturelle en harmonie avec votre vraie nature qui vous permet de profiter de la fraîcheur du moment présent.

L’humilité est une manière d’être, non de paraître.

– Mathieu Ricard