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SE PERDRE POUR SE RETROUVER

Je me perds en Dieu et Dieu se trouve en moi.
Pourquoi regarder dans toutes les directions ? Fermez les yeux
et regardez en vous.

Merci Rumi. Si elle est de toi, de vous devrais-je dire, désolé de te tutoyer comme ça petit impertinent que je suis.

Se perdre pour se trouver, ou se retrouver plutôt. Car on s’est perdu.e.s. Disons qu’on s’est égaré.e.s.

Fermer les yeux pour découvrir le monde. La vie semble parfois contradictoire, mais elle ne l’est peut-être pas tant finalement. Sûrement pas en fait, qu’en surface.

À trop chercher en dehors de soi, on s’éparpille, on s’écartille. À Paris comme ailleurs.

Car trop à chercher en dehors de soi, trop à tenter de découvrir. Trop à tenter de contrôler aussi en ce monde totalement hors de contrôle. Deux yeux pour tout ça, trop peu. Il faut user du bon oeil.

Car si on pouvait contrôler quoi que ce soit, on arrêterait les guerres, on nourrirait et soignerait les enfants, on protègerait la Terre. Right ? Mais hors de nos mains. Alors on doit prend note, prendre acte, et agir à notre minuscule échelle personnelle.

On perd parfois la foi et espoir en l’humanité et on pense que si on laisse aller, si on lâche prise – expression galvaudée s’il en est une pour nous control freaks – le monde va se perdre et partir en déroute.

Mais peut-être, comme l’affirme Sogyal Rinpoche, que même si on croit qu’on on va finir avec rien si on laisse aller, la vie nous révèle le contraire, soit que de laisser aller constitue la voie de la liberté.

La vie nous le montre peut-être, mais pour le voir, et surtout le réaliser – comme dans rendre réel – il faut le mettre en pratique. Apparente contradiction s’il en est une: faire un effort pour ne plus rien faire.

Comme ouvrir les mains quand on a peur. Comme ré-ouvrir son coeur quand on a été blessé.e. Pas simple ni évident. Mais indispensable, inexorable, inévitable.

Se perdre en Dieu pour le trouver en soi ? Peu importe ce qui monte quand on entend le mot Dieu. Car toute la vie vit en soi, suffit de l’écouter pour l’entendre, la goûter pour la déguster, fermer ses yeux pour la voir.

La seule façon est en effet probablement de regarder par en dedans car le monde est trop vaste, trop complexe, trop fou. Trop à voir et ce monde fou rend notre regard flou.

L’infiniment petit comme représentation de l’infiniment grand.

Bonne intro. Spection.

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Note sur la chronique d’hier
https://atisupino.com/2025/09/08/avec-la-tete-ou-dans-le-coeur/
Je faisais hier l’apologie du coeur aux dépends de la tête.
Un de mes plus assidus lecteur et ami me disait avec raison que le coeur et la tête faisaient tous les deux parties du corps et que l’on devait cesser les séparations et vivre dans l’entièreté de notre corps. Tout à fait vrai.

Mais, si je ne l’ai pas dit assez clairement hier, je reste persuadé qu’on doit choisir le pôle qui guidera notre vie, où logera notre boussole, qui sera le pilote, et qui sera le co-pilote sur le siège d’à côté. Car évidemment que les deux peuvent et doivent absolument collaborer, mais on doit choisir qui mènera la barque.

Vroum vroum, floush à floush et vive l’amour !

L’amour à mort !

AVEC LA TÊTE OU DANS LE COEUR

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Y a-t-il même un avion ?

La question se pose, et se repose, mais personne ne se repose à trop tenter d’y répondre. Tentant mais épuisant.

Finalement, un SOI ? Ou pas ?

Il y a deux façons d’aborder la question: avec la tête ou dans le coeur.

Avec la tête on dissèque, on creuse, on développe, on construit, on élabore, on cherche.

Dans le coeur, on fait confiance, on savoure, on s’abandonne, on se laisse aller et on se laisse trouver.

Ave la tête, on calcule, on multiplie, on divise, on additionne.

Dans le coeur, on s’apaise et on se soustrait, de la tête comme du monde.

Avec la tête, on en veut plus, toujours plus. On analyse, on cherche la croissance personnelle, on s’arrache du monde, on veut s’améliorer et se connaître toujours plus, devenir toujours mieux et meilleur.

Dans le coeur, on relaxe, on respire, on s’y loge et on se love dans le refuge divin.

Avec la tête, le monde devrait être autrement, mieux, plus, meilleur, plus meilleur tout le temps, jamais assez maintenant.

Dans le coeur, tout est parfait, parfaitement imparfait ou imparfaitement parfait, c’est selon, tout bon, tout bon. Poupoum poupoum.

Dans la vie, soit on pense, soit on aime.

Oh bien sûr, rien n’est aussi tranché qu’un pain Weston. Mais ce sont nos deux pôles.

La tête est le pôle tow, toujours plus tow, et le coeur, le pôle now, right now.

La tête se prépare toujours pour l’avenir, le coeur ne peut que vivre maintenant.

La tête se bat avec la parade qui s’en vient, le coeur bat la chamade de chaque instant. Poupoum poupoum.

Soit on veut se connaître et découvrir les infinis mystères de la vie, soit on accepte le grand mystère, on s’y glisse et on laisse les mystères se découvrir au bon moment. Ou pas.

Connais-toi ou oublie-toi, telle est la question au fond. Comme en surface.

La tête ou le coeur. Faites vos jeux.

On dit que si on vit surtout avec sa tête, dans le mental, la tendance est toujours à l’hyperexcitation, au flot continu de pensées, au prochain pas, à ce qui vient.

Tandis que si on se branche sur son coeur, et son système nerveux, la tendance est au ralentissement, à la détente, au beat plus slow.

La tête spin comme des portes battantes, le coeur bat tout simplement, un seul rythme à la fois.

Pensons-y. Ou pas. Pas trop du moins. Sentons-le plutôt.

Parlant beat, ci-bas, les mots d’un poète beatnik.

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Joie et Lamentations

Rien ne se perd.
Rien ne s’oublie.
Nos vies sont les chroniques de cette planète en orbite autour du soleil…
Plus de 8 milliards d’humains respirent et expirent actuellement, sans compter ceux qui sont partis et ceux qui viendront.
Et nous avons tous des histoires à partager.
Nos vies sont pleines de moments précieux, des grenouilles et des poissons rouges sautant et nageant au milieu des lotus en fleurs dans le petit étang, des promenades avec nos chiens dans les bois profonds, à l’écoute du monde dans toute sa splendeur naturelle.
Les démonstrations publiques de beauté et les tragédies privées marchent trop souvent main dans la main.

Oh, mais ces moments de tendresse, l’amour que nous partageons, nous accompagnent jusqu’à la fin.
Et quand nous serons partis, les rivières couleront toujours vers l’océan, comme les anges chantent à l’aube.
La vie est remplie de joie et de lamentations.
Le bonheur et la tristesse marchent main dans la main.
Alors chante, mon cher, chante avec une joie pleine de larmes.

Que ton dernier souffle soit la dernière note d’un doux chant.

– Ron Whitehead, U.S. National Lifetime Beat Poet Laureate

EN NOUS ON PRIE / ON NOUS EN PRIE

La réponse est oui: vos prières seront exaucées.Faites de la place pour ce que vous aimez. Soyez patient.e.s, l’univers est en train de mettre tout ça en place. -L’Univers

On parle beaucoup de prière ces temps-ci. Surtout de l’interdire. Dans les espaces publics du moins. Mais je crois qu’on entretient de drôles d’idées au sujet de la prière.

Car si le monde a besoin d’une seule chose en ce moment, c’est bien de prière. Prière pour la paix, prières pour tous, toutes et tout ce qui vit.

De notre enfance, on retient de la prière une demande. On priait généralement avant de se coucher. On demandait que nos proches soient en santé, on demandait d’obtenir certaines choses, en général assez triviales d’ailleurs. Prières d’enfants.

Mais notre capacité de prier n’a pas vraiment évoluer on dirait. Voyons l’état du monde. Nous sommes encore des quêteux de divin. Et de matériel. On veut encore avoir, recevoir, se faire donner, obtenir.

Mais si on avait tout faux au sujet de la prière ?

Et si la prière était surtout l’expression de notre gratitude pour la chance et le privilège d’être en vie ?

Une reconnaissance et un grand Merci d’en avoir assez pour bien vivre, en fait d’en avoir plus qu’assez pour vivre confortablement. D’avoir tout ce que l’on a besoin et plus.

Et si la suite logique de la prière pour soi consistait à souhaiter la même chose pour tout le monde ? Car on ne peut ni ne doit s’arrêter à soi-même.

Il me semble qu’on ne peut que souhaiter que la paix dans laquelle on a la chance de vivre soit une réalité pour tous et toutes sur terre.

Et si la prière devait inévitablement être suivie d’actions concrètes et conséquentes pour être sincère ?

Car la prière est trop facile si elle ne s’incarne pas, si elle ne reste que mots, si elle n’est pas accompagnée de gestes qui la soutiennent. Et pour plus grand que soi-même.

Par exemple, à chaque tuerie aux USA, les politiciens offrent leurs pensées et leurs prières aux familles des victimes. Et en même temps, ils autorisent des mesures permissives pour les ventes d’armes, tout en étant financés par les lobbies pro-armes. Cherchez l’horreur.

Belles paroles vides et creuses.

En fait, nos prières ne devraient pas être transmises par des mots, nos prières devraient être des actions, des gestes. On ne peut souhaiter et dire quelque chose et agir autrement. Nos vraies prières sont visibles dans et par nos actions. Nous sommes le livre de prière. Ou du moins nous devons le devenir. Que nos paroles soient marchées.

Nos prières devaient émaner de soi. On ne prie pas avec la bouche, on prie avec nos mains et nos pieds, avec notre coeur.

Nos prières doivent nous dépasser, nous transcender.

On ne peut prier que pour le bien du plus grand nombre. On doit se tasser du chemin quand on prie.

Les vraies prières ne peuvent qu’être dirigées vers tous les êtres vivants. Pour que tous et toutes soient en paix et en sécurité, aient suffisamment à manger et à boire, et un toit sur la tête. Au minimum.

Sinon, on peut bien émettre tous les beaux souhaits que l’on veut, mais nos paroles ne resteront que nuages.

La vraie prière est compassion incarnée.

Je vous en prie.

Et ainsi soit-il.

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La compassion n’est pas une question de bonté.
La compassion est une question de conscience.
La compassion, au sens large du terme, est une expression de conscience, mais pas nécessairement exempte de la souillure de la saisie de l’ego.
La compassion authentique est sans ego.
C’est l’essence inhérente exprimée, indissociable de la conscience.
Cette essence naturelle, qu’est la compassion authentique, n’a pas besoin d’être formulée ni même exprimée par le terme compassion.
Nous en voyons l’exemple chez nos grands maîtres.
Leur compassion authentique ne requiert ni phrases, ni expressions, ni même actions.
Leur simple présence, leur identité, n’est rien d’autre que la quintessence de la compassion.

~ Khandro Rinpoché, la Voix sacrée des maîtres Nyingma

1000 ET 1 VIES

Nous mourrons des milliers de fois au cours d’une vie. Nous nous effondrons, nous cassons et nous désassemblons, des couches d’illusions se consument, et tout ce qui reste est la vérité de qui nous sommes vraiment.

Jour après jour, on naît et on meurt, on re-naît et re-meurt. Jour après jour, mais parfois la nuit aussi. Car jours et nuits dansent toujours ensemble. Comme matins et soirs, avant et après midis. Pénombre, aurore, aube, que des phases, que des moments passagers qui se répètent à l’infini. Comme nos organes qui se regénèrent de sept ans en sept ans. On dit que nous nous renouvelons à chaque cycle de sept ans.

Le fond demeure le même, mais la surface change sans cesse. Jusqu’à ce que ce corps nous quitte. Ou double. Car avec les années, certains corps se fragilisent, d’autres prennent de l’ampleur. Plus ou moins d’ampleur. Mais toujours plus fragile. Jusqu’à preuve du confrère. Et de la consoeur.

Que puis-je dire que je n’ai pas déjà dit ?

Déjà écrit, déjà pensé ? Mais jamais des pensées ne viennent de nulle part. Toujours les mêmes mots, mais assemblés différemment. Toujours les mêmes mots qui ne veulent jamais dire la même chose, qui ne peuvent jamais dire la même chose.

Car nous ne sommes jamais les mêmes. Ni celui – ou celle – qui écrit, ni celui – ou celle – qui lit. Guiliguili. Ces mots qui nous chatouillent la curiosité, ces mots qui alphabétisent le silence.

Qui suis-je sans les mots ?

Qui suis-je sous les mots ?

Humble serviteur du vivant. Explorateur du néant.

Un muet beau parleur qui se meut dans la foule des âmes.

Poète à ses heures, petit moine à d’autres. Humain de bonne heure et sage de bonheur.

De ces heures qui passent. Et qui repassent. Jamais les mêmes, toujours la même. Le seul moment. Que celui-ci, que déjà il a fui.

Que puis-je dire que je n’ai pas déjà dit ?

Écrit, crié ? Écrits criés, ou chuchotés. Silence parlé.

Paroles chouchoutées de ma petite humanité oubliée. Car les mots ne sont rien sans l’humain, mots à tour de bras et à mains nues. Le coeur dessus, par-dessus. La main.

Poésie tordue, paroles joufflues. Mausus de bouche cousue et langue touffue qui ne peut plus dire tout ce qu’elle veut. Car parfois la langue nous enfle, la langue nous dédouble quand on tente de dire le double sens de la vie. Parole comme sens unique. Et trip la vie.

Vieux motard qui jammait.

Et Pouf !

Petits écris d’un ptit jeudi matin tout gris, tout bleu, houleux et calme. Heureux dans l’âme et la conscience. Blues sous la blouse et coeur sur la main. Absence et présence qui dansent ensemble dans le grand cha cha cha de la vie sur terre.

OK le poète, shake shake shake ! Enwèye la back house dans le poil à bras.

Et chante effeuilleuse vie qui nous dégarnit.

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Que puis-je dire ?

Que puis-je dire que je n’aie déjà dit ?
Alors je le redis.
La feuille a une chanson en elle.
La pierre est le visage de la patience.
Dans la rivière, il y a une histoire inachevée et vous êtes quelque part dedans.

Et elle ne finira jamais avant la fin de tout.
Emmenez votre cœur affairé au musée d’art et à la chambre de commerce mais emmenez-le aussi dans la forêt.
La chanson que vous entendiez chanter dans la feuille quand vous étiez enfant chante encore.
J’ai vécu soixante-quatorze ans, à ce jour, et la feuille chante encore.

– Mary Oliver

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Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, de diverses manières.
Cependant, il s’agit de le transformer.

– Karl Marx

SANCTUAIRE

Dans un monde qui négocie l’affection, sois l’un des rares coeurs ancrés dans l’amour – donne sans attentes, pardonne sans chaînes, vois la lumière dans l’ombre, établis des frontières sacrées et concentre-toi sur l’amour sans flancher; tu ne perds pas les gens, ce sont eux qui perdent ton sanctuaire. – Steve De’lano Garcia

Dans un monde corporatif et de consommation, l’amour se négocie, les moyens deviennent des fins en soi, la drogue transforme les usagers en consommateurs et les usages en dépendances et on pense perdre quand on donne plus qu’on reçoit.

Mais on a tout faux en termes de mathématique humaine.

Premièrement, on doit tout d’abord compter sur soi et renverser les formules de calcul.

On reçoit quand on donne. En fait, on reçoit ce que l’on donne. Et plus l’on donne, plus on a.

Au service d’autrui, on conserve pour toujours ce que l’on donne sans compter. Ce que l’on divise se multiplie et ce que l’on soustrait s’additionne.

Quand on vit branché.e sur son propre coeur, les actions des autres comptent moins; ce ne sont que des dividendes secondaires, du bonus. Quand on part de soi-même et que l’on donne sans compter, on sait que l’on reçoit toujours plus que ce que l’on pense donner. Car on ne donne jamais vraiment rien, on ne laisse que passer dans ce monde où l’on ne fait que passer.

On nait les mains vides, et si on vit bien, on meurt le coeur plein.

This little light of mine, I’m gonna it shine.
These little lights of ours, we’re gonna them shine.

Et adviendra bien ce que pourra. Et que sera sera. Tralala et bla bla bla.

L’idée n’est pas d’accumuler, bien au contraire. C’est de tout donner avant de partir. Pour partir léger, content.e comme dans contentement.

Se délester des choses pour faire place à l’amour, pour faire de la place pour l’amour. Pour devenir amour. Amor amor amor.

Quand on agit par passion, le simple fait de faire devient le but en soi.

Foi de Bashar, agir par passion doit être fait pour son propre bien. Non pas pour ce que vous pensez que vous obtiendrez en agissant ainsi. Sinon vous rendez votre passion conditionnelle et dès que vous faites cela, vous abaissez votre fréquence.

Ainsi, faisons de ces mots notre leimotiv:

Donner sans attentes, pardonner sans chaînes, voir la lumière dans l’ombre, établir des frontières sacrées et se concentrer sur l’amour.

Comme ça que l’on devient un sanctuaire. Et quand nous sommes notre propre sanctuaire, nous n’avons plus à le chercher de par le monde les yeux ouverts. On le porte au coeur de soi.

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J’apprends petit à petit que même si je réagis, ça ne changera rien, ça ne me fera pas aimer et respecter d’un coup, ça ne les fera pas changer d’avis comme par magie.
Parfois, il vaut mieux laisser les choses aller, laisser les gens partir, ne pas lutter pour tourner la page, ne pas demander d’explications, ne pas courir après des réponses et ne pas s’attendre à ce qu’on comprenne d’où l’on vient.
J’apprends petit à petit que la vie est meilleure quand on ne se concentre pas sur ce qui se passe autour de soi, mais plutôt sur ce qui se passe en soi.
– Rania Naim

TANGO TANGO

Ce matin, hommage aux couples. Les moitiés de couple que nous sommes tous et toutes. Les jeunes couples comme les vieux. Les couples wannabe, comme les couples has been. Les couples de rêve, comme les couples d’enfer – car parfois certains tangos sont plus rock n roll que d’autres, mais probablement nécessaires et inévitables pour apprendre certains pas de danse particuliers.

Mais tout d’abord, hommage à ceux et celles qui ne veulent pas être en couple, ceux et celles qui marchent en solo et qui l’acceptent tout à fait et l’apprécient tout autant. Que ce soit par choix ou par dépit. Ainsi va la vie.

Hommage aussi à ceux et celles qui veulent danser le tango à deux mais qui n’ont pas encore rencontré LA personne pour le faire. Continuez à le vouloir, ça s’en vient, je le sens. On dirait que la vie veut encore un petit peu que vous appreniez à vous apprécier vous-même par vous-même avant de vous envoyer le/la juste tango partner. It’s coming. Ou pas. Éventuellement.

Et à ceux/celles qui marchent ensemble depuis 1, 2, 5, 10, 25 ou même 60 ans. Bingo !

À ceux et celles qui marchent ensemble, mais qui dansent aussi, le tango comme la valse, ceux et celles qui rampent ensemble parfois, ceux et celles qui restent ensemble – comme dans into rest and interesting – et qui continuent de garder le cœur et l’esprit ouverts. À ceux et celles qui persistent à continuer de grandir ensemble, l’un.e à côté de l’autre, l’un.e dans l’autre. Séparémment, intimement, sincèrement.

Certains couples dansent le tango, d’autres, le limbo. This too shall pass. Juste sous la ligne.

Limbo, Tango, Bingo ! Et go go go.

Ce petit préambule blablaesque simplement pour partager ci-bas ces quelques mots croisés sur le web récemment qui illustrent bien à mon avis l’évolution de l’amour dans l’intimité au fil du temps, et sous la ligne du limbo.

Et mention spéciale à ma voisine d’amour. Love you tout doux. And shoobidoo. More and more into interesting resting together ma chérie.

Aho ! Comme en bas.

L’autre jour, j’ai demandé à ma mère si, après presque 60 ans de mariage, elle était encore amoureuse de mon père.
Elle m’a regardé avec un air de…
Comment t’expliquer ça pour que tu comprennes ?
Et elle n’a rien dit.
Elle a seulement souri…

Mais en rentrant chez moi, j’ai regardé mon téléphone et voilà ce qu’elle m’avait écrit :

Parfois, tu me demandes si je suis encore amoureuse de lui.
Et ça me fait sourire, non pas parce que la question est idiote, mais parce qu’il est difficile d’y répondre.
Comment dire que oui, mais pas comme avant ?
Pas avec des papillons dans le ventre, pas avec des feux d’artifice… mais avec des racines.
L’amour, après tant d’années, n’est plus un sentiment qui te secoue.
C’est une certitude qui te soutient.
Il n’accélère plus ton cœur, mais il apaise ton âme.
Il ne te fait plus trembler les mains, mais il te donne la force de te lever chaque jour.
Il n’y a plus de surprises, mais il y a des rituels : le café à la même heure, les petites disputes sur la façon d’accrocher les serviettes, la manière dont on se couvre l’un l’autre quand vient un éternuement.
Cela ne semble pas grand-chose… mais ça l’est.
À ce stade, je n’attends plus de grands gestes romantiques.
J’attends qu’il m’écoute quand j’ai mal au dos.
Qu’il me serre dans ses bras quand je m’effondre.
Qu’il ne me laisse pas seule quand je ne me comprends même plus moi-même.
Et il le fait.
Sans bruit.
Sans éclats.
Il est simplement là.
Aimer après une vie ensemble, ce n’est pas comme dans les livres.
C’est plutôt comme avoir une langue secrète que personne d’autre ne comprend.
Une façon de se regarder qui n’a de sens que lorsqu’on a partagé la même douleur, la même fatigue, le même désir d’avancer.
Alors oui, je suis encore amoureuse de lui.
Mais pas comme au début.
Je suis amoureuse de tout ce que nous avons construit.
De la paix que procure le fait de savoir qu’en pleine tempête, il reste mon refuge.

Cela m’a paru une magnifique leçon d’amour…

– de source inconnue

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L’art de réparer les relations : une aptitude essentielle.
S’il y a une chose fondamentale à apprendre dans ce monde, c’est l’art de réparer les relations.
Que ce soit en amour, en amitié, en famille ou au travail, nos liens façonnent notre existence.
Pourtant, ils sont inévitablement mis à l’épreuve : malentendus, blessures, conflits d’ego ou erreurs commises sous le coup de l’émotion.
Ce qui distingue une relation éphémère d’un lien profond et durable, c’est la capacité à réparer plutôt qu’à fuir.
Trop souvent, face aux tensions, nous choisissons la facilité : l’évitement, la rancune ou la rupture.
Pourtant, chaque conflit est une opportunité d’apprendre. Apprendre à réparer, c’est apprendre à écouter sans chercher à avoir raison, à exprimer sa vérité sans accuser, à reconnaître ses torts sans s’écraser.
C’est aussi cultiver la patience et l’empathie, car une relation ne se reconstruit pas en un jour.
Savoir réparer, c’est aussi comprendre que l’autre est imparfait, tout comme nous.
Accepter que l’amour et l’amitié ne sont pas des idéaux sans faille, mais des engagements vivants qui demandent soin et attention.
C’est refuser la culture du jetable qui nous pousse à remplacer plutôt qu’à restaurer.
Dans un monde de plus en plus individualiste, où la communication se digitalise et les liens se fragilisent, savoir réparer une relation est un acte de résistance et d’amour.
C’est choisir la profondeur plutôt que la superficialité, la connexion plutôt que l’isolement.
Au final, c’est se donner une chance d’aimer et d’être aimé, non pas malgré nos imperfections, mais grâce à elles.
Parce que c’est dans la réparation que naissent les liens les plus solides.

Les liens les plus forts ne sont pas ceux qui n’ont jamais été brisés, mais ceux qui ont été réparés avec patience, compréhension et amour.

– Francine Baraban, via Myrianne Parent

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Je crois qu’il y a des êtres destinés l’un.e à l’autre.
Un appel des corps, un appel des cœurs.
Un secret chuchoté au creux de la nuit.
Une promesse de vie…
Je crois qu’il y a des êtres que tout réunit.
Au delà des apparences et des idées reçues.
Au delà de tout ce qui existe et qui n’existe pas.
Je crois qu’il y a des êtres faits pour s’entendre.
Sans un mot, même. S’entendre et se comprendre.
Langage d’âmes.
Je crois qu’il y a des êtres faits pour se trouver.
Se retrouver.
Et ne plus se quitter.
Des êtres faits pour découvrir l’amour ensemble.
Se le rappeler, ensemble.
Des âmes qui se souviennent comme elles s’aiment.
Je crois qu’il y a des âmes destinées l’une à l’autre

☆ Amélie Moraux

LA MÈRE DE DIEU

Dieu n’est pas un «il», pas un humain, ni une statue, ni une religion. Dieu est l’impulsion électromagnétique au coeur de toute vie, ce qui vit au coeur de tous les êtres vivants. – source inconnue, via Devayana SIng

Not a she non plus.

Ou, tant qu’à encore utiliser des mots, faute de comprendre le silence pour le moment, une autre façon de le dire ?

Dieu n’est pas une entité distante, mais la conscience universelle qui coule à travers toute chose. C’est l’impulsion créative de l’univers, présente dans chaque atome, pensée et battement de cœur, la source de laquelle découle toute existence.

Le terme impulsion est un élément qui revient dans ces deux tentatives de définition du concept de Dieu. Car en effet, davantage un concept qu’une personne ce Dieu à qui on parle, vers qui on prie – surtout quand ça va mal.

Clairement, on a essayé de le construire à notre image, avec le résultat que ça donne. Et clairement aussi que ce sont les hommes qui ont manigancé ces tentatives d’appropriation culturelle en nous le poussant dans le george comme un il.

Car si on avait à genrer ce concept de Dieu, ce serait bien davantage une elle qu’un il car qui donne la vie ? Deux ailes même. De toute façon, alors que la religion est censée nous relier – religare – nous sommes tous et toutes sur nos îles. Divisé.e.s, séparé.e.s, extrait.e.s de la création. Genrée.e.s et dérangé.e.s.

Pas pour rien que les mâles alphas kickent back car ni il ni elle ce cher Oh my God. Transgenre plus plus. Surgenrée la divinité. Ielle.

Qu’une impulsion. Une impulsion divine, sacrée, qui inclut autant la création que la destruction, le bla bla incessant et étourdissant que le refuge du silence, le beding que le bedang.

Une impulsion qui inclut autant notre capacité de créer que notre impuissance devant l’injustice et les génocides. Nous sommes tout, mais surtout rien.

Une impulsion, une vibration qui se trouve dans la beauté comme dans la laideur, dans le sublime comme dans l’infâme, dans l’espoir comme dans la désespérance. Car la vie est un tout inclus. croyant.e.s et athé.e.s inclus.es. dans cette inclusivité. Qu’on croit à tout, ou qu’on croit à rien, on croit toujours à quelque chose faut croire. À quelque part. Et d’une certaine façon.

Et si on veut continuer à croire que Dieu a créé les bibittes vivantes que nous sommes, comme les autres, à son image, on doit lui accorder la paternité du diabolique aussi car il a tout créé. Même Hitler, même Netanyhaou, même la SAAQ, et même Trump et ses sbires zaméricains. Je sais je sais, c’est dur à avaler. Mais un tout inclus. All you can believe in.

À voir les multiples manifestations des divers Dieux, Déesses et déités variées de par le monde et de par les temps, on ne peut que constater que tous les peuples du monde l’ont personnalisé à leurs images. Car pour plusieurs, Dieu est sage comme une image, alors on peut en faire ce que l’on veut. Et pour d’autres, Dieu est un.e mage. Un.e sage mage. Et life is a beach.

Personnellement, j’aime bien le concept de mère de Dieu, mother of God. Car si Dieu a une mère – et qui n’en a pas ? – qui a accouché de la mère de Dieu ? Cherchez la réponse, c’est sûrement ne pas avoir fini de ne pas la trouver.

Pour le père on repassera, car il est sûrement parti sur la trotte.

Alors si Dieu est en tout, ielle est aussi en nous. Cool non ? Faut donc fermer la bouche, et les yeux, si on veut un ptit peu goûter à Dieu.

Allez, sur ces petites tribulations de fly day d’août, bonne fête du Travail.

Ici on va chanter. Et faire silence. À mon humble avis deux des voies privilégiées qui peuvent mener à quelque chose qui peut commencer à possiblement ressembler à Dieu. Ou pas.

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Il n’y a rien de tel que Dieu dans tout l’univers que le silence.

Le silence est une entrée privilégiée dans le royaume de Dieu et dans la vie éternelle.
Il y a un immense silence en chacun de nous qui nous fait signe en lui-même, et le rétablissement de notre propre silence peut commencer à nous enseigner la langue du paradis.
Car le silence est un langage infiniment plus profond, plus compréhensif, plus compatissant et plus éternel que toute autre langue….
Il n’y a rien au monde qui ressemble autant à Dieu que le silence.

– Maître Eckhart via Jean Bouchart d’Orval

BESOIN DE QUELQUE CHOSE ?

Ce matin, je cherchais un sujet de chronique sérieux sans pouvoir me brancher.

Jusqu’à ce que je tombe sur ce meme ci-haut.

Alors j’ai décidé de suivre la madame.

De la suivre de l’autre côté du mur. Et je ne parle pas de mur FB, ni celui d’Humpty Dumpty, non plus celui du son, et encore moins celui de Trump.

Non ! seulement le mur de ces croyances qui nous enferment dans un monde tout petit, serré, étouffant, épeurant. Un monde imaginaire mais que l’on considère réel.

Un mur que l’on doit traverser pour aller vérifier ce qui se trouve de l’autre côté. Si autre côté il y a. Et si quelque chose s’y trouve.

Il ne se trouve peut-être rien d’autre de l’autre côté de nos murs car il n’y a peut-être même pas de mur finalement. La madame a peut-être tout compris.

De l’autre côté du mur se trouve peut-être qu’un murmure qui nous glisse à l’oreille et au cœur qu’il est possible de penser ce que l’on veut de cette vie, de penser comme on veut et non seulement comme on peut, ou mieux, ne plus penser du tout.

Dépenser tout son ptit change intellectuel.

Écrire pour rire, en pas pour rire, et ne rien dire en pas pour dire.

Écrire n’importe quoi pour que vous, chers rares lecteurs/trices, puissiez lire n’importe comment. Mais seulement maintenant, ou tôt ou tard. Ou ne pas lire du tout ce petit délire tout doux.

Petit délire doux pour extraire le dur du mou, comme le mou du mur.

Délire de jeux dits pour transformer ce ptit jeudi en jeudredi.

Pour que la semaine finisse plus vite, qu’elle finisse tout sweet. Et qu’elle dure pour toujours.

Que ce jour d’aujourd’hui soit différent de tous les autres en ce grand carré aux dates qui n’est rien d’autre qu’une vaste peinture à numéros d’un désordre désordonné qu’on peut colorer à notre guise.

Laisser jaillir des mots sans savoir ce qui en poppera. Et les laisser là.

Regarder le monde aller et le trouver pas mal fou, même beaucoup. Beaucoup beaucoup même.

Et continuer à infuser du sens à ce grand non-sens existentiel dans lequel les fous mènent le monde, pendant que la majorité des gens des peuples se démènent.

Diables dans l’eau bénite.

Ce monde mené par des marchands d’armes, dealers de larmes, et dirigé par les tueurs en série.

Un monde fou dans lequel on tire sur des enfants dans une église à la rentrée scolaire, et où l’on affame un peuple entier sous nos yeux.

Un monde fêlé de toutes parts, où la folie mène le bal, et où les enfants meurent de balles perdues.

Un monde immonde, dans lequel survit tout de même la beauté si on sait où faire porter notre regard, les yeux ouverts comme fermés.

Un monde sans issue autre que celle de l’autre côté du mur. Ces murs que nous avons nous-mêmes bâtis pour nous sécuriser, mais qui ont fini par nous enfermer.

Je sors là, avez-vous besoin de quelque chose ?

LE POUVOIR DU SILENCE

Le fait de trop partager vous fait perdre de l’énergie, la confidentialité et l’intimité sont une protection. Arrêtez d’en dire aux gens plus qu’ils ne doivent en savoir. Le moins vous vous révélez, plus les gens peuvent imaginer. Oubliez l’attention. Bougez en silence. La destruction fait du bruit, la création est tranquille. Là réside le pouvoir du silence. Épanouissez-vous silencieusement. Vivez en paix.

Je ne sais pas qui a dit ça mais ça pourrait être ma voisine d’amour. Elle trouve que parfois je m’ouvre trop, que j’en dis trop sur moi-même, que je suis un livre trop ouvert.

Mais ainsi va ma vie. Ainsi allait ma vie en fait.

Car avec les années, j’apprends à en dire moins, j’apprend à moins me dire, à tourner ma langue sept fois dans ma propre bouche et à la laisser là J’apprends à moins me révéler. J’apprends le discernement. Je commence à réaliser combien il est important de protéger sa vie intérieure, comme les mouvements de son coeur et de son âme.

Important de se garder une ptite pudeur.

Car de toute façon, les autres ont tendance à interpréter nos paroles et révélations comme ils veulent et/ou comme ils le peuvent. Et même soi-même, on ne sait pas toujours ce que l’on dit, ce que l’on veut dire. Alors il peut être utile d’observer, de sentir avant de dire. Se la boucler, contenir et laisser monter et descendre. Se laisser mijoter par en-dedans.

Si je considère important de partager de l’intime en privé, je ne le fais jamais sur les réseaux. Surtout pas sur les réseaux. Je ne suis que sur FB anyway et c’est déjà beaucoup. Trop asociaux les réseaux. Trop désincarnés. Une intimité trop vite et trop facile, fausse quoi. Il manque le senti, la proximité des âmes, le contexte. Trop ouvert à tous vents.

On ne veut pas inviter le monde entier dans son salon right ?

Alors imaginez dans notre coeur.

Parfois on ouvre son livre trop grand, ce qui permet à tout le monde d’y rentrer sans cogner et de piétiner les pages. On leur donne accès trop facilement à notre monde intérieur, on se rend trop vulnérable aux grands vents mal intentionnés. On leur ouvre nos fenêtres trop grandes, et trop vite surtout.

On doit apprendre à discerner, à savoir quoi dire à qui. Et quand.

Tout se dit, mais au bon moment, et à la bonne personne. De toute façon, quand on parle au monde entier, personne ne nous écoute. La parole est fondamentalement inter personnelle.

De toute façon, on a tous et toutes encore tellement à apprendre sur soi-même, et on en sait tellement peu sur soi qu’on a encore beaucoup d’introspection à faire avant de se laisser prendre par la parole. Nous parlerons quand ça voudra parler. En attendant, observons, écoutons.

D’ailleurs quand on s’adresse à autrui, que ce soit sur les réseaux ou dans son salon, à qui parle-t-on sinon qu’à soi-même ?

Alors pourquoi ne pas s’écouter un peu.

Sur ce, je me la ferme.

À l’eau ? J’égoutte.

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Parler est une catharsis, une purification.
Mais pourquoi se purifier sur les autres ?
Pourquoi jeter sa saleté sur eux ?
Si vous voulez vous purifier, purifiez-vous seul.e.
Fermez vos portes et parlez-vous à vous-même autant que vous le souhaitez.
Posez des questions, donnez des réponses et faites-en un jeu.
Ce sera bien, car c’est tout ce que vous faites de toute façon.
Mais quand vous le faites avec les autres, vous ne vous rendez jamais compte de vos bêtises.
Seul.e, vous en prendrez conscience.
Faites-le seul.e et bientôt vous réaliserez ce que vous avez fait toute votre vie.

Puis, petit à petit, plus vous prenez conscience, plus les mots disparaissent, plus les nuages disparaissent.
Quand le ciel intérieur est sans nuages, quand vos yeux sont sans mots ni pensées, et que votre bouche est remplie de silence, alors…
alors vous avez des yeux, alors vous avez des oreilles, alors vos sens sont complètement vides – ils sont des véhicules, des médiums.
Alors la communion est possible.

– Osho

Avant de parler, écoutons-nous et mettons-nous au monde.

ESPRIT SAIN

Un esprit plein de conclusions est un esprit mort, et non un esprit vivant.
Un esprit vivant est un esprit libre, toujours apprenant et qui ne conclut jamais.
– Krishnamurti

Quelle belle image parlante d’un esprit fermé sur lui-même, fermé à toute nouvelle possibilité, à toute nouvelle hypothèse. Un esprit barré ben raide. Il doit en savoir des choses ce sapristi. On voit littéralement comment la fermeture d’esprit peut nous boucher la vue.

Personnellement, je dois toujours faire un petit effort pour distinguer l’âme de l’esprit.

Si je voulais vraiment distinguer, je dirais que l’âme est le siège sur lequel nous, les humain.e.s, sommes assis, le siège du conducteur. Et que cette âme est le ptit bout de Dieu qui est logé au cœur de notre cœur. Ce que l’on nomme en anglais the soul.

Tandis que l’esprit serait davantage un co-pilote, ce qui, en soi, pense, juge, mesure, évalue. Ce que l’on nomme en anglais the mind. En quelque sorte, ce qui nous sépare de la vie.

Bien sûr que l’on a besoin des deux, mais l’âme, donc le cœur de soi, doit être aux commandes. Et comme un parachute en descente, pour demeurer libre et efficace, cet esprit doit demeurer ouvert. Ouvert à de nouvelles idées, à des conclusions qui demeurent toujours ouvertes et prêtes à changer, toujours prêtes à se transformer devant les faits de la vie et nos expériences.

Ou comme disait ici hier Shunryu Suzuki:
J’ai découvert qu’il est nécessaire, absolument nécessaire, de ne croire en rien.
Ainsi, nous devons croire en quelque chose qui n’a ni couleur ni forme, quelque chose qui existe avant que toute forme et couleur n’apparaissent…
Peu importe le Dieu ou la doctrine en laquelle vous croyez, si vous vous y attachez, votre croyance sera plus ou moins centrée sur une idée fixe. 

L’esprit originel, vide, pur, celui d’avant le grand remplissage, avant qu’on ne le bourre et rembourre de concepts propres à notre éducation particulière, avant que l’on croie à quelque chose et que l’on se prenne pour quelqu’un.e.

En somme, le détachement fondamental se fait en lien avec l’esprit, notre machine à penser, de son laisser-aller à vouloir tout comprendre et figurer la vie par en haut. Pour arrêter d’approcher la vie par le sens à comprendre mais davantage par le sens à sentir, par le ressenti.

Je sens donc je suis. Tiens mon Descartes.

Laisser venir la vie à soi plutôt que de toujours avancer, foncer et aller à sa rencontre. Faire du surplace et inviter la vie à nous offrir ce qui doit, au bon moment.

Oh, bien sûr, parfois il faut foncer, aller de l’avant, affronter quand les choses nous arrivent vite et avec intensité. Car parfois la vie court vers nous. Mais alors on n’a pas à penser, on n’a qu’à répondre car c’est souvent la vie qui se charge du rythme et de la vitesse. On invite et c’est la vie qui dispose.

Et ici encore, petite nuance entre répondre et réagir. Répondre comme dans responsabilité – abilité à répondre à une situation donnée – et réaction – action réaction, automatique. Fine nuance je sais.

Mais bel exercice que celui d’essayer de garder l’esprit toujours frais – ou le mental c’est selon – pour justement être en mesure de répondre plutôt que de réagir mécaniquement, et toujours de la même manière.

Quand on pense qu’on sait, on ne peut plus apprendre, on ne peut plus se laisser surprendre par la vie. On vit dans un cadre fixe, figé, dans une prison mentale. On croise les bras devant ses yeux justement.

Et si on apprenait en observant les animaux ?

Les animaux ont conservé un esprit libre, même si en les domestiquant, nous leur avons imposé quelques mauvais plis. Mais ils ont leurs maîtres eux aussi.

La plus grande richesse au monde consiste possiblement à conserver un esprit innocent car c’est l’esprit innocent qui sait ce qu’est l’amour, et l’esprit innocent peut vivre dans un monde qui ne l’est pas.

Car à s’acharner à vivre toujours selon les mêmes vieilles croyances et certitudes, on finit par vivre par habitude.

Et avec votre esprit.

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Les chaînes de l’habitude sont trop faibles pour être ressenties, jusqu’à ce qu’elles soient trop fortes pour être brisées.
– Samuel Johnson