La plupart des gens ne veulent pas entendre ceci, mais les relations vraies qui durent requièrent une grande dose de pardon. Vous devez accepter le fait que votre partenaire n’est pas parfait.e et, inévitablement, vous blessera, vous décevra et vous dérangera. Vous devez décider si vous voulez vivre ces hauts et ces bas ensemble.
Si notre – ou nos – partenaire n’est pas parfait.e, nous blessera, nous décevra et nous dérangera, il ne faut surtout pas oublier que nous ne sommes pas parfait.e nous non plus, et qu’on le/la blessera, le/la décevra et le/la décevra nous aussi. 50-50. Au moins. Personne n’est parfait et cela est parfait ainsi. Parfaitement imparfait.e, comme imparfaitement parfait.e. Parfaite vie constituée d’imperfections.
Par partenaire, on entend bien sûr amoureux.se, ami.e.s, enfant et parents, tous les gens que l’on côtoie sur une longue période. Les gens que l’on choisit de côtoyer, comme les gens que l’on doit côtoyer. Même si toujours un choix, certains choix sont plus délicats que d’autres.
Parfois, certaines relations vont finir par finir, ou par grandement se transformer, mais il est hautement révélateur de savoir qu’une personne peut entretenir des relations à long terme. Ça en dit long sur lui ou elle.
Et en particulier, le fait de maintenir des relations qui continuent de grandir, des relations qui demeurent vivantes et évolutives, des relations grâce auxquelles on peut continuer d’être soi-même et de grandir et de respecter l’être aimé. Bien aimer quoi. Et ensemble.
Les relations sont probablement une des sphères de la vie qui nous challenge le plus.
Si on peut contrôler certaines petites choses de la vie – du moins le pense-t-on – on ne peut certainement pas contrôler aucune relation car toute relation implique une autre personne autonome et imprévisible. À certaines degrés du moins selon les personnes impliquées. Et les relations.
Être en relation sur du long terme requiert d’être capable de se remettre en question, comme de se mettre à la place de l’autre, et parfois remettre l’autre à sa place, comme soi de prendre sa place. Être capable de dire clairement ce que l’on veut exprimer, savoir ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas, et être flexible. Et savoir s’excuser.
Et quand on pardonne, on doit oublier complètement l’événement pardonné, le flusher complètement de sa mémoire vive sinon on en conservera toujours des petites miettes dans nos poches arrière invisibles. Peut-être ça le plus dur à faire finalement, de toujours vider le stock de récriminations passées. Car à un certain âge, certaines choses en soi ne changeront plus. On peut fignoler certains détails de la mémoire vive, mais le disque dur est pas mal installé.
Pardonner, oui, et en même temps, savoir mettre ses limites, en disant sa propre vérité, sans charge, à l’autre comme à soi-même. Car on porte inévitablement des zones d’ombre en soi et ces zones d’ombre vont inexorablement se révéler au cours d’une relation qui dépasse le stade de la lune de miel et du jardin de roses initial. La vraie relation débute toujours après un certain temps.
Savoir assumer ces zones est essentiel à toute relation. Quand chaque personne s’assume, et le bagage plus ou moins conscient que l’on porte inévitablement avec soi, une relation peut reposer sur la vérité et la transparence. Comme sur l’empathie et sur le soutien.
On dit que la relation fondamentale est avec soi-même et que les autres constituent toujours un miroir de soi-même. Alors les relations à long terme sont celles qui ont été les mieux nettoyées au Windex relationnel et existentiel. Et continuent de l’être. Côte à côte, ensemble et à chaque jour.
Je suis désolé.e, pardonne-moi, je t’aime, merci you who knows who.
___ Winnie l’ourson : « Bourriquet… qu’est-ce que c’est que l’amour, à ton avis ? »
Bourriquet : « Hmm. Je crois que l’amour, c’est… quand quelqu’un reste, même quand on n’est pas très aimable. »
Winnie l’ourson : « Oh. Alors je dois t’aimer beaucoup. »
Bourriquet : « Même quand je suis morose et grincheux ? »
Winnie l’ourson: « Surtout dans ce cas. L’amour ne disparaît pas juste parce que le ciel est gris. »
Bourriquet : « Et je suppose… que l’amour, c’est aussi quand quelqu’un écoute, même si on ne dit pas grand-chose. »
Winnie l’ourson : « Et quand quelqu’un se souvient de ton endroit préféré pour t’asseoir, même si tu l’as oublié toi-même. »
Bourriquet : « On dirait que tu as fait beaucoup d’amour, Winnie l’ourson. »
Winnie l’ourson : « J’appelle ça être ton ami. Mais peut-être… peut-être que c’est la même chose.»
Bourriquet : (à voix basse) « Alors j’ai de la chance. Même si je ne le ressens pas toujours. »
Winnie l’ourson : « Ce n’est pas grave. Je le ressentirai pour nous deux. »
___ La véritable innocence n’est pas de la naïveté, ni de l’illusion. Toutefois, elle implique la vulnérabilité. Être vulnérable demande plus de courage que d’être cynique, fort, ou puissant. Il faut du courage pour être ouvert, innocent et prêt à être blessé. Si l’amour doit vous blesser, alors laissez-vous blesser pleinement. Laissez-vous anéantir. – Gangaji
Traitez-moi de fou mais je rêve d’un monde dans lequel l’égalité n’est pas mise en cause, un monde dans lequel la bonté n’est pas rare et la joie pas réservée à quelques chanceux.. Si quelques coeurs de plus tenaient à ce rêve, peut-être qu’on y arriverait.
Protéger tous les humain.e.s et la nature, faire en sorte que les ressources soient partagées équitablement, que la terre soit respectée, que tout le monde mange et boive à sa faim et à satiété.
Que tout le monde soit soigné, pris en charge, aimé et apprécié.
Que la guerre ne soit qu’un mauvais souvenir du temps d’une époque révolue.
Que toutes les ressources investies dans l’armement servent plutôt à créer de la beauté.
Des évidences de base, des principes humanitaires fondamentaux.
Et pourtant.
Le monde actuel est dur, en partie et souvent sans coeur. Fou de même le monde.
Mais on ne peut abandonner, on ne peut se permettre de désespérer. On doit rester en contact avec le peuple de Gaza, et de tant d’autres endroits, même si ce n’est qu’en pensées. Car nos actions sont limitées face à celles des armées de fous furieux, face au salivage des hommes de toutes sortes d’affaires face à de juteux profits peu importe soient-ils, pourvu qu’ils soient importants.
On pense souvent que si on ne fait rien pour tenter de sauver le monde, du moins l’améliorer un tant soit peu, on ne contribue pas. Mais on peut toujours rêver, du moins imaginer un monde meilleur. Et ne pas oublier d’apprécier la grande chance de laquelle on jouit vous et moi qui vivons en paix, avec un toit sur la tête, de la bouffe dans le frigo et de l’eau qui sort du robinet. Plus privilégié.e.s que la grande majorité du monde nous sommes.
Alors continuons d’envoyer nos bonnes pensées de par le monde, et de faire de bonnes actions, même si toutes petites, autour de soi. Car en additionnant toutes ces actions, on va y arriver. Peut-être.
___ You may say I’m a dreamer, but I’m not the only one. – John Lennon
C’est la force de l’amour qui nous guidera au-delà de la fragmentation, la solitude et la peur. – Sharon Salzberg
Je sais, la force de l’amour sonne fleur bleue et eau de rose. Mais la vie est mauve pâle. En tous cas, elle a besoin de le redevenir. Car il se broie beaucoup de noir ces temps-ci et l’époque tire sur le gris, en plus de 50 nuances à part de ça. Tout lien avec le roman savon américain du moment n’est que fortuit.
Quand les temps sont sombres, on doit shiner nos lumières.
Quand les états deviennent inhumains, on doit redoubler d’humanité.
Quand la peur domine, on doit sortir notre extra dose de courage.
Quand les mensonges et les gros slow mots fusent, on doit demeurer vrai.e.s et transparents.
Et ces temps-ci, beaucoup d’ombre autour, beaucoup d’inhumanité, de la peur et des menaces et des mots, des mots, des mots tout le tour de la terre, alors on doit faire preuve de beaucoup beaucoup d’amour.
Possiblement la réelle signification des temps fous que l’on vit en ce moment. Toute cette folie guerrière, ces attaques sur les migrant.e.s et les plus faibles de la société peut servir à nous ré-humaniser, à nous resouder car nous sommes fractionné.e.s, nous sommes divisé.e.s, en soi et en dehors.
Gros besoin d’amour et de solidarité ces temps-ci car les excréments frappent le ventilateur de tous bords tous côtés. Et ça r’vole, Et ça pue. Et ce n’est vraiment pas beau à voir.
Alors, chers yeux qui liront ces quelques lignes, chers coeurs qui les réchaufferont, on dirait bien que le monde compte sur nous pour ramener un peu de coeur et de solidarité dans ce foutu bordel social.
Chacun.e à notre petite mesure, mais avec tout notre coeur. Et on ne saura jamais combien grand est notre coeur si on vit chaque jour dans la peur, si on se ratatine le coeur, si on calcule et si on craint de se donner.
Alors, let’s go gang de coeurs, à l’attaque !
___ AIMER… C’EST RESPIRER DANS VOTRE ÂME… – Claude Leclerc sur FB
L’amour Est la seule réalité… Tout le reste est inventé… Imaginé, fabriqué Par le moi et tout son arsenal mental… Le moi qui devient apeuré Dès que son confort, la cohérence de son monde Sont menacés… Prenez conscience ! Et rappelez-vous dans les moments difficiles : « Cette difficulté que je vis est ma fabrication ! Seul l’amour est réel ! » « C’est moi qui crée cela Par ma façon de juger, d’interpréter ce qui se passe » « L’amour est incréé Transcende totalement mon mental » Acceptez de respirer pendant un moment L’émotion, le ressenti présent Puis, laissez tomber toute l’histoire ! Laissez tomber ce psychodrame Dont vous êtes la créatrice, le créateur Et invitez l’amour à venir vous visiter Avec la plus grande humilité… Invitez l’amour à s’infiltrer dans votre conscience… Retrouvez votre coeur Perdu dans les dédales de vos pensées… Installez- y votre attention Et attendez ! L’amour, c’est votre âme ! L’amour… Qui vous appelle continuellement Qui chuchote à votre attention De venir le rejoindre Dans le tréfonds de votre plus grande subtilité… L’amour, c’est votre être réel Votre existence même… L’amour est aussi une présence La Présence ! C’est aussi une conscience La Conscience ! C’est aussi votre joie Votre bonheur ! Votre moi, votre personnage Et tout son monde de fantasmes et de drames Est un jeu qui fascine votre attention Au point d’en oublier tout le reste… Au point même d’oublier que c’est un jeu Et de croire que c’est votre unique réalité… Prendre ce jeu au sérieux Est la source de tout le stress De toutes vos souffrance… Perdre l’amour de vue Est la source de vos difficultés… Car perdre l’amour de vue C’est perdre contact avec la réalité… La première action à votre arrivée En ce monde « dit » matériel A été celle d’inspirer… La dernière au moment de votre sortie Sera celle d’expirer… Vivre dans ce corps, c’est respirer… Et la qualité de votre vie Dépend de la qualité de votre respiration… Et la qualité de votre respiration Dépend, à tout moment De la direction que prend votre attention… Absorbée dans vos scénarios mentaux Elle vous plonge dans des émotions difficiles À respirer de la peur, de l’anxiété, de l’angoisse… Quelle que soit l’expérience du moment Que la vie vous offre L’accueillir, l’accepter Et vous laisser transformer par elle Signifie la respirer tout simplement Tout en prenant conscience Que ce psychodrame est fabriqué Par votre personnage Que vous prenez pour votre réalité… Puis, laissez tomber Et retrouver votre être ! Dans la plus grande humilité Invitez l’amour À venir s’installer dans votre coeur… Et attendez… Ramenant constamment votre attention Sur cette ouverture… Dès que vous tassez le moi et toutes ses histoires Que vous ouvrez votre coeur L’amour Doucement va s’infiltrer Et prendre possession de votre espace de vie… Ne reste plus alors que de respirer Dans l’amour Dans votre âme Votre seule et unique réalité… Respirer Dans cette Présence sacrée Qui efface toutes les peines Toutes les peurs Et vous plonge coeur premier Dans la joie existentielle Au-delà de toutes vos identités….
Au final, nous faisons tous/tes face à la mort. Mais en chemin, prenons soin de ne jamais blesser aucun coeur humain. – Rumi
L’inhumanité ambiante ces jours-ci peut nous enseigner quelque chose de précieux. Soit de conserver notre humanité, de garder notre coeur pur, innocent et bon.
Car facile de verser dans le cynisme, la négativité et le découragement. En fait, par défaut, face à tant d’inhumanité, on a tendance à se durcir, à se désensibiliser.
Mais en ce moment précis, le monde a besoin de coeur, tout notre coeur. Le monde a besoin de coeurs, nos coeurs, tous nos coeurs. Même les coeurs brisés, blessés, les coeurs qui ont peur, les coeurs qui ont tendance à vouloir perdre espoir.
Face aux sans coeur, répondons avec nos coeurs, avec le courage de nos coeurs.
Car coeur et courage puisent aux même racines, aux mêmes sources. À celles de notre humanité, à la source inépuisable d’humanité en chacun.e de nous.
Nous sommes des porteurs/ses d’humanité, des vecteurs de lumière, de bonté. Contaminons le monde.
Nous transportons en nous tout l’amour du monde et nous nous devons de nous tenir debout en ces temps un peu sombres. La vie nous le demande, en fait l’amour l’exige.
Alors soyons à la hauteur de la tâche. Pour le monde, mais surtout pour soi-même. Pour que, lorsque la mort nous convoquera, nous pourrons la regarder en face et savoir que nous avons su demeurer humain et humaine.
Car il ne restera que cela.
Il ne reste toujours que cela.
Notre propre coeur.
___ Le jour de la mort de ma mère, j’ai écrit dans mon journal : « Un grave malheur m’est arrivé. » J’ai souffert pendant plus d’un an après sa disparition. Mais une nuit, dans les hautes terres du Vietnam, je dormais dans la hutte de mon ermitage.
J’ai rêvé de ma mère. Je me suis vu assis avec elle et nous avions une conversation passionnante. Elle était jeune et belle, ses cheveux flottant au vent. C’était si agréable de m’asseoir là et de lui parler comme si elle n’était jamais morte. À mon réveil, il était environ deux heures du matin, et j’ai ressenti très fortement que je n’avais jamais perdu ma mère. L’impression qu’elle était toujours avec moi était très claire. J’ai compris alors que l’idée d’avoir perdu ma mère n’était qu’une idée. Il était évident à cet instant que ma mère était toujours vivante en moi. J’ai ouvert la porte et suis sorti. Tout le flanc de la colline était baigné par le clair de lune. C’était une colline couverte de théiers, et ma hutte était située à mi-hauteur derrière le temple. Je marchais lentement au clair de lune à travers les rangées de théiers. En regardant les plantes, j’ai remarqué que ma mère était toujours là. Elle était le clair de lune qui me caressait comme elle l’avait fait si souvent, très tendre, très douce… merveilleuse ! Chaque fois que mes pieds touchaient la terre, je savais que ma mère était là, avec moi.
Je savais que ce corps n’était pas le mien, mais une continuation vivante de ma mère, de mon père, de mes grands-parents et arrière-grands-parents. De tous mes ancêtres. Ces pieds que je considérais comme « mes » pieds étaient en réalité « nos » pieds. Ensemble, ma mère et moi laissions des empreintes dans le sol humide. À partir de ce moment, l’idée d’avoir perdu ma mère s’est estompée. Il me suffisait de regarder la paume de ma main, de sentir la brise sur mon visage ou la terre sous mes pieds pour me rappeler que ma mère est toujours avec moi, disponible à tout moment.
~ Thich Nhat Hanh
___ La vie n’est supportable que si l’on y introduit non pas de l’utopiemais de la poésie, c’est-à-dire de l’intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l’amour. – Edgar Morin
Et moi j’ai un clavier magique. Je peux écrire sur mon bureau, mais je peux écrire d’autres mots aussi. Je sais mots nonos mais mots quand même, mes mots quand même.
En fait je peux écrire tout ce que je veux, tout ce à quoi je pense. Comme vous, qui êtes libres d’écrire tout ce que vous voulez, et vous qui êtes libres me lire, ou pas. Vous aussi vous êtes libres de ne pas me lire, ce que la plupart des 8 milliards et plus de personnes de la Terre font font chaque jour. Écrire en plein dans le vide.
Comme vous êtes si peu à me lire, je peux d’autant plus dire et écrire tout ce que je veux, et vous, libres d’aller ailleurs. Et comme personne ne me paie pour écrire, rebelotte pour dire encore plus ce que je veux dire. Et écrire. Ou pas.
Si nous sommes libres de dire, de lire ou d’écrire tout ce que l’on veut, nous ne sommes pas vraiment libre de penser ce que l’on veut car les pensées vont et viennent, les pensées se jouent de nous. On peut les observer, les laisser aller ou accrocher et les ruminer. And on and on and on. Libre choix. Semi libre disons.
Mais même si on peut dire ou écrire tout ce que l’on veut, on ne doit pas dire ou écrire tout ce que l’on veut. On doit peser ses mots, les exprimer avec attention, avec finesse, si possible sans rudesse – pour la rime celle-ci. On doit écrire avec humanité.
Si on veut que son message passe, on doit prendre soin de faire en sorte que les gens reçoivent nos mots et les comprennent. Même si on ne peut forcer personne à comprendre. Mais le plus claires sont nos pensées puis nos paroles, plus grandes seront les chances d’être compris. Car on a beau dire, on s’exprime non seulement pour s’exprimer, mais aussi pour communiquer ce que l’on veut convier. Et si possible pour être compris. Ensuite, advienne que pourra. Et Inch Allah.
Parlant de mots justes, ci-bas, quelques mots de Jai Naidoo (traduits par Googletranslate et moi-même) au sujet de Nelson Mandela avec qui il a travaillé en Afrique du Sud.
Que dirait Mandela ? Il est sorti après 27 ans derrière le voile de béton de la prison non pas avec vengeance, mais avec une vision. Non pas avec une épée, mais avec le calme d’une montagne. Il ne s’est incliné devant personne, et pourtant il a servi tout le monde. « J’ai parcouru ce long chemin vers la liberté… » a-t-il dit. Et à chaque pas, il a démantelé non seulement les murs qui l’entouraient, mais aussi les murs qui nous entouraient. Ce n’était pas un homme sculpté dans le marbre. Il était chair, défaut et feu. Pourtant, il a choisi la réconciliation plutôt que la vengeance, l’humilité plutôt que l’orgueil, le dialogue plutôt que la domination. « Si vous voulez faire la paix avec votre ennemi, vous devez travailler avec lui. Alors il devient votre partenaire.» Quel courage faut-il pour serrer la main de son geôlier ? Pour apprendre les mythes de ceux qui vous craignaient ? Pour écouter, non pas pour gagner, mais pour comprendre ? Madiba nous a révélé une vérité que nous oublions sans cesse : L’humanité n’était pas destinée à être en guerre. Ni contre nous-mêmes. Ni les uns contre les autres. Ni contre la Terre Mère. Nous étions destinés à être des gardiens, non des conquérants. À nous tenir parmi les arbres, non au-dessus d’eux. À marcher aux côtés de l’étranger, non à travers lui. À honorer la terre, non à la marchandiser. À nous rappeler que la nature n’est pas notre ressource, elle est notre ancêtre. « Je ne suis pas un saint, à moins que vous ne considériez un saint comme un pécheur qui ne cesse d’essayer.» Il nous a appris que la grandeur n’est pas la perfection, c’est la persévérance. C’est le choix obstiné d’aimer, même lorsque la haine serait plus facile. Alors, que dirait Mandela aujourd’hui ? Il regarderait les tyrans qui s’élèvent, les fauteurs de guerre en costumes sur mesure, les rois nus, et il dirait « Nous sommes à un tournant. » Les choix que nous faisons maintenant façonneront les générations à venir. « Le pouvoir corrompt. Et le pouvoir absolu corrompt absolument. » Mais le silence aussi. L’apathie aussi. L’oubli aussi. Il nous demanderait : Comment co-créer un monde sans haine, jalousie ni peur ? Comment trouver la paix intérieure, cette condition préalable sacrée à la paix entre nous ? Comment restaurer l’éthique et un leadership qui ne se soumet pas au pouvoir, mais aux principes ? Il nous dirait : La voie de la sortie est la voie de l’entrée. Pour guérir le monde, nous devons d’abord nous guérir nous-mêmes. En ce jour de 1918, une étoile filante est née. Si nous parvenons à trouver ne serait-ce qu’une seule braise de Mandela dans nos cœurs, nous marcherons sur cette Terre sans honte ni vengeance. Nous nous élèverons, non pas pour conquérir, mais pour servir. Nous nous souviendrons que la véritable révolution commence dans l’âme. Nous n’avons pas besoin de plus d’empereurs. Nous n’avons pas besoin de marionnettes supplémentaires suspendues aux ficelles d’élites invisibles. Nous avons besoin de jardiniers du futur. Des tisseurs de mondes. Des artisans de paix qui comprennent que le fondement de notre humanité n’est pas la peur, mais l’amour inconditionnel. Alors aujourd’hui, honorons Mandela non pas avec des statues, mais avec une âme. Élevons-nous, non pas par la conquête, mais par la compassion. Parcourons le long chemin qu’il a parcouru autrefois. Et lorsque nous serons fatigués, souvenons-nous que la Terre, et les uns les autres, nous ramèneront à la maison. Joyeux anniversaire, Tata Madiba.
Ça en dit beaucoup sur votre coeur que vous ne puissiez comprendre pourquoi certaines personnes commettent des actes aussi cruels. Plutôt que de laisser cet état de fait ruiner votre paix, réjouissez-vous que votre compassion vous empêche de traiter les gens ainsi.
À peu près impossible de ne pas avoir mal au coeur quand on regarde le moindrement aller le monde. On peut soit détourner le regard ou embrasser toute la douleur du monde dans son propre coeur et tenter de l’alléger un peu en posant des gestes justes et bons autour de soi.
En effet, devant l’inhumanité ambiante, les plus sensibles parmi nous sont perturbés. Dur temps pour les sensibles. Certain.e.s. virent ça en colère et en révolte, d’autres en tristesse et en désespoir.
Peut-être que le juste milieu consiste à permettre à toutes les émotions d’exister en soi. Leur donner le droit d’être, de simplement leur laisser faire leur job d’émotions, sans juger ni tenter de nier ou de refouler le flot de la vie telle qu’elle est. Cela tout en reconnaissant et en acceptant notre impuissance à empêcher toute cette inhumanité comme à changer le monde.
Comment connaitras-tu les difficultés d’être humain.e si tu tentes toujours de t’évader vers le mirage de la perfection ? Où sèmeras-tu les graines du chagrin ? Nous avons besoin de terreau pour gratter et semer, pas d’un ciel de désir indéterminé. – Rumi
Oui, le monde est dur, mais plein de douceur aussi.
Oui une partie du monde est sans coeur et inhumaine, mais s’y trouvent aussi plein de gens de coeur et de bonne volonté qui nourrissent la vie, aiment et sèment de la beauté.
Oui le monde semble courir à sa perte en même temps qu’on trouve de nouvelles inventions qui contribueront peut-être à sauver le monde et qui serviront au bien du plus grand nombre.
Oui les bombes et les armes, mais simultanément, on plante des arbres et des fleurs et il existe des jardins botaniques et des forêts tropicales – encore du moins.
Oui Haïti, Gaza, la Syrie, l’Afrique et l’Ukraine et tutti quanti, mais tant de gens qui travaillent pour la paix aussi, des humanitaires, des aidants surnaturels.
Oui des milliers et des millions de sans abri, mais des refuges et des accueils opérés par des bénévoles.
Oui des Trump et des Netanyaou, mais des pacifistes et des démocraties aussi.
Le monde est multi, éclaté, bigarré, sombre et éclairé. Noir et blanc, et des millions de gris, en passant par toute la gamme des couleurs de l’arc-en-ciel.
La mort danse avec la vie, la mort danse dans la vie et lui pile parfois sur les pieds. Humanity in process.
Le monde est difficile à comprendre, voir impossible à saisir dans sa totalité, dans sa brutalité, dans son intégralité.
Mais pour faire sens, pour réussir à vivre avec un minimum de paix en son propre coeur, qui est la base de la paix dans le monde parait-il, on doit tout reconnaître et accepter du monde tel qu’il est, at face value, le beau comme le moins, le dur comme le doux.
Une personne intelligente et sensible ne peut pas vivre longtemps dans cette société sans éprouver une certaine colère face aux inégalités. Et ce n’est pas seulement une réaction spontanée, irréfléchie et libérale ; c’est simplement une réaction humaine normale face à un système de valeurs absurde, où l’on trouve du fil dentaire à la cannelle et des gens qui dorment dans la rue. ~ George Carlin
Et si, plutôt que de réagir face aux douleurs du monde, on apprenait à répondre ?
Personnellement, la méditation d’Atisha constitue pour moi ma clé de voûte face à ce monde fou fou fou. Ci-bas, la technique commentée par Osho (via MéditationFrance).
Quand tu inspires, pense que tu inspires toutes les misères de tous les gens dans le monde. Toute l’obscurité, toute la négativité, tout l’enfer qui existe partout, tu l’inspires. Laisse-les être absorbées dans ton coeur. C’est la méthode de la compassion : aspirer toute la souffrance et verser toutes les bénédictions. Tu seras surpris si tu la fais. Dès que tu absorbes toutes les souffrances du monde en toi, elles ne sont plus des souffrances. Le cœur transforme immédiatement l’énergie. Le cœur est une force transformatrice : absorbe la misère, et elle se transforme en béatitude. Ensuite, déverse la. Une fois que tu auras appris que ton coeur peut faire cette magie, ce miracle, tu aimeras la faire et la refaire. Essaye-la. C’est l’une des méthodes les plus pratiques – simple, et elle donne des résultats immédiats. Mais avant de pouvoir faire cela avec toute l’existence, tu devras d’abord commencer avec toi-même. C’est l’un des secrets fondamentaux de la croissance intérieure. Tu ne peux rien faire avec les autres ce que tu n’as pas fait tout d’abord avec toi-même. Tout ce que tu peux faire avec les autres, tu dois l’avoir expérimenté toi-même auparavant, car c’est la seule chose que tu peux partager. Tu ne peux partager que ce que tu as ; tu ne peux pas partager ce que tu n’as pas.
___ et 3 citations tirées du texte de François Gourd sur FB de ce jeudi matin… Synchro.
___ La vie n’est supportable que si l’on y introduit non pas de l’utopiemais de la poésie, c’est-à-dire de l’intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l’amour. – Edgar Morin
___ L’espèce humaine est entrée en conflit avec l’espace, la terre, l’air même qu’il lui faut pour vivre. Comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie ? – Romain Gary, Les racines du ciel
___ Ce n’est pas une coïncidence que ceux qui ne réfléchissent pas dans le sens du narratif dominant soient traités comme les inaptes de ce monde. Pour maintenir l’ordre et le contrôle, vous devez isoler l’intellectuel, le sage, le philosophe et le savant avant que leurs idées n’éveillent les gens. – Carl Jung
Je suis tombé sur cette citation: La vie ne reportera pas notre mort plus tard qu’elle n’est prévue, alors ne reportons pas notre vie. Et ça je l’ai senti.
J’aime les citations.
En quelques mots concis, qui adoptent un point de vue particulier – j’allais écrire un point de vie, mais cela s’applique surtout si on voit la vie – on entre dans une section de la réalité qui nous fait voir les choses autrement.
J’aime tellement les citations que comme certain.e.s le font avec les cheveux, j’aime les couper en quatre.
Je suis tombé sur cette citation.
Ou n’est-ce pas plutôt la citation qui m’est tombée dessus ? La question se pose. Car souvent, les bons mots – bene dictions – nous arrivent au bon moment. Souvent on entend des gens dire : j’avais besoin d’entendre cela en ce moment. Les mots, même s’ils mêlent parfois les choses, sont quand même nécessaires parfois.
D’ailleurs, est-ce que les bons mots peuvent arriver au mauvais moment ? Autre question koan.
La vie ne reportera pas notre mort plus tard qu’elle n’est prévue,
Notre mort est possiblement pré-déterminée, déjà à l’horaire divin comme personnel, ou peut-être pas. Le grand questionnement débatique entre le hasard et le destin.
Certains.e.s affirment parfois. avec une assurance surprenante à mon humble avis, que le hasard n’existe pas. D’autres aiment plutôt dire que tout est chaos et hasard.
Une certaine réalité se situe probablement entre ces deux extrêmes. Ou pas. Et est-ce un hasard si j’écris cela ici maintenant, ou est-ce la destiné ? Pas besoin de chercher car pas si important pour moi. Ce qui est est. Ou l’est-ce vraiment ?
La seule chose que je sais, ou que je pense savoir, que je sens en fait, c’est que nous sommes ici maintenant vous et moi et on doit faire avec. Vos yeux qui lisent mes doigts. Que quelques paires d’yeux qui liront ces mots alors qu’ils passeront inaperçus pour la grande majorité du monde. Et cela est juste et bon car il m’est plus important d’écrire que d’être lu.
Nous sommes ici vous et moi et on doit faire du mieux que l’on peut avec ce que l’on a dans le coeur et entre les mains, ce que l’on a en tête et en réserve. Car on n’a jamais vraiment rien d’autre que ce l’on pense avoir, que ce que l’on pense savoir.
Et comme on ne sait pas vraiment rien, on ne s’obstinera pas right ?
Ça on le sait avec un peu plus de certitude que le moment et le lieu de notre mort. En fait, on le sait parce qu’on le sent. Le sait-on vraiment parce qu’on le sent ? Car en fait, on sent plus que ce que l’on sait. Je sais car je sens pourrait devenir une citation. Mais Existe-t-il une distinction réelle entre sentir et savoir ? Autre bonne question avec laquelle on peut jongler si la vie est un cirque.
Bang ! Le clou de la citation. Et ça je l’ai senti.
On ne sent peut-être pas notre mort à venir, mais on peut sentir la vie. Probablement mieux que l’on ne sente pas trop notre mort venir car ça pourrait être angoissant. Ou pas. Car certain.e.s. choisissent le moment précis de leur mort. Peut-être que ça nous permet de mieux nous préparer.
Certain.e.s. connaissent le moment précis de leur mort et d’autres meurent par hasard, sur un coup de tête ou un coup de coeur. D’autres meurent de vieillesse et par destin. Décidément, on n’en sort pas.
Toutefois, même si on ne connait pas le moment précis de notre mort, et même si on ne le sent pas, on la sait probable cette mort à venir. Car qui n’est jamais mort.e ? Vous et moi, bien d’accord.
Mais on ne peut mourir sans avoir vécu. Ou peut-être que certain.e,s naissent morts nés ? Si on ne peut répondre à cette question, probablement que certain.e.s meurent en ayant très peu vécu, ou bien mal vécu.
Alors, au-delà des questions de singes qu’on peut se poser pour occuper un mental souris en cage, apprécions le fait qu’il nous reste encore du temps pour bien vivre, pour vivre bien. Il nous reste encore et toujours ce moment. Pour vivre tout ce que la vie met dans notre assiette dans ce grand buffet à volonté,
Un grand buffet all you can live la vie. La vie la vie disait le poète.
Et n’oublions pas ceux et celles dont le buffet n’offre que des miettes, comme des conditions inhumaines comme on nous montre trop et en même temps trop peu. Le trop peu est surtout en lien avec ce que nous faisons collectivement pour enrayer cette inhumanité collective.
Car le sens profond de la vie ne me semble pas tant de survivre, ni même de tout juste vivre, mais de vivre toute notre humanité, et de la partager.
___ Les morts sont des vivants qui nous ont faits. Ils seront les morts que nous en ferons… - Éric-Emmanuel Schmitt, Journal d’un amour perdu
Comme nous avons peur de la mort. Mais ce dont nous avons le plus peur c’est de la vie, nous ne savons pas vivre. nous connaissons le chagrin, et la mort n’est que le chagrin final. Nous divisons la vie entre vivre et mourir. Alors cela doit être la douleur de la mort, avec sa séparation, sa solitude et son isolement.
Les gens demandent : pourquoi est-il important d’être bon.ne ? J’ai répondu: Parce que nous croisons des personnes quotidiennement et aucun.e d’entre elles ne porte un signe qui annonce : je suis en deuil, je suis exténué.e, ou je réussis à peine à survivre. Mais ces gens sont partout. La bonté sera peut-être la seule douceur qu’ils/elles recevront aujourd’hui.
Souvent, on regarde aller d’autres personnes et on se demande comment ils/elles peuvent agir ainsi. Probablement parce qu’ils et elles pensent en conséquence. Car les actions découlent nécessairement de notre conception de la vie, de notre façon de penser la vie.
Certain.e.s sont insécures et sont persuadé.e.s. que le fait d’avoir de l’argent les feront se sentir plus en sécurité et mieux protégé.e.s devant l’incertitude de la vie.
D’autres se sentent vides et accumulent et accumulent. Genre :
Des millions d’autres ont voté pour Trump, ou pour un autre wannabe dictateur ailleurs, pas facile à comprendre celle-là je l’avoue. D’autres encore sont affligés de leurs propres filtres devant la réalité, filtres acquis en fonction de leur éducation et de leurs particularités familiales et individuelles.
En fait, comme l’affirme la citation ci-haut, chaque personne que l’on croise porte son propre petit fardeau dans sa besace, même si ça ne parait pas, et ainsi on ne sait jamais ce que chacun.e vit, ce que chacun.e porte en soi, dans sa tête et dans son coeur. Handle with care disent les anglos.
Apprendre à se mettre à la place de l’autre, des autres, nous permet de mieux accepter nos différences.
L’empathie, soit notre capacité à se représenter ce que l’autre ressent, est une qualité de présence à développer si on veut être en mesure de mieux tolérer le monde.
La compassion est une autre qualité à développer pour mieux englober le monde, ce qui nous permet de relaxer et de mieux comprendre le monde.
Ce n’est pas si simple de développer ces deux qualités essentielles au vivre ensemble. Mais ça s’apprend.
On doit tout d’abord se connaître soi-même et accepter de plus en plus de soi, tout de soi, même l’inacceptable, surtout l’inacceptable. Ensuite seulement peut-on appliquer cette même acceptation envers les autres. Car on dit qu’on ne peut traiter les autres que comme on se traite soi-même right ?
Se mettre à la place des autres ne nous permet pas d’accepter inévitablement toutes les situations extérieures car certain.e.s pensent probablement très différemment de nous, et ont des agendas et des valeurs très divergentes des nôtres.
Mais s’il existe une croissance ultime en ce monde, c’est celle du coeur. Et comme le dit si bien Andrea Gibson, poétesse américaine décédée hier le 14/7:
À la fin, je veux que mon coeur soit couvert de vergetures.
___ C’est pour ça qu’ils/elles ont leurs superstitions. C’est pour ça qu’ils commettent sans cesse les mêmes erreurs. C’est pour ça qu’ils/elles ne peuvent pas percer à jour leurs peurs ou leurs préjugés. C’est pour ça qu’ils/elles tombent dans le piège des démagogues. L’un des enseignements de Méditations de Marc-Aurèle consiste à se mettre réellement à la place des autres, et de pénétrer leur cerveau. Vous constaterez que ce n’est pas toujours une expérience agréable. On constate aussi que c’est moins déroutant une fois qu’on y est entré : il y a bel et bien une forme de logique. C’est juste que cette logique est définie par des influences différentes, par une éducation différente… et souvent par l’incapacité à accomplir cet acte d’empathie que l’on est en train de pratiquer. Voyez donc, ils ne peuvent pas imaginer ce que c’est que d’être quelqu’un d’autre ; c’est pourquoi ils sont racistes, cruels ou si sûrs de certaines choses. Mais vous, vous le pouvez ! Et cela exige que vous compreniez pourquoi ils agissent ainsi, que vous compreniez que même si la croyance ou l’action peut être inacceptable, elle vient d’un point de vue humain. Cela exige, comme l’explique Marc Aurèle dans la première partie du Livre II des Méditations, que vous trouviez comment éviter d’être contaminé par cette laideur tout en trouvant le moyen de collaborer avec cet autre être humain. Parce que c’est notre travail.
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Et en même temps:
Ce n’est pas parce que la foule est d’accord que cela est juste. Un mensonge ne devient pas vérité. Le mal ne devient pas juste. Et le mal ne devient pas bien. Simplement parce qu’il est accepté par la majorité. Défendez ce qui est juste, même si vous êtes seul.e.
La vie regorge de paradoxes, d’incertitudes, de mystères et d’événements horribles qui défient tout sens commun. Pour vivre avec gratitude, nous devons être présent à tout cela, même si cela est inconfortable.
Ah la vie. En effet, paradoxes, incertitudes, mystères et événements horribles qui défient tout sens commun. Événements formidables aussi, mais on dirait qu’on ne rapporte que les plus horribles. Nous, les zumain.e.s, on apprécie particulièrement les histoires horribles. Les médias du moins. Nous, on les cherche et on les lit. Et on fait du clique. Et comme les saucisses, plus on clique, plus elles apparaissent.
En même temps qu’on se sent soulagé.e.s que les événements horribles ne nous arrivent pas à nous personnellement, on se sent – plus ou moins c’est selon – mal que d’autres souffrent. La vie est ainsi pleine de contradictions.
En général et dans l’idéal, on fait du mieux que l’on peut et on espère que les choses tourneront positivement. Comme on dit dans certaines parties du monde: Fais confiance à Allah mais attache ton chameau.
Quand les choses tournent bien, c’est déjà pas mal. On en profite et on continue de faire en sorte que la roue tourne dans le sens de l’eau, du moins dans la direction que l’on souhaite.
C’est quand les choses tournent mal que l’on doit trouver notre courage de faire face aux événements inattendus et indésirables, alors qu’on doit se retrousser les manches et demeurer présent.e à l’inconfort et l’accepter. Car la vie comprend sa part d’inconfort, de contrariété et de désagrément.
Si on ne veut et ne s’attend qu’à du menoum menoum, on sera inévitablement déçu.e. Car la vie n’est jamais que menoum menoum. La vie englobe et inclut des conflits et des guerres, l’ultime dualité du corps et de l’esprit, des catastrophes naturelles telles qu’on en observe plus souvent qu’auparavant me semble-t-il, et multitudes d’événements indésirables.
Cultiver et adopter une attitude d’ouverture et d’acceptation constitue l’un des grands défis de la vie. Dire oui au menoum menoum est plus facile que d’accepter le non voulu, le détesté et le désagréable.
L’idée ne consiste pas à devenir masochiste, quoi que si c’est le kick de certain.e.s, tant que ça n’implique aucune partie non consentante, grand bien leur en fasse. Car comme le veut la traditionnelle jokesado-maso: c’est le masochiste qui dit au sadique: fais-moi mal. Et le sadique de répondre: Nooooon !
Pas toujours aussi si simple que cela ne semble l’être que de vivre dans un petit monde douillet tel que le nôtre ou très peu d’événements horribles ont lieu. On finit par se demander si on saura trouver la force si jamais les choses virent moins bien. Car la résilience, terme à la mode, se construit souvent à la dure, face à l’adversité, en passant à-travers des expériences difficiles et challengeantes.
On se souhaite toutes et tous que le meilleur, mais soyons prêts.e.s à accueillir aussi le moins bon comme le pire si et quand il viendra. Car la vie n’est pas que jardin de roses. Et même les roses savent que les épines servent à les protéger.
Alors au-delà de tout, peu importe notre condition actuelle, conservons notre humanité. Et laissons notre coeur mener notre vie.
___ Ci-bas, un – témoignage bouleversantde Lino Vardan – longmais ça vaut vraiment les quelques minutes, faites-moi confiance – traduit de l’anglais :
Dans les lignes qui suivent, j’espère partager une perspective différente sur la tragédie biblique qui sévit actuellement au Moyen-Orient. Je ne dis pas biblique à la légère. J’en parlerai plus tard.
C’est une tragédie qui affecte directement la vie de millions de personnes des deux côtés. Prenons en compte ceux qui ont été tués, ceux qui ont été blessés (handicapés physiquement ou mentalement à vie), leurs familles et leurs amis, dont la vie ne sera plus jamais la même. Ce sont déjà des millions de personnes qui sont mortes ou qui se réveillent chaque jour dans un cauchemar permanent.
Par perspective différente, j’entends différente de celle des médias grand public, des réseaux sociaux et de toutes les autres plateformes publiques qui se contentent de livrer un résumé concis et concis, un slogan en deux mots visant à nourrir et à programmer les masses avec les vérités « ultimes », avec de nombreux points d’exclamation, des opinions rigides et vertueuses qui font souvent plus de mal que de bien.
D’une certaine manière, nos opinions et nos idées surfaites sont devenues un trouble social auto-immun. C’est l’outil par lequel nous nous présentons et entretenons notre personnalité. Nous ne sommes plus un point d’interrogation. Le doute est mort. Nous avons toutes les réponses. Covid ? Réchauffement climatique ? Ukraine ? Gaza/Israël ? Nous sommes toujours à deux clics d’une story Instagram : notre grain de sel. Notre voie sûre pour être du bon côté de l’histoire, aimés et respectés par les autres.
Et plus notre vie personnelle est chaotique, plus nous sommes déstabilisés, conflictuels et dépendants, plus nous ne parvenons même pas à comprendre nos propres problèmes ; plus nous avons toutes les réponses aux questions les plus complexes et les plus vastes. Au lieu de nous connecter et de nous inspirer, nos esprits sont devenus le moteur de la division. Par conséquent, prenez mes propos avec des pincettes. Ce n’est rien d’autre qu’une opinion parmi d’autres. Il est fort probable que j’aie raison ici et là, et que je me trompe ailleurs.
D’une manière ou d’une autre, je respecte votre droit d’être en désaccord avec moi. Comme certains le savent peut-être, ma famille et moi avons eu notre lot de jours difficiles à cause de ces événements. Mon frère a été assassiné le 7 octobre, et notre maison familiale s’est transformée en un tas de gravier. La communauté où je suis né et j’ai grandi a été massacrée, et j’ai personnellement connu 50 à 60 personnes assassinées de la manière la plus brutale et la plus barbare qui soit. Mon système nerveux se remet encore de tout ce dont j’ai été témoin.
Je ne partage pas mon histoire pour me présenter comme une victime. Je ne me suis jamais considérée comme telle. En fait, j’ai de la chance. Cela aurait pu être pire : j’aurais pu perdre toute ma famille. En fait, cela aurait pu être bien pire : ma famille aurait pu être les meurtriers plutôt que ceux qui ont été assassinés. Et, de manière générale, j’ai toujours été consciente de la possibilité qu’un jour ma vie bascule dans l’abîme. Que le risque d’une catastrophe est imminent. Un coup de fil à la fois. C’est peut-être le souvenir de l’holocauste précédent qui sommeille en moi. La plupart de mes ancêtres ont été fusillés et enterrés par les nazis en Pologne et en Ukraine. Je sais que les vestiges de la panique de cette époque sont profondément ancrés en moi. L’horreur me semble familière. Déshumanisation.
Un mot résume toute l’histoire pour moi. Du moins à mes humbles yeux, c’est le triste processus auquel nous avons assisté. Notre séparation est ce qui gît au cœur même (brisé) du monde. Nous sommes habilement manipulés et endoctrinés pour déshumaniser. Nous sommes divisés. Gouvernés. La bonne vieille stratégie pour nous séparer. Nous sommes conditionnés à nier l’empathie, la compassion et Dieu, si l’on peut dire. La déshumanisation est principalement alimentée par l’indifférence, la haine, la peur et le chagrin. Résultat du choc et du traumatisme. Une doctrine efficace. Après le 10 juillet, j’ai moi-même lutté contre cette force démoniaque de la déshumanisation. En perdant mon frère et en écoutant les récits d’horreur de la bouche même des survivants, j’ai rencontré en moi ce monstre de séparation et de violence. En tant qu’Israélien, je dois dire que je ne suis pas ici pour défendre Israël. J’aime le beau peuple d’Israël, même si je n’y vis pas, c’est là que je me sens chez moi. Pourtant, je me sens chaque jour plus perturbé en observant les atrocités commises à Gaza. Les témoignages qui viennent directement de là-bas… Ils ressemblent de plus en plus à ces sombres comédies macabres hollywoodiennes sur la guerre du Vietnam. Ces films dans lesquels tout le monde tue tout le monde, sans que personne ne se souvienne pourquoi. Ivre et animé par la vengeance et le complexe du messie, Israël – ou quiconque dirige l’organisation par procuration appelée Israël – s’engage sur la voie du suicide national. Les crimes commis contre la population de Gaza, tuant et affamant des innocents, ne marquent pas seulement le début de la fin d’Israël, mais aussi une rupture fondamentale dans le tissu même du judaïsme.
La sagesse riche et mystique qui a apporté le principe « Aimez-vous les uns les autres » aux humains, donnant naissance à Jésus, au roi Salomon, à Sigmund Freud, à Albert Einstein et à Leonard Cohen, perd son sens moral. Une telle catastrophe provoquée par l’homme ne sera pas ignorée par la vie, Dieu et la nature. D’une certaine manière, Israël n’est plus là. Israël a quitté le bâtiment. Il creuse sa propre tombe. Ainsi, ce n’est plus un lieu sûr pour son peuple. Mon cher frère défunt se battrait comme un fou contre cette folie. Je suis donc ici pour lui donner la parole, moi aussi.
Pourtant, si l’un d’entre vous souhaite comprendre la dynamique sous-jacente de cette histoire et la blessure multigénérationnelle, terreau fertile de tout contrôle mental et de toute formation de masse, si la psyché des sociétés israélienne et palestinienne vous intéresse un tant soit peu, si vous souhaitez dépasser la réaction évidente (boycotter ceci, libérer cela) et adopter un point de vue holistique, alors examinons l’essence même du choc et du traumatisme. Si vous le pouvez, laissez de côté la politique et les opinions un instant. Oubliez les questions comme à qui appartient cette terre ou qui souffre le plus. Le fait est que les deux peuples sont là, et personne ne va nulle part. Les deux peuples partagent une fortune similaire. Ou un malheur similaire. Pas étonnant que leur ADN soit presque identique. L’État d’Israël est né des cendres de la Seconde Guerre mondiale. Des millions de Juifs ayant survécu aux chambres à gaz d’Auschwitz, Bergen-Belsen et Dachau ont envahi l’Europe. Ils ont été écrasés à tous les niveaux. Ils n’avaient nulle part où aller et personne ne voulait d’eux. Ils ont perdu leurs enfants, leurs femmes et leurs maris. Sans toit, sans argent, sans jour ni nuit. Ils espéraient trouver en Israël (ou en Palestine, si vous préférez) un refuge, un lieu sûr où se rétablir. C’était la solution proposée par les mêmes salauds qui ont allumé l’incendie. Je le sais par expérience. Ma mère est née dans un camp de réfugiés en Autriche. Son père a perdu toute sa famille. Ils étaient en mode survie. Sans nourriture. Sans espoir. Même pas de lait dans le sein de ma grand-mère pour nourrir ma mère.
Du point de vue de l’individu innocent, ces survivants de l’Holocauste n’avaient pas de grands projets pour chasser les Palestiniens, raviver le traumatisme palestinien et réaliser un rêve sioniste maléfique. Ils étaient impuissants. Tragiquement, le début d’un foyer pour eux a marqué le début de l’ère du sans-abrisme traumatique pour les Palestiniens – la Nakba – « la catastrophe ». Un déplacement massif de Palestiniens pendant et après la guerre israélo-arabe de 1948, qui a suivi la déclaration de l’État d’Israël.
Voulez-vous savoir comment fonctionne la déshumanisation ? Enfant né en Israël, je n’avais jamais entendu parler de la Nakba. On n’apprend pas à l’école la douleur de l’autre. Et le perdant ne sera pas celui qui écrira les livres d’histoire.
Et ainsi, le volcan bouillonnant de cette terre s’est enflammé. Il est devenu un terrain de jeu fantastique pour les forces géantes des ténèbres. Avec son joyau de la couronne : Jérusalem. Al Qods. Sion. La ville sainte. Le nombril du monde. Plus précieux que l’anneau de Tolkien, ce minuscule morceau de terre a suscité tant d’émotions, de controverses et de rancœur. Un mélange impossible de paradis et d’enfer.
Génération après génération, les deux peuples ont été pris dans le cercle vicieux du choc, du traumatisme, de la haine, de la peur, de la violence et du chagrin. Aucun foyer n’est épargné par la malédiction. Cette terre recèle une beauté, une gentillesse, une hospitalité, une culture et une convivialité incomparables, des odeurs et des saveurs incomparables. Pourtant, ce laboratoire humain d’une intensité inimaginable ne connaît pas la paix.
Le 7 octobre a marqué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Rien n’avait commencé le 7/10. C’était juste le dernier coup de pouce nécessaire. Pour que la folie prenne le dessus. Des millions de personnes, qui ne connaissent qu’une seule vitesse – la lutte ou la fuite – se sont retrouvées plongées dans la situation la plus accablante qui soit. C’était la première fois que j’observais le fonctionnement réel de la stratégie du choc. Ces événements ont atteint un système nerveux collectif déjà épuisé. Israéliens et Palestiniens. Des années d’oppression et de terreur. Des décennies de pertes et d’agressions. Tout était prêt pour achever le processus de déshumanisation. Maintenant, ce n’est plus nous et eux – maintenant, c’est nous ou eux.
Aujourd’hui encore, le peuple israélien est profondément endeuillé. Le 7/10 les a renvoyés en Allemagne nazie. Si vous demandez à mon père pourquoi il ne retournera jamais dans son kibboutz, il vous répondra que personne ne retourne à Auschwitz. La brutalité et la cruauté du massacre. Le viol (et tant d’autres choses ignobles dont je vous épargnerai le souvenir). La mort des innocents. L’impuissance. L’armée qui n’est jamais venue. Le pays qui a trahi. Il en est résulté un état d’esprit où la plupart des Israéliens sont incapables de compassion pour le peuple de Gaza. L’agonie emprisonne la plupart d’entre eux. Ils réagissent comme des animaux blessés. Voilà ce qui arrive quand on est figés, quand on se déshumanise les uns les autres. Voilà pourquoi les soldats ne lâchent pas les armes. Voilà pourquoi les méchants/marionnettes sont toujours au pouvoir. Ces dirigeants cruels sont le reflet. Le reflet de l’état conscient ou inconscient de l’ensemble. Il en va de même pour les Gazaouis, plongés dans le chagrin. Des millions de personnes sont prises, impuissantes, entre les mains des ténèbres. Les actes savamment orchestrés du 10 juillet ont été leur condamnation à mort. Il était clair comme le jour que rien ne serait plus comme avant. Que les monstres géopolitiques, les barons de l’industrie de l’armement et toutes les autres entités sataniques s’apprêtaient à déclencher la plus incroyable orgie de sang et de larmes. Les forces du mal ont toujours été là. Cela fait partie intégrante de cette dimension. Parallèlement à notre beauté et à notre génie, nous voyons la guerre non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de notre propre moi mesquin – la façon dont nous traitons parfois nos proches. La tension et le déchirement intérieur que nous portons. La violence et la perversion que nous dissimulons sous notre costume civilisé et réprimé. Je ne peux m’empêcher de supposer que la présence des ténèbres est inscrite dans l’ADN même de cette expérience terrestre. Que c’est peut-être en partie la raison de notre présence ici-bas.
Nul n’est libéré de ses responsabilités. L’ignorance que nous cultivons individuellement est le terreau fertile d’un spectacle de merde mondial qui se reflète localement partout. Les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni, du reste de l’Europe, de la Russie, de la Chine, du Qatar, etc. Ils pourraient tous mettre fin à ce chaos en 5 minutes. Mais ils ne s’y intéressent pas. Rien de tel qu’un bon bain de sang pour maintenir la machine en marche, faire prospérer l’économie sale et nous maintenir asservis au pouvoir entre les mains du 1 %. Pourtant, nous n’enquêterons jamais sous notre nez. Nous préférons accuser, choisir un camp, brandir un drapeau plutôt que d’affronter nos propres dirigeants et, bien plus profondément, nos propres démons. Le reste du monde alimente ce spectacle d’horreur. Les dirigeants de votre propre pays ne font probablement rien pour l’arrêter. Ou pire, ils alimentent cette saga qui continue.
Nous sommes passés maîtres dans l’art de nous attaquer aux mauvaises personnes. Plus préoccupés par notre image que par un changement fondamental. Moi y compris. Certains de mes amis, qui ont perdu bien plus que moi, sont devenus des sources d’inspiration et de réconciliation. En même temps, je suis surtout occupé à éprouver du ressentiment envers ce produit qu’est l’humanité, dont la durée de vie semble parfois révolue.
Comment conclure cet échange sur une note positive ? Mon père. Un homme noble. Regardez-le sur la photo ci-dessous. Maire et député pendant des décennies, il a consacré sa vie à la région qui a été massacrée. Son projet de vie s’est effondré en une seule journée d’octobre. Après avoir enterré son fils, il a renoué avec ses anciens amis de Gaza, les dirigeants politiques. Autrefois, avant que la situation ne tourne mal, ils rêvaient ensemble d’un avenir commun de paix et de prospérité pour les deux camps. Aujourd’hui, ils partagent un moment présent de perte et de chagrin. Malgré la haine ambiante, mon père a tendu la main, cherchant les vestiges d’un pont brisé. Il a appris à ses dépens que l’aveuglement nous rend tous aveugles. À plus de 80 ans, il a ressenti la douleur mutuelle de l’autre. Il l’a humanisé. Il est revenu à « l’amour les uns pour les autres ». Peut-être qu’un jour, nous retrouverons tous cette même prise de conscience grâce au remède le plus efficace : notre propre souffrance. (Sur la photo, mon père et Hisham Abdul Razek de Gaza, ancien ministre du gouvernement palestinien. Se rencontrant et rêvant ensemble d’un avenir meilleur. Hisham a passé 21 ans dans une prison israélienne après avoir tenté de faire exploser un bus. Puis, il a réalisé qu’il n’y avait pas d’autre moyen que de parler à l’ennemi. La maison où ils sont assis est notre maison familiale, qui n’existe plus.)
Il arrive un moment où plus rien ne fait sens sauf s’abandonner à l’amour. – Rumi
Tant de folie en ce bas monde ces temps-ci, tant d’inhumanité, tant d’avidité qu’il nous faut absolument tout aimer, aimer tout, tant aimer.
Tant de guerres, d’injustices et d’inégalités qu’on doit affiner notre regard perçant pour tenter d’y voir au-travers et trouver un peu de sens.
Tant de stupidité ouvertement présentée par écrans interposés et affichée dans les médias et les réseaux, qu’il ne reste plus que l’amour.
Tant de haine qu’on doit inévitablement puiser dans la grande réserve d’amour infini et inconditionnel de la vie pour pouvoir continuer non seulement de survivre ici-bas, mais de vivre, de bien vivre et vivre bien.
On doit choisir de continuer à voir le beau malgré la laideur, cibler la bonté malgré la folie, favoriser l’unité plutôt que la division, sentir la paix au milieu de la guerre, des trop nombreuses guerres.
Nous vivons dans un monde qui semble avoir perdu ses repères, un monde qui a perdu son sens de l’amour. Mais cet amour est encore ici et c’est lui qui tient ce monde ensemble. Même si ça shake, même si ça brasse. En fait, l’amour doit demeurer fort et stable dans le tumulte.
Un monde qui, en surface, change plus vite qu’on ne peut en saisir l’importance. Un monde où l’intelligence s’artificialise alors que la stupidité bien humaine parle de plus en plus fort, crie sa stupidité, ou le respect cède sa place à l’arrogance, où la nature de laquelle nous sommes, crie déprime.
Mais malgré tout, on doit aimer. Aimer ceux qui crient le plus fort, aimer ceux qui aiment le moins. Car le seul remède à la haine est sa grande soeur, l’amour. Soeurs siamoises.
Plutôt que de tomber dans l’indifférence et le mépris, aimons.
Plutôt que de juger, disqualifier et éliminer, aimons.
Aimons nos ombres, embrassons-les, éclairons-les car ce que permet l’amour, c’est que veut l’amour. L’amour englobe tout, l’amour allège tout, l’amour éclaire tout. Surtout l’ombre et le sombre.
Blastons le monde d’amour, en commençant par soi-même et en élargissant, et laissons l’amour laver tout, surtout les endroits et les lieux où il est absent, là où on le néglige, là où on en a peur. Car oui, l’amour peut faire peur.
Contaminons le monde d’amour, laissons l’amour nous toucher, nous doucher car l’amour est lumière et c’est ce dont le monde semble avoir le plus besoin ces jours-ci.
L’amour, toujours l’amour, tout le tour de la terre l’amour.
Sur la terre comme en nos coeurs.
___ Nous ne pouvons vivre sans que l’amour nous touche. Nous nous sentons pleinement vivants quand nous le trouvons, dévastés quand nous le perdons, vides quand nous y renonçons, inhumains lorsque nous le trahissons et passionnés lorsque nous le recherchons. La folie de l’amour me semble tellement plus centrale à l’histoire humaine que la loi du plus fort.
– Erwim Raphael Mcmanus, Âme Avide, via Alexis B. Rourke