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INCRÉDULES CROYANCES

J’ai découvert qu’il est nécessaire, absolument nécessaire, de ne croire en rien. Ainsi, nous devons croire en quelque chose qui n’a ni couleur ni forme, quelque chose qui existe avant que toute forme et couleur n’apparaissent… Peu importe le Dieu ou la doctrine en laquelle vous croyez, si vous vous y attachez, votre croyance sera plus ou moins centrée sur une idée fixe. – Shunryu Suzuki

Ou dit autrement :
Le Dieu que j’adore existe hors du temps, de l’espace et de la matière.
Ceci est la description de quelque chose qui n’existe pas.

Le monde aime croire. Du moins, c’est ce que je crois.

Croire nous aide à vivre, à faire face à l’incertitude, à imaginer ce qui est, comme ce qui peut être, ce qui peut peut-être être, comme à ce qui sera. On peut même croire que ce qui a été, ce qui était, en croyant que ça existe encore en soi. Car certain.e.s aiment croire que si nous sommes quelque chose, nous serions la somme de nos expériences passées. Du vieux stock quoi.

Et si nous n’étions rien ? Rien d’autre qu’un défilé de pensées et de ressentis, de perceptions et de croyances ?

Si nous n’étions rien de ce que nous croyons être ? Rien du tout ? Rien de tout cela ? Et si nous n’étions rien dans le Grand Tout ? Ce Grand Tout majuscule qui n’est lui-même peut-être même pas ?

Si nous n’étions ni forme, ni couleur ?

Si nous n’étions que la vie qui passe et qui en prend conscience ?

Que serions-nous si ne croyions en rien ?

Car peut-être ne sommes-nous rien au fond ? Comme au plafond.

Qu’une présence qui pense, qui observe, qui sent et qui ressent ? Qui se croit quelque chose ? Ou même quelqu’un.e ?

J’aime croire que c’est possible, mais j’aime croire également que c’est tout aussi impossible, en même temps, dans la même ptite tête de linotte. Et je crois en tout comme en rien entre les deux.

Perso, plutôt que de ne croire en rien, je préfère croire en tout, mais aussi en son contraire. Ou pas.

Croire. Ou et ne pas croire du tout.

Car dès que l’on peut croire à quelque chose, cette croyance peut être erronée et s’infirmer, elle peut se faire contre-croire par quelqu’un qui croit autrement. Dualité quand tu nous tiens.

Est-ce que deux croyances contraires peuvent exister ? Why not coconut ?

J’aime croire que les contraires n’existent pas, que seuls les complémentarités de pensée existent.

Le rien qui est rempli de tout, comme le tout qui comprend tout le rien du monde, tout le vide aussi. On dit d’ailleurs, comme ici, que le centre du monde est rempli de rien. Quelque chose non ?

Dieu ou pas alors ?

Que des croyances différentes, des noms divers, même l’été, mais des croyances qui existent les unes avec les autres, qui co-existent, ensemble, et non l’une contre l’autre. Toutes les croyances, ensemble, dansent. Même les légères. Même les fofolles.

Ah ce cher terme que celui de Dieu, ce mot de 4 lettres en français, mais que 3 en anglais. Drôle de jeu. Jeu de Dieu. Tant de gens ont été tués en son nom. Et la folie continue.

Au fait, peut-on écrire dieu en minuscule ? Péché mortel ? Drôle de croyance.

Et Dieux au pluriel ? déjà plus de sens.

Je prie Dieu pour qu’elle/il/ça me débarrasse de Dieu, que je sois libéré.e de mon image mentale de Dieu, pour que seule la réalité nue ne subsiste. – Maître Eckhart

Ces mots pourraient soulever un tollé ! Bruit de cymbale !

Au fond, vaut peut-être mieux rire de nos croyances. Même en ces temps macabres en plusieurs endroits sur terre, loin ou plus près. Car trop facile de blâmer Dieu pour ça. On fait de Dieu ce que l’on veut bien en faire, ou ce que l’on veut bien en croire.

Un dicton va ainsi: Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant. Mais môman, môman, môman certains de tes fils et tes filles passent un bien mauvais moment. Gardons-les en coeur, en esprit et en pensées. On a ce luxe ici. Le luxe de croire en paix.

Et si on remplaçait Dieu par la Vie ? Je crois que ceci est une bonne idée.

Et le mot de la fin à Osho alors:
Je ne pense pas que l’existence veuille que vous soyez sérieux. Je n’ai jamais vu un arbre qui ne soit sérieux, un oiseau sérieux, un lever de soleil soleil qui était sérieux. Je n’ai jamais vu une nuit étoilée qui n’était sérieuse. On dirait que tous les éléments de la nature comme les astres rient et dansent à leur façon. Peut-être ne le comprenons-nous pas, mais il semble exister une subtile réalité qui fait que l’existence est une célébration.

Qu’on y croit ou pas.

Et pour blaster quelques croyances, de mon chum Yusuf.

SOMNANBULLES DE RÊVES

Ce matin, j’utilise deux memes de deux de mes Alain d’amis, et je réponds à un autre ami, le Edgy one sur les bords, au sujet de l’illusion réelle ou fausse. Yo mes amis. Et merci de me nourrir de slow mots.

Sous-question alors.
Et si, en roulant en voiture, on embarque un.e somnanbule qui fait du pouce sur le bord du chemin, quand il ou elle se réveillera, est-ce qu’on va se ramasser dans son lit ?

Cette situation est de Pierre Légaré. Mais elle représente bien une certaine possibilité pas si éloignée de notre prétendue réalité.

«Techniquement», le somnambulisme désigne un état où le sujet est capable de se mouvoir alors qu’il est endormi. La personne qui vit un épisode de somnambulisme est en mesure de marcher, de parler, parfois même d’échanger. Ses yeux sont ouverts, mais son esprit est endormi. Elle n’a pas conscience de ce qu’elle est en train de vivre.

Pas vous et moi ça ? Parfois ou même souvent. Avouez. OK moi j’avoue, et je te tutoies.

Et peut-être bien qu’un jour notre rêveur/se en chef se réveillera et pouf ! nous nous réaliserons. Du moins nous réaliserons que l’on dormait sur la switch, ou au gaz c’est selon, selon comment on aime dormir. Vite ou lentement.

Car je pense bien qu’on dorme mes ami.e.s. On dort car notre esprit est souvent ailleurs. Et pas juste la nuit à part de ça. Pensons-y la prochaine que nous égarerons notre cell., nos clés ou notre carte de crédit. Ou quand on cherchera quelque chose et qu’on se demandera ce que l’on était en train de chercher ??? 😉

Nous sommes plusieurs à chercher l’éveil mais aussi nombreux à ne pas être conscient.e que nous dormons la plupart du temps. Et avec le temps qui passe sur nos mémoires, les choses ne s’améliorent pas.

Il nous faudra aller au Salon de l’Éveil à Laval !

Et paroles de Gurdjieff, les possibilités pour les humain.e.s sont grandes. Vous ne pouvez même pas concevoir l’ombre de ce que nous pouvons devenir. Mais rien ne peut être atteint dans le sommeil. Au coeur de la conscience d’une personne qui dort, ses illusions et ses rêves se mêlent avec la réalité. Elle vit dans une monde de subjectivité duquel elle ne peut s’évader.

Alors comment on se réveille soi-même ? Comment on revient à un état de veille auto-déclenché ? Comment on déclenche ? Les questions de posent mais il ne faut trop se reposer car l’éveil de la conscience est une job de jour, une full time job à temps plus que plein. Une job de débordement de la conscience.

Cherchez la flamèche.

On doit prendre conscience de tant de choses, telles nos conditionnements, nos programmes acquis et acceptés, notre petitesse de conscience, nos limites de pensées. Car la réalité est infinie, immense et éternelle, et nous on voit à si court terme, à trop court terme. Nous sommes des presbytes spirituels qui ne pouvons voir plus loin que notre nez, même s’il est long. Des pinnochios de la conscience qui se mentent à eux et elles mêmes.

Ce sont nos besoins immédiats qui nous mènent par le bout du nez, ou par un autre bout, le boutt du boutt.

Ce sont nos croyances qui nous enferment sur et en nous-mêmes. Ce sont nos idées cristallisées devenues simili-réelles qui nous emprisonnent. Même plus besoin de barreaux, nos prisons sont devenues virtuelles.

Nous sommes des êtres d’habitudes, de petites manies et d’automatismes programmés. Métro boulot dodo, café, déjeuner et le reste de la journée. Journées parsemées d’écrans et de messages dictés désormais. On se regarde vivre en dehors de soi, le nez dans l’écran. Alors que notre conscience dort dans l’écrin.

Mais la principale question demeure : Suis-je le rêveur somnanbule ou le conducteur qui l’a embarqué ?

Mon Dieu, ai-je rêvé une autre chronique moi là là ?

Maybe baby. Mais au moins, je ne suis pas le seul, nous sommes au moins deux, toi et moi. Et je vous vois. Sur la voie rapide.

Good morning !

WE OUI WE

Dans notre société moderne, la plus grande illusion consiste à penser que la liberté soit purement individuelle, alors qu’en réalité, notre liberté est profondément liée au bien-être de chaque personne.

Avis aux quelques personnes qui se pensent isolées du tout, comme de tout le reste du monde, gens et choses comprises : ce n’est pas le cas. Nous sommes un. Le même organisme, la même chose.

Même si vous venez de vous faire construire un bunker sous-terrain dans le désert ou de vous acheter un véhicule tout-terrain qui peut rouler sur la Lune, bien possible que vous ça ne vous serve pas beaucoup ni bien longtemps. Il faut gazer quelque part 😉

Car dans les fait, la liberté n’est pas qu’individuelle ni personnelle, la liberté ne peut qu’être communautaire, coopérative et sociétale. C’est Bouddha je crois qui disait qu’il attendrait que la dernière personne ne soit entrée au paradis avant d’y entrer lui-même. Or something like that.

Certains d’entre nous restons pris dans une quête de liberté adolescente, puérile, immature. Une liberté du genre : Me Me Me.

Alors que la vraie liberté, la liberté mature et adulte implique plutôt We We We.

La liberté sans compassion n’est liberté – c’est de l’égoïsme déguisé. La vraie comprend la responsabilité de prendre soin des autres.

Si on sort de soi un tant soit peu, on réalise que nous ne sommes pas un maillon mais une chaîne d’êtres humains inter-connectés et que la chaîne ne peut être aussi forte que le plus faible de ses maillons.

La spiritualité moderne, comme la croissance personnelle, encouragent bien souvent davantage le gonflement de l’égo que sa disparition. La vraie job de réalisation en est au contraire une de décroissance personnelle et une vers d’engagement social.

Or, nous en sommes venus à penser que nous sommes des maillons autonomes. Ni connecté.e.s aux autres, ni à l’air que nous respirons, ni à la terre sur laquelle nous marchons. Cette terre qui nous porte, nous nourrit et nous abreuve, et qui nous envoie des signaux assez clairs d’une perte d’équilibre certaine il me semble. Malgré qu’on ne veuille pas les voir. Malgré qu’on continue de voyager et de consommer.

Qui vivra verra bien. Mais ça regarde mal.

Bien sûr qu’on doit commencer à prendre soin de soi en premier lieu. Mais on ne doit pas s’arrêter là. Que le premier pas. On doit déborder de soi, partager son bien-être, le répandre autour de soi. Sinon il finira par pourrir, par s’atrophier, par se ratatiner.

Le vrai sens d’extase, qui signifie sortir de soi, n’est pas de tripper sa vie seulement par soi-même ni seulement par en dedans. C’est plutôt de plonger en soi pour découvrir et y puiser toutes les ressources qui s’y cachent pour les partager, les séparer, les donner sans calculer ni compter.

Le bonheur est contagieux, il est fait pour être partagé. Sinon il ne peut grandir, sinon il restera petit et limité. Sinon il restera égoïsme.

Comme on dit, c’est lorsqu’on donne que l’on reçoit. On dit aussi parfois qu’on ne peut pas donner ce que l’on a pas reçu. Mon mentor Veeresh disait au contraire que l’on doit donner ce que l’on aurait aimé recevoir comme ce que l’on a pas reçu car c’est en le donnant qu’on le reçoit immédiatement, sans même s’en rendre compte.

Comme on dit aussi, on ne peut faire la paix dans le monde en bitchant contre la guerre. Personnellement, je ne sais pas comment faire la paix dans le monde autrement qu’en la cultivant en moi-même ptits bouts par ptits bouts. Et en partageant les ptits bouts que j’y trouve avec mes frères et soeurs.

Comme St-François d’Assise. En rappel.

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

FOCUS

Je sais que ça va passer, mais c’est lourd.
Je sais que c’est lourd, mais ça va passer.

Le cas classique est le célèbre verre d’eau. Oui, oui celui-ci.

Certains le voient à moitié plein, d’autres à moitié vide. Les aveugles ne le voient pas du tout. Les chimistes les voient comme un savant mélange comprenant 2 particules d’hydrogène pour une d’oxygène dans un contenant de sable transparent. Certains finfinauds considèrent le verre deux fois trop grand pour la quantité d’eau qu’il contient, tandis que d’autres encore vont caler tout l’eau d’une seule gorgée et régler la question, comme satisfaire leur soif.

Mais pour en revenir à nos oiseaux, pour ne pas dire à nos 2 moineaux du haut, les deux attitudes sont tout de même révélatrices d’une certaine perception d’une même situation.

Je sais que ça va passer, mais c’est lourd met l’emphase sur la lourdeur et la difficulté du moment, sur le poids de la chose, et néglige le mouvement de la vie.

Alors que Je sais que c’est lourd, mais ça va passer se donne un élan, coule avec le processus et compte sur le passage du temps. Le bon vieux : This too shall pass.

Parfois, pas si fou de ne pas considérer seulement le moment présent, mais de le replacer dans un continuum, de la contextualiser dans un élan de vie, dans une danse entre lourdeur et légèreté, dans un flow continu.

Si les deux positions sont valides, elles peuvent faire changer du tout au tout la façon dont on considère ce qui est, car tout est seulement ce que ça nous semble être. Notre attitude générale envers la vie détermine la vie elle-même. Tout est dans le regard.

Selon l’emphase avec laquelle on fait porter notre regard sur les choses, sur la vie, selon notre point de vue, notre focus, ce qui semble être peut être fort différent de ce qui est. Et cela on peut le décider, on peut apprendre à changer notre perception, notre regard, pour alléger la vie et le poids des choses.

En tant que privilégié.e.s de ce vaste monde, comment pourrait-on tout simplement se plaindre ? Notre verre est plein à rebord et déborde même.

Et tant qu’à utiliser les animaux noirs et blancs pour illustrer les grandes vérités de ce monde – oui il existe bel et bien ici un 2ème degré ici – en voici deux autres qui nous permettent d’embrasser un autre point de vue intéressant entre les opposés, ou les compléments, c’est selon.

Car en effet, on peut considérer que notre ombre, de laquelle on aimerait bien se délester parfois pour enfin être illuminé.e, autre 2ème degré – protège notre lumière alors que c’est cette même lumière qui permet de guérir notre ombre avec amour et en temps et lieu.

Faut simplement trouver les bonnes lunettes j’imagine.

P.S. Les corbeaux sont des oiseaux incroyablement intelligents.
Et ça je le crôa crôa.

BABINES SPIRITUELLES ET BOTTINES MATÉRIELLES

La souffrance du monde entier va s’emparer de nos coeurs et les briser pour que nous ne puissions plus les garder fermés. Nous en avons trop vu désormais. Jusqu’à un certain point, nous sommes prêts à payer le prix de la compassion avec laquelle vient la joie de chaque geste bienveillant. De cet élan résulte l’honneur de participer à un processus généreux qui nous permet de s’élever à chaque jour et de faire ce que doit. Avec ça vient la simple grâce singulière d’être un instrument de l’amour, peu importe la forme, et peu importe la fin. – Ram Dass

Leur élan de générosité est l’une des choses que j’ai toujours appréciée, autant de Ram Dass que de Krishna Dass. Leur gourou, Neem Karoli Baba – leur Maharaj;ji – leur avait donné comme mission, à leur retour en Occident, de s’engager dans la réalisation de bonnes actions, bonum factum.

Car si les bonnes paroles bene dictions – sont en soi bénéfiques et nécessaires, elles doivent se matérialiser par des actions aussi bonnes. Sinon elles resteront lettres mortes, paroles en l’air, mots vides de sens.

Car on n’enseigne jamais seulement qui nous sommes, par ce que l’on fait, et comment on le fait. Nos gestes sont notre feuille de route, notre carte de faire.

Si nos paroles ne sont pas soutenues par des actions concrètes et des gestes de manifestation qui leur correspondent, nos paroles ne seront que babillages et beaux discours. Comme on dit en langage populaire, nos bottines doivent suivre nos babines.

Et si on veut faire le bien, on doit le faire à partir d’un endroit pur et détaché. La charité doit être une free game. On ne peut vouloir aider son prochain ou sa prochaine pour en retirer quelque chose en retour. On doit bien porter attention à l’égo qui veut se gaver de faisage de bien.

La bonté ne peut que couler de soi, que couler de source, de la source. On ne donne rien soi-même de toute façon car tout nous est seulement prêté. Pas de photos, pas de démonstrations. Que des petits gestes discrets, pour le simple plaisir d’aider, de rendre service. Un certain dicton dit que l’on doit aider autrui comme si personne ne nous observait. Personne à part soi-même.

Vient un point dans notre vie, lorsque la gratitude est incarnée, qu’on réalise que l’on reçoit tant qu’on ne peut que redonner en retour, on ne peut que passer au prochain.e. Par pure empathie et compassion. En aidant de la façon dont on apprécie soi-même être aidé.e. quand on en a besoin. Offrir de l’aide, et en accepter aussi. Car si on ne fiat que donner, on risque de se placer en position d’autorité.

Le but final de toute démarche spirituelle ne me semble que pouvoir et devoir viser à contribuer à faire de ce monde, notre monde, un monde meilleur. Un monde plus juste, un monde plus équitable pour tous et toutes.

Car si on considère être tous et toutes un, une, comment vivre autrement ?

Comment puis-je être satisfait.e d’être aussi choyé quand l’autre ne mange pas et n’a pas le simple minimum ?

Avec l’avènement d’une spiritualité grand public, d’une culture de croissance personnelle, on voit beaucoup d’ornement d’égo et de pétage de bretelles ésotériques dont nous sommes tous et toutes sujets à souffrir.

Mais si le fait de devenir religieux.se nous rend critique, hautain.e, acerbe et médisant.e, on doit vérifier si on idolâtre Dieu ou son égo.

Moins évident de travailler à devenir rien de particulier, ni personne de spécial. À simplement s’effacer devant la vie et ses multiples manifestations.

Selon Krishnamurti, il est formidable d’accepter que nous ne sommes rien, nous savons alors ce que signifie aimer.

L’état du monde actuel ne peut faire autrement que de nous briser le coeur. Si on s’ouvre au monde, on ne peut que ressentir la misère du monde. Comme sa beauté crue.

Même si nous ne sommes pas encore rien, on peut continuer d’y travailler. Le sablage du petit morceau de bois qui sait bien qu’il finira poussière, que poussière.

À chaque pas, à chaque jour. Humblement et simplement. Le coeur brisé, joyeux, et grand ouvert.

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et classique petit bijou au sujet du précieux d’un coeur brisé…

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et pour s’inspirer, la prière de St-François d’Assise

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

VIVE L’OBSCURITÉ / VIVRE L’OBSCURITÉ

SVP, pouvons-nous simplement arrêter d’associer l’obscurité avec le mal. Les yeux fermés, l’état de rêve, la méditation sont tous liés à l’obscurité, comme le sont le ciel la nuit et l’univers depuis toujours. Les graines sont plantées dans l’obscurité de la terre. La vie nouvelle qu’une mère porte en elle se forme dans l’obscurité. L’obscurité est le terrain fertile de toute création. De quoi avez-vous peur et qui vous a dit d’en avoir peur ?

On dit que les temps actuels sont sombres.

Peut-être est-ce pour le mieux ?

Peut-être que toute cette obscurité apparente cache une nouvelle lumière qui pointe ?

Peut-être qu’un nouveau monde émergera de ce temps sombre ?

Car de la noirceur jaillit la lumière.

On nous a appris à craindre la noirceur, l’ombre, le sombre et l’obscurité. Pourtant toute vie nouvelle ne peut émerger que d’un espace protégé de lumière, à l’abri de la lumière trop vive. Toute vie nouvelle émerge de l’ombre. C’est au coeur de la tanière que peut germer une nouvelle source de vie.

On dit aussi qu’un arbre qui tombe enterre le bruit des nouvelles pousses qui émergent. Alors ne nous fions pas seulement à ce et ceux qui font tant de bruit et qui occupent le devant de la scène. Ça bouge aussi en arrière du décor.

Une partie du monde actuel, du vieux monde, est en train de mourir, pour laisser la place à un monde nouveau. La compétition doit céder sa place à la collaboration, la haine à l’amour, la guerre à la paix. Mais à son rythme, en temps et lieux, même si les choses semblent aller trop lentement.

Et cette nouvelle vie ne peut que prendre place à l’ombre des événements qui accaparent le regard de la dite actualité. De belles choses se passent aussi back stage. Des gens de coeur et de bonne volonté s’activent à améliorer le monde.

La lumière pousse au coeur de l’ombre.

Certaines choses doivent demeurer cachées, dans l’ombre, en arrière plan, si on veut qu’elles croissent et se développent. Car si on les amène trop vite à la lumière, la gestation complète ne peut se faire.

Les enfant qui naissent aujourd’hui sont les êtres qui seront appelés à s’occuper du monde de demain. Toute vie ancienne doit céder sa place à la nouvelle. Et cela ne peut se faire qu’à l’ombre du monde visible.

Comme l’amour qui ne peut que prendre sa force ultime au coeur de notre coeur, à l’abri des regards. Comme l’inspiration a besoin de protection au coeur de soi quand on ferme les yeux et qu’on ouvre son coeur. Comme la graine doit se terrer au coeur de la terre avant d’émerger et d’affronter le soleil.

Alors n’ayons pas peur de ce qui semble noir, sombre, négatif. Cet espace est porteur de lumière. Les nouvelles pousses y trouvent leur place pour grandir, pour s’ancrer au coeur d’un monde nouveau que nous sommes appelé.e.s à créer, maintenant, ensemble.

Même si l’espoir d’un monde meilleur est ébranlé en ce moment, puisons dans nos ressources intérieures pour aider à faire pousser le nouveau monde.

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Fermez les yeux quelques minutes et écoutez ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=oObHGXNHFtI

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Dans nos moments les plus sombres, nous n’avons besoin ni de solutions ni de conseils.
Ce à quoi nous aspirons, c’est simplement une connexion humaine, une présence silencieuse, un contact doux.

Ces petits gestes sont les ancres qui nous maintiennent stables lorsque la vie nous semble trop dure.
S’il te plaît, n’essaie pas de me réparer.
Ne prends pas sur toi ma douleur et ne repousse pas mes ombres.
Assieds-toi simplement à mes côtés tandis que je traverse mes propres tempêtes intérieures. Sois la main ferme vers laquelle je peux tendre pour trouver ma voie.
Ma douleur m’appartient, mes combats m’appartiennent.
Mais ta présence me rappelle que je ne suis pas seul.e dans ce monde vaste et parfois effrayant.
C’est un rappel discret que je mérite d’être aimé.e, même lorsque je me sens brisé.e.
Alors, dans ces heures sombres où je m’égare, seras-tu simplement là ?
Non pas comme un sauveur, mais comme un compagnon.
Tiens-moi la main jusqu’à l’aube, m’aidant à me souvenir de ma force.
Ton soutien silencieux est le cadeau le plus précieux que tu puisses m’offrir.
C’est un amour qui m’aide à me souvenir de qui je suis, même lorsque J’oublie.
~ Ernest Hemingway

BENE DICTIONS – BONS MOTS – GOOD WORDS

Avant de répandre des commérages au sujet de la vie des autres, de leurs défauts, de leurs erreurs, rappelez-vous qu’il y a aussi des parties de votre vie dont vous ne voulez qu’on rapporte. Alors soyez bon.ne.

Soyons bon.ne.s, discrets, respectueux et réservé.e.s.

Parlons des autres comme on aimerait qu’e les autres parlent de nous. Parlons juste et bien. Et juste assez.

Je postais d’ailleurs ici, l’autre jour, cette citation de Blaise Pascal à laquelle je repense souvent encore : Peu d’amitiés subsisteraient, si chacun.e savait ce que son ami.e dit de lui/elle lorsqu’il/elle n’y est pas.

En principe, avec de vrai.e.s ami.e.s, une telle situation ne devrait pas arriver. En principe, de vrai.e.s ami.e.s vont être transparent.e.s. et capables de nous dire face à face tout ce qu’ils et elles ont à nous dire. De bien comme de moins.

Les plus grandes sources de pollution dans le monde sont possiblement les paroles négatives et blessantes qui circulent à-propos des autruis. Tout particulièrement depuis que les vannes communicationnelles grand public et présumées gratuites sont grandes ouvertes. Gros coût social.

C’est comme si on avait ouvert à ciel – et à inconscient – les égoûts aux ragots, bavardages, bruits, commentaires, commérages, opinions, indiscrétions, médisances, les on-dit, rumeurs et autres mots vides mais malveillants. Nous sommes devenu.e.s incontinent.e.s aux mots sales, aux mots pas jojos.

Pas pour rien que les bonnes nouvelles ne pognent pas. Une partie de notre humanité aime se nourrir de négatif, d’ombre, de noir. On adore les ragots. Et plus on répand les male dictions, plus on s’empoisonne soi-même. Les mauvais mots nous pourrissent dans la bouche avant même qu’ils ne sortent vicier l’air.

Car on ne parle toujours que de soi, on ne parle toujours qu’à soi-même et de soi-même. Dès qu’on médit sur autrui, on parle en mal de soi. Dès qu’on médit, on se détruit un peu, on se heurte surtout soi-même. Mais les autres aussi.

Personnellement, un des plus grands apprentissages que je tente d’intégrer dans ma vie quotidienne consiste à ne pas/plus parler des autres en leur absence, à moins que ce soit positivement, pour partager du bon et du beau à leur propos.

Et si j’ai quelque chose de plus cru à dire à leur sujet, si les gens comptent pour moi, je vais m’arranger pour trouver un temps et un moment pour partager en tête à tête, pour clarifier, pour alléger. Pour m’alléger.

Bien sûr que ce n’est pas possible de faire cela avec tout le monde qu’on fréquente. Bien sûr qu’on doit choisir ses ami.e.s. Ceux et celles qui en valent la peine. Mais si une relation est importante, cela en vaudra toujours la joie au bout du compte.

Alors en ce petit vendredi doux d’août, je nous souhaite d’apprendre à développer de plus en plus la parole droite, la parole digne, la parole juste. Et laissons aux internets à potins et aux amateurs/trices de male diction le champs de mine libre.

Viva les bene dictions !

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Parler est une catharsis, une purification.
Mais pourquoi se purifier aux dépends des autres ?
Pourquoi jeter sa saleté sur eux/elles ?
Si vous voulez vous purifier, purifiez-vous seul.e.
Fermez vos portes et parlez-vous à vous-même autant que vous le souhaitez.
Posez des questions, donnez des réponses et faites-en un jeu.
Ce sera bien, car c’est toujours ce que vous faites de toute façon.
Mais quand vous le faites aux dépends des autres, vous ne vous rendez jamais compte de vos bêtises.
Seul.e, vous en prendrez conscience.
Faites-le seul.e et bientôt vous réaliserez ce que vous avez fait toute votre vie.
Puis, petit à petit, plus vous prenez conscience, plus les mots disparaissent, plus les nuages disparaissent.
Quand le ciel intérieur est sans nuages, quand vos yeux sont sans mots ni pensées, et que votre bouche est remplie de silence, alors…
alors vous avez des yeux, alors vous avez des oreilles, alors vos sens sont complètement vides – ils sont des véhicules, des médiums.
Alors la communion est possible.

– 0sho

CURAMOUR

Certaines personnes vont vous aimer peu importe ce que vous faites tout comme d’autres ne vous aimeront jamais peu importe ce que vous faites. Allez là où se trouve l’amour.

Et si on arrêtait d’aller en dehors de soi pour chercher l’amour ?

Si on faisait du sur place et qu’on commençait à générer soi-même cet amour ?

Si on se mettait à cultiver en soi cet amour qu’on veut tant recevoir d’autrui ?

Si on puisait dans son propre coeur pour inonder le monde d’amour ?

Car où ailleurs peut-il être généré de toute façon que dans notre propre coeur ? Notre propre shop à amour personnelle.

On a appris que l’amour venait de l’extérieur, que le vrai amour consistait à être aimé.e par autrui. Merci Walt Disney.

Mais peut-être qu’on a tout faux ? Et peut-être que cette croyance entrave notre capacité d’amour propre ?

Peut-être que le seul amour véritable ne peut venir que de soi. Tout d’abord, de soi, à soi, de soi à soi, et ensuite seulement, peut-il déborder et envahir le monde pour aimer tout ce que l’on aime naturellement, jusqu’à englober l’amour de tout ce l’on aime moins naturellement, jusqu’à ce qui nous répugne. Que notre amour puisse se déverser sur et dans le monde, ce monde qui part de soi de toute façon, et ce monde dans lequel nous existons.

Mais peut-être pense-t-on qu’on ne peut aimer quiconque – ou être aimé.e de quiconque – tant que nous ne sommes pas complètement guéri.e ?

La guérison n’est pas un processus que l’on complète avant de pouvoir aimer.
On guérit dans l’amour.
On guérit autour de l’amour.
On guérit lorsque nous choisissons de marcher avec des gens avec qui il est sécuritaire de marcher dans la guérison – et qui nous rappellent que nous méritons d’être toujours aimé.e.s sur ce chemin.

L’amour est probablement ce que nous cherchons et recherchons tous et toutes le plus au monde. Probablement que la gloire, la richesse, la sécurité et tous les autres biens de consommation ne sont que de pâles substituts à l’amour. Mais on ne consomme pas l’amour, c’est l’amour qui nous consume, on doit apprendre à se laisser faire par l’amour.

Bien sûr que l’amour est difficilement définissable mais comme on l’a tous et toutes sûrement déjà ressenti, peu importe la forme, l’amour est probablement ce que l’on recherche dans la vie, ce qui nous drive. L’amour est le moteur de la vie.

Sauf que trop souvent, nous le cherchons en dehors de soi. Alors qu’on en a le coeur déjà plein, débordant, jaillissant. Le coeur est une génératrice d’amour. De là fondamentalement que l’amour peut être généré, et se regénérer. Pour les humain.e.s du moins car la nature déborde d’amour, la nature n’est qu’amour manifesté.

Personnellement, je sens l’amour partagé quand je prie et que je chante avec mes ami.e.s. Je sens l’amour quand je marche en forêt, quand j’écoute les oiseaux chanter. D’ailleurs je suis pas mal certain que les oiseaux chantent par amour, qu’ils chantent l’amour, qu’on les entende ou pas. Les oiseaux chantent l’amour.

Veeresh avait l’habitude de nous dire: give what you need and want to receive. And by giving it, you’ll be receiving it. Pas fou ce cher Veeresh.

Et peut-être que le mot amour, ce mot de 5 lettres, 4 en anglais, n’est qu’un autre nom pour empathie, compassion, conscience et humanité partagée. Peut-être qu’un autre nom pour dire notre âme. On dit d’ailleurs que c’est dans notre coeur que réside l’âme du Dieu.

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Nous sommes tous en danger pendant que nous vivons, mais c’est justement ce danger que nous aimons puisqu’il élargit nos cœurs en y faisant entrer l’infini.
– Rainer Maria Rilke, Lettres à une amie vénitienne

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La compassion n’est pas une question de bonté.
La compassion est une question de conscience.
La compassion, au sens large du terme, est une expression de conscience, mais pas nécessairement exempte de la souillure de la saisie de l’ego.
La compassion authentique est sans ego.
C’est l’essence inhérente exprimée, indissociable de la conscience.
Cette essence naturelle, qu’est la compassion authentique, n’a pas besoin d’être formulée ni même exprimée par le terme « compassion ».
Nous en voyons l’exemple chez nos grands maîtres.
Leur compassion authentique ne requiert ni phrases, ni expressions, ni même actions.
Leur simple présence, leur identité, n’est rien d’autre que la quintessence de la compassion.

~ Khandro Rinpoché,  Voix sacrées des maîtres Nyingma 

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https://www.youtube.com/watch?v=M9_lObety_E&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fatisupino.com%2F&source_ve_path=Mjg2NjY

PAROLE JUSTE, ET BONNE

Ne dis jamais rien qui n’améliore pas le silence.
– Richard Yates

Grosse responsabilité right ? On y pensera la prochaine fois avant d’ouvrir la bouche. Ou d’écrire. Ou de s’exprimer de quelconque façon.

Mais disons qu’en tant que nues mains, on a le droit à l’erreur un peu quand même. Car parfois, aussi inévitable qu’indispensable – et impensable – de dire n’importe quoi. Ou rien. Et son contraire. Ou pas. Dans l’ordre mais surtout dans le désordre.

Mais ça peut devenir un beau projet de vie de viser à développer une parole juste et bonne, une parole aidante et soutenante au bien du plus grand nombre. Ultimement.

Si on porte attention, on remarquera que l’on a souvent le verbe négatif et la parole dure et blessante, sinon cinglante. La parole comme la pensée. C’est dans la nature humaine de regarder en dehors de soi, de commenter, de commérer, de discourir, de parler de, de soi ou des autres, parfois en bien mais souvent pas. Assez fréquent de se plaindre aussi. De voir la moitié vide du verre et de le remplir de paroles creuses. Ou de prier par demandes commandées à l’au-delà.

Dès qu’on ouvre la bouche, si on porte attention, on peut voir ce qui git en nous. C’est le non manifeste qui se manifeste, et qui peut infester le monde. Car comme le verbe crée, important d’exprimer ce que l’on veut créer dans le monde et de ne pas parler dans le vide, de ne pas brimer le silence. Par respect pour le silence, important de surveiller sa propre parole, pour qu’elle soit propre justement. Afin qu’elle devienne de plus en plus juste, et de plus en plus bonne. Bonne pour soi, comme pour le monde. Tout le monde, le monde entier.

Car il existe déjà suffisamment de chaos out there. Pas besoin d’en rajouter right ?

Avec les multiples réseaux, la parole et les opinions se sont magnifiés, pas nécessairement dans le sens de magnifique, plus dans le sens de multiplier, amplifier, répandu. Le verbe s’est lâché lousse et flye de toutes parts. Ce qui nous passait par la tête jadis s’éclate désormais au grand jour sur les ondes, et les écrans. Ce qui était en écrin s’étend maintenant sur les écrans du monde. Et les mots peuvent devenir des armes de destruction massive et offensive. Surtout quand les gens ne sont pas présents de corps, et encore moins d’esprit.

Alors ce matin, ces quelques mots pour me rappeler à moi-même. Me rappeler de parler bien, de parler juste, de parler droit, ce qui commence toujours par penser en ce sens. Et de nourri une pensée juste. Rappel de bien choisir mes mots, de m’adresser à moi comme à autrui avec bienveillance, avec dignité, avec droiture. Développer une façon juste de prendre sa juste place dans le monde. Et de ne pas nuire au silence.

Et ceci j’affirme.

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Peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas.
– Blaise Pascal via Pierre Lemieux

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À l’origine, la prière n’était pas une demande ou une supplication, mais une offrande pour « alléger la souffrance de Dieu ».
Elle impliquait le sacrifice de soi et l’élévation de l’être, pour transformer les énergies négatives en or alchimique.
Étymologiquement « prier » signifie « travailler pour les dieux »…
Littéralement, « exhausser » – d’où nous viendrair « exaucer » – signifie « porter en haut », et l’idée de « porter en haut » est à mettre en rapport avec la montée de la Kundalini jusqu’au chakra (ou la sephira) de la Couronne…
– E.J. Gold via Alain Nyala (traduit par lui)

AMOUR AMOUR AMOUR À TOUT TOUT TOUT

Ces temps-ci, j’essaie simplement de tout aimer ce qui vient vers moi, que ce soit des choses animées ou inanimées, plaisantes ou difficiles. J’espère que vous aussi pouvez apprendre à utiliser les extases comme les détresses de la vie dans votre pratique spirituelle pour que tout devienne de l’eau au moulin.
– Ram Dass

Oui, éventuellement, réussir à tout aimer, et si ce n’est pas possible de tout aimer immédiatement, du moins au début, se pratiquer à tout accepter, à dire oui, à recevoir le coeur ouvert tout ce qui nous arrive, comme ce que l’on provoque soi-même, le beau comme le moins.

Car parfois l’amour demande du temps, et/ou de la pratique.

S’il est facile d’accueillir le menoum menoum, accueillir les beurks et les ouarks est moins évident, mais là que se situe le vrai défi.

Pas si simple de regarder le monde évoluer présentement et considérer qu’il nous faille aimer l’état du monde et de son monde. Mais quoi d’autre à faire ? Si on aime pas quelqu’un, ou quelque chose, soit on le change, soit on regarde ailleurs.

On revient encore et toujours à la prière de la sérénité mais avec quelques plus.

Accordez-moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux changer et la sagesse d’en connaître la différence

et accordez-moi le courage de ne pas renier ce que je crois être bien, même si je pense que c’est sans espoir.

En y ajoutant, apprenez-moi à aimer éventuellement tout ce que je déteste actuellement, ce qui consiste au fond simplement à transformer la haine en amour. Tout simplement mais si simple en effet.

Aimer ce que l’on aime déjà est relativement simple, mais aimer ce que l’on déteste, ce qui nous répugne, nous dégoûte, nous lève le coeur est la job des job du coeur à réaliser. Réaliser, comme dans rendre réel, vrai, sincère.

Arriver à considérer les choses et les gens que l’on perçoit actuellement comme inhumains, malsains et inconscient.e.s, et on a sûrement un ou quelques exemples en tête, peut constituer le plus grand défi dans notre apprentissage de l’amour inconditionnel. L’ultime exploit que d’arriver à aimer tout ce qui vit, en particulier le laid et ce que l’on considère inférieur à soi.

Car chacun.e de nous sommes ici pour apprendre, pour tirer des leçons. Oui, certains semblent attirer vers le bas, mais ce n’est que leurs leçons à eux. Et qui sommes-nous pour juger ? Sait-on mieux que quiconque. Car même le laid, une fois accepté, reconnu et aimé, peut constituer du beau, ou se transformer.

Dans nos yeux que réside la capacité de transformation.

Comme dans notre coeur.

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Il est essentiel d’utiliser la voie spirituelle pour dissiper la confusion.
Cette confusion est notre perception erronée de qui nous sommes.
La voie doit la clarifier, et non l’aggraver.
C’est essentiel.
Nous ne cherchons pas à polir notre ego et à créer un nouveau « moi », brillant et spirituel.
En réalité, nous devons être habiles dans notre pratique afin qu’elle n’intensifie pas et ne solidifie pas ce qu’elle est censée dissoudre.
Comprenez-vous ?
Cela peut représenter un grand danger sur toute voie spirituelle, car cela peut créer l’effet inverse de celui escompté.
Dès lors, dès que nous commençons à nous considérer comme spéciaux ou différents des autres, nous nous trouvons déjà sur un terrain très dangereux.
Ce qui devrait se produire, c’est que nous ressentons de plus en plus notre connexion intérieure avec tous les êtres : « Ha, nous sommes tous dans le même bateau. »

– Jetsunma Tenzin Palmo

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D’ailleurs, Thich Nhat Hanh disait justement ceci sur cet écran précédemment.

Continue de pratiquer jusqu’à ce que tu puisses te reconnaître dans le plus cruel et inhumain politicien, dans le prisonnier le plus torturé, dans l’homme le plus riche du monde comme dans les enfants affamés qui n’ont plus que la peau et les os. Pratique-toi jusqu’à tu reconnaisses ta propre présence dans toutes les personnes dans l’autobus et dans le métro, dans les camps de concentration, dans les travailleurs des champs, dans une feuille, dans une chenille, dans la une goutte de rosée, dans un rayon de soleil. Médite jusqu’à tu puisses te voir reconnaître dans une poussière d’étoile comme dans la plus lointaine galaxie.

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