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ÊTRE ET/OU SE SENTIR LIBRE ?

Plutôt que de vous demander si vous pourrez être libre un de ces jours – parce qu’un de ces jours est un long et lointain laps de temps, demandez-vous plutôt si vous pouvez être libre en ce moment-même.
Le seul temps et le seul lieu où vous pouvez être libre est maintenant. Pas pour le reste de votre vie ni plus tard. Simplement maintenant.
– Eckhart Tolle

Pas fou ce cher Eckhart. Pourtant, on repousse souvent à plus tard la liberté. Ou l’illumination, Ou la retraite, Ou la mort qui constitue possiblement l’ultime liberté. Pour certain.e.s du moins.

La liberté était jadis liée à la retraite et s’atteignait à 65 ans.

Ensuite on a inventé – et mis en marché avec succès, la preuve ! – la Liberté 55. Et désormais, ils sont nombreux à viser la liberté dès 40 ans.

Ou même plus jeune mais par différents moyens. On dirait que moins on est libre plus on veut l’être.

En fait on vise probablement tous et toutes la liberté. Mais tant qu’on vit dans un corps, tant que nous sommes incarné.e.s, la liberté semble limitée, notamment liée de près aux divers besoins corporels, à la santé du corps. Et de l’esprit, car jamais bien loin du corps en général.

On peut même se demander qu’est-ce qu’être libre ? Et j’imagine qu’il y autant de réponses que de personnes.

Une chose est certaine, la liberté ne se limite pas à l’argent car on connait bien des gens riches mais qui sont prisonniers de leur bidous, et tremblant de tour perdre. D’une certaine façon, plus on est riche, moins est libre car on a beaucoup à perdre, ou peur de perdre, ou tenter de protéger.

Et avoir beaucoup d’argent n’est certainement pas une garantie de liberté si on est riche mais malade, ou si on a peu d’ami.e.s et pas d’amour à donner ni à recevoir. Non libre non plus si on a peur de mourir.

Alors on est libre ou on se sent libre ? La question se pose. Et question secondaire en corollaire: peut-on se sentir libre à un autre moment que maintenant ? Ailleurs qu’ici ?

Autre question qui se pose mais qui n’est pas reposante. Si la réponse est plus qu’évidente, sa réalisation est moins évidente. Car nous sommes, la plupart d’entre nous, aux prises avec des pensées constantes, certaines envahissantes. Sommes-nous libres de penser ? Probablement car ça pense tout seul. Mais on peut au moins les observer, les laisser aller, les laisser s’échapper au paradis des pensées perdues. Ou est-ce un enfer ?

Nous sommes confrontés à des habitudes aussi, certaines tenaces et limitatives.

Certains détenus de longue date se sentent peut-être plus libres à l’intérieur des murs qu’en liberté, qu’en société. Car pour certains, la vie est plus simple entre les murs. D’ailleurs certains trouvent la liberté dans le cadre d’une routine serrée.

Ainsi, si la liberté est un concept élastique dans sa forme, elle ne peut l’être dans sa temporalité, ni dans sa localisation. elle ne peut être qu’ici, maintenant. Sinon la liberté n’est qu’un rêve, un fantasme. Et la liberté ne se rêve pas, elle est ou pas.

On ne peut pas avoir hâte d’être libre, on ne peut que l’être, ou pas. Et on ne peut que l’être ici, et maintenant. Car la liberté ne peut pas se déplacer, ni dans l’espace ni dans le temps. La liberté ne peut que se dévoiler ici, dans le moment. Et la liberté ne peut que se trouver sur place.

Liberté et vérité sont des concepts abstraits, des mots de 6-7 lettres. Ils ne peuvent exister sans qu’on leur prête vie, sans qu’on les incarne. On doit en effet les incarner pour qu’ils puissent se révéler à nous, qu’ils puissent devenir une expérience.

Ils ne peuvent pas non plus se trouver sans les avoir perdu auparavant. On dirait qu’on ne peut trouver la liberté sans contrainte, la vérité sans mensonge. On ne peut que les retrouver. Comme si on devait s’en éloigner, puis s’en rapprocher de nouveau et les découvrir sous un nouvel angle, sous un nouveau jour. Comme si leur absence nous montrait le chemin vers elles, devenait des boussoles. Comme un poisson qui n’aurait jamais manquer d’eau ne peut pleinement apprécier cette eau.

Peut-être que la liberté s’est réfugiée dans notre coeur, et peut-être que le coeur est un oiseau. Qu’on doit laisser s’envoler. Plus haut. Mais les deux pieds au sol.

AUTRES TEMPS AUTRES MOEURS

je ne suis pas né pour cette époque…

J’ai l’impression que personne parmi nous n’est né.e pour cette époque. Époque inhumaine. En fait, plus on a de vécu, moins ça doit être facile de vivre aujourd’hui. Tant de nouveautés, tant à apprendre. Avec la vitesse des progrès technologiques, il doit être vraiment difficile de s’adapter à ce monde rapide et impersonnel quand on est né.e il y a longtemps de cela.

Car lorsqu’on naît à une certaine époque, on est censé.e s’y adapter. Mais celle-ci est particulièrement folle. Trop tranchante, trop bruyante, trop vite pour moi.

Trop inégale, injuste, extrémisée avec d’un côté des super riches décomplexés qui s’accaparent tout le pouvoir et les ressources qui viennent avec, et de l’autre de plus en plus de gens poussés à vivre dans la rue. Ou à crédit. Avec un tissu social qui s’effrite.

J’étais fait pour une époque de routes de terre, de lumières douces et de ciels calmes…

Oui je sais, comme vous aussi. Nous sommes plusieurs de cette gang.

Un temps, une époque alors que les rapports étaient plus personnels, plus simples, plus vrais. Une époque dans laquelle les choses allaient moins vite, où les gens se parlaient encore, plutôt que de s’insulter anonymement par écrans interposés.

Pour ceux et celles né.e.s relativement récemment, les choses doivent paraître normales. Relativement du moins. Car lorsqu’on n’a pas connu autre chose, l’anormalité peut paraître normale.

Et comme john roedel, moi aussi c’est surtout la vitesse qui me tue. Tout va trop vite, tout se bouscule, tout le temps. Les gens compris.

Me manque ce temps où la bonté aurait la patience des arbres.

Mais voyez-vous, on a beau être nostalgiques vous et moi, nous vivons à cette époque-ci, en ces temps précis. Hasard ou coïncidence ? Parait que c’est la même chose et que ça ne compte pas vraiment. Here and now we are.

Nous sommes né.e.s à une époque étrange mes ami.e.s, une épopée, une époque puckée sur le plan de la solidarité et de la justice sociale. Sans parler de notre manque de soins de l’environnement. Dans un temps marqué par un génocide en direct. Comme il y en a déjà eu d’autres auparavant mais celui-ci se passe maintenant. L’humanité feel un mauvais cotton, passe un mauvais moment, et certain.e.s s’en font passer – de travers – un pire que les autres.

Nous sommes dans un temps imparfait peut-être, mais c’est à nous qu’il revient de le reperfectionner, de le ré-humaniser. Même si la perfection n’est toujours qu’un élan vers, un processus inatteignable et toujours en mouvement, jamais un état permanent et fixe dans le temps. La perfection devrait une inspiration qui nous fait avancer. Perfection d’être humain.

On dit que le monde actuel est fou.Mais on dit aussi que le monde actuel a besoin des enfants qui naissent aujourd’hui malgré les pronostics peu encourageants. Si on choisit de naître – plus ou moins consciemment – ceux et celles qui le font aujourd’hui ont du courage car les défis sont nombreux.

Et nous aussi, les plus vieux, devons mettre les pôles à la roue et non les bâtons dedans. On peut s’ennuyer d’une époque plus lente et plus socialement huilée, mais si elle a déjà été, elle n’est plus désormais. À nous de jouer.

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Vieillir n’est pas pour les âmes sensibles.
Un jour, on se réveille et on réalise que la jeunesse s’est envolée sans bruit.
Mais elle n’est pas partie seule.
Elle a emporté avec elle vos insécurités, votre désir de plaire, votre peur de ne pas être à la hauteur.
Et à la place ?
Elle vous a laissé quelque chose de plus fort :
Un rythme plus lent, mais une démarche plus assurée.
La sagesse de dire au revoir sans crainte.
La grâce de chérir ceux qui choisissent de rester.
Le pouvoir d’être soi-même, sans complexe.
Vieillir, ce n’est pas perdre, c’est lâcher prise.
Il s’agit d’apprendre à accepter, à lâcher prise et à voir vraiment :
Cette beauté n’était jamais qu’un reflet dans le miroir…
Elle vivait dans chaque histoire, chaque cicatrice et chaque force silencieuse que nous portions en nous.
Vieillir est un cadeau.

Portez-le avec dignité.
— Inspiré par Meryl Streep

D’ÉCRIRE LE SILENCE

Chronique dédiée à mon ami Alain qui m’a refilé les deux beaux bouts de silence alphabétisés ci-bas. Mersilence.

Ce matin, quelques bribes à propos du silence. Ou plutôt des silences, car il en existe de nombreux types. Certains sont lourds, d’autres sont de soie, et d’autres encore tentent d’étouffer la vérité. Certains silences sont crûment criants, d’autres murmurent la vie, d’autres encore l’éviscèrent alors que les mots nous exaspèrent. Certains mots demeureront toujours un tissu de mensonges même s’ils sont émis et vomis sur un réseau nommé VÉRITÉ.

Au cours d’une vie, pour la plupart de nous, êtres humains normalement entendants et parlants du moins, on entendra et émettra des milliards de mots, dits, chantés ou écrits. Certains sont musiques à nos oreilles, d’autres chefs d’oeuvre à nos yeux et descendent jusqu’au coeur.

Mais on oublie que chaque mot est séparé par un silence, chaque mot est enveloppé d’un silence. Sans silence, qu’une longue file de mots indivisés qui ne fait aucun sens. Avant et après chaque mot règne un silence. Toujours le silence qui règne au-delà comme en-deça des mots. C’est le silence qui permet de détacher et distinguer les mots les uns des autres. Car les mots doivent être distingués, sinon ils perdent leur classe.

Un silence de plus que les mots est toujours requis pour que les mots fassent sens au sein d’une phrase comme au coeur d’une vie. En fait, deux silences: le silence du début, et le silence de la fin.

Comme les chutes et les relèvements, du corps comme de la conscience: tomber 7 fois, se relever 8.

Certains parlent tout le temps, d’autres trop peu alors qu’il faudrait nommer le dit silence, tandis que la plupart d’entre nous n’écoutons pas suffisamment, ni soi ni les autres, ni les mots, ni le silence. Mais c’est surtout le silence que nous négligeons. Papillons volatiles et volubiles dans des nuages de mots, nous nous éparpillons d’onomatopées, de sons et de bruits de toutes sortes et, ce faisant, nous embouchons le silence, nous le bouchonnons comme un mauvais vin. Nous n’écoutons pas, ou si peu, seulement pour pouvoir mieux et tout de suite répondre du tac au tac.

Contrairement au scrabble, il n’est pas toujours payant de laisser filer toutes nos lettres, soient-elles rares, de noblesses ou de détresse, entre nos dents de sagesse. Il faudrait s’écouter davantage si on voulait s’entendre vivre. Il faudrait respirer pour écouter et entendre l’air du temps qui nous passe dans les poumons, comme entre les dents.

Mais malgré les mots de plus en plus nombreux et bruyants sur tous les réseaux antisociaux, le silence est toujours ici, environnant, il demeure, permanent, constant, présent, sous-jacent. Flottant, suspendu hors du temps.

Et si on se la boucle et qu’on écoute, il est juste là, ici, le silence. Au coeur de soi, doux comme une soie. Entre les lignes, comme entre les mots, entre chaque lettre même, même si on écrit en lettres attachées ou qu’on les tape sur le clavier.

Mais pour l’entendre et le sentir le silence, faut sortir nos oreilles les plus fines, les trois. Pour cela qu’avec le temps qui file et le retour à la source qui se rapproche à chaque jour que le soleil luit et renuit, l’écriture, la lecture, la chanson et la contemplation redeviennent des richesses hors du temps.

Toujours gratuit le silence, mais jamais donné.

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CELUI QUI VENDAIT DES SILENCES
Dans une ville où tout hurlait,
où les klaxons se battaient avec les enseignes,
où les téléphones criaient plus fort que les oiseaux,
il y avait un petit kiosque étrange,
caché au fond d’une ruelle presque timide.
Pas d’affiches criardes.
Pas de néons.

Juste une pancarte écrite à la main : “Silences à vendre. Tarifs doux.”

À l’intérieur,
un vieil homme,
avec des yeux couleur de mer calme,
et un sourire qui ne pressait personne.
Il vendait des silences.
De toutes sortes.
Des silences courts, pour apaiser une colère.
Des silences longs, pour guérir un deuil.
Des silences légers, pour respirer entre deux battements du monde.
Des silences profonds, pour retrouver ce qu’on croyait perdu.
Les gens entraient, souvent par hasard.
Ils pensaient acheter un journal, un café, un billet de loterie.
Et ils repartaient…
avec un morceau de silence plié dans leur poche,
comme une lettre que seul leur cœur saurait lire.
Il ne demandait pas grand-chose en échange.
Parfois une poignée de pièces rouillées.
Parfois un sourire fatigué.
Parfois rien du tout.
Son seul contrat était silencieux :
“Emporte-le doucement. Ne le gaspille pas.”
Un jour, une enfant a demandé :
– Pourquoi tu vends des silences alors que tout le monde vend du bruit ?
Le vieil homme a souri, et a répondu :
Parce que c’est ce qu’on oublie toujours de s’offrir à soi-même.

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Poème (écrit à la craie blanche sur la devanture du kiosque, effacé par la pluie)

Le bruit vend des promesses rapides.
Le silence offre des vérités lentes.
Quand tu n’as plus rien à dire,
ni à prouver,
ni à défendre,
viens chercher un silence.
Dedans, il y a ton nom oublié.
Et la lumière intacte de ton premier souffle.

Belkacem Bouasria Ouldabderrahmane via Alain Leblond

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Écrire, c’est se laisser faire par l’écriture.
C’est savoir et ne pas savoir ce que l’on va écrire.
Ne pas croire qu’on le sait.
Avoir peur.
On voit dans quelle direction on va.
On a des repères très simples.
On se dit: Aujourd’hui, la femme que je décris sortira de sa maison et rentrera au crépuscule.
Mais une fois la femme sortie, il faut laisser faire le livre.
Tous les jours, un livre en cours peut changer de direction.
Il faut le suivre…

– Marguerite Duras
[Le dernier des métiers : Entretiens 1962-1991] via Alain Leblond

TOUS ET TOUTES DANS TOUT

Continue de pratiquer jusqu’à ce que tu puisses te reconnaître dans le plus cruel et inhumain politicien, dans le prisonnier le plus torturé, dans l’homme le plus riche du monde comme dans les enfants affamés qui n’ont plus que la peau et les os. Pratique-toi jusqu’à tu reconnaisses ta propre présence dans toutes les personnes dans l’autobus et dans le métro, dans les camps de concentration, dans les travailleurs des champs, dans une feuille, dans une chenille, dans la une goutte de rosée, dans un rayon de soleil. Médite jusqu’à tu puisses te voir reconnaître dans une poussière d’étoile comme dans la plus lointaine galaxie.
– Thich Nhat Hanh

Il est naturel de se sentir séparé.e. de ce qui nous répugne. Ça nous protège. Comme ça on peut juger, faire porter le blâme hors de soi et garder une illusion de distance, se sentant supérieur.e et plus vertueux/se que.

Comme il est tout aussi fréquent de se sentir séparé.e. de ce que – ou qui – nous admirons, jugeant cela comme mieux, mais un peu inatteignable, nous sentant ainsi inférieur et imparfait.e.

Mais si on était autant l’un que l’autre ? Si on était au fond qu’une infime partie de tout ce qui vit ? Le beau comme le laid, le grand comme le méprisable, le divin comme le maléfique. On aurait moins tendance à juger non ?

Si, au fond, tout ce que l’on voit à l’extérieur de soi n’était que des parties extériorisées de nous-même ?

Et si on était tous et toutes des Trump, des Musk et des Netanyahou vous et moi ? Si on ne les voyait que parce qu’une partie de nous se reconnaissait en eux ?

Et si on était autant les enfants qui meurent de faim, leurs parents qui les voient mourir que les snipers qui leur tirent dessus et qui pensent défendre leur pays ? Peut-être qu’on saisirait mieux l’entièreté et la complexité des conflits.

Et si on était assez vastes vous et moi qu’on se prenait pour le monde entier ?

Le monde deviendrait alors notre monde, comme notre responsabilité personnelle. Il nous faudrait ainsi nous impliquer davantage car peut-être bien qu’on réaliserait qu’il n’y a pas d’autres que soi dans le monde. Peut-être bien qu’il n’y a que soi et qu’on ne voit que soi-même dans les diverses manifestations s’activant dans le monde entier ? Ce qui semble en dehors de soi n’est peut-être que soi-même ?

Et peut-être aussi que tous les êtres humains sur terre ne font que jouer le rôle qu’on leur a attribué à la naissance. Chacun chacune le faisant du mieux qu’il ou elle le peut. Même quand ils/elles ont un des pires rôles. Au meilleur de sa connaissance et de son expérience.

Certains sont là pour nous inspirer, et tirer le monde par en avant, d’autres au contraire sont là pour nous montrer ce que l’on ne veux surtout pas devenir.

D’après ce que je comprends des propos de Mr Hanh, c’est que si on peut arriver à s’identifier à tout, à tous et toutes, peut-être alors qu’on réussira à ne plus s’identifier à rien, ni à ce petit moi qui nous ratatine à un point de vue obtu et limité et nous contraint à un monde limité au mental et trop petit pour la grande âme que l’on porte.

Je crois que ce qu’il tente de nous dire est de développer de l’empathie et de la compassion, pour nous sentir lié au bon comme au moins bon, à élargir nos limites pour en arriver à se sentir faire partie du monde entier, à nous sentir être le monde entier. De la poussière d’étoile à la plus lointaine galaxie.

Dit autrement, par un autre sage : La réalité est que vous n’êtes personne. Pourquoi ne pas partir de là et affronter les faits directement, sans tenter de devenir quelqu’un ?

Mais comme il est trop tard et que nous sommes déjà devenu quelqu’un, on doit s’éplucher, se dé/couvrir, se déconstruire pour retrouver notre visage originel.

Bon voyage.

BONNE NOUVELLE POUR LES NOUNOURS

Ça va Winnie ?
Pas vraiment Porcinet. Tout semble tellement, comment dire, fucké ben raide. (traduction libre)

On te comprend Winnie. Ni Winnie non 😉 car nous sommes plusieurs à nous sentir comme toi parfois.

Tellement d’actions et de gestes qui défient la simple humanité fondamentale dans ce monde. Tant de ressources gaspillées en guerres, en haine, en division, en opposition.

Mais malgré les apparences, bonne nouvelle pour toi mon Winnie. Et pour tous les gens de bonne volonté.

Lis ça lentement
Il se produit actuellement un profond changement pour le mieux sur la planète. Ce changement ne passera pas aux nouvelles, et ne deviendra pas viral. Et si on ne le cherche pas, on ne le remarquera pas. Ce changement se produit dans le coeur des êtres humains. Les gens réalisent que nous devenons la cible de notre attention. Et nous influençons cette réalité à partir de qui nous devenons. Les gens réalisent qu’il est inutile et insensé de se battre, et que de mettre l’emphase sur le combat est futile. De plus en plus, les gens portent attention à créer le paradis sur terre. Ils et elles mettent l’emphase sur la guérison, et sur la création de la beauté. Les gens réalisent que le fait de s’éveiller à leur propre divinité est ce qui nous protège contre la manipulation et leur permet de voir et de devenir le changement désiré. Cette révolution prend place parmi toutes les nations, mais elle est difficile à remarquer. Cependant, cette force se multiplie. Pas en nombre de gens qui se battent car le combat ne fait qu’engendrer plus de combat. Cette force calme et croissante dans la création d’un monde plus beau ne peut que devenir évidente que les autres vont s’y joindre. Jusqu’au point où, un jour, plus personne ne répondra plus aux appels à la guerre. Les fréquences de la guerre, de l’avidité et de la manipulation ne pourront plus exister au sein d’une réalité peuplée d’être souverains vivant en contact avec leur propre divinité.
– Sarah Zula

Je sais que toi aussi tu le vois ce changement Winnie, tu le sens comme nous, les gens qui lisent ces mots. Tout comme Joni Mitchell, nous sommes plusieurs à avoir le coeur brisé face à toute cette stupidité de la part des humain.e.s.

Mais comme le dit Gangaji, osons permettre à notre coeur de se faire briser car c’est ainsi qu’il peut grandir, qu’il peut s’épanouir, qu’il peut s’ouvrir jusqu’à englober le monde entier. https://www.youtube.com/watch?v=gII6JEuwLq0&t=3s

Et de continuer à garder espoir dans les moments difficiles n’est pas seulement innocemment romantique. Car l’histoire de l’humanité ne repose pas seulement sur la cruauté mais aussi et surtout sur la compassion, le sacrifice, le courage et la bonté. Ce sur quoi nous nous dédions dans cette histoire complexe déterminera nos vies. Si nous ne voyons que le pire, cela va détruire notre capacité de faire quoi que ce soit. Si nous nous souvenons de ces périodes et de ces époques au cours desquelles les gens ont agi magnifiquement – et elles sont nombreuses – cela nous donne l’énergie pour agir ou, au moins, la possibilité de contribuer à faire bouger le monde dans une direction différente. Et si nous sommes en action, peu importe l’ampleur de nos actions, nous n’avons pas à attendre un avenir utopique. L’avenir est une succession de moments présents, et si nous vivons dès maintenant comme on croit que les humains devraient vivre, en défiant tout le mal autour de nous, en soi c’est déjà une merveilleuse victoire.
– Howard Zinn

Tu vois Winnie, y a de l’espoir. Oui il se passe tout plein de choses folles et terribles autour de nous et de par le monde, inégalités, injustice et abus de pouvoir. Et c’est normal d’avoir le coeur lourd parfois. En fait ce serait un peu étrange de ne pas ressentir cette lourdeur car nous sommes perméables à la douleur et à la souffrance humaine. En fait là repose notre grande qualité, soit notre capacité d’empathie et de compassion. Non l’empathie n’est pas une faiblesse comme aiment le prétendre certains petits bullies bien insécures probablement en eux-mêmes, l’empathie est notre plus grande force.

Utilisons ces folles actions pour nous stimuler encore davantage à créer un monde juste et bon, un monde comme il devrait l’être.

Et comme on pourrait dire, les plus faibles seront les plus forts. Et heureux les simples d’esprit et au coeur grand et ouvert car le royaume des cieux est right here right now, au coeur de notre coeur.

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Le bonheur n’est pas quelque chose d’immédiat. Il vient de vos propres actions.
– Dalaï-Lama, via Pierre Lemieux

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Tout cela peut paraître utopique, idéaliste ; une chose à laquelle l’humain ne peut qu’aspirer.
Mais si vous ne faites qu’y aspirer, vous continuerez à tuer.
L’amour est aussi réel, aussi fort que la mort.
Il n’a rien à voir avec l’imagination, le sentiment ou le romantisme ; et naturellement, il n’a rien à voir avec le pouvoir, la position sociale, le prestige.
Il est aussi calme que les eaux de la mer et aussi puissant que la mer.
C’est comme les eaux courantes d’un fleuve qui coule sans fin, sans commencement ni fin.

– J. Krishnamurti

Et Winnie, bonne nouvelle car nous sommes en août, et août est ici.

N’est-ce pas Minion ?

OUI JE LES VOEUX

Je rêve d’un monde dans lequel chacun.e a un toit sur la tête, personne n’a faim, tous les malades sont guéris, aucun en enfant n’est orphelin, tous les animaux sont traités avec soins et amour, les gens traitent la terre avec respect et où chacun.e prends soin d’autrui.

Imagine. Imaginez. Imaginons.

Qui peut être contre la vertu right ? On dirait bien qu’il y en a quelques-un.e.s sur terre. Mais nous on a le luxe de rêver. On a le privilège d’être assez à l’aise au quotidien pour imaginer un monde meilleur, et non pas de se battre au quotidien simplement pour rester vivant.e, pour trouver quelques miettes à manger, pour se réfugier et se protéger du chaud ou du froid. Pour ne pas seulement survivre mais bien vivre.

Et avec ce luxe et ce privilège vient une aussi grande responsabilité, une immense responsabilité. Celle d’étendre notre bien-être à autrui, à toute âme qui vive. Et de prendre au moins une ou quelques petites actions en ce sens à chaque jour. Simplement améliorer le sort de la nature autour de soi, d’un animal ou d’une personne. Créer un peu de beauté et contribuer au bien du plus grand nombre.

Car vient un point où prier, souhaiter, imaginer ne fait plus la job. Vient un point où l’on doit agir. Personnellement et collectivement. Pour cela il faut s’organiser, se parler, se consulter. Et je crois que nous avons atteint ce point critique.

Oh bien sûr, ça fait longtemps que nous y sommes. Mais maintenant plus que jamais. La vérité crie et hurle. Même si pour le moment tout semble stagner, pendant qu’un peuple est bombardé, isolé, affamé et assoiffé par ses voisins, la réponse s’organise lentement, trop lentement. Et pas si sûrement que ça. Mais quand même un peu. Dommage qu’on doive toujours attendre trop longtemps pour que les choses s’améliorent. Ça doit être dans la nature humaine.

Oh, bien sûr, devant l’état du monde actuel, on peut considérer les souhaits émis ci-haut comme des utopies, comme des pensées magiques. Mais gardons tout de même en coeur et en tête le souhait personnel et général du mieux, du meilleur pour tous et toutes, et du plus beau partout.

Car quel autre choix avons-nous ?

Surtout, ne tuons pas la beauté du monde.

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Le dernier après-midi d’un atelier intensif de deux semaines, Joanna Macy se promenait et rencontra un jeune moine du centre de retraite qui organisait l’événement.

« Eh bien », dit-il, « je m’attends à ce que, le dernier jour, tu donnes des vœux. »

Joanna lui répondit que ce n’était pas son cas.

« Dommage », dit-il, « je trouve, dans ma vie, les vœux très utiles, car ils canalisent mon énergie pour faire ce que je veux vraiment faire. »

Poursuivant sa promenade, Joanna pensa que si nous devions faire des vœux, ils ne devraient pas être plus nombreux que les doigts et le pouce d’une main. Presque aussitôt, les cinq vœux suivants lui vinrent à l’esprit :

Je fais le vœu, à moi-même et à chacun de vous :

1- De m’engager quotidiennement pour la guérison de notre monde et le bien-être de tous les êtres.

2- De vivre sur Terre de manière plus légère et moins violente dans la nourriture, les produits et l’énergie que je consomme.

3- Puiser force et guidance auprès de la Terre vivante, des ancêtres, des êtres futurs et de mes frères et sœurs de toutes les espèces.

4- Se soutenir mutuellement dans notre travail pour le monde et demander de l’aide lorsque j’en ressens le besoin.

5- Suivre une pratique quotidienne qui clarifie mon esprit, fortifie mon cœur et m’aide à observer ces vœux.

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Il n’y a plus de portes dans les murs, plus de ponts sur les rivières.
Entre les pour, les contre, les contre du pour et les pour du contre, nous prenons nos peurs pour des opinions, et nous nous rapetissons dans nos peines.
Chacun pour soi, chacun chez soi, nous ne faisons plus que subir et nous débattre dans la tristesse de la séparation.
Il est là, le vrai virus, caché dans cette cave du cœur où nous oublions notre commune humanité.
Au delà de nos idées, de nos croyances, il est grand temps de revenir à ce qui nous fait semblables : la vie, la chaleur de la vie.
Nous ne sommes ni nos idées, ni nos croyances.
Nous sommes beaucoup plus que cela.

Nous sommes des êtres vivants peuplés de joies, de peines, d’émerveillements, de mémoire, de rêves et de cauchemars, d’élans et de désirs.
Parlons donc de tout cela qui nous unit, c’est la meilleure façon d’éloigner ce qui nous sépare.
Tout au long de mon existence j’ai tenté de servir la vie.
Je ne peux donc qu’essayer encore et vous dire mon sentiment.
Le mauvais temps que nous traversons doit nous apprendre à grandir, à créer partout où nous le pouvons des oasis de fraternité plutôt que des champs de bataille.
Je vous le dis parce que je sais qu’au fond nous en rêvons tous, et que nous n’avons pas d’autre choix que de cheminer vers nos rêves.

– Henry Gougaud


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Être joyeux dans un monde qui semble s’effondrer est un acte de résistance.
C’est refuser de se laisser submerger par la tristesse et le désespoir, c’est affirmer, malgré tout, que la vie vaut la peine d’être vécue.
La joie n’est pas une absence de douleur, mais une décision de la surmonter, de la transcender.
Elle est ce choix conscient de voir la beauté dans les moindres détails, de trouver un éclat de lumière même dans les moments les plus sombres.
La joie est rebelle, elle refuse de céder à la morosité ambiante, elle persiste, tenace, comme un acte de foi dans la cruauté fondamentale de l’existence.

– Christopher Laquieze, Le silence de la joie

SIOUX HOMME AUX CHATS ET À LA FIANCÉE

Il pensait à l’intérieur des autres, et les autres pensaient en lui.
Au fond, c’est cela, l’ultime dessein de l’écriture – l’idéal vers lequel je tends : penser et ressentir en l’autre, comme d’autres – écrivains ou non – ont pensé et ressenti en moi.
– Annie Ernaux, L’écriture comme un couteau

La mémoire étant une faculté qui arrive à s’oublier elle-même, je ne me souviens pas en détails de Foglia et de ses mots. Mais je me souviens du mood quand on le lisait. Et probablement que si j’écris depuis une 14-15 zaine d’années, c’est à cause de lui. Oui, à cause de plutôt que grâce à lui. J’imagine que lui faisait ça aussi, twister des expressions, ou il aurait pu le faire ce cher fier Pierre. Car de toute façon, il a fait bien pire, et il nous a fait rire. Comme il nous a brassé.s les mots et les idées.

J’ai lu que plusieurs plumes ont été inspirées par son style sans style jadis et depuis lui. Désormais quelques jeunes claviers se sentent encore poids plumes devant son style, devant ses mots. Oui, jadis, dans le temps du Foglia, nous étions plumés et chatouillions à la main le papier, mais de nos jours nous tapons. Mais lui était unique. Et pas surprenant qu’il ait commencé comme typographe ce drôle de type et homme de lettres.

Foglia écrivait tout petit la vie, mais ses mots résonnaient en grand, comme des géants dans nos têtes. Résonnance de sens, et de reliance. Si on le lisait sur papier qui nous tachait les doigts, ses mots touchaient aussi notre coeur qui souriait, comme tous nos sens, de l’humour, de la provocation à la surprise. Comme notre sens de l’amour de l’humain. Il parlait de tout et de rien mais disait tout en parlant de rien.

Peut-être que c’est à cause du papier qui transmettait mieux le sens de ses mots ? Tac tac tac. Et tabarnak, car ses mots étaient sacrés et lui osait le faire. On les sentait de nos doigts ses mots dits, et cris silencieux dans leur écrin de pâte à papier. Il écrivait baveux un peu Foglia, mais toujours juste. Juste assez et parfois too much. Mais jamais de trop.

Quand on le lisait, on le sentait nous écrire personnellement à la main comme au coeur, et jusque dans la face. Jusqu’au cul aussi parfois qu’il nous bottait un peu à l’occasion. On le sentait écrire à personne en général comme à tout le monde en particulier, comme s’il voulait nous baver un peu, et nous braver beaucoup. Il écrivait frondeur, jamais de peur. Je ne sais pas pour lui mais ses idées étaient braves en mots dits.

Quand on le lisait, on le sentait, il était ici avec nous, et nous dans le journal avec lui, et c’était comme s’il nous sentait lui aussi. Ou se crissait-il de nous ? Il savait quoi écrire pour entrer en nous, pour nous toucher le feu au cul et au coeur et nous déranger un peu. Ou nous arranguer le portrait. En fait, ses mots sentaient la vie, ses mots chantaient l’envie, de vivre comme de nous faire sentir vivant.e.s et de nous faire voir les ptits détails de la vie. Il disait, telles quelles, les choses ordinaires de la vie, de façon extra ordinaire. Telles qu’il le voyait, sentait, chantait. Extraordinaire le Pierre.

Foglia écrivait la petite vie d’une façon grandiose et pour ça, oser, on peut dire qu’il osait oser. Il écrivait un peu fleur rose, mais aussi noir rock n roll. Il était drôle mais il était aussi roc. Ses mots nous faisaient sourire et parfois maudire, sinon mauvir pour les plus prudes du verbe de la chair et de la sainte taxe.

Je suis certain que Foglia a eu un troupeau de chroniqueurs wannabe freestyle à sa suite. Moi le premier, et je ne suis sûrement pas le premier. Ni le dernier car on sait bien où finissent les premiers. Nous sommes plusieurs à nous essayer depuis lui. Non pas de le copier, inimitable il est, mais d’écrire aussi unique que lui en tentant de toucher les gens par des mots, petits ou gros, des mots de l’intérieur. Car lui écrivait de l’intérieur, littéralement car à ce qu’on dit il le faisait plus souvent de et à la maison qu’au bureau. Mais, surtout, intérieurement en partant de lui, en parlant de lui. De lui, par lui, vers le monde entier. Définitivement, l’universel et personnel.

Car nous sommes le monde, chacun chacune de nous, un petit univers qui tente de rejoindre l’autre du mieux possible, de rejoindre les autres le plus sincèrement possible. Même ceux qui ne s’en souviennent pas, qui ne s’en souviennent plus. Par la musique, par les mots ou par notre être entier. Moi et l’autre.

Certain.e.s écrivent pour crier doucement, ou durement, d’autres pour se livrer, d’autres encore pour se délivrer. Du mal comme du bien. Comme aurait pu dire ce diable de chroniqueur, si tu fais le mal, fais-le bien.

Il aura été une inspiration, un souffle d’authenticité dans le journal de la vie, une volée de vérité impolie mais si jolie dans un grand journal populaire de mouréal. Et si c’était écrit – par lui – dans le journal, ça devait être vrai. Ou pas. Mais pour de vrai qu’il écrivait. Par ses mots qu’il touchait. Il torchait comme diraient les jeunes d’aujourd’hui.

Avec lui meurt une époque, mais lui survit tout une tribu de tribuns, et de tites brunes. Des joueurs et joueuses de mots, et de tour, de France, comme les cerises de jadis. Il écrivait depuis tout le tour de la terre, mais surtout à partir de lui, où qu’il soit. Il jouait avec les mots, les tissait, les vissait dans nos têtes que parfois il dévissait. Il brassait nos idées préconçues, pour ne pas dire nous les décrissait. Je n’ai presque pas oser le dire mais lui l’aurait fait sans scrupules.

Foglia écrivait doux, comme en ptit rough and tough. Mais toujours il écrivait vrai. Il nous faisaient sentir intelligent.e.s, capable de le prendre. Ou pas, et de l’ignorer. Et il s’en crissait probablement. il écrivait tout d’abord pour lui, et ensuite pour nous. Ou l’inverse. Ou pas. Et un peu probablement pour payer le loyer aussi. Mais jamais il n’essayait de plaire. Sous ses mots, le papier était hot. Et beau.

Merci Foglia. Ils et elles devaient être peu nombreux à t’appeler Pierre. À part tes chats et ta fiancée. Et quelques collègues. Car tu t’es fait un nom et désormais tu l’emporteras au paradis. Ou ailleurs.

Salut vieux bougre de chroniqueur sympathique. Pensées de coeur vers tes proches.

ÊTRES DU MONDE

La compréhension de soi ne se fait pas en se retirant de la société ou en s’isolant dans une tour d’ivoire.
– Krishnamurti

Ces quelques mots de Krishnamurti m’ont interpellé ce matin car le mécanisme de retrait et de fuite est souvent une réaction normale devant ce qui nous semble trop dérangeant, impossible ou inatteignable.

Devant la folie et le chaos qui sévissent dans le monde extérieur actuellement, et les projections d’avenir si peu reluisantes, on aurait bien envie de disparaître, de se cacher sous une roche et de revenir à notre état larvique. Après quelques décennies relativement optimistes et pleines de promesses sur le plan social, les temps présents sont durs pour les rêveurs, comme les réalistes.

Mais peut-être que ce sont des événements aussi troublants qui se passent en dehors de nous qui pourront nous aider à voir plus clair en soi. Peut-être que nous avons besoin, pour grandir, individuellement comme collectivement, d’un peu de trouble dans le monde.

Car lorsque la vie est trop tranquille, trop facile, elle devient plate et on a alors tendance à se complaire dans la facilité, à tenir les choses pour acquis et à s’endormir. Peut-être que ce sont ces temps challengeants qui nous font grandir le plus, ces défis qui nous font sortir du petit soi confortable qui se pense en contrôle et qui se projette trop par en avant en passant à côté du moment, de la réalité actuelle.

Au seuil officiel de la retraite, j’ai parfois tendance à rêver au repos et à la farniente, à la dolce vita. Mais je regarde les nombreuses situations sociales qui sévissent autour de moi – notamment l’itinérance et la difficulté pour les jeunes d’accéder à se loger à coût raisonnable – et je ne peux me satisfaire en me trouvant chanceux d’avoir une maison. Je regarde le monde qui a faim, les immigrant.e.s en transit, les enfants qui ne mangent pas à leur faim et ça me dérange dans mon auto-satisfaction.

Pas suffisant que petit moi soit bien pour faire taire l’appel à l’aide au monde, en même temps que petit moi doit être bien avant de penser oeuvrer pour le bien du monde. Les deux sont liés. Vient un moment ou aider les autres nous faire sentir bien, mais on ne doit pas en dépendre non plus. FIne nuance s’il en est une.

Ma situation extérieure privilégiée ne me permet pas de m’assoir sur mes lauriers et de me considérer à l’abri. Car ce qui se passe dans le monde se passe en soi aussi. Et les choses changent si vite.

Comment être complètement satisfait.e dans un monde qui crie famine ? Ou devrais-je dire qui crie maison ? Qui appelle à l’aide.

Sans penser que le monde ne peut survivre sans nous, et loin de moi l’idée que nous devons devenir des sauveurs, je crois cependant que nous devons contribuer chacun.e à notre façon au bien-être du plus grand nombre. Pro bono publico. Au service du plus grand nombre.

Même si elles sonnent un peu cliché, les fameuses paroles de Kennedy qui disait ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays me semblent plus inspirantes que les actions des nouveaux ptits boss des bécosses actuels dans leurs tours d’ivoire.

Et au bout du compte, peut-être que la seule façon de se comprendre et de se réaliser consiste à aider le monde. Car nous sommes du monde, nous sommes le monde.

Ci-bas un texte confrontant de Rafaello Manacorda trouvé sur FB que j’ai traduit car parfois, nos opinions bien pensantes se transforment en tour d’ivoire.

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FEU ET GLACE : L’ARTICLE SUR ISRAËL ET LA PALESTINE QUE JE N’AI JAMAIS VOULU ÉCRIRE
J’écris ces mots presque contre mon gré, sachant qu’ils risquent fort de contrarier de nombreux proches.
Depuis des années, j’observe un silence absolu sur le conflit israélo-palestinien.
J’éprouve un amour et un respect profonds pour le Moyen-Orient.

J’ai rarement été dans une région du monde où je me sens aussi dynamique, puissante et riche. La paix au Moyen-Orient est l’une de mes définitions du paradis sur terre.
Je prie pour vivre assez longtemps pour la voir.
Cela dit, mes réflexions sincères sur le conflit actuel risquent de vous contrarier, quelle que soit votre « opinion » sur ce conflit.
Permettez-moi d’abord de vous dire ceci : si vous vous trouvez actuellement dans une situation où votre vie dépend de votre choix de camp, tout ce que j’écris peut vous sembler absurde.

Je ne peux même pas prétendre imaginer la douleur et la peur que vous ressentez.
Je ne sais pas ce que je ferais dans votre situation.
Je ne peux que vous apporter mon soutien, ma douleur et ma bénédiction, quel que soit le camp dans lequel vous vous trouvez.
Mais si, au contraire, vous êtes Européen, Australien, Américain, ou même Israélo-Palestinien, relativement en sécurité, et que vous pouvez vous permettre le luxe d’écrire et de lire sans être en danger immédiat, alors ce texte est fait pour vous.
Je comprends que se réveiller avec les nouvelles de ce qui se passe au Moyen-Orient puisse être déchirant.

Je comprends que, que vos cauchemars portent sur la famine infantile à Gaza, le sort des otages israéliens, ou les deux, vous puissiez penser que « ça suffit » et qu’il est temps d’arrêter.
Et pourtant, lorsque vos sentiments légitimes, votre chagrin, votre rage, votre désespoir, votre peur se transforment en opinions, lorsque votre langage devient une sorte de « tout le monde devrait voir ce que je vois, et s’ils ne le voient pas, ils sont soit stupides, soit inhumains », vous m’avez complètement perdu, et avec tout le respect que je vous dois, je vous le répète sans cesse : vous ne m’entraînerez pas dans votre drame.
Regardez : même si je n’ai pas vécu personnellement les horreurs de Gaza ou d’Ukraine, j’ai été impliqué dans de nombreux conflits violents.
J’ai passé de nombreuses années à me battre, fièrement et vigoureusement, pour « ce qui était juste ».

Je comprends très bien la mentalité militante.
Je crois même que, dans certains contextes, cette mentalité est nécessaire.
Mais je vois aussi, avec une clarté cristalline, que l’état d’esprit militant et rassembleur n’est qu’une façon parmi d’autres de voir le monde.

Et c’est loin d’être la façon la plus saine ou la plus encourageante de le voir.

Et voici pourquoi :
Cette même droiture qui nous pousse à nous révolter dans une colère légitime et à briser les chaînes de notre propre esclavage, cette même droiture, lorsqu’elle est dissociée du danger ou de la souffrance vécus, peut devenir un poison dangereux.
J’ai vu des dizaines, voire des centaines, d’êtres humains passer – instantanément ! – du statut de fervent défenseur des faibles à celui de prédicateur, de tyran et, dans certains cas, d’agresseur.
Croyez-le ou non, mais d’après mon expérience personnelle auprès de centaines de personnes, voici comment cela fonctionne :
Vous constatez une injustice.

Vous ne supportez pas de ressentir ces émotions, alors vous vous forgez une opinion cristallisée à son sujet.
Vous assignez les rôles de victime et de persécuteur.
Ensuite, votre opinion se charge d’émotions, qui, soit dit en passant, sont largement indirectes.
Autrement dit, vous ne mourez pas de faim ni ne courez un danger de mort immédiat, mais vous agissez comme si c’était le cas.
Votre belle qualité humaine d’empathie échappe à tout contrôle et façonne désormais votre monde.
Votre langage se remplit de « toujours » et de « jamais ».
La chaleur de votre émotion s’est transformée en la froideur glaciale de votre opinion inattaquable.
En bref, vous êtes entré à pieds joints dans le triangle du drame, et même si vous savez pertinemment qu’il s’agit d’une spirale sans fin, vous vous dites :
« Cette fois, c’est différent.»
Mais ce n’est pas le cas.
Pensez-vous que ceux que vous qualifiez de « persécuteurs » n’ont jamais été victimes ? Pensez-vous qu’ils n’ont pas connu de souffrance légitime, à un moment donné ?

Ne pensez-vous pas qu’ils ont aussi ressenti « cette fois, c’est différent », et que c’est précisément ce qui les a transformés en oppresseurs ?
Mon expérience personnelle de 20 ans au contact des ombres humaines ne me laisse guère de doute.
De la souffrance aux opinions, en passant par la violence qui se manifeste dans notre tête, notre cœur, et potentiellement dans nos actes, c’est une pente glissante et rapide.
Oui, parfois, s’engager sur cette pente peut être justifié.

Si vous êtes enfermé dans une cellule en sous-sol, si votre famille est agressée, je ne vais pas rester là à vous faire la morale et à respirer.
Mais si vous écrivez furieusement vos articles sur les réseaux sociaux tout en sirotant votre matcha latte, ma compassion s’arrête là.

Vous n’avez pas le droit de transformer vos opinions en vérité absolue.
Vous n’avez pas le droit de perpétuer la spirale de la violence en jugeant qui est la victime et qui est l’oppresseur.
Vos sentiments, vos émotions, votre vérité nue et vulnérable, c’est ce que le monde entier veut entendre. Pas vos opinions politiques, et certainement pas votre version du Jugement dernier.

À vrai dire, ma critique des commentateurs des réseaux sociaux qui boivent du latte est bien pâle en comparaison de l’indignation que je ressens face à l’imprévoyance et à la trahison de l’humanité de soi-disant chefs spirituels et religieux.

C’est déjà assez grave lorsqu’un citoyen ordinaire se laisse posséder par une « vérité » et cesse de s’ouvrir à l’autre camp (psychologie 101 : le camp réprimé se réfugie dans l’ombre où il se nourrit, se déforme et devient projection).
Mais il est consternant que ceux qui deviennent si partiaux soient les imams, les rabbins ou les prêtres.
Ce sont précisément ces personnes qui, de par leur rôle et leur vocation sacrée, devraient nous rappeler à tous, encore et encore, que l’humanité entière est Une.
Il est tragique que ces mêmes chefs spirituels passent des heures à prêcher exactement le contraire : une « vérité » unilatérale, clivante et violente qui perpétue la souffrance sans fin.
Est-il vraiment si difficile de voir que ceux qui sont impliqués dans des conflits, si l’on fait abstraction de la religion et d’autres abstractions comme la nationalité, ne font en réalité qu’un ?
Comment est-il possible que les chefs spirituels de tous bords ne remplissent pas leur devoir sacré de favoriser l’entente avec « l’ennemi » ?
Un vrai rabbin devrait prêcher l’amour envers les musulmans.

Un vrai imam, l’amour envers les juifs.
Ce devrait être leur priorité ABSOLUE et une partie de leur mission sacrée dans la société. Pourtant, la plupart, voire la totalité, de ces chefs spirituels ont abandonné cette mission. Pourquoi ?

Parce qu’ils ont laissé leurs émotions et leurs souffrances prendre le dessus sur leurs esprits et leurs cœurs.
Maintenant, ils utilisent leurs chaires pour prêcher le nettoyage ethnique et la guerre sacrée, attisant les émotions des masses.
Je suis, je l’avoue, très en colère contre eux.
Et puisque nos chefs spirituels ont abandonné leur mission, il nous appartient de prendre position fermement et de NE PAS nous laisser emporter par le tourbillon de nos émotions.
Et oui, je sais, certains d’entre vous diront :
« Mais pas quand des enfants meurent de faim. »
« Mais pas quand des otages innocents sont retenus captifs. »
Et à cela, je réponds avec amour… NON.

C’est précisément dans ces moments-là qu’il est impératif, urgent et essentiel d’utiliser nos outils et de mobiliser nos émotions afin qu’elles NE SE CRISTALLISENT PAS EN OPINIONS.
Les émotions sont chaleureuses, vives, palpitantes.
Les opinions sont froides, exclusives, séparatrices.
Ne confondez jamais les deux !
Permettez-moi de terminer cet article par une anecdote qui m’a ouvert les yeux.
Il y a quelques mois, j’animais une formation d’une semaine.

Le groupe n’était pas nombreux, mais parmi eux, il y avait des Israéliens, des Palestiniens de Cisjordanie, ainsi que des Russes et des Ukrainiens.
Vous vous demandez peut-être combien de temps nous avons consacré à débattre des douloureux conflits israélo-palestinien ou russo-ukrainien ?
La réponse est : aucun.
Dès que ces êtres ont eu accès à un espace où ils pouvaient ressentir et exprimer leurs émotions, et qu’ils ont accepté de ne pas se livrer à des opinions ni se faire la morale…
En un rien de temps, ils dansaient, pleuraient et riaient ensemble.
Je suis très claire : c’est un modèle de guérison.
Tous les sentiments – zéro opinion.
Cela crée proximité et compréhension.

Cela peut créer la paix.
Les émotions, lorsqu’elles sont assumées et exprimées, portent la chaleur de la vie.
Les opinions, lorsqu’elles sont durcies et cristallisées, portent la froideur de la mort.
Puisse tout cela fonctionner.

TERRIBLE ET FORMIDABLE LE MONDE

Si tu veux croire que le monde est terrible, regarde les nouvelles. Si tu veux croire que le monde est formidable, passe du temps en nature.

En effet, si on se fie aux nouvelles – et encore lesquelles me direz-vous – le monde va mal en ta, alors que la nature est une constante recréation de beauté, un miracle in the making à chaque instant.

Même si les lois de la nature peuvent nous sembler cruelles, on se rappellera qu’aucun animal n’en affame d’autres pour les éliminer et les faire souffrir. Les humains peuvent être beaucoup plus cruels que les animaux. Mais en même temps, la bonté humaine existe amplement de par le monde. Certains parents préfèrent pratiquement mourir de faim pour nourrir leurs enfants.

Si on ne peut généraliser et affirmer que tout dans la nature est beauté et bonté, alors que l’humanité n’est que malédiction et abomination, on doit en effet faire porter notre regard plus largement et tout balayer du regard, tout y inclure, le beau et le bon comme le laid et le dur. Car la vie se manifeste dans tous les extrêmes, elle est belle et bonne, autant que laide et bum.

Le monde est doux et fou, le monde est tout et rien. Comme nous. Grand.e.s et petit.e.s généreux et égoïstes, noir et blanc. Comme les infinies nuances de gris, et une encore plus grande multitude de tons, de teintes et de couleurs.

La vie inclut tout ce sur quoi on fait porter le regard. Notre regard devient notre monde. Mais la vie inclut aussi tout ce existe et même ce que l’on ne voit pas, comme tout ce que l’on ne soupçonne même pas exister. La vie comprend tout mais notre vie se résume à ce l’on perçoit, comprend, pense, sent et imagine. Notre vie n’est qu’une infime partie de la Vie.

On peut soit choisir de ne voir que ce l’on veut voir, et nier le reste, ou du moins le négliger, l’ignorer, si une telle chose est possible, mais au final, on reviendra toujours à ce qui nous constitue, ce qui vit en soi, la part de Dieu en nous.

Une part de beauté, une part de laideur, comme notre capacité de les imaginer et de les créer, et, selon la portée de notre regard, ainsi sera le monde.

Le monde est terrible et formidable, les deux en même temps, tout le temps. Et hors du temps.

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La réalité ne peut pas être décrite dans un absolu.
La vérité est toujours relative, d’où les contradictions qui apparaissent suivant les niveaux de conscience desquels on s’exprime , suivant le contexte.
Aucun concept n’est totalement défendable
Il n’y a que des filtres.
Et que dire du concept de réalité.
Ce serait quoi ?
Au plus ultime je pourrais dire qu’il y a quelque chose à la place de rien.
Mais c’est quoi quelque chose et rien ?
Rien existe t-il ?
Non car il faut quelque chose pour en faire le constat.
Mais si rien ne peut pas intrinsèquement exister, comment son contraire , une chose peut elle exister ?
C’est quoi l’opposé , de l’inexistant , puisqu’il n’existe pas.
Si on est totalement imprégné de cela on ne peut que se taire parce qu’on voit que toute pensée est une illusion et que décrire le monde par des illusions ! … c’est une belle farce !
Et pourtant ça parle et ce n’est pas mal , c’est le vivant à l’oeuvre mais c’est tellement sans importance !
Et tellement joyeux de parler !
Pour rien.

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L’imprévu est certain d’arriver, alors que ce qui est attendu pourrait ne jamais arriver.
– Nisargadatta Maharaja, via Jean Bouchart d’Orval

LE MONDE DU MONDE

La chose la plus radicale que l’on puisse faire à l’heure actuelle consiste à être totalement présent.e à ce qui se passe dans le monde.
– Joanna Macy via Alain Nyala

La chose la plus radicale que l’on puisse faire à l’heure actuelle consiste à être totalement présent.e à ce qui se passe dans le monde.

La chose la plus radicale

En effet, rester ouvert et en contact avec soi-même, et avec le monde. Mais avec soi avant le monde entier car tout part d’ici. Et si on se perd soi-même, le monde est perdu du même coup. Nous sommes le monde qui résonne dans un corps, dont celui qu’on nous a prêté pour le moment.

que l’on puisse faire à l’heure actuelle

Faire ou simplement être ? Mais peut-être qu’au contraire ce que l’on pense habituellement que faire c’est être, c’est peut-être le contraire et être c’est faire ?

Car on ne peut pas vraiment faire quoi que ce soit d’autre que d’être vivant.e, et sentir, voir, essayer de comprendre, observer, prendre note. Et ne pas trop réagir si on veut être capable de répondre. Et de ne pas virer fou, ni folle.

consiste à être totalement présent.e.

Qui parmi nous est capable d’être totalement présent.e tout le temps ?

Nous avons tous nos petits moments de présence, mais aussi de nombreux moments d’égarement, d’errance, d’errement, autant mentaux qu’émotionnels, des poches d’air dans lesquelles nous tombons par inconscience, vers lesquelles nous nous évadons régulièrement, su coeur desquelles nous nous perdons parfois temporairement, volontairement ou pas.

Mais comme on dit, tomber 7 fois, se relever 8. Et on peut toujours revenir à soi, à ce qui est, même si cela est parfois difficile et complexe si on élargit au monde extérieur.

Et si on visait la simplicité ?

Et si on respirait consciemment une fois de temps en temps ?

à ce qui se passe dans le monde

Tout ce qui se passe dans le monde ? Mais comment savoir ? Il s’en passe tant et tellement. On peut toujours commencer par ce qui se passe dans notre corps, dans notre tête et nos émotions, dans notre respiration justement, et ensuite aller vers ce qui se passe autour de soi, de plus en plus large.

Quant au monde, cela est une autre question car selon les médias consultés, notre vision du monde va varier considérablement. La notion de monde est vaste et élastique. Le monde est multibinaire câline de bine.

On entend beaucoup parler de Gaza quoi que pas assez peut-être – probablement la pire situation, et man made de surcroit, comme de la téléréalité États-unienne à la sauce pédophilique qui nous tient en haleine, mais tant d’autres endroits sont en plein chaos sur la planète : Haïti, l’Ukraine, la Syrie, la Libye, le Yemen et plusieurs autres pays d’Afrique, notamment le Soudan, et un peu partout au Moyen-Orient.

Et c’est sans parler de l’intelligence artificielle et de ses promesses comme de ses menaces. Et les feux, la chaleur et les pluies torrentielles qui n’impressionnent pas du tout les climatosceptiques.

Bref, le monde brasse, le monde craque de toute part, le monde rock, and roll.

Mais on ne doit pas perdre de vue la beauté, la bonté car plein de ça aussi dans le monde.

D’ailleurs, dans le monde ou dans notre monde ?

Car il s’agit bien de notre monde. Un monde qui n’est pas fermé sur le monde, l’autre monde. Le monde de tout le monde, le monde de tous les mondes, les beaux comme les immondes. Le seul monde dans lequel on vit, dans lequel on évolue, si on ose parler d’évolution. Car si on semble tourner en rond, sinon faire du surplace, dans les faits on semble en même temps reculer. Que ce soit sur le plan humain comme environnemental.

On dit d’ailleurs qu’on a jamais autant dépensé en armement que maintenant. Follow the money disent-ils.

Et au bout du compte, malgré tous ces terribles faits et constats, nous sommes ici. Et comme le dit Mme Macy qui vient de quitter son corps pour un autre monde justement – ou est-ce le même monde ? :

la chose la plus radicale que l’on puisse faire à l’heure actuelle consiste à être totalement présent.e à ce qui se passe dans le monde.

On va essayer ça en fin de semaine OK ?